NIERENGARTEN Fabien


☐ 10/12/2021

L'histoire se déroule hier après-midi, dans une commune du bord du Rhin. La réunion vient de se terminer, les participants échangent encore quelques mots, et là, mon voisin découvre un téléphone visiblement oublié sur une chaise. Il se renseigne auprès des derniers présents, jusqu'à ce qu'une petite voix s'élève timidement du fond de la salle : "Ah oui, je sais à qui il appartient. Elle vient de partir. Elle est sans doute encore sur le parking. Je l'appelle." Elle saisit son smartphone, compose un numéro...et fait effectivement sonner le pauvre téléphone abandonné. Morale de l'histoire : "Qui fait sonner un portable dans le vide, n'est jamais loin de faire un bide". Ou comme dirait le philosophe : "allô quoi !"



☐ 7/12/2021

[...] À force de faire la gueule, certains de nos contemporains finissent par manquer cruellement d'humour. Tout au moins quand on leur demande de savoir rigoler d'eux-mêmes. Car quand il s'agit de se moquer du malheur des autres, autant dire qu'ils sont très nombreux à se bousculer au portillon de Facebook et des autres réseaux sociaux.
Alors, pour entamer leur thérapie, je leur recommande vivement de lire "Elle est chouette, ma gueule" de Simon Berryer, plus connu sous son pseudo Sim (non, pas la carte !), et de méditer joyeusement sur cet extrait : "L'autodérision est un excellent système de défense contre les autres et surtout contre soi-même. Il annule toutes les attaques venant de l'extérieur et permet, paradoxalement, de se guérir avant d'être malade". Croyez-moi, ça décoince bien des zygomatiques !



☐ 1/12/2021

Quand j'étais gamin, j'attendais toujours le 1er décembre avec beaucoup d'impatience. C'était le jour où je pouvais (enfin) ouvrir la première fenêtre du calendrier de l'Avent que nos parents avaient déniché, le week-end d'avant, au supermarché du coin. Contrairement à ma sœur qui respectait les traditions, j'avoue aujourd'hui qu'il m'arrivait alors de subtiliser le gros chocolat du 24, et de le remplacer par de la pâte à modeler, soigneusement emballée dans le papier alu d'origine pour donner le change. Faute avouée est à moitié pardonnée. D'ailleurs, je crois qu'il y a prescription au bout de 30 ans (et un peu plus).
Dans l'intervalle, le calendrier de l'Avent semble être devenu la star du dernier mois de l'année. Et surtout, le gisement d'un vrai business pour des centaines de marques. Ayant flairé le bon filon, voilà même que les grands noms du luxe s'en mêlent avec volupté, et proposent 24 petites fenêtres à ouvrir sur des échantillons de leur production. A condition évidemment qu'on puisse, par exemple, débourser la coquette somme de 410 € pour offrir le calendrier Dior. Il paraît que chez Vuitton, on s'active encore pour réussir à caser des valises et des sacs à main dans ces minuscules fenêtres. Bon courage !





☐ 27/11/2021

C'est bizarre, mais selon l'heure de la journée à laquelle l'affaire Nicolas Hulot parvient à mes yeux et à mes oreilles, je me sens tantôt avocat, tantôt procureur. Sans doute parce qu'il ne peut pas y avoir une seule façon d'appréhender ce débat. Ou alors, on bascule inévitablement, soit dans un angélisme béat, soit dans une diabolisation indécente. Comme le font d'ailleurs aujourd'hui, de nombreux commentateurs, et ce, pour des raisons plus ou moins sincères, honnêtes et objectives.
La parole est d'abord à la défense. Qui a raison de rappeler que, dans un État de droit digne de ce nom, des faits pénalement répréhensibles doivent être dénoncés devant des autorités ayant compétence pénale, et non devant les caméras d'une émission en quête de sensations, diffusée de surcroît sur une chaîne dite "de service public", et donc financée par nos redevances. Pour ma part, je ne souhaite pas qu'avec mon argent, des piloris médiatiques presque plus cruels que les piloris médiévaux, soient érigés pour soumettre à la vindicte populaire, des individus non jugés et donc présumés innocents.
La parole est ensuite à l'accusation. Qui a raison de s'indigner devant ce besoin de domination psychologique, puis même physique, que semblent éprouver certains types à l'égard de certaines femmes, dès lors qu'ils bénéficient d'une once de notoriété artistique, politique ou médiatique. Non mais allô, quoi ! Le mec est physiquement insignifiant, humainement imbuvable, et il se permet des gestes déplacés, sous prétexte que quelques ménagères de plus de 50 ans le trouvent charmant et sympa ??? Faut arrêter de fantasmer, les gars ! Et surtout, il va falloir réviser d'urgence votre code de la séduction !
Bref. Un jour, la parole sera enfin donnée aux juges. Aux vrais juges. Ceux que les institutions ont désigné pour réguler notre vie quotidienne. Et qui ont pour mission, après des enquêtes approfondies placées sous le secret de l'instruction, de faire objectivement la part entre le vrai et le faux. De condamner les véritables coupables et de restaurer dans leur dignité, les véritables victimes. D'ici-là, tout le reste ne sera que supposition, suspicion et gesticulation. Mais aussi et surtout, incitation au respect absolu de la volonté de l'Autre. Quel qu'il soit et qui que nous soyons.





☐ 25/11/2021

Le scénario était malheureusement écrit d'avance : on apprend ce matin que le prof de fac qui, de façon un peu humoristique, avait traité ses étudiants de "quasi-débiles", a reçu dans l'intervalle de nombreuses menaces de mort. Preuve qu'il était encore en-dessous de la vérité quand il a tenté d'évaluer le niveau d'intelligence d'une partie de son auditoire.
A voir d'ailleurs le nombre d'abrutis qui estiment actuellement avoir le droit de vie et de mort sur tous ceux qui leur déplaisent, je pense que ce serait une bonne idée de restaurer la bonne vieille pratique du duel. Rendez-vous à l'aube sur le champ d'à-côté et que le meilleur gagne ! Ça les rendrait sans doute un peu moins arrogants que blottis lâchement derrière leur écran, juste armés de leur clavier et de leur souris.
Plus sérieusement, il y a vraiment de quoi se demander si le virus le plus dangereux pour notre civilisation, n'est pas celui qui contamine de plus en plus d'utilisateurs des réseaux sociaux, et qui tue progressivement les valeurs fondamentales que sont le respect, la tolérance et la bienveillance. Observez par exemple le nombre de ricanements et d'insultes qui accompagnent les articles évoquant la nouvelle vague de l'épidémie de Covid, et vous comprendrez ce que je veux dire.
Si c'est ça, l'héritage éducatif que ces irresponsables immatures transmettent à leurs gamins, on peut vraiment s'inquiéter pour l'avenir. A moins évidemment qu'un jour, un scientifique animé d'intentions humanistes, n'invente enfin la formule magique du vaccin universel contre la connerie. Ce qui est certain, c'est que par ces temps névrosés, sa rentabilité serait largement garantie. Apothicaires de tous les pays, unissez-vous ! Ça urge !!!





☐ 24/11/2021

Tiens, il paraît qu'un prof de droit de l'Université de Bretagne fait actuellement l'objet d'une procédure disciplinaire parce qu'il aurait qualifié ses étudiants de "chouette auditoriat de quasi-débiles (...) qui ne savent même pas comprendre le sens d’un texte simple". Oh, les pauvres petits ! Pour ma part, je me sens assez solidaire de ce "lanceur d'alerte" qui ne fait que souligner une évidence : certains quasi-illettrés du secondaire ont finalement réussi à se faufiler jusqu'aux études supérieures.
Ah bon, vous nous trouvez trop violents, trop durs, trop intolérants à l'égard de ces jeunes qui seront peut-être nos futurs juges, avocats, notaires, conseillers fiscaux ou chefs d'entreprise, et qui ignorent la portée d'un mot bien choisi et d'une phrase bien construite ??? Allez, admettons. Mais alors, n'oubliez pas dans votre grande bienveillance, que les étudiants déficients d'aujourd'hui, seront peut-être les patrons et les gouvernants que vous traiterez d'incompétents demain...





☐ 23/11/2021

Quand la science vient au secours de l'art... On a appris hier que des algorithmes avaient permis de redonner vie à trois œuvres de Gustav Klimt, détruites lors d'un incendie en 1945, et dont il ne restait que des esquisses, ainsi que quelques photos en noir et blanc. Cet exploit technologique a été réalisé par le département "Arts" de Google, en collaboration avec le musée du Belvédère de Vienne.
En 1894, le ministère de l’Éducation autrichien commande à Klimt, trois panneaux monumentaux symbolisant la Médecine, la Philosophie et le Droit, afin de décorer le plafond de la grande salle des fêtes de l’Université de Vienne. Mais lorsqu’il livre ses tableaux, le peintre a évolué et a pris la tête d'un mouvement d’avant-garde. Loin de glorifier la victoire de la science, de la sagesse et de la justice sur les ténèbres de l’ignorance, les immenses panneaux reproduisent une vision toute personnelle et tourmentée de ces facultés. Ils sont donc rendus à l'artiste. On lui demande même de rembourser les avances qui lui ont été versées.
Les œuvres sont alors acquises par des mécènes autrichiens, mais saisies par l'occupant nazi lors de l'Anschluss en 1938. Entreposées au château d’Immendorf, elles disparaissent lors de l'incendie volontairement provoqué par les SS, le 8 mai 1945, peu avant l’arrivée de l’Armée rouge. Leur reconstitution est donc une belle revanche de l'avenir sur le passé. Un peu d'optimisme dans ce monde au bord de la crise de nerf.





☐ 19/11/2021

Voici enfin mon billet d'humeur de ce mois. Je crois que j'y fais définitivement mon coming out de boomer. Il s'intitule "Lettre à Titine".
Certains l’appellent de façon un peu condescendante, "ma caisse", "ma tire", "ma bagnole" ou encore "ma guimbarde". Pour ma part, qu’importe sa marque ou sa couleur, ma voiture, je l’ai toujours surnommée très affectueusement "Titine". Vous aussi, sans doute. Au moins une fois. Allez, avouez-le. Sans savoir peut-être qu’elle devait ce petit nom à son ancêtre, la fameuse Ford T, appelée "Tin Lizzie" par son concepteur, Henry Ford.
Aujourd’hui, hélas, les temps sont durs pour Titine, devenue la paria des bobos parigots accros au vélo-métro-boulot-dodo. Jadis, idole adulée, la voilà reléguée au rang d’icône déchue, et peut-être bientôt, à celui d’épave d’un paradis à jamais perdu. D’où ce courrier d’amour et d’amitié que j’ai choisi d’écrire pour elle et de partager avec vous.
Ma chère Titine,
Tu te souviens probablement de ce temps béni dont il reste quelques photos jaunies, où tu transportais de plaisir, les bourgeois endimanchés en quête d’émotions fortes. Certes, à 30 km/h, pied au plancher, il n’y avait pas de quoi user les chapeaux de roues, ni de soulever ceux des passantes émerveillées. Mais à ta façon, tu as su rendre ces années… folles. Et elles te le rendaient bien.
Après avoir fait rêver nos grands-parents, tu as séduit sans peine leurs enfants. En te parant peu à peu de nombreux atours, sans jamais oublier d’affoler les compte-tours, tu as réussi à faire rimer "conduire" avec "sourire", et "partir" avec "découvrir". Curieux objet du désir pour toute une génération, tu as aussi été pour elle, un exceptionnel outil de liberté et d’émancipation. Sans connaître ton égale pour déchaîner les plus intenses passions, parfois par un simple appui sur ton champignon.
Mais nous voilà au 3ème millénaire, celui de tous les dangers pour notre chic planète. Pas de quoi danser dessus, ni de faire hennir les chevaux du plaisir. Fini d’oser, Joséphine. Et fini de rigoler, Titine. Ton destin est scellé. En vert et contre tout. Oubliées, toutes tes années de service. Mais gravées dans la mémoire collective, ces quelques années de sévices, ceux que la vilaine voiture aurait infligé à la gentille dame nature.
Toi, autrefois, provocatrice de tant de fantasmes et créatrice de tant d’enthousiasme, te voilà transformée d’un coup de baguette tragique, en un vulgaire moyen de transport jugé coûteux, nuisible et narcissique. Tu étais si chère à nos cœurs, mais bientôt trop chère pour nos comptes bancaires. La faute, non pas à des moteurs trop gourmands, mais à des impôts trop imposants. Pendant que des millions d’avions zèbrent impunément l’horizon, et des croisières s’amusent au large, sans la moindre contrition.
Et s’il n’y avait que ça. Car, en plus, il semble qu’entre les mains de quelques misérables Hamilton de fins de soirées, et de quelques pitoyables Verstappen de fiestas trop arrosées, tu sois devenue un engin de frayeur et de douleur pour de trop nombreuses familles éplorées. Et te voilà donc en train de comparaître sur le banc des accusés de crimes contre l’humanité, alors que tu n’es finalement, qu’une victime supplémentaire de nos pires actes de stupidité.
Sous ce prétexte, on te bride, on te limite, on te contrôle. Puis même, on te bannit, on t’interdit, on te camisole. De force, évidemment, pour que ce soit encore plus drôle. Tu n’es définitivement plus la bienvenue dans nos villes où, sans peur de tomber dans le ridicule, on ne cesse d’élever contre toi, une profusion de bosses et de monticules. Pendant que dans certaines zones prétendument piétonnes, quelques bicyclettes, trottinettes et autres objets roulants non identifiés, s’en donnent à cœur joie et malmènent les règles primaires de sécurité.
Mais qu’on se rassure, ton avenir s’annonce radieux, il paraît que c’est sûr. Ainsi, pour un usage plus éthique, tu seras électrique. Pour réduire notre facture énergétique, tu seras automatique. Pour garantir une conduite plus civique, tu seras électronique. Et pour quand même éviter que tu ne prolifères de trop, tu seras résolument…inesthétique. Car franchement, qui peut encore avoir des yeux de chimère, pour une bagnole aussi standardisée et austère ?
Ma chère Titine, le jour n’est plus si éloigné où tu ne seras plus qu’un transport en commun parmi d’autres. Ou au mieux, un taxi perso, piloté par une intelligence artificielle, avec lequel on se déplacera d’un lieu à un autre, sans se préoccuper de rien, si ce n’est du bien-être des gamins et du chien. Avec ce slogan résonnant en bruit de fond : "Rouler comme sur un rail, il n’y a plus que ça qui nous aille !"
Sans risque de tête à queue ou de queue de poisson, la route deviendra un havre de paix où la vie sera belle. Pour le conducteur, plus aucune raison de péter une durite ou de couler une bielle. A bord, tout sera luxe, calme et volupté. Mais alors, qu’est-ce qu’on se fera chier ! De quoi conclure ma lettre à Titine comme une vieille lettre à France, et de chanter avec elle : "Il était une fois, toi et moi. N’oublie jamais ça, toi et moi".





☐ 18/11/2021

Scoop de ce matin : on apprend qu'il est désormais possible de désigner par "iel", la personne qui ne se sent ni "il", ni "elle". En clair, la langue française est sur le point d'accepter l'usage d'un pronom personnel neutre, comme c'est d'ailleurs déjà le cas en anglais ("it") ou en allemand ("das").
Au-delà de la question du bien-fondé de cette innovation linguistique (qui risque juste de compliquer encore davantage la compréhension de ce que certain(e)s veulent dire), il est marrant de constater que Petit Robert a pris de l'avance sur LaRousse. Faut-il en déduire que les hommes sont plus ouverts que les femmes sur la question du 3ème sexe ? Le débat est ouvert...





☐13/11/2021

Samedi dernier, nous déambulions sur un grand boulevard parisien, quand soudain, nous nous sommes retrouvés, tout à fait par hasard, face à cet immeuble à la façade colorée, normalement dédié à l'harmonie et à la joie de vivre, mais devenu un soir de novembre 2015, le lieu d'une barbarie sans nom que remémore la modeste stèle déposée dans le parc d'en-face. Là où aujourd'hui, quelques enfants rient en toute innocence et en toute insouciance.
D'un coup, tout le scénario de cette soirée tragique me revient en mémoire : le match France-Allemagne brièvement perturbé par une violente détonation, la voix blanche des reporters sportifs qui découvrent ce qui se passe à quelques kilomètres de là, ces scènes de guerre filmées en direct, ces cris et ces bruits de sirènes, et surtout, cette attente interminable devant les images d'un Bataclan figé dans la peur, d'où s'échappent, sous nos yeux, quelques rescapés de l'horreur.
Il y a une semaine, à cette heure précise, j'ai ressenti pendant quelques secondes, la même émotion, la même incompréhension, le même dégoût, que lors de mon passage dans le village martyr d'Oradour-sur-Glane. C'était à une autre époque, dans un autre lieu, au nom d'un autre fanatisme. Preuve hélas que l'humanité portera toujours en elle, une part de monstruosité. Comme le dit la chanson, "on n'aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire, on dit c'est le destin".





☐ 30/10/2021

Jolie petite histoire

Alors qu'en cette mi-journée de mardi, le timing explosait déjà et le planning se prolongeait encore, la vie, la vraie vie, m'a permis de croiser une jeune personne au destin peu commun. L'un de ces destins qui balaie d'un revers de la main, les propos de ceux qui ne croient plus en rien. Et qui prétendent que dans notre pays "vermoulu", tout est définitivement foutu.
Attmane Taybouta est d'origine marocaine, mais né en Italie. A 14 ans, au milieu d'une scolarité difficile, sa mère décide de l'envoyer rejoindre son père du côté de Mulhouse, afin de lui offrir la chance de vivre des jours meilleurs. A son arrivée chez nous, Attmane ne parle pas un mot de français. Mais comme il le dit fièrement aujourd'hui, il n'était pas "le genre de jeune à rester toute la journée sur son canapé".
Il se rend alors dans les bureaux de Sémaphore, l'association mulhousienne qui accompagne les jeunes dans leur parcours de vie. Il y apprend les rudiments de notre langue et découvre, un peu par hasard, qu'une formation innovante allait prochainement être créée par Isabelle Haeberlin, l'épouse du chef de la prestigieuse Auberge de l'Ill. Avec beaucoup de volonté et de travail, il parvient alors à intégrer la première promotion de cette structure appelée "Epices".
Parallèlement à cette formation, il met ses connaissances en pratique dans un restaurant mulhousien dont le propriétaire est un ancien éducateur spécialisé et qui a donc l'ambition de faire rimer restauration avec insertion. En 2013, ce dernier achète l'immeuble vieillissant de l'ancien "Hôtel d'Alsace" de Guebwiller et décide de lui donner une nouvelle vie, en y créant un restaurant au concept audacieux dont le chef serait...le jeune Attmane.
Mardi dernier, j'ai donc eu l'occasion de déjeuner au "Méridien". J'y ai vécu une expérience gustative assez exceptionnelle, celle d'une "bistronomie orientale" qui nous a fait bien voyager pendant la petite heure que nous avions à lui consacrer. Juste avant de partir, Attmane est venu se présenter à nous. Avec beaucoup d'humilité, mais aussi avec cette passion qui pétillait dans ses yeux et qui faisait plaisir à voir. Puisse-t-elle se communiquer à tous ceux qui ont décidé d'y croire encore et toujours. Et qui ont encore l'envie d'avoir envie.
(Photo : Edouard Cousin - L'Alsace)





☐ 3/10/2021

Il a donc finalement perdu son dernier combat. On peut l'apprécier ou pas, mais c'était un mec qui avait des c... Et ça se fait très rare par les temps qui courent. Il mérite au moins cet hommage-là. Et sans doute bien d'autres.





☐ 23/9/2021

Quand un beau rayon de soleil matinal illumine les longs couloirs de la Collectivité européenne d'Alsace, il ne peut provenir que des bureaux du territoire de la région de Colmar. What else ? Normal. Basique.





☐ 23/9/2021

Coup de cœur matinal pour les "Grands bureaux des Aciéries de Longwy". Les escaliers d'honneur de ce bâtiment de style Art déco (1928), siège d'un site emblématique de l'histoire économique de notre pays, sont parés de vitraux que l'on doit à Louis Majorelle et qui racontent la pénibilité du travail dans une usine sidérurgique. Le patrimoine industriel est l'un des trésors cachés de notre passé. Ne l'oublions pas.
Pensées reconnaissantes pour Jean Misiano et Patrick Pflieger qui ont su me "contaminer" de leur passion pour le patrimoine du bassin potassique, et plus particulièrement leur cher Carreau Rodolphe. Pensées respectueuses aussi pour Francois Tacquard qui s'est investi sans compter pour valoriser le site textile de Wesserling. Pensées nostalgiques, enfin, pour deux de mes oncles qui nous racontaient souvent, avec une pointe d'émotion, les petites histoires des Mines de Potasse d'Alsace.














☐ 22/9/2021

Les Français en ont rêvé, BFM le fait ! Le combat des bouledogues, le duel des forts en gueule aura bien lieu demain soir. La puissance 1000 de la politique spectacle et le niveau 0 du débat constructif seront atteints. Ou presque. Un match de boxe qui va plaire à ceux qui rêvent du chaos, qu'il soit d'extrême-gauche ou d'extrême-droite, mais qui va écœurer ceux qui espèrent encore un sursaut de dignité durant cette campagne des Présidentielles 2022 qui commence décidément par de bien mauvaises extrémités.
Alors que nous avons plus que jamais besoin de nous rassembler autour des valeurs qui nous ressemblent, certains médias nationaux semblent décidés à mettre en avant ce qui nous divise. Parce que ça anime un plateau TV et agite le microcosme politique. Mais à force d'encourager ceux qui veulent abattre les fondations sur lesquelles ce pays se construit patiemment depuis 75 ans, ils jouent aux apprentis sorciers avec nos opinions. Et surtout, ils nous dévient des vrais enjeux fondamentaux des prochaines années, qu'ils soient environnementaux, économiques ou sociaux.
La prochaine étape de cette lente descente vers la médiocrité absolue de la "politique showbiz" façon Hanouna, sera peut-être un débat qui opposera bientôt Jean-Marie Bigard à Sandrine Rousseau, celle qui (hélas pour nous et pour nos enfants) parvient à faire rimer écologie avec hystérie. Comme quoi, le pire reste toujours possible. Ou pas. Allez, on va bien finir par se réveiller et mettre fin à ce cauchemar...





☐ 17/9/2021

Quitte à me faire incendier par les "intégristes", je trouve ça pas mal du tout. D'abord parce que c'est audacieux et que ça ne laisse pas indifférent, donc objectif atteint. Ensuite, parce que ça représente une véritable prouesse technique réalisée (sans le moindre argent public) par les 150 ouvriers, mais aussi par les concepteurs de cette "toile" monumentale. Enfin, parce que c'est toujours plus sympa qu'un vieux tableau représentant un pichet d'eau et un poisson mort posé dans une assiette.





☐ 17/9/2021

Au vu de cet exemple et de tant d'autres, je me demande de plus en plus souvent si les réseaux sociaux font vraiment avancer nos sociétés dans le bon sens. S'ils constituent d'extraordinaires outils de démocratie, de liberté et de progrès lorsqu'ils sont utilisés de façon raisonnée et raisonnable, ils peuvent aussi devenir des armes de destruction massive quand ils sont manipulés par des mains maladroites ou par des esprits malhonnêtes. Il faut impérativement éduquer nos jeunes (et bon nombre de nos moins jeunes) à leur "bonne" utilisation. Tiens, ne serait-ce pas (enfin) une vraie bonne idée pour nos (nombreux) candidats aux élections présidentielles ?

Des élèves nés en 2010 harcelés à l'école : la FCPE demande au gouvernement d'agir

cliquer ⇒ ici



☐ 17/8/2021

LE SILENCE DES AGNEAUX

Je ne sais pas si c’est pareil pour vous, mais moi, j’ai abordé cette rentrée avec une énorme gueule de bois. Pas celle des lendemains de fête. Plutôt celle des veilles de jours de galère où l’on boit un coup de trop pour pouvoir surmonter les emmerdements du lendemain. Car il faudra bien s’y faire : l’automne sera chaud. Et là, rien à voir avec les bouleversements climatiques.
Oui, la fin de cette année 2021 semble vouloir se transformer en chemin de croix pour ceux qui ont juste envie de retrouver une vie à peu près normale. D’abord à cause de ce foutu virus dont on ne sait même plus s’il s’agit du millésime 19, 20 ou 21, tellement il s’est inventé de variants aux accents grecs. Mais aussi à cause de cette atmosphère générale qui ressemble davantage à celle d’un début de campagne électorale, qu’à celle d’une lutte unie et solidaire contre l’épidémie qui nous pourrit la vie depuis un an et demi.
En fait, pour parler franchement, je trouve regrettable que certains exploitent un problème planétaire de santé publique pour en faire un enjeu politicien à l’échelle nationale, faisant croire à gros coups de fake news et de pseudo scoops scientifiques, que nous vivons en Allemagne nazie ou en Corée du Nord.
Je crois qu’il serait temps que, face à cette minorité visible et bruyante, se dresse enfin la (très grande) majorité, certes discrète, mais résolue et entreprenante. Et que les prétendus « moutons » prennent enfin la parole pour dire, avec leurs mots à eux, « ça suffit ! », ou si vous préférez en alsacien, « jetzt langt’s ! ».

Que de mêêêfiance !

Souvenons-nous, il y a encore quelques mois, les Français paniquaient face au virus. Il est pour quand le vaccin ? Ils foutent quoi, nos scientifiques ? Ils servent à quoi, nos politiques ? Pourquoi pas assez de doses ? Elle est pour quand, mon injection ? Après le scandale des masques et des tests, celui du vaccin pointait déjà le bout de sa seringue. Aujourd’hui, la « potion magique » est disponible à profusion, mais une partie de la France a peur. Peur de l’inconnu et de l’incertain. Peur que des docteurs Folamour veuillent fabriquer des humains à trois bras, dotés d’antennes 5G. Ou pire encore, des moutons à cinq pattes. Restons sérieux ! Rejetons l’obscurantisme et faisons confiance à la science.

Que de mêêêcontentement !

« Pas contents, pas contents ! ». Les rues de nos villes ont résonné durant l’été des cris de milliers de manifestants antivax et anti-passe sanitaire, très vite rejoints par les traditionnels anti-tout, et même par quelques anti-rien pour qui la manif était juste l’occasion d’aérer un peu la famille. Tout ça pour une petite piqûre dans un petit bras. Sommes-nous vraiment condamnés à ce que la raison de celui qui gueule le plus fort, soit toujours la meilleure, comme pourrait le laisser croire la fable « le loup et l’agneau » ? On pourrait peut-être mettre un peu d’intelligence collective dans tout cela, vous ne croyez pas ?

Que de mêêêdiocrité !

Car pendant ce temps, le monde tourne à l’envers et la planète se meurt. Lentement mais sûrement. Notre individualisme, notre égoïsme, notre égocentrisme, notre propension naturelle à ne regarder que nos petits nombrils, font que les intérêts de chacun l’emportent presque systématiquement sur l’intérêt de tous, et nous conduisent inexorablement, tels des moutons de Panurge, vers notre propre perte. OK pour le droit à la liberté, mais quid de son indispensable contrepartie, à savoir l’obligation de responsabilité ? Notamment celle de veiller à la santé de son prochain en se faisant vacciner.
 
Que de mêêêpris !

En ces temps où l’accès à la connaissance via internet donne à chacun l’impression d’être, selon l’heure de la journée, sélectionneur de l’équipe de France de foot, spécialiste reconnu en analyse macroéconomique, ou encore, expert en géopolitique mondiale, il ne fait pas bon d’être un vrai médecin ou un vrai scientifique. Soupçonné de s’intéresser bien plus aux pépettes qu’aux pipettes, il est le bouc émissaire et la brebis galeuse de la crise sanitaire. On lui préfère les charlatans autoproclamés épidémiologistes et autres manipulateurs d’opinion dont regorgent les réseaux sociaux. Car, dixit nos rebelles d’opérette, « eux au moins, ne sont pas corrompus ». Très drôle !!!
 
Que de mêêêchanceté !

Justement, les réseaux sociaux, parlons-en. Quand on y évoque une augmentation du nombre de personnes en réanimation ou des décès liés au Covid, on devient souvent la cible de railleries ou de commentaires ironiques. Comme si la vie humaine perdait toute valeur aux yeux d’un grand nombre de nos compatriotes. Certains d’entre eux joignent même des gestes bien réels à leur parole virtuelle, en se livrant à des agressions physiques contre ceux qu’ils traitent de « collabos ». Preuve que lorsque l’ignorance côtoie l’arrogance, l’intolérance tutoie souvent l’indécence.
 
Que de mêêêsententes !

Quand on voit défiler ensemble, des gens aux convictions si diamétralement opposées, il y aurait vraiment de quoi devenir chèvre. La trop fameuse « convergence des luttes », bien loin de favoriser la construction d’un projet de société collectif et consensuel, finit toujours par mettre un pays à genoux.
Et si on faisait enfin émerger, non pas les sujets qui nous divisent, mais les valeurs qui nous rassemblent ? Ce serait là sans doute le plus sexy et le plus glamour des programmes pour les Présidentielles. Histoire de démontrer qu’au final nous ne sommes, ni des veaux (n’est-ce pas, mon Général ?), ni des moutons (n’en déplaise à certains), mais un peuple mature et responsable. Il y aurait là de quoi sabrer le champagne. Ou déboucher une bonne bouteille. Un Mouton-Rothschild, évidemment !





☐ 7/8/2021

Les réseaux sociaux sont décidément de sacrés agitateurs de talents ! Ils ont d'abord révélé comme sélectionneurs nationaux, tous ceux qui avaient pour seule expérience les parties de foot jouées avec les copains dans la cour de récré de l'école primaire. Puis, ils ont révélé comme spécialistes mondiaux de l'économie, tous ceux qui avait pour seule compétence de savoir gérer l'argent de poche de leurs enfants. Aujourd'hui, ils révèlent comme experts scientifiques, ceux qui ont juste appris à lire quelques articles soigneusement sélectionnés dans des revues médicales ou sur des sites internet d'inspiration russe. Alors, on peut s'interroger : à quand celui qui se déclarera "meilleur ébéniste de France" parce qu'il saura lire une notice IKEA en version originale non sous-titrée ? Les paris sont ouverts...



☐ 6/8/2021

Malgré les années qui passent et les diverses expériences professionnelles qui m'ont progressivement éloigné au quotidien de ma formation juridique, je reste profondément et viscéralement attaché au respect du Droit. Car il constituera toujours le dernier rempart contre l'anarchie, le chaos, et donc, contre la dictature qui s'en suit inévitablement, comme l'Histoire nous le démontre hélas depuis des siècles. Sauf évidemment, quand le Droit se met lui-même au service de régimes (réellement) autoritaires et (véritablement) répressifs.
Personnellement, j'avoue que je ne suis pas un grand partisan du passe sanitaire car il pose des questions essentielles et légitimes, notamment au regard des principes de Liberté et d'Égalité. Mais d'un autre côté, et à partir du moment où on considère que la vaccination est le seul remède pour sortir de cette putain de crise sanitaire qui a déjà fait trop de victimes (tant d'un point de vue humain qu'économique et social), existe-t-il un autre moyen de convaincre les sceptiques, à défaut de pouvoir le faire à l'égard des récalcitrants ? Je ne sais pas. Mais j'attends toujours qu'on me donne en échange, plus de solutions concrètes, plus de réponses réalistes, plus de mesures cohérentes, et moins de protestations anti-vaccination, anti-passe, anti-gouvernement, anti-Macron, anti-tout... et au final, pro-rien du tout.
En attendant, comme dans toute démocratie et comme dans tout État de Droit, la Loi doit impérativement s'appliquer. Elle a été adoptée, selon les procédures prévues par la Constitution, par des représentants démocratiquement élus, puis validée par le Conseil Constitutionnel, autorité suprême de notre République quand il s'agit d'interpréter le Droit. Point barre. Toute autre pensée, toute autre logique, toute autre philosophie, place ses auteurs et ses partisans en situation d'insurrection et de désobéissance civique. Et tout élu ou leader politique, en position d'irresponsabilité et d'escroquerie démocratique. Je reconnais que cette façon de raisonner est radicale, mais elle est avant tout légale. Et comme on dit "Dura Lex, sed Lex" (la Loi est dure, mais c'est la Loi).
Moi aussi, j'ai eu des doutes quand je me suis fait vacciner une première fois. Moi aussi, j'ai eu des inquiétudes quand on m'a injecté la seconde dose. Moi aussi, je m'interroge encore sur les éventuels effets secondaires de ce vaccin. Mais en attendant qu'une antenne 5G pousse sur mon crâne ou qu'un troisième bras vienne enfin me permettre de faire plusieurs choses en même temps, je suis convaincu que c'est le passage obligé pour un retour à une vie en société plus aboutie et, je l'espère, plus sereine. Bref, si je me suis fait vacciner, c'est pour moi et pour ceux qui me sont proches, mais aussi un peu pour ce pays que j'aime et que je déteste voir partir en couilles, alors qu'il a tout pour vivre plutôt bien... et surtout, pour se consacrer à des problèmes planétaires autrement plus fondamentaux et beaucoup moins égocentriques, qu'une petite piqûre dans un (petit) bras. Allez courage, on l'aura, ce satané virus !!



☐ 4/8/2021

Et pendant ce temps, un peu plus loin que nos petits nombrils de privilégiés... mais de plus en plus près quand même. Bien vu, Jak Umbdenstock !





☐ 28/7/2021

Ce soir, il me vient une idée : et si entre propass-provax et antipass-antivax, on se foutait un peu la paix ? Car à ce stade, plus personne n'arrivera à convaincre l'autre. Bien au contraire. Bref, faisons donc "facebook séparé", comme les vieux couples font "lits à part". Chacun chez soi. Comme ça, l'église est bien gardée et les vaches restent au milieu du village. Et vice versa. Et ensuite, advienne que pourra.





☐ 24/6/2021

Parmi les raisons qui font que je me balade (beaucoup) moins sur FB, il y a cette tendance de plus en plus forte à s'y moquer du malheur des autres.
Une personnalité politique se fait agresser ? Hahahaha !!
Un footballeur se fait cambrioler ? Hahahaha !!
Une vedette se fait siffler ? Hahahaha !!
Un journaliste se fait insulter ? Hahahaha !!
Une homosexuelle se fait harceler ? Hahahaha !!
Un vacciné témoigne d'effets secondaires ? Hahahaha !!
Une jeune femme se plaint de propos racistes ? Hahahaha !!
Tous ces exemples sont tirés de mon fil d'actualité FB des derniers jours...
Tiens, c'est souvent parmi ces petits plaisantins qu'on retrouve des rebelles de salon et autres complotistes d'opérette. S'il y a quelque chose qui pue dans cette république et qu'on y perd peu à peu ses valeurs, ils y sont sans doute aussi pour quelque chose.



☐ 23/7/2021

Comme il y a quelques mois, dans le contexte d'une autre crise, FB redevient la caisse de résonance de n'importe quelle information diffusée par n'importe quel groupe de pression ou par n'importe quel illuminé. Que ce soit par aveuglement militant ou par paresse de lire des études plus élaborées, beaucoup se laissent séduire par des publications fausses ou sorties de leur contexte, puis les rediffusent à grande échelle. Certains d'entre eux semblent même davantage motivés par la volonté de faire vaciller les fondations de notre société, que par le désir de participer à un combat (légitime) pour nos libertés.
Alors oui, c'est vrai, certaines des mesures adoptées dans le cadre de la "4ème vague" de l'épidémie peuvent poser des questions très importantes, voire fondamentales pour certaines d'entre elles. Mais ceci n'est qu'une raison de plus pour les traiter autrement qu'à coups de slogans réducteurs, d'affirmations caricaturales et de mensonges éhontés. Bref, soyons vigilants et restons solidaires face aux imposteurs !



☐ 18/7/2021

Durant mes années lycée, j'aurais volontiers séché les cours de philo et demandé au prof de fumer quelques joints, histoire de se détendre et de profiter de l'instant présent, sans se prendre la tête avec des sujets "sans importance" tels que, par exemple, la liberté, la responsabilité, la démocratie, ou encore le rapport à la vie et à la mort. Je pense même que nous avons été nombreux à ne pas trouver le moindre intérêt à réfléchir à ces questions "fumeuses" qui ont jailli bien trop tôt dans nos parcours de vie.
Aujourd'hui, j'aimerais tellement trouver du temps pour lire et comprendre ce que Rousseau et Voltaire, ces "Lumières" qui semblent avoir oublié d'illuminer notre siècle, ont bien voulu nous enseigner en s'opposant parfois violemment sur les droits et sur les obligations de la vie en société. Je pense que cela me donnerait la possibilité de répondre autrement que par de vagues ressentis ou par de simples opinions, à tous ceux qui (par naïveté, par ignorance, par intérêt, ou par pur calcul politicien) sont en train de mélanger "libertés individuelles" et "responsabilité collective".
En attendant que je puisse enfin me "ressourcer" auprès de nos philosophes, je pense donc que je vais m'abstenir de parcourir mon fil d'actualité FB où je lis parfois des propos qui me font sursauter, voire qui me font du mal. Au point de tomber par terre, sans doute par la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau, peut-être par la faute à Rousseau.
N'ayant pas envie de me brouiller définitivement avec quelques personnes avec qui je pensais pourtant partager quelques valeurs et convictions, je vais donc me contenter de publier sur ma page, sans réagir sur les autres. Dans un monde où, manifestement, il est plus important de s'exprimer que d'écouter et d'échanger en toute sérénité, ça ne devrait vraiment pas choquer grand monde.





☐ 5/7/2021

Il paraît que, nous les vaccinés, sommes "arrogants", voire "méchants" avec les non-vaccinés, et que nous contribuons à une recrudescence de l'intolérance dans notre pays. Alors, pour démontrer mon désir de paix et de fraternité, je lance un concours appelé "Une petite piqûre et à toi la Côte d'Azur !".
Le principe est simple : en te vaccinant et en nous permettant ainsi de partir en vacances cet été, tu gagneras le droit de participer à un tirage au sort dont le vainqueur profitera avec nous de cette jolie terrasse sur la Méditerranée. Il te sera juste demandé une petite participation, à savoir la prise en charge intégrale du prix de la location. Alors, n'hésite pas : "Ose la dose !!!".





☐ 3/7/2021

"Moi, Fabien N, vacciné et (bientôt) immunisé". Ceci rappellera peut-être un titre de bouquin et de film aux gens de ma génération. Mais ça veut surtout dire deux choses :
- Primo, que je suis intimement convaincu (sans être pour autant un "mouton" comme me le reprochent certains abrutis) que le vaccin constitue la seule et unique façon d'éviter des épidémies de Covid à répétition dans les prochains mois.
- Secundo, qu'à mon sens, cette démarche doit cependant rester personnelle et donc non obligatoire pour la grande majorité des Français. Même s'il est évidemment souhaitable que chacun prenne ses responsabilités et sache ne pas penser qu'à sa petite santé, mais aussi à celle des gens qu'il côtoie.
À ce sujet, en revanche, je trouve absolument intolérable que des soignants, qui s'engagent normalement à porter secours à ceux qui souffrent dans leur chair, puissent se permettre d'avoir des états d'âme et persister dans l'intention de ne pas se faire vacciner, mettant ainsi potentiellement en danger la vie de leurs patients. Et qu'on ne me parle surtout pas de "liberté individuelle" ! Quand on se met au service des autres, et encore davantage quand on a le statut d'agent public, on a toujours le choix, en l'occurrence celui de "se soumettre ou...de se démettre".
Bref, quand on a entre ses mains la vie d'autrui, on se vaccine ou on se casse ! Point barre.



☐ 26/6/2021

Hier soir, sur une page FB, j'ai eu un échange assez surréaliste avec un type qui demandait à ce « qu'on donne enfin le pouvoir au peuple avec le référendum ». OK sur le principe. Mais je lui ai alors posé cette question : « si lors d'un référendum, vous votez OUI et que ce OUI obtient au final 49% des voix contre 51% pour le NON, est-ce que vous acceptez cette décision du peuple ? » Réponse de l'intéressé : « Ah ben non, si ça se passe comme ça, je vais dans la rue car c'est pas normal que mon avis ne soit pas respecté ».
Voilà, voilà. Avec ça, on est avancé. Et je suis certain que cette position est celle de nombreux autres. Pour ces gens-là, l'important n'est pas d'être consulté et entendu. L'important, c'est d'avoir raison. En mode « la majorité a tort tant qu'elle n'est pas d'accord avec moi ». Pour notre société, c'est alors le choix entre l'unanimité ou le chaos. Et donc, la fin de la démocratie et le début de la dictature. Mais comme ce sera au nom du peuple, ce sera forcément sympa, n'est-ce pas ?
Combien de fois, lors des campagnes pour les élections municipales, a t-on déjà entendu le tristement célèbre « moi, je ne vote plus pour lui, car la seule fois où j'en ai eu besoin, il n'a rien fait ». Moi, moi, moi et encore moi ! Moi vouloir des sous, moi vouloir des loisirs, moi vouloir du plaisir, moi vouloir la liberté, moi vouloir tout, tout de suite ! Mais quand on profite de tous les avantages d'une vie en société (sécurité, couverture sociale, services publics, etc.), il faut aussi accepter que certaines décisions soient prises dans l'intérêt de tous, et pas forcément dans l'intérêt de chacun.
Allez, admettons que ces personnes s'abstiennent aux élections parce qu'elles ne font plus confiance aux politiques. Mais où sont-elles quand il s'agit de voter aux scrutins professionnels (10% de participation) ? Où sont-elles quand des associations recherchent des bénévoles ? Où sont-elles quand on demande l'avis de la population sur tel ou tel projet ? Pas le temps, pas envie, et surtout « j'vois pas en quoi ça me concerne ». Moi, moi, moi, moi, moi !
Franchement, la question se pose : quand pourra-t-on donner plus de pouvoir à des citoyens qui se comportent comme des adolescents immatures ? La réponse est entre les mains des politiques, mais aussi des parents, des enseignants, des journalistes et de tous ceux qui ont pour mission (pour ne pas dire pour obligation) de faire en sorte qu'une société sache plutôt conjuguer le présent et l'avenir à la 1ère personne du pluriel qu'à la 1ère personne du singulier.



☐ 24/6/2021

Parmi les raisons qui font que je me balade (beaucoup) moins sur FB, il y a cette tendance de plus en plus forte à s'y moquer du malheur des autres.
Une personnalité politique se fait agresser ? Hahahaha !!
Un footballeur se fait cambrioler ? Hahahaha !!
Une vedette se fait siffler ? Hahahaha !!
Un journaliste se fait insulter ? Hahahaha !!
Une homosexuelle se fait harceler ? Hahahaha !!
Un vacciné témoigne d'effets secondaires ? Hahahaha !!
Une jeune femme se plaint de propos racistes ? Hahahaha !!
Tous ces exemples sont tirés de mon fil d'actualité FB des derniers jours...
Tiens, c'est souvent parmi ces petits plaisantins qu'on retrouve des rebelles de salon et autres complotistes d'opérette. S'il y a quelque chose qui pue dans cette république et qu'on y perd peu à peu ses valeurs, ils y sont sans doute aussi pour quelque chose.



☐ 21/6/2021

LE CHIEN LE PLUS BEAU DU MONDE

La légende dit que Dieu modelait ses créatures en terre glaise avant de leur donner vie. Quand arriva le tour du boxer, il lui déclara « je vais faire de toi le chien le plus beau du monde ». Impatient, le boxer se précipita sur un miroir et y écrasa son museau qui n'était pas encore sec. Ceci explique donc cela.
Le bon dieu a eu le nez creux, puisque des millions d’années plus tard, le boxer a encore tout d’une star des concours de beauté canine. Bon, j’avoue que je ne peux pas être tout à fait objectif, sachant que j’ai passé mes jeunes années aux côtés de Ludo, puis d’Ulysse, et enfin de Bessie, trois adorables boxers qui, aujourd’hui encore, viennent souvent me rappeler à leur souvenir, tellement ils étaient indispensables à notre vie familiale.
J’ai donc choisi de leur rendre hommage à travers cette petite chronique. Même si je sais qu’elle ne sera jamais à la hauteur de tout le bonheur que ce beau trio m’a apporté durant 25 années d’amour et d’amitié.

Un chien qui a du chien

Le boxer a beau avoir des origines allemandes, c’est bel et bien dans notre langue que j’ai trouvé les mots qui décrivent le mieux son allure : racé, élégant, distingué, noble, puissant, massif, musclé, agile, et tant d’autres qui ne le font ressembler à aucun autre. « Fort heureusement » diront ceux qui n’apprécient pas sa gueule carrée et qui prennent un malin plaisir à le confondre avec le bouledogue, son cousin court sur pattes qui est au boxer, ce que le cheval de trait est au pur-sang arabe. Mais ne comptez pas sur lui pour montrer ses crocs aux moqueurs, car contrairement à ce qu’on pourrait penser en le voyant, il prône la non-violence, en mode « les chiens aboient, la caravane passe ».

Fou comme un jeune chien

Un boxer, ça a besoin sans cesse de gambader, de galoper, de jouer, de bondir et de rebondir, par grande chaleur ou par froid de chien, qu’il soit à l’aube ou au crépuscule de son existence. Impossible de se reposer quand il s’approche avec sa balle pulvérisée par des centaines de coups de mâchoire, ou avec un bout de bois qui fait au moins trois fois sa taille. Cette vitalité de tous les instants, il la paie hélas parfois de sa vie. Car si le boxer a un grand cœur, celui-ci n’en est que plus fragile, et peut donc lui jouer un très mauvais tour quand il le fait trop monter dans les tours. Voilà pourquoi, on le perd trop souvent avant l’âge de dix ans. Et que ça fait un mal de chien quand l’heure du grand départ survient.

Ah, ce regard de chien battu !

L’autre activité préférée du boxer, c’est le sommeil. Après l’effort, il lui faut du réconfort. Ou plus exactement, du grand confort. Car dormir en chien de fusil, c’est pas du tout son truc. Avec lui, votre confortable canapé trois places verra progressivement sa capacité se réduire d’un tiers, puis de moitié, et même parfois des trois-quarts, quand, couché sur le dos, votre clebs se met à mesurer près de deux mètres de long, ses griffes arrière venant gentiment vous signaler qu’il serait temps d’aller aussi vous coucher. Mais comment lui en vouloir quand, après s’être réveillé, il vous regarde avec des yeux emplis de tendresse et de reconnaissance pour cette vie de chien que vous lui offrez. De quoi confirmer ces paroles de Brigitte Bardot : « un chien, c’est un cœur avec plein de poils autour ».

Comme un chien dans un jeu de quilles

Difficile de trouver plus lourdaud qu’un boxer lâché dans un environnement fragile. Son enthousiasme naturel transformerait n’importe quel magasin de porcelaine en stock de débris, et donc n’importe quel salon bien ordonné, en un champ de bataille pilonné par l’artillerie. Pour être honnête, ce n’est pas toujours la maladresse qui motive un tel ouragan. Il peut aussi y avoir un soupçon de rancune d’avoir été laissé seul trop longtemps, ou encore un zeste d’espièglerie, comme celle d’un gamin turbulent en mal d’attention. Mais tant pis pour les pieds rongés de ce tout nouveau fauteuil, ou pour ces magnifiques plantes vertes dont les restes gisent désormais aux quatre coins de la pièce, là où trône votre molosse qui s’empresse de montrer sa joie de vous retrouver. A ce moment précis, souvenez-vous de Victor Hugo qui écrivait « le chien a son sourire dans sa queue ».

Le chat en chien de faïence

L’ennemi intime du boxer, c’est le matou. S’il ne peut pas le pifer, c’est sans doute parce qu’il a un museau comme le sien. Alors, puisqu’ici-bas, il n’y a de la place que pour une seule créature divine, il lui garderait bien un chien de sa chienne et rêverait même de le découvrir dans la rubrique des chats écrasés. Je me souviens qu’on pouvait faire disparaître chacun de nos trois cabots dans un nuage de poussière, rien qu’en prononçant ce mot magique : « CHAT ! ». Nom d’un chien, ces deux-là ne sont vraiment pas « félins pour l’autre ». Bon, là, c’est un peu tiré par les poils, je l’avoue.

Après avoir lu ce témoignage, vous me direz peut-être qu’au final, vous pourriez en écrire autant sur vos chiens à vous. Mais voilà, le boxer, c’était mon chien à moi. Et il le redeviendra dès que je pourrai lui consacrer le temps et l’espace dont il aura besoin pour s’épanouir. Alors, pour conclure en harmonie, donnons la parole à Mark Twain : « C’est par piston qu’on entre au paradis, car si c’était par mérite, mon chien y entrerait et moi, je resterais dehors ».





☐ 20/6/2021

L'information continue dès 8h sur les élections régionales et départementales, ce sont des phrases aussi débiles que :
- « Un président de Région, c'est pas comme à Paris, ça connaît tous ses administrés. » Avec 6 millions d'habitants dans le Grand Est (par exemple), il en a du mérite, le président !
- « Les élections régionales, c'est important parce que ça concerne toutes les aides sociales. » Mais oui, bien-sûr, va réviser tes fiches, abruti !
- « Pour les élections départementales, c'est un scrutin de liste, mais avec seulement deux candidats sur chaque liste. » Et après, on s'étonne que l'électeur ne comprenne rien à rien !
Pour ma part, je crois que je vais me contenter d'écouter de la musique avant d'aller voter.



☐ 16/6/2021

Ce matin, les footeux fêtards sont encore un peu aux abonnés absents. C'est normal, veiller jusqu'à 23h, ils n'en ont presque plus l'habitude !
Pendant ce temps, les pisse-froid et pisse-vinaigre en profitent pour prendre le pouvoir sur les réseaux sociaux.
Qu'ils soient anti-foot, anti-Benzema, anti-équipe de France, anti-moments de joie collective, anti-instants de bonheur éphémère, ou anti-tout et n'importe quoi, ils sont bien là. Enfermés dans leur pessimisme, boudinés dans leur défaitisme, saucissonnés dans leur fatalisme, et toujours aussi engoncés dans leurs glauques certitudes. Celles d'un monde qui tourne mal, d'une société qui décline et d'une France qui file un mauvais coton.
Qu'ils prennent une tisane, qu'ils aillent se recoucher, et surtout, qu'ils laissent ceux qui ont pris une petite dose de plaisir hier soir, reprendre des forces et repartir au combat pour faire bouger les choses avec entrain, confiance et espoir en l'avenir. Allez les Bleus, et belle journée ensoleillée à toutes et à tous !



☐ 15/6/2021

Il est 18h45 ce samedi 12 juin 2021. Le match de foot entre le Danemark et la Finlande défile tranquillement en image de fond sur mon écran de télé, quand subitement, j'entends la voix du reporter prononcer des mots qui auraient eu leur place dans la rubrique des "faits divers" bien plus que dans celle de l'actualité sportive. Et là, je vois un corps inanimé, allongé sur la pelouse, et des joueurs appelant urgemment une équipe médicale, les yeux emplis d'effroi et de larmes.
Le temps se fige pendant d'interminables et insupportables instants. La caméra continue à filmer ces images empreintes de douleur et de peur. Quant à la chaîne, elle persiste à les diffuser, franchissant progressivement la barrière qui sépare l'impudeur de l'indécence, allant même jusqu'à montrer la détresse impuissante de la compagne de celui qui était en train de lutter contre la mort à quelques dizaines de mètres d'elle.
De l'autre côté de l'écran, cela fait déjà de longues minutes qu'on est passé du statut de spectateur d'un événement sportif, à celui de témoin, voire de voyeur d'un drame personnel et presque intime. Une partie de nous a envie de détourner les yeux, voire d'éteindre la télé. Mais une autre partie a envie de connaître le dénouement de cette tragédie diffusée en mondovision, sans oser toutefois croire au miracle.
Celui-ci a heureusement eu lieu, grâce notamment à l'intervention rapide des secours. Pour ma part, je me souviendrai encore longtemps de cette sombre parenthèse dans cette après-midi si ensoleillée. Parce que là, on était loin, vraiment très loin du foot-fric, du foot-starlettes, du foot-paillettes.
En effet, il n'y avait sur ce rectangle vert et tout autour, que de simples êtres humains qui, au-delà de leurs maillots et de leurs drapeaux de couleurs différentes, étaient tous unis dans une même tristesse infinie. Il y avait là des sportifs de haut niveau qui se sont successivement mués en secouristes de fortune, puis en guerriers vikings pour protéger leur frère d'arme, de plusieurs millions de regards obscènes, et lui rendre hommage en l'escortant hors du stade. Il y avait là surtout, je crois, des hommes d'une très grande dignité qui, par leur comportement exemplaire, ont fait honneur au sport et à ses valeurs.





☐ 8/6/2021

Gifler le Président de la République, que son nom soit Macron, Le Pen, Mélenchon ou Hurluberlu, c'est humilier et souiller son propre pays. Il faut vraiment être un gros connard pour vouloir faire le buzz de cette façon. Idem d'ailleurs pour ceux qui en rigolent. Chaque jour qui passe, apporte décidément son lot de médiocrité et d'indignité. Continuons ainsi et la France sera bientôt dirigée par Jean-Marie Bigard, Cyril Hanouna et Jeff Tuche !!



☐ 23/5/2021

Les élections départementales et régionales en Alsace

Les vieux réflexes départementaux sont encore très présents chez les (tout récents) Conseillers d'Alsace sortants et leurs équipes. Quant à leurs concurrents lors de ces élections, certains d'entre eux ne saisissent pas vraiment la portée de la création de la CeA à laquelle ils postulent pourtant. C'est sans doute trop leur demander de se projeter vers l'avenir alors qu'ils sont encore ancrés dans le passé. Concernant l'absence de "synergie" entre candidats aux départementales et candidats aux régionales, n'oublions pas que les uns ont beau faire partie de la même formation politique que les autres, ce n'est pas pour autant qu'ils soutiennent les mêmes listes à l'échelle régionale. Ceci explique largement cela...



☐ 23/5/2021

Un collègue m'a conseillé l'autre jour de partager "des chansons plus connues" sur les Humeurs musicales afin d'obtenir plus de "likes". Je lui ai répondu, primo, que je n'étais pas en campagne électorale et que je n'avais donc pas besoin de "faire du chiffre", et secundo, que les Humeurs musicales n'étaient pas un jukebox et qu'il existait les plate-forme de streaming pour assouvir les envies de chacun. Bref, je compte bien rester fidèle aux miennes, quitte à enchaîner les bides.



☐ 18/5/2021

RENCONTRES DU 3ème TYPE

Il paraît que les histoires d'amour finissent mal... en général.

Souvenez-vous, il y a quelques semaines, je vous racontais les aventures de Cépi2KB, ce sympathique extraterrestre qui, au lieu de pouvoir faire ses emplettes sur les grands boulevards parisiens, avait dû poser sa soucoupe en plein cœur du vignoble alsacien.
N’ayant pas gardé un souvenir impérissable de notre magie de Noël en version confinée, c’est au-delà de l’Atlantique qu’il décida finalement de se téléporter. Là où tout récemment, Donald le Dingo s’est pris les daisyderatas de son peuple en plein ciboulot.
Mais très vite, l’Alsace lui manqua. Nostalgie d’un beau pays et besoin d’y retourner pour se sentir bien, il paraît que ça se dit "Heimway" en alsaricain.
Et voilà donc Cépi de retour dans notre proche environnement, avec la ferme intention d’y vivre heureux et d’avoir beaucoup d’enfants. Mais comme il est très rare qu’on rencontre une femme à aimer, aussi vite qu’on trouve chaussure à son pied, il s’empresse d’enfiler ses bottes de sept lieues pour pouvoir, au plus vite, enlacer son amoureuse au coin d’un feu.
Après avoir pris conseil dans les bouquins de son grand-père, et désormais confiant en ses capacités de séduction, il part à la recherche de ces fêtes de village où l’on danse sur « Only you », en se murmurant des mots d’amour à profusion. Mais là, on lui dit qu’il est à côté de la plaque et grave décalé. Car aujourd’hui, c’est sur internet qu’on passe à l’attaque ou qu’on se fait draguer. Les femmes peuvent même « adopter un mec point com ». Nom d’un bonhomme, ça craint un maximum !
Heureusement, grâce à son habileté à jouer du clavier, voilà déjà une première touche. Et même un premier rendez-vous, preuve que son charme sait faire mouche. Malheureusement, pour un coup d’essai, c’est loin d’être un coup de maître. Il est vrai que ce n’est plus en costard-cravate qu’aux yeux d’une femme, il faut apparaître. C’est plutôt avec un look de bad boy tatoué et mal rasé, qu’on aura peut-être des chances d’être abordé.
Pour la rencontre suivante, Cépi décide de se la jouer James Dean, et accueille son amoureuse dans une rutilante berline. Mais la voilà qui se dit déçue de ne pas le voir arriver en trottinette ou en bus, car elle se sent mal en voiture et a des tendances écolo, en plus. Elle est loin, la fureur de vivre, là où le tramway est nommé désir. C’est sans doute meilleur pour la planète, mais ça ne fait pas hennir les chevaux du plaisir.
Loin de se décourager, c’est donc à pied que notre héros conduit sa prochaine conquête au resto. Que c’est cool quand on roucoule chez Buffalo Grill. Là-bas, à coup sûr, on tape pile dans le mille. On peut aussi opter pour un dîner aux chandelles dans un gastro. C’est un peu plus chérot, mais au moins, on n’a pas l’air d’un charlot. Sauf évidemment si on tombe sur la talibane du vegan, la reine des allergènes, ou encore la groupie du sushi sans chichis.
Nouvelle tentative quelques jours plus tard, et cette fois-ci, ça semble être la bonne. La belle est vraiment très belle et Cépi sort le grand jeu. Et vas-y que je lui ouvre la portière de la voiture, que j’entre en premier dans le restaurant, que je demande pour elle une carte sans prix, que je passe commande pour les deux, que je propose de goûter le vin, que je me lève quand elle s’en va aux toilettes, que je l’accompagne quand elle sort pour fumer. Bref, un festival de bonnes manières un brin old school qui en dit assez long sur l’exemplaire qualité du moule.
Mais c’est encore raté, car madame n’a rien d’une lady et tout d’une chipie. Elle lui fait comprendre que pour ses pratiques d’un autre temps, c’est direction le cimetière des éléphants. Que l’égalité entre hommes et femmes devient peu à peu une réalité, et qu’il ferait mieux de se tenir au courant de l’actualité. Tout en admettant, cependant, au moment de régler l’addition, que tout principe devrait connaître des exceptions.
Décidément, entre notre Cépi et l’amour, c’est une vraie histoire de désamour. Sauf que voilà déjà une nouvelle idylle en perspective. Peut-être sa dernière chance, il serait temps que Cupidon arrive. Tout se passe bien, même pendant le repas, mais c’est au moment des adieux, que notre ami commet un faux pas. Voulant profiter de l’effet de surprise, il dépose sur la joue de sa dulcinée, une délicate bise. Aujourd’hui, il lui reste en souvenir de cette folle envie, une plainte au pénal pour acte sexuel non consenti.
Ainsi donc vont les amours sur Terre. Quelle galère ! Il est temps pour Cépi de rejoindre sa chic planète pour danser dessus, et qui sait, y rencontrer enfin celle qui lui préparera de succulents menus. Car il fait partie de ceux pour qui la quête et la conquête, ne se résumeront jamais à une vulgaire question de quéquette. Quant à nous, nous savons tous que les personnages de cette histoire sont de pure fiction. Mais on me dit que tout principe supporte des exceptions.





☐ 12/5/2021

Quelques amis m'ont fait remarquer que je ne publiais (presque) plus aucun post polémique, et que je me contentais trop souvent de partages « bêtement consensuels », voire « fades et impersonnels », genre humour et jolies photos. C'est vrai que l'envie de prendre position pour ceci ou contre cela m'est passée depuis un certain temps, et que je n'ai plus la force de me prendre la tête avec les psychorigides de la toile qui défendent leurs positions avec des œillères tellement larges qu'elles en obstruent leur cerveau.
D'ailleurs, qui suis-je (et qui sommes-nous, d'ailleurs) pour avoir un quelconque avis sur ce qui est bon et pas bon pour cette société qui évolue quotidiennement et qui brouille tous les repères, y compris parfois ceux des jeunes générations ? Qui parmi nous peut prétendre détenir à lui seul, la moindre parcelle de vérité absolue ? Si ce n'est évidemment les cons qui croient avoir raison sur tout, et qu'on reconnaît d'ailleurs à leur « intelligence universelle », martelée à coups de « moi, je ».
Cela étant dit, et malgré nos multiples divergences, je pense qu'on peut être très nombreux aujourd'hui à se rejoindre sur un point, celui de l'immense gâchis que, tous ensemble, nous sommes en train de faire subir à notre pays.
Certes, nous sommes une énorme majorité de Françaises et de Français à partager les mêmes valeurs de respect et de tolérance, les mêmes besoins de sécurité et de solidarité, les mêmes envies de prospérité et de liberté, les mêmes attentes de démocratie et d'écologie. Mais nous n'arrivons pas à tomber d'accord sur le modèle de société que nous voulons pour nous et pour les générations futures. Et surtout, nous continuons à nous déchirer sur des sujets qui, au regard de ces piliers fondamentaux, sont totalement dérisoires et anecdotiques.
Sous l'impulsion de partis politiques en quête permanente de pouvoir, ainsi que de médias en quête permanente de sensationnel, nous nous laissons ainsi détourner de l'essentiel qui nous rassemble, au bénéfice de l'accessoire qui nous sépare. Et chaque matin, nous nous réveillons, fragilisés par de nouvelles fractures, alors que l'heure serait plus que jamais à la mobilisation générale contre l'augmentation effrayante de toutes les formes de violence, contre les dramatiques conséquences économiques, sociales, financières de la crise sanitaire, et contre les atteintes répétées (et progressivement fatales) à l'équilibre précaire de notre planète.
Vivement qu'on sache enfin affronter ensemble toutes ces urgences vitales, au lieu de nous disperser et de nous opposer dans des combats fratricides entre hommes et femmes, entre jeunes et vieux, entre urbains et ruraux, entre croyants de telle ou telle religion, entre adeptes de telle ou telle philosophie de vie, et tant d'autres.
Mais voilà déjà à nouveau l'heure des campagnes électorales et de leurs slogans démagogiques dont certains nous feront croire que notre salut se trouve dans les extrêmes, alors qu'en fait, celles-ci recèlent les germes de notre propre décadence et de notre future déchéance. Essayons plutôt d'être des citoyens raisonnables et responsables, en nous souvenant que ce n'est jamais sur la base de colères et de frustrations qu'une société construit son projet de vie pour l'avenir. Bien au contraire.



☐ 5/5/2021

Dans un article paru sur le site internet du Point, on apprend ce soir que la "cancel culture" s'attaque désormais à Blanche-Neige et surtout au Prince Charmant. Les hystériques de la révision historique ont décelé dans la fameuse scène du baiser... un acte à caractère sexuel non consenti. Heureux les gens dont les seuls problèmes existentiels sont de cet acabit !

Avec quelques heures de recul, revenons un instant sur les échanges qui ont eu lieu hier soir, sur cette page, au sujet de Blanche-Neige et du Prince Charmant. Pour faire court, le débat a porté sur ceci : Peut-on assimiler le baiser qui réveille la belle endormie, à un début d'acte sexuel non consenti ? Et de ce fait, faut-il désormais censurer certains contes de fées, ainsi que les dessins animés qui en ont été réalisés ?
Je pense qu'on peut aujourd'hui, très raisonnablement, tomber d'accord sur les trois constats suivants :
- Depuis les frères Grimm, puis Walt Disney, tous les hommes ne sont pas devenus (fort heureusement) des violeurs ou des agresseurs sexuels en puissance.
- Ces derniers représentent au contraire une infime minorité de la gent masculine du 21ème siècle (attention, mon propos ne vise pas à renier la nécessité d'une lutte quotidienne contre le sexisme).
- Enfin, il me semble que parmi les femmes âgées de 0 à 100 ans (voire plus), très peu nombreuses sont celles qui se sentent "souillées" par ce baiser volé. Certaines en ont même rêvé. À condition bien-sûr que le "prince" soit (très) charmant.
La vraie question est donc plutôt celle-ci : faut-il "reprogrammer" une grande partie de la population de notre pays, sous prétexte qu'une petite bande de détraqués se croit tout permis à l'égard d'une femme, parce qu'un jour (imaginaire), un Prince (imaginaire) a réveillé d'un baiser (certes non consenti, et pour cause...), une jeune fille (imaginaire) dans une histoire (imaginaire) écrite au début du 19ème siècle ?
Quant à la seconde question que pose ce débat un peu surnaturel (mais pas féerique pour autant), elle serait la suivante : faut-il une nouvelle fois niveler le monde entier par le bas, sous prétexte que quelques abrutis n'ont reçu en héritage, ni l'intelligence, ni l'éducation minimales, pour savoir faire la différence entre une femme et un objet ? Répondre à cette interrogation permettrait, je crois, de soigner bon nombre de ces fractures qui minent notre société aujourd'hui.





☐ 24/4/2021

Qui d'entre nous n'a jamais rêvé d'être un « héros » ? L'un de ces simples mortels que la gloire rendrait immortel, grâce à un engagement qui mettrait en valeur, ses plus belles valeurs. Pendant toute une vie, comme les Superman, Batman ou Wonder Woman de notre enfance. Ou « juste pour un jour », comme le chantait David Bowie, voire pour un tout petit quart d'heure, comme le suggérait Andy Warhol.
En fait, nous sommes tous appelés à devenir des « héros » du quotidien. Ne serait-ce qu'en bousculant notre petit confort personnel pour être présents aux côtés de nos plus proches, notamment à l'aube ou au crépuscule de leur vie. Ou pour accompagner un(e) ami(e) qui traverse une période difficile, voire cette personne désemparée que la vie a subitement mis sur notre chemin, et qu'on décide de soutenir, parce que son histoire nous touche.
Mais l'actualité récente (et hélas trop fréquente) nous démontre qu'on peut aussi rêver de devenir une sorte de « héros » en assassinant lâchement une femme sans défense. En projetant dans un profond malheur, une famille, des enfants, des parents, des amis. En plongeant dans l'insécurité, les habitants pourtant innocents et inoffensifs d'une rue, d'un quartier, d'une ville. Et en voulant atteindre à travers cet acte lâche et écœurant, tous ceux qui partagent une certaine façon de concevoir l'existence et la vie en société.
Ce type d'individu nous rappelle malheureusement que dans notre langue, « héros » peut parfois rimer avec « zéro ». Comme zéro courage et zéro dignité, zéro valeur et zéro utilité, zéro neurone et zéro humanité. Il nous apprend aussi, comme tous les fanatiques débiles et décérébrés de ce monde, qu'en-dessous du zéro, il y a le « moins l'infini ». Et que, contrairement aux théories des plus grands mathématiciens, certains sont capables de l'atteindre. Que ceux-là sachent que nous les méprisons pour cela. Infiniment et indéfiniment.





☐ 23/4/2021

Pour une fois, voilà un post tout spécialement destiné à mes amis dialectophones.
- D'abord, parce qu'ils adoreront cette couverture de BD plus vraie que nature qui nous invite, en alsacien, à prendre la poudre d'escampette après le boulot, quitte à braver les règles du couvre-feu et des 10 kms. Allez, juste une fois !
- Ensuite, parce qu'elle me rappelle une anecdote de mon enfance. Nous vivions dans un quartier très proche de l'hôpital dans lequel habitaient donc quelques médecins. Un jour, en revenant de l'école, j'ai dit à mes parents que j'avais découvert une nouvelle « maison de docteur ». Vérification faite, son propriétaire était ferronnier, mais il avait apposé sur sa maison, une inscription en fer forgé : D'r Firowa. Comprendra qui pourra...





☐ 20/4/2021

Billet d'humeur : Les virtuoses du virtuel

Pour certains d’entre nous, cela fait plusieurs mois que l’écran total est de rigueur. Pas celui des crèmes à bronzer, mais celui de nos ordinateurs. Télétravail oblige, nos vies défilent en haut débit, parfois au grand dépit de ceux qui n’ont pas la fibre d’un geek, et qui, en informatique, sont plus rois des gaffeurs que fans des GAFA.
En fait, c’est un peu comme des travaux forcés. Avec le boulot en guise de boulet, et ce tintement incessant des mails qui nous rappellent à nos devoirs, mais sans se préoccuper de ceux de nos gamins. Tout cela avant de rejoindre nos petites vies si confinées qu’on en confond les heures du lever et du coucher.
Fort heureusement, il nous reste ces moments de jouissance intense procurés par les visioconférences. Vous savez, c’est là où, en toute innocence, on peut encore se rencontrer à plus de six, sans masque et sans distance. Ces plaisirs démodés que dans la vraie vie, on aimerait enfin retrouver. Alors, comme dans ce monde virtuel, aucun virus n’est mortel, embarquement immédiat pour une visioconférence en mode « opéra-comique ». C’est parti !

À la baguette

Le premier à entrer en scène, c’est le « chef d’orchestre », ou si vous préférez, le maître de cérémonie. Il a parfois le visage angoissé du type qui a organisé plein de répétitions pour se rassurer, et qui le jour fatidique, oublie le mot de passe de son ordinateur. Mais il peut aussi être ce gars en version « t’inquiète, je gère », qui se connecte à l’heure pile du début de la réunion, avec la confiance arrogante de ceux qui ont comme principal talent de savoir déléguer les emmerdements.
Sa première mission consiste à vérifier que tous les participants sont bien présents. Et là, ça se corse. Entre ceux qui n’ont pas d’image ou pas de son, ceux qui n’ont pas le bon logiciel ou la bonne connexion, ceux qu’on entend à peine ou qu’on aperçoit par portions, il faut se faire une raison : on n’est pas prêt de sortir de cette réunion. D’autant plus qu’une fois réconciliés avec la technique, voilà un festival de salutations, puis une interminable séquence d’autocongratulations où ceux qui se félicitent d’avoir tout organisé, remercient ceux qui se félicitent d’y participer.

Dur, dur d’être un artiste

Arrive enfin l’heure de gloire des solistes, pardon, des intervenants. On peut alors tomber sur le nec plus ultra, cette dream team composée de la Callas de l’exposé et du Stradivarius du Powerpoint. Mais la diva se montre tellement perfectionniste qu’elle modifie encore son intervention juste quelques minutes avant la séance, oubliant au passage que les diapos projetées ne correspondront plus au texte déclamé. Résultat : une prestation bancale, un bordel total, et au final, un auditoire en cavale.
Mais dans le genre « scénario catastrophe », il y a pire : le Fernandel du virtuel, le Charlot de la visio. Celui qui se bat avec son PC, tandis que la réunion a déjà débuté, et qui finit par projeter sur les écrans des participants médusés, non pas son exposé patiemment préparé, mais les photos de vacances avec sa femme en bord de Méditerranée. D’où ces paroles mythiques de Lou Reed : « Hey babe, take a walk on the wild slide ».

L’essentiel est de participer

Que serait donc une visioconférence sans ses participants anonymes ? Certes, on trouvera toujours parmi eux, celui qui aurait voulu être un artiste pour pouvoir faire son numéro, quand l’avion se pose sur la piste, à Rotterdam ou à Rio. Oui, chaque visio a son figurant hyper motivé qui interviendra en mode hyper passionné et qui finira par être hyper détesté, échappant de peu au goudron et aux plumes qu’en d’autres contrées, on lui aurait réservés.
Mais il y a surtout dans cette clique, celles et ceux qui, par esprit tactique, se connectent à la réunion d’un clic, puis se consacrent à d’autres pratiques. Ou qui, profitant de leur caméra désactivée, ôteront le bas, puis même le haut, afin de se sentir relax comme Max, aussi cool que Raoul, et surtout, comme Diego, un peu plus libres dans leurs têtes.

Valsons dans le décor

Côté décor, il y a la visio classique, en direct du bureau. Environnement sobre et maîtrisé, plus ou moins encombré, avec un soin apporté au choix des bouquins visibles sur l’étagère située dans le champ de la caméra. La dimension comique viendra alors de ce micro qu’on a oublié de couper, et qui partagera la sonnerie du portable sur l’air de Bécassine, la feuille de papier déchirée juste devant le micro, ou encore la sirène du camion de pompiers passant devant la fenêtre ouverte.
Mais il y a plus marrant : l’incursion sans effraction dans le salon, la cuisine ou la chambre à coucher des participants. Un véritable showroom tantôt impressionniste, tantôt minimaliste, tantôt surréaliste, avec vue imprenable sur des photos de famille parfois improbables. Sans parler du passage du chat sur le clavier ou de l’intrusion du petit dernier qui vient toucher l’écran de son doigt plein de Nutella. Et puis, il y a l’ustensile star des visios : le mug sous toutes ses formes et toutes ses couleurs.

Et pour finir, les hics de la technique

Puis soudain, on lâche le mug car voilà le bug ! L’image se zèbre, la voix se hache, les mots ne comptent plus que des voyelles, et la connexion se fait la belle. Terminée, la visioconférence. On va enfin pouvoir bosser. Mais une autre suivra bientôt. Et cette fois, il ne faudra surtout pas oublier le sudoku et les dominos.





☐ 15/4/2021

J'ai rencontré ce post, ce matin, sur la page de l'un de mes amis. Je me suis d'abord moqué gentiment, à la fois, de la naïveté du message délivré et de la candeur des dessins utilisés pour l'illustrer. Bref, je me suis dit "bienvenue dans le monde des bisounours". Mais en y réfléchissant à deux fois, est-ce vraiment si risible que ça ? Est-ce qu'il n'y a pas une part de vérité dans cette "simplicité" ?
Alors bien-sûr que ça ne résoudra pas l'ensemble des crises liées à l'épidémie actuelle de Covid. Et bien-sûr que le temps est désormais à la guérison plus qu'à la prévention. Mais tout cela est sans doute à méditer très sérieusement pour éviter qu'à l'avenir, un autre virus vienne nous emmerder aussi gravement. Car il arrive parfois que les vraies "valeurs" aient de la valeur. C'est d'ailleurs pour ça qu'on les appelle comme ça.





☐ 15/4/2021

Aujourd'hui, hélas, nous allons probablement dépasser un cap dramatiquement symbolique du nombre de victimes de l'épidémie de Covid. Je ressens d'avance un malaise devant la surenchère médiatique à laquelle ce chiffre donnera lieu, alors qu'il devrait avant tout nous inciter à beaucoup de décence et d'humilité.
Car ce chiffre, ce sont autant de vies que, COLLECTIVEMENT, nous n'avons pas réussi à sauver, souvent par ignorance, parfois par incompétence, par négligence ou par maladresse. Ce sont aussi autant de douleurs personnelles et de drames familiaux qu'aucun mot ne pourra jamais décrire.
C'est pourquoi, je vous propose à toutes et à tous, de ne pas évoquer ce chiffre tragique sur nos pages FB respectives et encore moins, de le commenter ou de tenter de l'analyser. Ne serait-ce que par respect pour les victimes et pour leurs proches. C'est en gardant un silence pudique, et surtout, en poursuivant le combat quotidien contre ce satané virus, puis en sachant tirer TOUS les enseignements de cette épidémie, que nous leur rendrons le plus bel hommage.



☐ 12/4/2021

Il paraît que chacun de nous a son "tic de langage" :
- Il y a bien-sûr le classique "euh" qui finit par transformer chaque prise de parole en un récital de meuglements,
- Il y a également le retentissant "donc" qui, au fil de la conversation, finit par rendre complètement cloche,
- Il y a enfin, le fameux "quoi" qui vient ponctuer chaque phrase, genre interview d'un sportif : "J'ai pris la balle, quoi. Puis j'ai tiré, quoi. Et puis, j'ai marqué le but, quoi. Et puis voilà, quoi."
Mais depuis peu, un nouveau mot est venu enrichir le vocabulaire de nos bafouilleurs préférés, en l'occurrence l'adverbe "effectivement". Vous n'avez pas encore remarqué ? Certains le prononcent effectivement plusieurs fois dans la même phrase. Un peu comme si en son absence, on ne serait effectivement pas assez persuasif. Oh merde, me voilà aussi contaminé. Effectivement.



☐ 4/4/2021

Cet animal bizarre a été spécialement conçu par mon ami Phil pour illustrer le texte "Carêment gourmand" paru dans mes "Chroniques du monde d'avant". Aujourd'hui, je l'ai appelé à la rescousse pour pouvoir vous souhaiter, de façon un peu originale et gourmande, de très belles fêtes de Pâques.

Et pour deviner chacun des 5 "éléments" qui composent ce personnage extra-ordinaire, voici quelques indices :
- "Bêle, bêle, bêle comme le jour"
- "Quoi d'neuf docteur ?"
- "Sur le mur, elle picore du pain dur, picoti, picota, lève la queue et puis s'en va"
- "Question d'équilibre pour Christophe Colomb"
- "Tous les chemins mènent à Rome".





☐ 20/3/2021

La ferme du bonheur

Allumer sa radio, c'est parfois s'embarquer dans une machine à remonter le temps d'une redoutable efficacité. J’ai ainsi redécouvert récemment cette belle chanson des années 70 qui raconte l’histoire d’une maison bleue adossée à la colline, où l’on vient à pied, où l’on ne frappe pas, car ceux qui y vivent ont jeté la clé. Elle m’a immédiatement rappelé une autre maison où j’ai laissé de nombreux souvenirs d’enfance, dont certains ressemblent peut-être un peu aux vôtres.
Maxime le Forestier se serait sans doute bien reconnu dans cette maison-là. Parce qu’elle se trouvait à l’orée d’un grand bois, mais aussi parce qu’on pouvait y couler des jours heureux, même très heureux, loin, très loin du vacarme des villes et de la vie trépidante des citadins.
J’avais à peine 7 ans quand j’ai franchi pour la première fois, la porte en bois branlante qui s’ouvrait en grinçant sur la cour du Christlesgut. Je ne savais pas encore que cette vieille ferme de montagne, perdue au bout d’un chemin à peine praticable, allait devenir pendant six ans, un lieu si marquant de mon histoire. Au point de provoquer encore actuellement, de grosses poussées d’émotion à chaque fois que j’en vois des photos. Ou mieux encore, lorsque j’y passe quelques instants de détente et de repos.
Car oui, le Christlesgut est devenu, un demi-siècle plus tard, une ferme-auberge très appréciée des randonneurs qui arpentent les sentiers du secteur. Ah, si tout ce beau monde savait combien de souvenirs sont gravés dans chaque mètre carré de cette terrasse si agréable durant les journées d’été, dans chaque pièce de cette imposante bâtisse qui surplombe la vallée, sur chaque mur de ce hangar et de cette étable, désormais transformés en gîtes confortables.
Mes copains de l’époque faisaient comme Michel Jonasz, et allaient souvent au bord de la mer, avec leur père, leur sœur, leur mère. Moi, je partais tous les weekends et durant tous les congés scolaires, avec mon grand-père et ma grand-mère, tout droit en direction de la vallée de Munster.
Je reconnais que si j’avais pu choisir, j’aurais sans doute opté pour d’autres loisirs. Ou pour un peu plus de temps avec papa et maman. Car à cet âge-là, les parents, c’est vachement important. Mais je savais que c’était pour pouvoir bosser encore davantage qu’ils ont consenti ce sacrifice, et que c’était leur façon à eux de veiller au bonheur de leur fille et de leur fils. Le pardon leur était donc pour toujours acquis et c’était même de la reconnaissance que j’ai ressentie.
Avec le recul que me procure aujourd’hui le grand âge, j’ai même appris à apprécier chaque minute, chaque seconde de ce passage. D’abord, parce qu’il a permis de construire, jour après jour, cette complicité inaltérable qui me lie à ma petite sœur, rescapée la plus proche de ces années-bonheur. Ensuite, parce que ces souvenirs ont laissé une très belle empreinte dans ma mémoire, celle de moments privilégiés passés avec des personnes aimées. Des moments qui devenaient encore plus précieux quand nos parents nous rejoignaient, souvent après une longue attente surmontée avec patience et parfois, je l'avoue, avec un peu de mélancolie.
Qu’elles étaient belles, ces balades avec mon grand-père, surtout quand elles se terminaient dans la ferme où nous cherchions le lait, autour d’une limonade orange pour moi et d’un ballon de rouge pour lui. Qu’elles étaient agréables, les odeurs des sapins, les effluves de cette herbe récemment coupée, de ce bois fraîchement scié, de cette pluie tombée durant la nuit, de ces feux allumés par les bûcherons ici ou là, et même de ces bouses de vaches qui ralentissaient nos pas. Et que dire de ces délicieux petits plats mijotés qui attendaient notre retour pour être dégustés, ou encore de ce kougelhopf qui montait sous le regard attentif de ma grand-mère, et de ce cake au citron qui ne cuisait jamais assez vite à nôtre goût.
Qu’ils étaient joyeux, tous ces sons familiers. Celui du vent dans les arbres, celui du chant des oiseaux, celui des cloches de nos vaches, celui de l’eau qui ruisselle dans l’abreuvoir, celui du tracteur de l'agriculteur voisin. Et surtout, celui de la voiture de mon père dont je guettais l’arrivée le samedi, juste avant midi. Car il annonçait le déjeuner familial, ses discussions passionnées, ses éclats de rire incontrôlés, et surtout, des heures de complicité retrouvée avec Ludo, notre cher boxer. Il était mon ami, mon confident, mon frère. Quant au dimanche, nous le passions souvent avec nos cousins, cousines, oncles et tantes, dans un climat de fiesta aussi improvisée que délirante.
C’était le temps des soirées sans ordi et sans télé, partagées autour des jeux de société et des mots-croisés. Celui des nuits passées dans la chambre des grands-parents, avec un sommeil réchauffé à la bouillotte et rythmé par de gros ronflements. Celui d’un bonheur simple vécu dans un lieu sans grand confort, mais tellement empreint de moments auxquels, très souvent, je pense encore.
Selon l’écrivain Philippe Besson, « les lieux sont aussi des liens, ils sont notre mémoire ». C’est sans doute pour cela que les vieilles pierres nous seront toujours si précieuses.





☐ 10/3/2021

Ce matin, je suis grave en colère. En effet, je veux pousser un gros coup de gueule pour la légalisation...oups, pardon...pour la défense du H, cette lettre si injustement maltraitée par la langue française depuis de trop nombreuses années.

Le problème, c'est que depuis sa naissance dans notre alphabet, quelque part entre le point "G" et l'instant "iiiiii, chériiiiii", le H doit parfois être "aspiré" (même quand il n'est pas fumé). Du coup, il est souvent mal "digéré" par nos compatriotes, surtout originaires du mauvais côté des Vosges.

On a tous déjà connu le fameux "Karlsruhe", devenu dans la bouche de nombreux dyslexiques parisiens, le terrible "Karlschrou". Ou encore, le sympathique "Maastricht", qui a soudainement été traité de "Maastritschhhh" résonnant encore aujourd'hui dans nos oreilles, comme un tonitruant éternuement. Et je ne vous parle même pas du "Col de la Schlucht" qui, dans la bouche d'une ancienne collègue, ressemblait à une montagne située sur Mars ou sur Saturne.

Eh ben voilà que ce matin, un certain docteur Richard Hanschuh a soudainement été rebaptisé par une chaîne d'info nationale, "docteur Handschousche" (non, non, pas Anschluss). Allez, pour se consoler, on va dire que c'est un nom qui lui va...comme un gant. Exchellente chournée à tous !!!





☐ 8/3/2021

Facebook a la délicatesse de me rappeler cette publication d'il y a un an, jour pour jour. Les musées venaient de fermer leurs portes, comme tant d'autres structures culturelles. Un an ! Oh p'tain, déjà un an !! De l'air, de l'air, de l'air !!!

Image exclusive... La Joconde profite de la fermeture du Louvre pour se lâcher en cette journée des droits des femmes. Je me disais bien que son sourire cachait quelque chose. Come on, Jo !!





☐ 6/3/2021

État de manque

Allez, avouons-le, en franchissant le cap de cette satanée année 2020, nous pensions tous pouvoir enfin passer à autre chose. Mais visiblement, c’était en vain. Le virus ne l'a pas du tout entendu de cette oreille et semble avoir décidé de nous la jouer en mode "prolongations". Un peu comme un logiciel Windows et ses mises à jour critiques. Après la version 19 et 20, voici déjà la 21 avec ses variantes diffusées en Mondovision.
A vrai dire, j'ai parfois l'impression que la covid-19 est en train de s'attaquer à nos neurones et de nous faire perdre collectivement la raison. Il paraît même que certains d’entre nous seraient prêts à sacrifier sur le long terme, des pans entiers de notre art de vivre, tout cela au nom du sacrosaint principe de précaution et de cette poursuite obsessionnelle du "risque zéro", véritable marque de fabrique de la France du 21ème siècle.
Oui, la peur du virus est en train de nous rendre fous. Nous le devons en grande partie aux chaînes d'information qui, pour alimenter leur grille de programmes aussi creuse qu'un article politique de Paris-Match ou qu'un horoscope de Voici, égrènent des statistiques anxiogènes et invitent sur leurs plateaux des personnalités politiques et scientifiques, les unes plus désemparées que les autres, qui malgré tous leurs doutes, clament et déclament de confuses certitudes.
Ce qui me fait flipper autant que le virus lui-même, c'est la perspective d'un monde où nous accepterions de nous priver de tant de sourires charmeurs et d'odeurs enivrantes, de tant de franches poignées de main et de tendres câlins, de tant de grandes fiestas en famille ou entre amis, de tant de moments de communion partagés à plusieurs dizaines de milliers autour d'un concert de rock ou d'un match de foot. Si c'est ça "le monde d'après", celui dans lequel il faudra "apprendre à vivre avec le virus", comme le prédisent les scientifiques, je n'en veux pour rien au monde.
Alors OK, continuons à ériger quelques indigestes barrières contre la covid, puisqu’elles semblent indispensables pour nous en prémunir. Acceptons même avec le sourire, de recevoir comme cadeaux de Noël, en décembre prochain, un masque estampillé Gucci ou Louis Vuitton, voire du gel hydroalcoolique sponsorisé par McFly et Carlito. Mais surtout, précipitons-nous vers le premier vaccin qui saura nous rendre un souffle de liberté avec un minimum de sécurité. Car là, franchement, y en a marre de vivre en résidence surveillée, dans une société névrosée qui paraît aussi proche de basculer dans la crise de nerf que dans la crise économique.
Des preuves ? On les trouve tous les jours à la pelle sur les réseaux sociaux, devenus les réceptacles de toutes les frustrations, les dévidoirs de toutes les colères et les défouloirs de tous les déséquilibrés qui hantent la toile. Et dieu sait qu’il y en a ! De toutes les religions et de toutes les couleurs, pour tous les goûts et pour toutes les douleurs. C’est un peu comme dans la vieille pub pour Casto : "les réseaux, y a tout ce qui faut, abrutis et salopiauds".
Ce qui paraît le plus préoccupant dans tout cela, c’est que même notre remède miracle, celui qui a sauvé notre pays de tant de dépressions à travers sa longue histoire, à savoir LE RIRE, semble actuellement en grave panne existentielle. Pas tant du côté de ceux qui ont pour mission de le « produire » et qui semblent assez inspirés par les travers de la période que nous traversons. Mais plutôt de la part de ceux qui sont supposés "consommer" L'HUMOUR et qui me paraissent actuellement atteints d’énormes problèmes de "digestion".
Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les longues séquences d’indignation et d’hystérie collective qui suivent la publication d’un texte ou la parution d’un dessin de presse prenant quelques libertés avec les diktats du socialement correct et du politiquement consensuel. Ou vice versa.
Charlie Chaplin, qui était loin d’être un charlot, disait pourtant qu’avoir de l’humour "renforçait notre instinct de survie et sauvegardait notre santé d’esprit". Guy Bedos, quant à lui, plaçait la barre encore plus haut : "l’inverse de l’humour, ce n’est pas le sérieux, c’est la soumission" prétendait-il. Pour ma part, j’ai une petite préférence pour la philosophie légère du génial Henri Salvador qui chantait "faut rigoler, faut rigoler, avant que le ciel ne nous tombe sur la tête". Oh oui, vite, vite, rigolons, rigolons, les amis, car sinon, on ne sera vraiment pas loin de la cata !
Bref, débarrassons-nous au plus vite de ce foutu virus, relâchons enfin toute cette énergie qui sommeille en nous depuis plus d’un an, et ne jetons jamais un masque pudique sur notre besoin vital d'être libéré de ces contraintes qui nous pèsent tant !!! L’être humain doit pouvoir vivre à pleins poumons et à pleine passion. Car telle est sa nature profonde, et non pas celle de vivre dans un monde anesthésié et aseptisé.
A moins de fantasmer sur les héros du Grand Bleu, la vie en apnée, ce n'est pas la panacée. De l'air, de l'air, de l'air !!!



☐ 27/2/2021

Rire de tout

On ne m'y reprendra pas de sitôt. Moi qui depuis plusieurs mois, évite soigneusement d'aborder des sujets potentiellement sensibles, histoire de ne pas heurter les âmes du même nom, je me suis fait piéger hier soir à travers un post qui se voulait léger et insouciant. Franchement, à aucun moment, je me suis imaginé qu'il pouvait heurter certaines personnes, surtout pas au nom d'une "discrimination sexuelle" qui n'est ni dans mes habitudes, ni dans mes intentions.
Ce petit incident qui m'a valu une sorte de "leçon de vie à l'usage des anciens", me semble confirmer certaines tendances fortes dans notre société qui, à force de se sentir heurtée par tout et par n'importe quoi, va finir complétement névrosée et déprimée. J'ose à peine imaginer ce qu'aurait été la réaction des "Croisés" du 21ème siècle face aux provocations assumées d'un Gainsbourg ou d'un Desproges. Les mêmes qui défendent pourtant avec beaucoup de passion, la Liberté, toutes les libertés, y compris deux des plus précieuses d'entre elles, à savoir celle de penser et celle de s'exprimer.
Dernièrement, j'ai pu assister à des échanges très violents sur des pages FB destinées, l'une aux amateurs de belote, l'autre aux amoureux des boxers (les chiens, pas les slips). C'est dire où nous en sommes dans l'hystérie collective !! Je ferai donc encore davantage attention à ce que je publierai ici. Ou pas !!! Car d'un coup, je me souviens de cette citation célèbre du grand philosophe Henri Salvador (eh oui, encore un vieux !!) : "Faut rigoler, faut rigoler, avant que le ciel nous tombe sur la tête !". Alors oui, essayons de rester zens et détendus, et continuons à rire de tout...même si ce n'est pas avec tout le monde.
😉



☐ 10/2/2021

Cette journée commence par un choc terrible : FB me propose à l'instant de rejoindre un groupe appelé "Génération Papy". Pour m'appâter et m'épater, il me présente cette photo d'un objet que je n'ai pourtant jamais vu de toute ma life. Franchement, Facebook, c'est de plus en plus du grand n'importe quoi !!
Vérification faite dans mon encyclopédie "Tout l'univers", je découvre que ce truc est en fait...un téléphone. Eh oui ! Et plus précisément, un "fixe", c'est à dire un téléphone qui ne permettait, ni de se balader en parlant, ni d'envoyer des textos, ni de prendre des selfies, ni de consulter Instagram, ni de poster sur Tik Tok, ni de regarder des vidéos sur YouTube. La honte, quoi !! Sérieux, ils faisaient comment les gens pour communiquer à cette époque ? Non mais allô, quoi !!
En tout cas, moi, je n'ai plus rien à faire sur ce réseau social qui me prend pour plus vieux que je ne suis. Un téléphone moche de chez moche, avec un fil branché au mur et une roulette pour taper un numéro !!! Pffff !! Manquerait plus qu'on me parle du Minitel !!! Bon allez, je vais rejoindre une réunion Skype avec mon Samsaoule Galaxy. Bonne journée à tous !!





☐ 17/1/2021

Alors, alors ? Vaccin ou pas vaccin ? Bien-sûr, cette question un peu piquante est plus que prématurée pour nous qui ne sommes (pas encore) hébergés en EHPAD et (pas encore) âgés de plus de 75 ans. Le temps que la "potion magique" arrive jusqu'à nous, il nous faudra encore longtemps jouer à cache-cache avec le virus, en slalomant entre les ex-contaminés, les nouveaux cas contacts et les redoutables "asymptomatix". Cela nous laisse donc encore plusieurs mois (au minimum) avant de faire ce choix cornélien.
Pour ma part, en temps normal, rien que la perspective d'entrer dans une salle où sévissent des gens armés de seringues, me rend presque déjà malade. Imaginer ensuite qu'après l'injection, je puisse faire un petit malaise ou même ressentir une petite douleur, serait presque le début de l'horreur. Et enfin, devoir vivre tous les jours avec la hantise qu'un deuxième nez ou qu'un troisième bras puisse pousser sur mon corps, serait normalement de nature à me faire fuir pour de bon à l'autre bout de la galaxie.
Puis, je me raisonne et me dis que si le vaccin pouvait, par exemple, faire pousser des cheveux, ce serait finalement pas si mal que ça. Et je me souviens aussi avoir héroïquement résisté, à l'époque de mon service militaire, à l'injection simultanée de quatre vaccins. Une vraie dose de cheval (comme ils disaient) qui nous privait de perm pendant tout le week-end, par peur d'effets secondaires qui, en fait, ne se sont jamais produits.
Mais j'écoute surtout mon irrésistible envie de retrouver le plus rapidement possible, une vie dans laquelle on puisse de nouveau aller au resto, au ciné, au théâtre, au musée, au concert. Une vie qui ne serait pas faite que de boulot, de dodo et de télé à gogo. Une vie où l'on retrouverait ses proches et ses potes sans la crainte d'y laisser sa vie, suite à une amicale poignée de main, un affectueux bisou ou un tendre câlin...voire plus si affinités.
Alors oui, je pense que je me ferai piquer. Presque sans état d'âme et sans hésitation. Parce que j'ai décidé de faire confiance à la science. Parce que je n'en ai rien à foutre d'être traité de "mouton de Macron". Et surtout, parce que la peur permanente de tout et de n'importe quoi, est sans doute un virus aux effets beaucoup plus graves que celui qui nous emmerde depuis près d'un an. A moins de vouloir aller vivre en ermite dans un igloo, au fin fond de la Laponie. Mais très peu pour moi, merci !!



☐ 16/1/2021

Depuis hier matin, voiture emprisonnée dans la neige et dans la glace en plein centre ville. Il faudrait une grosse pelle pour dégager tout ça, mais quand on vit en appartement, sans balcon ni terrasse, ce n'est pas forcément l'ustensile qu'on pense à acquérir en premier. Ou alors, éventuellement un lance-flamme qui serait au moins utile en cas d'agression, mais bon...on n'est pas chez Trump.
Du coup, pour les courses hebdomadaires (impossibles en semaine pour cause de couvre-machintruc), on redécouvre des charmes un peu oubliés. Comme ces petits échanges avec des commerçants qui entretiennent le sourire à coup de courage et de passion. Comme ce trajet à pied qu'on n'a plus effectué depuis des siècles, sous prétexte qu'il fait perdre du temps. Comme ces glissades sur les plaques de verglas qui nous faisaient rire quand on était enfant, et qui maintenant provoquent les sourires des passants...juste avant qu'eux-mêmes ne se cassent la gueule, à peine quelques mètres plus loin. Gnarf !!
J'avoue que cette redécouverte n'était pas désagréable, loin s'en faut. On en revient avec l'étrange impression que la vie pourrait être différente de celle qu'on s'inflige tous les jours, chronomètre en main et stress au taquet. Et que le temps est peut-être venu de lire ce best-seller sorti en 2004, qui nous apprend notamment à ne plus perdre notre temps à vouloir absolument en gagner. Je vous raconterai quand je l'aurai lu. Enfin, dès que j'en prendrai le temps...



☐ 1/1/2021

Nous sommes en l'An I après Jacobus Chiracus. Astérix et Obélix ont mis un terminus à leur carrière de super héros gaulois et coulent des jours heureux du côté de Fréjus. Pendant ce temps, hélas, un mal mystérieux s'est emparé de leur village de naissance. Le Covidivici XIX est venu et a vaincu certains de ses habitants pourtant réputés irréductibles.
Un confinum a immédiatement été ordonné en concertation avec les représentants de Rome, le vieux consul Diplodocus et son conseiller Papyrus. Les arènes, les théâtres, les tavernes et tous les commerces superflus sont fermés. Plus de jeux du cirque, plus de cervoise sur les terrasses, plus de déplacement sans dérogatium, Ici, on ne rigaule pas avec le virus !
Le chef du village, Jeancastix, accompagné de ses fidèles chefs-adjoints en charge de la santé, Epidemix et Pandemix, a immédiatement reçu une délégation des professionnels sinistrés. Parmi eux, le comédien Prolix, la chanteuse Zazix, le barde électro Remix, et comme représentant des taverniers, Etchebix, le célèbre cuistot aux trois écuelles.
Mais dans le journal du matin, les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent. Coté romain, on vient d'apprendre le suicide du centurion Roulètrus, chef du Fort Ciori, en pleine salle de reanimationem. Les Gaulois, quant à eux, pleurent le décès brutal d'Ecrevix, le poissonnier connu de tous pour sa recette de la carpe diem. Les ennemis d'autrefois décident donc d'enterrer le glaive de guerre et d'unir leurs forces pour affronter cet inconnus malus.
Un comité médical se réunit d'urgence autour de Jeancastix et du général Antivirus, envoyé spécial de l'Empereur. On y retrouve le druide Alambix, le professeur Bistourix, responsable du sanatorium local, et le docteur Infarctus, son alter ego de l'hôpital romain Yapamordum, ainsi que les pharmaciennes du village, Cloroquine, Solutricine et Vaseline.
Tous ces éminents spécialistes sont unanimes : seule une potion magique pourra sauver les villageois. C'est donc avec cette idée fixe qu'ils partent en quête d'un vaccinum. Dès le lendemain, Rhésus, le facteur de la garnison, leur apporte une missive en provenance du labo Mea Culpa. Son médicament, le Vaderetro, aurait été testé sur des centaines d'esclaves et serait fiable à XCVIII%.
Après de rapides négociations menées avec Prospectus, le commercial du labo, l'affaire est dans la besace et le contrat conclu au meilleur tarif, à la grande satisfaction du chef-adjoint chargé des finances, le vénérable Fraudix. Les premières doses du précieux vaccinum pourront ainsi être administrées, dès la semaine suivante, aux résidents de l'EHPADUM "Le Crucifix", évidemment tous volontaires selon Neurotoxine, l'ambitieuse directrice de l'établissement.
Mais la colère gronde parmi les villageois. Déjà échaudés par les loupés de l'ancienne chef-adjointe à la santé, Aniessebusine, les voilà remontés comme des cadrans solaires contre les mesures de confinum prises par ses successeurs.
Les meneurs de La Gaule Insoumise, principal parti d'opposition, demandent avec insistance l'organisation d'un référendum pour ou contre la campagne de vaccinationem, tandis que la passionaria Pulmarine n'en finit plus de sonder le fond de la piscine, afin d'y trouver quelques gilets (jaunes) de sauvetage.
Et puis, il y a les adeptes d’un certain Complotix. Ils se réunissent à l’abri des regards, dans une hutte du village tenue par Coccix et par son complice, l’obscur Petitanus. Une rumeur insistante dit qu’à l’étage, on trouverait des femmes de petites vertus, exploitées par le souteneur Bonusfalus et parfois même filmées à leur insus par Stanlélubrix, le célèbre producteur de filmix, accompagné de sa peu farouche assistante Viceversa.
Leur vision du monde est tellement sombre, qu’ils en arrivent à se méfier de leur propre ombre. Ne sachant apporter aucune solution à aucun problème, ils brillent surtout par leur capacité à opposer leur véto à toute initiative constructive. C’est dans un pays très lointain, situé bien au-delà de la Mare Nostrum, qu’on trouve la tribu des Yakafokon, celle dont les rituels ancestraux inspirent les nombreux fanatix du sinistre Complotix.
Mais revenons à nos brebix ! Face à la pression populaire, Jeancastix s’est vu contraint d’organiser une réunion publix…pardon, publique. D’autant plus que deux nouveaux décès sont venus, coup sur coup, endeuiller la population : d’abord, celui de Sinusine, la charmante épouse du parfumeur Nasix, victime d’une grave insuffisance respiratoire, puis celui de Bombix, le grand amoureux de la nature, sans doute victime de l'effet papillon.
Sur la droite de la tribune se trouve un énergique trio pro-vaccinum composé de Testantigenix, d’Asymptomatix et d’Idroalcolix. Une immense banderole déployée au-dessus d’eux proclame haut et fort leur soutien au chef du village : "Plutôt fichés que fichus !!!". Sur la gauche, il y a les partisans anti-vaccinum : Rictus, le candidat malheureux et inconsolable des dernières élections, puis Cactus, l’infirmier qui n’en peut plus de piquer à longueur de journée, et enfin, Eucalyptus, le doyen du village, qui n’y comprend que dalle car il est dur de la feuille, et qui répète sans cesse "c’est quoi là ?". Belle brochette ! Le nec plus ultra, assurément.
Cette réunion passionnante s’est évidemment terminée dans un climat passionné. Comment pouvait-il en être autrement ? A l’heure qu’il est, aucune décision n’a cependant été prise par Jeancastix. Son nouveau conseiller Pragmatix lui recommande beaucoup de prudence. En effet, aux dernières nouvelles, le virus semble ne pas se développer à l’Ouest, là où se trouve notre célèbre village. Ce qui a d’ailleurs permis à son chef, en toute fin de réunion, d’avoir ce bon mot un peu facile à destination de ses opposants : "Et maintenant, allez jacter à l’Est !".
Bon, allez, sur ce coup-là, j’ai vraiment honte. Promis, je vous raconterai la suite de l’histoire dès que j’en saurai plus. A plus !!





☐ 30/12/2020

Question du jour : Peut-on se lever un matin avec une gueule de bois carabinée, sans avoir bu la moindre goutte d'alcool la veille ? Réponse du jour : Eh oui, tout est possible en 2020 ! Par exemple, quand tu apprends avant de t'endormir que, malgré toutes les précautions que tu prends, toutes les concessions que tu fais, tous les sacrifices que tu t'imposes depuis des semaines, tu vas devoir t'enfermer chez toi dès 18h au lieu de 20h.
Donc, colère du jour : Y en a marre, y en a ras-le-bol, y en a ras-le-Q du confinement, du couvre-feu, du couvre-tout et n'importe quoi !!!
Mais la faute à quoi , la faute à qui ??? A ceux qui prennent ces mesures de protection parfois incohérentes et souvent difficiles à supporter, surtout pour certains professionnels ? Ou à ceux qui continuent à vivre comme si rien ne s'était passé depuis un an, qui en veulent à mort au virus, mais qui continuent à refuser de le combattre, et qui font systématiquement passer leur confort perso avant la sécurité de tous ?
Pour ma part, j'ai ma petite idée. Mais comme il ne s'agit pas d'une certitude, et encore moins d'une connaissance scientifiquement démontrée, je me garderai bien de la partager ici. Que chacun continue à faire ses choix en son âme et conscience. Notamment en ce qui concerne le vaccin. On fera les comptes dans quelques mois. Mais que personne ne vienne râler ensuite...





☐ 26/12/2020

Christmas blues

Il y a un an, je décrivais dans "Christmas blues", le chemin de croix du Père Noël, devenu travailleur précaire. Avec un brin d'humour quand même. En 2020, rien ne s'est vraiment arrangé ni pour lui, ni pour nous. Mais c'est avec un optimisme à toute épreuve que je partage à nouveau ce petit texte qu'on peut retrouver (joliment mis en page) dans les "Chroniques du monde d'avant". Avec le dessin de Phil, évidemment. Et quelques rimes en prime...

La planète Terre dans un futur proche. Nos grands dirigeants sont restés de glace face au réchauffement climatique. Le cercle polaire est devenu le nouvel eldorado des capitalistes sauvages, et ses ressources naturelles, la cible de quelques bandits pas manchots, prêts à jouer l'avenir du monde à la roulette.
Le Père Noël, privé de ce paradis blanc où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps, a été viré de l'arène des neiges où il profitait d'un emploi à vie. Désormais libéré, délivré de son traîneau, le voilà obligé de trouver un nouveau boulot. Mais avant de partir, il devra bien se couvrir. Car dehors, il va faire un peu froid. Allez, mon gars, enfile ta parka !
La descente est raide quand on passe du Pole Nord à Pôle Emploi. Surtout quand dès le premier rendez-vous, on s'enguirlande avec son conseiller. "Un poste à Rennes ? Quelle drôle idée !" De quoi le couper direct dans son élan. Car il bout, à présent. De colère, évidemment.
Dès le lendemain, cependant, son destin bascule. On lui présente un type plein de tunes dont le slogan explique la fortune : "Ton temps, c'est mon argent", voilà le rêve qu'il vend. On dit qu'il a inventé un tout nouveau système d'exploitation. Comme quoi, ce n'est pas que dans l'informatique qu'on peut gagner des millions.
Ce type, tout le monde l'appelle Hubert. Il est vraiment super. Car voilà notre Père Noël tout cafardeux, transformé en travailleur précaire tout heureux. L'année à venir s'annonce vachement chargée. Et les enfants vont forcément adorer.
Premier boulot, premier fardeau. Jouer au Père Noël de pacotille, ce n'est vraiment pas rigolo. Surtout quand il faut faire le joyeux drille dans les rayons du Casino, pour ameuter les petits garçons et petites filles, en chantant très fort dans un micro. "Jingle bell, jingle bell" reprend-il de plus belle. Elle est où, la tendresse, bordel ?
Mais il jette un bonnet pudique sur ses convictions. Il faut bien bouffer, c'est ça, sa seule motivation. Dès le lendemain de Noël, il bossera pour une plate-forme qui permet d'échanger les cadeaux. Une hotte-line pour parents névrosés qui pourrissent leurs marmots.
Voilà déjà le printemps. La nature s'éveille peu à peu partout sur la terre. Et notre Père Noël ouvre doucement les yeux sur son calvaire. Embauché pour faire la promo d'une marque qui se la joue écolo, le voici déguisé en lièvre de Pâques pour une chasse aux œufs garantis bio.
Mais qu'importe. Ce qui est sympa avec les enfants vegan des bobos, c'est que pour eux, un lapin, ça ne termine jamais en gigot. C'est vrai qu'il vaut toujours mieux être ridicule en bête à poil, que de finir sa vie au fond d'une poêle. On se console comme on peut. La vie ne sourit pas qu'aux courageux.
Tiens, un job dating pour un boulot estival à la Grande-Motte. Là, c'est sûr, il y va, ça le botte. Mais pour être vendeur de plage, notre papa Noël n'a pas le bon style : une bedaine saillante et un torse à pelage, ça vous gâche un profil. Dommage pour son slip de bain rouge à pompons blancs qui aurait plu aux gamins...et surtout à leurs mamans.
Finalement, c'est chez Pizza Hotte que son look de hipster a fait sensation. Y a pas mieux qu'une barbe de bûcheron pour vendre de la "quat'saisons". Le voilà donc chevauchant son engin en anorak couleur tomato, avec sa devise "scoot toujours" fièrement tatouée sur la peau.
L'automne est déjà bien entamé. Idem pour le moral de notre travailleur saisonnier. Il est convaincu qu'en n'étant pas minorité visible, il fait désormais partie de la majorité inaudible. On lui soutient pourtant qu'il est privilégié, puisqu'il n'est ni femme, ni jeune, ni "basané". Mais en lui, il ne croit plus. Le Père Noël n'existe plus.
Vivement que son année se termine. Ce sera sous un déguisement d'Halloween. Encadrant un groupe d'enfants en quête de bonbons, Papa Noël avoue qu'il se sent un peu con. L'an prochain, c'est promis, il ne se nourrira plus d'illusions. Il maudira le sinistre Hubert et tous ses compagnons. Ce qu'ils méritent, c'est rien de moins que l'enfer. Car avec eux, la vie rimera toujours avec galère.



☐ 12/12/2020

Jeux de hasard

Il y a quelques mois, j'exprimais ici mon malaise face aux sommes faramineuses qu'on pouvait gagner en ayant juste le "talent" de cocher ou de gratter les bonnes cases sur le bon coupon. Tandis qu'une vie entière de travail, avec son lot de concessions, de sacrifices et parfois même de souffrances, pouvait ne pas suffire pour faire vivre une famille dignement et décemment.
Je me suis alors fait allumer par certains de mes amis FB qui estimaient que les jeux de hasard avaient au moins le mérite de "faire rêver" les Français, et qu'ils permettaient même à certains de réaliser leurs désirs les plus fous. Que l'espoir de gagner apportait à de nombreuses personnes, un peu de "bonheur" au moins pendant quelques minutes ou quelques secondes. Waouh ! Elle est belle, la vie, quand elle se résume à ça.
Hier soir, la cagnotte de 200 millions d'euros a enfin été remportée. 200 millions !!!!! Soit plus de 1,3 milliard de francs pour les anciens !! Et plus de 130 milliards d'anciens francs pour les très très anciens (de moins en moins nombreux, c'est vrai). Y a même plus assez de place sur nos vieilles calculatrices pour caser tous les zéros gagnés par ce héros !!
Est-ce qu'on se rend vraiment compte de ce que ça peut représenter pour un seul et même gagnant ? Environ 200 villas sur la Côte d'Azur, par exemple. Ou encore 2.000 voitures de luxe. Tout ça pour un type qui vit peut-être déjà dans un certain confort. Et qui a joué, non pas par besoin, mais juste par plaisir. Eh oui, la chance ne choisit pas son camp en fonction de la fiche de paie ou de la feuille d'impôt. Mais quelle grosse conne, celle-là !!
Franchement, ce pactole est d'une indécence pour laquelle il n'existe aucun adjectif dans aucune langue de notre planète. Surtout dans le contexte que nous connaissons, où des commerçants luttent pour leur survie, où des restaurateurs voient leur vie de travail s'écrouler en quelques semaines, où les professionnels de l'évènementiel et de la culture n'en finissent plus de gratter les fonds de tiroir, juste pour pouvoir bouffer. Et surtout, où des milliers de nos compatriotes vont de nouveau crever de faim ou de froid durant les prochains mois.
Aujourd'hui, encore plus qu'hier, ces jeux de hasard me donnent juste envie de dégueuler. Parce qu'ils sont aux antipodes de mes valeurs. Et parce qu'ils nous précipitent encore un peu plus dans un monde où le mérite ne revient pas à ceux qui le méritent, et où les gloires éphémères fondées sur du néant, sont mieux considérées que des années de boulot et de talent.
"Du pain et des jeux"... Voilà ce que les empereurs romains donnaient au peuple pour le calmer quand il grondait. Pas certain qu'on ait beaucoup évolué en une vingtaine de siècles. Ou alors, prouvons le contraire et cessons de faire croire qu'il est possible de gagner des tunes, sans bouger son cul et en n'en foutant pas une !!





☐ 25/11/2020

À nos héros obscurs

"Le malheur, l'isolement, l'abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros. Des héros obscurs, plus grands parfois que les héros illustres".
Victor Hugo se retournerait sans doute dans sa tombe et s'évaderait même du Panthéon, en apprenant que les "champs de bataille" ainsi évoqués dans les Misérables, sont encore aujourd'hui, jonchés de millions de victimes. Tant de femmes et tant d'hommes qui sont un jour tombés par terre, le nez dans le caniveau, sans que ce ne soit la faute à Voltaire ou à Rousseau.
"Engagez-vous, qu'ils disaient !"
Flanqué de Jean Valjean, de Cosette, de Gavroche, et même de Javert et des Thénardier, il partirait sans plus attendre à la recherche de ces "héros obscurs", ces guerriers de l'ombre déterminés à combattre les fléaux qui rendent si infâme et si honteuse, notre société qui aime pourtant se la jouer si épanouie et si heureuse.
Sans doute, croiserait-il alors la route de ces bonnes âmes qui pratiquent beaucoup, passionnément, et parfois même à la folie, le bénévolat, "ce bel art de la gratuité du cœur, du geste et du temps". Toutes celles et tous ceux qui, fidèles à la pensée d'Albert Schweitzer, se mobilisent pour soulager la souffrance des autres, parce qu'eux-mêmes ont peut-être eu la chance d'en être épargnés.
"Travailler, c'est trop dur, mais..."
Cependant, notre grand écrivain ne s'arrêterait pas en si bon chemin. Celui qui estimait dans son poème "Mélancholia" qu'un "vrai travail, sain, fécond et généreux, rendait le peuple libre et l'homme heureux", s'engagerait probablement, avec beaucoup de vigueur, non pas contre l'oisiveté, dont on dit qu'elle serait la mère de tous les vices, mais contre le chômage, qui lui est assurément le père de nombreux sévices.
Des sévices causés, en premier lieu évidemment, à la vie matérielle de ceux qui les subissent, ainsi que de tous leurs proches qu'ils embarquent bien malgré eux dans leur galère, et avec qui ils doivent ramer au quotidien pour satisfaire les besoins les plus primaires. Mais il y a aussi ces sévices encore plus graves et encore plus profonds, car portés à ce que l'être humain a sans doute de plus précieux, à savoir sa dignité et sa liberté, comme l'abbé Pierre le répétait jusqu'à son dernier souffle de révolte.
Car avoir un travail, ce n'est pas seulement disposer d'un revenu plus ou moins sûr, c'est aussi disposer d'un atout essentiel pour son épanouissement et pour son équilibre personnel, ainsi que d'une garantie de considération et de statut social.
Avoir un travail, ça permet de gagner sa vie, mais c'est aussi apprendre, évoluer, rencontrer, partager, et au final, réussir. Oui, avoir un travail, c'est disposer d'un bien irremplaçable à bien des égards, car il permet à un homme ou à une femme de rester debout. Ou de se relever, après être tombé à genoux.
"We need you !"
Coluche aimait à dire ceci : "je suis la manivelle des pauvres, je leur remonte le moral". On n'en est heureusement plus à vouloir combattre la pauvreté juste en étant rigolo. Aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est avant tout avoir un boulot. Si possible, rémunéré à la hauteur du mérite de chacun, afin que la vieille expression "pauvre comme Job" ne puisse plus jamais laisser croire qu'on parle d'un travail mal payé.
Plus que jamais, après la terrible crise qui sévit actuellement, nous aurons donc besoin de tous les "héros obscurs". Pas seulement de ceux qui s'évertuent à agir en "réparation" du désœuvrement, mais aussi et surtout, de ceux qui acceptent de s'engager en "prévention" de ce mal dont notre société ne sait pas se débarrasser. Sans doute parce qu'elle contribue elle-même à sa production.
Oui, plus que jamais, nous aurons à nouveau besoin de la mobilisation de l'ensemble des acteurs de l'emploi, à commencer évidemment par ces chefs d'entreprise courageux et audacieux qui oseront faire confiance avant de songer à la performance. Certainement parce qu'ils savent qu'en donnant un travail, on n'offre rien, on sème.
Plus que jamais, nous devrons aussi pouvoir compter sur la bonne volonté, l'adaptabilité, la combativité et la ténacité de chaque demandeur d'emploi. Car c'est connu, on ne fait jamais le bien de quelqu'un contre son propre gré. Alors, mesdames, messieurs, chers amis, n'ayez pas peur ! Au contraire, cherchez, prospectez, osez, candidatez, persévérez, foncez ! Il y a tant à gagner au bout de ce parcours du combattant.
Et avant tout, méditez cette citation d'un célèbre écrivain du 19ème siècle : "la racine du travail est parfois amère, mais la saveur de ses fruits est toujours exquise". Mince, comment s'appelait-il déjà ? Ah oui, j'ai trouvé : Victor Hugo. Comme par hasard.



☐ 20/11/2020

Tout à l'heure, appel d'un journaliste de Lyon :
- Lui : « Bonjour. Pourrais-je avoir le nom du Président du Conseil départemental du Haut-Rhin, SVP ? »
- Moi : « Oui, bien-sûr, c'est Rémy WITH... »
- Lui : « On écrit ça comment ? W-I-T-T ? »
- Moi : « Non, W-I-T-H. »
- Lui : « Ah, il s'appelle donc WIZZ... »
- Moi : « Ben non, il faut prononcer à l'allemande, pas à l'anglaise. Donc comme WITT et pas comme WIZZ. »
- Lui (un peu agacé) : « Décidément, vous ne pouvez rien faire comme les autres en Alsace. »
- Moi (très agacé) : « Ben disons que, jusqu'à preuve du contraire, l'Alsace était allemande et pas britannique. »
- Lui : « On peut voir ça comme ça. Et vous êtes Monsieur... ? »
- Moi : « Nierengarten. »
Grand silence, puis dut-dut-dut dans mon combiné.
Alors, soit il a raccroché, soit il est tombé dans les pommes.
Pour l'achever, j'aurais dû lui parler de mon pote Phil... Umbdenstock !!!



☐ 17/11/2020

Au rythme où ça va, ce sont les laboratoires Disney qui proposeront le vaccin anti-Covid le plus performant. Il garantira 101% d'efficacité avec, en bonus, des effets spéciaux genre :
- S'occuper de l'achat des cadeaux pour toute la famille (sauf papy qui sera confiné dans sa maison de retraite) - En partenariat exclusif avec Amazon
- Préparer le repas de Noël pour quatre (tant pis pour le petit dernier, il ira se coucher plus tôt) - En partenariat exclusif avec Burger King
- Donner la bouffe au chien qu'on vient d'adopter (pour pouvoir sortir une fois par jour) - En partenariat exclusif avec Royal Canin
- Organiser le feu d'artifice de Nouvel An (dans le salon pour cause de confinement) - En partenariat exclusif avec Disneyland Paris.
- Fournir le carburant nécessaire pour la tournée des vœux du 1er janvier (limitée à un rayon d'un kilomètre en une heure) - En partenariat exclusif avec Total.
Ouf ! Je me réveille à l'instant, ce n'était qu'un cauchemar !! Un peu flippant quand même. Allez vite, un bon café (what else ?), puis préparation de ma réunion en visio 4K Dolby THX Stéréo 3D avec mes collègues. En partenariat exclusif avec Microsoft. Très belle journée à tous !



☐ 11/11/2020

Pas de chance pour les Poilus : cette année, le redoutable virus covid-19 va les faire mourir une seconde fois. L'hommage solennel qui leur est très généreusement offert par la République chaque 11 novembre, va en effet tourner court en 2020. Faute de combattants. Tous confinés, tous enfermés, tous cloîtrés. Un comble pour célébrer ceux qui se sont sacrifiés pour la liberté. Mais bon, passons...
Ce matin, nous avons l'impression de nous réveiller avec les mêmes questions que nos ancêtres de 14-18 : "est-ce que je vais pouvoir retrouver mes proches pour Noël ?" ou "comment vais-je continuer à vivre dans ce monde hostile ?" ou encore "cette horreur n'aura-t-elle donc aucune fin ?". Et comme nos valeureux soldats de l'époque, nous nous demandons comment satisfaire nos besoins "essentiels". Peut-être grâce au Dieu Vaccin ? Mais pour l'immense majorité d'entre nous, s'agit-il vraiment de savoir comment pouvoir manger, dormir, vivre, voire tout simplement... survivre ?
Alors, ce matin, juste pendant quelques minutes, portons donc notre regard au-delà de notre petit nombril, et ayons une pensée pour eux, ainsi que pour celles et ceux qui ont souffert de leur absence, puis de leur disparition. Certes, comme l'a dit le Président de la République, "ce n'est pas simple d'avoir 20 ans en 2020". Mais ça ne l'était pas beaucoup plus entre 1914 et 1918, ni d'ailleurs à de nombreuses autres époques de notre histoire.
Alors aujourd'hui, soyons "bleuets". Comme ces gamins de la classe 1915 à qui on a donné ce surnom, parce qu'ils ont été les premiers à porter l'uniforme bleu, au lieu de ce pantalon rouge vif hérité de la guerre de 1870 qui transformait chaque combattant en cible vivante. Oui, soyons "bleuets", comme cette petite fleur qui symbolise la mémoire et la solidarité envers les anciens combattants, leurs veuves et leurs orphelins. Parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un joli bleuet pour combattre le blues ambiant, ou bien ?



☐ 9/11/2020

Le Black Friday n'aura lieu que le 27 novembre prochain. Pourtant, il montre déjà le bout de son museau ici ou là, prêt à se jeter sur les consommateurs avides de promotions. Mais comme tout le monde semble prêt à offrir son cœur aux commerçants locaux confinés, il n'y a aucune raison de succomber aux tentations de l'achat en ligne, n'est-ce pas ? Alors, pour une fois que le cœur et la raison sont dans le même camp, soyons responsables et cohérents : No Black Friday ! Nos commerçants comptent sur nous.



☐ 8/11/2020

Chaque événement qui rend heureux des millions d'êtres humains, fait systématiquement sortir du bois les rabat-joie et les pisse-vinaigre de service. Ceux qui nous rappellent, avec un petit sourire de satisfaction morbide, qu'il n'y a pas de quoi se réjouir car "on est foutu", quoi qu'il arrive. La victoire de Biden sur Trump, hier soir, n'a pas dérogé à cette règle malheureusement immuable : les destructeurs d'enthousiasme étaient évidemment de sortie sur les réseaux sociaux.
Ils croient quoi ? Qu'on est idéaliste au point de penser que le monde ira beaucoup mieux d'un coup de baguette magique étoilée ? Qu'on est suffisamment candide pour croire que les Etats-Unis seront subitement plus respectueux d'un développement harmonieux et durable de notre planète ? Qu'on est assez naïf pour imaginer que le nouveau Président sera moins protecteur des intérêts américains que son prédécesseur ? Rien de tout cela : les States resteront les States, nous le savons bien.
En revanche, que les "tristes sires" nous laissent au moins l'immense joie de voir très bientôt disparaître (pour l'éternité, espérons-le) :
- Celui qui a durablement gâché la réputation d'un pays dont l'une des vocations a toujours été (à tort ou à raison) de faire rêver que tout était possible, même sans la moindre fortune.
- Celui qui a laissé croire qu'on pouvait gouverner la première puissance mondiale à coups de tweets hystériques et de discours haineux, mêlant provocation gratuite et ignorance crasse.
- Celui qui a contribué à discréditer encore un peu plus la politique (au sens noble de ce terme) aux yeux de ceux qui continuent à y croire, parfois envers et contre tout.
- Celui qui a utilisé sa notoriété pour donner "l'exemple" d'un individu raciste, méprisant, misogyne et vulgaire. Bref, une véritable verrue de l'humanité à mes yeux. Mais ceci n'engage que moi.
Reste à espérer que "Ça" saura, au moins une fois dans son parcours de Président, démontrer un minimum de dignité et quitter la Maison-Blanche avec toute la modestie que devrait lui dicter son "héritage". Mais ça, c'est faire le pari de l'intelligence, de l'humanité et de l'humilité. Et pour le moment, désolé, je n'ai aucun dollar à miser là-dessus.



☐ 7/11/2020

[Commentaire d'un internaute relevé par F. Nierengarten]

« Joe Biden parviendra peut-être à gagner. Mais le trumpisme, devenu modèle politique pour la droite américaine, va continuer sa course folle. La moitié du pays tient encore l’actuel président pour un héros indépassable. Il est inculte, grossier, brutal, raciste, misogyne, colérique, injuste. Et alors ? Son sens du business a fait merveille, avant qu’un virus envoyé par les Chinois ne vienne enrayer la belle machine. Son mépris pour les médecins, les professeurs et les élites intellectuelles ne choque pas trop. Il conforte au contraire ceux qui, du Texas à la Floride, n’ont jamais fréquenté l'Université, ni la moindre bibliothèque. Ça fait beaucoup de gens prêts à ricaner du réchauffement climatique, à ranger Darwin parmi les mécréants, à qualifier l'avortement de crime contre l’humanité, à confondre la liberté avec le chacun pour soi et la vérité avec une opinion. Ainsi court le populisme. Pourquoi mener de longues études puisque la Maison Blanche se conquiert par le bagout, le tweet, le fric et la télé-réalité ? »



☐ 27/10/2020

L'effroyable assassinat de Samuel Paty recèle des enjeux d'une telle profondeur et d'une telle gravité pour notre société, qu'ils effraieraient sans doute le modeste et humble "hussard noir de la République" qu'il souhaitait être. De même d'ailleurs que les hommages larmoyants et parfois indécents qui lui ont été rendus. Des hommages qu'on oubliera très vite quand on critiquera de nouveau les enseignants.
En cette journée d'hommage national, je crois qu'il aimerait bien qu'on diffuse cette photo qui le montre en train d'exercer son difficile métier, et qu'on observe ensuite un long silence. L'un de ces silences assourdissants qui vaut respect et compassion, mais aussi vraie réflexion et réelle mobilisation contre les maux qui ont causé sa mort.
Réflexion et mobilisation de la part de nos gouvernants, mais aussi de chacun d'entre nous. Car nous sommes tous des "hussards noirs de la République". Modestement et humblement. Comme lui. À condition de voir plus loin que le bout de notre petit nez...et de notre petit confort immédiat. Comme lui.





☐ 17/10/2020

L'obscurantisme est un fléau du quotidien et quand il tue dans des circonstances aussi effroyables qu'hier soir, il nécessite plus que jamais une réponse exemplaire de l'État, mais aussi une mobilisation de tous les combattants de la liberté d'expression. J'espère que mes amis FB auront le "courage" de partager cette image symbolique, et apporteront ainsi une brique de plus au mur que nous devons TOUS construire contre l'intolérance et la barbarie. "No pasaran !". Ils ne passeront pas !!!





☐ 15/7/2020

Quand il m'arrive de m'interroger comme hier, à l'occasion du décès du chauffeur de bus de Bayonne, sur ce que nous avons pu "mal faire" depuis une trentaine d'années, pour que notre société parte ainsi en vrille (et je reste poli), j'en arrive souvent cette question : tout cela n'est-il pas un peu la faute de la suppression du service national ?

Ceux qui me connaissent savent que je suis loin d'être un mordu de l'uniforme, du commandement et de l'ordre, même si dans ma tête, j'ai toujours besoin d'un minimum d'organisation (merci les études de droit). Je ne pense pas être non plus du style à me dire "je suis passé par là, les jeunes doivent donc y passer aussi". Ça ferait définitivement de moi, le vieux con que je refuse obstinément de devenir...

J'ai fait mon service militaire en 1986, en plein milieu de mon parcours universitaire. Sans enthousiasme, mais aussi sans la moindre tentation d'y échapper, puisque c'était le sort de (presque) tous les gars de ma génération et qu'il était donc normal de m'y plier. Même si j'avoue que sur le moment, j'ai eu les boules de "perdre" un an par rapport aux filles de ma promo et à ceux de mes potes qui se faisaient réformer. No comment.

Avec le recul, cette année a pourtant été l'une des plus enrichissantes de ma jeune vie de l'époque. Bon OK, je n'ai pas beaucoup participé à des moments qui auraient pu être douloureux pour mon corps ou pour mon amour-propre. Mais quelle leçon d'humilité et de modestie quand on te fait comprendre que tu n'est qu'une infime partie de la Nation. Et que de moments de fraternité et de solidarité quand tu surmontes ces instants difficiles, grâce au soutien de mecs avec qui tu n'as (normalement) rien en commun, et que la vie (normale) ne t'aurait jamais fait rencontrer.

Avec mes copains de régiment venus des Antilles, de Nouvelle-Calédonie, de la région parisienne (du 9.3, pas de Neuilly), mais aussi du fin fond de la Creuse ou de l'Ardèche, nous cherchions constamment à profiter de ce qui nous réunissait, plutôt que de chercher à savoir ce qui nous différenciait, notamment les origines sociales. Nous apprenions à faire "corps" pour rendre service et nous partagions une même fierté, celle de faire partie ensemble d'une même Nation.

Je sais combien il serait difficile de réinstaurer cette "parenthèse" obligatoire dans la vie de chacun (et de chacune) de nos jeunes. Et pourtant, en les obligeant à donner quelques mois de leur vie à la Nation, en contrepartie de tout ce qu'elle leur a donné auparavant (sécurité, scolarité, solidarité,...), ils pourraient peut-être retrouver un même idéal et des façons communes de l'atteindre. Voire même peut-être, de transmettre ces valeurs à ceux de leurs parents qui les auraient éventuellement oubliées.



☐ 11/7/2020

Philippe Monguillot, le chauffeur de bus de Bayonne est donc décédé hier soir. Comme c'était hélas prévisible, il n'a pas survécu aux blessures qui lui ont été infligées par quatre tarés profonds, alcoolisés ou drogués, voire les deux, qui l'ont battu à mort alors qu'il ne leur demandait que de respecter les règles applicables à tous les usagers des transports en commun.

J'essaie de comprendre pourquoi ce meurtre me touche tout particulièrement. Sans doute parce qu'il vient briser la vie d'un brave type qui, après avoir trimé pendant toute sa vie, rêvait de pouvoir enfin en profiter, en compagnie de sa famille... dont il faut d'ailleurs admirer la dignité et la confiance en la justice.

Sans doute aussi parce qu'il a été victime, comme beaucoup d'autres, de cette violence du quotidien qui se banalise et que certains trouvent "normale", sous prétexte qu'elle est provoquée par une "colère" sociale. Comme si tous les gens en précarité se mettaient à taper sur tout ce qui bouge !

Sans doute enfin, parce que ce chauffeur de bus a payé de sa vie, le fait d'avoir voulu défendre la société en laquelle il croyait, celle qui pose des règles pour que chacun puisse y trouver sa place et y vivre en paix. Comme les policiers, comme les pompiers, comme tant d'autres agents publics qui s'exposent au danger, en exerçant tout simplement leur mission. Et en se trouvant confrontés à des énergumènes sans la moindre foi, ni la moindre loi... et surtout, sans ces valeurs fondamentales qui font qu'on ne les transgresse pas.





☐ 5/7/2020

Monique Maitte

Cette dame fait partie de mes belles rencontres sur FB. C'est l'une des premières qui m'a fait élargir le cercle de mes "amis", au-delà des personnes que je fréquentais dans la vraie vie ou par des amis interposés. Nous nous sommes connus en partageant des commentaires sur la page d'un ami commun. Et surtout, nous nous sommes reconnus dans des convictions et des valeurs similaires. Puis, nous nous sommes mis à commenter nos publications respectives, toujours sans vraiment nous connaître.

Progressivement, cette dame est entrée dans ma vie virtuelle et je suis un peu entré dans la sienne, découvrant grâce à quelques photos, son lieu de vie en campagne très modeste, foisonnant d'animaux venant de partout et de nulle part, et de gens qui leur ressemblaient un peu. C'est vrai que je la trouvais parfois un peu bizarre, cette dame. D'une grande culture et d'une grande sensibilité, mais pas trop en phase avec ce monde virtuel et parfois artificiel qui est celui de FB.

J'avoue que je ne me suis pas rendu compte de son absence parmi nous durant les trois dernières semaines. Je n'ai donc pas pu m'en inquiéter, ni même m'en soucier. Mais hier, j'ai appris par un post du même ami commun, que cette dame nous avait définitivement quittés. De la même façon qu'elle a vécu : avec discrétion et beaucoup de dignité. Je reconnais que ça m'a foutu un sacré coup.

Puis, les hommages se sont multipliés. D'abord sur FB, puis dans la presse, et même par la voix de la nouvelle maire de Strasbourg, à peine quelques minutes après son élection. C'est là que j'ai appris, de nombreux mois après l'avoir rencontrée ici, que Monique Maitte était une très grande dame, qu'elle défendait avec acharnement les sans-papiers, les sans-abris et les sans-familles, et qu'elle-même avait connu la misère et la vie dans la rue pendant de longues années. Je pense fort à elle aujourd'hui.

Ainsi vont les réseaux sociaux... On y trouve le pire, mais aussi le meilleur. A l'image de la vraie vie. Comme moi, vous avez peut-être quelques amis FB qui vous suivent désormais de l'au-delà. Et comme moi, ça vous fait froid dans le dos de vous dire qu'un jour, certaines de vos connaissances apprendront votre propre disparition en cliquant le matin sur la petite icône bleue. Parfois même avec quelques jours de retard. Mais ainsi va la vie. Et en attendant la mort, elle est ce qu'il nous reste de mieux.





☐ 28/5/2020

"Coronainvirus"

La dernière fois qu'on s'est lu, vous et moi, c'était avant que cette foutue épidémie mondiale ne vienne nous meurtrir. Avant que nous ne finissions covidés, confinés, consignés, puis libérés, délivrés, mais aussi gélifiés, hydroalcoolisés, masqués, visiérés, plexi-glacés, geste-barriérés, distancés, désocialisés.

Des héros se sont heureusement révélés pendant cette période difficile. Mais d'autres personnages de notre entourage sont hélas restés égaux à eux-mêmes. Parfois même en pire. Alors, histoire de régler leur compte, voici ceux qui ont été les "sept nains" de notre quotidien, nos "minus du virus".

Prof, c'est celui qui a tout lu, tout vu, tout entendu et tout compris. Il sait tout sur tout et l'affiche haut et fort. Durant la crise, il a été urgentiste, réanimateur, épidémiologiste, infectiologue, gériatre, pédiatre, spécialiste en politique, en finances, en économie, et tout le reste. Comme tout prof, il est donneur de leçons, mais il a oublié celle de Socrate qui dit "tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien".

Grincheux est le râleur par excellence. Il n'est jamais d'accord sur rien, trouve que tout va mal, que tout dure trop longtemps, qu'on peut faire mieux pour moins cher, et que tout le monde est nul. A part lui bien-sûr. Contrairement à Prof, il ne se vante d'aucun savoir et ne fait aucune proposition. Il est contre tout. Point barre. Spécialiste du France-bashing, on peut parfois le trouver en Alsace. Normal, car ici "on est meilleur qu'ailleurs". Sauf qu'en Allemagne, évidemment.

Atchoum est un hypocondriaque qui hyper campe sur sa crainte de se faire contaminer par les autres. Pour lui, il sera hors de question de quitter son domicile tant qu'il n'aura pas sa centaine de masques gratuits, ainsi que sa citerne de gel hydro-alcoolique et un gros stock de tests de dépistage. Il a déjà rendez-vous pour se faire vacciner, dès que le vaccin sera inventé. Même le télétravail lui fait peur depuis qu'il a appris que son ordinateur pouvait être infecté par un virus. Partisan du risque zéro et du principe de précaution, il entretient la psychose collective.

Timide est, quant à lui, l'opposé de Prof et de Grincheux. Loin d'être abruti, il est tellement peu sûr de lui qu'il n'ose pas s'exprimer. Il a été programmé pour être obéissant et discret. C'est le bon citoyen qui appliquera plus qu'à la lettre, l'ensemble des gestes barrières. Parce que c'est ainsi et qu'il faut le faire. Inutile de compter sur lui pour réclamer le rétablissement de nos libertés. Le masque est son meilleur ami car il lui permet de passer inaperçu. Accro de Netflix et de sa Playstation, il est sympa, mais un brin chiant.

Simplet est le plus bête de tous. A la différence de Grincheux, il pense avoir des idées constructives. Mais contrairement à Prof, il ne s'informe presque jamais. Les journaux télévisés, la presse nationale ou locale ? Tous des pourris, tous des vendus ! Il ne jure que par les médias "indépendants", financés par des puissances étrangères ou des groupuscules extrémistes. Il est droit dans ses bottes et scande souvent "ce n'est que mon avis", tout en refusant d'en changer quoi qu'il arrive. Simplet, c'est simple, il ose tout. C'est à ça qu'on le reconnaît.

Joyeux est naturellement insouciant et réussit donc à bien vivre cette période anxiogène. Sur les réseaux sociaux, il continue à partager des photos de chatons, des jolis paysages et des messages d'amour au monde entier. C'est Mister Peaceandlove qui croit profondément en la nature humaine, en sa résistance et en sa rédemption. Il voit des bisounours partout, même quand il y a un loup. C'est bien d'en avoir un dans son entourage, mais attention, il confond parfois optimisme et aveuglement. On lui souhaiterait presque une petite injection de "grincheux".

Pour Dormeur, le confinement et le télétravail ont été une bénédiction. Quand il quitte son pyjama, c'est pour participer à une réunion en visioconférence. Plutôt couche-tard, il traite les lève-tôt de fayots. Malgré l'annonce du déconfinement, il est convaincu que les conditions d'un retour sur son lieu de travail ne sont pas réunies. Elles ne le seront sans doute plus jamais, puisque les spécialistes disent qu'on devra apprendre à vivre avec le virus. Sa devise restera donc encore longtemps "homme sweet home".

Il reste Blanche-Neige, la seule dame de la bande. Infirmière dans un EHPAD, elle aime retrouver tous les soirs, ses sept garnements. Elle a beaucoup apprécié les applaudissements de 20h. En revanche, elle se fout de la médaille qu'on veut lui donner, car ce n'est pas elle qui la fera vivre un peu mieux. Son rêve le plus fou serait de pouvoir dormir pendant plusieurs années et de se faire réveiller par le baiser d'un Prince charmeur (ou éventuellement du docteur Mamour). Mais avec un masque, le Prince, hein ! Car promis, le virus, ce n'est pas pour sa pomme !!



☐ 25/5/2020

Hier, un pote qui habite dans un petit village des environs, m'a dit ceci : "J'appréciais assez mon maire, mais vu le bordel des masques, ça change tout. Non seulement, on les a reçus en retard, mais en plus, ils sont merdiques. On se demande ce qu'ils foutent avec notre fric !!".

N'ayant ni le temps ni l'envie d'entrer dans un débat stérile, je n'ai pas commenté. Mais aujourd'hui, j'aurais envie de lui écrire ceci :

« Cher ami. Il est vraiment dommage qu'à l'occasion des dernières élections municipales, tu n'aies pas eu la bonne idée de présenter ta candidature. Je suis certain que ton enthousiasme, ton esprit constructif et tes connaissances en gestion publique auraient fait le plus grand bien à ta commune. Ce n'est peut-être que partie remise. Rendez-vous en 2026.

En attendant, tu auras peut-être le temps de te rendre compte que ton "fric", eh ben, il te donne de l'eau potable et courante en manipulant un simple robinet, qu'il te permet de ne pas être encombré par les ordures que tu produits quotidiennement, qu'il met à ta disposition des routes entretenues et sécurisées, qu'il subventionne le club de foot de ton gamin et la chorale de ta gamine (ou vice versa), qu'il finance l'école maternelle pour ton petit dernier, qu'il paie le salaire de la dame qui lui noue les lacets et qui l'aide à se moucher, ainsi que du gentil monsieur qui lui conseille des bouquins à la bibliothèque, etc, etc...

Tu apprendras peut-être aussi que ton "fric", eh ben, il est dépensé selon des règles hyper strictes qui empêchent les élus de faire n'importe quoi, et notamment, de "s'en foutre dans la poche". Que les petites indemnités perçues par ton maire et par ses adjoints ne couvrent jamais toute l'énergie et tout le temps qu'ils consacrent à la commune et aux petits soucis de ses habitants. Sans parler du risque d'être traîné en justice pour cette balançoire qui a légèrement blessé une élève, parce qu'elle avait été mal fixée par l'ouvrier municipal.

Tu apprendras enfin qu'avec ton "fric", eh ben, il faut constamment jongler entre des priorités financières, économiques, sociales, environnementales (et j'en passe), tout en veillant à ce qu'au final, chaque habitant y trouve un peu son compte. Que ce n'est jamais en additionnant les intérêts de chacun qu'on aboutit à l'intérêt de tous, et que cela nécessite au contraire des arbitrages délicats, et même parfois douloureux. Que tes "amis" seront toujours nombreux autour de toi pour "casser" un ancien projet, mais que tu te retrouveras souvent seul pour en monter un nouveau.

Alors sache cher ami, que ton problème de masque mal foutu, eh ben, ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan des vraies préoccupations de ton maire. Qu'en obtenant des masques gratuits pour toi et pour ta famille, il a été contraint de remuer ciel et terre, alors que rien ni personne ne l'y obligeait. Avec comme seule récompense, des flots de critiques et de reproches. Que ce n'est pas parce que tu vis dans un pays qui paie à ta place une grande partie de tes dépenses de santé, que pour autant, tu es dispensé de te protéger par tes propres moyens. Ce serait un investissement au moins aussi utile que l'iPhone dernier cri que tu m'as fièrement présenté ce jour-là.

Bon, ben, on est d'accord, hein ? Rendez-vous dans six ans, même jour, même heure, mêmes pommes. On verra bien si d'ici-là, tu es devenu un grand homme... »



☐ 24/5/2020

Ce matin, j'ai envie de faire un point rapide sur l'avancement de mon "sevrage". Car oui, j'ai toujours l'intention de prendre mes distances par rapport à FB [Facebook]. Et j'y arrive peu à peu. Oh, c'est loin d'être chose facile. Il y en a qui ont essayé, mais ils ont eu des problèmes. Cela dit...ça doit être possible. Avec un peu de courage et une petite dose de bonne volonté.

La volonté de ne pas cliquer sur l'icône bleue qui nous fait de l'œil dès le réveil. La volonté de ne pas dérouler son fil d'actualité pour prendre quelques nouvelles de ses contacts. La volonté de ne pas donner son avis sur leurs publications, soit par un "like" affectueux, soit par un "hahaha" parfois sarcastique, soit par un "grrrr" souvent rageur. La volonté de ne pas aller voir ce qui se passe sur notre belle planète bleue, le soir, une dernière fois avant de fermer les yeux.

Cette volonté, je souhaiterais vraiment l'avoir. Car, peu à peu, de façon insidieuse, au milieu des jolies photos et des belles citations qui peuplent encore FB, une nouvelle pensée unique s'est installée, instillée, insinuée : celle de la critique systématique, stérile et facile. C'est une "matière noire" qui comme le trou qui porte le même nom, engloutit sur son passage, toute initiative, toute idée, tout projet, afin de les discréditer en quelques mots.

Celles et ceux qui forment cette "matière noire" se donnent bonne conscience en traitant de "moutons" ceux qui ne leur ressemblent pas. Ils vantent leur propre "esprit critique", alimenté par des médias dits "indépendants", mais financés par des puissances étrangères ou manipulés par des groupuscules extrémistes. Ils oublient trop vite qu'avant de défendre violemment une quelconque opinion, il serait peut-être bon de vérifier si, par hasard, d'autres qu'eux n'auraient pas raison. Ah, il est loin, le bon vieux plan "thèse-antithèse-synthèse" de nos années lycée !!

Ici sur FB, on me prête parfois la volonté de défendre systématiquement nos dirigeants ou tel et tel parti politique en marche, en veille ou en rade. La vérité est toutefois un peu plus subtile que ça. En fait, j'ai toujours appuyé (et appuierai encore) ceux qui prennent le risque d'oser, d'agir, et donc de se planter, plutôt que ceux qui, bien calés au fond de leur fauteuil, face à leur écran de télé ou d'ordinateur, se contentent d'ironiser, de râler, de critiquer et d'attaquer, sans jamais s'engager de façon constructive.

Oui, je resterai solidaire de ceux qui "tentent le coup". Ces gens qui, on le sait hélas, auront systématiquement contre eux, ceux qui auraient fait la même chose, ceux qui auraient fait l'inverse, et surtout...ceux qui ne feront jamais rien. Je respecterai de la même façon ceux qui défendent des convictions, certes différentes des miennes, mais qui prennent la peine de les argumenter sans les considérer comme des vérités intangibles. Car avec eux, au moins, on peut débattre sans devoir se débattre. Se débattre contre l'arrogance, cette redoutable petite sœur de l'ignorance.

La crise du coronavirus a encore exacerbé les élans de cynisme, de mépris et de haine qui déferlent sur ce réseau. Il suffit que FB affiche la photo d'une personnalité, qu'elle soit politique, économique ou sanitaire, pour qu'un flot d'accusations s'abatte sur lui ou sur elle. Est suspect celui qui est en position de décider. Est glorifié celui qui se prétend capable de le remplacer. Car les "haters" n'aiment que ceux qui leur ressemblent, ceux qui n'ont encore jamais assumé la responsabilité de diriger une collectivité, une entreprise ou même la moindre association.

Leur héros d'aujourd'hui porte une blouse et une barbe blanche. Qu'il ait ou non trouvé un remède contre le virus, ils s'en foutent au final. On l'adore et on l'admire avant tout parce qu'il s'oppose au "pouvoir", au "système" et aux "élites". Et si c'était tout simplement pour prendre leur place sur la scène médiatique ? Et si c'était tout simplement pour vivre enfin sa propre gloire ? Et si c'était tout simplement pour que le blanc s'ajoute au jaune et rejoigne la "matière noire" dans l'arc-en-ciel de la contestation ?? Seul l'avenir nous le dira...

En attendant, le cirque facebookien n'a jamais été autant animé de dresseurs de virus, de jongleurs de fake news, de lanceurs de fausses alertes, et de magiciens de la santé publique. On ne compte plus les scientifiques, médecins ou spécialistes autoproclamés dont les affirmations péremptoires empêchent des solutions sereines, réfléchies et prospectives sur le moyen et sur le long terme. Des solutions qui seraient pourtant les bienvenues dans cette crise. Au lieu de cela, tout n'est qu'agitation, gesticulation, hystérie, et peut-être bientôt panique.

Les admirateurs de ces experts improvisés sont de plus en plus nombreux et de plus en plus bruyants. Les démarches individuelles, les revendications catégorielles, les pétitions plus ou moins farfelues, se multiplient à la vitesse de la lumière sur les réseaux sociaux. Chacun veut défendre sa petite cause, souvent au détriment de l'intérêt général, cette notion si essentielle dans toute démocratie, mais qui dans la nôtre, est reléguée au second plan par l'individualisme rampant.

Voilà pourquoi je souhaiterais tirer ma révérence. Voilà pourquoi je veux essayer de quitter FB, alors même que depuis plus de 10 ans, ce réseau m'a permis de très belles rencontres et m'a apporté beaucoup de satisfactions. La cure de désintoxication est toujours en cours. Mais pour le moment, je ne pense pas qu'elle puisse aboutir. Sans doute parce que l'utile et l'agréable l'emportent encore sur le futile et le méprisable.



☐ 14/5/2020

Rapide point d'étape (très personnel) sur les premiers jours de semi-liberté semi-retrouvée, dans une société semi-délivrée à l'activité semi-relancée.

C'est vrai que depuis lundi, on peut de nouveau aller et venir où on veut, quand on veut, dans la limite de 100 kilomètres calculés à vol d'oiseau. Mais là, objection, votre honneur !! On m'a appris un jour que ça vivait d'air pur et d'eau fraîche, un oiseau. Et que pour pouvoir profiter de tout ça, il ne portait pas de masque sur son bec, l'oiseau !

Que les choses soient claires : je respecterai toujours les règles sanitaires car elles sont fixées (quoi qu'en pensent certains) par des autorités responsables et compétentes, pour nous protéger nous-mêmes et les autres. Cela étant dit, je serai de ceux qui se débarrasseront de ce masque à la seconde même où les indicateurs d'alerte le permettront. Car je ne serai jamais un fanatique du principe de précaution, et encore moins un obsédé du "risque zéro" car celui-ci n'existe pas.

Cette barrière presque hermétique qui nous empêche de respirer de façon naturelle, de sentir les odeurs qui nous entourent, de nous faire comprendre correctement par nos interlocuteurs, d'exprimer par le visage tout ce que nous ressentons, doit nous être recommandée, voire imposée, le moins longtemps possible. Car elle constitue sans doute l'atteinte la plus basique à nos libertés individuelles et collectives. Et je ne parle même pas du ridicule qui va avec tout ça. Heureusement qu'il ne tue pas. En tout cas moins que le virus.

Autres "machins" qui vont bientôt me rendre allergique de façon épidermique (et non épidémique) : les échanges en audio ou visioconférence. Bien-sûr, c'est une belle invention... dont certains doivent d'ailleurs se frotter les mains, et ce, sans le moindre gel de protection. Mais franchement, entre nous, est-ce qu'ils ne sont pas insupportables, ces décalages entre l'image et la voix, ces syllabes inaudibles qui rendent le propos incompréhensible, ces faux dialogues faits d'une addition de monologues, ces phrases qui se chevauchent pour finir en cacophonie ?? Et dire que certains aiment ça !!

Bref, vivement que cette période de transition se termine et qu'on retrouve enfin, pas forcément la vie d'avant, mais cette convivialité qui est si indispensable à n'importe quel humain et à laquelle certains semblent prêts à renoncer de façon durable, en contrepartie d'une immunité totalement illusoire.



☐ 9/5/2020

On ne parle plus que de lui. Il sera la star absolue du début de la fin du confinement. On le demande, on le réclame, on le revendique, on le veut, on l'exige, on se l'arrache. Dans quelques heures, le fameux "masque" sera élevé au rang de précieux sésame, de passeport obligatoire pour un peu plus de liberté, celle de se déplacer et celle de travailler. Autant de droits fondamentaux devenus presque exceptionnels par la faute d'une merde microscopique qui nous empoisonne la vie depuis plusieurs semaines.

Le masque, justement, parlons-en. On en voit partout depuis quelques jours. De toutes les couleurs, de toutes les matières, de tous les motifs, de toutes les formes, portés de toutes les façons par toutes les générations. Comme un marathonien qui teste ses chaussures de course avant les JO, beaucoup ont décidé de tester ce "machin" avant l'heure, et même d'en faire un nouvel accessoire de mode. Version "Hey chéri, t'as vu mon nouveau masque, il est assorti à mes nouvelles chaussures !!" - "Oh p'tain chérie, il te va comme un gant ! Vite, vite, un petit selfie pour l'envoyer aux potes. En message masqué, évidemment, histoire de garder le suspense jusqu'à notre prochaine soirée resto avec eux. Sans doute aux alentours de Noël".

Non mais franchement, sans rire, vous avez déjà vu la dégaine qu'on a avec ces capotes anti-virus sur la tronche ?? Certains d'entre nous ressemblent aux bandits qui, dans les westerns de notre enfance, s'amusaient à attaquer les diligences. D'autres ont plutôt le look d'Hannibal Lecter équipé de sa muselière dans "Le silence des agneaux". Conclusion : au mieux, on est juste ridicule, au pire, on est carrément effrayant. Bref, voilà de belles rencontres en perspective dans les prochaines semaines...

Le plus triste dans toute cette histoire déjà pas drôle, c'est qu'on va tous être privés pendant longtemps de quelque chose de très important. Un p'tit rien qui a été décrit par les plus grands écrivains, chanté par les plus grands interprètes, dépeint par les plus grands artistes, sublimé par les plus grands poètes. Un atout charme qui peut égayer une journée quand on le croise dans la rue, ou faire perdre tous ses moyens quand il s'invite sur un visage aimé.

Oui, chers amis, ces satanés masques, tout en nous protégeant du méchant Covid-19, nous priveront du plaisir irremplaçable d'un joli sourire, plus belle expression du bonheur de partager ensemble un peu de temps. Oui, ces saloperies de masques nous ôteront une part de notre humanité, et je les déteste rien que pour ça.

Espérons que tout cela en vaille au moins la peine. Et qu'un jour, après ce fichu bal masqué, rien ne pourra nous empêcher de danser, danser, danser sans s'arrêter, et de faire ce qui nous plaît, nous plaît, car tout sera de nouveau permis. Décalécatan, décalécatan, ohé, ohé...


LP/Philippe Lavieille