1 mars 2020

Bernard Friedrich

L'inattendue, surprenante, rassurante, probablement inquiétante surprise annoncée pour le deuxième débat de la campagne. Voir une tête de liste envoyer son « alter ego » au charbon dans ce genre d’événement constitue une grande nouveauté, une exclusivité qui doit retenir notre attention, surtout émanant d'un homme connu pour son autoritarisme. Le « geste » de Gilbert Meyer en faveur d'Yves Hemedinger surprend car il peut cacher tellement de raisons plus ou moins inavouables : geste démagogique pour illustrer ce « changement dans la continuité » et démontrer une révolution tardive de comportement ; grande lassitude voire fatigue liée aux ans devant un exercice jugé superfétatoire dans une campagne gagnée d'avance ; respect d'une promesse arrachée par l'ex rebelle pour l'abandon d'une velléité de faire liste à part et ainsi compromettre un plébiscite annoncé.
Toutes ces éventualités en cachent peut-être une plus « vicieuse » bien dans le style de notre maire : préparer le bon peuple des veaux à l'annonce d'un rapide passage de relais (dans la continuité) rue des Clefs en offrant à celui hier jugé incapable de gagner sur son nom l'occasion de prouver ses compétences aux Colmariens. Rien n'oblige en effet l'équipe majoritaire à élire comme maire la tête de liste. Or il se dit que la passion de Meyer pour nous est toute relative et qu'il se verrait bien, en cas de victoire, consacrer ses extraordinaires compétences à la CAC en laissant la mairie de Colmar à cet homme qui depuis tant d'années le sert avec dévotion, sans originalité aucune. Une façon de partir sans nous quitter et de bloquer toute possibilité de changement. L'annonce via le Zapping [DNA] de samedi de la présence de l'ex dissident dans le débat pourrait bien être la réponse à la question que je posais récemment : « Monsieur Meyer, est-il possible que votre projet soit de passer la main et de nous donner un maire qui n'ait pas été tête de liste, dès que vous aurez inauguré une énième plaque commémorative de votre action (aux Dominicains) tout en restant président de la CAC ? » Si tel est le cas ne croyez-vous pas que vous avez l'obligation de nous en informer AVANT le 15 mars par une de ces lettres aux Colmariens que vous affectionnez ? Certes cela pourrait en influencer beaucoup parmi nous ; mais lorsque l'on affiche comme vous une image de personne respectueuse de l'éthique et de la droiture, il convient de ne pas tromper l'électeur !