Pierre Duriot

Ursula et notre argent

Il faut parler d’Ursula Gertrud Von Der Leyen, issue d'une famille de la grande bourgeoisie, avec des ascendances aristocratiques, à la fois Belge, Allemande, avec des origines américaines, britanniques et même russes. Jamais élue par le peuple, elle a été plusieurs fois ministre en Allemagne et même pressentie pour être chancelière. Le jeu d’influence en a décidé autrement et la voilà propulsée à la tête de la commission européenne, au sein d’un cénacle dont on a l’impression que le fonctionnement nous échappe. Mais ce n’est pas qu’une impression. L’élégante sexagénaire est en réalité une mamie confiture, dotée d’une batterie de casseroles élaborée au ministère de la défense allemand. Elle a fait entrer dans ce ministère sensible, le cabinet McKinsey, encore lui, avec déjà, des dépenses qualifiées d’opaques, qui sont toujours objet d’enquête. Les très sévères censeurs allemands dénoncent une gestion parfaitement inexplicable des fonds alloués à ce cabinet de conseil et explique qu’on ne sait toujours pas qui a fait quoi et pour combien. Les enquêteurs pointent aussi des conflits d’intérêt, pensez-donc. David Van Der Leyen, le fils, est cadre dirigeant chez McKinsey, aucun risque de conflit. Avec au passage, une dépossession des prérogatives pour les hauts fonctionnaires allemands.
La même, à la commission européenne, a remis le couvert avec McKinsey, selon un budget en augmentation régulière, pour parvenir à une enveloppe de près d’un milliard par an, on parle bien de l’argent de nos impôts. En toile de fond, la gestion de l’épidémie et l’achat des vaccins, mis au point en un an. On soupçonne l’élégante d’avoir échangé, avec Bourla, PDG de Pfizer, des séries de messages dont la presse aimerait le détail. Elle en a le droit, en démocratie, puisqu’il s’agit d’une dépense évaluée à 4,2 milliards d’euros, d’argent des Européens bien sûr. Tractations et dépenses opaques sont encore de mise, avec une nouvelle fois, l’arrière-plan du conflit d’intérêt, le mari d’Ursula, Heiko, étant lui même directeur de l’entreprise Orgenesis, dont Pfizer est actionnaire. Les enquêteurs allemands sont bien sur les dents, mais les informations semblent bien difficiles à obtenir. Et personne ne sait encore, quelle direction les demandes de transparence émises par des députés européens, vont bien pouvoir prendre.
Pour finir, Ursula est aussi au cœur de la répartition de l’enveloppe d’argent faramineuse, émise sur dos de nos enfants, à rembourser plus tard donc, se montant à 723,8 milliards d’euros. Au passage, la France s’est faite rouler dans la farine en récupérant 40 milliards et en s’endettant de 80. Une nouvelle fois, manque de transparence et absence de liste des bénéficiaires. Quand un importun a le toupet de demander à la dame ce qu’elle fait de tout cet argent, elle répond qu’en fait, elle ne sait pas trop. Qui des collectivités locales, des entreprises ou des États a reçu et pour combien : mystère, du moins officiellement. En résumé Ursula dépense notre argent mais rechigne à fournir les tickets de caisse. On est loin de la rigueur des comptabilités des démocraties nordiques et très loin de l’esprit gaulliste, celui du service du peuple. Et de cette Europe-là, qui en veut encore ?