CHAZAUD Anne-Sophie


☐ 29/5/2022

Nés avant la honte (des nouvelles du Macronistan)

J’ai assisté à des centaines de compétitions sportives dans ma vie, à des dizaines de finales de la Ligue des Champions – je pense même n’en avoir jamais raté une seule – et je n’ai, comme aucun d’entre vous, absolument jamais vu quelque chose d’aussi honteux que le spectacle offert par la « France » hier aux yeux, sidérés, du monde entier.
Alors, au départ, comme toute personne normale, j’ai éprouvé de la colère et une sorte de honte par procuration, d’autant que la presse internationale, unanime, nous conspue, à juste titre. Puis, au fur et à mesure que les images de ce qui s’est véritablement déroulé ont commencé à affluer, je me suis dit que c’était une fort bonne chose qu’éclate au grand jour de l’opinion internationale l’état réel de notre pays et ce qu’est, intrinsèquement, la France de Macron.
Cette France de Macron unanimement appelée de ses vœux il y a quelques semaines par la même « communauté internationale » qui aujourd’hui s’indigne et découvre la lune. La même France de Macron unanimement et ardemment souhaitée par le monde sportif qui s’était joint, souvenez-vous, pour l’occasion aux chenilles pétitionnaires du monde du spectacle.
C’est une très bonne chose que le monde entier voie que dans la France de Macron les hordes de racailles font la loi, celle de la jungle, tandis que les supporters anglais et espagnols se font gazer et réprimer par les forces de l’ordre du préfet à large casquette tels de vulgaires citoyens français, tels de simples gilets jaunes qui ne sont là que pour payer les dégâts causés par ladite racaille.
J’avais déjà alerté lors de la précédente finale de Coupe du Monde sur les violences de délinquants commises sur les Champs Élysées en insistant sur le fait que dans aucun autre pays du monde on ne fêtait une victoire de cette manière et sur le fait que c’était le symptôme d’un pays au bord du précipice et de l’implosion.
Il est bon que le monde entier constate que notre pays est entré totalement dans le chaos et l’anomie, dans la sauvagerie et le désordre. Il est bon qu’il voie que l’exécutif ne maîtrise strictement rien voire ferme complaisamment les yeux sur le délitement de la société pour les raisons que l’on sait, le Ministre de l’Intérieur allant jusqu’à commettre à 23h45, alors que le monde entier disposait des images du réel, un tweet accusant les « supporters britanniques » (il fallait oser) d’avoir tenté de forcer l’entrée du Stade, afin de ne pas désigner la racaille tant protégée et tant convoitée pour les raisons communautaristes et électoralistes que l’on sait.
Dans n’importe quel pays démocratique normal, ce ministre aurait déjà dû présenter sa démission, d’une part pour incompétence, d’autre part pour mensonge éhonté.
Mais le déni de réalité, le mensonge sans scrupule, le mépris de ce qu’endure le peuple, lequel subit la violence de la racaille quotidiennement, constituent la substantifique moelle du macronisme, alors, pour cette raison précise, le ministricule sera maintenu.
Par chance, la finale ne s’est pas tenue à Saint-Petersbourg comme initialement prévu, sans quoi l’on aurait pu voir les supporters étrangers se faire dépouiller par les fameux délinquants des faubourgs de la Neva puis violentés par la police russe. On l’a échappé belle.
Considérerez ceci comme un simple hors-d’œuvre de la saison Macron 2, la série inédite au retentissement mondial sur une autrefois grande démocratie devenue république bananière.



☐ 20/5/2022

Suave mari magno

Interrogée sur ce que je pensais de la constitution du nouveau gouvernement, ma première réaction, comme toute personne qui a conservé quelques neurones de bon sens dans ce pays qui sombre plus vite que le Titanic fut : RIEN. Rien. Rien du tout. M’en fous. (Sur l’air de « ils l’ont voulu, ils l’ont eu, qu’ils s’en débrouillent »).
Puis, à voir certaines réactions, que ce soit les castors « de droite » (je mets des parenthèses parce que bon…) qui conspuent la moitié dudit exécutif ou bien les castors « de gauche » faire de même pour l’autre moitié afin qu’il n’y ait pas de jaloux, je dois vous avouer mon petit plaisir de les observer ainsi se rendre compte que l’Évolution Pokémon de Castor à Dindon de la farce est très cotée bien qu’assez répandue, avec naturellement une petite pensée particulière pour tous les traîtres printaniers dits républicains qui se retrouvent avec un wokiste de compétition en guise de pourboire (et même pas quelques boulettes comme Jacquouille la Fripouille qui se serait finalement contenté de bouloter les restes…). Mais ma joie (mauvaise donc assez jouissive) ne sera totale que dans quelques semaines lorsque l’ensemble du peuple castor enfin réuni comprendra aux prochaines élections qu’ils va se faire lui-même complètement entrecastoriser, stade suprême du phénomène.
Je contemplerai tout ceci depuis les alpages car il faut fuir ces vapeurs méphitiques loin, longtemps, et haut.
À bientôt, peut-être…



☐ 16/5/2022

L’ermitage au milieu du chaos ?

Un étrange sentiment s’est insinué en moi depuis quelques jours, et, en échangeant avec certains, je me suis aperçue que mon cas n’était pas isolé.
L’impression tout d’abord très forte et incontestable d’évoluer vers une sorte de chaos général qui finit par rendre l’approche conceptuelle à la fois trop complexe et d’une certaine façon dénuée de sens, à part s’agiter dans tous les sens en forme d’improbables Don Quichotte de la fin des Temps.
Et puis, ce sentiment de plus en plus prégnant, non pas de défaitisme, car les convictions sont toujours bien présentes, et avec elles un solide sens de l’humour, mais d’une sorte de sécession intérieure qui fait qu’à chaque constat cela se finit inévitablement dans mon esprit (comme dans celui de bon nombre d’entre vous) par : ils ont voulu cela, qu’ils se débrouillent ! (version polie).
Nous sommes conduits inéluctablement par des tripotées d’irresponsables asservis aux USA vers une guerre aux conséquences radicalement dramatiques ? Qu’ils se débrouillent puisque, lorsque nous tentons d’expliquer que l’Europe est en train de signer son arrêt de mort, personne ne semble vouloir ou pouvoir mentalement le comprendre.
Des gens se font de nouveau égorger, harceler, frapper, insulter, voler, squatter, racketter à tous les coins de rue ? Eh bien qu’ils s’en débrouillent puisqu’à très grande majorité ils ont voulu ce sort en revotant pour leurs bourreaux et en les reconduisant aux manettes pour une éternité.
Piolle et ses semblables font avancer l’agenda islamiste et l’inéluctable asservissement des femmes dans l’espace public consécutif au projet de l’islam politique (les mêmes qui osaient espérer sans vergogne en des « Talibans inclusifs » – lesquels désormais ont imposé la burqa et de nombreuses mesures d’asservissement des femmes, comme on pouvait s’y attendre sans être grands clercs –) ? Que les Français s’en débrouillent, se dit-on, puisqu’ils ont choisi à majorité ce destin de soumission.
Les Parisiens grognent du matin au soir contre le saccage de leur ville tout en revotant avec opiniâtreté pour ceux qui en sont responsables, élections après élections…? Qu’ils s’en débrouillent.
Les gauchistes s’entrepouillent aux fins de savoir si leur héros de la veille, Bouhafs, est plutôt un violeur-harceleur ou plutôt un simple raciste antisémite ? Qu’ils se débrouillent de leurs turpitudes et que la société qui a porté ce type d’individus au pinacle s’en débrouille tout pareillement. Moi je ne me reconnais pas dans toutes ces salades. Cette société-là, je le dis, n’est pas ma société.
Les Français se dirigent, du fait de la débilité profonde de la politique extérieure occidentale vers une période de récession et de crise économique sans précédent dans notre histoire récente, avec joie, détermination, entêtement et en s’automutilant par des mesures qui ne sanctionnent que nous-mêmes, quand plus de 80% de la planète refuse de condamner la Russie de manière stupidement manichéenne ? Qu’ils s’en débrouillent puisqu’à ce niveau-là, ça semble relever du BDSM.
Le Parlement européen est transformé en travées pour quelque danse de Saint-Guy emblématique de notre nullité degingandée et de notre impuissance dans un monde qui demanderait au contraire de la force, de la puissance et du sérieux ? Qu’il s’en débrouille puisque les électeurs semblent apprécier le spectacle de leur propre inanité mise en scène.
Bref, je ne suis pas ici exhaustive (je songe notamment aux effets du dérèglement climatique qui commencent à se faire sentir de façon dramatique et irréversible) mais sur tout sujet titillant un peu nos consciences et qui pourrait me donner envie de réagir, cela se termine par la tentation contraire d’une sorte d’ermitage intérieur par lequel l’on ferait, au moins provisoirement, sécession d’avec la marche hypnotique de notre monde vers le gouffre dans lequel il semble à toute force vouloir se jeter, jusqu’à ce que la majorité se réveille – à supposer qu’il ne soit alors pas trop tard.
Je sais que nous sommes très nombreux à nous être retranchés, à ne plus jouer le jeu imbécile d’une actualité dans laquelle nous ne nous reconnaissons pas, à nous préparer avec stoïcisme pour les temps difficiles à venir et à faire le plein de bonheur en attendant.
L’on se dit, à la faveur d’un des printemps les plus magnifiques que nous ayons eu récemment, que l’on ne peut décidément pas empêcher une civilisation moribonde de vouloir en finir avec elle-même : je ne peux pas comprendre autrement le moment collectif que nous vivons que comme une sorte de suicide civilisationnel.
Alors, bien sûr, il ne s’agit pas de renoncement sur le fond et sans doute des mouvements de résilience et de résistance voient peu à peu le jour dans quelques catacombes de cet Empire de la Bêtise qui nous tient lieu de structure globale, bien sûr nous y sommes et nous y serons, dans l’attente notamment que la génération des boomers qui a (dans sa globalité) savamment contribué à cette impasse, cesse de pouvoir peser sur cette marche délétère des choses – et encore que la relève lobotomisée soit bien prête, hélas –, mais néanmoins, d’ici là, l’on se dit que profiter au maximum de la vie et de ses plaisirs est une bien sage résolution.
Non pas un luxe décadent, oisif et mou, non, mais comme une sorte d’instinct vital lorsque tout s’effondre, afin de faire le plein de tout ce en quoi nous avons cru et qui nous ressource de manière essentielle, c’est-à-dire la nature, les plaisirs, la spiritualité et la culture (la vraie, pas celle des chenilles pétitionnaires du Système de domination reconduit aux manettes).
Voilà, chers amis, pourquoi il est devenu difficile de poursuivre, pour le moment, le petit rituel des harangues, des indignations, des ronchonnements, des alertes. Simplement parce qu’à un moment, quand tout le monde se précipite avec enthousiasme dans le gouffre, on pense avec justesse un peu à soi et aux siens et l’on fait des provisions de vie pour les jours mauvais auxquels la bêtise du plus grand nombre nous conduit inéluctablement.





☐ 8/5/2022

8-9 mai 1945 : l’Histoire avec sa grande hache

En supposant qu'à court-moyen terme l'humanité se survive à elle-même, ce qui n'est pas complètement acquis, l'Histoire ne sera pas tendre lorsqu'elle se penchera avec un peu d'objectivité et de rationalité sur notre époque.
Elle ne sera pas tendre, en l'occurrence, précisément avec la façon dont elle y est constamment et sans vergogne traitée, dénaturée, idéologisée, instrumentalisée, et, avec elle, les faits tels qu'il se déroulent sous nos yeux délibérément obstrués par une propagande à très grande échelle.
L'on a pu constater déjà pendant l'entre deux tours de l'élection présidentielle combien la très écrasante majorité des médias dits d'information (et autres) ont en réalité produit, de manière parfaitement assumée et pas même cachée, une propagande idéologique et politique massive dans le but de conduire à la réélection d’Emmanuel Macron : aucun traitement critique du bilan de celui-ci, aucun retour sur la constante maltraitance du peuple français, les grands scandales de prédation et dépeçage des biens publics type Alstom, McKinsey et compagnie ont quant à eux disparu comme par enchantement (Majax ?) quelque part dans la stratosphère, aucun véritable examen d'un programme inexistant du président-candidat. Telle fut la besogne journalistique qui permit donc le résultat que l'on sait, fort justement qualifié par Elisabeth Lévy d'une victoire "à la déloyale".
À présent, il faudrait, paraît-il, se pencher sur le petit cirque législatif aux fins de savoir qui des castors associés ou de leur Maître va remporter la timbale, ce dont personnellement je me contrefiche, ayant même quelque secret plaisir à imaginer les castors se faire castoriser, étant entendu que les gens préfèrent toujours l'original à la copie. Ces microscopiques agitations apparaissent bien secondaires au regard de la situation à laquelle nous sommes confrontés et qui plonge notre monde au bord du gouffre.
Je veux en l'occurrence parler de la manière erratique et inepte dont sont traités les événements de la guerre russo-ukrainienne.
Je passe sur la manipulation du ministre de l’Économie qui, pendant la campagne chantait avec sa harpe les louanges de la situation pour à présent expliquer que « le pire est devant nous ». Aucun des journalistes qui ont relayé sa propagande ne fera son mea culpa.
Après la séquence électorale, et comprenant qu'il n'y avait absolument plus rien à tirer de réalité ni de recherche de la vérité du côté des médias mainstream, j'ai totalement cessé de regarder les informations, chose que je continuais tout de même de m'infliger depuis des années pour la bonne cause. J'ai absolument cessé depuis. Lorsque par hasard il m'arrive de retomber dessus, j'écoute pendant quelques minutes et aussitôt je suis obligée de changer ou d'éteindre, c’est simplement épidermique, tant la partialité, la bêtise, l'absence de scientificité, de méthode et de professionnalisme sont insupportables à l'entendement.
Absolument rien n'est fait pour apporter un regard de terrain qui, tout en tenant compte, naturellement, de l'immense détresse du peuple ukrainien, permettrait d'avoir une compréhension réelle de la situation. Le président bouffon, comique pénien cocaïné, qui fait la guerre 20 heures par jour sur les réseaux sociaux entre deux rails de poudre, haranguant le monde entier afin de plonger la planète dans un conflit nucléaire fatal, est érigé en héros, sans la moindre distance critique, sans la moindre contre-lecture des événements, sans le moindre jugement éclairé.
Lorsque même le Pape (envers lequel je n'ai pas la réputation d'être tendre et que l'on peut difficilement suspecter d'être un dangereux révolutionnaire) rappelle que les responsabilités de l'OTAN et de l'autoproclamé Camp du Bien sont bien réelles dans toute cette escalade, lorsque même Lula l'ancien président brésilien, pareillement peu suspectable de complaisances nauséabondes, invoque la même lecture contrastée et non manichéenne de l'Histoire, l'on n’en entend pas ou si peu parler, et surtout, rien n'est fait médiatiquement pour creuser dans ce sens afin d'éclairer correctement le jugement des citoyens.
Lorsqu’on se tue à expliquer que l'armée ukrainienne est infestée de bataillons et d'éléments ouvertement néo-nazis, dont on voit sur les réseaux régulièrement les corps recouverts de croix gammées qu’ils essaient d’ailleurs à toute force de faire effacer, il se trouve des journalistes petits-bourgeois (revoilà nos castors qui, il y a 15 jours, voulaient pourfendre la bête immonde, jamais à l’abri d’une servile reptation) pour expliquer que « oui mais ce n'est pas si grave, ce ne sont que quelques brebis égarées et puis eux c’est pour la bonne cause ».
Lorsque la Russie gagne des batailles, il se trouve bien sûr d’éminents experts pour expliquer que « oui mais elle va perdre la guerre ».
Par-dessus tout, j'ai la nausée de ces sorties racistes intempestives selon lesquelles le Russe, essentialisé ad nauseam, serait un sauvage pas vraiment fait comme nous, que son armée est ataviquement barbare et indisciplinée (et j'en passe pour ne pas me faire perversement censurer par Facebook).
À présent, à la veille de la commémoration de la capitulation de l'Allemagne nazie, nos petits serviteurs zélés de la soupe atlantiste déroulent le narratif selon lequel la Russie et ses plus de 20 millions de morts civils et militaires n'y serait quand même pas pour grand chose en réalité. Bientôt l'on apprendra que finalement ce ne sont pas les troupes russes mais les pro-nazis ukrainiens qui sont allés libérer le camp d’Auschwitz, après tout, au point où l'on en est des petits arrangements avec l'Histoire.
Alors, en cette veille de commémoration majeure, je tiens à saluer cette victoire contre l'Allemagne nazie, celle que de nombreux bataillons ukrainiens vénèrent encore avec nostalgie et cherchent à réhabiliter, je veux saluer le sacrifice suprême du peuple et de l'armée russes pour cela.
Aucune solution valable ne sera trouvée (mais est-ce le but ?) en tordant la vérité historique et la vérité des faits tels qu'ils se déroulent.
Il est vrai que les peuples européens sont soumis depuis des mois aux diktats délirants d'une allemande dépourvue de toute légitimité démocratique, ce qui me rappelle quelque chose, mais quoi...? [7/5/2022]



☐ 2/5/2022

Les cache-sexes de la Macronie

Le castor barragiste est un animal décidément fort plaisant et singulier. Parlez-lui d’Alstom, de McKinsey, de Rotschild et autres affaires de prédation par paquets de milliards, il détournera pudiquement le museau et regardera dans le lointain de ses petits yeux butés, n’en voulant rien savoir ou si peu... Parlez-lui des petites culottes et des menus plaisirs parvenus d’une jolie dame un peu frivole et inconséquente, tout à fait emblématique de ce pour quoi il a résolument voté à grands sons de trompe 6 jours plus tôt, et vous le verrez aussitôt entrant dans une transe janséniste de la plus belle facture. C’est que le castor a le sens des priorités dans ses indignations ! Le voilà qui fouisse de son petit groin jusqu’aux fonds de culottes de la sémillante créature, dans l’espoir probable d’en recueillir jusqu’à la moindre texture, la moindre senteur, qui crie au scandale, pensez donc, mais dans quel monde vit-on ?! Peut-être même pousse-t-il le vice jusqu’à la petite érection matinale, celle de la secrète convoitise que l’on peut toujours fondre habilement dans la routine conjugale… Après tout, de l’élection à l’érection il n’y a guère qu’une toute petite patte de castor.
Alors, pour paraphraser le Divin Marquis de Sade, n’ayons pas peur de dire : « Castors, encore un effort si vous voulez être républicains ! » et n’en doutons pas, la presse barragiste la prochaine fois se penchera avec le même zèle sur les milliards engloutis de l’élu de son cœur.
Et cessez donc de semer la pagaille dans les fantasmes de nos compatriotes, que Diable !





☐ 29/4/2022

- Que recherchez-vous, Monsieur, dans la musique ?
- Je cherche les regrets et les pleurs.
Pascal Quignard, Tous les matins du monde.

⇒ https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=rQH3udsV6eI&fbclid=IwAR2mvch9Lw063lVhA1IzVLU1H5W-wEA5iSZPVezMzuniS-kdxaYBAY6fcg0





☐ 26/4/2022

L’Atlantisme pris à son propre piège

Le rachat de Twitter par Elon Musk et les réactions qu’il suscite dans le Camp du Bien, sont une chose fabuleuse et jouissive de nature à enchanter nos lendemains de gueule de bois, quand bien même on se doute que les Ursula von Paraben, Macron, Breton et autres drilles vont déployer des trésors d’ingéniosité inquisitoriale.
En effet, après avoir profité pendant des années d’un régime censorial et inquisiteur complètement fou, après en avoir politiquement bénéficié y compris en termes de conquête à la fois des opinions et du pouvoir, voilà le Camp des curetons néo-progressistes en grande panique parce que, venu du libéralisme le plus chimiquement pur, nous arrive, après d’abominables années de plomb, la possibilité d’une liberté d’expression entièrement retrouvée (dans les limites évidentes du respect de la loi, naturellement).
Car le Wokistan avait oublié qu’au départ le libéralisme caractérisait une disposition morale à la liberté.
En France, au regard de la quinzaine propagandiste pro-Macron absolument délirante et caractéristique d’une République bananière que nous venons de vivre, il n’a même pas été nécessaire d’activer plus qu’à l’accoutumée des dispositifs spéciaux de censure sur les réseaux : les médias ont fait le boulot tout seuls, spontanément, en amont.
Toutefois, cette nouvelle est une immense raison d’espérer pour l’avenir, Elon Musk ayant annoncé qu’il défendrait, comme je le fais (il fait rien qu’à me recopier :-))), une liberté d’expression totale sur le réseau de l’oiseau bleu.
Ce qui sera donc très amusant à présent, c’est de savoir si l’Europe qui depuis des mois inflige à ses peuples une vision manichéenne et atlantiste opposant un supposé Camp de la Liberté et du Bien à des sociétés verrouillées à l’Est, va subitement décider, afin de pouvoir continuer de contrôler les opinions, d’adopter un modèle de surveillance à la chinoise ou… à la russe, ce qui ne manquerait pas de piquant.
Nous pourrons alors utilement exploiter cette ruse inespérée de la Raison et faire valoir le fait que nous préférons rester du côté occidental de la force, puisqu’on nous l’a si bien expliqué en long en large et en travers...



☐ 22/4/2022

Radio Londres : les carottes ne sont pas cuites, je répète, les carottes ne sont pas cuites !

Chers amis, nous voici donc rendus à cette quasi veillée d’armes qui, il y a 5 ans nous paraissait si loin et si enviable. Nous avons, depuis, perdu bien des illusions et bien des plumes (ou des yeux et des mains pour les moins chanceux).
Nous ne pouvions pas nous imaginer alors et encore moins au regard du chaos du quinquennat macronien écoulé que nous serions, ce soir, dans une situation aussi défavorable pour évincer le pénible individu et sa caste malfaisante.
Ce que le peuple français a subi pendant 5 ans restera dans les livres d’histoire lorsque celle-ci sera écrite avec impartialité. Et nous pourrons nous enorgueillir d’avoir été du bon côté de la barricade, car à la fin ce n’est pas le pouvoir et sa vanité qui demeurent mais l’âme.
Pareillement, ce à quoi nous avons assisté depuis bientôt 2 semaines en dit long sur la dégradation de la démocratie dans notre pays. Je ne pensais pas voir cela un jour, éprouver presque physiquement cette sensation de l’oppression d’un système qui n’a rien d’autre à proposer que la reconduction totalitaire (au sens propre de « qui tient lieu de tout »… et par tous les moyens possibles) de lui-même. Je ne pensais pas un jour ressentir physiquement dans mon pays le brutal déferlement en forme de rouleau compresseur d’un pouvoir prêt à tout et à toutes les manipulations pour s’autoconserver.
En 2017, c’est surtout la justice qui avait permis le raid express en forme de coup d’État déguisé installant la poupée néolibérale au pouvoir. Cette fois-ci, et bien davantage que la fois précédente, les médias ont montré avec une absence de scrupules invraisemblable, que nous étions tranquillement passés dans une société illibérale. Cette histoire-là aussi sera écrite et ce ne sera pas brillant pour les Collaborateurs de cette dérive.
Je ne vais pas revenir en détail ici sur tous ces points, nous aurons le temps pour cela.
Ce que je veux vous dire mes amis c’est que, contrairement à ce que l’on essaie de nous faire tenir pour acquis : la réélection d’Emmanuel Macron n’est pas certaine, rien n’est encore joué.
Ne vous laissez pas intimider. Ne vous laissez pas laver le cerveau. Ne nous laissez pas décourager. Ne vous laissez pas dicter votre conduite. Je le redis : traversez la rue et allez le chercher !
Faites le point autour de vous, vous verrez qu’ils sont bien peu nombreux en réalité à aller voter pour le pénible individu. Déjà les territoires ultramarins nous font savoir qu’ils iront très largement voter contre l’autoproclamé Emmerdeur 1er.
Et en admettant que celui-ci l’emporte malgré la révolte et la colère, il est du devoir de chacun, pour que vive le peu de démocratie qui nous reste et que nous allons dans tous les cas revivifier, que son score soit le plus bas possible.
Alors, un dernier conseil pour dimanche : allez voter à 8h00, puis à 8h05, emmenez tous les séniors que vous connaissez hop dans le minibus de Scoubidou direction la campagne pour un super grand pique-nique jusqu’à 20h00, puis oups retour, pardon papy mamie désolé c’est ballot on est rentré trop tard vous irez voter aux prochaines élections…:-)
Trop de gens détestent cet individu pour que sa réélection soit aussi simple qu’annoncée, et ça c’est votre boulot de dans deux jours. On verra bien après.
Alors, aux urnes citoyens !


Faudra pas venir pleurer !

Il convenait d’aborder ce débat de manière tacticienne et non pas en fonçant tout de go tel le taureau sur un chiffon rouge dont on aurait alors scellé la mise à mort bien commodément. Il est des parties qui se gagnent parfois en défense, même si ce ne sont pas les plus beaux matchs, et en particulier lorsqu’on est donné perdant avec une toute petite cote. Or, au sortir de ce spectacle de gosse insupportablement mal élevé et de dame bien patiente qui attend que le gamin ait fini sa crise, ce qui était manifestement visé était d’une part de souligner dans quel camp se trouvait l’agressivité, et d’autre part de rappeler aux personnes qui ont passé cinq ans à haïr Emmanuel Macron pour quel personnage ils s’apprêtaient, en conscience, à aller revoter. Il s’agissait en quelque sorte de leur rafraîchir la mémoire et il faut bien avouer, quoi que l’on pense des programmes de l’un et de l’autre, que cette tactique « molle » contraignant l’adversaire à se dévoiler sous son vrai jour était assez finement jouée : sans doute était-ce même en réalité le seul coup jouable dans cette partie. Beaucoup de castors du barrage dit républicain n’étaient, au lendemain du débat, à en juger par les nombreuses conversations entendues et lues, plus très sûrs de vouloir glisser un bulletin de vote portant le nom du pénible individu dans l’urne, fût-ce au prix de la chimère ridicule d’une revanche législative qui ressemblait de plus en plus à un vaudeville de cocu-content. Qu’importait que le camp macronien eût comme de bien entendu trouvé son champion formidable, qu’importait également que le camp de Marine Le Pen eût apprécié l’assurance calme de sa championne, ce qui comptait dans le fond c’était bien de rappeler aux indécis et aux barragistes potentiels qui eurent à subir le mépris, la morgue, la violence et l’arrogance du macronisme pendant cinq ans, qu’ils seraient alors directement responsables en cas de récidive de leur sort à venir et qu’il ne faudrait pas alors venir pleurer. Gageons que sur ce point au moins, à l’issue de ce débat, chacun savait très précisément à quoi s’en tenir quant aux deux candidats, ce qui en faisait donc, contrairement à l’idée médiatiquement reçue, un révélateur parfaitement réussi, de quelque côté que le cœur de chacun balance.
ASChazaud, Causeur, 21 avril 2022 [extrait]



☐ 18/4/2022

Le souffle coupé

Je sais bien que nous devons nous battre, nous battre sans arrêt, qu’il en va de nos vies, avec des armes pour les moins chanceux ou avec des mots aussi lourds que le plomb et pesants, et acérés, saturant tout l’espace, occupant tous les esprits jour et nuit pour les autres, avec nos haines et nos indignations recuites et bien utiles à la survie, mais tout de même, j’ai le souffle coupé de ce que la nature nous offre en ce printemps, l’un des plus magnifiques qui nous ait été offert depuis longtemps.
Le dernier qui fut presque aussi beau tomba souvenez-vous pendant la Grande Claustration, nous étions privés de nature et ne pouvions qu’entrevoir les débauches auxquelles elle se livrait à travers les grandes grilles des parcs, et encore n’avions-nous droit qu’à une heure en une sorte de supplice parfaitement chinois. Ce presque spectacle nous faisait mal en nous signifiant avec insolence qu’il se passait fort bien de nous. Nous en restâmes durablement abattus.
Cette année, au milieu du fracas des armes, au cœur du chaos d’un agôn politique qui sature la totalité de notre existence, en particulier par la pesanteur des mots de lutte dont on a fini par oublier qu’ils n’étaient que la version laide et superflue du langage comme de la vie, celle-ci nous a depuis quelques jours cloués au sol par sa force et sa beauté à la fois subtile et puissante, percutés en plein thorax. Pas question cette fois-ci de passer à côté…
On sent les gens en besoin, en manque de cette énergie vitale dont ils ont été privés par des forces de mort s’insinuant partout, on les sent dans le besoin physique de s’allonger sur ses pelouses, de célébrer cette chose supérieure par des libations, de se fondre d’une certaine façon les uns dans les autres au sein d’une lumière parfaitement dessinée, enroulés de senteurs entêtantes, de lilas, de glycines de fleurs puissamment érotiques et d’arbres déjà luxuriants. Tout parle d’Éros en ce moment pour peu que nous voulions bien nous y abandonner.
Nous avons été ce jour notamment frappés en plein cœur par quelque orgie d’odeurs, de couleurs, de sons, de gens, de gens heureux d’être là ensemble et de partager -pour combien de temps encore- cette joie primale par laquelle la vie se célèbre elle-même.
Et l’on s’en est revenu le cœur empli de gratitude.
Il eût été déloyal de n’en pas dire un mot, avec le peu de souffle que cette saine débauche nous a laissé.



☐ 16/4/2022

Semaine Sainte 2022
Revenir à l’essentiel n’est pas un luxe d’esthète mais une nécessité vitale et puissante.

J.-S. Bach - Passion selon Saint-Matthieu BWV 244

⇒ https://www.youtube.com/watch?v=KV2w93bvGwE





☐ 3/4/2022

Bonjour les amis,

En guise de pénitence pour ce beau mois de Carême je me suis infligée le spectacle de Macron à La Défense Arena. Je pensais également, par prudente abnégation, ne rien en dire, mais Dieu me pardonnera car c’est au-dessus de mes forces. Ce sera donc mon ultime commentaire après ces 5 ans de bagne, ou d’asile d’aliénés, qui nous ont été infligés depuis 2017, et dont j’espère que la peine ne sera pas doublée.
Lorsque je dis «spectacle », c’est vraiment de cela qu’il s’agit, pas d’un discours mais d’un concentré de l’ère du vide politique, ce fameux trou noir de la pensée caractérisant l’extrême-centre, cette antimatière macroniste dont j’ai souvent parlé ces dernières années, s’associant dans un parfait alliage avec la vanité de la société du spectacle dans toute sa quintessence, à l’état chimiquement pur.
Sur les chaînes d’info qui semblaient s’être subitement souvenues que nous étions en campagne électorale française et non en guerre russo-ukrainienne, comme par enchantement, l’on s’est mis à parler de ladite campagne, afin d’honorer comme il se devait le président que ces mêmes médias avaient contribué à porter au pouvoir en 2017 en abreuvant les citoyens de l’affaire-éclair Fillon, quand le gigantesque scandale d’État McKinsey (sans doute un coup des illuminati complotistes du Sénat) est à peine abordé.
Sur ces chaînes et dans les principaux médias, vous ne trouverez pas mention de ces gradins non remplis à l’Arena, de ces trouble-fêtes qui chantaient «Macron démission» ou autres oppositions, vous ne verrez pas ces appels qui ont circulé abondamment sur les réseaux par lesquels la Macronie a tenté d’appâter le chaland en promettant des récompenses à ceux qui viendraient au spectacle, ou leur communiquant dans le plus parfait ridicule la liste des chants à préparer en guise de programme politique dans un grand moment d’authenticité. Parmi ces chants d’ailleurs, vous ne verrez pas que Bella Ciao fut comprise comme étant la musique de la Casa de Papel et non en raison de sa longue histoire de Résistance et de luttes sociales, telle qu’elle fut d’ailleurs chantée dans tous les innombrables cortèges d’opposition qui ont émaillé ce quinquennat.
Au-delà de la quintessence du vide et du spectacle pur, cet événement représente également une sorte de summum de la gênance qui donne, par son ampleur, une idée assez précise de l’infini. Une ministre de la Défense tentant grotesquement de chauffer l’assemblée en évoquant les Rolling Stones, un autre représentant du gouvernement se livrant à des bouffonnades sur l’air de «Qui ne saute pas n’est pas Macron, cron» (oscours), une ministre égarée par là en robe de chambre, jouant sans doute le rôle de la Madelon et ayant visiblement oublié le reste de ses vêtements de ville au lavoir, bref, tout était gênant, la liste ici n’étant pas exhaustive.
Le discours en lui-même était interminable, de bric et de broc, mélangeant tout, racontant n’importe quoi, comme si la candidat avait perdu un pari et devait y fourrer tous les mots qu’il connaissait, grapillant des éléments de langage sans la moindre honte ici et là jusqu’à ceux de Philippe Poutou (leurs vies valent plus que tous les profits), piquant des morceaux de programme aux uns, aux autres, sans queue ni tête, présentant son propre bilan sans la moindre contradiction dialectique mais avec une manifeste auto-satisfaction qui faisait honte, promettant tout et n’importe quoi, se présentant également comme le candidat de la santé et des soignants, de la justice sociale (les éborgnés, les réprouvés, les emmerdés, les mis au ban de la République auront apprécié), faisant des phrases creuses ponctuées de clins d’yeux embarrassants, plongeant tout spectateur normal dans une honte encore plus grande par un moment de faux pathos à l’américaine en évoquant sans pudeur sa femme dont on n’a rien à faire, parsemant cet indigeste pudding avec des slogans dignes d’un mauvais PowerPoint à la McKinsey dont, d’ailleurs, l’on parla dans un incompréhensible dialecte dépourvu de toute logique.
Bref, ce spectacle ne fut rien d’autre que le spectacle du macronisme à l’état pur : du fake, du vide, des spectateurs pour la plupart incapables de narrer le moindre élément de programme si ce n’est celui d’être du côté du manche et dans le brouhaha d’un réformisme écervelé érigé en mantra, de la fausse émotion, de l’absence de débat de fond, un sorte de sous-convention américaine avec du bruit, de l’agitation, et rien dedans.
Derrière toute cette esbroufe toutefois, derrière ce vide communicationnel, il convient de ne pas oublier la violence bien concrète de ces 5 années, le mépris, la haine attisée contre des parties entières de la société française, par ailleurs complaisamment montées les unes contre les autres, les écarts de conduite, les rabaissements de la fonction et de la nation, l’insécurité endémique, les escamotages incessants de souveraineté nationale, la quasi-abolition des contre-pouvoirs et des corps intermédiaires (dont d’ailleurs l’affaire dite McKinsey est un des symptômes), la liquidation par prédation du pays vendu à la découpe.
En ce sens, pour raté et lunaire qu’il fût, ce spectacle azimuté et azimutant ne doit rien faire oublier de ce dont il conviendrait désormais de se libérer et qui fut le pire mandat présidentiel de la Vème République.
Il appartient désormais aux citoyens de mettre fin à cette déchéance à la fois politique, intellectuelle, morale mais on comprend aussi, à voir pareil spectacle, que, pour beaucoup, le vide habité par le seul attrait des paillettes, du pouvoir, de l’arrogance et de la niaiserie peut tout à fait tenir lieu de programme.





☐ 29/3/2022

L’affaire McKinsey comme fait politique total

« Que ça aille au pénal ! » a donc lancé, en forme de nouveau « Qu’ils viennent me chercher ! », le jeune représentant de l’extrême-centre.
Vous le savez peut-être, je prépare pour la rentrée prochaine un essai qui, prenant au départ appui sur la question de la société de surveillance, analyse la dérive d’une société procédant par multiples confiscations anti-démocratiques dans de nombreux domaines, lesquelles traduisent en réalité, pour ce qui nous concerne, un changement de régime. La question que cela pose est : sommes-nous réellement encore en démocratie, entendons par là dans une démocratie fonctionnant de manière saine ?
L’affaire McKinsey – et autres cabinets de conseil – et le climat qui l’entoure permet d’illustrer cette dérive.
Tout agité et manifestement contrarié, au bord de taper du pied par terre et la houpette au vent, le chef de la Macronie a donc engagé ceux qui, lucides, comprennent que l’affaire McKinsey constitue bien une affaire d’État, à « aller au pénal ». Mais bien sûr, c’est tellement simple ! Et puis, allons au pénal à 2 semaines des élections ! Autre manière d’ailleurs de dire que le macronisme consiste à décorréler le politique (élections) du réel (renvoyé aux calendes grecques d’un hypothétique calendrier judiciaire) et à « assumer » que l’on n’ait jamais de comptes politiques à rendre en particulier lorsqu’on se soustrait au débat.
La première dérive, évidente, que l’on peut ici relever, est celle d’une démocratie où la justice dysfonctionne lourdement. Rappelons qu’il y a 5 ans, à quelques encablures de la présidentielle, la magistrature et notamment le PNF qui ne bouge pourtant pas une oreille sur le gigantesque scandale en cours, ont, pour une question infiniment moins grave (bien que répréhensible) dézingué le candidat Fillon par une opération express dans le but clair de porter le candidat Macron au pouvoir. Comment fait-on pour « aller au pénal » quand ceux qui sont supposément les garants et les détenteurs de l’autorité judiciaire sont aux ordres du pouvoir en place, voire anticipent ses ordres parce que cela va dans le sens idéologique qui leur convient ? Cette analyse a déjà été largement étayée et trouve ici sa pleine illustration. Notons que, quand bien même il y aurait une action en justice, le temps judiciaire qui serait déployé serait, là encore, mis au service du pouvoir et l’on serait loin de l’expédition punitive expresse du type Fillon qui ne semble pouvoir s’abattre que sur les adversaires de la Macronie.
Ce scandale, dont le pouvoir décrète lui-même (on n’est jamais mieux servi que par soi-même) qu’il ne constitue pas une « affaire d’État », révèle par ailleurs l’absence quasi-totale de contrepouvoir médiatique. On est bien loin du Pullitzer, à l’exception de ceux qui ont eu le courage de lancer le scandale et qui trouvent bien peu de relais auprès de leurs confrères.
Pas de justice réelle donc, pas non plus d’indépendance médiatique : occuper le terrain du débat présidentiel par l’affaire ukrainienne, ad nauseam, afin de ne surtout pas mettre le candidat Macron en danger en le confrontant au bilan calamiteux tous azimuts du président Macron, telle semble être la nouvelle mission que se sont fixée les petits agents journalistiques zélés d’un système parvenu au bout de son ineptie anti-démocratique, où toute forme de contestation, d’opposition, voire de travail de contrôle parlementaire (en l’occurrence l’enquête du Sénat) est taxée de « complotiste ».
Sans les réseaux sociaux pourtant sous haute surveillance, cette affaire, littéralement gigantesque par tous ses aspects, et qui fait la une à l’étranger d’où l’on nous regarde à juste titre comme une démocratie malade et corrompue, serait déjà enterrée et passée aux oubliettes.
Le fait que la Macronie et que ses appuis (ici justice et médias) s’imaginent pouvoir passer outre malgré les révélations, en dit long également sur le niveau d’apathie des citoyens, estourbis par 5 ans de comportements antidémocratiques, d’éborgnages, de mépris, de violences, de lois liberticides et autres confiscations polymorphes.
L’affaire Benalla et son cortège de manipulations, l’affaire de prédation Alstom (dite affaire Pécron) – par exemple – le traitement indigne de la révolte sociale des Gilets Jaunes, le traitement erratique de la crise sanitaire ont démontré que le pouvoir pouvait tout se permettre, qu’il n’y avait dans le fond plus de limites ni de barrières, alors, pourquoi se gêner puisqu’au final le bloc élitaire finirait toujours par se rassembler dans la préservation de ses intérêts, comme il l’a manifesté aux européennes, trop content que l’on casse du gueux ?
L’affaire McKinsey révèle aussi les travers d’un pouvoir néolibéral (ce qui explique que ces pratiques soient mondiales, d’où la bêtise inepte du raisonnement « les autres font pareil ») qui décide de faire sécession, sous prétexte de meilleure efficacité, de son propre corps social ainsi que de ses propres agents, lesquels sont pourtant formés à cela et qui fournissaient jusqu’alors ces services d’évaluation et d’expertise. Cette manière de privatiser l’action publique (y compris l’action du législateur) est grave en ce qu’elle cherche, sur le modèle managérial importé du secteur privé, à expulser en quelque sorte la fonction publique de ses propres prérogatives et, partant, par cette externalisation, à dénaturer voire anéantir la notion-même d’intérêt général. Il est du reste normal que ce soit le même pouvoir qui décide démagogiquement de supprimer l’ENA. À quoi bon, même, si l’on va jusqu’au bout de la logique, des cadres supérieurs et des hauts fonctionnaires puisqu’on a les copains intéressés, fabricants de powerpoints et de punchlines incultes, auxquels on confie le dépeçage des fleurons et des outils de pilotage et de gestion stratégique de l’État ?
L’intérêt général n’existe plus et laisse la place à la somme des intérêts particuliers, à la gabegie et aux dépenses inconsidérées de l’argent du contribuable, ainsi qu’à la guerre de tous contre tous, à quoi peut d’ailleurs se résumer le quinquennat Macron. C’est le « there is no society » version disruptive nimbée d’inculture communicante.
Il est à noter que cette externalisation de l’action publique vient redoubler les effets de la gouvernance européenne qui, on a encore pu le constater récemment, prend des décisions déconnectées de tout processus démocratique en lieu et place des peuples souverains (liberté d’information, transfert des données personnelles aux USA, soumission au racket américain du gaz de schiste destructeur d’environnement et qui va peser lourdement sur les citoyens européens sans que ceux-ci aient eu le droit de se prononcer, pour les exemples les plus récents, etc.).
En ce sens, l’affaire McKinsey constitue, outre un scandale majeur, un fait politique total (je ne suis pas ici exhaustive) qui tout à la fois révèle et incarne la dérive anti-démocratique de notre régime politique : l’illibéralisme comme aboutissement naturel du néolibéralisme.
Il y a encore 2 semaines pour empêcher que cette dérive ne se poursuive et pour que l’action publique et politique retrouve son sens et sa valeur.
Je vous souhaite une bonne semaine (mes publications demeurent inivisibilisées par fb pour encore 3 jours mais peu importe).



☐ 25/3/2022

Le silence éternel de ces espaces macroniens m’effraie

Si je m’exprime peu en ce moment, ce n’est pas parce que la censure m’en empêche, bien qu’elle veille, particulièrement affûtée.
Non. C’est parce que je suis abasourdie par ce que j’observe. Je vous en ai plusieurs fois fait part mais ça ne s’arrange pas.
Il se trouve qu’occupée ailleurs, je n’avais pas vu d’informations ni télévisées ni dans la presse écrite pendant plus de 10 jours (cela fait, du reste, tout comme les cures déconnectées, le plus grand bien).
Le choc à l’atterrissage est violent et l’intoxication redoutable :
Je suis, donc, disais-je abasourdie par le niveau de propagande qui a envahi les médias, sur à peu près tous les sujets, alors que nous sommes à 3 semaines de la présidentielle.
Quasiment rien sur l’ahurissant scandale McKinsey, qui représente, après la prédation organisée d’Alstom, tout ce que le macronisme a fait subir à ce pays : dépeçage des processus démocratiques – ici en termes de gouvernance – partage du gâteau entre copains, diminution des moyens de l’État, opacité, fraudes et j’en passe.
Au-delà de la question strictement judiciaire (l’on n’attend plus grand-chose de la justice française depuis belle lurette), ce scandale devrait faire la Une de tous les médias dignes de ce nom, or, s’il n’y avait pas les réseaux sociaux, il passerait quasiment inaperçu, tel le furet, venant en quelque sorte ponctuer de manière harmonieusement naturelle, dans un silence voûté et soumis, tout ce que le peuple français aura avalé comme couleuvres depuis 5 ans et contre quoi il est impératif de se mobiliser le 10 avril prochain.
Du reste, Gabriel Attal l’a déclaré, qui porte la parole de l’exécutif macronnard : « l’affaire McKinsey n’est pas une affaire d’État ». Circulez !
Lorsque l’exécutif désigne lui-même ce qui le disqualifie ou pas, ce qui le met en cause ou pas, est-on encore en démocratie ?
Ce faisant, Gabriel Attal n’a pas tort : grâce à la complaisance de la magistrature mais aussi des oligarques médiatiques, l’affaire McKinsey qui constitue un incommensurable scandale, n’est pas traitée comme elle le devrait, c’est-à-dire, comme l’affaire d’État qu’elle est évidemment.
Affaire Benalla, Alstom (dite affaire Pécron), gilets jaunes éborgnés, répression délirante, chaos social savamment entretenu pendant des mois, gestion de crise sanitaire erratique (sur fond, donc, de conseils grassement payés aux copains-cochons de McKinsey et alii), mensonges permanents sur tout, tout le temps, manipulation de l’information appartenant à la poignée de copains oligarques dans un sens propagandiste soit direct soit indirect (par le silence), violence (à suivre : la violence du programme social de Macron 2 est simplement abjecte), mépris, double discours. Rien ne manque.
Abasourdie également par le niveau de propagande atteint au sujet de l’affaire ukrainienne, qui sert actuellement de paravent aux médias mainstream pour ne pas confronter la Macronie à son bilan.
Les sources citées sont en général, et sans la moindre honte, le Pentagone – pourquoi se gêner ? – (que l’on sait particulièrement objectif et pas du tout manipulateur) et les forces ou le gouvernement ukrainien (qui, en tant que belligérant, pratique, comme tous les belligérants du monde et de l’Histoire, la propagande). Très peu d’informations sourcées ni recueillies sur place (on fait du journalisme de plateau télé avec l’ami californien google). Des journalistes de terrain qui, comme, par exemple Anne-Laure Bonnel dans le Donbass, montrent une réalité autre que celle qui va dans le sens de la propagande sont tout simplement censurés ou accusés des pires maux, juste parce que, eux travaillent réellement et se confrontent au réel qui n’est ni tout blanc ni tout noir contrairement à ce que la débile (au sens propre) moraline ambiante tente de répandre à tout va. Quasiment rien sur l’opposition américaine au conflit (je vous renvoie par exemple aux lumineuses prises de position de Tulsi Gabbard qui explique comment l’État profond US et les lobbies de l’armement ont un intérêt évident à la déstabilisation de l’Europe (qui s’agenouille bien gentiment) et à ce que ce conflit dure le plus longtemps possible. Quasiment rien, ou si peu, sur les ukronazis (merci la CIA, as usual) et sur les scènes ahurissantes de lynchages auxquels s’adonnent ces malfrats, que l’on trouve pourtant en abondance sur les réseaux sociaux. Le Camp du Bien détourne délicatement la tête car cela brouille sa vision béate d’un monde simplet. Lui qui fait la chasse aux « fachos » depuis des décennies dans sa tête ne sait pas en reconnaître lorsqu’il en a des vrais sous les yeux et préfère d’ailleurs, leur apporter sa caution. Va comprendre…
Bref. Il y a de quoi être pour le moins effrayé, même si le vent de la vérité semble être doucement enfin en train de tourner, notamment depuis l’intervention lunaire de Zelensky à l’Assemblée, lequel réclamait sous les acclamations, le suicide des entreprises et industries françaises (pendant que les Chinois appellent à occuper les marchés que les Occidentaux abandonnent stupidement en se tirant des balles dans le pied toute la sainte journée).
Tout ceci finit par ressembler à une sorte d’enfer : enfer informationnel où seule compte l’idéologie au détriment de la recherche de vérité (le tout sous prétexte de lutte contre la désinformation), enfer démocratique (absence de véritables contrepouvoirs), enfer intellectuel (chasse aux sorcières, censure et bêtise ambiante).
Bref, en un mot : réveillez tous vos amis pour qu’ils aillent voter le 10 avril prochain parce qu’il serait temps que cette logique infernale soit stoppée, à tous les niveaux. Sinon, ensuite, il ne faudra plus venir pleurer ni manifester à longueur de temps ni ronchonner derrière son écran.
La seule liberté d’expression qui vaille par temps d’élection est celle ouverte par le vote, qui doit ouvrir la possibilité de toutes les autres et leur donne un sens. Tout le reste, à ce moment-là, n’est que gesticulation.



☐ 21/3/2022

La bêtise : cet autre visage de la mort de l'Occident

J'avais, dans une précédente publication, fait part de mon profond désarroi face à la tournure prise par l'invasion de l'Ukraine (que je considère comme tout à fait inacceptable parce que je n'ai pas attendu, moi, cet événement pour être souverainiste) et face à divers autres fléaux qui marquent notre époque de manière particulièrement préoccupante et anxiogène.
Je ne mentionnais pas, parmi ces-derniers, la profonde stupidité qui marque, me semble-t-il, la mort cérébrale de l'Occident.
Outre que celui-ci se montre parfaitement incapable de comprendre les enjeux de la grande redistribution des rapports de force à l'échelle mondiale en cours (l'on y voit plus clair à présent sur ce sujet avec un peu de recul : Chine + Russie + très nombreux pays non alignés), il semble qu'un gigantesque concours de débilités ait été engagé en son sein.
J'avais, dans un article que je remets ici en lien, pointé assez tôt en la dénonçant la pulsion épuratrice en cours visant des artistes russes, des athlètes paralympiques et même des... chats russes expulsés des concours félins, pulsion qui ne semble pas déranger grand monde.
J'avais également souligné l'ineptie consistant à censurer la chaîne RT, sans passer par la moindre procédure judiciaire et sans que le moindre fait de désinformation n'ait été constaté par le CSA désormais ARCOM à l'exception d'un microscopique sujet sur la Syrie en 2018 dont d'ailleurs la chaîne avait été blanchie (il est vrai que l'Occident a beaucoup de leçons de vérité à donner concernant ses interventions déstabilisatrices et meurtrières de par le vaste monde, notamment au Proche et au Moyen-Orient, comme par exemple en Irak au sujet de quoi rappelons que Julian Assange croupit dans les geôles anglo-saxonnes aux ordres US depuis des années pour avoir simplement aidé les citoyens à connaître la vérité – la vérité sur les mensonges atlantistes – bref).
En revanche, il semble que depuis la rédaction de cet article où j'avais hélas vu juste, l'Occident se soit lancé dans un grand concours de débilités sur lequel il m'est tout à fait impossible de demeurer silencieuse : l'on apprend ainsi aujourd'hui que sous la pression des habituels syndicats wokistes jamais à l'abri d'une stupidité, un collège français serait débaptisé parce qu'il porte le nom de Soljenitsyne. C'est intéressant de savoir à quels incultes l'on confie ses enfants... L'on apprend également que la Space Symposium Conference va censurer le nom de Youri Gagarine dans un grand élan de bêtise cosmique.
L'unanimisme du Camp du Bien (aussi condamnable l'invasion de l'Ukraine soit-elle, et dans laquelle toutefois, il faut être assez bête pour ne pas comprendre que Poutine n'est qu'une sorte de ruse résiduelle de la Raison et de l'Histoire en train de s'accomplir et de se redéfinir pour les décennies à venir), comme toujours, me rebute et apparaît dans tout l'éclat de sa gigantesque bêtise, toute armée de sa bonne conscience épuratrice et du seul paradigme mental qui lui tient lieu de réflexion depuis plusieurs décennies : le point Godwin (ce qui explique l’incapacité à comprendre les réels enjeux en cours : quand on n'a qu'une seule idée fixe pour comprendre le monde, c'est sûr qu'on est un peu limité. Ajoutons qu’il est assez piquant d’observer l’habituel troupeau gauchisant et moralisant voler au secours d’une armée ukrainienne notoirement infiltrée de bataillons pour le coup réellement néo-nazis. Comprenne qui pourra).
Je reçois de nombreux témoignages de personnes russes ou russisantes qui sont à présent inquiétées en raison de leur nom, de leurs origines ou de leur pratique culturelle et/ou professionnelle.
J'avais pourtant cru comprendre que le racisme et la discrimination étaient à proscrire. À force de "canceler", l'Occident américanoïde va finir par se supprimer lui-même, et franchement, vu le niveau, ce sera peut-être le seul bénéfice à en retirer.
Je refuse par conséquent que ces actes tout aussi stupides que répréhensibles soient commis sans la moindre condamnation publique, à la fois morale, juridique et intellectuelle, et je vois dans cet affaissement du niveau de pensée, un signe supplémentaire, s'il en fallait encore, de la bêtise d'une civilisation parvenue au bout des soins palliatifs qui la maintenaient encore sous perfusion.
J'ignore si cette publication passera les fourches caudines de la censure facebookienne qui, toutefois, a déclaré tolérer la haine anti-russe, mes posts étant pour encore quelques jours relégués je ne sais où, mais cela m'est égal, en fait, je ne lâcherai jamais et je pense que nous serions tous bien inspirés de faire de même.
Je refuse un monde où BHL, Zuckerberg et Biden déterminent le niveau d'intelligence collective.



☐ 2/3/2022

La Ruse constante de l’Histoire

Les événements que nous vivons actuellement font perdre la tête et il est difficile de garder un cap, de savoir avec clarté où se trouve le bon sens, la raison. Un peu comme de multiples Fabrice à Waterloo, nous voyons passer l’Histoire sans nécessairement la reconnaître.
J’ai moi-même dès le départ fustigé l’attitude insupportablement arrogante et manipulatrice de l’OTAN et de son valet européen dans l’affaire ukrainienne (comme dans d’autres), convaincue à juste titre que Poutine, quelles que soient ses éventuelles caractéristiques psychologiques du moment, n’avait plus d’autre choix que de montrer les muscles et de faire le coup de force afin de contraindre des négociations dont il retirerait quelques bénéfices et où la Russie retrouverait toute la place et la fierté qui devraient naturellement lui revenir, dans le cadre d’une alliance future plus large avec la Chine qui, pour le moment, attend son heure bien tranquillement. De ce point de vue d’ailleurs, la jonction réussie ce jour des troupes russes et des forces séparatistes pro-russes de Donetsk sur la côte de la mer d’Azov offre, me semble-t-il une base géostratégique de négociation intéressante.
Nous sommes pourtant actuellement parvenus à un point invraisemblable. Tout d’abord, la manière dont Poutine a procédé n’est pas admissible, et, au-delà de l’invasion proprement dite (en dehors des zones séparatistes pro-russes), je reviens une nouvelle fois sur les cohortes de Tchétchènes de Kadyrov lancées vers l’Europe : pour moi, ce n’est pas admissible et cela relève, pour le coup, d’un conflit de civilisation que j’assume. Je ne veux pas de soldats Tchétchènes lancés dans un pays européen, point barre. Non négociable.
Ensuite, il y a l’attitude délirante de l’Occident qui, LE PREMIER, a invoqué la menace nucléaire (bonjour Le Drian), repris ensuite de manière tout aussi irresponsable et effrayante par Poutine. Ça va les garçons, vous vous amusez bien avec vos gros engins entrefrottés ? Brandir la menace nucléaire n’est intelligent de la part de personne.
Ensuite, je constate que ni vu ni connu et sans que cela ne dérange personne, l’Allemagne qui de manière répétée a mis le monde entier à feu et à sang et contre laquelle le Russie a payé le prix de millions de morts, en profite pour se réarmer. Personne ne semble réagir, et surtout pas le poulpe européen, alors que c’est absolument impensable et scandaleux.
L’Occident a toute sa part dans l’escalade hystérique en cours. Les propos irresponsables et délirants de Bruno Le Maire déclarant « une guerre économique et financière totale à la Russie. Nous allons provoquer l’effondrement de l’économie russe » donnent par exemple simplement envie de vomir mais laissent également bien entrevoir quelle était la véritable visée radicale et hostile de toute cette opération côté européiste.
Je rappelle une nouvelle fois que :
- On n’a entendu personne s’insurger contre les multiples invasions, déstabilisations, agressions et mensonges menés par les USA et l’OTAN depuis des décennies.
- On n’entend toujours pas les belles âmes s’indigner du sort de Julian Assange torturé physiquement et psychologiquement dans les geôles anglo-saxonnes sur ordre des USA pour avoir révélé les mensonges de guerres américaines et atlantistes. Il faudra le marteler systématiquement à tous ceux qui, aujourd’hui, dans le monde médiatique, se félicitent que l’on censure certains de leurs confrères sans bouger une oreille.
Certaines des mesures de rétorsion maccarthystes, car il s’agit bien d’un nouveau maccarthysme, prises contre la Russie d’une part et contre les Russes d’autre part sont quant à elles absolument scandaleuses. Qu’il y ait des pressions économiques : c’est le jeu. Que l’on sanctionne des musiciens, des chefs d’orchestre, des artistes etc. relève de cette même abjecte logique de cancel culture qui caractérise notre Occident à la fois dégoulinant et virulent dans tous les autres domaines. Je vois déjà Soros se pourlécher les babines. À quand des autodafés de Dostoïevski, de Tolstoï ? À quand l’interdiction même de parler russe ? À quand la censure de Prokofiev, de Rachmaninov, de Tchaïkovski ? Tout ceci est indigne et démontre bien que, dans ces mesures, c’est la bêtise et l’arrogance des États-Unis et d’une Europe soumise qui s’expriment.
L’interdiction de certains médias, je pense notamment à RT qui faisait un très bon travail journalistique, décidée par la Commission européenne élue par personne et sans passer par la case judiciaire, sans apporter la moindre preuve d’une prétendue désinformation, me semble quant à elle inadmissible et je rappelle que cela fait longtemps qu’elle est dans le viseur de la Macronie, bien avant l’affaire ukrainienne : il s’agit donc bien d’une haine anti-russe dont ladite affaire n’est que le prétexte servi sur un plateau par Poutine.
Pour le moment, la Ruse de l’Histoire est que l’action de Poutine, par sa forme délirante, renforce une Union européenne moribonde et un OTAN contesté, plus arrogants que jamais, et l’on va voir pérorer les philosophes militaires de canapé tout fiers de leur confortable besogne.
Tout ceci est navrant, indigne, me dégoûte en tous points et de tous côtés. Aussi vais-je m’occuper de vivre plutôt que de me laisser ainsi, comme nous tous, brutaliser par cette exécrable folie collective en espérant avec un optimisme très modéré que la Raison revienne, sans trop y croire. Je vois venir le moment où Soros aura triomphé grâce à un Poutine dégoupillé : quelle alléchante perspective…
Je soutiens le peuple ukrainien qui résiste avec beaucoup de dignité et je redis tout mon amour et mon soutien aussi au peuple russe que l’Occident, dans son insondable bêtise, a décidé une nouvelle fois d’humilier.
Je vous souhaite une bonne semaine. Je vais faire d’autres choses que de me laisser estourbir par cette nouvelle convulsion de la pulsion de mort décidément en vogue et je vous conseille de faire tout pareil.
Je vais par exemple écouter avec délice le concerto pour violon de Tchaïkovski (quelle splendeur !) dirigé par Valery Gergiev qui vient d’être chassé comme un malpropre par d’indignes censeurs dont la Philharmonie de Paris.
(PS : mes publis sont toujours reléguées je ne sais où pendant 3 semaines mais cela n’a aucune importance puisque grâce à vous, elles circulent ;-))