Eric Vial

Quelle bien triste nouvelle. Qui ne connaissait pas en Alsace, un pays qu’il aimait tant et pour lequel il a tant lutté, cette tête de viking ?
Thierry Hans est parti sans un mot.
Je garde de lui, l’image d’un esprit libre, d’un lanceur d’alerte exceptionnel qui n’a jamais hésité à dénoncer les malversations et les combines « quoi qu’il lui en coûte ». Des scandales, il en aura sorti dans son HEB'DI adoré et dans Tonic Magazine qu’il avait créé à Haguenau.
Dans mes jeunes années de journaliste j’avais collaboré avec ce directeur de presse improbable qui revendiquait son indépendance contre vents et marées. C’était pour le magazine Vivre L’Alsace. L’ambiance était formidable. Il m’avait chargé des interviews politiques.
Je crois que nous nous aimions beaucoup même si - je dois bien l’avouer puisque c’était de notoriété publique - nous nous étions accrochés devant tout le monde lorsque j’avais appris qu’il intégrait les rangs du Rassemblement National pour devenir conseiller régional du Grand Est ; pas parce qu’il rejoignait le RN, un choix qui lui appartenait, (je peux assurer que Thierry n'a jamais été un homme d'extrême-droite) mais parce son élection fragilisait du même coup l’image d’indépendance de ses éditions qu’il avait mis du temps à forger.
L’Alsace perd un de ses serviteurs. Un homme qui s’est toujours voulu simple. Il était d’une sensibilité extrême et d’une grande gentillesse. C’était un homme qui avait de vraies convictions. Un véritable débatteur qui aimait l'entrepreneuriat.
Je disais toujours à Thierry : « Tes magazines font rire tout le monde en Alsace sauf quand on est dedans. »
J’adresse à sa compagne, ses filles Camille et Tiffany, ses sœurs, sa famille, mes sincères condoléances. Je suis de tout cœur avec eux dans la douleur et l’incompréhension qui doivent les toucher.
Je pense aussi très fort à toute l’équipe du magazine Heb'di qui vient de perdre son fondateur.