LUMINET Jean-Pierre




Jean-Pierre Luminet, né le 3 juin 1951 à Cavaillon1, est un astrophysicien, conférencier, écrivain et poète français, spécialiste de réputation internationale des trous noirs et de la cosmologie. Il est directeur de recherche au CNRS, membre du Laboratoire d'astrophysique de Marseille (LAM), après avoir été longuement membre du Laboratoire Univers et Théories (LUTH) de l’observatoire de Paris-Meudon, auquel il reste affilié. Il est également chercheur associé au Centre de Physique Théorique de Marseille (CPT).

Membre de plusieurs académies et sociétés savantes, il est lauréat de nombreux prix (voir Distinctions), notamment le Prix Européen de la Communication Scientifique 20073. L'astéroïde (5523) Luminet, découverte à l'observatoire Palomar en 1991, porte son nom en hommage à ses travaux.

De par ses activités de poète, essayiste, romancier et scénariste, dans une œuvre voulant lier science, histoire, musique et art, il est également Officier des Arts et des Lettres. Il a publié une quinzaine d’essais, sept romans et sept recueils de poèmes, traduits en une douzaine de langues, ainsi que des CD, des DVD et des documentaires pour la télévision. Il est aussi musicien, graveur et sculpteur. Il a collaboré avec des compositeurs comme Gérard Grisey, Hèctor Parra, Régis Campo ou Karol Beffa.
(Wikipédia)



☐ 7/12/2021

Pour celles et ceux qui se réjouissent que Valérie Pécresse soit candidate à la Présidence la République Française, et qui en parallèle pensent défendre (du moins sur Facebook) quelques valeurs de notre identité culturelle, voici le début d’une lettre que lui adresse, sous la plume de son secrétaire général Albert Salon, le Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie (dont j’ai l'honneur de faire partie) :
« Madame la Présidente
Parmi les candidats à l’Élysée en 2022, vous n’êtes certainement pas la plus favorable au maintien et à l’épanouissement de la langue française en France et de la coopération internationale francophone. Ainsi, dès 2008, vous avez été lauréate du prix de la Carpette anglaise, décerné par nos associations pour le français et la Francophonie. Entre bien d’autres signes de désintérêt, voire d’hostilité à notre cause, et de choix délibéré, voire acharné, de la langue du maître, vous avez traité par le mépris nos diverses démarches tendant à vous amener à abandonner cette honteuse appellation « pass navigo easy », et à choisir une dénomination française, » etc.
Ceci, vous me direz, n’est qu’un détail par rapport au reste. Adoubée par l’oligarchie mondialiste au même titre que Macron, Pécresse s’est en effet déclarée une inconditionnelle du pass sanitaire, de la vaccination obligatoire et des mesures de rétorsion déjà pratiquées en Autriche (l’autre candidat LR qu’elle a battu entre deux bises, Ciotti, appelait quant à lui de ses vœux des Guantanamo à la française).
Décidément, de Charybde en Scylla, l’Odyssée de la France file bien promptement vers le gouffre. Et on voit mal une suite d’interventions divines qui, comme dans l’histoire des Argonautes, permettraient à notre pays de franchir sain et sauf le périlleux passage de mai 2022.
PS : J’adore l’expression « Carpette anglaise »





☐ 5/11/2021

Encore une horrible complotiste qui pollue de discours vicieux et antiscientifiques l'impeccable parlement européen, cette Christine Anderson, députée allemande qui en outre appartient à un parti eurosceptique nationaliste, le retour à Hitler quoi. Qu'attend-on pour la priver de tous ses droits, la mettre en prison ou en hôpital psychiatrique ?
(PS : pour ceux qui ne comprendraient pas le second degré... son discours est exemplaire de lucidité et de courage)

⇒ https://vk.com/videos623312115?z=video623312115_456240215%2Ffe649d8fe8fcd97b88







☐ 4/11/2021

J’ai le plaisir d’annoncer que je suis lauréat du prix international UNESCO Kalinga 2021 pour la vulgarisation scientifique. Ce prix a été fondé en 1951 (l’année même de ma naissance, bienheureuse conjonction), et a par le passé récompensé des personnalités comme Louis de Broglie, George Gamow, Bertrand Russell, Arthur C. Clarke, Fred Hoyle, Konrad Lorenz, Margaret Mead, Yves Coppens, les prix Nobel Julian Huxley, Margaret Mead et David Attenborough, plus récemment mon ami Jean Audouze (qui a présenté ma candidature pour la France, ce dont je le remercie vivement).
La médaille Einstein de l’UNESCO m’est également attribuée.
La célébration est prévue demain 5 novembre, non pas en présentiel au site parisien comme les années « normales », mais, covidophobie oblige, en ligne. Je me suis donc contenté d’un discours de remerciements d'une dizaine de minutes que j’ai préenregistré en vidéo, dont je vous donnerai le texte dans un billet ultérieur. Vous y verrez que je n’hésite pas à dire ce que je pense de l’état actuel du monde et de la diffusion dévoyée de certaines connaissances scientifiques…

cliquer ⇒ ici




☐ 21/9/2021

Le pass sanitaire, temporaire ? Faites-moi rire.

Lorsque dans une petite série de billets d'août et septembre je me suis élevé contre le pass de la honte avec quelque argumentation, j’avais eu des réactions très variées, allant de l’applaudissement à l’insulte. Je me souviens en particulier de commentaires non agressifs à mon égard mais quand même favorables au pass, du genre « mais enfin Jean-Pierre, pourquoi faire un tel foin, tout ceci c’est provisoire et pour notre bien, de toute façon cela va s’arrêter le 15 novembre ». J’avais rétorqué qu’il ne fallait pas « rêver du genou » et que le pass de la honte serait à coup sûr prolongé au moins jusqu’aux élections, ce qui m’a valu d’être une fois de plus traité de complotiste, de délirant, de perdu pour la science, de sénile et autres amabilités.
C’est donc à la surprise générale, complète et totale de cette gent lucide et confiante que le gouvernement a décidé très démocratiquement de prolonger l’usage du QR code afférent en étendant sa période d’utilisation jusqu’au mois de juillet 2022. Quelle stupéfaction ! Ces braves gens ne s’y attendaient absolument pas !
Je reprends pour la suite, en l’adaptant un peu, un long billet ironique d’un ami anonyme qui signe H16 des chroniques avec lesquelles je suis généralement d’accord à 90%. Chroniques qui sont d’une telle lucidité anti-gouvernementale que leur auteur est haï par l’oligarchie qui, tirant les ficelles de leurs pantins, se voit constamment démasquée dans ses turpitudes (d’où le pseudonyme H16, qui cache un haut fonctionnaire très au fait de ce qui se passe dans les officines de l’Elysée et de Bruxelles).
Qui donc, à part des crétins de complotistes dans mon genre, aurait en effet pu imaginer que ce gouvernement finirait par imposer le pass dans les activités quotidiennes, alors que notre si grand et si bienveillant Chef de l’État lui-même nous avait promis le contraire quelques mois auparavant ? Qui aurait pu imaginer un si compétent ministre de la santé faire une volte-face complète après ses discours de chafouin assurant au bon peuple peu éduqué que le pass serait limité à la fois dans le temps et dans ses applications à la plus stricte nécessité ?
Vraiment, c’est complètement inouï et totalement inattendu de la part d’un gouvernement jusqu’ici exemplaire, et de politiciens qui ont toujours su respecter leurs promesses avec une ponctualité et une régularité imparables. À leurs yeux jadis peau-de-saucissonnés, cela deviendrait-il choquant de découvrir l'impensable prolongation de ce pass, qui sépare les Français entre des lépreux irrationnels auxquels il faut rendre la vie impossible (« on les aura ces connards », dixit Macaron au Varan pas Komodo), et des obéissants raisonnables auxquels il convient d’attribuer de menus privilèges.
Distribués à la population soumise, ces pass/privilèges sont forts commodes tant ils sont, une fois numérisés, faciles à révoquer à chaque fois qu’on en aura besoin : l’épidémie repart, ou du moins veut-on le faire croire à coup de chiffres truqués ? Hop, on empêche en quelques minutes l’accès aux restaurants, aux cafés, aux musées, salles de concert, bibliothèques et autres lieux de culture.
Il reste de gros stocks de vaccins à écouler ? Hop, on invalide le pass/privilège tant qu’une piqûre supplémentaire n’a pas été faite. Etc.
Ensuite, le pass pourra facilement être relié, sous une forme ou une autre, à tout aspect de la vie sociale ou administrative que l’État et ses politiciens malins auront jugé indispensable d’encadrer fermement. Un matin, le pass vous autorisera à dépenser votre argent comme vous l’entendez. Un matin suivant, pouf, ce ne sera plus le cas parce que vous n’avez pas fait ce qu’il faut… Vous n’avez pas bien rempli votre feuille d’impôts, vous n’avez pas payé votre amende, que sais-je encore, ou simplement parce que, collectivement et avec tous les individus de votre sexe, de votre âge ou de votre classe, l’État en aura ainsi décidé.
Ah, que c’est bon de voir se profiler ce monde jadis imaginé dans les brouillards mentaux des Orwell, Huxley, Arendt et autres Anders, un monde qui devient de moins en moins flou et de plus en plus dystopique.
Certains trouveront que j’exagère. Tout ceci n’est en effet qu’une simple fiction… qui anticipe de quelques mois, de quelques années tout au plus, ce qui est en train de se mettre en place directement sous le nez des cohortes :
• de syndicats purement et simplement collaborateurs et complètement à la botte des politiciens, comme d’habitude incapables de protéger les droits fondamentaux de ceux qu’ils mentent représenter (exemple : SNCF),
• de naïfs qui refusent de croire qu’un gouvernement démocratique puisse imposer ceci à toute une population,
• d’idiots utiles qui persistent à voir dans ce pass une formidable opportunité de brandir fièrement leur smartphone dernier-cri pour montrer à quel point ils savent ramper,
• d’industriels trop heureux de se remplir les poches avec ce capitalisme de connivence sans plus aucun frein ni limite.
Eh bien non, le pass n’est pas temporaire, et tout sera fait pour qu’il perdure bien au-delà de ses enjeux pseudo-sanitaires : il y a trop d’investissements industriels derrière pour qu’il soit mis au placard. Dans un billet précédent je citais l’explication directement fournie par certains industriels qui entendent jouer un rôle actif et évidemment très lucratif pour installer ce pistage complet, permanent et universel des Français (et bien au-delà de notre pitoyable hexagone, tant la tendance se met obstinément en place au niveau mondial). L’exemple de Thalès, groupe spécialisé entre autres dans la sécurité et la défense, vient immédiatement à l’esprit, d’autant que le groupe français ne cache même pas ses ambitions de voir un jour un tel pass multi-usages déployé partout - j’avais donné le lien vers une traduction française de leur édifiant plan « marketing ».
C’est logique du reste : à partir du moment où le passeport vaccinal numérique européen était déjà dans les tuyaux depuis 2018, et où la crise sanitaire du Covid19 a été l’occasion rêvée (provoquée ?) de booster les efforts envisagés pour le déployer, il était normal que les acteurs industriels déjà engagés dans des développements sur le sujet profitent à présent de l’occasion pour pousser le plus loin possible leurs projets lucratifs et récolter la manne.
En réalité, la prolongation du pass sanitaire et son extension à tous les domaines n’a rien de surprenant, tant il s’inscrit dans un projet industriel qui recouvre à la fois le suivi médical exhaustif des individus, leur identité numérique complète (avec par exemple un remplacement des passeports et des cartes d’identité), puis de leur portefeuille, de leurs feuilles de paie, de leurs documents essentiels qui définissent toute leur vie familiale, professionnelle et sanitaire… puis politique.
L’avantage pour les industriels est énorme puisque cela leur donnera accès à des marchés publics gigantesques (un demi-milliard d’individus juste pour l’Europe), sans parler des retombées en termes d’analyse de données que cette numérisation forcenée va amener. Et si c’est un trésor dodu pour les industriels, il va de soi que c’est une méthode de pistage et de contrôle ultime pour les États prompts à encaisser les prébendes que les lobbyistes leur jettent dans les bras.
Est-ce surprenant alors que l’histoire récente et passée fourmille d’exemple de telles collusions ouvertes et profondes ? Est-ce inimaginable de voir se mettre en place de tels plans qui vont réduire les libertés des Européens à un vague souvenir sépia, alors que la crise a déjà illustré quelques édifiants exemples de collusions et de corruption profonde ?
A-t-on déjà oublié par exemple que l’Union européenne s’est fendue d’un milliard d’euros pour un remdesivir finalement avoué comme nocif ? Plus proche de nous, en France, qui se souvient du niveau de collusion entre État et entreprises privées bien introduites lorsqu’il a été question d’installer des portiques éco-taxe ? Le lobbying intense de certains industriels aurait permis la mise en place, au frais du contribuable bien sûr, de portiques qui allaient taxer d’abord les camions puis les voitures sur toutes les grandes routes de France…
Pour le pass, nous sommes clairement dans le cas d’un problème créé de toutes pièces par l’État, dont lui seul pourra apporter la solution qui lui aura été soufflée de bout en bout par des industriels à l’éthique globale plutôt défaillante, dans la mesure où la mise en coupe réglée de tout un peuple ne semble leur poser aucun souci.
On peut ainsi imaginer que les prochaines étapes, après cette prolongation du pass, incluront la découverte – ô surprise – que le pass est parfois contrefait, ou inefficace puisqu’on ne lui a pas adjoint l’identité réelle du porteur, et qu’il conviendra donc de rendre tout ceci biométrique (par exemple). La numérisation de l’identité sera une formalité. Comme un cheptel de vaches et de moutons, nous serons progressivement numérotés et pucés, avant la tonte et l’abattoir.
Rappelez-vous cependant : le projet des portiques « écotax » a finalement été abandonné. Pourquoi ? Parce que cet abandon n’avait pas été demandé « poliment ».
Hé bien si l’on veut que le pass et ses avatars programmés disparaissent de même, il ne faut pas agir autrement.
Mais cela ne peut malheureusement passer, comme le prétendent les derniers naïfs, par les urnes et un bulletin de vote prétendûment démocratique : tous les partis politiques français, du moins ceux qui dépassent le 1% d'intentions de vote, sont corrompus. Car le but exclusif de l'exercice politique est devenu l'argent, certainement pas l'amélioration de la condition humaine.



☐ 12/9/2021

Promenade dominicale pour faire découvrir à ma petite famille quelques beautés de mon Vaucluse natal. Première étape : La ferme-auberge des Esfourniaux, à 1110 mètres d’altitude au-dessus de Lagarde d’Apt dans le Parc National du Lubéron. Calme absolu entre champs de lavande et parc de cervidés. Excellente cuisine familiale à des prix défiant toute concurrence. Nous retrouvons la vie saine et « normale », même si nous voyons quelques touristes débarquer de leurs voitures masqués jusqu’aux yeux malgré le lieu. Ils font bien entendu ce qu’ils veulent, ou plutôt ce que l’on veut qu’ils fassent, mais j’ai de la peine pour eux : c’est le genre de personnes qui, même si on ne l’exige pas (encore), resteront masquées jusqu’à la fin de leur vie, y compris en plein désert.
Au retour, petit détour par le « Colorado provençal » de Rustrel, anciennes carrières d’ocre se déclinant en une multitude de nuances jaunes, rouges, orangées et brunes jusqu’au vert et au mauve créant un réel enchantement. Du moins dans mon souvenir, puisque l’entrée exige le passe sanitaire, alors que nous sommes à ciel ouvert sur un site très étendu avec une poignée de visiteurs. La caissière nous confirme que l’exigence lui paraît à elle aussi aberrante, mais qu’elle doit obéir aux ordres de la direction, faute de quoi le site fermerait. Nous rebroussons donc chemin. Nous reviendrons dans un hypothétique futur libéré de la paranoïa.
Pas de passe sanitaire pourtant pour les milliers de braves gens pressés comme des sardines dans les métros, tramways et bus de Paris et d’ailleurs pour aller sagement travailler et faire tourner la baraque. Ce n’est pas de l’incohérence, comme on pourrait le penser à première vue et avec quelque miséricorde. Tout cela est parfaitement calculé et voulu : il faut impérativement punir celles et ceux qui ne se soumettent pas, en les privant de toute activité ressemblant à du loisir, de la culture, du bien-vivre.
Que complices et approbateurs des autorités qui commanditent cela, expliquent en quoi il ne s’agit pas là de psychopathie perverse.



☐ 29/8/2021

Je souhaite faire une longue mise au point à propos de mon billet du 11 août concernant mon opposition radicale au pass sanitaire, et qui a récolté le plus grand nombre de commentaires que j’aie jamais eus. Je remercie en premier lieu les personnes qui ont approuvé ma prise de position - la grande majorité, mais je sais bien qu’il y a un fort biais de sélection, venant du choix que je fais dans l’acceptation ou pas des nombreuses « demandes d’amitié » que je reçois sur FB.
Comme je n’écris pas ici pour recueillir des suffrages dont je n’ai nul besoin, j’ai été davantage attentif aux arguments des personnes qui me désapprouvent tout en restant polies (j’ignore celles qui se répandent en insultes), et c’est pour elles que je tiens à préciser mes positions, si elles acceptent honnêtement de me suivre dans un texte assez développé (sans doute trop pour FB, peu de lecteurs iront au bout).
Ma formulation initiale, de par sa concision, était forcément abrupte et a été très largement mal interprétée. Primo, un certain nombre de mes contradicteurs ne savent pas (ou ne veulent pas) lire correctement : mon billet d’humeur et d’indignation était clairement contre le pass sanitaire, pas contre la vaccination.
• Certains pro-pass « raisonnent » de la façon suivante : « le vaccin implique le pass, être contre le pass implique donc être contre le vaccin ». Un sacré syllogisme, qui viole le B-A-BA de la logique. Ce sont deux sujets différents, certes en partie liés mais que les autorités politico-sanitaires se plaisent perfidement à identifier pour mieux brouiller les pistes. Certains de mes lecteurs attentifs ont bien tenté de le rappeler, mais autant chanter pour des sourds. D’autres ont à juste titre rappelé que de nombreuses personnes vaccinées manifestaient contre le pass et, bien qu’en étant munies, refusaient de s’en servir pour leurs activités non vitales (bars, restaurants, salles de spectacles), en attendant que l’apartheid actuellement instauré meure dans son propre étouffement morbide.
• En aucune façon je ne me glorifie de mon opposition au pass ni ne me pose en « héros résistant ». Ce serait complètement bouffon et stupide : j’ai parfaitement conscience que, de par mes activités et mon parcours, je suis archi-privilégié car je peux me permettre de boycotter les activités non vitales (qui représentent cependant beaucoup dans ma culture : concerts, cinémas, expositions, musées, gastronomie). Donc, annuler une conférence exigeant le pass, ou bien en assurer d’autres en faisant des heures de voiture plutôt que de prendre, masqué et QR-codé, le TGV ou l’avion, ne fait pas de moi quelqu’un de courageux : juste une personne cohérente.
Je constate d’ailleurs un certain manque de cohérence chez certaines personnes farouchement anti-pass, mais qui, au lieu de boycotter les lieux non vitaux qui l’exigent, acceptent de subir un test PCR pour pouvoir assister à un concert ou un spectacle. C’est, d’une certaine manière, aussi céder au chantage gouvernemental. D’autres se contentent de « liker » les « posts » des « anti-pass » les plus actifs des réseaux sociaux (dont certains sont utiles en indiquant des liens instructifs) sans s’engager davantage, alors que par exemple elles pourraient adhérer à des associations comme Reaction19 (moyennant petite cotisation), qui fournissent d’utiles documents à caractère juridique permettant de contrer l’illégalité croissante des injonctions gouvernementales, envoyer une requête à la Commission Européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg permettant, sinon de bloquer, du moins de retarder le processus administratif de validation des mesures liberticides (le formulaire juridique se trouve facilement sur internet, ça coûte deux timbres pour l’envoi), etc.
• Je n’aurais jamais l’outrecuidance de critiquer les personnes pour qui le pass sanitaire est vital pour simplement pouvoir travailler. Il faut être fondamentaliste anti-vax pour leur dénier ce droit évident de choisir la survie professionnelle et financière, certains le faisant malgré eux et parfaitement conscients que cette politique d’apartheid et d’exclusion est particulièrement perverse, ne reposant en outre sur aucune vérification scientifique.
Je ne jetterai même pas la pierre aux personnes qui utilisent le pass pour pouvoir continuer à vivre à peu près « normalement » et confortablement (en admettant que ce soit normal de montrer un QR code pour boire un coup et confortable de se faire contrôler toutes les dix minutes pendant que vous sirotez un café), prendre des vacances en Grèce ou ailleurs, etc. Je regrette simplement que, pour nombre d’entre elles, la conscience politique et l’idéal de liberté passent après leur petit intérêt personnel. Mais je pense aux jeunes, pour qui, après des mois extrêmement difficiles d’isolement dus au confinement, aux cours à distance, etc., ont impérativement besoin, pour leur équilibre mental, d’avoir une vie sociale et de fréquenter les établissements de socialisation exigeant le pass. Un de mes grands enfants, étudiante, est dans ce cas, et quoique dubitative sur l’efficacité du vaccin, elle y est passée pour obtenir son autorisation, et je l’ai approuvée.
Je comprends fort bien que 95% desdits établissements obéissent à la loi, fût-elle parfaitement inique, pour simplement continuer à fonctionner. Mais j’admire particulièrement les 5% restants qui s’opposent clairement au rôle de flicage et de contrôle qu’on veut leur imposer et qui n’est pas le leur, quitte à payer une amende (de toute façon illégale ; il y a d’excellents sites d’avocats fournissant les formulaires de contestation fondés sur des articles précis de la constitution). J’aurais simplement aimé que les gérants de lieux publics (bars, restaurants, cinémas, salles de spectacles, musées, etc.) qui se plient à l’injonction gouvernementale - laquelle les conduit inexorablement à la faillite - comprennent que l’union fait la force, et que si une proportion plus importante (disons 30%) d’établissements refusait d’obtempérer, le système s’effondrerait de lui-même.
• En revanche j’avoue m’agacer contre toute une catégorie de personnes pro-pass qui justifient cette intenable position en reprenant à leur compte les slogans du prêt-à-penser préparés d’avance par les merdias et autres réseaux sociaux, tous complices de l’hystérie. Exemple : « avant, la résistance c’était mettre sa vie en jeu pour la liberté des autres, aujourd’hui c’est mettre en jeu la vie des autres pour sa propre liberté », ce qui est complètement bidon, ne serait-ce que, primo, parce que refuser le pass c’est s’ôter à soi-même la plupart des libertés, secundo, parce que quand la pandémie laisse 99,97% de la population mondiale parfaitement sauve (chiffre officiel), on met statistiquement moins en danger la vie d’autrui que lorsqu’on prend le volant de sa voiture après avoir bu un verre de trop. Et qui d'entre vous ne l’a pas fait ?
Avant, en pleine période de confinement, on avait eu pire comme slogan débile : « Je reste chez moi, je sauve des vies ».
Encore plus ridicule est l’image véhiculée par ceux qui s’offusquent que l’on puisse utiliser le terme de dictature sanitaire (dictature disons « douce » pour commencer, puisque je puis encore m’exprimer ici, mais des centaines d’autres récalcitrants ont déjà eu leur parole bloquée, et vous verrez, bonne gens, cela ne fait que commencer). Image donc où l’on voit le dirigeant dingue de la Corée du Nord ou encore un taliban barbu d’Afghanistan s’esclaffer en offrant l’asile politique aux Français qui veulent fuir la dictature. S’il y a en effet toujours pire ailleurs, est-ce une raison pour accepter toutes les dégradations de sa propre condition ? À tout relativiser on stagne dans l’acceptation de tout et la passivité la plus totale. C’est aussi le cas pour les comparaisons stupides du genre « je m’arrête bien aux feux rouges et je mets ma ceinture ». J’ai du mal à comprendre pareil dysfonctionnement des neurones.
Passons à une autre catégorie qui m’amuse assez : celle des scientistes purs et durs formatés par la « méthode », qui ne comprennent pas qu’un esprit « jadis brillant » (ce n’est pas moi qui le dis, c’est eux) puisse se fourvoyer à ce point, être « dans un brouillard mental », carrément « tombé en déchéance ». L’un d’eux m’a particulièrement fait rire en parlant du « spectacle attristant d’un savant qui ne colle pas à la science ! » Le verbe « coller » parle de lui-même. Est-ce que les Copernic, Kepler, Galilée, Darwin et autres Einstein collaient à la science de leur temps ? (je ne me compare aucunement à ces grands esprits, c’est juste un petit rappel sur la façon dont la science progresse : jamais en « collant » !).
Trois explications seulement leur viennent à l’esprit, sous forme de mantras qu’ils doivent se répètent intérieurement à chaque fois qu’ils lisent quelque chose qui les dérange : la sénilité, le complotisme ou le charlatanisme. Pour la sénilité, un de mes « défenseurs » a fait remarquer que pour quelqu’un qui venait d’obtenir la seule année 2021 trois prix scientifiques internationaux il y avait pire comme déchéance… Je le remercie de s’être correctement renseigné à mon sujet. Pour le complotisme, on sait bien que c’est devenu le mot magique servant à exclure d’office toute parole contradictoire. Quant au charlatanisme, il est amusant de voir que ce sont toujours les mêmes qui s’en prennent pêle-mêle à la médecine naturelle, à l’homéopathie, à ceux qui se méfient des pesticides et des OGM, maintenant le yoga considéré comme une dérive sectaire, bref le grand sac de tout ce qui n’est pas conforme à la vision occidentalo-capitalistique.
• Il est clair que les journalistes des chaînes télé et radio d’état (c’est-à-dire détenues par des proches du pouvoir), qui ne savent plus faire de l'investigation et sont devenus des serpillières de l'état, mentant et manipulant des masses trop peu pensantes, sont en grande partie responsables de cet abrutissement (la palme revient peut-être à France Info : la veulerie mégalomane de leurs chroniqueurs dépasse l’entendement). Parmi eux, les plus actifs donneurs de leçons sont ceux étiquetés « scientifiques » (la majorité ; mais la minorité qui tente encore de faire son travail d’investigation n’a quasiment plus droit à l’antenne). À propos d’un de mes billets antérieurs, l’un d’eux m’avait par exemple « morigéné » (j’adore ce verbe rappelant l’époque révolue où l’écolier garnement pouvait encore être grondé par le maître), en m’écrivant : « vous devriez avoir honte » !
Je puis comprendre dans une certaine mesure cette idiosyncrasie journalistique : ne pratiquant pas la science de l’intérieur puisqu’ils ne sont pas chercheurs (ou n’ont pas réussi à le devenir), les journalistes s’en font une idée totalement candide.
Primo, ils ne jurent que par la soi-disant « méthode scientifique », laquelle, au-delà de sa vertu effective de limiter certaines dérives, rencontre vite ses propres limites en bridant la créativité et l’invention, comme le montrent des siècles d’histoire des sciences.
Secundo, ils ne « raisonnent » qu’en termes de statistiques, auxquelles ils ne comprennent rien - tout comme au demeurant bon nombre de scientifiques non mathématiciens - ou alors qu’ils manipulent comme bon leur semble. Les champions toutes catégories dans le genre sont les « fast checkers » (Le Monde, Libé, CNews, etc., tous les médias ayant désormais leur officine), dont les « productions » sont à mourir de rire.
Tertio, ils utilisent à tout va l’argument d’autorité et ce qu’ils définissent comme étant le « consensus » : selon eux, si 90% (du moins selon leur propre statistique) des scientifiques disent que c’est vrai, eh bien c’est que cela est forcément vrai ! Ils ignorent - ou feignent d’ignorer pour ne pas avoir à perdre leur credo - le niveau de bidonnage, de coups tordus et autres fraudes qui sont la plaie d'une partie de la recherche scientifique. En revanche ils sont les premiers à accuser de fraude et de bidonnage les 10% de chercheurs qui contredisent la doxa. L’un des plus hystériques d’entre eux m’a récemment rétorqué que moi-même je croyais bien aux trous noirs, puisque 90% de mes collègues y croyaient, qu’on avait observé au télescope l’image de l’un d’entre eux et qu’en plus le résultat était conforme à mes propres calculs ! Eh bien ce brave journaliste et astronome amateur n’a visiblement rien compris à ce qu’est la recherche fondamentale : on n’élabore pas des modèles pour prouver qu’ils sont vrais, mais pour montrer qu’ils sont plausibles, éventuellement meilleurs que les explications alternatives. J’ai beau avoir travaillé 45 ans sur mes chers trous noirs, je ne sais fichtrement pas s’ils existent réellement ! Je sais juste qu’il y a des astres qui leur ressemblent comme deux gouttes d’eau et que l’on n’a à ce jour pas de meilleure explication que celle fournie par la relativité générale.
Je suis d’ailleurs assez étonné que ce soit dans le domaine des sciences de l’univers, celui qui à mon avis demande le plus d‘imagination et d’indépendance d’esprit tant le mystère du cosmos est grand et les préjugés de divers ordres sont tenaces, que les certitudes scientistes sont les plus grandes. Des journalistes plus ou moins spécialisés en astronomie s’en prennent à moi de façon assez virulente (ce que j’écris là ne va pas arranger les choses). D’autres, qui ont jadis loué mes travaux, ont fait de votre serviteur de beaux portraits et interviews, voire continuent à le faire de façon pertinente dès lors que je ne sors pas de ce qu’ils considèrent être mon seul champ de compétence, s’inquiètent de ma « déviance ». Je suis personnellement touché de leur sollicitude, et je ne puis que les rassurer sur le fait que je me sens en pleine possession de mes moyens intellectuels, comme pourraient en témoigner ceux qui ont pris la peine de lire mon récent ouvrage sur la gravitation quantique.
Pour en revenir aux peu glorieuses pratiques de la recherche scientifique, si un jour je trouve le temps de rédiger mes mémoires de chercheur, j’en donnerai quelques édifiants exemples. Pourtant, le niveau de truandage dans mon domaine des sciences dites « dures » (celles de la matière et de l’univers) est beaucoup moins élevé que dans les sciences du vivant, ne serait-ce que parce que c’est plus difficile de truander des équations que des données statistiques sur échantillons non significatifs.
Je reçois régulièrement le bulletin d’information sur l’intégrité scientifique issu de l’Institut de Recherche et d’Action sur la Fraude et le Plagiat Académiques (IRAFPA) dirigé par l’excellente chercheuse en sciences sociales Michelle Bergadaà. Les résultats sont effarants. Comme on peut s’en douter, c’est dans les domaines de la recherche où les enjeux financiers et économiques (par le biais de brevets) sont importants que le trucage est massif : la médecine, la pharmacologie et les sciences du vivant sont au premier rang. Il n’y a qu’à voir le scandale de l’an passé sur l’article bidonné publié dans le Lancet, que la gent journalistique a rapidement et pieusement étouffé tant le bidonnage arrangeait leur credo. Car ils Croient, eux : le doute, ils ne connaissent pas ! L’Apologie de Raymond Sebond dans les Essais de Montaigne sur le scepticisme, jamais lu, ni même entendu parler ! Or, un scepticisme de principe, assorti de discussions et échanges dialectiques, est le fondement même de la juste démarche scientifique. Cela ne fait pas forcément de vous un climatosceptique. Mais ce sont désormais les journalistes qui désignent au bon peuple les bons scientifiques (ceux qui « collent ») et les mauvais (ceux qui ne « collent » pas) !
Ceci dit, je ne méprise aucunement ces points de vue différents : je les désapprouve fortement, ce qui est très différent. Je pense en effet qu’ils sont erronés et délétères, soit parce qu’ils sont générés par la mauvaise foi, le parti-pris, ou bien manipulés par la peur, ou encore par manque d’informations objectives, de réflexion personnelle, de lucidité, de conscience sociale et politique, etc.
• En revanche je ne trouve aucune excuse à la fraction de personnes que j’estime être de véritables collabos de la répression et du contrôle, et qui utilisent les moyens les plus malhonnêtes - tricheries, falsification des faits (un certain nombre hélas dans le milieu des chercheurs en sciences du vivant compromis dans des conflits d’intérêt et plaçant leur intérêt financier plus haut que la plus élémentaire déontologie médicale), délations et autres perfidies les moins reluisantes de la nature humaine - pour propager leur idéologie mortifère. Il y a toujours eu des salopards dans la tragique histoire de l’humanité et il y en aura toujours. Cela ne les dédouane pas pour autant. Beaucoup sont actuellement au pouvoir ou en sont l’oreille. J’ai une véritable aversion pour l’ensemble de la classe politique dirigeante, clique de paranoïaques pervers. Le plus terrible c’est que je ne vois à l’horizon mai 2022 aucune figure alternative. En tout cas leur temps passera tôt ou tard, et l’Histoire les jugera peut-être à l’aune du mal qu’ils auront fait.
Je m’arrête là. Il est temps diront certains.