RODENSTEIN Bernard


Bernard Rodenstein - Photo E. Dabrowski



– 1/4/2022 –

Pas de politique sans éthique

La politique est noble. Elle est l’art du bien-vivre ensemble. Elle est lutte permanente pour organiser les conditions de ce bien-vivre collectif et par conséquent aussi, lutte contre les intérêts égoïstes qui se manifestent de partout, au détriment de l’ensemble.
La politique est l’objet de nombreuses convoitises. Car elle offre l’exercice d’un pouvoir. Pour mener le combat incessant en faveur de la juste répartition des biens et pour s’opposer aux appétits excessifs de beaucoup, il faut détenir le pouvoir de persuasion mais aussi celui de la contrainte.
Les égoïsmes ne se laissent pas facilement domestiquer. Encore moins quand ils se liguent et se traduisent par des pressions de masses.
C’est ce combat qui rend la politique difficile et souvent perverse.
Entre ceux qui se battent pour parvenir au pouvoir pour y assouvir leur soif de domination et ceux qui l’utilisent au profit de leur classe ou de leur caste, se pousse au portillon une foultitude d’hommes et de femmes qui manquent totalement de l’éthique indispensable à l’exercice d’un quelconque pouvoir.
Le pouvoir politique n’est légitime que pour servir les intérêts du plus grand nombre. Encore faut-il pouvoir s’entendre sur la définition de cette base programmatique.
Que sont ces intérêts ?
Aujourd’hui, à l’évidence, il y a urgence à prendre soin de l’écosystème qui autorise la vie. Il est fortement menacé.
De même il est capital que tous les êtres humains puissent manger à leur faim, s’instruire et se soigner, vivre en sécurité.
Nous sommes loin du compte dans tous ces domaines qui conditionnent la qualité de la vie.
Faire de la politique, c’est se préoccuper de toutes ces dimensions existentielles, avec l’ambition de structurer les moyens nécessaires à l’équilibre général. C’est savoir se blinder contre les appétits ogresques de certains et entendre la voix inaudible des plus souffrants.
L’éthique personnelle est la matière de base qui se révèle indispensable pour ne pas se laisser griser par le pouvoir, même par le plus petit qui puisse être conféré ou conquis.
C’est le manque d’éthique qui fait tant de dégâts dans le monde politique. Un manque qui a des effets catastrophiques pour celles et ceux qui sont condamnés à vivre sous leur emprise plus ou moins incompétente voire injuste.



– 31/3/2022 –

Pourquoi Mélenchon, malgré tout ?

Ma « conversion », lucide et dépassionnée, à Mélenchon, est récente.
Les quelques images de lui, vociférant et tonitruant, m’ont durablement tenu éloigné de sa personne.
Je me suis toujours fait une autre image du sérieux en politique, ayant été séduit en premier lieu par Pierre Mendes France puis par Michel Rocard.
En cette fin de campagne qui n’a jamais vraiment commencé ou qui s’étale sur toute la durée du mandat de Macron, je me rallie à cet homme dont l’intelligence est très nettement supérieure à celle de tous ses adversaires réunis.
L’intelligence, c’est-à-dire l’aptitude à comprendre les événements, les enjeux, les risques et les défis, est une qualité essentielle pour la fonction présidentielle.
J’y reviendrai.
Beaucoup lui reprochent son profil de tribun. De trublion. Il manie l’invective comme peu. Il peut être grossier, violent, excessif. Soit.
Il faut replacer cette manière d’être et de faire dans le contexte qui est le nôtre. Celui d’une communication dont tout le monde se dit saturé.
Le général de Gaulle maîtrisait la radio. C’était de son temps. Giscard a su utiliser la télévision.
Dans la prolifération médiatique actuelle il faut être fortiche pour se faire entendre.
Mélenchon a compris cela et il en fait des tonnes. L’intelligentsia peut le lui reprocher. Ça sort des codes policés.
Mais ça fonctionne.
Il parvient à se faire entendre alors qu’il n’a pas, comme Zemmour , un magnat de la presse qui fait journellement sa promotion.
C’est, en soi, une performance qui mérite d’être saluée.
Combien de candidats et de candidates totalement inaudibles ?
Parce qu’ils n’ont rien à dire qui retienne l’attention.
Alors je fais campagne pour Mélenchon qui avance des propositions réfléchies, discutées et frappées du coin du bon sens.
Dans de nombreux domaines. Pas dans tous, il est vrai.
Ses positionnements nationalistes en surplomb des alliances et du fédéralisme européen indispensables, me déplaisent foncièrement.
Mais il ne gouvernera pas seul et nombre de ses propositions nécessiteront de longs débats, notamment parlementaires.
Tiens, le parlement, parlons-en.
Il est réduit aujourd'hui à n’être qu’une chambre d’enregistrement. Le contraire de ce qu’il devrait être : le lieu sacré du débat national autour des grandes questions qui agitent le monde et structurent son avenir.
Mélenchon a le mérite de s’engager pour un changement de constitution qui est devenu urgent.
La 5ème République issue des soubresauts du colonialisme et taillée sur mesure pour le général n’est plus adaptée au siècle présent.
Un nouvel équilibre doit être recherché entre les strates du pouvoir et un plus grand transfert de compétences vers l’Europe politique est devenu indispensable.
L’Intelligence de Mélenchon, j’y reviens, c’est d’ouvrir des pistes nouvelles, d’être audacieux et parfois iconoclaste.
Son programme est le fruit d’un grand et long travail collectif. Il est le présage d’une méthode de gouvernement où l’art du débat retrouvera toute sa place, j’en suis persuadé.
Cela nous changera des décisions qui tombent de l’Elysée ou plus précisément de celui qui sait tout mieux que tout le monde à l’Elysée.
On a tort de s’arrêter à des aspérités savamment utilisées pour accrocher le regard et l’ouïe chez Mélenchon.
Le bonhomme a du coffre et de l’esprit.
Ils font, toutes et tous, ceux qui cette année concourent pour le titre, pâle figure à côté de lui.
Nous pouvons tous penser que d’autres candidatures auraient été bienvenues. Je le pense également.
Mais nous n’avons que ceux qui sont en lice aujourd’hui et c’est forcément l’un d’eux qui nous représentera.
Donc, choisissons le moins inapte à cette noble fonction.
Pour moi il ne fait plus de doute que c’est Jean-Luc Mélenchon.





– 23/3/2022 –

Lettre adressée ce soir à une « amie sur FB » qui dénonce les feignants qui touchent le RSA !
 
Chère Madame, j’ai eu l’honneur de faire partie de la commission nationale d’évaluation du RMI qui a planché pendant 3 ans pour apprécier ce nouveau dispositif. Nous étions 9 membres nommés par Michel Rocard, premier ministre. Nous nous attendions à voir fleurir des critiques comme la vôtre : de l’argent versé à des feignants !
Raison pour laquelle nous avons soigneusement enquêté sur les fraudes à cette allocation.
Au bout de trois ans et en recoupant les informations fournies par tous les acteurs et partenaires impliqués, nous avons eu l’heureuse surprise de constater que le taux de fraude était inférieur à 3%.
Ce chiffre n’a probablement pas varié vu la multiplication des contrôles effectués.
Chère Madame, si la fraude se limitait à 3% chez les très fortunés nous serions un pays très riche. Leur fraude est infiniment supérieure à celle des publics admis au RMI/RSA.
Mais l’opinion publique est particulièrement sévère et injuste envers les petites gens.
Faut-il rappeler que ce revenu de substitution a été voté à l’unanimité au Parlement et que le montant alloué est très largement insuffisant pour vivre.
Vous rappeler aussi que le plus grand nombre de bénéficiaires qui seraient en droit de le percevoir ne le demandent pas !
Et que les élus de droite, jamais à court de propositions démagogiques voire populistes, se payent un succès d’estime en voulant légiférer sur une contrepartie obligatoire allant jusqu’à 15 ou 20 heures de BÉNÉVOLAT !
Parce qu’ils n’ont pas de travail ils doivent travailler gratuitement en échange de l’aumône qui leur est faite.
Expliquez-moi la logique de cette exigence : vous dites à quelqu’un qui est au chômage qu’il va cesser d’être indemnisé et qu’il va toucher le RSA. L’État lui verse ce subside. Et voilà que l’on trouve du travail à lui imposer. Sans que ce travail ne soit pris en compte comme un véritable emploi, puisque c’est du bénévolat !
Quand vous pourrez m’expliquer l’hypocrisie de ce système je vous lirai avec intérêt.
Alors que les gabegies de riches se chiffrent en dizaines de milliards, la classe moyenne s’en prend aux petites gens pour les traiter de feignants et de profiteurs.
Ça, c’est la force du capitalisme : parvenir à faire désigner les victimes de son inhumanité comme étant des parasites !
Ils sont forts, il faut le reconnaître.
Et nous sommes souvent très cons pour les suivre dans leurs accusations mensongères et dangereuses.



– 10/3/2022 –

Rapport de force

L’utilisation de la force est une évidence pour beaucoup, mais qui pose problème à d’autres qui la voient comme un mal à éviter.
L’éducation donnée nous conditionne en maints domaines. Il traîne dans l’esprit d’un grand nombre que le recours à la force est contraire à une éthique saine et que de surcroît il se termine en spirale infernale.
L’usage de la force appellerait en retour une force supérieure et par conséquent, un cataclysme généralisé.
L’analyse des enchaînements historiques confirme clairement cette thèse.
Vaincre par la force ne résout rien, dans la mesure où l’humiliation du vaincu nourrit immanquablement le désir de revanche.
Le processus peut être très lent et très long, mais il s’accomplit nécessairement et s’achève par de nouveaux affrontements.
Tout un chacun peut dès lors se laisser convaincre qu’il faut trouver d’autres voies pour sortir des crises.
L’humanité étant dotée du langage et d’une chose mystérieuse appelée « la raison » ou la capacité de peser le pour et le contre, elle dispose de la faculté de conclure des arrangements qui ne lèsent personne et qui permettent aux parties de se séparer sans qu’aucune n’ait à éprouver le détestable sentiment d’avoir dû sacrifier son honneur.
C’est là, en théorie, le chemin à emprunter lorsque les tensions voire les agressions atteignent leur point culminant.
En théorie, car dans la pratique il est rare que les belligérants se situent en même temps sur ce niveau de prise de conscience des risques réels et des solutions à rechercher.
Il y a souvent un décalage important dans l’état d’esprit des uns et des autres qui interdit de s’assoir autour d’une table et de négocier.
D’où l’intérêt de ne pas négliger le rapport de « force ». Quoi que l’on en pense et en dise.
L’angélisme des uns favorise le satanisme des autres.
Il faut travailler la force qui est en soi, ne pas la sous-estimer et ne pas perdre de vue celle dont les autres sont prêts à se servir contre vous.
La vigilance est de rigueur, car les humains sont instables dans leur humeur et dans leur évolution. Ils peuvent facilement changer de registre et se muer en prédateurs.
Savoir se défendre est un impératif que nous rappellent les temps de crise que nous traversons.
Nous devons cependant faire le constat de l’inégalité flagrante des forces. Entre l’armoire à glace et le gringalet le combat est faussé. Aucun des deux n’est pour rien dans sa « nature », mais ils ne peuvent pas se mesurer équitablement.
De quelle force peut se revendiquer le faible, le moins outillé pour la bagarre ?
Il y a de la force ailleurs que dans les muscles et dans les arsenaux militaires, c’est ce dont il faut se persuader.
L’intelligence, la ruse, l’observation fine des points névralgiques du colosse, l’utilisation de la force brute de l’adversaire pour la retourner contre lui, sont des armes redoutables.
Elles sont souvent asymétriques, les forces. La victoire n’est pas garantie au plus puissant. La force d’un peuple galvanisé par l’esprit de résistance peut s’avérer supérieure à celle d’un potentat armé jusqu’aux dents.
David a vaincu Goliath.
L’Ukraine peut faire tomber Poutine.
L’histoire fourmille d’exemples qui infirment la théorie du dominant et des dominés.
Il est surprenant, l’être humain !
Seul, debout devant un char, il peut faire capituler la brute épaisse.
Ça s’est vu.
C’est notre source d’espérance à tout jamais.



– 9/3/2022 –

La méthode forte n’est pas toujours gagnante
 
Il faut du temps et beaucoup d’échecs pour se rendre à cette évidence : l’emploi de la méthode forte pour arriver à ses fins se retourne fréquemment contre son utilisateur.
Poutine a eu l’habitude jusqu’ici de passer en force partout et de soumettre ainsi ses victimes à sa dictature.
Il semble bien qu’en Ukraine sa méthode brutale provoque l’effet inverse de ce qu’il cherche à obtenir.
Le peuple ukrainien, malgré sa faiblesse en termes de puissance militaire, est de plus en plus soudé et hostile à l’homme qui le bombarde.
L’agression dont il est l’objet renforce son unité nationale et son désir d’alliance avec l’Ouest et ses institutions.
Poutine peut dès lors écraser le pays sous un tapis de missiles et de bombes, il a déjà perdu le cœur des Ukrainiens qui le détestent plus que tout au monde.
Et la détestation d’un peuple, c’est une sanction irréversible et définitive. Dont nul ne peut prévoir les conséquences à moyen et à long terme. Mais elles seront lourdes.
Nous le vérifions tous, nous avons en nous une forme de fierté qui se manifeste, presque à notre insu, lorsque nous sentons que des forces injustes s’abattent sur nous.
Que celles et ceux qui ont recours à des méthodes indues pour nous faire plier voire pour nous laminer, se méfient.
Passé le temps de la sidération face au choc encaissé, la « bête » peut se réveiller et se relever.
Elle n’aura rien à craindre car elle aura déjà connu le pire et sa réaction pourra en surprendre plus d’un. Les morsures d’un être blessé peuvent être cruelles.
Elles ne sont que normales et légitimes.
L’homme n’est pas lâche de naissance. Il peut le devenir à force de brimades et de mauvais traitements. Mais il a heureusement conscience de sa dignité et elle lui interdit de se laisser traîner dans la boue ou de finir dans une poubelle.
Il se révolte.
Il affirme sa nature profonde, il est fait pour vivre debout !
Gare à celles et à ceux qui ont imaginé qu’ils pouvaient piétiner autrui à leur guise et utiliser un quelconque pouvoir pour assouvir leurs mauvais penchants.
Il y a des seuils invisibles qui empêchent les esprits sataniques de triompher partout et toujours. Ils sont mystérieux ces niveaux qui déterminent l’insupportable, mais ils existent en tout un chacun.
Quand ces seuils sont atteints voire dépassés, les ripostes s’enclenchent d’elles-mêmes.
Elles ne manquent pas de surprendre ceux qui les prennent en pleine face.
Que nous le voulions ou non, que nous pratiquions la culture du pardon ou non, nous sommes équipés d’un ressort qui a pour nom l’orgueil.
L’orgueil n’est pas que péjoratif. Loin de là.
Il a sa raison d’être et elle est profonde. Elle est le gardien ultime de notre intégrité humaine.
Lorsque l’humiliation ou l’écrasement vont trop loin, il est heureux que l’orgueil d’être un être unique et respectable, malgré ses inévitables défaillances, s’empare de nous et nous donne la capacité de nous affirmer contre toute volonté de nous réduire à néant.



– 7/3/2022 –

Et c’est reparti mon kiki !
 
Nous pouvions nous y attendre !
Le président et candidat à un nouveau mandat de cinq ans, est en passe de se faire plébisciter.
Il sort victorieux de toutes les crises qu’il a jugulées.
Les Gilets jaunes ont été réduits au silence par le déploiement des forces policières qui ont fait usage d’une violence rarement atteinte dans nos démocraties.
La crise sanitaire est surmontée par l’effet magique de sa parole, certes fluctuante au fil des événements, mais saluée aujourd’hui comme si, à elle seule, elle avait dompté le virus. La levée des mesures restrictives de nos libertés intervient pile au moment où il entre campagne. Belle coïncidence.
Il est crédité de notre salut à tous. Nous lui devons respect et reconnaissance. Surtout, nous ne pouvons que nous féliciter d’avoir un tel protecteur de la nation. Et le reconduire dans ses nobles fonctions pour 5 ans.
La messe serait dite.
Mais, objection, votre honneur.
Vous n’avez pas rempli votre contrat. Du moins celui que vous aviez avec le peuple français. Les inégalités se sont accentuées .
Les petites gens vivent dans de plus mauvaises conditions qu’avant.
Vous aviez, de toute évidence, un contrat avec les plus fortunés. Celui-ci, vous l’avez honoré. Ils se sont considérablement enrichis malgré ou à cause des crises que nous avons traversées.
La lutte contre le réchauffement climatique est restée en carafe.
Vous annoncez, sans la moindre concertation, la relance du nucléaire civil, au moment où plane sur toute l’Europe la menace de l’attaque de la plus puissante centrale atomique installée en Ukraine.
Trop d’éléments inquiétants pour notre présent et notre avenir nous font douter de votre capacité à gouverner utilement notre pays.
Vous êtes très doué pour vous « vendre », comme le ferait un commercial du monde bancaire. Vous paraissez clean et sincère. Vous plairiez à plus d’une belle-mère en quête d’un beau parti pour sa fille.
Mais il ne faut pas gratter beaucoup pour découvrir, sous la généreuse couche de vernis, un personnage sulfureux au service des intérêts d’une caste qui, derrière vous, avance masquée.
Je ne serai pas de celles et de ceux qui voteront pour vous. Même si, aujourd’hui, le moins mauvais choix lui-même devient très difficile.



– 4/3/2022 –




☐ 1/6/2021

Politique : le grand Bazar

Peut-être serais-je triste, si j’étais électeur de droite, d’assister au spectacle du déchirement que nous offrent les principaux acteurs de la droite dite de gouvernement, celle pour laquelle on pouvait avoir un minimum de respect, tant qu’elle restait dans le cadre des valeurs républicaines.
Ma tristesse viendrait alors de l’opportunisme affligeant que cultivent les leaders d’une droite décomplexée qui ne cachent plus leur sympathie pour l’extrême droite.
Pour gagner des élections ils sont prêts à tout. Le thème de la sécurité étant payant auprès d’un peuple chauffé à blanc par les vendeurs de peurs en tous genres, ils s’engouffrent dans la brèche et se font les hérauts de la répression la plus impitoyable possible.
Et ça marche ! Ils sont de plus en plus populaires.
Celles et ceux qui pensent que le champ politique n’est pas restreint aux questions sécuritaires et que d’autres sujets d’importance doivent y être traités, sont peu à peu ostracisés et deviennent inaudibles pour les électeurs.
Ces oiseaux rares se regroupent frileusement dans un espace « central » où ils se sentent pris en étau entre les vociférateurs de droite et ceux de gauche.
Car la gauche a aussi les siens. Les tenants du « il n’y a qu’à », du « il faut que » et d’autres poncifs.
Pas étonnant que le plus grand nombre ne veuille plus aller voter.
L’offre politique est désespérément plate et insipide.
J’écarte les deux extrêmes qui surfent sur les bas instincts et qui contribuent à l’abêtissement généralisé. Ils jouent sur les émotions du moment, ne désirent que nos voix, pour s’installer aux commandes et pour ensuite mieux nous dompter et nous faire marcher au pas.
Que reste-t-il d’autre, dans le centre ?
Aujourd'hui, un magma informe fait de vide idéologique et de trop plein gestionnaire. Un grand n’importe quoi qui réunit les gens de droite et de gauche dans un pseudo bon sens prétendument réaliste.
Le parfait déguisement du caméléon capitaliste !
L’art consumé de celui-ci est de s’accommoder de toutes les situations. Le capitalisme a l’échine souple. Il s’adapte. Il va jusqu’à donner l’impression de ne plus exister. Il sait se faire discret.
Il attend son heure pour revenir plus triomphant que jamais. Il n’aime pas les vagues. Il est à l’aise en tenue de camouflage.
Et il l’est d’autant plus qu’il n’a plus d’adversaire à affronter.
Qui cherche encore à s’opposer au capitalisme ?
Quelle théorie, après l’échec du marxisme, peut tailler des croupières au monstre qui gouverne le monde et la vie des individus ?
Aucun parti politique ne propose plus de vision qui dépasserait le règne de l’argent tout puissant.
C’est ce qui rend le débat politique si inintéressant et si désespérant.
Je n’aime ni le capitalisme de droite ni celui de gauche. Je refuse de réduire la politique à des questions sécuritaires.
Je voudrais pouvoir contribuer à l’élaboration d’une société humaine véritablement humaine, sur la base de valeurs essentielles à notre bonheur à tous.
La qualité de vie à laquelle j’aspire sera nécessairement conditionnée par un nouveau rapport à l’environnement. Je veux comprendre et respecter le monde du vivant dans son ensemble.
Mais ma joie ne sera complète que si, avec d’autres, je réinvente la fraternité qui nous permet de nous estimer mutuellement et de ne plus nous comporter en rivaux.
Ne serait-il pas possible qu’un vaste mouvement politique s’engage à mobiliser autour de ces éléments vitaux pour nous tous ?
Il me plairait d’en voir encore la couleur !



☐ 23/5/2021

Notre maire a publié hier un communiqué de presse « musclé » pour réagir à l’agression de trois policiers municipaux par un jeune scootériste. [Voir : https://www.colmarinfo.com/2021/05/eric-straumann-trois-policiers.html]
Il conclut son message par un vibrant « Ça suffit » ! Ça rappelle le père de famille qui tape du poing sur la table pour ramener son monde à la raison. « jetzt langts » !
La rébellion de ce jeune contre les forces de l’ordre est odieuse. Il était en tort. Il convenait qu’il accepte les décisions qui lui ont été signifiées.
Sauf que ce jeune homme ne supporte manifestement pas les règles de droit ni l’autorité en charge de leur mise en application.
Il est le pur produit d’une sous-culture contemporaine, caractérisée par la démission de certaines autorités qui, il faut se le rappeler, n’ont pendant très longtemps pas voulu voir en face les fruits amers d’une gestion débridée de la société des « conquérants ». La glorification infantile des gens qui osent et qui se libèrent des tutelles publiques. Le néo libéralisme carnassier.
Nous récoltons ensemble ce que nous avons semé et ce qu’aujourd’hui encore nous ne voulons pas reprendre à la base. Nous pensons toujours qu’avec davantage de coups derrière les oreilles, nous les materons enfin, ces électrons libres et insoumis.
La thérapie des coups de pied au cul n’a pas eu que du mauvais en son temps. Apprendre à des jeunes en quête de toute puissance à intégrer les limites qu’ils ne peuvent pas dépasser peut nécessiter une paire de gifles.
Mais il est insensé de croire que cette sévérité corporelle, pour autant qu’elle puisse encore s’exercer à l’encontre de gamins qui dégainent les premiers, peut sauver la société menacée de débordements violents de tous ordres.
Qu’on le veuille ou non, il faut prendre le temps et les moyens de soigner les maux à la racine, car les enfants d’aujourd’hui seront les ados de demain.
Va-t-on tous les mettre en cage pour les neutraliser ? En prison ? Dans des camps ? Aux îles Kerguelen ?
La cage ! Ils ne connaissent que trop déjà.
Nous autres, petits propriétaires bourgeois en charge des affaires publiques, avons estimé que l’entassement et le parcage dans des cités sans âme et sans prise en compte des dimensions non matérielles de la vie de chacun étaient « assez bien pour ces gens là ».
Si vous n’avez jamais entendu cette phrase horrible, moi je l’ai entendue dans un lieu où nous prenions des décisions d’attribution de logements ! Elle résume l’essentiel de nos problèmes depuis 60 ans.
L’urbanisme est la science du lieu de vie où des êtres humains en grand nombre sont censés se partager les espaces et les volumes.
En voulant construire vite et pas cher on a donné naissance à des incubateurs de violence et de dégradation des relations sociales. Sur des territoires trop exigus on a contraint des masses de personnes à abdiquer de leur dignité et à créer des techniques de survie et des ersatz à la convivialité.
Il y a évidemment des exceptions qui confirment la règle. Des réussites magnifiques à titre individuel et dans certains endroits. Elles ne peuvent justifier les univers concentrationnaires (pour reprendre une expression de l’ancien maire Edmond GERRER quand il a vu le résultat de la création de notre ZUP) qui ont été édifiés et qui aujourd'hui encore n’appartiennent pas à nos villes.
Les milliards qui sont affectés à la reprise économique manquent cruellement pour construire avant toute chose des habitats dignes de ce nom. Pour des êtres humains qui se doivent d’être respectés dans leur dignité, avant qu’on ne puisse leur inculquer le respect d’autrui.
Se poser ces questions de fond c’est aussi s’éviter de rentrer dans le jeu stérile du renvoi des responsabilités qui confine aujourd’hui à l’absurde absolu : la police qui incrimine la Justice !
En version humoristique c’est l’hôpital qui se fout de la charité.



☐ 23/5/2021

Notre champ émotionnel

[...] Nous ne pourrions plus vivre si nous devions être ébranlés jusque dans notre for intérieur par les catastrophes qui se produisent au jour le jour.
Un certain blindage nous est nécessaire. La dose que nous subissons, en restreignant notre sensibilité à un périmètre plus rapproché, est largement suffisante.
Pour être atteint en profondeur il faut qu’il y ait un lien affectif ou que la situation évoquée nous renvoie à des craintes personnelles. Sinon, circulez, il n’y a rien à voir.
Plus incroyable est ce qui se passe lorsqu’il s’agit de personnes avec lesquelles on a été proche. Avec lesquelles il y a eu brouille ou rupture. Des êtres qui vous ont trahi, fait intentionnellement du mal, volé une part de vous-même.
Vous commencez par leur en vouloir plus ou moins violemment. Vous pouvez aller jusqu’à les haïr. Il vous faut le temps de la digestion.
Jusqu’au moment où ces pauvres imbéciles vous deviennent presque indifférents. Ils ne disparaissent pas de votre mémoire, mais vous les plaignez d’être aussi bêtes et méchants et vous n’attendez plus rien d’eux.
Surtout, et c'est là qu’intervient votre réflexe protecteur, vous devenez totalement insensible à ce qui les affecte. Ils disparaissent de votre champ émotionnel.
Pour reprendre l’expression triviale d’un défunt président de la République, ce qui les ébranle à leur tour vous « en touche une sans faire bouger l’autre ».
On ne peut pas aimer tout le monde. Tout le monde n’est pas aimable.
On ne doit pas aimer tout le monde. D’aucuns sont davantage méprisables qu’honorables.
L’essentiel est de les tenir à distance pour réduire leur capacité de nuisance. Et d’ignorer jusqu’à leur existence.
Il y a tant de belles personnes qui ne demandent qu’à être aimées et qui vous aiment.
Qu’allez-vous vous pourrir l’existence avec des parasites ?
Ce n’est pas très conforme avec la morale dite judéo-chrétienne, celle qui enseigne de tendre la joue droite après avoir été giflé sur la gauche. Mais n’en a-t-on pas tiré, un peu trop, matière à culpabilisation ?
Car, après tout, qui s’octroie le droit de m’en coller une ? Le puissant qui s’en prend au faible ?
Celui qui, d’entrée de jeu, mériterait de s’en prendre un direct à l’estomac pour lui apprendre les bonnes manières.
On veut faire de certains des moutons qui acceptent d’être conduits à l’abattoir. Ce n’est pas humain.
L’humanité vraie nous institue égaux en droits et en devoirs. L’abnégation des uns renforce les pouvoirs des salauds.
On peut ne pas vouloir les traîner dans la boue. On peut les neutraliser en leur retirant toute estime et n’éprouvant pour eux plus aucun sentiment.
Apprendre à vivre au sein d’un monde bouillonnant ne sied guère aux tièdes et aux peureux.
Le certificat d’humanité doit, à tout moment, pouvoir être retiré à ceux qui bafouent la dignité d’autrui.
Pour être belle, la vie ne peut s’épanouir qu’entre hommes et femmes décidés à s’entre-aimer.



☐ 20/5/2021

Une tendance lourde qui n’est pas une fatalité

Nous sommes en face d’événements graves qui assombrissent l’avenir d’un grand nombre.
La perspective de l’arrivée possible au pouvoir de forces violemment réactionnaires en est un.
Le refus des pouvoirs en place de prendre à bras-le-corps les problèmes susceptibles de faire exploser le corps social est consternant.
La fuite en avant est leur stratégie préférée, pour gagner les élections et pour remettre à plus tard les décisions difficiles à prendre. Ou pour refiler les patates chaudes aux successeurs.
Les manifestations de policiers qui dénoncent les lenteurs et le laxisme de la justice trouvent l’oreille complaisante de nos gouvernants.
C’est un exemple saisissant de la dérive anti-démocratique qui est en cours.
Les policiers ne sont de loin pas les mal-aimés de la République.
Toutes leurs revendications sont loin d’être justifiées.
Il y a des professions plus sinistrées que ce corps de fonctionnaires.
Leur donner raison comme le fait leur ministre et accepter qu’ils s’en prennent à un autre corps vital, la justice, est irresponsable et démagogique.
Ça pue les élections à venir, à plein nez et on sait pertinemment à qui profite l’instrumentalisation excessive de l’insécurité réelle ou fantasmée. La candidate du RN ex FN engrange ses voix sans rien faire.
La justice en France est sous-équipée depuis des lustres. Elle manque cruellement de personnel et de moyens. Mais on lui fait porter le chapeau. Alors qu’elle est méprisée par les forces politiques qui ont commencé à la redouter à leur tour.
Comment rendre sereinement la justice quand les citoyens sont de plus en plus procéduriers, pour un oui, pour un non, et quand les parlementaires pondent des lois, à qui mieux mieux, sans se soucier de leur cohérence et de leur applicabilité ?
Chaque fait divers monté en épingle est prétexte pour voter de nouveaux textes, dans la précipitation.
Tout cela pour donner l’impression aux électeurs que le pouvoir s’occupe d’eux !
Il se moque d’eux !
Car il ne règle en rien les véritables problèmes auxquels nos sociétés fracturées et hyper concurrentielles sont confrontées.
Les banlieues n’explosent que parce que la République est ravie de concentrer les populations prolétaires dans des quartiers difficiles, voire pourris, mais où elles sont censées se castagner entre elles.
Pourvu qu’elles restent contenues dans leur périmètre et qu’elles n’empiètent pas sur le beau monde.
Elles sont regardées de haut et considérées comme irrécupérables.
On ne va donc pas investir pour elles !
C’est aussi simple que cela.
Aussi tragique et injuste aussi, s’agissant de nos semblables.
Ce cynisme est le poison qui gangrène la société tout entière.
Et qui ne peut que faire les beaux jours de tous les populistes du monde.
Cette tendance lourde n’est pas une fatalité.
Elle peut être inversée.
C’est ce que la gauche devrait dire et mettre en œuvre.
Nous pouvons guérir de nos maux de société. En les diagnostiquant et en les soignant avec toute l’énergie et tous les moyens nécessaires.
N’avons-nous pas assisté récemment à un déversement presque indécent de milliards sur de nombreux secteurs économiques pour éviter des faillites ?
La faillite de tout un pays menacé par la dynamite de l’injustice et des inégalités peut elle aussi être évitée.
Il faut que nous soyons nombreux à le vouloir.



☐ 19/5/2021

Écrire, c’est se donner du temps

Quelle qu’en soit la durée, l’écriture impose de lui consacrer pleinement le temps qu’elle prend.
Cinq bonnes minutes peuvent suffire parfois. À condition qu’elles ne soient pleines que de ce qu’elle est censée exprimer.
Rien ne doit la troubler ou la distraire. C’est à elle seule que l’esprit qui écrit est consacré.
Il en est de même lorsque l’écriture vous demande une heure ou dix.
Elle exige concentration et soumission à ses caprices.
Sot est celui qui croit pouvoir la manipuler et lui faire dire ce qu’il veut.
C’est l’écriture qui décide et qui dicte son récit.
Elle agit depuis les profondeurs de l’âme. Elle est indomptable. Elle cherche à se libérer en toutes circonstances. En s’écrivant.
L’écriture vous heurte ou vous blesse ?
Vous voulez la contredire ou lui imposer le silence ?
Votre tentative est vaine.
Comment croyez vous pouvoir empêcher la montée de la sève dans un arbre ou le rejet de la lave hors d’un volcan ? Pourquoi ne pas arrêter le flot d’un torrent avec vos petites mains ?
L’écriture sourde comme l’eau d’une source qui s’échappe ici ou là. Elle est libre. Elle est surprenante, mystérieuse peut-être, mais authentique et incontrôlable.
L’écriture est magique. Elle procède d’un élan fougueux qui asservit la main qui lui sert d’instrument.
Qu’elle plaise ou qu’elle dérange ne la préoccupe pas.
Elle s’affirme et se livre.
Elle est fille de souffrances et elle délivre.
Elle est à prendre telle quelle.
Du moment que quelqu’un lui a offert son temps. Tout le temps nécessaire pour dire son content.



☐ 18/5/2021

Fraternité ! Entraide ! Solidarité !
Ce sont les mots qui doivent remplacer : Concurrence ! Compétition ! Mérite !
Le poison de la mise en concurrence entre les êtres humains se diffuse allègrement et dissout le pacte social indispensable à la survie de notre espèce.
Nous sommes dépendants les uns des autres.
Notre avenir est commun ou n’est pas.
Nous ne sommes pas gestionnaires de notre environnement, nous y sommes assujettis.
Notre intelligence se manifeste par l’intégration que nous cultivons ensemble dans notre milieu naturel.
En négligeant les bases de notre existence, nous divaguons dans les constructions que nous échafaudons.
Rien ne sert de vouloir aller de plus en plus loin et de plus en plus vite, si nous ne prenons pas le départ qui s’impose à notre humaine condition.
À l’hôpital tout commence toujours par les fondamentaux.
Pour vivre sainement et debout, les fondamentaux aussi doivent être respectés.
Fraternité, entraide, amitié, solidarité, sont les fondamentaux de notre humanité.
Il n’y en a pas d’autres. Le jour où nous les respecterons, nous nous porterons tous beaucoup mieux. Assurément !



☐ 18/5/2021

Israël / Palestine : La paix impossible

Les conditions mêmes de l’installation d’Israël rendent toute paix impossible.
Les arabes chassés de leur territoire n’oublieront jamais le prix qu’ils ont eu à payer pour permettre aux Nations Unies d’implanter l’État d’Israël à leur place.
La précarité dans laquelle ils ont été projetés ne prédispose pas à un quelconque accord de paix.
Il n’est plus question de revenir sur l’existence d’Israël. Davantage encore que d’un « droit historique », il est protégé par la communauté internationale.
La même qui a doté Israël d’un potentiel militaire et économique qui le rend invincible.
La même qui se révèle incapable de garantir une vie sauve sur un territoire qui serait légitimement reconnu au peuple palestinien.
Tous les ferments de haine et de guerre sont contenus dans cette iniquité initiale.
Qu’il faille permettre à Israël de vivre en paix dans son pays est une évidence.
Que les Palestiniens obtiennent enfin ce même droit doit devenir une autre évidence.
Les diplomates du monde entier doivent se mobiliser pour cette création urgente.
Les armes ne règleront jamais ce conflit qui s’éternise.
Israël, plus que quiconque, du fait de sa culture théologique, sait qu’il est vain de bâtir la paix au moyen de la guerre.
Il est scandaleux de laisser les Palestiniens et les Israéliens s’affronter entre eux. La force de frappe est totalement disproportionnée. On sait qui l’emportera et qui gagnera.
Et on sait que les défaites nourrissent les vengeances. Le cercle infernal.
La diplomatie seule est en capacité de trouver et de mettre en œuvre les solutions acceptables par tous et garantes de sécurité et de paix dans la durée.
Est-ce parce que les Palestiniens comptent pour rien sur l’échiquier politique, que la communauté internationale laisse pourrir la situation ?
C’est le sentiment que l’on finit par avoir en observant la situation.
On ne peut que s’en indigner.



☐ 12/5/2021

Notre société est violente ?

Depuis toujours, les êtres humains savent se montrer violents les uns envers les autres.
Le sont-ils davantage aujourd'hui qu’ils ne l’étaient hier ?
Ce débat est particulièrement vif à l’occasion des campagnes électorales.
N’importe quel candidat en quête de voix, au fond des urnes, sait que ce sujet est sensible.
La peur est inhérente à l’être humain.
Le rassurer peut rapporter gros.
Le rassurer davantage que le candidat concurrent est un enjeu majeur des joutes électorales.
C’est un jeu extrêmement dangereux.
Instrumentaliser les peurs naturelles n’est pas sans les alimenter et les augmenter. Avec des conséquences très graves à la clef.
Une véritable escalade est à craindre. Quitte à faire élire celui ou celle qui se montrera le plus décidé à mettre en œuvre la plus élevée des répressions, c’est-à-dire la pire des violences institutionnelles pour, soi-disant, juguler les violences individuelles !
Comme si l’on pouvait combattre un feu par un plus grand feu !
Plus on se déplace vers la droite et l’extrême droite sur l’échiquier politique, plus on entend des discours qui se veulent frappés du coin du bon sens « paysan ».
Il faut terroriser les terroristes disait un ministre de l’intérieur.
Il faut faire peur à ceux qui créent les peurs.
Jusqu’à souhaiter le rétablissement de la peine de mort. Qui heureusement ne peut plus être rétablie.
A t’elle jamais dissuadé un criminel de tuer, à l’époque où la guillotine tranchait encore des têtes ?
Cela se serait su.

Aujourd’hui nous sommes déjà en effervescence pour l’élection majeure de 2022. Les médias nous font frémir en nous livrant quotidiennement les faits divers les plus sanglants. Certains sont abjects et effrayants.
Nous serons abreuvés tous les jours de ces événements tragiques qui se produisent partout dans le monde.
L’opinion publique se nourrit de ces tragédies. Elles justifient les peurs qu’elle éprouve.
Nous avons bien raison d’avoir peur puisque la violence est partout.
Vivement que s’installe un pouvoir fort et déterminé à exterminer les racailles !
C’est le sens des tribunes publiées par des militaires, ces jours-ci.
On peut certainement obtenir de meilleurs résultats. Il suffit pour cela de supprimer encore davantage de libertés individuelles, de construire de très nombreuses prisons supplémentaires et exiger des magistrats des peines encore plus sévères et plus longues.
C’est l’absurdité suprême.
Et pendant ce temps nous passons à côté de réponses urgentes qui sont écartées du débat public parce qu’elles ne sont pas « vendables » aux électeurs. [...]
En plus des peurs provoquées par des agresseurs réels, nous sommes victimes de peurs plus collectives générées par des discours alarmistes, des amplifications malveillantes, des étalages indécents, des incitations à la haine et aux fantasmes terrifiants.
D’aucuns savent y faire pour manipuler nos cerveaux et pour nous emmener là où ils vont pouvoir nous dominer à leur guise.
Ils y réussissent d’autant mieux que nous sommes devenus des proies faciles, grâce à la solitude à laquelle nous sommes parvenus. Le « chacun pour soi », nous y sommes.
Comment ne pas avoir peur quand on se sent très seul face à la montagne des problèmes et des dangers auxquels on peut être confronté ?
Nous avons davantage peur que dans le passé parce que nous ne savons pas sur qui nous pourrons compter le jour où il nous arrivera un pépin. C’est aussi simple que cela.
Vivre en solitaire peut être un choix de certains. Ce n’est pas notre vocation première. Nous sommes des animaux sociaux. Nous avons besoin les uns des autres. Nous nous sentons plus en sécurité à plusieurs que seuls, chacun dans son coin et vulnérable à souhait.
C’est vers la vie en commun qu’il nous faut refaire du chemin. Vers la création et la consolidation de liens forts avec les amis, les voisins, les proches.
Seul remède efficace à une partie de nos peurs ancestrales.



☐ 4/5/2021

L’impossible réforme

Deux écoles s’opposent au sujet des réformes qui paraissent indispensables à tous ceux qui dénoncent les impasses du capitalisme.
L’une se veut réformiste, l’autre révolutionnaire.
Ma chronique d’hier consacrée à une « pensée de gauche » a suscité le même débat.
Force est de constater que les deux visions de la transformation souhaitable du monde en un univers fraternel ont, toutes deux, conduit à des échecs retentissants.
Les révolutions qui débutent ou qui s’achèvent dans le sang, laissent derrière elles tant de haines cuites et recuites qu’elles fracturent durablement les sociétés.
Les réformes qui se veulent homéopathiques achoppent sur les forces réactionnaires promptes à reconquérir le terrain perdu.
À croire qu’aucun système ne parvient à déboulonner le monstre qui gouverne le monde : le profit érigé en idole.
La raison en est assez simple à mon sens.
Nous sommes tous, peu ou prou, capitalistes, au plus profond de notre être.
Capitalistes, au sens où le besoin de posséder des choses, des biens ou des assurances, des richesses ou des certitudes, nous donne de l’aplomb.
Nous n’existons véritablement qu’à travers ce que nous possédons.
Ce postulat est peut être faux, il se pourrait que nous fassions fausse route en nous y cramponnant, mais il est indéniablement ancré en nous .
Quand je possède, ne serait-ce pas grand-chose, j’ai une envie incompressible d’en augmenter la dose.
Je sens qu’en en ayant un peu davantage je serais certainement plus heureux.
Nul ne parvient à convaincre personne de la fausseté de cette croyance.
Nous n’osons pas faire le pari de la pertinence supérieure de richesses d’un autre ordre, celles du cœur et de l’esprit.
Nos semelles restent collées au plancher de l’immédiateté des biens consommables.
C’est cela notre atavisme capitalistique.
Il est puissant.
Suffisamment puissant pour nous rendre sensibles aux sirènes des grands prêtres de cette idéologie ancestrale qui fait tourner nos têtes.
Il n’est pas surprenant que seuls de très rares ascètes aient pu incarner un autre mode de vie, spartiate et lumineux à la fois.
Il est probable que nous ne serons jamais que capitalistes dans nos désirs et que nous aurons à supporter les conséquences désastreuses d’une course effrénée et sans pitié pour les concurrents dans la recherche de ce « toujours plus ».
Nous regarderons avec envie les visages de l’un ou l’autre « saint » qui se sera extrait de la masse pour vivre en plénitude son volontaire dénuement et nous nous dirons qu’un autre choix de vie est décidément possible !
Mais qu’il n’est pas pour nous.
Que nous ne serons toujours que des assoiffés de quelque chose qui nous manque, que nous allons en souffrir, mais que nous ne savons, hélas, pas être autrement.
Capitalistes un jour, capitalistes toujours.
Avec les tourments que chacun encourt. Et dans notre ciel, le tournoiement des vautours.
(...)



☐ 3/5/2021

Pour une pensée de gauche

Avant de se préoccuper de savoir qui pourrait représenter la gauche social-démocrate à l’élection présidentielle l’année prochaine, il conviendrait de redéfinir un corpus idéologique susceptible de tenir lieu de projet de gouvernement.
De quoi souffrons-nous aujourd'hui ?
Qu’est ce qui permet à l’extrême droite d’incarner, aux yeux d’un grand nombre, l’espoir d’un changement ?
Comment expliquer aussi que la droite classique se soit mise à courir derrière les thèses du Front National pour les prendre à son compte ?
Notre pays souffre globalement de n’avoir aucun véritable projet collectif et fédérateur.
À l’instar d’autres pays démocratiques qui se sont convertis au capitalisme néo-libéral qui ne vénère que le gain et la puissance que confère l’argent.
Cette idéologie qui domine partout a réussi à transformer le monde en un immense parc à bestiaux. Nous y sommes en stabulation libre, pour brouter et pour produire ce qui nous est imposé par les banquiers avides de remplir leurs coffres.
Seuls les intéressent les plus performants d’entre nous.
Je me souviens d’une discussion, il y a déjà fort longtemps, avec un ami agriculteur qui parlait de ses vaches laitières comme de Formules 1 !
Nous sommes conditionnés et façonnés pour le rendement économique et pour la consommation de ses produits.
Les moins intégrés à ce système n’ont guère de valeur aux yeux des maîtres du système.
Ils ne méritent que d’être traités en parasites ou en quantités négligeables.
Ils peuvent être logés n’importe où, n’importe comment. Ils peuvent perdre leur travail et devoir se contenter d’une aumône pour subsister.
Étonnons-nous qu’une telle société, bâtie sur un socle aussi contraire aux aspirations des êtres humains, soit une société malade, déprimée et fracturée !
Le capitalisme mis en musique par les plus sauvages et les plus boulimiques d’entre ses chantres est une machine de destruction massive.
On ne le dit pas assez. On ne le mesure pas assez.
Car le capitalisme tient entre ses mains tous les pouvoirs dont il a besoin pour diriger l’univers et pour faire croire à ses victimes que c’est l’unique voie qu’elles peuvent suivre pour accéder au bonheur.
Le cynisme est à son comble : on nous dépossède de notre humanité et on parvient à nous faire croire que cet état est notre meilleure chance.
Tous les médias et toutes les structures d’enseignement et de formation sont leur propriété.
Avec de tels outils, ils font de nous ce qu’ils veulent.
Droite et extrême droite sont les traductions politiques de cette vision totalement dévoyée de l’humain.
L’extrême gauche quant à elle rêve encore d’un grand soir où l’on couperait les têtes aux ennemis de classe. Une vieille lune qui a mille fois prouvé son inefficacité dans la durée.
Il nous manque une gauche de bon sens.
Un regroupement de têtes bien faites qui démontrent, sans violence, la nocivité du règne sans partage de la haute finance déifiée.
Il est indispensable de travailler sur l’intelligence de l’opinion publique qui est tout à fait capable de mesurer le degré de non-sens et de non-vie auquel nous sommes parvenus, sous l’effet du mirage des possessions individuelles sans limite.
Renouer avec une pensée de gauche, selon moi, consiste à développer le goût de l’humain pour une existence reliée à la nature et aux autres humains.
C’est de là qu’il faut repartir.
La vie est un cadeau unique. Pour s’épanouir, il lui faut des conditions spécifiques que nous connaissons tous. Jamais nous ne sommes aussi heureux que dans des situations de partage et de communion fraternelle et amicale.
Créer et favoriser l’accomplissement de telles conditions, pour tous, est un immense projet politique qui pourrait, qui devrait, nous donner envie d’en être !



☐ 28/4/2021

Une hirondelle ne fait pas le printemps

Certes non !
Elle annonce néanmoins un changement en cours. Et la perspective d’une saison nouvelle peut suffire à mettre les cœurs en fête après une longue période tristounette.
Quelques généraux en retraite signent ensemble une sorte de mise en garde adressée au gouvernement. On peut y déceler la menace d’un véritable putsch de l’armée contre les institutions démocratiques de notre pays.
Ce n’est de loin pas une rébellion de l’armée française, mais c’est un signe à ne pas traiter à la légère. Ceux qui ont appartenu à la génération de l’immédiat après guerre se souviennent des généraux félons d’Alger.
Il a fallu la main de fer d’un autre général, le « grand Charles », pour en venir à bout et pour nous voir gratifiés, par la suite, d’un régime présidentiel qui a tout d’un système monarchique.
Notre République est fragile. Ses valeurs sont fortes, mais elle est mise à mal dans ses fondements mêmes.
Un rien peut la déstabiliser et des forces malveillantes sont aux aguets pour en prendre la tête.
Le parti de Marine Le Pen est aux anges lorsque des militaires sortent des rangs pour « l’ouvrir ». Ce sont des alliés précieux pour le Rassemblement National qui promet de « l’ordre » !
La droite classique lui emboîte le pas. Des gauchistes en rêvent également.
C’est tellement simple, quand le peuple s’impatiente et déchante, de mettre le couvercle sur la marmite pour empêcher les débordements !
Police, armée, milices s’unissent sous le commandement de forts en gueule pour étouffer les démangeaisons qui traversent la population inquiète et déçue.
Le pays a de la fièvre. Inutile de vouloir casser le thermomètre. Il faut traiter l’infection ou plutôt les infections multiples.
Voyons ce qu’entreprend le papa Biden de l’autre côté de l’Atlantique. Avec courage et lucidité il prend les problèmes à bras le corps et attaque les maux à la racine. Contre une partie non négligeable de ses concitoyens, il décide de faire sortir un grand nombre de leur misère et met les plus riches à contribution pour viser une plus grande égalité sociale et économique.
Il relance les grands chantiers d’intérêt public et créée ainsi de l’emploi et des investissements.
Il dynamise le pays tout entier dans un nouvel effort collectif .
L’histoire lui en saura gré.
C’est l’unique bonne manière de maintenir l’unité d’un pays.
Contre les principaux dogmes du capitalisme néo-libéral qui montre ses limites en ce temps de crise sanitaire.
Quand les affaires vont mal, les plus fanatiques des tenants du laisser faire économique, sans intervention de la puissance publique, se mettent à genoux devant le trésor public pour recevoir la manne constituée par nos impôts.
Ils sont les premiers, dès lors qu’ils perdent de l’argent, à en appeler à la solidarité du monde entier.
Eux qui, haut et fort, s’emportent en temps ordinaire, contre les aides apportées aux victimes d’une économie centrée sur les inégalités et sur l’abandon à leur sort, des « perdants » du système concurrentiel.
Ce sont les choix qui appauvrissent une partie du pays, pour faire le bonheur d’une autre partie, qui doivent être révisés de toute urgence pour que le pays ne se fracture pas davantage encore.
Et pour que l’on nous épargne les solutions extrémistes que se proposent de nous infliger les adeptes du faux ordre, celui qui consiste à nous mettre au pas et à nous faire accepter docilement de souffrir sans moufeter.
Non aux généraux retraités à qui il suffirait de retirer leur solde pour calmer leurs ardeurs ! Non à Marine Le Pen qui se verrait bien défiler à leur tête.
Oui à quiconque, à l’instar de Biden aux USA, aurait l’intention de redonner de l’espoir aux victimes des inégalités actuelles et de contraindre les plus fortunés à participer à la solidarité collective à la hauteur de leurs capacités contributives effectives.
Les injustices sont, partout et toujours, les racines de la violence et du désordre dont les plus fragiles font les plus grands frais.



☐ 27/4/2021

Se souvenir des vivants

Les commémorations font sens. Indéniablement. Le rappel des cruautés que des humains ont infligé à d’autres humains doit nous éviter de refaire les mêmes crimes.
L’ennui de ces évocations, répétées toujours à nouveau, réside précisément dans leur renvoi au passé.
Le passé n’est plus et l’on peut penser que les événements, pour tragiques qu’ils furent, appartiennent à ce passé.
Des vivants sont aujourd’hui les cibles d’égoïsmes et d’injustices qui tuent, qui spolient, qui transforment l’existence sur cette terre en enfer.
Des violences intra-familiales aux guerres entre ethnies ou nations, on reste médusé face à l’ampleur et à la diversité des mauvais traitements que l’humanité invente sans cesse en son sein.
Espoir a eu l’idée, il y a une vingtaine d’années, en association avec Martine Lutz, sculpteur, de créer un monument « à la mémoire des vivants ».
Réalisé avec des éléments d’un gigantesque séquoia abattu au cours d’une tempête hivernale, ce mémorial, en plusieurs pièces, a été offert à la ville de Kaysersberg qui l’a installé dans un parc public, tout à côté du buste d’Albert Schweitzer, natif de la cité.
Nous avions projeté des rassemblements annuels à cet endroit, mais il est bien plus difficile de réunir du monde pour se souvenir de ceux qui sont vivants et victimes de violences, que d’honorer des morts.
Nous sommes vraiment des êtres bizarres.
Pleurer des hommes et des femmes qui ne sont plus, nous est plus facile que de penser à celles et à ceux qui, à côté de nous ou aux confins du monde, souffrent d’être malmenés voire massacrés.
Peut-être parce que les morts ne nous demandent que de nous en souvenir, alors que les vivants en souffrance nécessitent que nous leur venions en aide, concrètement, maintenant, fraternellement !
La solidarité est véritablement notre point faible.
L’avenir de tous passe pourtant par un plus grand partage obligé.
Ceux et celles qui s’imaginent qu’ils peuvent s’en tirer sans les autres, voire contre eux, se trompent lourdement.
Nous vivrons ensemble ou nous périrons ensemble.
Il serait raisonnable que nous options pour le vivre ensemble. Quitte à faire chaque jour l’apprentissage de l’entraide mutuelle.
Un merveilleux chemin de vie.





☐ 26/4/2021

Vivre à demi

L’aspiration à une existence plus décontractée se fait de plus en plus forte.
À force de distances à respecter et de précautions diverses à prendre, s’installe une frustration qui doit être surveillée comme le lait sur le feu.
Nous ressentons un carcan qui nous enserre et qui gêne nos mouvements.
Ça va un temps, mais à la longue, c’est juste insupportable.
Le Président a qualifié d’état de guerre, il y a un an, la situation du pays, dans sa confrontation avec le virus.
Tant que l’ennemi est visible on sait à quoi s’en tenir et on accepte les contraintes qui découlent du danger collectif.
Lorsque la pression s’exerce de façon plus sporadique et plus aléatoire, on finit par s’interroger sur la réalité du risque encouru.
Certes, des gens meurent dans les hôpitaux.
Certes le corps médical reste alarmiste et il a sûrement de bonnes raisons de nous inciter à la prudence.
Mais la vie est dotée d’une énergie qui ne se laisse pas facilement étouffer.
Comme la sève qui, en cette saison, est puisée dans les profondeurs et irrigue les vaisseaux pour leur redonner vigueur, la vie cherche à reprendre ses droits et nous fait aspirer à son complet déploiement en nous.
Les gouvernants savent bien que les barrages les plus résistants peuvent céder et l’eau se déverser brutalement et tout arracher sur son passage.
Ils tentent donc de jongler avec nos libertés et promettent des assouplissements pour dans peu.
Puissent-ils dire vrai.
Créer de fausses joies pourrait leur coûter cher.
Quant à nous tous, nous aurons, je l’espère, appris que la vie n’est pas qu’un ensemble de biens matériels, mais que sa substance la plus précieuse réside dans nos relations affectives, sentimentales ou amicales.
C’est en en étant privés que nous découvrons leur prix inestimable.



☐ 25/4/2021

(...) Les peurs qui aujourd’hui traversent notre société sont plutôt collectives. Nous nous sentons impuissants, individuellement, face à la contagion du virus ou face aux actes terroristes.
Nous nous en remettons à l’État pour nous en protéger.
L’Etat, hélas, n’est pas forcément en capacité de juguler un virus ni de nous préserver d’un acte violent commis par un fanatique.
Il se doit pourtant de se montrer rassurant, efficace, protecteur.
Pour honorer ces fonctions il lui arrive de faire du grand n’importe quoi. Parmi les choses faciles à faire, il fait voter des lois.
Des lois qui durcissent les sanctions contre les auteurs d’actes condamnables et qui réduisent les libertés de tous, au prétexte de nous sécuriser.
C’est l’inverse qui pourtant se produit.
(...)



☐ 22/4/2021

Ce que veut Le Pen, Macron le peut !

15.000 places supplémentaires en prison. 10.000 policiers et gendarmes en plus.
Vous tremblez pour votre sécurité, braves gens. Vous n’en pouvez plus d’être mis en insécurité. Votez pour Marine Le Pen ! Elle va vous débarrasser comme par enchantement de toutes les racailles qui sèment la terreur sur terre. Vous serez enfin délivrés des parasites en tout genre et pourrez vivre en
parfaite sécurité !
Oui ! Mais, c’est sans compter avec Emmanuel Macron qui met les bouchées doubles dès à présent, pour transformer votre enfer quotidien en paradis terrestre. À l’instar d’illustres prédécesseurs en charge des affaires de la République, il se propose, à son tour, de terroriser les terroristes et de nettoyer les cités au Karcher.
Ils sont émouvants, ces pères protecteurs et ces mères protectrices de la Nation !
Ils ne veulent que notre bien à tous.
Nous permettre de dormir sur nos deux oreilles et ne plus avoir à craindre les agresseurs potentiels ou réels qui nous pourrissent l’existence.
Nul ne peut nier l’existence du phénomène insupportable que constituent les incivilités, les délits et les crimes qui fragilisent notre tranquillité individuelle et notre paix sociale.
Nous mesurons à quel point vivre revient à courir des risques.
Mais qui peut encore croire que l’augmentation des uniformes dans la rue ou des emprisonnements va nous mettre à l’abri des délinquants ?
Qui peut encore ignorer que les élus les plus répressifs ont diminué les effectifs des policiers, pour ajuster le poste des dépenses publiques à la pénurie des recettes fiscales, après avoir supprimé les impôts sur les grandes fortunes ?
On nous prend réellement pour des gogoles.
Marine Le Pen en premier. Son parti est accusé de détournements de fonds publics par l’Union Européenne et elle ose se présenter en Madame Propre qui va faire le ménage !
Celles et ceux qui s’apprêtent à lui donner leur voix s’en rendent complices. Bravo !
Les autres ne sont guère mieux. C’est vrai et c’est choquant. Voire révoltant. C’est ignoble, car il appartient aux prétendues élites de donner le bon exemple ! Or, elles s’en contre-foutent.
Pour accéder au pouvoir, tous les moyens sont bons. Pour s’y maintenir également.
Il est juste parfaitement scandaleux de crier haro sur les baudets et de déclarer la guerre aux voleurs de poules et aux fumeurs de joints, pendant le temps où les pseudo « justiciers » auto proclamés s’en mettent plein les poches, à très haut niveau, ou s’encanaillent dans des « repas de travail » chez des étoilés, tandis que leurs sbires dressent des contraventions à 135 euros voire davantage, au vulgaire pékin pour non port de masque.
L’insécurité dont nous souffrons tous a pour origine le triomphe de la valeur « fric » sur la vie humaine.
Tuer ou dévaliser une personne vulnérable ne pose aucun problème de conscience à des êtres nourris par la foi inébranlable en la puissance que confère à l’humain la possession de biens et de richesses en abondance.
Les exemples viennent de très haut.
Les vies humaines n’ont aucun poids aux yeux des propriétaires de l’essentiel des fortunes mondiales.
Nous sommes des fourmis à leurs yeux. Nous pouvons sans vergogne nous faire écraser, pulvériser, anéantir.
Leur mentalité alimente les comportements de millions de petites frappes qui nous polluent l’existence au quotidien.
On peut les décapiter. Ils se reproduiront en grand nombre tant que leurs idoles planétaires s’autoriseront à nous mépriser.
Quel parti politique, quelle femme ou quel homme politique, osera prendre le taureau par les cornes et imposer la primauté du respect de la vie de tout être sur l’adoration idolâtre des richesses de toutes sortes ?
En verrons-nous se lever courageusement au cours des mois à venir ?
Il faut en rêver !



☐ 21/4/2021

Une ville appartient à ses habitants

C’est l’espace commun de l’exercice de leur liberté, de leur fraternité et de leur responsabilité.
Que des commerçants, soucieux de leur tiroir-caisse, cherchent à exploiter cette richesse partagée, est entendable. Ils sont mus par le gain et par l’appât du gain.
Que des élus se prêtent à donner leur caution à ce but mercantile, au détriment des intérêts de la population dans son ensemble, est coupable.
La ville doit, envers et contre tout, demeurer le lieu de la convivialité pour le plus grand nombre.
La brader aux intérêts sans lendemain de gens qui ne font qu’y passer, est signe de mépris envers ceux qui la bâtissent et qui l’habitent.
Honte à eux.
Nous réinvestissons nos espaces avec bonheur et fierté. C’est notre lieu de vie par excellence.
Nos hôtes y seront toujours les bienvenus.
Si tant est qu’ils nous reconnaissent comme étant leurs hôtes.


Des rues vides

Une de mes hantises, avant la crise sanitaire, était de devoir me rendre au centre-ville, pour y faire des achats. Pendant quelques années, il me fallait surtout éviter les périodes de fêtes au cours desquelles les afflux de touristes rendaient les rues impraticables. Un véritable cauchemar. Entre un citoyen pressé de s’acquitter de ses obligations et occupations quotidiennes et un touriste qui dispose de tout son temps et qui adore flâner, se creuse inévitablement un fossé d’incompréhension.
Puis est venu le temps, ô combien désespérant, où les élus et les commerçants ont trouvé ensemble les voies et les moyens d’attirer les foules en goguette tout au long de l’année. La Chine, en particulier, a fourni des armées entières de promeneurs en groupes compacts et curieux de tout voir et de tout photographier.
Il fallait des raisons très impérieuses pour se risquer à aller fendre les murs humains quasi infranchissables.
Aujourd’hui, les sensations sont radicalement inverses. Les rues et les places sont vides, désertes. De rares âmes qui vivent. Des silhouettes isolées, masquées, furtives. La ville est morte. Magasins fermés, terrasses rangées.
J’en reviens à l’instant.
Quelques très belles rencontres. Entre gens du cru. Qui se saluent. Qui s’accordent le temps d’un bref échange. Comme au village. Autrefois. Et même dans notre ville. Beaucoup de gens se connaissaient. Prenaient des nouvelles, les uns des autres.
Tout n’était pas rose. Les commérages faisaient des dégâts.
Mais ce revers de la médaille n’annulait pas l’endroit : le maintien de liens sociaux, bien au-delà du strict cadre familial. L’époque où une cité se définissait par ses habitants, par les activités de ses acteurs et par les événements qu’ils vivaient en commun.
Se pourrait-il que nous réinventions quelque chose de cet ordre dans nos villes d’après les confinements qui nous auront contraints à puiser en nous-mêmes les ressources nécessaires à un relatif bien-être et bien-vivre ?
Ce n’est sûrement pas exclu. Les aspects artificiels liés au tourisme de masse nous apparaissent maintenant dans toute leur horreur. Je me rends compte que je devais être perçu comme un « prédateur », moi aussi, quand j’étais noyé dans les masses anonymes parties à la découverte de Prague, de Florence, d’Amsterdam.
Les villes, nos villes sont conçues pour nous permettre d’y vivre. Non pour être transformées en musées ou en parcs d’attraction. Leur fonction essentielle doit être préservée coûte que coûte. Nous sommes des animaux sociaux et nous avons besoin de partager un espace dédié et respecté. Malheureux sont ceux qui finissent par se sentir étrangers chez eux et malheur à ceux qui, par goût immodéré du gain ou de leur notoriété à bas prix, ont sacrifié et sacrifient la qualité de vie de leurs concitoyens.
Des erreurs à ne plus commettre.



☐ 20/4/2021

Rien, nihil, nada, nichts...

Voilà ! C’est dit !
Un jour sans.
Commencé chez l’ophtalmo, pour m’entendre signifier que mes yeux sont vieux. Que la pellicule est abîmée, couverte de déchets qui s’accumulent avec l’âge.
Soit ! J’ai encaissé et ça va mieux.
Le problème demeure, mais déjà, j’apprends à vivre avec.
J’achète le 1 ! Un hebdo que j´aime.
Lancé il y a 7 ans par Éric Fottorino. Un ancien du Monde.
« Climat. Quelle France en 2050 ? »
Le titre choc du dernier numéro. Un coup de poing à l’estomac.
Les scientifiques sont aujourd’hui unanimes pour dire que les modifications salutaires que nous pourrions encore opérer dorénavant, porteraient des fruits pour l’échéance de 2100, mais que pour 2050, dans trente ans, les carottes sont d’ores et déjà cuites.
Ne pas avoir entendu les appels répétés à devenir plus raisonnables nous vaudra, à nos enfants et à nos petits-enfants, de survivre de plus en plus difficilement sous nos latitudes.
« Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ? »
Est-ce la morale de l’histoire ?
À beaucoup d’égards, oui !
Les humains sont cons et se complaisent dans la connerie.
Ils passent leur temps sur terre, objectivement très court, à se mettre dessus et à se chercher des poux dans la tête.
Pour un oui, pour un non, chacun et chacune étant le nombril du monde et sa petite vie l’horizon indépassable de ses ambitions et de ses peurs, des guerres atomiques peuvent être déclenchées. Nous nous enfonçons mutuellement pour des « merdes ».
De ce brouillard infâme émergent néanmoins des bonheurs aux couleurs très chaudes et très réconfortantes.
Des amis sont passés à la maison. Ils ont déposé des sentiments forts dont les effets se prolongent au-delà de leur présence parmi nous.
Des conversations téléphoniques avec des proches, pourtant éloignés géographiquement, injectent de l’affection dans nos veines.
Des projets prennent forme. Ce qui hier paraissait hypothétique devient plus réel aujourd’hui, par la magie d’un partage fabuleux.
« Il ne faut désespérer de rien ! »
C’est l’autre morale que l’on peut retirer de l’histoire que nous vivons tous, avec certaines variantes certes, mais très semblable sur le fond : une alternance d’orages, de tempêtes, de grisaille et de jours radieux.
Même quand je crois que c’est un jour « sans », à bien y regarder c’était un jour très riche, très beau en liens tissés. Un jour merveilleux, somme toute !



☐ 19/4/2021

La politique est un art cruel

En politique ne peuvent exister que les gagnants. Perdre une élection, c’est rater une marche dans l’escalier qui mène au pouvoir.
Remporter une élection, c’est s’asseoir dans un siège, certes toujours éjectable, mais néanmoins très confortable et ouvrant la voie vers d’autres conquêtes.
Tous les concurrents assimilent cette réalité.
Il faut donc se donner les moyens de gagner.
Tous les moyens, de préférence. Y compris celui qui consiste à « tuer » les adversaires.
Abattre ceux qui peuvent me battre.
Les « mathématiques » électorales servent cet objectif.
On part du postulat de la relative stabilité du corps électoral . Ce sont à peu près toujours les mêmes personnes qui se déplacent aux urnes et ce sont forcément les mêmes opinions qui s’y expriment.
Les modifications possibles se situent à la marge.
Ces marges sont essentielles quand l’écart qui sépare les deux candidats du second tour est faible.
Les marges ont pour caractéristique de pouvoir se radicaliser.
En s’y prenant bien, on peut convaincre un électeur de gauche de glisser jusqu’à l’extrême gauche.
De la même manière un électeur de droite peut riper vers l’extrême droite.
L’extrême gauche pâtit encore toujours de la détestation populaire dont le communisme fut l’objet. Elle peut séduire une frange d’intellectuels, mais ne mordra pas sur l’électorat populaire.
À l’extrême droite, les risques de glissement sont plus importants.
De la droite dure à la droite extrême il n’y a guère que l’épaisseur d’un bulletin de vote.
Les « croyants » se retrouvent assez aisément dans les valeurs prônées par le clan Le Pen.
Cette proximité est si évidente que des candidats « de gauche » qui ne peuvent pas l’emporter sur leurs idées spécifiques, favorisent la montée de l’extrême droite, pour affaiblir la droite classique qu’ils considèrent comme leur adversaire le plus sérieux.
Ce fut le jeu de Mitterrand.
D’aucuns continuent à le pratiquer. Avec cependant le risque nouveau de donner enfin la majorité à cette extrême droite qui ne fait plus figure d’épouvantail, à force d’être courtisée et banalisée.
Ils jouent avec le feu, celles et ceux qui, impuissants pour gagner avec leur offre de gauche, tablent sur la division des droites pour arracher leur victoire de peu.
La gauche que j’aime ne s’honore pas à cette partie de poker électoral et se condamne à disparaître, en refusant de renouveler ses idées et ses pratiques politiques.
Or, il y a une réelle place pour une gauche de combat.
Le combat indispensable pour briser le cerclage que la finance mondialisée a forgé autour de la société humaine, pour la maintenir sous sa domination.
Les objectifs de cette puissance occulte sont simples : extraire du monde le maximum de richesses, en un minimum de temps, en faisant l’impasse sur le moyen et le long terme de l’humanité.
C’est le dévoiement assuré de notre si précieuse « niche écologique » et de la beauté des créations humaines en général.
Être de gauche, dans ma vision politique personnelle, c’est s’investir, à contre-courant des tendances majoritaires actuelles, en faveur de la fraternité universelle et du partage solidaire qui la sous-tend.
Le reste, aujourd'hui, en politique, c’est blanc bonnet et bonnet blanc.
Tout concourt à la ruine du monde et de l’humanité.
Mais cette descente aux enfers n’est pas inéluctable.
Le sursaut de l’intelligence du cœur reste possible !



☐ 18/4/2021

Jusqu’à sa récente maladie, Henry Goetschy, vétérinaire de profession, ancien président du Conseil Général du Haut-Rhin, ancien sénateur, était un lecteur assidu de mes « Humeurs Dominicales ».
Il était rare qu’il ne se fende en retour d’un commentaire adressé à son « cher Révérend ». Le salut de son âme le préoccupait inlassablement.
Grâce à l’humour que nous partagions, nous n’avons jamais su, ni lui ni moi, quelle était la part de sérieux et celle du comique dans cette quête.
Et c’était tant mieux ainsi, car la vie ne s’épuise pas dans ses tourments existentiels. Elle offre aussi, et heureusement, des plages d’insouciance et de jouissance. Dont nous aimions rire en buvant un bon verre de vin d’Alsace.
L’Alsace avec ses traditions, ses us et coutumes, son franc-parler et ses bonnes blagues, ses relations œcuméniques et ses divisions politiques, était au cœur de sa vie.
Il m’a plusieurs fois sollicité pour célébrer un office commun aux catholiques et aux protestants, en alsacien, à l’Écomusée d’Ungersheim qui lui doit son existence.
J´ai trouvé plein d’excuses pour ne pas y aller et ai volontiers laissé ce privilège et pensum à mon ami Jean-Jacques Dietsch.
Parler le dialecte oui, prêcher en alsacien n’était pas vraiment dans mes cordes.
Nous aurions pu ne pas nous entendre, lui le centriste alsacien, moi homme de gauche.
Un jour où je sortais de l’ascenseur au Conseil Général, devant un parterre d’élus, il m’a salué d’un tonitruant : « salut le Pasteur Cérétique » ! Une contraction de Cérès, le courant socialiste majoritaire à l’époque dans le Haut Rhin (j’étais rocardien !) et de hérétique.
Notre divergence politique n’a jamais été un obstacle à notre bonne entente personnelle ni à notre partenariat Espoir / Conseil Général.
Une image mémorable : Henry Goetschy au volant d’un tracteur tout rouge, avec une remorque attelée, entre dans la cour de la rue Henry Wilhelm pour nous en faire don, dans le cadre de notre activité de travaux forestiers.
Il nous a également offert des noyers que nous avons plantés avec lui à Espace 3, rue Ampère.
Au moment de la publication de son livre consacré aux éléphants, il m’a offert un exemplaire dédicacé. Je ne résiste pas au plaisir de la publier :
En hommage d’un éléphant à un autre éléphant !
En barrissant avec reconnaissance pour notre belle rencontre !





☐ 14/4/2021

Gare à la chape !

J’ignore de quoi elle est faite
Mais elle est lourde sur nos têtes
La chape qui nous embête
Nous empêche d’être à la fête
Privés de poignées de main
De baisers et de câlins
Telles des peaux de chagrin
Nos existences suintent le déclin
Il nous faut prendre garde
Aux habitudes qui ne tardent
À s’installer par mégarde
En nos failles et nos lézardes
Le printemps qui ravive la nature
Nous jette un défi d’envergure
Si le sommeil est froid et dur
Se prépare une nouvelle aventure
Corps et âmes se cabrent
Contre le corset qui encadre
Trop fort nos énergies folâtres
Gages de liberté opiniâtre
Aujourd hui,
c’est encore la nuit
Elle nous écrase sans bruit
A notre bonheur elle nuit
C’est pourtant le moment
De préparer résolument
Le retour à la clarté d’un temps
Différent, vécu gaiement
Le temps où la chape aura sauté
Sous la pression de notre volonté
De nous réunir et de vivre en beauté
Les merveilles d’une saine humanité.



☐ 13/4/2021

Il n’est pas scandaleux d’être riche

Les riches posent souci à tous ceux et à toutes celles qui ne le sont pas.
Peut-être parce que tous aimeraient l’être ou le devenir et n’y parviennent pas.
Peut-être parce que certains riches se montrent hautains et dédaigneux envers les pauvres.
Peut-être parce que la richesse accumulée peut s’apparenter à du vol organisé ?
En tout temps et sous tous les cieux, le rapport aux riches est apparu compliqué voire conflictuel.
D’aucuns, comme Robin des Bois, ont fait vœu de prendre aux riches pour donner aux pauvres.
Certains d’entre ces « justiciers » allant jusqu’à « faire rendre gorge » aux fortunés.
L’étalage parfois tapageur des grandes fortunes suscite de nombreuses colères.
De futés politicards parviennent à les coaliser et à déclarer la guerre aux « happy few ».
Ils font, à mon sens, fausse route.
La richesse n’est pas, en soi, un scandale.
Elle est dans l’ordre naturel des choses puisque nous y aspirons tous.
Il est facile de nier ce désir quand on est sans le sou. Facile de prétendre que seules importent les richesses immatérielles auxquelles nous pouvons tous avoir accès, l’amour, l’amitié, etc.
Nos belles protestations empreintes de modestie et de sagesse cachent mal notre universel appât du gain.
Évidemment que nous serions plus à l’aise si nous étions propriétaires d’un bien, en possession d’un compte bancaire bien garni, promis à un bel héritage, en capacité de nous offrir voyages et belle vie !
Ne nions pas notre goût pour l’aisance que procure la richesse.
Ce qui est contestable, c’est la sacralisation de fait qui entoure la richesse.
Les élus sont à genoux devant les détenteurs de capitaux. Ils leur veulent du bien et peut-être espèrent-ils recevoir ainsi leur récompense pour financer leur carrière.
En aucun cas ils ne cherchent à faire participer les riches à l’effort collectif, à la hauteur de leurs moyens.
C’est pourtant ce qu’ils devraient faire.
Jamais les politiques n’hésitent à taxer les petites gens. Entre l’impôt direct et les multiples taxes prélevées à la source, les plus modestes des contribuables sont fortement mis à contribution pour financer les dépenses collectives.
Mais on ne touche pas aux riches. Ou si peu !
C’est cela qui ne va pas.
Les milliardaires de par le monde doivent être imposés fortement eux aussi, pour alléger l’effort demandé aux plus pauvres.
L’économiste Thomas Piketty, dans un récent article paru dans Le Monde, a calculé qu’un impôt mondial de 2% sur les fortunes supérieures à dix millions d’euros rapporterait 1000 milliards par an.
Prenez vos calculettes, chers amis, faites vos simulations. La répartition des charges collectives pourrait être bien plus juste qu’elle ne l’est. Elle doit l’être !
Il n’y a pas lieu d’en vouloir aux riches d’être riches. Il faut simplement que les pouvoirs politiques les contraignent à verser davantage au pot commun que constituent nos impôts.
Que chacun soit tenu d’y contribuer à la hauteur de ses moyens.
La justice serait alors plus juste et l’égalité plus réelle. Plus humaines aussi, l’une et l’autre.



☐ 11/4/2021

Elles vont et viennent

Les humeurs, étymologiquement les liquides qui circulent dans le corps, vont et viennent au gré des événements et des dispositions intérieures.
Elles sont fluides.
Tantôt bonne, tantôt maussades, toujours instables.
Nous passons d’un état à l’autre, souvent sans transition.
L’idéal serait d’être d’humeur égale, de préférence au beau fixe.
Il n’en est rien.
Les humeurs fluctuent.
Comme le baromètre, elles varient sur l’échelle qui va de la colère à la félicité et du bonheur à l’amertume.
Les autres, nos vis-à-vis, savent à quoi s’en tenir. L’affichage est clair. Ils aiment partager nos bonnes humeurs mais se détournent rapidement quand la météo est mauvaise.
Nous sommes comme des sismographes : réactifs à tout mouvement qui altère notre fragile équilibre.
Quand « tout baigne », nos visages reflètent la quiétude de l’âme satisfaite.
Quand le temps est à la tempête, nos sens se mettent en état d’alerte et s’alarment à tout propos.
Nos existences sont mouvementées. Forcément mouvementées.
Nous pouvons rechercher des oasis, des planques, des abris, pour éviter d’être chahutés. D’aucuns choisissent cette option peinarde qui leur permet, en apparence, de couler des jours heureux.
Le sont-ils réellement ? Sont-ils véritablement vivants ?
La vie, nous le vérifions intimement, c’est l’exposition au vent de l’histoire, aux flots des rencontres, aux aléas des joies et des tragédies que nous traversons.
De même que les écarts de température qui sont fréquents en cette saison et qui nous perturbent physiquement, les variations de bonnes et de mauvaises nouvelles, de temps festifs et de temps d’épreuves, mettent nos humeurs à rude épreuve.
La question qui se pose est assez simple :
Les événements déterminent-ils nos humeurs ou avons nous le pouvoir, grâce à notre gestion des humeurs, de faire face aux épreuves sans être à leur merci ?
Se soumettre aux mauvais coups du sort, les accepter comme des fatalités, fait de nous d’éternels souffreteux.
Cultiver la bonne humeur, envers et contre tout, ne nous préserve d’aucun malheur, mais nous le fait voir avec des yeux moins abattus et désespérés.
La bonne humeur se cultive. J’en ai l’intime conviction. J’admire celles et ceux qui savent le faire. Ma grand-maman était un modèle du genre.
J’ai plus de mal à le mettre en pratique. Je tends vers cet idéal. Je pense parfois l’atteindre et je rechute. Je voudrais tant ne pas me laisser emporter par la vague des ressentiments. Je lutte pour surfer sur elle.
Quel bonheur ce doit être que d’être de bonne humeur ! Envers et contre tout !



☐ 8/4/2021

Des gens meurent autrement que du Covid

On finirait presque par ne plus les voir et s’en émouvoir : derrière la scène mondiale de la pandémie qui retient toutes les attentions, d’autres tragédies se passent au quotidien.
Dans notre vaste monde mais aussi dans notre proche environnement.
L’esclavage des temps modernes bat son plein au Qatar, en Lybie, en Espagne. Des émissions de télévision, rares et tardives, nous font découvrir le sort abominable réservé aux immigrés qui travaillent sur les chantiers de la coupe du monde de football au QATAR. Plusieurs milliers de morts seront à déplorer, au rythme des accidents qui s’y produisent depuis le début des travaux.
Les retours au pays sont empêchés par la séquestration des passeports.
En Libye, l’Union Européenne paye pour que les candidats africains à l’exil y soient retenus. Les marchés aux esclaves y fleurissent, de même que les prises en otage et les demandes de rançons.
L’Espagne utilise une main d’œuvre taillable et corvéable, dans ses immenses serres à tomates et à fraises. Au sein de l’Europe !
La liste est loin d’être exhaustive. Elle illustre l’éternelle propension des êtres humains à se réduire mutuellement en esclavage.
Qu’avons-nous en notre tête pour pouvoir agir ainsi, la plupart du temps sans le moindre état d’âme ?
Pouvoir vendre des fillettes à peine pubère, pour en faire des objets de plaisir sexuel entre les mains d'hommes qui les jettent après les avoir consommées, relève d’un comportement qu’il est difficile de qualifier. Il n’y a pas de mots assez forts pour désigner de telles atrocités.
La réalité dépasse les fictions.
Nous avilissons le vivant. Nous le massacrons.
Sans parler des guerres qui s’enchaînent les unes aux autres avec leurs cortèges de victimes innocentes.
L’être humain semble n’avoir de cesse de détruire et de se détruire, au travers de sa rage de posséder et de dominer.
Et cependant, la tendresse est cultivée ici et là. Elle est louée, encensée, souhaitée et prodiguée. Elle met en joie celles et ceux qui la pratiquent, par choix, par envie de bonheur.
Leurs larmes sont fréquentes. Le malheur des autres les affecte. Ils ne le considèrent pas comme inéluctable.
Ils trouvent que les êtres proches qui meurent autour d’eux, de maladie, de vieillesse, d’usure ou d’accidents, sont déjà suffisamment nombreux et leur disparition suffisamment douloureuse, pour ne pas y ajouter, par pure folie et absolue inhumanité, des listes interminables d’hommes et de femmes sacrifiés sur l’autel de notre rapacité.
Rapacité ?
Oui ! Lorsque la brutalité du désir d’avoir et de prendre dépasse le bon sens du bien-vivre, en harmonie, les uns avec les autres.



☐ 7/4/2021

Les cours à distance

Mon petit-fils fait partie des milliers d’élèves de collèges et de lycées qui sont obligés de suivre actuellement leurs cours à distance, sur ordinateur.
En le voyant dès avant 8 heures du matin, encore au lit, chercher à se connecter, m’est revenue en mémoire une citation anonyme gravée dans le bois de nos pupitres, à la Fac : « Que ne puis-je, comme la rivière, suivre mon cours tout en restant dans mon lit ! »
Il réalise une partie de ce rêve déjà lointain.
Hélas, ce serait trop beau si le dispositif mis en œuvre fonctionnait correctement.
Presque chaque jour la connexion ne s’établit pas. Le lycée, informé, enregistre sa présence au cours, mais les heures et les jours perdus ne se comptent plus.
Un stress incroyable s’installe.
Car les résultats de fin d’année risquent de s’en ressentir.
Nos jeunes ne sont pas à la fête.
A la hantise des débouchés improbables s’ajoutent les bugs informatiques qui rendent leur formation aléatoire.
Que vaudront les diplômes obtenus pendant ces années perturbées par la crise sanitaire et par l’incapacité des pouvoirs publics de trouver des solutions de substitution satisfaisantes, alors que tout le monde se gausse de la fiabilité et des prouesses de l’informatique et du numérique ?
Nous avons conscience depuis belle lurette que le virtuel et le « distanciel » ne sont la panacée, en rien.
La communication en voie directe, entre humains, tout imparfaite qu’elle puisse être, est irremplaçable.
La pente sur laquelle nous sommes engagés, tant pour l’enseignement que pour le travail, est savonneuse. Les comptables voient les économies d’échelle qui peuvent être réalisées ainsi et tireront prétexte des expériences actuelles, malgré les ratages, pour généraliser ces pratiques sans âme.
L’âme humaine, partout, est de plus en plus négligée.
Les décideurs n’en ont que faire.
Ce qui les intéresse c’est la capacité productive de l’être. Ce que le corps et le cerveau peuvent apporter à l’économie lucrative. Ce qui se transforme en monnaie sonnante et trébuchante.
Triste monde qui se condamne lui-même à une robotisation stérilisante.
Quelle vision de l’humain et de l’humanité nous offrent les candidats aux fonctions de direction de nos entreprises, de nos institutions, de nos associations, de nos pays ?
S’en trouvera-t-il qui garderont dans leurs yeux les reflets chatoyants de l’affection qu’ils portent à toute vie ou y verrons-nous tourner les calculettes qui remplacent leurs émotions ?
Les dérives ne nous conduisent pas forcément à l’accomplissement des risques redoutés.
Elles peuvent être stoppées et les tendances inversées.
Il est dans notre intérêt à tous qu’elles le soient.
Il est en notre pouvoir à tous d’agir sans tarder pour que la trajectoire du monde et de l’humanité reparte dans le bon sens.



☐ 6/4/2021

Il est temps de penser à demain

Des malades et des soignants s’inquiètent à juste titre du décalage de soins et d’interventions, dans les hôpitaux, pour des patients atteints de cancers ou d’autres pathologies lourdes, en raison de la priorité accordée au traitement du Covid.
Nous avons tous lieu de craindre, sur un autre plan, que la focalisation sur la pandémie ne finisse par occulter d’autres préoccupations non moins essentielles.
Parmi elles, l’échéance électorale de 2022.
Si tout le monde reste l’arme au pied, nous aurons immanquablement droit au match retour Macron / Le Pen.
Or les conditions ne seront plus les mêmes qu’en 2017.
Macron aura gouverné la France, réalisé quelques avancées et déçu beaucoup de ses anciens électeurs qui en attendaient plus et autre chose.
La candidate du RN ex-FN, en restant très en retrait pour le moment, sortira de sa tanière revêtue de l’aube blanche des innocents et beaucoup lui donneront leur voix sans confession.
Elle aura réussi sa dédiabolisation et s’imposera comme une solution, qu’après tout, on n’a pas encore essayée.
Malheureux électeurs à la mémoire courte.
Elle s’imposera d’autant plus facilement que le camp des gauches et des écologistes est encore toujours miné par les divisions et les querelles d’ego.
Rien de très enthousiasmant ne se profile à l’horizon de 2022.
Certes, Macron est sorti du chapeau des puissances financières au dernier moment et a gagné la partie. Toute la presse aux mains des empires du capitalisme triomphant lui a servi la soupe.
Cela ne se produira pas pour des candidats anti système.
C’est pourtant dans une logique nouvelle qu’il nous faut explorer l’avenir.
La mainmise des lobbies qui déterminent la marche économique du monde, sur les décideurs politiques, est une catastrophe.
Qui nous en délivrera ?
Souhaitons-nous seulement en être affranchis ?
La terre entière et ses richesses naturelles sont mises en coupe réglée par des gens sans foi ni loi.
Seuls des élus investis par des peuples lucides et déterminés peuvent leur tenir tête.
Ils ne sortiront pas de la cuisse de Jupiter. Nous devons les chercher parmi les plus audacieux et les plus clairvoyants de nos contemporains.
Des hommes et des femmes qui dans leurs décisions savent tenir compte de la dimension du long terme pour ne pas saccager l’environnement indispensable à notre bien-être. Qui ont le sens de l’humain et qui feront toujours prévaloir les liens de la fraternité universelle sur l’esprit de concurrence qui permet aujourd'hui d’éliminer les moins adaptés à la sélection par des performances au goût douteux.
Notre système politique veut que nous en passions par le choix d’un homme ou d’une femme qui incarne notre désir majoritaire.
Il nous appartient, à défaut de pouvoir changer la cinquième Constitution, de porter au pouvoir une personne qui servira les intérêts du peuple tout entier et non seulement ceux d’une oligarchie qui tire les ficelles en coulisses.
Il est temps pour nous d’en parler. D’évoquer des candidatures. D’en faire émerger. D’en rejeter. De débattre. Les élections ont lieu demain.
Voter pour écarter le pire, nous savons faire. Et encore !
Il serait plus raisonnable et plus agréable de pouvoir voter pour quelqu’un qui portera haut les couleurs de l´humanisme, de la fraternité, de la solidarité, de la justice et de la paix dans le monde.
Dommage ! Mendes France est mort.
Rocard également.
N’y a t’il personne parmi les vivants de cette trempe-là ?
Sûrement que si !



☐ 5/4/2021

Et Mozart ?

Aujourd’hui, dimanche de Pâques, court une rumeur : on dit que Mozart serait mort !
Effroyable nouvelle! Je peine à la croire.
Je me renseigne un peu partout. Auprès de personnes généralement bien informées.
Je tombe des nues : les témoignages concordent, il serait mort depuis fort longtemps. En 1791 très précisément.
Je le fréquente pourtant presque quotidiennement. À aucun moment je n’ai eu le sentiment qu’il pouvait être mort. Bien au contraire, je le trouve sacrément vivant.
Plus vivant en moi que beaucoup de vivants.
Contre tous ceux qui le disent mort, je proclame qu’il est en pleine vie et qu’il contribue à mon bonheur.
Il n’est d’ailleurs pas le seul dans cette situation. Loin de là.
Les nécrologues peuvent bien affirmer que Beethoven, Bach, Haendel, Vivaldi, sont morts eux aussi . Je n’en crois pas un traître mot. Pour moi qui adore vivre en leur compagnie ils sont au meilleur de leur forme. Je les entends aussi souvent que je veux. Ils n’ont pas d’âge. Ils sont éternellement bien portants. La mort n’a pas eu de prise sur eux.
C’est bien cela ! Ils sont probablement passés par la mise en terre, mais la terre n’a pas pu les garder en sa possession.
Sur les ailes de leurs notes de musique ils se sont échappés de leurs tombeaux et nous donnent aujourd’hui encore leurs plus beaux concerts. Pianos, violons, clarinettes, flûtes, bassons, cors et trompettes leur donnent la vie en plénitude et ravissent nos esprits.
Beaucoup de « héros » de sinistre mémoire, des bourreaux qui ont semé la terreur et ensanglanté le monde n’ont pas cet honneur.
Ils n’ont pas servi la vie et la vie le leur rend bien. Ils appartiennent à la mort à tout jamais. Ainsi en va-t-il de ceux qui œuvrent pour le mal et le malheur du plus grand nombre. Ils sont engloutis dans le néant qu’ils ont créé.
Il n’y a pas de mort pour ceux qui s’inscrivent dans la dynamique du beau et du bon. La vie qui les anime rejoint le fleuve puissant de tous les artisans de l’humanité qui, depuis toujours, façonnent de leurs mains et de leurs cœurs l’univers de la confiance et de la joie.
Contre tous les fossoyeurs de l’humanité ils bâtissent des œuvres de paix, de justice et de fraternité.
Et leurs œuvres demeurent !
Elles survivent et rayonnent. Elles disent au monde entier que la vie, plus forte que la mort, est de leur côté.
Se pourrait-il alors que l’homme cloué sur une croix d’infamie à Jérusalem, il y a deux mille ans , pour avoir contesté les pouvoirs abusifs de l’époque et donné la force aux petites gens de relever leur tête en s’aimant, soit, comme Mozart et bien d’autres, sorti à tout jamais de sa tombe et vive parmi nous, plein d’entrain et d’altruisme ?
Pourquoi, dès lors que Mozart nous aide précieusement à bien vivre, le crucifié ne nous ferait-il pas également vivre bien ? En nous entraînant avec lui sur les sentiers de l’amour fraternel.



☐ 31/3/2021

Se mettre à table

Elle est bizarre cette expression « se mettre à table ».
Dans le langage policier elle signifie raconter ce qui doit être avoué ou révélé.
Il faut cracher la vérité. Le cas échéant en balançant les noms des complices.
C’est le déballage.
Tant mieux si les aveux servent à établir la vérité. Ils ont surtout l’avantage de soulager la conscience de celui qui est tourmenté par de lourds secrets.
Même si la mise sur table de tout le linge sale fait mal. Il est nécessaire d’en passer par là pour passer de l’ombre des embrouilles à la lumière salvatrice.
Passer à table, c’est aussi, tout simplement, le moment qui, par excellence, réunit des convives.
Lorsque le maître ou la maîtresse de maison appelle à se mettre autour de la table, son invitation déclenche une joyeuse atmosphère en même temps que la salivation annonciatrice de délectation.
Beaucoup de nos meilleurs souvenirs se rapportent à des repas partagés en famille ou avec des amis.
Le repas pris en commun est un temps fort au quotidien et constitue un marqueur important des liens qui nous unissent à d’autres.
Il est curieux de constater que le mode de vie dominé par le souci de l’efficacité économique de l’être humain et donc par le gain de temps poussé à l’extrême, sacrifie souvent le rite du repas traditionnel.
Ici, on mange debout, vite fait, un sandwich à la main. Là, on fait l’impasse sur le temps de pause pour « gagner » du temps. Ailleurs encore, on se trouve seul avec un plateau sur les genoux, face à la télévision pour voir les infos.
Il aura fallu la pandémie et l’interdiction d’aller au restaurant ou de réunir la famille, pour réapprendre, par le manque, la valeur d’un vrai repas réunissant les personnes que l’on aime.
Se mettre à table est une incomparable source de bonheur.
Quels autres temps consacrés, ensemble, aux joies simples de la vie, nous offrons-nous régulièrement ?
C’est à peu près le seul qui soit universel.
Du repas en famille jusqu’aux grands festins, en passant par les « agapes » fraternelles, nous disposons d’une gamme très ouverte de possibilités de nous asseoir les uns avec les autres pour jouir de l’existence.
Jouir solidairement de l’existence, dans ses dimensions les plus élémentaires et les plus indispensables, est le plus sûr moyen de garder les pieds sur terre et de savourer ce qui nous institue collectivement dans notre statut spécifique d’humains.
La jouissance aidant, nos têtes se prennent à rêver d’augmenter et d’étendre jusqu’à l’infini le bonheur qui nous envahit alors.
Il faut, disait Don Helder Camara, rêver à plusieurs pour que les rêves deviennent réalités.
C’est comme si c’était fait !



☐ 29/3/2021

Obsessions

Joie et fierté se lisent sur les visages de parents qui accueillent dans la vie un enfant nouveau-né.
Toute naissance pourrait être une fête. Devrait l’être !
Donner la vie est probablement la plus belle création que les humains ont le bonheur de faire.
Du moins lorsque l’enfant est conçu dans l’amour et dans le désir partagé de l’élever et de le faire grandir dans les meilleures conditions possibles. Car il arrive, hélas, souvent, que ce ne soit pas le cas.
Mais autant l’entrée dans le monde est célébrée, autant son maintien dans la durée peut devenir problématique.
Les choses se compliquent au fil du temps et parfois se gâtent tragiquement.
A l’accueil festif succèdent les embarras, les rivalités, les jalousies, les coups tordus, les tensions relationnelles voire la haine.
La vie n’est belle que dans les échanges faits de tendresse, de compréhension mutuelle et d’entraide.
Elle s’épanouit pleinement là où règnent l’harmonie et la paix.
Elle perd son charme ou devient carrément amère quand, à l’amour, se substituent les misères que les uns infligent aux autres.
Avec quelle facilité d’aucuns passent du grand amour à la détestation sans borne.
Ils peuvent brûler aujourd’hui ce qu’ils ont adoré hier.
Un jour, on s’embrasse, le lendemain on se tabasse.
La rage du règlement de comptes peut devenir obsessionnelle. Elle peut conduire à l’envie de tuer.
Quand des nations s’affrontent dans les guerres, tout semble permis aux belligérants. Pour vaincre, tous les moyens sont bons. L’imagination mise au service de la volonté de terrasser l’adversaire est d’une incroyable fertilité.
Viols, torture, meurtres, crimes de masses, empoisonnements, incendies criminels, toutes les manières les plus horribles de destruction des vies sont utilisées et tolérées.
Ce passage, de la vie portée aux nues au moment de son apparition, à son anéantissement dans la violence physique ou psychique, demeure une énigme.
Comment est-il possible de vouloir tuer la vie ?
La donner, oui ! Mais la détruire !
C’est quoi ce délire ?
Où prend racine en nous le besoin de faire souffrir ?
Quelle satisfaction sadique nous donne du plaisir ?
« Il en a toujours été ainsi ! » Mais cela ne veut rien dire.
Ne pouvons-nous éviter d’aller vers le pire ?
Il nous faut, pour le moins, bien y réfléchir !



☐ 28/3/2021

Un autre monde est-il possible ?

De doux rêveurs croient fermement possible le surgissement d’un autre monde, par opposition à celui au sein duquel les rapports de force sont la règle.
Lorsque les forts dominent les faibles, une grande majorité d’êtres humains est condamnée à ramper devant ceux qui dictent leur loi, conçue pour servir leurs privilèges.
Ce monde peut changer mille fois d’aspect, prendre toutes sortes de contours et de visages, le fond demeure inchangé : les premiers de cordée tiendront les suivants pour des quantités négligeables, taillables et corvéables à merci.
Ils installent de la sorte un cordon sanitaire autour de leur suprématie et abandonnent le plus grand nombre aux affres de l’exclusion hors du champ de la vie en plénitude.
Une telle vie supposerait que tout un chacun soit reconnu comme un être à part entière.
Un être qui dispose d’un droit imprescriptible à disposer des éléments fondamentaux qui permettent à toute vie de s’épanouir.
Accéder à l’eau potable n’est toujours pas un droit garanti à tous. Il se raréfie même, car des groupes privés se rendent propriétaires d’un bien qui devrait rester public et monnayent chèrement cette ressource précieuse entre toutes.
Accéder à des soins gratuits pour faire face aux agressions de la maladie ou de l’infirmité, n’est pas à l’ordre du jour d’un monde qui permet à une infime minorité de s’enrichir, grâce à la souffrance d’autrui.
Se former, apprendre un métier, donner à tous la chance de devenir acteurs de leur existence, n’est pas à la portée de tous les humains alors que des fortunes immenses s’accumulent dans les paradis dorés de quelques-uns.
Un autre monde est il possible ?
Il devrait l’être !
Il n’est pas acceptable que les biens naturels dont regorge notre terre soient accaparés par des voleurs qui agissent au détriment de tous.
L’idée d’une réelle égalité dans la répartition des richesses que nous offre la nature est inscrite dans nos consciences et rien ne peut l’en déloger. Ça semble d’une absolue évidence qu’il en soit ainsi.
Mais ce n’est pas la pente naturelle sur laquelle nous aimons à glisser. Elle nous conduit davantage vers les inégalités, avec tout le cortège des injustices qui les accompagnent.
Ce n’est pas sans raison que les pourfendeurs de cette dérive permanente, alimentée par nos égoïsmes viscéraux, doivent craindre pour leur vie.
Tout au long de l’histoire humaine nous voyons se lever des êtres d’exception dont le combat en faveur de l’égalité des droits est d’un rare courage et qui finissent sur le bûcher ou en exil.
(...)



☐ 27/3/2021

Quel est votre intérêt ?

L’être humain est doué de ruse. Il sait calculer. Tenté d’entreprendre quelque chose, il peut se raviser, en se rappelant qu’il serait d’avantage dans son intérêt de faire autrement.
Un joueur d’échecs sommeille en chacun. Quand il en va de son profit, l’homme développe dans son cerveau des stratégies surprenantes.
Souvent, des pouvoirs agacés par l’opposition d’un « dur à cuire », ont renoncé à l’éliminer, comme ils sont enclins à le faire, pour éviter d’en faire un martyre aux yeux de ses admirateurs.
Le degré de popularité de quelqu’un n’est pas sans importance dans la façon de le traiter.
S’il dispose de soutiens nombreux, en raison de la pertinence de ses propos et de ses actions, sa mise à l’écart peut être suivie de troubles supérieurs à ceux qu’il crée de son vivant.
Même les puissants peuvent reculer devant des êtres qui incarnent la probité et qui conservent jusqu’au bout le courage de leurs actes.
Ils sont rares ces êtres, mais quand ils existent ils parviennent à bouleverser les logiques les plus conventionnelles.
Nelson Mandela, Martin Luther King, pour ne citer que ces deux parmi les plus contemporains, illustrent la mise en échec des pouvoirs face à des hommes qui sont mus par l’amour des autres et qui ne renoncent à rien devant les adversités.
Ce sont les puissances fondées sur la force brutale ou sur leur richesse qui perdent la face.
Les peuples ont la fâcheuse tendance d’être lâches et aveugles. On les dit veules et prêts à suivre les plus menteurs, les plus cyniques et les plus dominateurs. Ils plient facilement l’échine, se taisent, obéissent et laissent faire.
Mais ils savent aussi reconnaître la véracité de celles et de ceux qui font ce qu’ils disent et qui leur font toucher du doigt l’honneur de l’être humain engagé en faveur de la beauté de la vie enracinée dans l’amour.
Ils savent reconnaître cette authentique manière d’être humain.
Les peuples sont moins dupes qu’il n’y paraît.
Ils gardent dans leur for intérieur un discernement très clair par rapport à ce qui leur est « vendu », voire imposé.
Ils ne sont pas nécessairement héroïques. Ils subissent quand ils ont à faire à des usurpateurs.
Mais ils tendent l’oreille et s’ouvrent à des voix qui sonnent juste.
Ils parviennent à se réveiller de leur mise en sommeil, à se réjouir de la merveilleuse découverte de la vie en vérité, témoignée par des hommes et des femmes dont l’existence est irriguée par l’amour.
Ils peuvent se mettre en mouvement avec eux.
Ils font peur dès lors, à des puissants désorientés et paniqués.
La répression peut s’abattre sur eux.
Mais la vie authentiquement empreinte de la puissance de la fraternité l’emporte toujours. N’en déplaise aux tenants de la force bête et méchante.
Nos cœurs sont équipés d’une fibre très particulière qui vibre infailliblement aux résonances de l’amour.
C’est notre chance pour la survie et pour notre bonheur.



☐ 26/3/2021

Faire du bien est suspect

Qu’ont-ils derrière leur tête, celles et ceux qui font du bien aux autres ?
Ils cachent forcément quelque chose. Ce n’est pas très normal.
Ils seraient dans le registre des crasses qui se pratiquent habituellement entre humains, personne ne trouverait à y redire.
Mais, faire spontanément et bénévolement des choses qui concourent au bien-être de tout un chacun, y compris de personnes avec lesquelles il n’y a pas de lien de parenté ou d’amitié, d’« illustres inconnus », dépasse l’entendement.
Le don gratuit n’existe pas ou ne peut pas exister au sein d’un monde où tout se monnaye.
D’abord ce serait malsain de venir en aide à des êtres qui, peut-être, ne le méritent même pas et ensuite, la générosité sans motif, on ne peut pas y croire.
Elle existe pourtant.
Car son intention va bien au delà de l’acte charitable envers des êtres en souffrance.
Il y a, dans la démarche de celles et de ceux qui vont à la rencontre de personnes en détresse et sans qu’aucun lien de proximité ne les unisse, l’expression d’un acte politique clair : celui du refus des inégalités et des injustices et la proclamation, à la face de tous, que le bien que chacun peut faire est capable de modifier le sort de l’humanité.
Le fait de s’habituer à ce qui défigure et dénature le monde et le vivant revient à s’en faire complice.
Si je n’agis pas et ne réagis pas, je cautionne les forces qui saccagent la création et le bonheur des humains.
Tendre la main à un être souffrant qui ne peut s’en sortir tout seul, c’est non seulement lui signifier le lien fraternel que l’on établit volontairement avec lui, mais aussi faire savoir urbi et orbi que le remède aux blessures et aux détresses du plus grand nombre existe et qu’il nous appartient de le mettre en œuvre.
Cette façon de faire surprend toujours. Elle étonne et elle interroge.
La dimension « politique », donc universelle du « faire du bien », échappe à beaucoup.
Elle est cependant essentielle pour faire bouger les lignes au sein de notre monde toujours en équilibre instable au-dessus du précipice de l’indifférence ou de l’hostilité des uns par rapport aux autres.
Faire du bien à quelqu’un, sans en espérer un quelconque retour, c’est comme mettre un grain de blé en terre.
Un jour, il aura germé, dans la plus totale discrétion et ses épis porteront des grains en abondance.
Mais il faut commencer par semer.



☐ 24/3/2021

Une vérité qui tue, est-ce une vérité ?

Les êtres pétris de certitudes sont dangereux. Qu’elles soient religieuses, politiques, philosophiques, amoureuses, les convictions ancrées et inébranlables peuvent conduire les humains à devenir de véritables terroristes.
Cela s’est vérifié mille et mille fois à travers l’histoire.
L’inquisition, l’idéologie nazie, le marxisme léniniste, le capitalisme, l’islamisme, les fanatismes religieux en général, la passion amoureuse dévorante, sont des facettes abominables de la foi en une vérité absolue.
Tuer, au nom d’une croyance, donne au criminel une bonne conscience sidérante.
« Je n’ai rien fait de mal ! Je n’ai fait que défendre une vérité, ma vérité, contre quelqu’un qui se refuse à la recevoir, à y adhérer et donc à vivre à son tour dans la/ma vérité ! »
Vivre dans la vérité, dans le vrai de l’humain, c’est courir le risque de la radicalisation.
La vérité peut, très facilement, monter à la tête et enivrer l’être qui se laisse prendre à son jeu.
Car c’est toujours « ma vérité » et non « la vérité » que je professe.
Pour être « la vérité » il faudrait qu’elle soit universelle, qu’elle ne puisse être contestée par personne, nulle part, à aucun moment.
Il faudrait aussi qu’elle ne puisse jamais être invoquée pour faire le mal, pour faire souffrir et pour tuer.
Or c’est presque toujours dans des conflits violents que la vérité est prise pour prétexte pour prendre l’ascendant sur l’opposant.
C’est au nom de la/ma vérité que l’on assassine et que se commettent les pires génocides.
La vérité que nous devrions aimer par-dessus tout est, me semble-t-il, celle qui nous ferait aimer la vie.
Celle qui nous ferait aimer et respecter la nôtre autant que celle de tous les autres.
Elle se confondrait avec l’amour, tout simplement.
La vérité des hommes serait l’amour.
Nous n’en aurions pas d’autre.
Elle nous empêcherait de nous piétiner mutuellement. Elle nous engagerait à nous secourir et à nous soutenir mutuellement.
Elle aurait le visage de la bonté et de la tendresse.
Elle nous guérirait de nos bassesses et de nos étroitesses d’esprit.
Elle nous libérerait de nos chaînes ataviques et de nos désirs destructeurs de vie.
Une telle vérité ne nous anime pas très spontanément, contrairement à celle qui nous rend impitoyables les uns envers les autres.
Il faut, sans cesse, chercher à s’en approcher. Avec humilité et patience.
Elle ne se donne pas une fois pour toutes. Elle est comme l’eau d’une source.
Il faut y retourner jour après jour.



☐ 22/3/2021

Modérer les fureurs

Je dois à la vérité de dire que je suis sujet à des emportements qui peuvent faire mal. Selon qui me chatouille et l’endroit où je me sens blessé, je peux avoir des réactions très vives si ce n’est violentes.
J’explose en paroles. De très nombreux freins m’empêchent heureusement de libérer les gestes agressifs et potentiellement dangereux pour la vie d’autrui.
L’éducation et le sens moral y sont pour beaucoup. Le système mental « ABS » fonctionne dans la plupart des cas de façon quasi automatique.
Sauf, hélas, la nuit, quand je cauchemarde et que je suis l’objet de menaces ou de coups. Mon épouse fait alors la cruelle expérience de la force dissuasive ou défensive qui m’habite et qui se déchaîne hors de tout contrôle.
La violence est l’un de nos pires points faibles. Elle est présente en tout être et nous joue de mauvais tours.
Nous savons où elle commence mais nous ignorons où elle peut nous conduire.
Elle est fréquemment invoquée comme une arme légale. La légitime défense l’autorise.
Elle peut naître d’un emportement ou d’une fureur qui s’empare de nous et que nous ne maîtrisons pas à temps.
Les défauts des autres sont nos principales sources d’agacement, voire de règlements de comptes.
Souvent « ils nous pompent l’air » ou commettent des actes qui nous paraissent intolérables.
Les règles de droit et les instances juridiques qui veillent à leur application nous rendent un énorme service en nous interdisant depuis quelques siècles déjà d’exercer notre vengeance personnelle. Nous déléguons à des instances censément dépassionnées, le pouvoir de sanctionner, en fonction des normes sociales qui s’imposent à tous.
C’est un progrès indéniable qui canalise plus ou moins efficacement nos pulsions répressives.
Le fond de notre capacité d’indignation et de nos envies « de meurtre » demeure cependant.
Il ne faut pas s’en accommoder et travailler cet aspect de nos existences, pour éviter le plus possible les mauvaises surprises que nous sommes capables de nous faire à nous-même.
Le volcan de la colère sommeille en tout un chacun.
L’une des trouvailles les plus judicieuses qui permet de modérer les emportements intempestifs, est probablement celle du miroir dans lequel chacun peut scruter en profondeur qui il est et de quels défauts il est affublé.
Ce que je reproche avec véhémence aux autres, n’en suis-je pas porteur moi aussi , peu ou prou ?
Un peu d’introspection, de lucidité et d’humilité ne fait de mal à personne. En se découvrant soi-même, dans sa nudité sans fard, on sent émerger dans l’âme aisément offusquée, une forme de compassion qui atténue, ô combien, la fureur coupable qui veut à tout prix corriger l’autre.





☐ 19/3/2021

Se laisser surprendre par l’inouï

Nous sommes heureux lorsque tout, dans nos vies, se déroule de façon bien lisse , sans accroc, sans surprise. De manière prévisible et conforme à ce qui nous paraît être dans la norme, convenable et acceptable.
Nos jeunes diraient : des vies pépères !
Pas de vague.
De la naissance à la mort, un parcours de santé. Bien rodé.
Tout un chacun peut rêver d’une telle existence. Banale certes, mais reposante.
L’ennui, c’est qu’il en est rarement ainsi.
Les pépins ne manquent pas.
Sans les rechercher ils nous sont donnés davantage que de raison.
L’inattendu est la règle. Le déroulement harmonieux, l’exception.
À bien y regarder on peut d’ailleurs s’en féliciter.
Seuls les « accidents » nous obligent à dépasser nos paresses naturelles et la tendance lourde à nous laisser aller à l’inertie.
Les « chocs » subis, aussi douloureux qu’ils puissent être, ont le mérite de nous réveiller et de solliciter en nous les ressources dormantes.
Le train-train nous est préjudiciable. Il nous transforme en robots qui répètent inlassablement les mêmes comportements.
La vie y perd son sens et sa créativité jaillissante.
Les cercles vicieux se forment dans le ronron des traditions et des habitudes qui ne sont plus questionnées et qui nous font tourner en rond sur nous-même.
Nous pensons et nous agissons comme des automates. Hors de l’imprévisibilité propre à la vie générée et régénérée par les échanges d’expériences et de réflexions.
Des êtres sortis de nulle part, avec des visions nouvelles et des arts de vivre différents, font irruption dans nos vies et nous rendent des services inestimables en provoquant l’étonnement et la remise en question.
Être provoqués par de l’inouï, de l’inédit, du stupéfiant ou de l’exaltant, est une chance qu’il faut savoir saisir.
La vie est toujours au-devant de nous, elle se crée et se recrée sans cesse.
Elle grandit et se dilate à travers les confrontations qui nous obligent à donner en toutes choses le meilleur de nous mêmes.
Cette éternelle bousculade intérieure est redoutée car éprouvante, mais ô combien bénéfique pour nous arracher à nos fausses certitudes, à nos scléroses et à nos préjugés. (...)



☐ 19/3/2021

(...)
Les yeux grand ouverts sur le monde, j’observe des êtres immondes.
Des chacals, des requins, des hyènes, des rats qui s’en donnent à cœur joie.
L’argent est roi. Ce qui est à toi est à moi.
Ils te prennent tout, sans émoi.
Ils sont sans foi ni loi.
Ils mettent le monde et l’humanité à feu et à sang.
Ils prennent, ils arrachent, ils vampirisent et détruisent.
Seul leur importe de satisfaire leur soif et leur faim.
Tant pis pour ceux qui manqueront de pain.
L’altruisme point ne les étreint.
Ils ne connaissent que leur panse.
Amasser sans limite est leur jouissance.
Quitte à laisser le grand nombre sans pitance.
Naïfs que nous sommes, nous ne voulons pas voir comment ils constituent leurs avoirs.
Jusqu’où ils poussent leur mépris de l’autre et l’acculent au désespoir.
Ils batifolent comme des sagouins dans leurs paradis de pacotilles. Nos prédateurs sont pires que les bêtes que nous redoutons pour leur fureur.
Qu’est ce donc qui nous retient de leur régler leur sort à ces funestes matamores ?
Pourquoi les ignorons-nous et faisons le dos rond ?
Ils massacrent. Ils tuent. Ils affament. Ils trichent. Ils mentent. Et ils s’en vantent !
Ils nous toisent et nous narguent du haut de leur suffisance.
Et nous laissons faire sans opposer de résistance.
Nous poursuivons notre bonhomme de chemin en mettant un mouchoir sur nos velléités de vengeance.
Nous ne pouvons rien contre eux. Ils ont la force et les pouvoirs avec eux.
Fourmis zélées nous sommes, fourmis zélées nous restons.
(...)



☐ 18/3/2021

Choisir, c’est renoncer, pour mieux rebondir

Entre plusieurs fidélités il est parfois indispensable de choisir, car elles ne sont pas toutes compatibles les unes avec les autres.
C’est le cas des fondements sur lesquels nous bâtissons nos vies. Il nous faut nécessairement choisir les options qui déterminent notre chemin.
Il n’est pas indifférent de se situer du côté de ceux qui n’accordent pas la même valeur à tous les êtres humains ou du côté de ceux qui défendent, bec et ongles, l’égale dignité de tous.
De même, il n’est pas sans conséquence de considérer le monde comme un champ de bataille sur lequel chacun cherche à l’emporter sur les autres, à n’importe quel prix, ou comme une terre à cultiver avec soin et dans le plus grand respect du vivant qui est appelé à y prospérer.
Me suffit-il, pour cela, de vivre en me référant à des codes qui ont l’avantage de pouvoir être contournés, tout en gardant l’apparence de l’honnêteté ou m’incombe-t-il d’avoir présente à l’esprit la conscience du bien ou du mal que je fais en agissant de telle façon ou de telle autre ?
Il est si aisé de tricher avec les règles !
Alors qu’on ne peut pas faire semblant avec les êtres dont l’âme est sensible aux vérités.
Être ou paraître ?
Tel est le dilemme devant lequel nous nous trouvons plus d’une fois au cours de nos existences.
Il est des moments où le paraître donne à sourire. Nul n’est vraiment dupe du masque posé pour éviter de perdre la face. Cela peut tout au plus trahir la faiblesse voire le ridicule de la personne prise en défaut.
Il est en d’autres où le visage de la vérité doit s’afficher sans fard.
Se mentir à soi-même ou à autrui peut miner une existence et pourrir celle d’autrui.
Les relations humaines sont fragiles. Mais essentielles.
Elles ne sont bonnes que lorsque nous vivons en confiance les uns avec les autres. Cette confiance ne se vérifie qu’au travers de sentiments authentiquement fraternels ou amicaux.
Les bidouillages ne résistent pas à l’épreuve des inévitables démêlés qui jalonnent nos parcours.
Les masques, tôt ou tard, finissent par tomber.
L’insanité se dévoile au grand jour et les châteaux de cartes s’écroulent.
Nous ne sommes pas toujours au clair sur tout. Le savoir et le reconnaître devant autrui permet de maintenir les liens de la confiance.
Ces liens qui permettent à l’amour de continuer à irriguer nos vies, malgré les défaillances ou les trahisons toujours possibles.
La confiance accepte les errances quand celles-ci s’accommodent d’une humble transparence.
À rebours de l’insupportable arrogance.



☐ 17/3/2021

Il n’y a pas de mal à se prendre pour un dieu

Ils sont très mal vus, ceux et celles qui se prennent pour des dieux.
Pas étonnant que d’aucuns aient proclamé la mort de Dieu et des dieux, au regard de ce que les humains qui se sont prétendus être des dieux ont commis de dégâts au sein de l’humanité.
On ne peut qu’applaudir au déboulonnage de sinistres individus qui se hissent au-dessus du commun des mortels et qui se la jouent.
A l’aide de leur argent ou de leur position de pouvoir, ils ne se sentent plus « pisser », se soustraient aux lois ordinaires et se donnent le droit de n’en faire qu’à leur tête.
C’est vrai du dealer de dope dans les quartiers, celui qui s’enrichit à vue d’œil, roule en grosse cylindrée, enfreint toutes les règles, joue au caïd intouchable, comme du politique mégalomane intoxiqué par la toute puissance de ses mandats ou du gros magnat qui pense qu’il peut tout acheter et acheter tout le monde.
Les dieux ne manquent pas. Ou plutôt ceux et celles qui se prennent pour tels.
Il n’est que normal que nous cherchions à les faire descendre sur terre, à renverser leur trône et à les mettre à la place qu’ils ne devraient pas quitter, celle d’humains ordinaires.
Ils n’aiment pas être renversés mais c’est tant pis pour eux. Ils font trop de mal lorsqu’on leur laisse la bride sur le cou.
Cela étant, il faut comprendre que les humains puissent rêver d’être ou de devenir des dieux. Vouloir s’élever est une noble ambition.
Mais s’élever vers quoi ?
Se hisser jusqu’à la pleine stature d’un être humain !
Être dieu sur terre pourrait se traduire par : se donner les moyens de vivre en plénitude l’existence présente.
En éliminant, autant que faire se peut, les sources de malheur qui nous accablent trop souvent, en veillant à en générer le moins possible pour les autres, nous créons les conditions d’une vie belle et désirable.
En donnant le meilleur de nous-même dans nos relations avec autrui nous ajoutons de la valeur exquise à nos vies.
Être dieu n’est pas hors de portée ni signe de folie. À condition que le dieu en question soit l’expression du meilleur que nous portons tous en nous.
Entre l’humain tout court, celui qui accepte de sacrifier aux pulsions les plus viles qui l’habitent et celui qui consciemment mise sur la joie suscitée par les qualités du cœur et de l’esprit tournés vers autrui, dans la justice et dans la paix, entre ces deux manières d’être, se dévoile la différence entre la mort et la vie. (...)



☐ 16/3/2021

Passer à côté, sans voir

Nos regards sont extrêmement sélectifs. Il est vrai que l’on ne peut pas tout voir .
Il y a tant de choses, tant d’êtres qui peuplent notre univers.
Nous nous arrêtons de préférence devant ce qui a un intérêt immédiat à nos yeux.
Dans notre conception « utilitaire » de la vie, nous développons des antennes qui repèrent ce qui est fait « pour nous ».
Le reste nous indiffère.
Nous passons à côté sans le voir.
Sans dire : bonjour ou bonsoir ! Bienvenue ou au revoir !
N’existe que la sélection que nous opérons pour faire « notre bonheur ».
Une sorte d’inconscience nous habite.
Si nous accordions une attention réelle à des hommes et à des femmes qui crèvent de ne pas être regardés comme des êtres dignes d’intérêt, eux aussi, nous découvririons que nous possédons un pouvoir extraordinaire, celui de donner la vie à quiconque se sent relégué, ignoré, méprisé.
Rien qu’en regardant et en voyant celui ou celle qui est transparent pour les autres.
Ils et elles qui font l’expérience de cette inexistence dans le regard d’autrui sont légions.
Ils préféreraient parfois être insultés ou maltraités plutôt que de passer inaperçus.
Le regard que d’autres posent sur nous est primordial. Il nous institue dans un partenariat. Nous devenons importants l’un pour l’autre et la vie surgit de cette rencontre.
Nous finissons par trouver « normal » qu’il en soit ainsi, pour nous.
Nous devrions trouver tout aussi « normal » de le faire pour d’autres.
Eux aussi ont besoin d’être vus et reconnus.
Eux tous aspirent à voir un regard favorable se poser sur eux.
Ce regard peut être l’étincelle qui fait jaillir l’assurance d’être quelqu’un qui compte à la face du monde.
Je suis, j’existe, je vis, parce que des yeux réfléchissant le respect et l’estime, m’ont fait réaliser que j’étais membre, à égalité de droits, du corps humain tout entier.



☐ 15/3/2021

Passer à l’offensive

Les êtres humains, dit-on, sont des « Gewohnheits Tiere » ! Des animaux à habitudes.
Ils s’habituent, en particulier, au confort.
Dès qu’ils se sentent bien quelque part ou avec quelqu’un, ils ont tendance à vouloir établir là leur campement définitif.
Pour jouir de la situation qui leur convient à merveille.
Et pour se laisser vivre, non sans un brin de paresse, sur le petit nuage de leurs rêves.
Moyennant quoi, ils font tous l’expérience de la dégradation et de la régression inévitables de leur énergie et de leurs talents.
Sans être sollicité par la demande d’autrui et sans se secouer soi-même, pour donner le meilleur de soi, l’être humain se dessèche, s’atrophie, se néantise.
L’homme ne se déploie réellement dans la richesse des dimensions variées qu’il porte en lui, que dans la confrontation avec l’inconnu, la nouveauté, les êtres en quête de vie.
A force de mariner dans les mêmes circuits où tout n’est que routine et répétition monotone, l’esprit créatif et jaillissant s’éteint lamentablement.
La vie réserve de merveilleuses surprises à qui se laisse interpeller par des personnes avec lesquelles n’existe, à priori, rien de commun.
S’ouvrir à l’étranger, à un autre, à quelqu’un dont l’expérience de vie est radicalement différente de par ses origines ou son histoire personnelle, ne va pas de soi.
Nous préférons de loin avoir à faire avec ceux et celles que nous connaissons bien, qui nous sont familiers et proches . Nul effort n’est nécessaire pour être avec eux.
Mais la sclérose guette.
Nous n’attendons plus rien d’inédit de leur part et eux n’en attendent pas davantage de nous.
Seuls le monde qui nous est étranger, les hommes et les femmes qui vivent autrement, qui pensent et qui aiment différemment, peuvent nous réserver de quoi dynamiser encore notre existence.
Sortir des cercles trop étroits qui, à notre insu, se transforment en étaux, respirer l’air frais que provoque l’ouverture sur l’inconnu, sont des sources de bonheur incroyables dont nous nous privons stupidement.
Il faut oser sortir des ornières et des routines pour découvrir le piment de la vie.
À moins de préférer le faux confort de ce qui n’apporte plus rien à personne mais qui ne nécessite pas de prise de risque.
Vivre en plénitude exige d’oser, encore et toujours et d’aller au devant de ce qui recèle, forcément, de l’inespéré.



☐ 14/3/2021

Achour est mort

Il nous a donné du fil à retordre. Pendant des années.
Habitué à vivre tantôt dans la rue tantôt dans des abris de fortune, il gardait quelques points d’ancrage dans des structures où il était connu comme le loup blanc.
Espoir fut l’une de ses valeurs refuges.
Accompagné depuis très longtemps de son ami André et de leurs compagnons à quatre pattes, il savait faire entendre ses revendications et ses suppliques avec une insistance qui souvent nous mettait mal à l’aise.
Des solutions avaient été trouvées pour leur hébergement et pour des occupations rémunérées. Aucune ne tenait dans la durée.
L’alcool et le fréquent recours à la violence leur ont fermé des portes.
Leur détresse, par moments, ne laissait pas insensible.
D’un commun accord nous avons imaginé que la moins mauvaise solution serait qu’ils habitent dans une caravane, dans un endroit un peu à l’écart.
Nous étions disposés à leur faire don de la caravane mais nous n’avons jamais trouvé le terrain viabilisé nécessaire pour la poser.
Achour est mort il y a quelques mois de cela, dans le plus total anonymat. André est très malade et d’une grande timidité, à l’inverse d’Achour qui osait tout.
Leur marginalité aurait nécessité un accompagnement très spécifique. Jacques était l’un des rares qui s’y est essayé.
Faute de moyens matériels, notamment pour un emplacement approprié, nous n’avons pas été en capacité de les aider véritablement à vivre selon leurs aspirations à la liberté d’être marginaux, en même temps que respectés par nous tous.
Achour, dans ma mémoire, reste une énigme et le sujet de nombreuses interrogations sur l’inadéquation de nombre de nos pratiques d’accompagnement.
Au cas par cas il faudrait que nous parvenions à prendre en compte les aspirations individuelles, là où, trop souvent, nous offrons des réponses stéréotypées.
Il ne faudrait pas vouloir faire rentrer les humains dans des moules.
Entendre leur soif d’originalité serait un premier pas vers une rencontre authentique.
Achour est mort.
Il n’aura guère été entendu et compris.
Et pourtant il criait fort.
Mais il n’y a pas pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre.
Ses cris de rage résonnent encore dans ma tête.
Il fut un enfant perdu que personne n’a su trouver.
Ils sont légions.
Nos sociétés font la sourde oreille. C’est tout, sauf la solution.



☐ 14/3/2021

Une des caractéristiques de l’esprit humain a pour nom : la suspicion.
Tout ce qui nous fait plaisir, nous réjouit et nous rend heureux, est forcément trop beau pour être vrai et honnête.
« Qu’est-ce que ça cache ? »
« Où est l’arnaque ? »
C’était la question des passants, avant Noël, quand Espoir distribuait gratuitement une tasse de thé chaud dans les rues de la ville.
Ce fut et c’est encore la conviction de beaucoup qui refusent obstinément de croire que mon unique salaire pendant les près de 50 ans à la tête d’Espoir, était celui que j’ai perçu en qualité de pasteur.
Non, je n’ai pas été PDG salarié au tarif syndical.
C’est inimaginable pour des personnes qui ont en tête que chaque être « normalement » constitué cherche à tirer le plus grand profit personnel des meilleures situations qu’il peut se créer.
Le « normal / anormal », bien que moralement condamnable, est couramment admis comme étant la pratique générale.
Tout le monde triche. Tout le monde essaye de s’en mettre plein les poches. Tout le monde ne fait rien en étant désintéressé.
L’image que nous véhiculons de notre commune humanité est celle du marigot au sein duquel tout est glauque, cynique et pervers.
Chaque individu se met à part. Le monde, sauf moi, est traversé par la ruse, la perfidie, le mensonge et l’escroquerie.
Tout y est noir. Tous les autres, pas moi bien sûr, sont mauvais. Il faut s’en méfier.
Et s’habituer à vivre dans cet univers où l’ombre règne.
Puisque tout est pourri et trompeur, il convient d’apprendre à être plus futé que le voisin. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois.
C’est l’exact portrait de la société que nous nous fabriquons et que nous pratiquons avec ses règles, les unes plus tordues que les autres.
L’enfer est là.
Dans le méli-mélo où chacun, avec ses méthodes, cherche à se faire une place, la meilleure possible, fut-ce au détriment des autres.
Il pourrait y avoir une solution alternative.
Elle supposerait que nous posions un autre postulat de départ.
Refusant de considérer que tout et tout le monde est pourri a priori, je ne participe pas au jeu de dupes qu’impose la vision majoritaire.
Je peux vouloir croire que les humains ne sont pas nécessairement des salauds, même si certains le sont pour de vrai, et me donner pour ligne de conduite le respect d’autrui, crédité d’emblée de ma confiance et de mon estime.
En suivant cette voie, je me suis certes fait berner plus d’une fois et l’envie de généraliser ma méfiance m’est venue de temps à autre.
Je ne regrette cependant pas d’avoir opté pour la confiance. Elle crée des moments de félicité extraordinaires.
Elle met de la lumière et de la joie dans notre vie et dans notre monde habitué aux ténèbres du mal et de sa roublardise.
Elle fait réellement sens.
Elle illumine bien au-delà de la sphère restreinte de nos existences.
Il vaut la peine de lui faire confiance.



☐ 12/3/2021

Entre l’hiver et le printemps, le temps des mutations de la vie.
L’ancien n’est plus, le nouveau n’est pas encore,
mais tout indique que le futur prend corps.
Source d’espérance et de réjouissance.
Le monde saura accoucher en souffrance
D’un désir de renouveau en puissance
Propre à remplir nos cœurs et tous nos sens
D’ardeur, de joie et de reconnaissance.



☐ 12/3/2021

Comprendre l’essentiel

C’est en situation de privation que nous réalisons l’importance des choses essentielles à nos vies.
Les semaines et les mois actuels sont marqués par l’interdiction des rassemblements et des rapprochements. Il faut se tenir à bonne distance des autres et prendre d’infinies précautions pour éviter les contacts potentiellement risqués.
Ça va bien un court moment, mais voilà que cette pratique relationnelle distanciée, inscrite dans une durée incertaine, commence à nous courir sur le haricot.
Certaines privations ne font pas trop souffrir. On peut s’habituer à des contraintes qui ne modifient pas fondamentalement nos existences.
Il en est d’autres, par contre, qui de confinement en couvre-feu, s’avèrent réellement insupportables, car en totale contradiction avec les besoins essentiels à notre équilibre psychique.
Je me suis fait incendier par un médecin qui m’a vertement reproché, il y a un an, de dénoncer l’inhumanité de certains EHPAD où les familles ne pouvaient plus accompagner leurs vieux parents jusqu’à la mort.
Aujourd’hui je persiste et je signe.
De quoi à besoin un être qui est dans le tunnel de la mort ? De soins palliatifs et de la présence des siens.
Tout comme nous avons besoin, à tous les stades de nos vies, de liens affectifs qui assurent notre sérénité et notre joie d’exister.
Enlevez l’écorce d’un arbre. Vous arrachez les vaisseaux qui l’irriguent de la sève qui le fait vivre. L’arbre reste debout mais il est mort.
Notre écorce est constituée par les échanges que nous avons, les uns avec les autres.
Avec celles et ceux qui nous aiment et que nous aimons. Avec celles et ceux qui réjouissent notre âme, par leur seule présence ou par les partages que nous avons ensemble.
L’immatériel de la relation est notre essentiel.
Privés de relations, nous périssons.
Il faut les chérir ces liens. Les nourrir. Les bénir. Les vouloir pour soi et les offrir généreusement aux autres.
N’en soyons pas avares. Ils produisent des fruits au centuple.
Le pouvoir médical et le pouvoir politique qui se disputent aujourd’hui le droit de nous dicter ce qui est bon pour nous et ce qui nous est interdit, doivent être arrêtés au seuil de notre intimité.
Notre intimité est un subtil et précieux tissage de liens qui nous permet de nous tenir debout.
Nul n’a à s’immiscer dans ce monde mystérieux qui appartient en propre à chacun et par lequel nous communions avec autrui.
Comprendre ce qui est essentiel à chacun d’entre nous et le défendre coûte que coûte, y compris contre les pouvoirs divers et variés qui veulent régenter nos existences, y compris contre nos divagations les plus insensées, est le point de départ d’une vie libre et joyeuse.
Nos amours immodérés pour toutes les futilités qui miroitent à nos yeux sont aussi des pouvoirs invasifs et nuisibles.
Au même titre que les autres, ils doivent être passés au crible de l’utilité.
A quoi nous servent les choses illusoires ?
Une seule réalité nous fait être pleinement vivants : nous serrer mutuellement dans des bras accueillants, chaleureux et généreux en affection et en tendresse.



☐ 9/3/2021

Enclencher la bonne vitesse

Enclencher la marche arrière au lieu de la marche avant peut coûter cher au conducteur et à ceux qui se trouvent sur sa route.
Il vaut mieux s’assurer deux fois plutôt qu’une seule du choix de la manœuvre.
Mis en difficulté, l’être humain se doit d’être tout aussi prudent dans sa façon de réagir aux événements qu’il subit.
Il est normal que l’on ne se laisse pas marcher sur les pieds.
Qui accepte d’être offensé ou agressé sans manifester sa désapprobation, donne à l’autre des verges pour se faire battre.
La faiblesse des uns fait la force des autres.
Un ventre mou excite la curiosité de celui qui veut savoir jusqu’où il peut se défouler et jusqu’où l’autre se laissera humilier voire anéantir.
Nous sommes faits pour nous respecter mutuellement et pour nous signifier les limites de l’acceptable et de l’inacceptable.
Les rapports de force qui sont censés équilibrer nos relations sont cependant très inégaux.
Nous n’avons pas les mêmes bagages physiques et intellectuels. Nous pouvons aussi nous trouver seul face à des opposants en nombre.
L’idéal, toujours, consiste à évaluer les risques encourus par les répliques qui fusent de nos colères et de notre indignation.
Nous sommes pris par l’envie « d’en découdre », de « rentrer dans le lard » de la personne qui nous fait souffrir.
Il est certain que nous déclenchons ainsi la spirale du pire. Les « revanches » vont aller crescendo.
Nul ne sait où et comment se terminent ces joutes.
La façon la plus raisonnable de tuer dans l’œuf un tel cercle vicieux est celle qui consiste à refuser d’enclencher la vis sans fin du rendu pour un prêté.
« Der Klügste gibt nach » disaient nos anciens.
Le plus intelligent renonce à polémiquer.
Plus facile à dire qu’à faire car nous avons notre fierté. Aussi parce qu’il nous semble peu pédagogique de laisser à l’auteur du mal commis, le sentiment d’avoir gagné la partie par KO.
Créer de la souffrance injuste chez l’autre mérite d’être sanctionné. Pour qu’il apprenne à ne plus rééditer ses mauvais agissements.
Il n’est cependant écrit nulle part que c’est la victime qui doit se venger, même si elle brûle du désir de le faire.
La victime gagne en sérénité si elle parvient à accorder son pardon personnel et à s’en remettre à d’autres pour la rétribution qui s’impose. Car elle s’impose toujours.
Le mal ne peut et ne doit pas rester impuni.
La sagesse populaire, quand elle dit : « bien mal acquis ne profite jamais », repose sur un constat sans faille à travers l’histoire des humains.
Il n’est pas nécessaire de chercher à faire du mal en retour. Le mal, toujours, se retourne contre son auteur, tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre.
Un bien volé à autrui ou une victoire arrachée au moyen de la violence, finissent toujours par pourrir l’existence de l’usurpateur.
Qu’importe le temps qu’il faut pour que la situation s’inverse. Elle s’inverse.
Forts de cette certitude ancrée dans l’histoire, il nous est permis de libérer nos esprits de la hantise du rétablissement de la justice.
Nous pouvons même nous offrir le luxe d’accorder notre pardon.
Mais, Dieu qu’il est difficile de parvenir à cette conclusion synonyme de délivrance !



☐ 8/3/2021

L'étranger

L’entre-soi est un refuge sécurisant. On s’y comprend à mi-mots.
Même culture, mêmes références et mêmes traditions.
Tout baigne au sein des communautés formées sur la base des identités similaires .
Le tourbillon de la mondialisation sauvage qui a été déclenché par les assauts commerciaux a dérouté beaucoup de monde et poussé les semblables à se regrouper entre eux.
La conquête de nouveaux marchés et les facilités offertes aux touristes ont cassé les anciennes frontières et favorisé un universalisme plus ou moins maîtrisé.
Le monde perçu comme un grand village présente un visage très attrayant pour les plus audacieux qui se sentent à l’aise partout et qui tirent profit de tout.
Il ne manque cependant pas d’effrayer les plus peureux et les plus recroquevillés sur leur pré carré, dans tous les domaines de leur existence : mœurs, religion, traditions, us et coutumes, alimentation, éducation, conceptions de la vie et du rôle de chacun etc.
Chez ces derniers, le réflexe protecteur prend le pas sur les espoirs suscités par une plus grande ouverture au monde. Ils se referment frileusement sur eux mêmes et rejettent, parfois violemment, ce qui vient d’ailleurs.
C’est l’un des phénomènes les plus dangereux que nous traversons aujourd’hui en société.
Plus les brassages occasionnés par les mouvements de population et les échanges commerciaux ont tendance à fabriquer un être d’un genre nouveau, un melting-pot vivant, adaptable et interchangeable selon les latitudes où il se pose, plus nous assistons à la montée en puissance de groupes qui s’autonomisent les uns par rapport aux autres.
Et se regardent en chiens de faïence. Avant d’en découdre et de s’entre-tuer.
L’universalisme a un revers : le communautarisme.
L’Alsace qui ne parvient pas à s’intégrer dans le Grand Est est une illustration de la tension qui nous fait désirer les grands espaces comme l’Europe ou le monde et qui dans le même temps nous fait nous replier sur le local, le « chez-nous ».
La brutalité avec laquelle nous sommes projetés dans la confrontation avec « l’étranger », l’inconnu et le différent, nous ébranle.
Qui est dans le vrai ? Qui se trompe ?
Face à ce questionnement, deux attitudes sont possibles :
- Le rejet de l’autre, la négation de ce qu’il est et de ce qu’il incarne.
- L’acceptation de la différence et la recherche d’un nouveau consensus.
Le rejet est la réaction la plus fréquente et la plus facile.
L’entrée en discussion implique de l’écoute et de la curiosité.
L’étranger me déstabilise, mais il peut aussi m’enrichir.
Toutes mes certitudes ne sont pas nécessairement les plus justes. Il est dans mon intérêt de laisser l’autre, les autres, me questionner sur leur pertinence et m’apporter leur vision à eux.
Le malheur veut que cette mise en éveil mutuelle prend rarement le bon chemin, celui de l’estime et de l’amitié qui donnent envie de s’ouvrir et de découvrir.
Elle se fait plus fréquemment par des chocs violents, au moyen de guerres, d’invasions, d’agressions ou de « colonisations ».
C’est ce qui la rend si difficile, voire impossible et qui suscite l’élévation de murs et de barrières là où il serait de l’intérêt de tous de pratiquer la rencontre dans un esprit de partage.
L’étranger peut être porteur de renouveau. Je peux l’être aussi pour lui.
À la seule condition de nous rencontrer en frères et non en ennemis.
Pour ce faire il est nécessaire de penser que la vérité de la vie et du vivre ensemble est diffuse au sein de l’humanité, que personne ne la détient en exclusivité et que la mise en commun fraternelle demeure la voie d’accès privilégiée de la plénitude à laquelle nous aspirons.



☐ 4/3/2021

Être dans les bons papiers

À défaut de pouvoir décrocher un poste qui donne de l’influence, on peut se contenter d’être dans les bons papiers de ceux qui ont tiré le pompon.
C’est tout un art.
Il faut surtout avoir l’échine très souple, car dès lors que l’on se plie pour plaire à autrui, il n’est plus question de se rebiffer par la suite. Sauf à être banni par celui ou par celle qui pense que vous lui devez tout et que vous êtes ingrat et insolent.
Faire allégeance à un quelconque pouvoir, dans l’intention d’être récompensé en étant bien vu, est une posture très servile et très risquée.
En se comportant comme un paillasson on finit par être traité comme une serpillère.
Tu m’aimes ou tu fais mine de me respecter parce que je peux être utile à tes ambitions, et bien, tu apprendras à te soumettre à mes tocades et à mes foucades.
Les êtres humains ont beaucoup de mal à être simplement, mais courageusement, eux-mêmes.
Comme dans la course à l’échalote, il y a plus de perdants que de gagnants dans la conquête des places de pouvoir.
Les perdants peuvent, croient- ils, se rattraper en faisant « ami-ami » avec les vainqueurs.
Les vainqueurs n’ont souvent que mépris pour les flatteurs et les flagorneurs qui recherchent leur compagnie pour en tirer profit.
Ainsi va la vie.
Mais nul n’est condamné à se laisser attirer par la « gloire » des gens qui gagnent.
« À force de tourner autour du soleil, on devient con comme la lune. »
On peut rester debout et vivre avec ce que l’on est et ce que l’on a, sans vendre son âme à un quelconque détenteur de pouvoir.
C’est tout à fait possible.
Ce n’est pas nécessairement une sinécure.
Les petits et les grands marquis qui se pavanent à la tête de leur « royaume » ont beau ne pas aimer les vils cireurs de pompes qui les entourent, ils aiment encore moins ceux qui leur tiennent tête.
À ces opposants, ils couperaient bien la tête. Il leur font payer leur insoumission. Toutes les occasions sont bonnes pour leur jouer de sales tours et pour leur en faire baver.
On peut leur résister et y survivre.
Dès lors que l’on a dans l’esprit le désir de vivre en étant fidèle à l’idéal du service à rendre à autrui, les vexations sont inévitables, mais aussi supportables.
Les mirages du pouvoir sont épouvantables pour ceux qui se laissent posséder par lui et tout aussi néfastes pour ceux qui lui font la cour.
L’avenir heureux des humains est à rechercher bien plus sûrement dans les liens de la dépendance mutuelle avec, au cœur, les sentiments de la bienveillance et la joie du partage.



☐ 2/3/2021

Le complexe du coq

L’envie de se hisser sur ses ergots et d’en imposer fièrement, devant une basse-cour de spectateurs médusés, n’est pas à prendre à la légère.
Ce genre de complexe « du coq » peut saisir n’importe qui, à tout moment.
À force de se sentir inexistant aux yeux d’autrui, voire d’être humilié, peut naître le besoin incompressible d’oser, à son tour, affirmer sa dignité en se poussant quelque peu du col.
D’autres le font. Pourquoi pas moi ?
Qu’ont-ils de plus que moi ?
Du culot à revendre.
C’est leur force. Ils ne doutent de rien. Surtout pas d’eux-mêmes.
Ils se hissent sur le podium et proclament urbi et orbi : « j’y suis, j’y reste ».
C’est ainsi que se forgent de nombreuses carrières, politiques notamment.
Prendre le pouvoir n’est pas donné à tout le monde.
Ceux qui le prennent n’ont pas nécessairement plus de qualités ou de compétences que le commun des mortels.
Ils sont plus audacieux et plus imbus d’eux-mêmes que le plus grand nombre.
J’ai même vu des dindes se prendre à jouer aux coqs.
C’est en position d’exercer le pouvoir que se révèlent les aptitudes à la gouvernance et à l’art de conduire des êtres et des affaires.
Les crises de l’autorité sont partout.
Elles crèvent les yeux.
Les détenteurs de pouvoir ont la fâcheuse tendance à se laisser dominer par leur orgueil et à abuser de leur place, au-dessus des autres.
Plus ils cherchent à s’élever et à prendre leur monde de haut, moins ils sont crédibles.
« Plus le singe grimpe haut dans l’arbre, mieux on voit son cul. »
L’autorité ne se décrète ni ne se confère.
Seuls comptent les actes qui en témoignent.
Notre tort, en tant qu’humains, c’est de nous laisser impressionner par les clowns qui jouent à nous faire ramper devant eux.
Nous n’en serions pas arrivés à certaines extrémités calamiteuses si nous avions porté un regard sans concession sur l’authenticité de « coqs » en carton-pâte auxquels nous avons fait allégeance.
La soumission à des pouvoirs usurpés ou diaboliques est notre plus grande erreur à travers les âges.
Tout pouvoir qui n’est pas exercé dans l’unique dessein de servir les intérêts de l’humain en particulier et de l’humanité en général, est source d’injustices et de malheur.
« Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. »
« Qui s’élève sera abaissé. »
Un évangile révolutionnaire vous dis-je !



☐ 1/3/2021

Le titre du dernier ouvrage composé d’écrits de détenus de la maison d’arrêt de Colmar « Dernier bout de chemin », indique clairement la fin d’une série comprenant une quinzaine de volumes réalisés au fil des années d’existence de « l’atelier d’écriture », animé bénévolement par Marguerite Rodenstein.
Elle a pris énormément de plaisir à offrir à de nombreuses personnes condamnées pour divers délits et privées de liberté, la possibilité de s’exprimer sans filtre sur les remords et les espoirs qui les habitent dans la solitude de leur cellule.
Nous ne pouvons oublier que les détenus, quelle que soit la raison de leur incarcération, sont des êtres humains, des êtres de chair et de sang et qu’ils sont reliés à des familles ou à des amis qui subissent eux aussi les effets de la peine.
Ce qu’ils nous disent d’eux, avec des mots souvent simples mais émouvants venus de leur for intérieur, est une passerelle précieuse pour la compréhension des actes commis et pour la souhaitable restauration des liens avec la société qui les a exclus.
Mettant à profit la fermeture définitive de la prison de Colmar et donc la disparition de l’activité de l’atelier d’écriture, Marguerite Rodenstein fait valoir ses droits à une nouvelle « retraite » fort méritée après près de 30 ans de « semi réclusion » derrière les murs et les barreaux qui l’ont rapprochée des détenus.
Fermeture de la prison, fin de l’atelier d’écriture et dernier livre publié par son animatrice, sont ainsi « au bout du chemin ».
Un chemin qui se poursuit sous d’autres cieux pour des êtres incarcérés qui toujours encore auront besoin de se savoir écoutés et qu’il sera nécessaire de laisser, d’une manière ou d’une autre, s’exprimer librement afin que leur enfermement ne les condamne pas aussi à se murer en eux mêmes. Ce qui est le pire des enfermements.
NB Le livre est disponible, contre un don au profit des activités d’accompagnement des détenus, auprès de Marguerite Rodenstein03 89 41 05 78



☐ 26/2/2021

[...] Il peut arriver à tout le monde de faire du mal à autrui.
Ne pas chercher à y remédier c’est abandonner celle ou celui qui a eu à en souffrir, à pâtir sans fin de ce qui lui semble injuste.
L’idéal, aux yeux de beaucoup, serait que l’offensé finisse par oublier.
Il n’en est rien. Un petit abcès non soigné peut dégénérer en énorme infection.
Se résoudre à demander pardon.
Le cas échéant, s’entendre sur une indemnisation, parfois même symbolique.
Redonner à l’autre le statut d’un égal auquel on concède le droit d’être réhabilité pleinement.
Ces démarches n’ont plus rien à voir avec une quelconque religiosité. Elles relèvent de l’élémentaire psychologie qui nous est commune.
Nous sommes agressés et rendus malades par toute injustice et toute violence commises à notre égard.
Pour éviter que toute une vie ne sombre dans les affres des blessures invisibles, pour empêcher le délitement des relations indispensables, il importe que nous trouvions en nous la force et la sagesse de faire route vers nos « offensés » et nous sortir ensemble de l’ornière dans laquelle nous nous sommes embourbés.



☐ 22/2/2021

Le goût du pouvoir

Aucun groupe humain n’échappe à l’émergence, en son sein, d’un ou d’une chef/fe.
À croire que certains sont nés avec ce charisme et que les autres ne demandent pas mieux que de les adouber.
Quitte d’ailleurs à leur tomber dessus à bras raccourcis au moindre couac.
Est-ce là un reste de notre animalité ? Une survivance de nos origines lointaines et de la logique des meutes, des troupeaux et des tribus ?
Peut-être !
Mais il y a chef et chef.
Tous les « conducteurs », guides, meneurs, directeurs, n’ont pas le même rapport au pouvoir que leur confère leur place en tête.
Inutile de trop disserter sur les « duce, les führer et autres commandante » qui laissent leurs empreintes sanguinaires dans l’histoire.
Grands ou petits chefs, il en est beaucoup à qui leur statut monte à la tête et leur fait perdre le sens des réalités et des convenances.
Ils sont nombreux ceux et celles qui n’usent pas de leur prérogatives mais qui en abusent.
Ils ne se privent pas de se hausser du col et d’écraser leurs subordonnés de tout le poids de leur sadisme, de leur manque de respect ou de leur mépris ostensible.
Ceux-là, de toute évidence, ne sont pas nés pour l’exercice des fonctions qu’ils occupent.
Ils usurpent le pouvoir. Par ruse, par force, par séduction ou par trahison ils parviennent à leurs fins.
Leur gouvernance est rarement couronnée de succès. Leurs carences ou leurs excès finissent par se voir et leur carrière se termine en général dans la détestation ou dans la déchéance.
Ça prend parfois du temps mais ça ne se termine jamais en beauté.
« Qui dit-on que je suis » ?
La question se pose à propos de personnes qui s’imposent par leur densité humaine et qui n’ont pas besoin de recourir aux artifices du pouvoir.
Leur manière d’être, à la fois « à la tête » et néanmoins proches, accessibles et amicaux, déroute les esprits.
Un élu à qui l’on reprochait ses méthodes caporalistes a répondu à ses détracteurs qu’un chef était fait pour « cheffer », sous-entendu, pour mener son monde à la baguette .
Il a confondu, tout au long de ses mandats, autorité et autoritarisme.
L’autorité est naturelle. Elle n’a nul besoin de forcer les traits. Elle est inhérente à des êtres qui respirent la force tranquille et dont le rôle est d’accompagner et d’éclairer les autres.
L’autoritarisme est la caractéristique des gens sans charisme mais assoiffés de dicter leur loi aux autres.
Ils ne s’encombrent d’aucune considération humaine. Ils aiment humilier les autres !
Ils jouissent de leur domination et de la souffrance qu’ils infligent aux autres.
Là où l’être animé du sens fraternel se réjouit de pouvoir mettre au service d’autrui les dons particuliers qui lui sont accordés.



☐ 21/2/2021

Ne pas confondre règne et royaume

La confusion est hélas fréquente.
Espérer l’instauration d’un royaume, celui d’un monarque ou celui des cieux, c’est délimiter un espace et élever un trône à une tête couronnée. Un royaume est très concrètement l’établissement d’un puissant souverain.
Et l’assujettissement du peuple qui lui doit obéissance.
Toute autre est l’espérance d’un « règne ».
Nul besoin de décréter qu’un territoire est désormais la propriété d’un roi ou d’un empereur.
Quand nous souhaitons que « règne » la paix, par exemple, nous comprenons le règne comme un état d’esprit, une dynamique invisible mais réelle qui s’exerce sur nos mentalités et les fait passer du goût de la rivalité à celui de la coexistence pacifique.
Changer de règne c’est changer de registre intérieur.
La méditation qui nous permet de nous isoler du brouhaha médiatique ou de l’agitation commerçante favorise la perspicacité.
Nous y voyons plus clair quand nous prenons du champ par rapport au méli-mélo des politiciens ou des vérités toutes faites des médias et de l’opinion générale.
Nous y puisons en particulier une saine méfiance envers les systèmes qui prétendent nous rendre la vie plus agréable alors qu’en réalité ils nous mènent par le bout du nez à travers le règne de l’absurde et du non-sens.
Le « retrait », la prise de distance, sont des pratiques salutaires pour notre esprit trop souvent encombré et piraté par les fameuses fake news qui font fureur dans le monde. Plus un « bateau » est énorme, plus il a de chance d’être assimilé et colporté .
Car la vérité ultime qui devrait faire un « tabac » au sein de l’humanité est trop simple pour être prise au sérieux. Elle manque singulièrement d’exotisme.
Sa banalité n’emporte pas notre enthousiasme.
De sa naissance à sa mort l’homme cherche midi à quatorze heures et passe ainsi à côté de la vie.
Il est facilement sous le règne de certains euphorisants, de produits qui dopent ses neurones, qui l’entraînent vers des paradis de pacotilles.
Le règne de la main tendue, des uns aux autres, plutôt que celui des croche-pattes imbéciles, n’excite pas grandement notre curiosité en quête d’émotions fortes.
Jusqu’au jour où, à la faveur, d’une rencontre ou d’un gros choc, il nous devient évident et lumineux que le bonheur est à portée de main. Celle qui en se tendant vers autrui, donne, un peu et reçoit au centuple.



☐ 19/2/2021

Il faut apaiser les relations humaines

Ça « frite » un peu partout. Les nerfs des uns et des autres sont à vif. Trop de préoccupations diverses et variées assaillent les esprits.
Le climat général évolue vers la douceur en ce qui concerne les températures mais les tensions restent fortes entre les individus et les nations.
Les craintes liées à la contamination par le virus et ses variants font le reste : un monde fragile et vulnérable.
Au sein duquel les plus démunis de tout sont les victimes les plus mal traitées.
Une amie m’appelle du fin fond d’une vallée vosgienne, ce matin, pour m’informer de la situation d’un homme récemment libéré de prison et qui ne trouve nulle part à être logé.
Une petite association récemment créée par des travailleurs sociaux (il ne s’agit pas de Flames) était heureuse, hier, d’annoncer qu’elle venait d’héberger à l’hôtel un homme qui, depuis des mois, se terrait dans une forêt des environs.
Nous sommes au 21ème siècle. La NASA envoie un robot sur Mars. Nous applaudissons, à juste titre, la prouesse technologique.
Dans le même temps, nous sommes incapables de respecter la dignité de tout être en lui assurant un toit sur la tête.
Un chef d’entreprise, en Belgique, ouvre les portes de ses bureaux, la nuit, à des personnes sans domicile fixe. Une église, je ne saurais plus dire où, offre le même accueil.
Les solutions existent.
Il faut le déclic du cœur pour les rendre opérationnelles.
Je ferai le point aujourd’hui encore avec les amis de Flames pour apporter notre contribution à l’hébergement du détenu libéré évoqué ci-dessus.
La solidarité, ce n’est pas la mer à boire.
C’est tout au plus un coup de pied à se donner dans le postérieur pour mettre ses idées en place et pour se faire plaisir en aimant et en aidant le « prochain » qui est proche par sa souffrance et par sa quête d’humanité partagée.



☐ 16/2/2021

Réinventer le passé ?

Il est bien connu que les personnes qui prennent de l’âge éprouvent des sentiments nostalgiques à l’évocation de leur passé.
Je ne fais pas exception à la règle et je n’en ai pas honte.
Pace que notre passé n’a pas été un temps « paradisiaque », comme d’aucuns, sans mémoire, peuvent le donner à croire.
La guerre faisait rage à ma naissance et un douloureux après-guerre a été le théâtre de mes jeunes années.
Tout ou presque était à reconstruire. Papa n’est pas rentré de la guerre. Maman a dû travailler très dur pour nous élever, mon frère Paul et moi. Les tickets de rationnement limitaient drastiquement notre consommation.
Pas le moindre confort à la maison. Les WC au fond de la cour. Pas de salle de bain. Tous nos déplacements à pied. Un bus, de temps à autre. Nos vacances scolaires occupées à participer aux travaux domestiques.
Rien d’idyllique. De la dureté à tous les étages.
Mais avec des compensations qui aujourd’hui font cruellement défaut chez beaucoup, alors que la situation matérielle s’est fortement améliorée.
Ce sont ces compensations, du moins certaines d’entre elles, qu’il me plaît de rechercher à nouveau, malgré mon grand âge.
En lisant ce matin l’annonce mortuaire d’une ancienne voisine, sont remontées en moi des images qui m’ont fait chaud au cœur.
Elle était une des filles de notre boulanger, un grand ami de mes grands-parents.
Odile, en hommage à la sainte qui est censée veiller sur l’Alsace, avait dix ans de plus que moi et nous éblouissait par sa beauté. Elle avait été élue « reine des boulangers d’Alsace ».
Tout le quartier était fier de ce titre, pour elle et avec elle.
Nous nous sentions tous très concernés par la vie des autres qui constituaient notre « tribu ».
La famille dans son acception très large était notre nid protecteur, mais guère davantage que l’ensemble des voisins et des voisines avec qui nous partagions notre quotidien.
C’est à dessein que je parle de la tribu.
Grâce à l’esprit de la « grande famille » (prière de ne pas confondre avec la familia grande), je pouvais passer d’agréables moments au fournil, chez Joseph le boulanger ou avec la fille du sacristain. Enfants, nous étions chez nous, presque partout.
Les adultes nous ont offert un monde matériellement en ruines, mais résistant et joyeux, grâce aux liens qu’ils avaient tissés entre eux, bien au-delà des cercles familiaux.
Ils savaient pouvoir compter les uns sur les autres. Ils aimaient se recevoir et boire un verre ensemble. Les occasions pour faire la fête ne manquaient pas et au besoin ils se les créaient. Le bal annuel de la société d’aviculture que grand-papa présidait, était un temps fort que personne n’aurait raté sous aucun prétexte. Idem pour les expositions avicoles ou les fêtes paroissiales. Le besoin de convivialité était énorme.
Tout le monde savait à quel point chacun avait besoin des autres.
Le repli frileux sur soi-même est arrivé en même temps que le niveau de vie a augmenté au fil des ans. Chacun chez soi et les vaches sont bien gardées.
L’individualisme triomphant montre aujourd’hui ses limites. Le balancier, de toute évidence, est allé trop loin. Avec l’autonomie matérielle nous avons asséché les relations affectives, amicales, fraternelles.
Ces relations font gravement défaut.
Beaucoup les ont redécouvertes, avec bonheur, il y a un an, à la faveur du premier confinement.
Puis c’est retombé.
Ma conviction est que l’apprentissage d’un autre mode de vie plus solidaire prendra un peu de temps.
Nous le désirons.
Nous devons modifier notre « culture » en profondeur.
FLAMES se veut être, pour la soixantaine de promoteurs qui lancent l’association, un champ d’expérimentation pragmatique pour reformer des tribus.
La tribu est le cadre probablement le plus idéal pour éviter, d’un côté, l’isolement individuel qui nous sclérose et de l’autre, l’écrasement par la mondialisation qui nie nos individualités.
Vive la tribu !



☐ 10/2/2021

Des revenus décents pour tous

Je m’entends encore, il y a 30 ans, au sein de la commission d’évaluation du RMI créée par Michel Rocard, premier ministre, ferrailler avec des amis qui souhaitaient l’instauration d’un revenu minimum d’existence, inspiré par les travaux d’André Gorz.
Dans mon esprit, il ne fallait pas que la société baisse les bras devant le chômage de masse et qu’elle n’entre pas dans cette résignation en accordant, dès 18 ans, l’allocation de solidarité constituée par le RMI, aujourd’hui RSA.
Tout devait être tenté, selon moi, pour favoriser l’entrée des jeunes dans le monde actif.
Force est de constater que la situation, depuis lors, a encore empiré. Des dispositifs divers et variés ont vu le jour pour pallier le manque d’offres d’emplois disponibles, même si certains métiers peinent à recruter.
Aucune bonne solution n’a été trouvée jusqu’à présent. L’affichage politique a souvent prévalu sur la pertinence des mesures.
La doctrine économique ultra-libérale donne enfin à voir ses travers scandaleux.
Le monde étant devenu une immense place de marché, il convenait de libérer les forces de production des contraintes étatiques pour leur permettre de rester concurrentielles.
Alléger les règles, notamment celles qui protègent l’environnement, comprimer les bas salaires et diminuer les prélèvements fiscaux sont les exigences majeures des partisans du marché mondialisé.
Les États se sont exécutés.
Avec pour résultats, un niveau de chômage élevé, le recours à la main-d’œuvre immigrée, des jeunes sans perspective d’avenir, un manque crucial de recettes publiques, l’évasion fiscale, le massacre de l’environnement, les crises sociales et la demande accrue de sécurité qui vire à l’obsession et qui coûte un argent dingue à la collectivité.
Tout ça pour permettre l’enrichissement éhonté de quelques milliers de milliardaires plus fortunés et plus puissants que de nombreux États. La situation devient globalement intenable. Les risques d’embrasement sont connus et redoutés.
Faut-il attendre que tout explose ?
Y a-t-il des solutions autres ? Des réformes structurelles possibles ? Lesquelles ?
Nous devrions être préoccupés par ces questions de fond et organisés pour en débattre.
Ce serait l’honneur de la politique que de s’emparer de ce champ de réflexion et d’associer le plus grand nombre à l’élaboration d’un nouveau projet de société. Il y a une réelle urgence à cela. La crise sanitaire n’est pas la cause de nos déboires. Elle est le révélateur d’un mal plus ancien et plus profond. Elle nous fait voir le désespoir latent de notre jeunesse. Une société qui fait l’impasse sur l’avenir de ses jeunes se condamne à disparaître.
Des centaines de milliards sont injectés dans les circuits économiques pour éviter leur effondrement.
Combien de milliards sont-ils nécessaires, aujourd’hui, pour donner à tous les citoyens, dès leur majorité, un revenu équivalent au SMIC ? Et pour augmenter sensiblement ce salaire de base pour tous ceux qui travaillent ?
Les aides sociales pourraient être supprimées de ce fait.
Je parie que le surcoût ne serait pas gigantesque.
La dignité de tous serait respectée.
Que nul ne dise que c’est comptablement impossible. Les dix plus gros milliardaires ont augmenté de 540 milliards de dollars leur fortune depuis l’apparition de la pandémie.
De toute évidence, l'argent nécessaire pour réaliser les grandes réformes indispensables existe.
Aux États de le prendre là où il est et de mettre fin aux évasions fiscales et aux paradis fiscaux où est planqué le manque à gagner de la société universelle des salariés et des travailleurs. De ceux qui produisent la richesse dont quelques-uns seulement bénéficient.

PS Je n’ai aucune compétence pour traiter de ces sujets. On me le reprochera. Je reproche à ceux qui prétendent l’avoir de ne pas être mus par l’envie dévorante de changer positivement le cours des choses.



☐ 8/2/2021

Jamais je n’aurais pensé que...

À près de 80 ans, je viens de déposer au Tribunal Judiciaire de Colmar, le dossier visant à faire inscrire au registre des associations, notre nouvelle création collective : FLAMES !
J’étais décidé, depuis la triste fin de « mon Espoir », à me laisser glisser lentement mais sûrement, vers la plus complète des inactivités, ayant perdu le goût d’espérer et d’entreprendre. Écœuré aussi par l’ingratitude voire la méchanceté de prétendus « amis ».
Une nouvelle page de vie s’ouvre. Elle se veut pétrie de fraternité et d’esprit solidaire. Avec les quelques dizaines de membres fondateurs, tout d’abord. La mise en commun d’une partie de nos revenus en est l’acte symbolique le plus manifeste.
Avec des êtres pénalisés par la succession des crises passées et actuelles. La radicalisation des impératifs économiques et financiers laisse de très nombreuses personnes sur le carreau. Chômage, temps de travail partiel, solitude contrainte, perte de sens, font des dégâts considérables autour de nous.
D’ores et déjà nous parvenons à soulager certaines détresses dont nous avons connaissance.
Ce mouvement va nécessairement s’élargir. De nouveaux adhérents nous rejoignent chaque jour.
Je suis heureux et reconnaissant de pouvoir contribuer encore à cet élan fraternel. Le temps pendant lequel mes forces me le permettront. Avec déjà l’assurance d’une relève générationnelle qui a mis le pied à l’étrier.
Dans la joie et dans la bonne humeur, partagées avec une belle équipe d’amis unis dans le désir de rendre service, en faisant vivre dans le cœur de beaucoup le dynamisme de l’entraide fraternellle.
Bernard Rodenstein
Pour votre adhésion et vos dons :
Adresse provisoire : B.R. 18 rue Roosevelt
68000 Colmar
bernard@rodenstein.fr



☐ 7/2/2021

Il faut être prêt pour la mort à tout moment

C’est pourquoi il est indispensable de prendre toutes les dispositions nécessaires y afférant.
Me concernant, je ne peux pas ignorer que des amis qui me veulent du bien font tout ce qui est en leur pouvoir de nuisance pour m’envoyer rôtir en enfer.
Je formule pour elles et pour eux, le vœu le plus express qu’ils aillent au paradis.
Si, par malheur, ils devaient me rejoindre en enfer, je ne garantis pas leur tranquillité.
Mais, connaissant leur exquise pureté et leur incomparable grandeur d’âme, je suis sans inquiétude pour eux. St Pierre les recevra en grande pompe dans le paradis de tous les innocents.
Où, paraît-il, ils seront très seuls et où ils s’ennuieront à mourir.
Ce ne sera pas de ma faute. Et ce sera bien fait pour eux.
Et qu’on ne me dise pas que je suis mal disposé envers eux.
Je leur souhaite de tout cœur de recevoir ce qu’ils méritent.
Je ne peux pas être plus généreux.

Bernard Friedrich :
Cher ami, je fais tout ce que je peux pour alimenter le feu dont tu parles : je ne voudrais pas me retrouver seul à rôtir.

Bernard Rodenstein :
Merci à toi ! Nous rôtirons donc ensemble. Dans la joie et la bonne humeur !



☐ 5/2/2021

In memoriam l’ami Serge Gilles

Serge Gilles !
Un immense personnage né en Haïti il y a 85 ans et décédé ce 1 février 2021.
Serge a trouvé refuge en France et y a rencontré la Cimade, grâce aux amis Casalis.
Engagé politiquement pour l’instauration de la démocratie dans son pays, il a mis à profit son exil à Paris pour élargir le réseau des partenaires politiques, au sein de l’internationale socialiste et des Églises et pour faire connaître le drame de son pays soumis à la dictature et aux influences désastreuses, des États-Unis en particulier.
Un infatigable combattant pour la liberté des siens et pour leur accession à des conditions d’existence décentes.
En qualité de vice-président de la Cimade, en Janvier 1986, j’ai eu le privilège et la joie d’accompagner Serge, son épouse Betty et Dully Brutus, tous équipiers de la Cimade, en Haïti , au lendemain de la chute de Duvalier.
Il urgeait de rentrer au pays pour combler le vide politique créé par la chute du dictateur et pour offrir au peuple haïtien une alternative démocratique crédible et compétente.
Nous avons découvert, sur le vol Paris-Pointe-à-Pitre, la présence de la délégation communiste qui se pressait, elle aussi, pour être positionnée favorablement sur l’échiquier qui se recomposait à toute vitesse.
Serge, voulant bénéficier d’un accueil le plus triomphal possible à l’aéroport de Port-au-Prince, a décidé que nous passerions la nuit en Guadeloupe et que le retour serait décalé d’un jour, pour éviter le groupe communiste.
Nous étions sur nos gardes à l’arrivée. Nul ne pouvait savoir comment seraient reçus les exilés.
Après un arrêt mémorable dans la maison de sa maman où le plancher à failli s’effondrer sous le poids de la foule amassée, a commencé le marathon des contacts à établir avec les partisans restés sur place.
L’ambassadeur de France a été particulièrement bien disposé envers Serge et ses amis.
La situation politique était beaucoup plus détériorée que les exilés ne pouvaient l’imaginer. Tout le monde se méfiait de tout le monde. Des ambitions s’étaient faites jour et des hostilités surgissaient là où elles n’étaient pas attendues.
Serge visait clairement la présidence de la République. Il était dans le collimateur d’adversaires violents, sans foi ni loi.
Il a été élu sénateur et a joué un très grand rôle politique à de nombreux échelons.
Les défis à relever étaient surhumains. Serge et sa famille ont subi des violences atroces.
Il a résisté jusqu’au bout.
Un véritable lion ! Plein de fougue et d’une rare intelligence.
Je ne peux oublier les prédications de ce tribun, dans nos paroisses secouées par la puissance de ses convictions et de son espérance.
Serge ! Un ami fantastique. Un militant déterminé. Un esprit flamboyant. Vif et chaleureux.
Mes pensées émues vont vers Betty et les enfants et vers les compagnons de lutte de Serge. Ils avaient décidé, en 1986, de ne plus jamais quitter leur pays quoi qu’il leur en coûterait !
Ils ont payé un prix très élevé pour témoigner de leur amour de la liberté et de la démocratie. Haïti est toujours au bord du précipice. Son peuple ne voit toujours pas poindre la délivrance à l’horizon.
Haïti est sur la corde raide.
Mais Haïti , sans Serge et ses amis, aurait probablement sombré encore davantage dans le chaos le plus absolu.
Serge ! Avec mon immense admiration et ma reconnaissance sans borne de t’avoir rencontré sur ma route.



☐ 30/1/2021

L’exaspération

L’homme qui a tué, en Alsace et en Ardèche, des personnes qui ont exercé la fonction de responsable des ressources humaines, dans les entreprises dont il a été congédié, devait être parvenu à un niveau d’exaspération insupportable pour lui.
Exaspéré : mis hors de lui, par l’âpreté d’une situation qui lui a été infligée.
Le mieux, pour parler cyniquement, eut été qu’il retourne la violence qu’il n’a pas pu contenir, contre lui-même. Le suicide l’aurait délivré de sa haine et lui aurait évité de terminer sa vie de meurtrier en prison.
J’ai connu, dans l’exercice de mes fonctions au sein d’Espoir, plusieurs moments cruciaux où j’ai failli me faire assassiner par des personnes sorties de leurs gonds, suite à des renvois pour non-respect des règles en usage.
Dans un cas, en particulier, j’ai senti la lame d’un couteau, pointé sur moi, me frôler, juste avant que l’agresseur ne dévie sa trajectoire pour se fracasser la tête dans l’armoire qui se trouvait à proximité. Il a été plongé dans le coma et j’étais sauf.
Provoquer l’exaspération n’est pas un crime.
Mais en la déclenchant, le crime n’est pas à exclure.
Nous sommes tous capables de la susciter.
Dans les entreprises, aujourd’hui, elle est provoquée par des mesures radicales prises dans le huis clos, par des actionnaires et mise à exécution par des salariés bien rémunérés pour les basses œuvres.
Les licenciements vont en se multipliant. Pour protéger les capitaux investis, ce sont des êtres humains qui sont sacrifiés. C’est la dura lex du monde économique. Les capitaux contre les êtres vivants.
Il y a de quoi trouver âpre, la potion. Et de péter une durite.
(...)
En refusant d’écouter quelqu’un, en le considérant comme un rien, en bafouant sa dignité, en abusant de sa patience, en blessant son amour propre, en salissant son image, en l’injuriant, en l’accablant injustement, en le trahissant, on fait monter en puissance en son for intérieur, le goût amer et âpre de la négation de soi.
Lorsqu’il se tue ou qu’il tue, il est rendu coupable du pire.
Celles et ceux qui ont contribué lâchement à l’exaspération maximale, restent tapis dans l’ombre et ne se sentent responsables de rien. Ils ont pourtant, tous, le sang des victimes expiatoires sur leurs mains.
Nous avons, tous, du sang sur nos mains, en acceptant que beaucoup des nôtres soient écrasés dans leur dignité d’êtres humains.



☐ 27/1/2021

Et un jour,

Ça monte dans les tours
Le fracas des amours
La lassitude des jours

Et un jour,

La joie fait son retour
Vêtue des plus beaux atours
La vie belle reprend son cours

Et un jour,

La nuit, à pas de velours
S’ efface pour toujours
Ne reste que l’amour.



☐ 3/1/2021

Faire sonner le réveil

Certains réveils sont plus difficiles que d’autres.
La nuit a pu être cauchemardesque. Des quantités de mauvais souvenirs ou d’angoisses enfouies sont probablement remontées à la surface et ont envahi le subconscient.
La journée qui vous attend sera pénible. Des tâches indues vous attendent. Elles perturbent votre sérénité.
Peut-être tout bonnement un estomac surchargé en ces jours de festivités. Le sommeil vous assomme enfin à l’heure où il faudrait se lever.
Nuits d’insomnies suivies de mauvais réveils.
Par prudence, vous faites donner de la voix à votre coq domestique, sur l’air choisi et à la minute souhaitée.
Car le monde vous réclame !
De nouvelles obligations piaffent d’impatience d’être honorées par vos soins.
Il y a toujours à faire. L’homme est requis pour faire ! Sa vie se confond souvent avec ce qu'il lui incombe de faire.
Faire, c’est être. Être c’est faire !
Dormir, c’est le contraire. C’est laisser les autres faire. C’est se soustraire au faire.
Le réveil doit sonner.
Passer du non-faire ou du rien-faire, au faire.
Oui, à la vérité oui, mais pour quoi faire ?
Chercher à plaire ?
Se distraire ?
Tirer des affaires au clair ?
Tout un monde à refaire
Des désirs à satisfaire
Des souffrances à faire taire
Dans l’insouciance se complaire ?
Par amour pour la terre
Et pour les humains, être solidaire ?

Tout se bouscule et m’exaspère
Je vais, de ce pas, sortir et prendre l’air.



 ☐ 1/1/2021

Nouvel an 2021

Pour l’an neuf, des mots en ions
Des mots pour réveiller nos imaginations
Pour nous inciter aux transgressions
Pour soulever nos indignations
Pour oser, de nos espoirs, alimenter nos manifestations !
À bas les illusions
Marre des soumissions
Ras-le-bol des compromissions
Au diable les délations
En enfer les discriminations
Au pilori les fausses accusations
Pas de pitié pour les malversations
Pour les impôts la fin des évasions
Honte aux fauteurs de divisions
À la casse toutes les oppressions
Du balai pour les malédictions
Plus jamais de persécutions
Mort à l’esprit de résignation
Vive l’envie de révolution
Va aussi pour une saine évolution
Justice et paix comblent nos ambitions
Fraternité et solidarité, nos obsessions
Audace et liberté, nos revendications
Persévérance dans nos actions
Douceur et tendresse, nos passions
Un monde nouveau en gestation
Pour le bonheur des générations
Pour les plus beaux de nos réveillons
Dans l’amour de toute création
Pour la joie qui couronne nos aspirations



☐ 30/11/2020

Ils sont pauvres, on peut encore leur en prendre

Quand les revenus des uns et des autres baissent, pour une raison ou pour une autre, le prix de la baguette de pain reste le même pour le pauvre que pour le riche.
Le prix d’une boîte de conserve ou d’un litre d’huile, pareil.
Les loyers ne sont pas revus à la baisse, les tarifs des assurances, de l’électricité et du gaz, pas non plus.
Le bien loti pourra continuer à vivre sans trop de mal.
Le plus pauvre sautera des repas, ne se chauffera pas, se terrera chez lui s’il a la chance d’avoir un chez-soi.

En cette année 2020, le nombre de personnes en situation de pauvreté aura augmenté d’un million. La barre des dix millions, en France, est dépassée.

L’état sanitaire du pays pénalise lourdement l’activité économique. Des entreprises, des magasins, des artisans ont dû cesser leur activité et déplorent leur manque à gagner.
Si l’on en croit les discours officiels, l’Etat compense la plupart de ces pertes en injectant des dizaines de milliards qui viennent augmenter la dette publique.

Se pose bien évidemment la question du remboursement de cette dette. Sera-ce encore possible ? Qui payera ? Quand ?
Nul doute que les puissants de la terre trouveront ensemble la solution à ce problème qui affecte l’ensemble de la planète. Ils ne s’oublieront pas.

On peut, par contre, si l’on écoute les « bien pensants », faire d’ores et déjà l’impasse partielle ou totale sur les plus pauvres dont l’espérance de vie est, de toutes les manières, plus que précaire.
Un des plus grands producteurs de champagne fait, depuis quelque temps, la tournée des petits vignerons qui sont bloqués dans leurs ventes par les confinements successifs. Il leur achète, à 5 euros pièce, les bouteilles terminées. Il colle ensuite ses étiquettes à lui et les vend à l’exportation 45 euros.
Le petit producteur n’y retrouve pas son investissement et le « gros » s'enrichit en ne rien faisant.
Pour Noël, les bons d’achat du personnel d’une entreprise locale seront réduits. 100 euros au lieu de 150.
Un petit plus qui manquera.
Les petits salaires qui ne sont plus versés qu’à 75 % n'entraînent pas les mêmes conséquences que si vous êtes payés 4000 euros / mois.

Tout le monde sait qu’il faut s’attendre, dans les mois qui viennent, à des tragédies psychiques et sociales.
À mon sens, elles se produisent déjà. En ouvrant bien les yeux sur ce qui se passe tout autour de nous, nous ne pouvons ignorer les personnes qui souffrent de ces restrictions.

La solidarité globale au niveau de l’Etat est urgemment indispensable, mais elle ne fait pas tout. Elle ne nous dispense de nous montrer très attentifs aux uns et aux autres qui ne diront rien de la mauvaise passe dans laquelle ils sont entrés, mais qui n’en sont pas moins entravés moralement et matériellement.

La solidarité individuelle et collective, c’est maintenant !

Le changement de politique pour l’instauration d’un monde plus juste, plus équitable et plus fraternel, c’est maintenant, aussi.



☐ 28/11/2020

Les pieds dans le tapis

Le gouvernement de M. Macron est clairement en pré-campagne électorale pour les présidentielles de 2022.

Tout le monde a bien compris que Mme Le Pen, sans rien faire et sans rien dire, se voit d’ores et déjà au second tour, comme en 2017.

Ce qui est excellent pour elle, ce sont toutes les affaires de corruption qui défigurent notre démocratie, mais aussi et surtout, les violences qui font peur à toute la société.

L’opinion publique est chauffée à blanc, presque quotidiennement, contre les fauteurs de troubles et plus particulièrement contre les délinquants de couleur. À chaque acte qui choque, la révolte s’amplifie contre une sorte de gangrène qui semble inarrêtable et qui flanque la trouille à presque tout le monde.
Une majorité,assez bruyante, réclame à cor et à cri, davantage de répression, de sanctions, d’emprisonnement, d’expulsions.

Sans se poser la question de l’efficacité réelle de ces coups de matraque, le « peuple » se laisse persuader qu’il n’y a pas d’autre solution. Il n’a confiance qu’en une violence légale supérieure, celle de l’Etat incarnée par les forces de police et de gendarmerie, pour dissuader les uns et pour neutraliser les autres.

Mille et une études ont conclu à l’ineptie de cet enchaînement diabolique. Toute violence , d’où qu’elle vienne, en appelle une autre, plus grave, plus irréversible.

Mais rien n’y fait. La peur, naturelle mais aussi savamment entretenue et exacerbée par toutes sortes de pouvoirs mal intentionnés, commande la réponse immédiate et brutale : il faut tapper dans le tas. Aveuglément. Sourdement. Lourdement.

C’est ce que promettent Mme Le Pen et ses partisans.

C’est ce que font les pouvoirs qui veulent prendre Mme Le Pen de vitesse. Pourquoi l’attendre, elle, puisque nous faisons déjà, là, actuellement, aussi bien qu’elle.

Notre bras est féroce ! Nous n’avons aucun état d’âme . Notre police cogne. Vous pourrez à nouveau voter pour nous sans hésiter.

Voyez les manifestants et voyez les moyens que nous mettons en œuvre. Voyez la « bravitude » de nos agents de la répression armés jusqu’aux dents et dispersant les émeutiers à coup de bombes lacrymogènes, de balles en caoutchouc, de lances à eau etc...

Pour vous rassurer, braves gens, nous allons avoir besoin de rassemblements et de manifestations nombreuses et pas forcément bon enfant. Les télés et les radios vous raconteront en boucle les prouesses de ceux qui veillent sur votre sécurité. Vous saurez que notre détermination est sans faille et que nous n’avons rien à envier, en matière de maintien de l’ordre, coûte que coûte, à des régimes encore plus policiers que le nôtre.

Hélas ! Trois fois hélas, les caméras qui assurent notre propagande avec zèle, jouent parfois contre nous.
Filmer et diffuser des images insoutenables où plusieurs hommes en uniforme passent à tabac une personne qui n’a rien fait de mal à personne est carrément fâcheux.

Ça peut retourner l’opinion contre les pouvoirs pris la main sur la matraque et les pieds dans le tapis. Toute une savante communication gouvernementale peut être anéantie en quelques minutes de dérapages odieux.

C’est ce qui se produit en ce moment. C’est ce qui ne pouvait pas ne pas arriver.

L’usage de la violence est comme la nitroglycérine : un composé très instable qui peut vous entraîner dans un tourbillon fatidique.

Beaucoup de personnes sont tentées de l’utiliser mais elles ignorent que toute violence peut se retourner contre elles.

Le gouvernement avait prévu de faire voter un article de loi interdisant de filmer les policiers en action. Après la dernière bavure, c'est râpé. Heureusement.

Il faudra toujours, en démocratie et si nous avons conscience de l’équilibre des pouvoirs qu’elle comporte et si nous y veillons, mettre en garde les écervelés qui s’appuient sur toutes formes de violences en croyant régler des comptes avec autrui, qu’ils risquent fort de se prendre les pieds dans le tapis.



☐ 25/11/2020

Droits et devoirs

L’équilibre entre les deux fléaux de la balance est toujours difficile à trouver. On privilégie tantôt l’un, tantôt l’autre.
Et nous sommes enclins à trouver, toujours, que « les autres » n’aiment que leurs droits et passent leurs devoirs à la trappe.
« Les autres » !
Pas nous.
300 personnes, à Paris, enfreignent la règle de la distanciation et font la nouba. C’est le tollé ! Ils se prennent des droits qu’ils n’ont pas. Ils avaient le devoir de rester chez eux.
Des migrants, sous tente, hommes, femmes et enfants, par des températures déjà hivernales, sont chassés comme des lapins par les représentants de la force publique qui, apparemment, ont tous les droits.
Les migrants ont le devoir ne pas exister. De disparaître du paysage. De se volatiliser. De ne pas salir nos villes et leurs places par leur présence non désirée.
La police a le devoir de les déloger et de les disperser.
Qui accorde de tels droits et qui impose de tels devoirs ?
Notre société vit des moments déroutants.
Au prétexte de protéger nos vies d’un virus diabolique, les pouvoirs publics nous font l’obligation de ne pas sortir de chez nous, de prendre les précautions les plus extrêmes pour éviter d’être contaminés et de contaminer. C’est assez adorable dans les intentions. Mais c’est suffoquant à la longue.
Il y a tout lieu de croire que toutes les vies humaines ne se valent pas et que toutes ne bénéficient pas de la même mansuétude étatique.
Quand pleuvent les coups de matraque sur la tête de migrants en quête d’un asile sécurisant pour eux et pour leurs familles, où se situe le devoir de protection que nous sommes en droit de demander à notre pays ?
En quoi sont-ils une menace pour nous ?
Les droits fondamentaux sont de plus en plus bafoués à travers le monde.
Les états qui nous commandent d’être conformes à leur volonté, jusque dans nos vies intimes, s’autorisent à brader les droits universels en sélectionnant et en adoubant les uns et en condamnant beaucoup d’autres à la non-vie.
Ce qui brouille tout, c’est ce tripatouillage tous azimuts des droits et des devoirs humains dont la géométrie varie au gré des politiques erratiques de nos états.
Le socle des droits et des devoirs doit avoir un fondement universel et intangible.
La vie d’un être humain ne change pas de valeur selon l’endroit où il se trouve.
Si nous devons un jour nous révolter, ce n’est pas pour ou contre le port d’un masque, c’est contre les critères de sélection utilisés par les puissants, pour désigner les ayants droit à une existence standardisée par leurs soins et ceux qui, à leurs yeux, ne valent pas plus que des déchets que l’on jette à la mer ou à la poubelle.
L’égalité des droits entre tous les humains ne peut souffrir aucune dérogation, sous peine de devoir accepter aussi l’inégalité des devoirs des uns et des autres.
Je ne peux exiger d’un autre le respect des devoirs que si je lui garantis en même temps le plein accès à ses droits. Dont celui de vivre où il lui plaît.



☐ 21/11/2020

Chacun pour soi ? Jusqu'à quand ?

Ce qui saute aux yeux de l’observateur des comportements humains en temps de crise, c’est que chacun tente de trouver la moins mauvaise issue pour lui-même.
Pas qu’en temps de crise, me direz vous. C’est ainsi que nous nous sommes habitués à vivre en toutes circonstances. « À chacun sa merde ! ».
Les périodes de crise ne font qu’accentuer les traits.
Entre ceux qui remplissent leur caddie à ras bord, de crainte de manquer de quelque chose et ceux qui s’isolent dans la peur d’être contaminés, il n’y a de différence que dans l’intensité du repli individualiste.
D’autres, au contraire, un peu suicidaires dans l’âme, se foutent de tout et de tout le monde et n’hésitent pas à faire foule pour mieux participer à la transmission du virus porteur de mort. C’est tout autant un comportement très individualiste.
Nos sociétés manquent cruellement de projets collectifs.
Partageons-nous une vision commune de l’état de notre monde ? Des risques majeurs qui menacent l’humanité entière ? Avons-nous une idée de ce qui pourrait nous sauver tous de la catastrophe annoncée ?
Il y eut de belles initiatives solidaires au cours du premier confinement. Nous étions nombreux à y voir un signe réconfortant du changement qui pouvait se produire. Une prise de conscience de la nécessité de nous unir s’est heureusement faite jour.
Rien de tel, hélas, pour ce second confinement.
Chacun se met à l’abri derrière ses barricades bien à lui. Ou se moque du monde à son gré.
C’est tellement massif que l’on pourrait imaginer qu’il y a là un élan collectif !
Ne nous y trompons pas : la peur provoque les instincts grégaires. Nous donnons l’impression d’être d’accord entre nous puisque nous faisons à peu près tous la même chose.
Il n’en est rien.
Le projet collectif est en panne.
Il ne peut y en avoir qu’un seul : maintenir l’unité de la planète terre et de l’humanité qui la peuple. Car l’éclatement se profile à l’horizon.
Nous unir ! C’est l’obligation que nous fait la raison. Sortir du chacun pour soi et nous regarder les uns les autres comme des éléments singuliers d’une même chaîne de vie. Un seul maillon qui saute et c’est toute la mécanique qui déraille.
Les maillons qui sautent se comptent aujourd’hui en centaines de millions d’humains sacrifiés sur l’autel du bonheur d’un tout petit nombre.
Penser et agir en vue de tirer le monde entier vers le haut de la solidarité et de la fraternité est notre ardente obligation.
Pour ne pas avoir à envisager de mourir ensemble comme des idiots, a dit un jour Martin Luther King.



☐ 11/11/2020

Viré !

Il faut ne pas avoir vu les images diffusées par les télévisions américaines montrant l’animateur d’un jeu télévisé, Donald Trump, présidant un jury et se délecter de déclarer à des candidats : « viré » !
Non seulement il ne manifeste aucun état d’âme pour exclure le joueur, mais il affiche un sadisme qui crève l’écran. Il savoure le rejet qu’il prononce. Cet homme est un grand malade. Cela nous est apparu de nombreuses fois au cours de l’exercice de son mandat à la Maison Blanche.
Malade et méchant. Méchant et dangereux, vu les pouvoirs qu’il détient. Le peuple américain, du moins une courte majorité d’électeurs et d’électrices, a décidé de le « virer ».
J’en suis soulagé, à titre personnel. Il est inapte pour l’exercice de telles responsabilités qui exigent de la lucidité, du sang-froid et de l’empathie avec l’humanité entière.
Il faudra encore le supporter jusqu’au 20 Janvier et il est probable qu’il gardera un grand pouvoir de nuisance au-delà de sa cessation de fonction. Mais l’échéance approche et quelles que soient ses manigances judiciaires, il ne peut pas défaire ce que le vote a fait. Tant mieux.
Ni l’Amérique, ni le reste du monde ne seront miraculeusement mis sur les rails du changement en profondeur indispensable, mais un obstacle de taille a été enlevé.
L’élection surprise, il y a quatre ans, d’un personnage aussi sulfureux que Trump, doit donner à réfléchir.
La démocratie a également conduit Hitler au pouvoir en 1933.
Est-ce à dire que la démocratie est un mauvais système ? D’aucuns le pensent et le disent ! Ils préféreraient la royauté ou les dictateurs. On ne consulte pas des peuples immatures, disent-ils.
La démocratie reste « le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres ». Mais la démocratie suppose l’implication des citoyens, du maximum de citoyens et pas que dans les élections.
C’est un système qui présuppose que nous nous sentions tous responsables de nos collectivités. Coresponsables de la vie en société et des choix à faire pour son avenir et pour l’avenir de la planète.
Il y a aujourd’hui beaucoup de découragement parmi les électeurs. La classe politique « professionnelle » déçoit et agace. Les dés sont pipés un peu partout. Le dégoût face aux pseudo élites est très prononcé.
Par dépit, les extrêmes de gauche comme de droite peuvent être installés aux commandes.
Le trumpisme devrait servir d’épouvantail, mais il attire, hélas, encore un très grand nombre de citoyens.
Pour restaurer la démocratie partout où elle est menacée, ce n’est pas en la sabordant qu’elle renaîtra.
Les mauvais exemples de la gestion et de l’animation démocratiques sont légion. Toutes les collectivités en sont infestées. Jusque dans les églises et dans les associations, on assiste aux prises de pouvoir abusives par des clans qui s’autoproclament en charge de la conduite des affaires. Un comble pour qui connaît les fondements d’une association digne de ce nom.
Partout il convient de prendre conscience que tous ont un rôle à jouer ! Pas un rôle de figurant. Un rôle actif. Une place à tenir, avec compétence et persévérance.
Il faut s’impliquer. Et pour ce faire, il faut se tenir au courant des problèmes à traiter et débattre des solutions à mettre en œuvre.
Être citoyen, en démocratie, on ne le dira jamais assez, est un travail. Une tâche noble et exigeante.
Elle s’apprend dans toutes les bonnes écoles de la démocratie, en famille, en association, en groupes de voisins, en mouvements de jeunesse...
Il y a lieu de faire revivre ces écoles. Ce débat dépasse de loin la polémique sur l’ouverture ou la fermeture des classes en raison de la crise sanitaire. Il s’agit des structures élémentaires de la vie en société.
Celles où se forgent les valeurs du respect de l’être vivant, de la considération mutuelle, de la solidarité indispensable, de notre interdépendance et du lien avec la nature, de la fraternité qui permet de surmonter les conflits liés aux différences naturelles.
Ce combat est essentiel !
Sans lui , nous nous condamnons ensemble à survivre dans un monde qui « est sans ciel ».
Sans horizon de beauté et de bonheur !
Le contraire d’un véritable projet de vie !


Jak Umbdenstock



☐ 5/11/2020

Émile B.

Lui, entre autres, nous avait habitués aux très longs coups de sonnette qui caractérisaient la plupart des personnes à la rue venant quémander la pièce à notre domicile, un presbytère.
C’était déjà avant le premier foyer d’accueil et d’hébergement au tout début de la rue du Ladhof.
Les curés, les pasteurs et les rabbins, dans les années 1970, étaient les cibles favorites pour obtenir quelques sous qui, la plupart du temps, étaient convertis, vite fait bien fait, en litron de gros rouge.
Ce jour-là, en ouvrant la porte à Émile, un sympathique habitué de la maison, j’ai eu droit à un véritable lancer de piécettes qui ont jonché le tapis de l’entrée. Il ne venait pas pour me demander de l’argent mais pour me rembourser une dette qu’il avait contractée.
« Tiens, le voilà ton fric ! »
Il était fier de son coup. Non seulement il me rendait la somme prêtée, mais il me la rendait avec les centimes qu’il avait collectés à la sortie des églises. Émile a été l’un de ceux auxquels nous nous étions, toute la famille, le plus attachés. Un homme avec un grand cœur et une intelligence très vive.
À jeun, il était adorable et de très bonne compagnie. À jeun.
Car les jours de grande tempête dans sa tête, après absorption de moult bouteilles, il valait mieux ne pas le croiser sur sa route.
Il avait l’alcool très mauvais.
Sa femme s’en est souvenue longtemps. Une fois que leur divorce avait été prononcé, il s’est agi de partager à égalité les rares biens qu’ils possédaient ensemble.
Qu’à cela ne tienne .
Émile s’est rendu à son ancien domicile, muni d’une hache, et a entrepris de couper soigneusement en deux tout leur mobilier. Armoires, tables, chaises, lits, buffet... Tout y est passé ! Coupé en deux !
C’est à la suite de ce divorce, nous a-t-il dit, qu’il a sombré dans l’alcool et, sous l’emprise de celui ci, dans la violence.
Peut-être y avait-t-il déjà de cela dans les causes du divorce, mais de cela il ne voulait pas se souvenir.
Il était impensable de loger Émile dans un foyer. C’était une force de la nature et les bagarres n’auraient pas manqué de se produire.
Je m’étais mis en tête, pour le sortir de la rue, de lui trouver un abri bien à lui. La paroisse disposait encore d’une très ancienne loge de concierge désaffectée dans l’une de ses propriétés du centre-ville.
À condition d’obtenir l’accord des locataires, il était admis qu’il pourrait prendre possession de cet habitat provisoire et précaire.
Paul T., médecin et ami, s’est fait mon allié pour obtenir le feu vert des uns et des autres.
Émile a pu s’y installer et y faire quelques menus travaux pour pouvoir y passer l’hiver au chaud.
Il s’est spontanément proposé pour sortir et rentrer les poubelles de tout le monde et il n’y eu aucun incident notoire à signaler.
J’ai quitté la paroisse et de nouveaux gestionnaires du patrimoine ont pris les choses en mains.
La loge de concierge, c’est-à-dire l’abri d’Émile, faisait tache dans le paysage. De surcroît l’espace occupé pouvait être utilement rentabilisé par la création de places de parking. Y compris pour des personnes étrangères à l’immeuble. Il y avait des gros sous à se faire !
Exit l’Émile !
Le bulldozer a fait place nette. Pour des voitures.
Malade et très affaibli, Émile est mort peu de temps après.



☐ 25/10/2020

Tous aux abris !

Ça nous pendait au nez ! C’est tombé.
Le couvre-feu de sinistre mémoire est proclamé pour une bonne partie du pays, en attendant que le reste y soit condamné à son tour.
Nous l’avions vu venir. Les propos officiels étaient de plus en plus alarmistes. Chiffres à l’appui, le gouvernement a frappé un grand coup.
Finies les réjouissances nocturnes. Tous aux abris ! Tous au lit, de bonne heure!
L’hiver promet d’être rude si l’on en croit les prévisions du ministre de la santé. Soit !
Des mesures devaient être prises. Personne n’aurait compris que le virus ait carte blanche pour circuler à sa guise. Il faut tout tenter pour diminuer le nombre de ses victimes.
Des libertés en moins, des contraintes en plus. C’est supportable lorsque l’on ne peut plus faire autrement et que l’on sait que ce n’est que pour un temps. Le printemps fut très long et les mois à venir le seront encore davantage.
Il vaut mieux s’y préparer.
Il va falloir imaginer de nouvelles manières de rester reliés les uns aux autres. La première vague a été dramatique à beaucoup d’égards, mais surtout à cause du gel brutal des rencontres familiales et amicales.
Je n’oublie pas non plus que des formes inattendues de solidarité sont apparues spontanément. Des voisins se sont préoccupés d’autres voisins, se sont proposés pour faire des courses et rendre des services.
J’ai été de ceux qui voyaient poindre une nouvelle ère : celle de la convivialité !
Ma crainte était qu’elle ne dure pas au delà du confinement. Je n’ai pas été déçu. Les vieilles habitudes du chacun pour soi ont vite repris leurs droits.
Les peurs véhiculées par la maladie renforcent la tendance au repli sur soi. Par prudence on en arrive assez vite aux excès de prudence. Tout devient source de danger. Il faut se protéger, se barricader, rester aux abris.
L’indispensable vie sociale va encore en prendre un sale coup. A force d’être isolé, on s’aperçoit que l’on s’y fait et que ce n’est peut être pas plus mal de limiter les contacts et les échanges, malgré certains inconvénients.
Ce n’est pourtant pas le moment!
Car d’autres dangers nous guettent. Le renforcement des liens de la solidarité est hautement nécessaire vis à vis des plus fragiles auxquels la crise sanitaire va compliquer la vie encore davantage. Plus de chômeurs et plus de précarité sont les corollaires immédiats du ralentissement économique et de la bunkerisation des individus.
Comme dans toutes les périodes difficiles il y a fracture entre ceux qui ont tout pour s’en accommoder et ceux qui vont plonger un peu plus dans la précarité.
Comment nous sentirons nous solidaires de ces derniers ?
Quels réseaux fraternels allons nous mettre en œuvre pour qu’ils ne sombrent pas davantage ? L’Etat et les collectivités annoncent des aides matérielles en direction des plus défavorisés. C’est bien. Mais elles seront toujours insuffisantes. Et elles ne prennent pas en compte l’essentiel : la chaleur humaine, cet élément invisible qui nourrit la confiance et l’espérance.
Bien à l’abri chez nous, comment allons nous témoigner à de nombreux amis en déficit de reconnaissance, qu’ils ne sont pas seuls, abandonnés à eux mêmes, ce qui est souvent la pire morsure de leur pauvreté ?
Il y a eu quelques belles tentatives de redonner ses lettres de noblesse à l’humanité partagée au cours de la première vague.
Irons - nous encore plus loin au cours de celle qui en train d’arriver et qui risque d’être plus forte et plus longue ?
L’idée de la création d’une nouvelle association, ici à Colmar, pour la dynamisation de l’esprit fraternel, est à nouveau évoquée, plus fortement qu’il y a quelques mois .
Et ailleurs ?
Quelles autres idées et quels autres projets pour tisser partout des filets, empêchant, pour un grand nombre, la chute dans les abimes de la solitude extrême et de la misère ?



☐ 21/10/2020

Un tour dans le quartier Hot !

Je rentre d’une visite dans une famille d’immigrés que nous avons hébergée et accompagnée pendant plusieurs années, dans la longue attente de l’obtention de leurs droits au séjour.
Ils ont pu obtenir un logement chez un bailleur social et étaient très contents de recouvrer leur autonomie.
Ce logement, je l’ai découvert ce soir dans un immeuble collectif dans le quartier Europe.
L’intérieur est impeccable. On pourrait y manger par terre. Le gendre de la famille qui n’a pas encore de statut et qui cherche du travail, a refait à neuf le F4 qu’ils occupent. Un bijou !
Un bijou qu’il faut avoir le courage d’aller dénicher dans un environnement dantesque.
Sur l’escalier de l’immeuble et dans le hall d’entrée, à mon arrivée, une quinzaine de jeunes de toutes les nationalités, plantés là pour « faire leur vie ». Le chef de la meute est installé dans une carcasse de fauteuil sans pieds. Les doigts de ses pieds à lui, en éventail. De toute évidence il contrôle la situation.
Je les salue d’un "bonjour messieurs et mesdames" puisque les filles sont du lot aussi et j’obtiens quelques salutations en retour.
Je m’intéresse aux sonnettes puisque je ne sais pas à quel étage je peux trouver mes amis.
Ils s’enquièrent de l’objet de ma venue. Pour une visite leur dis-je. Chez la famille une telle. C’est le couple qui vient de rentrer me répondent-ils. C’est au deuxième ou au troisième étage !
Plutôt sympa, leur accueil.
Je renonce à prendre l’ascenseur et je trouve un escalier jonché de pièces détachées de ce qui devait être une poussette.
Les choses s’améliorent au deuxième étage. Murs fraîchement lavés et sol très propre. Les chaussures posées devant la porte d’entrée.
Je trouve l’appartement recherché. La famille au grand complet me reçoit comme un ami.
Le fils, handicapé, m’annonce que les jeunes que j’ai croisés viennent de fracasser toutes les fenêtres de sa voiture garée au pied de l’immeuble. Elle est inutilisable alors qu’il en a besoin pour se déplacer. La police a été prévenue. Elle le renvoie vers le bailleur social.
Les parents enchaînent : le même groupe leur a fait des croche-pieds lorsqu’ils ont pénétré dans le hall d’entrée. Ces incivilités se répètent tous les jours et personne ne fait rien. Ces braves gens ont la boule au ventre à chaque entrée ou sortie. M. en perd l’appétit. Il ne se sent pas de taille à affronter les énergumènes en bande. On le comprend.
En quittant l’immeuble une heure et demie plus tard, ils sont encore tous là. L’effervescence est plus grande. Des sachets circulent. Le marché est apparemment ouvert et les doses se répartissent.
En toute impunité, toujours.
Deux grosses cylindrées sont garées à proximité. Ont-elles à voir avec le trafic à ciel ouvert ?
Je plains les habitants de cet immeuble.
Et il doit y en avoir d’autres du même tonneau.
C’est un peu d’enfer que beaucoup d’habitants qui n’ont pas d’autre choix vivent ici au quotidien.
Qui va y remédier ?



☐ 15/10/2020

Couvre-feu

Il est hors de question que le Président de la République se mette à régenter ma vie privée. Son pouvoir s’arrête à ma porte d’entrée.
Je suis responsable du nombre de personnes qui fréquentent ma maison. Mes rencontres avec ma famille et/ou avec mes amis ne le concernent pas.
Il va falloir sérieusement faire le tri dans les mesures annoncées et dans celles qui restent à venir.
Quel but poursuivent les autorités ?
Isoler et contraindre le virus ou les individus ?
Jusqu’à preuve du contraire il faut distinguer entre les deux.
Le virus est une chose. Un problème à résoudre. L’individu est un être vivant, complexe, qui vit aussi de liens et d’échanges.
L’individu, certes, transporte le virus. Faut-il donc tuer l’individu pour tuer le virus ?
Tant qu’à faire, pourquoi ne procéderait-on pas à une éradication préventive des individus ?
Comme pour toute autre maladie, il y a évidemment des précautions à prendre pour éviter de l’avoir.
La Covid 19 est encore trop récente pour que la médecine puisse la traiter correctement.
Il est probable que, malgré tous les gestes barrière, nous en fassions tous, les frais.
L’humain n’est pas invincible.
Mais plus on l’isole plus il s'affaiblit.
Le couper des autres revient à le priver de raison d’être.
La force des êtres humains réside dans leur « être ensemble ».
Le psychisme de l’homme est essentiel pour la traversée de toutes ses épreuves.
Les gouvernants semblent l’ignorer. Ils nous régissent comme si nous étions des objets sans âme. Ils donnent des ordres à des robots. Ce que nous refusons d’être et de devenir.
Lorsque le couple des parents de notre amie Raymonde a été privé de visites en EHPAD, lorsque mari et femme ont été isolés l’un de l’autre sur deux étages différents, lorsqu’ils n’ont plus pu se parler et se donner la main, l’un à choisi de se suicider et l’autre est mort de chagrin dans les huit jours qui ont suivi.
Peut-être seraient-ils morts tous les deux de la Covid en restant ensemble. Mais ce « ensemble » aurait tout changé.
La mort ne les effrayait pas. Ils s’y attendaient. Mais ne pas être l’un avec l’autre pour mourir, après 70 ans de vie commune, fut une condamnation inhumaine. Ni la médecine, ni l’instance politique, n’ont à avoir le dernier mot sur nos existences.
L’âme humaine a ses raisons que les technocrates ne connaissent pas. S’agissant de l’instant le plus crucial de nos vies, la mort, il nous appartient à nous seuls de savoir ce qui est bon pour nous ou ce qu’il y a de moins pire pour nous . À nous seuls !
Ne vous en déplaise, Messieurs et Mesdames de la science et du pouvoir !



☐ 26/6/2020

Il est temps que ça se termine

Ce deuxième tour des élections municipales pour les villes qui n’ont pas dégagé une majorité nette au mois de mars va permettre de mettre un terme à une longue parenthèse très exceptionnelle.
De nouvelles équipes seront en place partout.
Souvent les électeurs auront remis les mêmes aux commandes.
À Colmar, enfin , il y aura du changement.
Après 25 ans de domination meyerienne nous allons découvrir un nouveau mode de conduite des affaires de NOTRE cité !
Notre cité ! Tout est dit avec ces deux mots.
Nous avons été littéralement dépossédés de notre ville pendant un quart de siècle. La faute, évidemment, à un électorat majoritairement ultra conservateur, ébloui par les transformations immédiatement visibles, tape-à-l’œil et en trompe-l’œil !
La ville était le jouet du maire ! Il l’a réduite à un parc de loisirs pour touristes en goguette.
L’économie est tributaire de ce tourisme de masse mais ce tourisme de masse a tué la cœur de la ville.
Il va falloir repenser de fond en comble les objectifs de ce Centre-Alsace pris en tenaille entre le pôle européen de Strasbourg et la Tri-Regio de Mulhouse/Bâle/Fribourg.
Il est grand temps de sortir de la logique du court terme et de l’efficacité immédiate.
La crise du Covid a bien montré les fragilités de ces gestions au petit bonheur la chance.
Colmar a besoin de visions plus larges et plus lointaines.
Il serait judicieux que la nouvelle municipalité se dote d’un instrument de pilotage et de prospective pour le futur à 50 ans !
Pour bâtir dans la durée il faut savoir vers où on veut aller !
Et une des priorités est de rendre la cité à ses habitants !
Que nous n’ayons plus à nous sentir étrangers chez nous tant le pavé est occupé par des milliers de visiteurs d’un jour qui courent dans tous les sens, sans queue ni tête.
Certains commerçants ont pu en tirer avantage mais les habitants, eux, n’ont eu que des inconvénients à supporter.
Je me réjouis personnellement de la page qui se tourne. Je n’ai pas du tout aimé ce qui s’est fait ici durant les 25 dernières années.
J’espère que les pratiques démocratiques retrouveront droit de cité dans la ville que j’aime.
Tout est négociable à partir du moment où les élus ne confisquent pas la collectivité à leur profit et qu’ils ne la gèrent pas comme si elle leur appartenait !
Tout ce qu’ils entreprennent, ils ne peuvent l’entreprendre qu’avec l’argent de tous les contribuables, notre argent à tous !
Mes cheveux se dressaient sur ma tête chaque fois que j’entendais le sortant/sorti parler des deniers publics comme s’il s’agissait de son porte-monnaie personnel.
C’est la première et la pire des perversions des élus : celle qui consiste à ignorer de qui est l’argent qui leur est confié.
La deuxième dérive grave est d’utiliser cet argent pour bâtir son éphémère gloriole personnelle avec lui.
Le changement nécessaire commence demain. Il est urgent. Il doit s’opérer en profondeur !
Je l’aurai à l’œil, le nouveau maire !
Il a déjà mon amitié. Il faudra qu’il s’habitue aussi à ma vigilance !



☐ 3/6/2020

Le jour d’après !

Hier, Colmar, notre ville qui depuis 25 ans était aux mains d’un clan soudé autour d’un personnage peu fréquentable, a vécu un moment historique qui restera dans les annales.
Il y a fort longtemps déjà, j’ai écrit dans un de mes textes politiques que personne ne pourra faire tomber Gilbert Meyer, hormis Gilbert Meyer lui-même.
Nous y sommes. Dans sa rage de perdre et voulant coûte que coûte barrer la route à son premier adjoint, il envoie sa barque chargée de ses 50 compagnons d’infortune couler par le fond.
Un naufrage !
Connaissant un tant soit peu le capitaine du radeau je ne suis pas vraiment surpris de ce final tragi-comique.
Après moi, le déluge !
Colmar vivra. L’air y sera plus respirable. Les historiens, dans 20 ou 30 ans, diront ce qui restera de l’ère Meyer.
Il est temps de pacifier notre ville. De veiller à ce que plus jamais elle ne redevienne un défouloir à touristes. De pratiquer des politiques moins clientélistes. De recréer du dialogue et de la convivialité. De diversifier les activités économiques et de favoriser le commerce de proximité.
Les nouveaux élus auront du pain sur la planche et nous les aurons à l’œil. Pas question de leur délivrer des blancs seings.
25 ans de quasi dictature d’un seul homme nous ont vaccinés.
Le ciel est tout bleu !
Le soleil est au rendez vous !
Autre chose devient possible !
Ne boudons pas notre plaisir !



☐ 31/5/2020

Trahisons et rabibochages

C’est au cours de ce WE que seront finalisées les listes des candidats pour le second tour des élections municipales, dans la plupart des villes moyennes et des grandes villes, là où les enjeux politiques viennent s’ajouter aux querelles de personnes.
Ça chauffe dans les arrière-cuisines !
Les couteaux sont aiguisés. Il en va de places à prendre, à faire perdre ou à gagner.
L’humain, dans toute sa splendeur de guerrier sans pitié, explose à cette occasion. Un tel se voit écarté brutalement. Tels autres, hier ennemis jurés, s’allient pour faire chuter un ennemi commun et pour se partager le pouvoir !
Les pires combinaisons deviennent possibles dès lors qu’il s’agit de triompher de ses adversaires. Et de se hisser sur un trône.
Rien de tout cela n’est anormal. C’est dans notre nature à tous de vouloir exercer une domination plutôt que d’être dominé.
Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui disait aimer être sous la coupe de quelqu’un d’autre ! Pas davantage que les ambitieux ne diront qu’ils ont soif de régner sur qui que ce soit. Ils veulent servir ! C’est plus noble. Mais en réalité ils ont le goût de la suprématie.
Mieux vaut être le boucher que le veau m’a dit un jour un ami policier ! Ça résume bien les désirs éternels de tous les humains en compétition les uns avec les autres.
Dominer plutôt qu’être dominé !
Normal !
Sauf que ! Sauf que les moyens utilisés pour gagner et pour faire perdre sont souvent contre-productifs !
Qui vaincra par l’épée périra par l’épée. Une vérité jamais démentie. Tout comme est toujours d’actualité le « bien mal acquis ne profite guère ».
L’art et la manière sont déterminants pour la suite. Les mémoires sont sensibles aux façons de faire. Les mauvaises manières impriment des ressentiments durables.
C’est ce que beaucoup oublient dans leurs conquêtes. La fin ne justifie jamais les moyens. Contrairement à ce que les magouilleurs et les imposteurs se racontent.
L’élégance est de la plus haute importance.
Elle est capitale, même dans la défaite.
Vaincre ou être battu n’est pas parei. Mais il n’y a de belle victoire que dans l’honnêteté de la démarche et il n’y a pas de déshonneur dans la défaite pour quiconque est resté droit dans son combat.
Ce qui compte au final, c’est ce que les uns et les autres retiennent de votre manière d’être. Non de vos exploits ou de vos échecs ! Mais de la manière, digne ou indigne, dont vous avez géré vos aspirations et vos relations aux autres.



☐ 30/5/2020

L’implosion

Il fallait s’attendre à un coup de Trafalgar !
Arrivé en seconde position derrière son rival, Gilbert Meyer ne pouvait rester inerte. Sa défaite au second tour est programmée.
Il doit cependant être l’acteur principal des événements colmariens, quitte à mettre lui-même en œuvre cette déroute tant redoutée.
Il pouvait arguer de son mauvais état de santé pour se retirer avec les honneurs.
C’est mal le connaître.
Il lui faut désigner le coupable, responsable de son échec du premier tour. Son fidèle souffre douleur, tout à la joie de pouvoir enfin lui succéder, fait les frais de la colère du chef !
Ah non ! Pas lui !
La grenade est dégoupillée à la veille du dépôt de la liste pour le second tour !
Puisque Gilbert Meyer va perdre, toute son équipe va perdre avec lui ! Il fait imploser sa liste et comme Néron sur les remparts de Rome en flammes, se félicite de son dernier coup d’éclat !
Chacun a les plaisirs qu’il peut et personne n’est à plaindre dans cette histoire de corneculs !
Les Colmariens et les Colmariennes qui jusque là avaient des doutes ou, au contraire, trop de certitudes par rapport au personnage incriminé, vont peut-être prendre conscience de sa nature profonde et véritable.
Cela devrait faciliter leur choix du 28 juin prochain !
Hopla !



☐ Il y a des pavés qui se digèrent difficilement. J’en ai reçu un, Il y a quelques mois, qui m’a particulièrement dégoûté.
J’ai lu, dans une revue que j’ai créée et dirigée, la complaisante interview du maire de Colmar, appelé à parler de sa candidature aux nouvelles élections.
Il a pu, micro ouvert, cracher son venin contre ma personne et se féliciter d’un heureux changement de dirigeants, enfin favorables à une harmonieuse collaboration entre la ville et l’association en question.
Ce fut d’une exquise délicatesse !
L’évidente complicité entre les uns et les autres m’est allée droit au cœur.
Mon opposition à cet élu a déplu à certains administrateurs qui pensaient qu’elle mettait toute l’association en danger et qu’il était temps qu’une nouvelle « gouvernance » soit mise en place pour remédier à cette « anomalie ». Leur manœuvre a réussi. Je suis parti.
Je me demande, aujourd’hui, au vu des résultats du premier tour des élections municipales et des magouilles en cours en vue du second, qui a gagné quoi au rabibochage qui s’est opéré sur mon dos ?
Les politiques sont rarement désintéressés. En principe, chez eux, tout est calculé.
Où va t’on si les associations font de même ? Si elles renoncent à leurs convictions éthiques et idéologiques pour se conformer au bon vouloir des élus ?
Il leur arrive ce qui doit leur arriver. La servilité au nom du fric qu’elles espèrent percevoir en retour les rend plus vulnérables encore. Car les pouvoirs changent et avec eux les préférences, les amitiés et les inimitiés !
Rien de solide ne peut se bâtir sur le sable mouvant du copinage politique. Éminemment instable et versatile.
Seule est efficace dans la durée, dans la longue durée, la fidélité à une ligne de conduite tracée et suivie envers et contre tout.
Ce n’est hélas pas la logique de tous les adeptes des choix jugés efficaces dans le court terme.
Dans tous les domaines cette vision à brève échéance est la règle et explique les désastres qui s’enchaînent partout, dans le monde des soins comme dans celui de la gestion économique ! Mais aussi en matière de relations humaines.
Pour aller loin il faut savoir où l’on veut aller, avec quels moyens, pour quelle finalité, avec qui, dans quel état d’esprit ?
Nous allons, dans les mois qui viennent, assister à de nombreux effondrements.
Cela rappellera douloureusement, mais utilement, à tout un chacun, que la vie, si elle doit être autre chose qu’un château de cartes qui peut faire illusion pendant un temps plus ou moins long, doit être construite sur des fondements solides, fiables, éthiquement durables !



☐ 26/5/2020

Ceux qui réfléchissaient déjà avant le confinement et qui ont continué à le faire pendant, risquent d’être plus malheureux que jamais dans l’après qui commence.
Des écailles devaient tomber des yeux d’un grand nombre qui ont réalisé que la vie ne tient qu’à un fil et que beaucoup de nos agitations ordinaires sont vaines. Qu’on peut bien se passer de restaurants, de cinémas, de sorties diverses et variées, de shopping... mais que l’on souffre réellement de ne pas pouvoir serrer ses proches dans ses bras.
Nous avons, par la force des choses, repris conscience des valeurs essentielles qui nous sont indispensables. Sur cette lancée le monde ne serait plus le même qu’avant ! La sagesse nous dicterait des comportements nouveaux. Nos relations se bâtiraient sur des fondements plus sains. Etc... Etc...
Mon œil ! A peine l’étau se desserre un peu, que tout repart comme avant ! Peut-être même de plus belle !
Les commerçants n’aiment pas perdre de l’argent. Le fisc pas non plus. Et les consommateurs veulent se rattraper !
Tant pis pour les grandes et les belles idées !
C’était sincère ! Mais nous ne sommes que des humains ! Si l’occasion de refaire bombance est de retour, nous n’allons pas bouder notre bonheur.
L’humanité, de tout temps, a toujours adoré danser sur des volcans !
Pourquoi changerait-elle aujourd’hui !
Et tant pis pour les penseurs et pour les alerteurs ! Leur lucidité ne les sert pas. Ils se rendent malheureux pour rien car personne ne veut les entendre.
« Mangeons et buvons car demain nous mourrons », reste la devise favorite des autruches qui se bouchent les yeux devant les dangers !
Et que les plus clairvoyants aillent se faire pendre avec leurs visions propres à vous saper le peu de moral qui vous reste.
Et dire que le monde pourrait aller beaucoup mieux si nous étions plus nombreux à enfin y croire, à cette merveilleuse énergie qu’est la fraternité !
J’y crois encore et toujours !



☐ 26/5/2020

L’infantilisation nous guette

Nous sommes autorisés à faire des choses qui ont toujours fait partie du champ de nos libertés.
Il y a une liste d’interdits qui s’allonge en parallèle. Des choses qui appartiennent tout autant à notre responsabilité de citoyens adultes.
C’en est au point où nous n’avons plus guère envie de sortir de chez nous.
Il nous reste ce lieu d’intimité où nous faisons fi des « tu dois » et des « tu ne dois pas ».
En attendant de briser les barrières qui nous empêchent de vivre ensemble, nous apprécions de vivre comme bon nous semble dans nos espaces privés.
C’est le début de la reconquête !



☐ 23/5/2020

Les peuples sont de moins en moins soumis à leurs dirigeants. Même en démocratie les « chefs » sont de plus en plus mal élus. Partout les abstentionnistes forment le premier parti politique. La justice met au grand jour les turpitudes de beaucoup d’entre les fameux « premiers de cordée ». Qui s’en trouvent un peu davantage décrédibilisés.
La communication tous azimuts via les réseaux sociaux fait le reste !
Une immense perte de confiance dans les dirigeants, à tous les niveaux, en politique, en entreprise, en associations, est à l’œuvre.
Les pouvoirs dits intermédiaires, syndicats, partis politiques, Églises, mouvements de jeunesse ou d’adultes sont sortis laminés de la grande époque du consumérisme individualiste triomphant.
Ce que l’on observe depuis, c’est la panique des gouvernants ! Comment tenir les peuples sous leur autorité dans ce contexte nouveau où plus personne n’a de maîtrise sur rien et sur personne ?
Il faut prendre très au sérieux les avertissements des plus lucides qui craignent à juste titre que tous les événements particuliers, du type de l’actuelle pandémie, ne soient utilisés par les plus puissants en déficit de légitimité et de pouvoir réel, pour systématiser des techniques de contrôle et de manipulation des masses.
La Chine tient les siens en laisse. Aux États-Unis le chef vacille. En Europe c’est la cacophonie habituelle.
Les peuples sont parfois imprévisibles ! Il faut les surveiller comme le lait sur le feu.
Nous en sommes arrivés au point où la rupture des digues traditionnelles est devenue possible. Les médias ont eux aussi perdu de leur influence en amplifiant certains mensonges inexcusables.
Peut-on parier sur notre intelligence collective ?
Saurons-nous nous garder des mouvements de colère sans queue ni tête ?
Aurons-nous la sagesse de repenser le sens de nos vies sur terre et les conditions dans lesquelles elle reste possible pour tous ? Et si possible dans la dignité et la joie partagée ?
Le partage ! C’est le mot clef !
Il ne peut plus y avoir d’issue favorable sans l’institution, à tous les échelons, à l’international comme au niveau local, du partage des ressources, des productions et des charges.
Nous le savions déjà un peu dans nos expériences de vie associative. Nous le savions davantage dans le sillon de Mai 68. Nous l’avons beaucoup désappris parce que attentatoire à nos sacro-saintes libertés individuelles.
Il est juste impossible de prolonger la vie sur terre sans un sursaut salvateur, celui de la mise en commun de toutes nos richesses matérielles et immatérielles, intellectuelles, créatrices, artistiques, spirituelles.
Aux gouvernants de veiller à une juste redistribution via les impôts payés au prorata des ressources des uns et des autres et en dotant correctement les services communs à tous.
À nous de dépasser nos petits égoïsmes ordinaires et de tendre la main aux prochains.
Par prochain j’entends non seulement les parents et les amis mais aussi et surtout ceux qui vivent près de nous, dans le quartier, dans la cité, non loin de nous par la distance mais ignorés par le cœur !
C’est à la base qu’il faut créer la vie dont nous rêvons ! C’est au sommet qu’il s’agit de prendre les décisions structurelles qui la rendent partout possible !
Je me réjouis d’aller aux urnes le 28 juin ! Je me réjouis aussi de croire que le projet de coopérative des talents fait son chemin dans certaines têtes !



☐ Les hommes rêvent de s’élever. Une force d’attraction mystérieuse les tire vers le haut. Vers les sommets !
Dans leur imaginaire ils y rejoignent la perfection ! La plénitude !
Ces dernières semaines ils ont plutôt pris un coup sévère sur la cafetière.
Nous en sortons assez ratatinés !
Nous avions atteint des sommets d’imbécillité et d’inhumanité.
Il faut réviser nos ambitions.
La grandeur qu’il nous est permis de viser est celle de l’âme. Uniquement !
Remettre l’ouvrage sur le métier. En urgence !



☐ 17/5/2020

De la charité il faut passer à l’amour !

Les gestes charitables se sont heureusement multipliés tout au long de la période de confinement que nous venons de traverser. Des jeunes ont proposé spontanément de faire les courses à des personnes âgées dans leur rue ou dans leur immeuble. Des hommes et des femmes ont laissé éclore en eux les fibres de la générosité et de l’entraide en portant secours, ici et là, à des êtres en détresse. Certains ont appris, enfin, à connaître les voisins qu’ils voyaient mais avec lesquels ils n’avaient pas d’échange.
De la graine d’humanité a donc germé pour la plus grande satisfaction d’un grand nombre.
Il est rassurant de vérifier que sous la couche plus ou moins épaisse d’égocentrisme qui nous recouvre tous, le cœur des sensibilités à la souffrance d’autrui bat toujours.
Nous savons être charitables ! C’est une très bonne nouvelle qui mérite que l’on s’en réjouisse. L’endurcissement individuel n’est probablement qu’une façade, un crépi qui ne rend pas compte de notre vie intérieure plus chaude qu’on ne le soupçonne.
L’ennui, avec la charité, c’est qu’elle est le plus souvent très ponctuelle. Née de l’émotion elle disparaît aussi vite qu’elle est apparue. Loin des yeux, loin du cœur.
La crise a fait voir au grand jour que face à la mort nous sommes pratiquement tous égaux. Quel que soit le statut social ou l’état de la fortune, le virus a frappé et semé la panique dans tous les rangs. Mais nous avons aussi vérifié, une fois de plus, qu’un fossé immense sépare les vivants. Il valait mieux être confiné dans une maison individuelle avec jardin que dans un réduit obscur en ville. Il a été plus facile de tenir le siège en bénéficiant d’une retraite confortable qu’en ne touchant plus de salaire du fait de l’inactivité forcée. J’ai eu honte en pensant à des amis qui dès le dix du mois se sont tourmentés pour leur survie. Comment allaient-ils finir leur mois ?
Aucune pratique charitable ne suffira à combler ce fossé et ne permettra aux plus démunis de vivre dans une relative sérénité. Si nous ne parvenons pas à aimer ces frères et ces sœurs en humanité, nous ne nous battrons pas pour qu’ils accèdent à un statut d’humains de plein droit. Car ils ont droit à un logement décent. Ils ont tous droit à des ressources suffisantes. À l’accès aux soins. À la formation…Les aimer ! Assez fort, pour s’engager, dans la durée, à leurs côtés, pour réunir les conditions d’une existence digne. Devenir solidaire d’eux tous et remuer ciel et terre pour que soit prise en considération leur respectabilité. Quels qu’ils soient. D’où qu’ils viennent. Ce sont des êtres humains, nos égaux. Par amour pour eux tous il nous faudra chercher les moyens nécessaires à cette immense révolution, en nous impliquant plus fortement nous-mêmes et peut-être aussi sous les fesses de grands égoïstes qui détiennent pour eux des fortunes qu’ils ne pourront jamais dépenser et qui coupent à d’autres le robinet d’accès au pain et à l’eau indispensables.
Suite à ma suggestion d’hier de créer une « coopérative des talents » susceptible de devenir créatrice d’emplois, j’ai reçu l’assurance d’un premier versement régulier. Ça pourrait faire école !
L’amour existe sur cette terre. Il n’est pas mort. Il est en nous. Il nous faut le ressusciter chaque jour dans ses dimensions les plus larges, au bénéfice de toute l’humanité.



☐ 14/5/2020

Il est parfois lassant de croire en un avenir heureux pour l’humanité ! Je ne suis pas sûr que l’on puisse compter sur moi pour y contribuer. L’envie de tout envoyer promener est souvent très forte. Peut-on compter sur les humains en général ? Et si les principaux concernés ne se bougent pas les fesses pour se construire ensemble une société plus heureuse et plus pacifique, sur qui peut-on fonder un tel espoir J’hésite ! Nous sommes vraiment tous trop cons pour bâtir cette cité fraternelle de nos rêves ! Ou bien, envers et contre tout, il vaut la peine de garder la loupiote du bon sens et de l’envie d’aimer allumée ! Que vais-je dire là tout de suite ? Jocker !



☐ 13/5/2020

L’échec majeur !

Pendant la crise sanitaire qui occupe tous les esprits, en lien avec la peur de choper la sale bête et de mourir, d’autres crises couvent en silence.
Pour les pouvoirs politiques, l’heure est à la mise à profit de leur autorité pour étendre les systèmes de contrôle sur tous les individus. La santé est un bon prétexte pour nous ficher encore davantage et pour tester les techniques les plus archaïques pour nous diviser et nous isoler les uns par rapport aux autres ! Confinement extrême et interdiction des rassemblements. Et ça marche !
Pour les pouvoirs économiques, l’aubaine du virus est tout aussi évidente. Ne subsisteront que les entreprises aux reins les plus solides. Celles qui ne font pas courir de risques aux banques. Les autres disparaîtront par voie de sélection naturelle. Personne ne pourra être accusé de les avoir tuées. Elles sont mortes sous l’effet d’une maladie imprévisible. Un mauvais coup du sort !
Et les chiffres du chômage vont à nouveau remonter ! Mais nous y sommes habitués. Bientôt 50 ans que des millions de salariés sont laissés sur le carreau !
Trois de mes petits-enfants en âge de travailler sont en situation de précarité professionnelle. Les trois autres sont encore scolarisés. Quel avenir ?
Un gendre au chômage et parmi mes amis plusieurs sont en recherche d’emploi.
Cette crise larvée est probablement plus grave que celle dont tout le monde parle.
Ce sont des exclusions violentes de la société qui s’opèrent sous nos yeux.
Avoir 25 ans et ne pas être admis dans le monde du travail est l’équivalent d’une condamnation à la non-vie.
Avoir 50 ans et se voir signifier que l’on est trop vieux pour un emploi est une autre condamnation à l’oisiveté perpétuelle.
En face : le sauve qui peut !
Chacun, chacune tente de se débrouiller avec ses talents et ses relations. Mais quand l’offre est à sec il ne faut pas s’attendre à des miracles. Et elle est à sec pour un bon moment.
Le système ultra libéral qui doit permettre à un petit nombre de gagner de plus en plus d’argent ne fonctionne bien qu’en réduisant drastiquement les charges de personnel, donc les emplois ! Nous y sommes depuis des décennies et, à la faveur du Covid-19, un nouveau coup d’accélérateur sur la diminution des charges est en passe d’être donné.
En 1973, au tout début du deuxième choc pétrolier à l´origine du chômage de masse, nous avons, à quelques-uns, décidé d’unir nos forces et un peu de nos moyens financiers pour créer des services à rendre aux plus défavorisés.
Au fil des ans c’est devenu une « entreprise » qui a créé des centaines d’emplois.
Je ne peux m’empêcher de penser que des initiatives identiques pourraient aujourd’hui être prises à nouveau.
Le chacun pour soi, dans son coin, ne donnera rien d’autre que du découragement et de la lassitude.
Il faut, je crois, à contre-courant des tendances sociétales, avoir l’audace de se regrouper pour élaborer de nouveaux projets collectifs.
Si quelque chose de ce goût-là devait voir le jour, ici ou ailleurs, j’aurais fortement l’envie de soutenir une telle démarche.
D’autres, avec moi, sans doute aussi !
Apprendre à réfléchir et à travailler ensemble !
C’est indispensable pour pouvoir tenir tête aux forces contraires qui divisent pour mieux régner !
Une très vieille recette : l’union fait la force !
Ça ne s’est jamais démenti !



☐ 12/5/2020

Un ami qui a longtemps travaillé dans la finance internationale m’a donné, il y a quelques jours, une préoccupante version de la crise que nous traversons.
Selon lui, le virus est une véritable bénédiction pour les banques centrales qui sont entrées en crise grave au début de cette année et qui vont pouvoir se défausser sur la paralysie économique liée au Covid 19, pour masquer leurs nouvelles turpitudes, après celles de 2008, année noire des subprimes.
Les banques ne se prêtaient déjà plus d’argent entre elles et la BCE rachetait à tour de bras des milliers de milliards de dettes publiques pour renflouer les trésoreries.
Une situation de quasi banqueroute !
L’argent piqué aux contribuables et aux épargnants pour sauver le système en 2008 a principalement servi à augmenter les pactoles des très riches dans les paradis fiscaux.
Aucune réforme structurelle susceptible de mettre fin aux pratiques frauduleuses des grandes fortunes n’a été mise en place et nous serions aujourd’hui dans une situation identique sinon pire qu’en 2008 !
Mais la finance mondialisée n’en portera pas le chapeau. Le virus en sera rendu responsable.
L’augmentation inévitable du chômage qui va intervenir dans les mois qui viennent va alimenter la colère qui déjà grondait depuis des années. Les pouvoirs publics sortiront encore plus décrédibilisés de ce maelström mondial. Ils le savent si bien qu’ils utilisent eux aussi la peur panique savamment entretenue autour de la contamination, pour renforcer les dispositifs de contrôles individuels et les mesures de répression qui les accompagnent. Brigades sanitaires ! Drones avec reconnaissance faciale ! Mobilisation de l’armée !
La nation est en guerre. On comprend chaque jour un peu mieux cette déclaration du Président ! Elle semblait totalement saugrenue. Elle se vérifie un peu plus chaque jour.
Discours complotiste ????
Réalisme tragique ??!
Méfiance ! Prudence ! Vigilance ! Peut être pas que pour la deuxième vague ! Pour ce que cache l’agitation autour du virus , commode bouc émissaire pour les saloperies auxquelles se livrent tranquillement les rapaces de la finance, sur le dos d’une population mondiale manipulée et qui fera les frais de leur ignominie.



☐ 11/5/2020

MAI 1968 / MAI 1981/ MAI 2020

C’était il y a 39 ans. Au soir du 10 Mai 1981, une bonne partie de la France était en liesse. François Mitterrand et la gauche avaient remporté les élections présidentielles. Un événement historique.
Un immense vent d’espoir s’était levé. À part le très court temps du gouvernement de Pierre Mendes France, notre génération n’avait connu que la droite au pouvoir.
Mai 1968 avait laissé quelques traces dans les mémoires. Le désir de changement n’était pas totalement éteint malgré les désillusions et les trahisons qui ont succédé à l’élan révolutionnaire.
Mai 1981 ! Le pouvoir n’est plus dans la rue. Il occupe les lieux les plus symboliques de l’état républicain.
Tout devait bouger.
Beaucoup de choses ont bougé. Incontestablement. Mais les insatisfactions sont remontées très vite à la surface.
Ce qui plaisait aux uns fâchait les autres. Personne ne voulait lâcher le moindre avantage acquis. Le prix des réformes devait toujours être payé par les « autres ». Les mentalités n’avaient guère évolué. Et le pouvoir a été source de corruption pour de nombreux acteurs de gauche dont on attendait autre chose en matière de probité.
Ce rappel peu flatteur s’impose aujourd’hui.
Nous sommes nombreux à espérer que la crise que nous traversons nous enseignera la sagesse tant indispensable pour stopper la course folle du monde hyper libéral et dans laquelle nous risquons de nous perdre, de perdre la vie et la joie de vivre.
Il ne suffira pas d’un coup de baguette magique.
Les mentalités doivent changer pour qu’il y ait un véritable renversement de situation.
Rien ne dit que cela se produira.
D’aucuns attendent tout bonnement de relancer les machines et comptent rattraper les retards pris.
D’autres vont vouloir se donner le temps d’une vaste réflexion sur les causes profondes de la crise mondiale actuelle et proposer des voies nouvelles.
La tension entre ces deux pôles contraires sera forte.
Il serait très dommage que tout reparte comme avant. Aucun argument économique ne doit nous empêcher d’analyser les raisons pour lesquelles nos systèmes peuvent s’effondrer brutalement.
Qu’est ce qui est réellement bon pour l’homme ? Pour tout homme ? Pour tout l’homme !
De quoi avons nous essentiellement besoin ?
De quels poids inutiles et nuisibles devons nous nous défaire ?
Interroger la vie ! Questionner son sens !
Trouver un but commun digne d’intérêt et porteur de joie profonde !
Un immense travail sur nous-mêmes est lancé aujourd’hui à travers les remous causés par un petit virus.
C’est une chance à saisir.
Malgré le déconfinement annoncé, il demeure urgent de ne pas courir dans tous les sens comme des fous sortis de leur cage.
Un nouveau départ dans une vie différente est devenu possible.
Ne passons pas à côté et donnons-nous les moyens de repenser le monde et notre place en son sein.
L’effort à faire peut être joyeux et nous ouvrir les yeux sur des horizons plus enviables !



☐ 8/5/2020

[Révolution / en marche / épisode 20 (et fin provisoire de la série)]

Cultiver la joie

Beaucoup s’activent dans leur jardin. Celles et ceux qui ont l’immense chance d’en avoir un et qui de surcroît adorent travailler la terre.
Ce n’est hélas pas le cas de nombreux locataires qui doivent se contenter de leurs rebords de fenêtres.
Quoique. Lorsque nous avons accueilli, en 1979, un important groupe de réfugiés du sud-est asiatique, nous avons été bluffés par l’ingéniosité de ces amis qui, à peine installés dans les logements, ont fait pousser du soja dans des jardinières posées sur le rebord des fenêtres. Ils ont revendu leur production, à prix d’or, aux épiceries fines de la ville.
Comme quoi !
Mais un jardin, c’est évidemment bien mieux.
Il y a la joie de la plantation. Puis celle de la croissance mystérieuse qui prend son essor dans la terre. Puis, plus tard, la joie de la récolte et de la consommation.
Appliquée à nos propres existences, la recherche de la joie pourrait être la plus belle des révolutions qu’il nous est donné de réaliser.
La plus difficile aussi.
Il y a, certes, des moments de joie intense qui nous sont offerts. Une naissance ! Un beau mariage ! La réussite d’un examen ! Une embauche ! Une guérison ! Une amitié forte ! Une rencontre inespérée ! Etc.
Ce sont des explosions momentanées qui contrastent avec la rudesse des aspérités quotidiennes. Elles permettent d’oublier pendant un court laps de temps et c’est bien qu’il en soit ainsi.
Mais ça reste l’exception qui confirme la règle de la monotonie, voire de la lassitude.
Pour qu’il y ait de la joie en profondeur et dans la durée, nous sentons bien qu’il nous faudrait autre chose.
Quoi d’autre ?
D’aucuns pensent aux richesses. Elles donnent beaucoup d’insomnies à ceux qui les accumulent et souvent les rendent étrangers aux autres et à eux mêmes. Leur planète est haut perchée !
D’autres sont en recherche de l’homme ou de la femme de leur vie. Bonheur absolu au moment où ils ont la conviction de l’avoir trouvé, l’être qui va les combler. C’est sur la durée qu’il faut évaluer les choses. Tous les débuts sont merveilleux. Enfin, presque !
C’est que la joie dont nous avons faim et soif n’est pas liée à un apport extérieur à nous. Ni la possession matérielle, ni la passion pour un autre être, ne nous procurent ce qui peut transformer notre vie et en faire une source pétillante.
De nombreuses religions, sectes, idéologies nous proposent la joie idéale, clés en main ! Le kit complet pour pas un rond. Gare aux arnaques ! Les experts en manipulation et en aspiration de vos biens sont légions dans ces milieux moins innocents qu’ils ne le paraissent.
Où et comment, dès lors, avoir des chances de la rencontrer cette joie, si elle existe ?
Elle n’existe qu’en nous-mêmes. En chacun, chacune. Sous forme de promesse. Une graine infime. Qu’il faut cultiver. En prendre soin. L’arroser de nos tendresses. L’exposer au soleil de l’amour. La rendre résistante aux intempéries inévitables. Lutter pour que les malheurs ne la submergent pas. Chercher et voir ce qui demeure éternellement beau en nous et autour de nous.
La joie est possible. Elle n’a rien d’utopique. Elle est puissamment inscrite dans nos gênes. Notre esprit se doit de la favoriser. Mille langages nous parlent d’elle. Sur des visages croisés. Sur des merveilles de la nature. Sur des œuvres d’art. Sur des gestes d’amour et d’amitié.
À nous d’y prêter davantage attention !
À nous aussi de nous exhorter mutuellement à les discerner jusque dans ses manifestations les plus infimes.
Au lieu de nous entraîner dans la spirale du désastre dont la fatalité n’a jamais été démontrée, aimons-nous assez pour nous stimuler dans la quête de la joie profonde et aidons-nous à en faire l’objet de la culture la plus attentionnée qui puisse être !



☐ 4/5/2020

BCE : qui nous informe de ce qui se trame en coulisses ?

Un journal régional aussi inoffensif que les DNA publie aujourd’hui un article intitulé : « la BCE sommée de se justifier. »
C’est la cour constitutionnelle allemande qui demande des comptes à la Banque centrale européenne !
Et pour cause. Il lui est reproché de racheter sans tambour ni trompette des milliers de milliards de dettes publiques. « Pour faire face au cataclysme économique causé par le coronavirus ! »
C’est là que l’analphabète économique et financier que je suis et que nous sommes nombreux je crois, à être, aurions besoin de clarté pour comprendre de quoi il en retourne !
On nous dit que ces opérations d’injection massive de liquidités affecteront pratiquement tous les citoyens, en tant qu’actionnaires, propriétaires, locataires, épargnants ou détenteurs de polices d’assurance ! Il y aura des pertes considérables pour l’épargne privée, dit encore la cour constitutionnelle.
Qui nous en parle ?
Qui nous informe de ce qui se trame en coulisses ?
Toute notre attention est focalisée sur les chiffres de morts et sur les risques que nous courrons pour notre santé !
Mais motus et bouche cousue sur le « cataclysme » en cours.
Nous découvrirons l’ampleur des magouilles lorsque nous serons mis à contribution pour renflouer une fois de plus les banques et les spéculateurs !
Comme en 2008 ! La fameuse crise des subprimes !
Parce que les très très riches jouent avec des milliers de milliards pour en gagner encore plus sans lever le petit doigt, nos économies plongent régulièrement dans le rouge et mettent des millions de braves gens qui n’y sont pour rien, sur la paille.
Plusieurs lecteurs de mes posts m’ont dit hier qu’ils allaient « partir » de ma page FB, ne supportant plus les procès faits aux pouvoirs publics et aux grands financiers qui gouvernent le monde. Je le déplore mais j’estime nécessaire de chercher à y voir plus clair et de ne pas simplement essuyer les catastrophes successives comme s’il s’agissait de fatalités !
Il y a des responsables et des coupables qui tirent des ficelles en coulisse de l’histoire. Ils sont la cause de suicides d’épargnants, de petits propriétaires, d’artisans , de chômeurs, de désespérés parce que sans ressources, sans toit, sans espoir !
Et nous devrions laisser faire et nous taire ?
Et nous devrions faire aveuglément confiance à nos gouvernants qui manifestement nous racontent souvent des sornettes ?
Je préfère me faire incendier par quelques-uns de mes « amis FB » que de renoncer à chercher les causes de cette nouvelle catastrophe qui va faire bien plus de victimes que le Covid 19. Hélas !



☐ 4/5/2020

[Révolution / en marche / épisode 19]

Le journal des bonnes nouvelles

Il en est question partout, depuis fort longtemps. Une foule de gens rêve de disposer d’un journal qui ne publierait que des bonnes nouvelles. En grec ça s’appelle « évangile », étymologiquement : une bonne nouvelle !
Mais il ne s’agit pas de littérature religieuse. Ce dont je parle c’est de faits qui étonnent et qui épatent par leur originalité et par leur portée symbolique, dans le registre de ce qui fait du bien à nos âmes. De ce qui permet non seulement de ne pas désespérer de l’humanité, mais, au contraire, de trouver des motifs de joie profonde qui nous font croire encore à un avenir heureux pour tous.
Une dame a eu le courage ces jours-ci de prendre en photo un individu en train de battre sa femme. Elle est allée à sa rencontre pour lui dire qu’elle envoyait cette photo à la police. Il a pris la fuite ! Elle a pu mettre la victime en sécurité !
Un coup de téléphone tout à l’heure d’un ami qui vit seul, confiné, malade. Il me dit qu’il sort de chez lui pour déposer un sac devant notre portail. C’est notre repas de midi. Il est excellent cuisinier et il aime régaler ses amis.
A côté de salopards qui crèvent les pneus de médecins ou d’infirmières pour les faire déménager par crainte de la contagion, combien de gestes de solidarité qui donnent une image belle et généreuse de ce que nos cœurs savent produire.
Il faut écrire toute cette masse d’actions positives ! Il faut parler ce toutes ces personnes qui agissent dans l’ombre et qui honorent ce qu’il y a de plus noble dans les humains.
L’objection que font les « professionnels » de l’information, c’est que les bonnes nouvelles ne font pas vendre ! Ce n’est commercialement pas rentable.
Les lecteurs consommateurs veulent majoritairement du sang, de la violence, du sordide, du glauque !
Ils doivent avoir raison puisque c’est le registre qu’ils privilégient.
Il faut croire que nous sommes tous des névropathes qui nous nourrissons des malheurs et des tragédies que vivent les autres. Nous y trouverions notre contentement en savourant le fait que cela ne nous arrive pas à nous ! Comme par l’effet d’un miroir inversé nous lisons notre bonheur dans les catastrophes qui affectent les autres !
Ce ne sont donc pas les médias qu’il faut incriminer. Leur contenu morbide ne changera pas tant que nous aimons ce qu’ils nous donnent à boire et à manger. Leur merde semble nous convenir !
C’est là que le changement doit intervenir. Il nous appartient à nous autres de boycotter ces mauvaises nouvelles distribuées à profusion et à jet continu !
Exigeons du beau ! Réclamons du bon ! Manifestons notre goût pour les belles choses qui parsèment nos vies et le monde ! C’est de leur contemplation que naissent et que renaissent la confiance, la joie de vivre, le bonheur d’être reliés les uns aux autres, toutes choses qui embellissent l’humanité entière, qui la tirent vers le haut !
Ce dont elle a un urgent et immense besoin ! Être tirée vers le haut ! Se donner les moyens et les outils pour se tirer vers le haut !



☐ 2/5/2020

[Révolution / en marche / épisode 18]

Mobiliser l’âme et l’esprit

La violence est l’outil traditionnel des gens de pouvoir et des révolutionnaires qui se donnent pour mission de les renverser. Un cycle infernal !
Pour régner, pour établir sa domination, rien de tel que de montrer ses biceps. Inspirer le respect passe par l’étalage de la force. Les faibles s’écrasent devant les malabars.
Entre puissants il en va de même. Ils se jaugent et se défient sur la base de leur capacité à anéantir leurs opposants.
« Combien de divisions ? » se demandait Staline face au Vatican.
Aujourd’hui, le décompte se fait en nombre de sous-marins nucléaires, de bombes atomiques, de bases de lancement et probablement déjà en stocks d’armes chimiques et bactériologiques.
La force !!! Rien de tel que la force.
Elle permet en toutes circonstances de faire entendre raison aux adversaires.
Le même raisonnement vaut entre tous les humains sur la planète.
Comment prendre l’ascendant sur l’autre ?
Avec quelle arme puis-je le soumettre à ma volonté ?
Dans certaines situations il est bénéfique de gonfler le torse et les pectoraux ! Dans d’autres ce sera plutôt au moyen de la ruse. Tous les êtres humains ont des points faibles. Il faut prendre le temps de bien les observer et de découvrir leur « talon d’Achille ».
Le petit David avec sa fronde a eu ainsi le dessus sur le redoutable géant Goliath.
Autrement dit, l’intelligence est aussi un Instrument efficace pour se défendre, voire pour vaincre.
Les intellectuels sont craints dans toutes les dictatures et font partie des ennemis à abattre en priorité. L’esprit est source de force !
Il ne suffit pas de frapper à l’aveuglette avec des poings puissants. Il faut savoir où et quand et comment il faut porter les coups pour qu’ils soient efficaces.
Voilà pour la violence ! Physique et intellectuelle ! Les destructions engendrées peuvent être considérables quand les deux s’allient.
C’est le summum de l’art de faire tomber des pouvoirs devenus insupportables.
Mais c’est aussi leur sempiternelle faiblesse. Les violences appellent d’autres violences. Elles s’enchaînent en boucle . Une infernale spirale est enclenchée. Une plus grande violence doit répondre à une autre.
C’est l’échec garanti. Quand tout est par terre et que tout est à reconstruire, le gain est nul.
On peut faire autrement.
En faisant entrer l’âme dans le rapport de force. Le physique et l’intellectuel livrés à eux-mêmes multiplient les dégâts et les drames.
Il faut les asservir à l’âme.
Elle a ceci de remarquable qu’elle est orientée vers la vie, vers l’humain, vers les sentiments qui nous relient les uns aux autres, vers ce qui est à la fois l’objectif majeur de nos existences et le chemin pour y accéder !
Toute révolution qui se respecte et qui a pour ambition de tirer l’humanité tout entière vers le haut, se doit de donner premièrement la parole à l’âme pour qu’elle exprime ses désirs profonds, sa quête de sens positif, son aspiration à la cordialité érigée en mode de vie souhaitable.
Le physique et l’intellectuel doivent être mis au service de cette soif intime et profonde. Elle existe chez tous les humains. Elle est souvent décriée comme étant la marque des faibles.
Elle est en vérité la seule exigence forte que nous devons avoir à cœur de satisfaire en tous lieux et en tous temps.



☐ 1/5/2020

[Révolution / en marche / épisode 17]

Ils annoncent nos malheurs ! Qu’ils parlent !

« Le poète a dit la vérité, il doit être exécuté ! », le merveilleux chant de Guy Béart !
Une phrase qui résume le drame éternel d’une humanité à l’oreille très sélective.
Elle n’entend que ce qu’elle veut bien entendre. Le reste, à la poubelle !
Le médecin chinois qui a annoncé la récente pandémie a très mal fini.
Les prophètes de l’ancien testament, chargés de décrypter l’histoire et d’alerter le peuple sur les dangers encourus en cas d’entêtement dans l’erreur, ont payé, qui le prix fort de l’exil, qui celui de la réclusion dans une citerne abandonnée !
Un lanceur d’alertes croupit aujourd’hui dans une prison où il risque de mourir d’épuisement.
C’est le sort que nous réservons à ce que nous appelons couramment les oiseaux de malheurs, de mauvaise augure, les Cassandre ou plus trivialement les casse-bonbons !
Leur lucidité au sein d’une masse d’aveugles et de sourds les rend suspects et insupportables pour qui ne demande qu’à goûter sereinement la vie, loin des tracas réels ou fantasmés.
Le monde, depuis que les humains l’habitent, a toujours connu des périodes sombres et douloureuses. Soit ! Mais le beau temps est toujours revenu. Grâce à quoi il faut simplement se munir de patience, laisser passer les orages et parier sur le retour des temps heureux !
C’est la philosophie des non philosophes que nous sommes pour l’essentiel d’entre nous.
Soyons pragmatiques entend-on dire ! Le pire n’est jamais sûr, moyennant quoi, pas de panique, du calme, de la confiance et, si possible, car on ne sait jamais, un peu de chance pour passer entre les gouttes !
Laissons les prophètes crier dans le désert ! Ils finiront bien par se lasser !
À moins qu’ils ne finissent par avoir raison. À force de ne rien vouloir changer à nos modes de vie et aux règles du jeu qui nous sont imposées par des pouvoirs sans foi ni loi, nous serons peut être condamnés à boire notre coupe amère jusqu’à la lie !
Je ne dis pas que le virus est notre ennemi mortel et que nous devons tous être en guerre contre lui. C’est une vision très réductrice et très opportuniste des politiques qui plus que jamais veulent nous garder en leur pouvoir ! Ils jouent sur nos peurs et nous rendent dociles par la promesse de nous sauver de cette catastrophe. Nous sommes très nombreux à rentrer dans ce piège tendu mondialement à tous les individus qui craignent pour leur peau. Nous sommes des milliards à craindre la mort.
Donc nous obéissons !
Mais nous ne prêtons pas attention au véritable danger que nous courrons ensemble, celui qui se traduit déjà de mille manières dans nos villes et dans nos campagnes et qui rend nos vies insipides, inodores et sans saveur : le repli sur soi-même, l’enfermement de chacun et de chacune dans sa bulle personnelle.
Déjà nous payons très cher notre manque global du sens et du bonheur de la solidarité entre tous. Le confinement a ceci de bon qu’il crée un peu partout la furieuse envie de communiquer, d’échanger, de se rencontrer, de se serrer mutuellement dans les bras !
En ce sens la crise planétaire créée autour du Covid-19 peut être salutaire et révolutionnaire !
Mieux que toutes les alertes prophétiques qui peinent à nous convaincre, le confinement nous fait toucher du doigt notre incapacité à vivre coupés les uns des autres, notre besoin vital d’être reliés et de vivre les uns avec les autres, les uns pour les autres !
Si nous n’en tirons pas les leçons positives qui apparaissent comme des évidences aujourd’hui, il ne nous restera plus qu’à désespérer de façon définitive, je crois, de notre intelligence réduite à zéro !
Les prophètes, j’ose encore une fois le rappeler, n’ont voulu qu’une seule chose : alerter pour que tous se ressaisissent et que le pire ne se produise jamais !
Le scénario reste actuel ! Il faut les entendre !



☐ 30/4/2020

[Révolution / en marche / épisode 16]

Un bateau : l’économie au service des humains

Oui, un bateau ! Une péniche ! Un paquebot !
Une formule qui fait l’unanimité. Depuis des lustres. Dans tous les milieux ou presque.
L’homme continue d’être le centre de l’univers, dans les discours et dans les déclarations solennelles. L’être humain est sacralisé et jamais ne devrait être considéré comme un objet, une non-valeur, un instrument au service d’objectifs autres que la glorification de sa vie !
Les discours demeurent mais les mœurs changent.
Les humains, un peu partout, sont aujourd’hui traités comme des « variables d’ajustement ». Le besoin de main-d’œuvre est élevé : la chasse aux bras disponibles est engagée. Après la seconde guerre mondiale, des offices français de recrutement étaient installés dans le Maghreb. Une nation exsangue a eu besoin de forces de travail. Elle les a cherchées là où il s’en trouvait, avec des promesses mirobolantes et fallacieuses, bien entendu.
Pour tous les grands chantiers dans le monde, cette même politique a cours. On fait miroiter l’eldorado aux yeux de travailleurs en quête de maigres revenus et ils sont embarqués dans des galères sans nom.
Les chantiers terminés, les pays d’accueil s’empressent de faire repartir les survivants.
Un véritable marché d’esclaves est toujours vivace.
Nous avons conscience de l’hypocrisie des théories officielles. Au pays des droits de l’homme et du citoyen nous ne sommes pas dupes non plus. Notre manière de nous comporter avec les exilés, les sans-abri, les gens du voyage, les détenus, les personnes âgées... fait apparaître à l’évidence que les priorités d’entre les priorités sont davantage économiques et financières qu’humanitaires !
Au plan mondial existe cette perspective génocidaire évoquée hier. Elle est dans l’esprit de nombreux décideurs obnubilés par le rendement de leurs capitaux et par la crainte de soulèvements populaires qui casseraient leurs paradis et leurs rêves ! Les masses sont inquiétantes dès lors qu’elles se mettent à bouger ! Et l’instant où elles se révoltent est une inconnue qui donne des sueurs froides aux dirigeants. Ils veulent prévenir le pire ! Donc museler, juguler, diriger, contraindre les peuples.
Le cas échéant, lorsque les émeutes deviennent trop fréquentes et incontrôlables, ils n’hésitent pas à utiliser les grands moyens à l’échelle planétaire ! Les pandémies, par exemple !
Les vies humaines pèsent très peu. Leur poids est fonction de leur utilité. Ils sont tantôt d’indispensables producteurs, tantôt de précieux consommateurs et acheteurs ! Ils font « tourner » l’économie, source de gains et de profits répartis très inégalement entre les grands bénéficiaires et les masses qui se partagent les miettes !
Gare aux époques où ces montages savants et pervers commencent à vaciller. La peur devient panique chez ceux et celles qui ont des fortunes à perdre. Ils s’accrochent à leurs privilèges et à leurs prébendes ! Ils supplient les États d’empêcher que tout ne s’effondre et d’injecter fut-ce de la monnaie de singe dans les circuits !
Les pauvres, eux, qu’ont ils à perdre ? Un peu plus, un peu moins ? Quelle importance ? Mais ils pourraient être tentés de réfléchir et de faire valoir leur inaliénable dignité.
Pauvres nous sommes, certes, mais des humains toujours ! Nous ne sommes guère éblouis par les richesses aveuglantes qui font courir les assoiffés de luxe inutile et qui en deviennent cons et insensés. Nous apprenons depuis toujours que la vie est belle pour d’autres raisons bien plus simples à mettre en œuvre : la convivialité, l’amitié, les échanges fraternels...
On peut gagner peu et vivre plutôt pas trop mal au sein d’un réseau de solidarité digne de ce nom !
La révolution peut partir de là, de ce constat lucide d’une vie paisible possible en dehors des schémas bâtis pour augmenter sans cesse le confort excessif des hyper riches !
À voir les conflits, les magouilles et les règlements de comptes qui agitent ces milieux à l’âme pourrie, on ne se prend pas à rêver de rentrer dans cette clique aux allures mafieuses.
La vie plus simple et plus heureuse de gens qui s’entre-aiment et qui s’entre-aident est autrement plus désirable !
Il faut du désir, beaucoup de désir, mais pas n’importe lequel, pour entrer en révolution !



☐ 29/4/2020

Meyer et le tourisme

(...) A-t-il pris la mesure des effets indésirables pour la population locale d’un tourisme de masse ?
D’avoir investi une bonne part de nos impôts pour faire de notre ville un haut lieu touristique, bien au-delà de ce que la taille de notre petite cité peut raisonnablement supporter, était une erreur monumentale mille fois dénoncée par de nombreux analystes. Il n’en a jamais tenu compte ! Comme sur beaucoup d’autres sujets il est parti bille en tête pour n’en faire qu’à sa tête !
Le gel des déplacements des masses est en train de donner raison à ceux qui n’ont jamais apprécié que l’on mette tous les œufs dans le même panier ! Une économie saine ne peut pas reposer uniquement sur un socle aussi aléatoire que le tourisme de masse !
C’est pourtant ce qu’il a choisi de faire !
Quel manque de flair !
Quelle marque d’incompétence !
La qualité première d’un élu est d’avoir une vision à long terme et de voir large !
Meyer ne s’est laissé guidé que par le clinquant du court terme qui lui a assuré à plusieurs reprises sa réélection.
Mais qui est préjudiciable aux intérêts de la ville et de ses habitants dans leur grande majorité !
Vivement que l’on puisse envisager le second tour ou que l’on recommence le tout !
Il faut sortir de cette situation bancale ! Le plus tôt sera le mieux !



☐ 29/4/2020

[Révolution / en marche / épisode 15]

Des instruments pour y voir plus clair

Il ne fait plus de doute pour grand monde que les médias, toutes espèces confondues, distillent allègrement, sous couvert d’informations, du prêt-à-penser concocté par des groupes d’intérêts qui ne travaillent pas forcément dans notre intérêt.
Les grands capitalistes mondiaux sont devenus les patrons de la presse. Ce n’est pas innocent, d’autant que certains titres font des pertes énormes ! Mais qu’importe !
Il n’y a pas de meilleur outil pour manipuler les esprits et les corps que ces vecteurs populaires rendus attractifs par la diversité des divertissements qu’ils offrent aux consommateurs !
Que n’achèterais-je de journaux quotidiens pour avoir le bonheur de faire des mots croisés ! Tel autre pour faire son tiercé et une autre encore pour ses recettes de cuisine.
A chacun / chacune sa porte d’entrée !
L’essentiel étant d’y jeter un œil et de se laisser accrocher par une photo, une manchette ou un article !
Nous sommes ainsi formatés à la guise des puissances qui gouvernent le monde. Peu ou prou, nous gobons les faits, les vrais et les faux, parce qu’incapables de deviner ce qui est juste de ce qui est mensonger.
La nourriture servie est trop importante et trop indigeste. En un seul JT on déroule pour nos petites têtes une infinité de thèmes à l’importance très inégale. Cette bouillie servie quotidiennement est la base de notre nourriture intellectuelle. Pour avoir entendu parler de quantité de sujets relatifs à tous les continents et à toutes les facettes de la vie sur terre, nous pensons naïvement tout savoir, être informés et aptes à décider de tout.
Tragiques illusions !
Nous sommes surtout conditionnés pour acheter et pour consommer ce que les grands producteurs mondiaux veulent nous fourguer pour augmenter leur profit, à notre insu !
Le marketing, à la fin de la seconde guerre mondiale, a été inventé aux États-Unis pour vendre dans le monde entier les surplus des fameux stocks américains, constitués pendant la guerre et en vue d’une guerre très longue en Europe ! Vendre des produits inconnus pour partie, en créant d’abord mentalement le désir et le besoin de les acquérir !
J’ai entendu aujourd’hui une analyse de la situation mondiale qui m’a fait froid dans le dos.
Une Canadienne redit avec force ce que Susan George avait déjà écrit dans son livre « le rapport Lugano » il y a près de 40 ans.
Les puissants décideurs qui sont à la manœuvre dans le monde entier (financiers et banquiers appuyés sur des politiques à leur solde) veulent éliminer 6 milliards de bouches inutiles sur les 7 et quelques que nous sommes !
Famines, pandémies, guerres civiles sont les armes préférées de ces seigneurs/saigneurs de la Terre. Dans le contexte de la pandémie actuelle ces propos prennent un relief saisissant !
Mais ??!
Qui croire ??!
Qui dit vrai ? Qui nous ment ? Qui nous fout la trouille dans le monde entier ? La peur de perdre notre vie ?
A quelle fin ?
Nous rendre dociles, obéissants, soumis aux ordres ?
Nous faire renoncer de nous mêmes à des libertés qui hier encore nous paraissaient essentielles ? Créer des troupeaux de moutons menés dans le sens des intérêts du petit nombre des grands truands installés au sommet ? Une mafia à l’échelle du globe ?
L’hypothèse est très plausible ! Mais en même temps si horrible que l’on se demande néanmoins si en la formulant on ne délire pas un peu ?
Mais qui aurait pu, dans les années 1930, imaginer Hitler et la Shoah ?
Qui voyait venir Pol Pot au Cambodge ? Erdogan en Turquie ? Bolsonaro au Brésil ?
Personne ne veut envisager le pire ! Notre vieux fond d’humanité nous fait croire qu’il y aura forcément un sursaut devant le pire et qu’il nous sera épargné ! Le pire ne nous sera pas épargné par les gouvernants aux commandes du navire monde. Ils voguent pour eux-mêmes et que pour eux ! Ça au moins c’est très clair ! Ils laissent les migrants couler par le fond en Méditerranée sans aucun état d’âme ! Et ils nous habituent ainsi, à doses homéopathiques, à accepter les actions criminelles de masse qu’ils concoctent pour parvenir à leurs fins !
La totalité des richesses mondiales pour un petit nombre de bénéficiaires capables de neutraliser toute résistance à leurs appétits voraces !
J’aimerais que cela ne soit que le fruit d’un vilain cauchemar ! Ce n’est pas cela !
C’est un terrible pressentiment.
Que nous pourrions mettre en échec !
1) si nous étions massivement convaincus que ce danger nous pend au bout du nez ;
2) si des analystes regroupés dans un quelconque organisme indépendant de salut public confirmait l’exactitude de cette perspective tragique ;
3) si dans un sursaut collectif nous décidions d’y voir plus clair tous ensemble et si nous nous liguions pour combattre les ennemis de l’humanité repliés autour de leurs coffres-forts !



☐ 20/4/2020

Révolution / en marche / épisode 9

Avis aux multimilliardaires / millionnaires

Nous sommes tous dans une belle merde ! Vous, un peu plus que d’autres, portez la responsabilité de la folie qui s’empare facilement des êtres humains quand on agite sous leurs yeux et devant leur nez les mirages de la richesse, du bonheur illimité qu’offre l’argent et du pouvoir qu’il vous donne !
Vous nagez dans ces illusions et vous polluez la planète et l’humanité avec les nuisances que vous produisez sans le moindre respect pour les équilibres indispensables au vivant.
Stop!
À partir d’aujourd’hui, goinfrez-vous ! Éclatez-vous la panse avec les réserves incalculables dont vous disposez pour plusieurs vies. Prenez votre pied !
Mais retirez vos doigts de la conduite des affaires de notre monde !
N’y touchez plus.
Moins vous vous mêlerez de nos vies, mieux nous nous porterons.
Nous parvenons à nous débrouiller avec relativement peu.
Nous découvrons, au quotidien, dans les pires conditions du ralentissement économique, des bonheurs simples liés à notre capacité de devenir un tant soit peu fraternels.
Nous saurons, si vous restez en dehors de la boucle, réinventer une société, un monde, une humanité moins obnubilés par votre poudre de perlimpinpin et plus profondément ancrés dans le partage de sentiments essentiels au bonheur de nos âmes.
Contentez-vous de ce que vous avez déjà et qui est largement trop important par rapport à ce que vous pourrez en consommer, vous en êtes d’ailleurs très tristes !
Oubliez-nous ! Nous ferons très volontiers sans vous !
Faites monde à part !
Nous ne pourrons pas être plus malheureux que nous ne le sommes déjà par votre faute, par votre appétit d’ogres et votre tendance à vous comporter comme les pires prédateurs que la nature ait jamais produits !
Au plaisir de ne plus avoir à compter avec vous !!!



☐ 18/4/2020

Révolution / en marche / épisode 8

Un dieu qu’il faut désacraliser

« Les dieux sont morts », ont pu annoncer des philosophes qui, grâce à la raison et à l’esprit critique, sont parvenus à détrôner les puissances irrationnelles qui maintenaient les foules dans l’obscurantisme et l’idolâtrie.
Créés par des malins, pour asseoir leur propre pouvoir sur des légitimités d’autant moins contestables que fantasmées, ces dieux imaginaires étaient des alibis commodes pour le gouvernement de leurs semblables.
Qui pouvait s’opposer à la volonté d’un dieu ?
Un jour, cette crédulité a été contestée et ébranlée. Il était temps que les humains apprennent à utiliser leurs neurones pour se forger des règles de conduite à partir de critères autres que les « commandements divins ». Il ne faut pas être grand clerc pour découvrir ce qui est utile et bon pour les êtres vivants et ce qui, au contraire, nuit à leur bien-être.
Se respecter mutuellement, s’entraider, est de loin plus agréable que de se tirer dans les pattes et de se pourrir l’existence .
Les religions qui pendant longtemps pensaient avoir le monopole de la sagesse et du chemin qui mène au « salut », à la bonne santé morale et physique, ont dû admettre que le bon sens ordinaire pouvait suffire à mettre les humains sur le « droit chemin ».
Mais tous les dieux ne sont pas morts pour autant !
Il en reste un au moins qui a la vie dure et qui survit à toutes les éradications, le dieu fric. Ou pognon ! Ou richesse ! Ou profit !
Il a mille noms ! Pour une même réalité universelle : l’assurance que les humains retirent de la possession de biens matériels.
Accaparer pour soi de l’argent, de la thune, du blé, de l’oseille, de la fraîche : quelle jouissance ! Se savoir à l’abri du besoin ! Penser qu’à tout instant, si l’envie m’en prend, je peux acquérir ce que je convoite ! La vie est belle ! Je baigne dans le bonheur d’avoir et de posséder !

Il y a parfois, dans l’histoire, des époques où tout d’un coup, ces illusions se dégonflent en un pschitt ! Actuellement un tout petit virus joue le trouble-fête. Les plus riches peuvent y succomber. Leur pouvoir est ridiculisé car ils dépendent comme n’importe qui des services que de braves infirmières, de courageux éboueurs, d’humbles livreurs à domicile, de précieux ouvriers et salariés, continuent à rendre malgré les risques encourus.
Ces moments peuvent aider à notre réflexion.
Des idées « révolutionnaires » naissent partout. Il faudra que tout change, après !
Croyons-nous ! Disons-nous ! La main sur le cœur.
Quel bonheur ce serait si, enfin, nous nous mettions en tête que rien, sur cette terre, ne vaut de vivre en paix les uns avec les autres !
Mais que pour vivre en paix il nous faut, tous, laisser les armes de la concurrence sauvage, de la rivalité sans pitié, au musée des vestiges d’un passé révolu.
Posséder toujours plus de biens et de richesses rend les hommes malades. Ils en perdent la raison ! Ils deviennent fous !
Nous y sommes ! La folie créée par l’adoration du dieu argent est à son comble.
Les financiers, les argentiers, les trésoriers, les comptables, les experts, sont les maîtres partout. Simples techniciens des comptes, ils sont aujourd’hui les détenteurs du pouvoir politique. Symbole suprême du dysfonctionnement démocratique dû à la vénération du capital !
Les outils que sont l’argent et les biens sont devenus des buts en eux-mêmes. Ils sont sacralisés. Ils sont tout puissants.
Et les hommes sont tout petits devant eux. Insignifiants. Des riens.
La révolution à faire traverse l’esprit de tout un chacun. Elle sera réussie quand le dieu fric sera à son tour hors d’état de nuire. Quand nous serons heureux d’être simplement en bonne santé les uns avec les autres ! Bonne santé dans nos têtes et dans nos cœurs, autant que dans nos corps.



☐ 14/4/2020

[La révolution / en marche / épisode 3]

Un peuple ne doit pas penser !

Les individus qui le composent ne doivent pas penser par eux-mêmes et pas entre eux ! Ils doivent obéir ! Se soumettre ! Suivre les voix de leurs maîtres. L’obéissance est la force principale des armées. Les églises ont régné par les clercs qui seuls avaient un peu de savoir et qui devaient maintenir les foules dans l’ignorance pour mieux les manipuler. Il y a quelques années, Patrick Le Lay, alors PDG de la chaîne la plus regardée TF1 et récemment décédé, osait affirmer oralement et par écrit, que la mission de la télévision était de « créer du temps de cerveau disponible pour Coca Cola ».
Les médias censés « informer » , c’est à dire fournir de la matière à réflexion, servent pour la plupart, asservis qu’ils sont aux pouvoirs de l’argent, à formater les esprits pour la pensée unique, celle qui arrange les détenteurs des richesses et de la maîtrise des affaires du monde !
Un de mes anciens collègues pasteur m’a confié un jour être ahuri par l’un de ses paroissiens qui lui a dit venir au culte avec un esprit critique ! L’horreur ! Il ne croyait donc pas sur paroles !
De la même manière, je suis ahuri de constater dans de nombreux commentaires des propos présidentiels d'hier soir, la facilité avec laquelle beaucoup de citoyens tombent, les pieds joints et sans le moindre esprit critique, dans les pièges tendus par les communicants officiels de la parole élyséenne !
Le président d’ordinaire si sûr de lui, imbu de sa personne, a légèrement fendu son armure hier soir et a donné, l’espace d’un court instant, le sentiment de sa sincérité et de son humilité ! Cela a suffit pour faire fondre d’émotion les cœurs et les esprits les plus crédules. Car, après tout, pourquoi ne pas croire qu’il puisse aussi être honnête ?
Non ! Il n’a pas été honnête !
Pour une seule et simple raison : il a sur lui les pressions du monde économique et financier qui perd beaucoup d’argent en ce moment (quoique l’État se soit déjà engagé à le renflouer à travers l’impôt que nous paierons) et qui exige que la France se remette au travail le plus rapidement possible !
Pour libérer les forces du travail, il faut enlever à celles-ci l’excuse d’avoir à s’occuper de leurs enfants en âge d’être scolarisés ! Qu’à cela ne tienne ! Rouvrons les écoles et les crèches ! Tant pis si les enfants et les enseignants courent des risques sanitaires ! Ils sont jeunes ! Ils s’en remettront ! Enfin, la plupart d’entre eux.
Pourvu que l’économie et les affaires reprennent !
De plus belle ! Comme avant ! Sans se soucier de la vie et de la qualité de la vie des uns et des autres.
Fermer la parenthèse du confinement sans laisser à personne le temps de repenser fondamentalement le sens des choses !
Le piège suprême ! Pour surtout ne rien remettre en question !
Allons-nous, comme un seul homme, marcher dans cette odieuse combine ?
La révolution qui a des chances d’aboutir est celle qui d’abord se produit dans notre esprit ! Y sommes-nous disposés ?



[La révolution / en marche / épisode 2]

Dans son discours de ce soir, notre président a reconnu implicitement l’échec de sa politique, de la politique de l’ultra-libéralisme dont il s’est fait l’un des plus ardents défenseurs.
À force de donner tous les pouvoirs aux puissances financières mondiales, à charge pour elles de laisser tomber quelques miettes du sommet vers la base, les services publics essentiels aux besoins fondamentaux de tous les êtres humains ont été amputés sévèrement et rendus incapables de faire face à une menace globalisée comme celle que représente l’actuelle pandémie pourtant annoncée de longue date !
L’échec majeur est celui-ci !
Comment les idéologues responsables du désastre auquel notre monde a été conduit peuvent-ils aujourd’hui venir devant nous nous chanter qu’ils vont, dans les prochaines semaines, nous indiquer un nouveau chemin ?
C’est un véritable cauchemar ! Pas eux ! Pas ça !
Ils nous ont conduit dans le mur et ils veulent garder le volant ?
La décence devrait les conduire à démissionner de leurs fonctions et de préparer les conditions d’un vaste débat devant déboucher sur de nouvelles élections !
L’heure est grave !
Il ne faut pas qu’en plus de la catastrophe dans laquelle le monde est plongé, ses responsables puissent nous voler la possibilité, en démocratie, de donner une orientation nouvelle et mûrement réfléchie, à la société qu’ensemble nous devons et voulons bâtir pour notre avenir commun.



☐ 8/4/2020

Avec et pour de l’argent !

Ça se dit, ça se subodore ! Rien d’étonnant
Derrière notre crise ? Des histoires d’argent ?
Il y a plus à gagner à trouver des traitements
Qu’à faire de la prévention en prenant des gants

D’énormes intérêts financiers sont en jeu
C’est évident, ça crève les yeux
Que des milliers d’humains meurent importe peu
Les détenteurs de capitaux sont et restent envieux

On peut tuer sans se salir les mains
En achetant des tueurs, d’ordinaires humains
Disposés à commettre les actes les plus inhumains
Sans état d’âme ils en font leur gagne-pain

Blancs comme neige, ceux qui ordonnent de faire
Dénués de tout scrupule ceux qui opèrent
L’argent est leur seul intermédiaire
De son pouvoir extraordinaire ils entendent se complaire

Trafics de drogue, commerce des armes
Tant pis pour ceux qui versent des larmes
Ça rapporte gros. C’est ça leur charme

L’argent dit-on n’a pas d’odeur
Et celle des meurtres commis en son honneur ?
Elle n’est pas horrible cette puanteur ?

Le beau est notre meilleur horizon
S’en approcher, le désirer, que c’est bon
Les joies qu’il procure n’ont pas de nom

Nos vies en fête sont œuvres d’art
Elles rassasient tous les regards
Mais elles ne font pas l’affaire des renards
A l’affût de proies faciles, soucieux de faire leur lard

L’argent par lui même n’est rien
Tout dépend de l’usage qu’en fait celui qui le détient
Il en est qui, autour d’eux, font du bien
Et d’autres qui, par sa puissance, deviennent chiens

Les plus beaux projets humains
Souvent , sont ainsi explosés en chemin
Pour autant il n’est pas dit qu’ils sont sans lendemain
La force du beau recèle des mystères surhumains



☐ 6/4/2020

Bénévolat contre aides sociales

Je réponds ce soir à une amie qui soutient, comme l’a fait mon autre ami, Éric Straumann, l’idée qu‘il est normal de demander aux allocataires d’aides sociales, de compenser cette aide par l’accomplissement de tâches bénévoles au profit des collectivités et des associations !
Dans la panade sanitaire, économique et sociale actuelle, plus que jamais, je m’oppose à cette fausse bonne idée !

Je m’en explique :

1) Les pouvoirs publics, en versant des allocations sociales, reconnaissent leur incapacité à donner du travail à tout le monde. C’est un manquement grave au droit fondamental inscrit dans les textes.

2) Dès lors que des gens touchent de telles aides, l’opinion publique s’émeut et s’insurge : elle ne comprend pas le bien-fondé de ces allocations alors que d’autres travaillent pour souvent ne guère gagner davantage. L’opinion est versatile et n’analyse pas. Elle hurle avec les loups. Certains loups savent comment faire pour exciter le peuple et mettre les décideurs dans l’embarras.

3) L’embarras est de mise ici. Les ouvriers sont mal payés. Leur salaire est à peine plus élevé que certaines allocations. La comparaison est vite faite ! Moi je bosse, je me crève le cul et l’autre qui n’en fout pas une rame vit aussi bien sinon mieux que moi !

4) Les politiques savent que sans verser les allocations il y a la guerre civile dans le pays ! Les gens crèvent de misère ! Pas question donc de ne plus les aider.
Pas question non plus de bousculer le patronat. Pas question de leur demander de mieux rémunérer les ouvriers et les salariés ! Les patrons, leurs amis, n’aimeraient pas !

5) Il faut que quelqu’un apparaisse comme étant le mouton noir dans l’histoire : ce sera le bénéficiaire des allocations qui ne peut pas la ramener et qui a juste le droit d’être content de son sort et de se taire. Face aux critiques qui pleuvent sur lui : il se fait discret, il rase les murs. De quoi se plaint-il ?

6) C’est là que l’idée de faire bosser ces veinards (qui je le rappelle sont d’abord victimes d’un système économique anémié), gratuitement, en contrepartie de l’aide qu’ils reçoivent, apparaît comme lumineuse, évidente et indiscutable ! Merci d’y avoir pensé ! Pourquoi avoir attendu si longtemps pour l’appliquer ?

7) Ici intervient ma « très mauvaise foi » !
Puisque l’on trouve un peu partout, comme par miracle, de très nombreuses tâches à faire faire bénévolement à tous ces bénéficiaires d’allocations, c’est donc qu’il y a du travail ! Des gisements d’emplois qui existent ! Mais que personne, ni dans le public ni dans le privé ne veut rémunérer ! Le scandale est là !
C’est ça qui ne va pas !
Des dizaines de milliers, des centaines de milliers d’emplois ont été détruits pour alléger les charges des collectivités et pour permettre de confier aux intérêts privés l’essentiel des fonctions lucratives. C’est ce qui se vérifie aujourd’hui dramatiquement dans le secteur des soins ! Mais c’est tout aussi vrai dans le domaine de l’Éducation, de la Défense, de la Culture, de l’action sociale...

8) Avec toute la force de ma mauvaise foi j’affirme que l’emploi ne manque pas ! Qu’il est scandaleux dans ce contexte de ne pas donner de vrais contrats de travail aux bénéficiaires des aides sociales et de les rémunérer en conséquence ! Ils renonceront volontiers aux aides souvent infamantes !

9) Qui va payer ?
Évidemment ! La question qui tue et clos les débats avant même qu’ils n’aient pu commencer !
Ma question, l’unique :
Qui donc oblige l’État et les collectivités à abandonner au secteur privé lucratif les activités les plus juteuses en termes de rentabilité financière ?
Qui leur met le couteau sous la gorge pour favoriser un système économique quasi criminel qui permet à des actionnaires privés tapis dans les paradis fiscaux de toucher des dividendes exorbitants et des rendements inimaginables sans rapport aucun avec l’économie réelle ? Avec les revenus de leurs salariés surtout !

10) La crise devrait avoir ceci de bon ! Ces questions doivent revenir au premier plan de nos débats politiques ! Sans faute et sans délai !



☐ 5/4/2020

Connais-toi toi-même !
γνῶθι σεαυτόν

A l’invitation du philosophe grec, nous serions fort avisés de mettre à profit l’époque de confinement obligé que nous traversons pour voyager au cœur de nous-mêmes !
Nos vies sont toutes affreusement bien remplies ! De RV ! De choses diverses et variées à faire ! De personnes à voir ! D’affaires à traiter. De courses indispensables. De projets à planifier. Nos vies bougent sans cesse ! Elles sont mouvement ! Voire mouvementées !
Font-elles sens pour autant ?
Je crois entendre ici et là des réflexions sur l’insensé de beaucoup d’occupations et de préoccupations qui nous ont mis collectivement dans un mur que personne n’a vu venir.
L’arrêt brutal des activités humaines et le confinement inédit des individus nous frappent de sidération ! Que nous arrive-t-il ? Comment et pourquoi en sommes-nous arrivés à ce phénoménal coup d’arrêt général ?
Les prophéties pour l’après crise vont bon train. Rien ne sera plus comme avant disent la plupart des prévisionnistes ! Probablement !
Mais sur quelle base s’opéreront les changements souhaitables ?
Qui dictera les nouveaux objectifs, les nouvelles règles ? Celles et ceux qui sont à l’origine de la faillite actuelle ? Que voudront ils réellement changer ? Leurs ambitions seront-elles plus raisonnables ? Voudront-ils enfin le bien-être pour tous ou repartiront-ils dans les mêmes courses folles au profit, au bénéfice de quelques ploutocrates ?
En modifiant les manières de faire pour nous reprendre dans leurs pièges ?
C’est ce qui se passera !
Sauf si nous rentrons enfin tous en nous-mêmes ! Sauf si nous faisons ce que chaque être humain doit obligatoirement faire de temps à autre durant sa vie : essayer de comprendre qui il est ? Ce qu’il fait de sa vie ? Ce que devient la vie en général dans l’environnement dans lequel il évolue ? Si c’est cela qui fait sens pour lui ? Si c’est ainsi qu’il entend sortir de son confinement pour être à nouveau l’esclave de son absence de réflexion, de sa docile soumission aux contraintes stupides et inhumaines qui lui sont imposées par le système aveugle auquel il obéit ?
Il y a un temps pour se reprendre et pour se repositionner dans la vie et dans le monde.
Ce temps nous est offert ! Il faut le saisir au vol.
Qu’est ce qu’une vie humaine ?
Qu’est ce qui la rend vraiment belle ?
Comment gagnons-nous notre plénitude ?
Questions fondamentales, essentielles, incontournables ! Aujourd’hui !
Pour que demain s’engage sur un nouveau chemin ! Un chemin enfin conforme à notre désir de vivre en humains, entre humains.



☐ 10/3/2020

[Carnet de campagne (en prose et pas pour rire)]

Le grand écart entre LA Politique et le politique

Les citoyens expriment fréquemment leur dégoût du politique qu’ils assimilent à des magouilles, à de la basse cuisine et à la tambouille.
Il y a de quoi, parfois !
Lors des dernières élections législatives à Colmar, Gilbert Meyer, maire sortant, a été distancé par Éric Straumann et par Victorine Valentin qui devaient s’affronter pour le second tour !
GM a trouvé moyen de s’inviter dans la danse. Il a rencontré son adversaire naturel, la représentante du PS et lui a offert son soutien ! Il suffisait qu’elle accepte un communiqué de presse qui était rédigé et prêt à être publié ! Les débats furent âpres au PS. Sa candidate pouvait-elle ainsi gagner ?
Plusieurs y ont cru !
Quelle marge de manœuvre d’opposition aurait-elle encore eu au conseil municipal !
GM n’aurait pas manqué de lui rappeler qui l’aurait fait élire ! Comme Hilbert en son temps au conseil général !
Plutôt Hilbert que Wagner
Plutôt Valentin que Straumann
Ça rappelle Chirac ! Plutôt Mitterrand que Giscard !
Que c’est grand, que c’est beau, le politique, avec un petit l et un petit p !
D’autant que ce n’est pas fait au grand jour. Dans l’obscurité des arrière-cours.
Là où se concoctent les sales tours !
Électeur et électrice, bonjour !



☐ 7/3/2020

Je fais partie de ceux qui depuis fort longtemps appellent Éric Straumann à se présenter à Colmar. J’avais souhaité qu’il se présente lui-même aux dernières élections quand il a persuadé Bertrand Burger d’y aller à sa place. Soyons clairs, Éric est de droite, du centre droit, la couleur locale préférée d’une majorité d’électeurs. J’ai été candidat pour la gauche. À plusieurs reprises, dont une fois en tête de liste, ayant pour utopie de rassembler au-delà des écuries traditionnelles. Ce fut un échec. Mon analyse est que notre ville n’est pas prête à basculer vers un autre pôle politique, ce d’autant plus que les forces de gauche sont très désunies et ridiculement réduites. Pour réussir à mettre fin au trop long règne absolu de Gilbert Meyer, ce qui à mes yeux est un objectif prioritaire, il faut être franc : seul Éric Straumann est en capacité de le détrôner. C’est déjà un homme public et il a une bonhomie qui fera du bien à notre ville. Mon souhait a été de faire s’unir avant le premier tour Denéchaud et le mouvement citoyen avec Straumann. Ils ont décidé de tenter leurs chances séparément. Nous verrons les résultats. Quant aux reproches que d’aucuns font à Straumann, j’ai noté depuis fort longtemps qu’en politique on a rarement l’occasion de faire le bon choix ! Il est plus courant d’y faire le moins mauvais. De tous les ambitieux et ambitieuses qui se sont lancés dans la campagne, je lui reconnais d’être, à mes yeux, le plus apte au dialogue. Ce qui déjà nous changera considérablement la vie. Après, Éric a déjà les défauts de ses qualités ! Pour être connu et élu il faut, à l’échelon local surtout, donner plein de gages d’humanité et gagner en popularité. Le populisme n’est donc jamais très loin ! Mais entre plusieurs maux, à mon grand âge, j’apprends à choisir le moindre !



☐ 1/3/2020

Beaucoup de gens ont plein d’opinions. Sur presque tout et souvent sur n’importe quoi. D’où les tiennent-ils ?
Pensent-ils par eux-mêmes ?
Avec qui en débattent-ils ?
Les idées de tout le monde n’intéressent personne et ne font rien avancer.
Se réunir pour réfléchir est à la base de tout.
Avant de se lancer dans l’action, il convient de savoir ce que l’on veut réaliser. Dans quel but ? Avec qui ? Pour quel profit ? Au détriment de qui ? Avec le souci d’apporter sa pierre à l’édifice commun et dans la perspective d’une humanité plus humaine, ou juste pour tirer ses marrons du feu ? Ici et maintenant et sans se soucier de la maison « terre » qui est en feu ? Tout ne se vaut pas.
Mais il vaut la peine de se prendre la tête, avec d’autres, pour que demain ne devienne pas pire que hier ! Plutôt que de s’étourdir dans les vapeurs de la futilité qui permettent de ne pas souffrir de la fin prévisible, mais qui n’est inéluctable que parce que le plus grand nombre refuse de s’unir, pour réagir et pour agir intelligemment et collectivement !



☐ 22/2/2020

Colmar compte parmi ses habitants un général, Bernard Friedrich pour ne pas le nommer qui fait honneur à sa ville ! Ancien patron du 152ème Régiment d’infanterie, 4 étoiles au képi.
Il livre bataille
Avec un courage sans faille
Contre un homme et son système
Qui étouffent la cité qu’il aime
Il en dénonce avec une rare constance
De tout esprit démocratique l’absence
Lui le chef galonné habitué aux ordres
Déplore aujourd’hui le grand désordre
Provoqué par celui qui s’accroche à son trône
Parjure, menteur, opposé aux valeurs qu’il prône
En d’autres temps le général aurait brandi le sabre
Il a choisi, en homme civilisé, la plume et la palabre
Pour régler des comptes indispensables
A l’élu qui se croit inusable
Et à ceux et à celles qui, tels des moutons
Ou des kangourous, font le dos rond
Plient l’échine et rentrent dans le rang
Lorsque le courroucé crie : fermez le ban
La messe est donc dite. Il y retourne
Sent-il seulement que le vent tourne ?
Mon général ! Ne vous lassez pas, tenez bon
Au son du clairon sonnez la charge et donnez le ton !
La vérité vaincra ! Elle le doit
Colmar doit retrouver le sourire et la joie !



☐ 15/2/2020

Pour les inconditionnels des programmes électoraux !

En 1995, Gilbert Meyer, le maire sortant de Colmar, après 25 ans de mandat (oups) avait un programme en béton : il voulait enterrer la ligne de chemin de fer et la gare qui coupent la ville en deux blocs !! C’était son cheval de bataille sorti de nulle part. Il a remporté la mairie ! Pour de toutes autres raisons. Edmond Gerrer, son prédécesseur qui avait eu la bonté de le faire entrer dans son équipe, se mourrait d’un cancer. GM s’est imposé pour lui succéder. Depuis lors il n’a cessé d’enterrer plein de choses ! Des parkings en particulier. Dans les zones les plus inondables de la ville. Mais pas la gare ! Et rien n’a empêché sa réélection ! Alors, les programmes ?! Ils n’engagent que ceux qui y croient ! Les pigeons ! Et encore !
Élections ! Pièges à la raison ?
Les élections, au suffrage universel, sont une drôle d’alchimie.
Ni l’intelligence ni la bêtise, ni l’honnêteté ni la roublardise, ni l’intégrité ni les magouilles, ni les compétences ni l’ignorance ne changent quoi que ce soit à la donne.
Un rapport se crée, d’homme ou de femme à une part du corps électoral, irrationnel et souvent inattendu. Ou ne se crée pas !
Va savoir pourquoi ?
Il est à croire que les électeurs, en majorité, veulent pouvoir se reconnaître eux-mêmes dans le personnage qu’ils portent au pouvoir.
Un jeu de miroir ! Ô désespoir !!! Mais attendons le 15 mars au soir ! Adieu ou au revoir ?



☐ 13/2/2020

[Carnet de campagne (en vers et pour rire un coup)]

À nos élus et à nos maires prodigieusement gestionnaires ! Adieu !

L’homme est jovial, amical
Animal, oui, mais rien d’un chacal
Politique par tous ses poils
Patiemment il a tissé sa toile

À la ville et à la campagne il plaît
Sa rondeur est tout son portrait
Au physique et au figuré il rassure
De sa bonhomie donne la mesure

Le contraste entre lui et le sortant
Est réellement stupéfiant
L’un, renfrogné, sur le qui-vive permanent
L’autre respirant la joie de vivre et souriant

Pour être maire est-ce suffisant ?
D’aucuns vont le lui mettre dans les dents
Évidemment qu’il ne suffit pas de séduire
Ni d’user et d’abuser de la brosse à reluire

D’autres qualités sont nécessaires
Pour prétendre à la fonction de maire
Gestionnaire ! Gestionnaire !
Clame haut et fort l’encore titulaire

L’argent serait donc le nerf de la guerre
Avec lui il serait possible de tout faire
Pour lui certains tueraient père et mère
C’est l’alpha et l’oméga de leur carrière

Voilà quarante ans que le monde dit sérieux
Nous bassine avec ce diktat impérieux
Tout a été bâti autour de ce nouveau roi
La maîtrise de l’argent fait loi

Les héros de ce fier postulat
Sont aujourd’hui en piteux état
Le monde des argentiers est devenu fou
L’humain en a été chassé de partout

Priorité aux chiffres ! Ne comptent que les comptes
Ils ont jonglé avec nos vies. Ils devraient avoir honte
Obnubilés par les résultats à court terme
Ils ont sacrifié l’air, l’eau et la terre ferme

Dans tous les lieux de pouvoir
S’est développé ce faux espoir
De comptables des droits et des avoirs
Susceptibles de peindre en rose le ciel noir

L’humain ! le relationnel ! La fraternité
doivent être au cœur de notre destinée
Il nous faut redonner leur place aux hommes de cœur
Et renvoyer à leurs livres de caisse les calculateurs

Poètes, musiciens, artistes, auteurs,
De la vie sont les véritables créateurs
Leur place n’est pas dans les allées du pouvoir
Un élu digne de ce nom a besoin de leur façon de voir

Ils voient plus loin et plus large
Le monde qu’ensemble nous avons en charge
Ils sont par dessus tout sensibles à son âme
Puissance invisible sans laquelle la vie est le pire drame



☐ 12/2/2020

[Carnet de campagne (en vers et pour rire un coup)]

Je croise en ville des gens qui rient
Ils s’étonnent d’un Maire qui leur sourit
Ça n’était plus dans ses habitudes
Ses manières ordinaires étaient assez rudes

L’approche d’une élection capitale
Le porte à lancer fort le signal :
Tous avec moi et de bon cœur
Pour battre le candidat successeur

Comme Chirac au salon de l’agriculture
Il distribue ses câlins comme la confiture
Il veut être aimé encore
Il y met son talent, très fort

Quitte à forcer son naturel austère
Il voudrait se la jouer très pépère
Mais les atavismes sont parfois sévères
En faire trop ne séduit plus guère

Triste spectacle de la fin d’une ère
Les comédiens sont usés, en galère
Les électeurs aspirent à un nouvel air
Le printemps perce sous l’hiver



☐ 10/2/2020

[Carnet de campagne (en vers et pour rire un coup !)]

Je n’ai jamais été tendre avec le maire sortant
Il connaît les raisons de mon mécontentement.
Elles remontent à il y a déjà bien longtemps.
Et ce n’est pas allé en s’arrangeant.
Il est venu un jour manger à la maison
J’ai eu tout loisir de lui expliquer mes raisons
Il m’a donné les siennes.
Il a entendu les miennes.
Nous en sommes restés à ce stade
Il eut fallu, pour nous sortir de la panade
Des débats bien plus profonds
Indispensables à une réconciliation.
Les circonstances n’étaient pas réunies
Nos tempéraments de feu nous ont désunis
C’est ainsi !
C’est la vie !
À ce jour, je ne suis plus dans le même cirque
Je me suis retiré de la vie publique
J’ai ma préférence pour son successeur
Et l’exprime sans fausse pudeur.
Pour lui même, j’en ai très peur,
Il est sourd aux meilleurs conseilleurs
Partir était sa meilleure sortie
L’honneur de l’humilité lui était garantie.
Il quittait ses fonctions avec dignité
Le respect auréolait sa pugnacité
Il fait l’erreur de se représenter
C’était le moment de s’arrêter
Il ne peut pas l’entendre
Il sera dit de lui pis que pendre !
C’est bien dommage pour cet homme
Qui n’est pas inintéressant en somme
Mais qui se comporte en autiste
Alors qu’il se croit être artiste
Avec un peu de modestie et de réalisme
Il comprenait que son rêve d’impérialisme
Était voué, tôt ou tard, à prendre fin
Et qu’il valait mieux rester maître de son destin
En abandonnant la couronne éphémère à un dauphin
Plutôt que d’en être dépossédé du jour au lendemain
Par un plus jeune qui va prendre la ville en mains
Il ne s’en remettra point
Il ira s’exiler loin
Il en mourra de chagrin
De colère et de dépit malsain
Peu de gens le plaindront
Car beaucoup penseront
Qu’il aurait du s’arrêter à temps
Avant que pour lui ne tourne le vent !



☐ 6/2/2020

[Carnet de campagne (en vers et pour rire un coup !)]

Depuis quelques heures c’est la frénésie !
Que de candidatures pour la mairie !
Éric est sorti du bois
D’autres donnent de la voix
C’est la curée ! L’hallali !
Le vin étant tiré il faut le boire jusqu’à la lie.
D’anciens, un temps disparus, ressurgissent !
Gare aux vieux lions qui rugissent !
On va voir ce que l’on va voir
Assez broyé du noir
Le retour enfin de l’espoir
Faudrait pas nous prendre pour des poires
Il se murmure ici et là
Qu’un socialiste aussi, oh la la,
Serait tenté d’en découdre
Car il y a cette fois du grain à moudre.
Son nom ? Son blase ? Son patronyme ?
Une personne au parcours sublime !
Vous ne voyez pas ?
Fouillez dans le passé ! Passé à trépas ?
Edouard Richard !
Hop ! Un Ricard !
Faut arroser la bonne nouvelle
Le socialisme enfin se renouvelle !
Il était temps.
Le rouge, et oui, après les blancs.
Encore un verre, patron !
Je me trompe ? J’en ai l’impression !



☐ 5/2/2020

Très beau remue-ménage à Colmar

La décision surprise d’Éric Straumann d’aller aux municipales provoque nécessairement des remises en question.
Il est vrai qu’il a mis du temps à se décider et que des concurrents moins connus ont dû se déclarer plus tôt pour compenser leur faible notoriété.
La victoire annoncée du maire sortant après déjà 25 ans de mandat n’est plus aussi évidente avec un candidat susceptible de le battre.
Que vont faire les listes qui logiquement avaient vocation à s’entendre avec Straumann ? Se maintenir ? Négocier des places ?
C’est cocasse car Meyer et Straumann sont du même sérail ! Et les centristes ont depuis longtemps lié leur sort à la droite.
La gauche de gouvernement a été laminée. Plus de leaders, plus de troupes !
Est-ce à dire que les électeurs de gauche vont grossir le rang des abstentionnistes et ne pas se sentir concernés par cette bataille entre différents représentants du centre droit ?
Pardon ! Il y aura apparemment une liste trotskiste !
J’ai pu, par le passé, mesurer le sectarisme des Verts, ici, et ne me vois pas voter pour eux.
Au regard de la manière dont la ville est dirigée depuis 1995 par un autocrate imbuvable, je choisis pragmatiquement de voter pour Straumann qui a toutes les chances de pouvoir l’emporter là où d’autres feront des scores plus ou moins honorables mais qui n’empêcheront pas le sortant d’être reconduit.
Cela étant, je prendrai mes distances si la liste d’Éric Straumann ne sert qu’au recyclage de vieux meyeriens qui pensent avoir plus de chance de retrouver leur siège et se refaire une virginité qu’ils n’ont plus.
J’attends de lui qu’il offre aux Colmariens une équipe rajeunie et élargie à des sensibilités politiques autres que celles du vivier local traditionnel. Je continue à penser que Tristan et les siens devraient le rejoindre dès maintenant, en vue du premier tour. Les divisions sont toujours un poison dont certains savent profiter.
Car le Straumann bashing est lancé et on peut compter sur celui qui se cramponne à son fauteuil pour l’alimenter !
On va lui trouver tous les défauts. Même ceux qu’il n’a pas.
J’ai déjà vécu sous le « règne » d’autres maires de droite. Ils n’ont pas eu que des qualités mais la cohabitation était de bon aloi.
Pas sûr que des maires de gauche auraient été plus performants et plus respectueux de leurs opposants !
Car oui, il y a les idées et les programmes ! Mais il y a aussi et il y aura toujours aussi les hommes et les femmes qui les incarnent et les promeuvent. Avec toutes les nuances qui se perçoivent dans les manières d’être avec les autres ! Manières d’être qui parfois doivent faire toute la différence !



☐ 4/2/2020

Que tous les candidats en lice, actuels et à venir, s’interrogent eux aussi sur la pertinence de leur décision. Que veulent-ils ? Satisfaire leur ego quitte à se prendre une veste taillée sur mesure ? Rivaliser d’idées et de compétences ? Pour le bonheur de qui ??
De citoyens dont les rêves ne peuvent de toute façon pas être satisfaits. Ce qui plaît aux uns déplaît aux autres.
On peut toujours espérer les séduire en « vendant » ses produits comme savent le faire les publicistes.
On peut aussi analyser le contexte actuel et se demander quelles sont les priorités essentielles ?
C’est ce que je demande aux candidats de faire publiquement.
Les choix pour les gros investissements sont déjà faits par l’équipe sortante ! Il va falloir les assumer et les financer ! Ça réduit déjà bien la marge de manœuvre. Il faudra élaborer de nouveaux schémas sur 10, 15, 30 ans ! C’est-à-dire sans intérêt électoraliste à court terme. Y êtes-vous prêts ?
Êtes-vous d’accord aussi pour considérer que la façon d’être maire et de conduire les affaires publiques ne peut plus être celle qui nous plombe la vie depuis 25 ans ?
Si oui, et si vous ne voulez pas nous infliger les prolongations du locataire actuel de la rue des Clefs, acceptez de voir lequel ou laquelle d’entre vous est le plus apte à incarner le changement de méthode de travail et de relation aux autres ! Pas en vous fiant à votre bonne étoile ou à votre autosuggestion (qui ne pense pas être la personne idéale ??!) mais en vous fondant sur la connaissance objective que les Colmariens et les Colmariennes peuvent avoir de vos talents et de vos implications récentes dans notre cité ? Qui s’est fait connaître concrètement par quoi ?
On n’achète pas un chat caché dans un sac ! On doit savoir à qui l’on peut faire confiance sur la base de ses services rendus à la collectivité !
Sinon mieux vaut s’abstenir !
Et ne pas contribuer à diviser l’opposition au sortant pour faire son jeu !
Ces petites cuisines d’ambitieux et d’ambitieuses sans véritables références crédibles font un tort énorme à nos démocraties !



☐ 1/2/2020

Carnet de campagne (en vers et pour rire un bon coup)
Coup de gueule ! Et le colmarovirus ? On en parle ?
Il fait pourtant des ravages !
Ceux de la rue des Clefs ne veulent plus sortir de leur cage !
Trop dorée ! Malgré les outrages de l’âge !
Ils veulent garder leur fromage !
Quel grand dommage !
Se retirer à temps serait sage !
Avant d’être victimes du suffrage !
Et de terminer par un naufrage
En colère et en rage !
Des jeunes feront l’ouvrage
Ils en ont l’envie et le courage
Leur passion est un bon gage
Le virus qu’ils portent est un bon présage !



☐ 25/1/2020

Y a pas photo !

Pour certains et pour certaines y a pas photo aujourd’hui autour de GM. Le sélectionneur de l’équipe qui doit gagner les prochaines municipales a maintenu le top secret sur la liste des 48 qui vont avoir l’honneur de le hisser, lui, sur le fauteuil qu’il a décidé de s’attribuer à vie.
L’intérêt politique porte moins sur ceux et celles qui seront ses « porteurs d’eau » que sur les ex qui quittent le bateau.
Sont-ils virés ? Ont-ils décidé de ne plus se plier ?
Ils auraient tous des choses passionnantes à raconter. Rien d’ailleurs qui pourrait vraiment nous surprendre. On se demandait juste combien de temps ils pourraient tenir le coup malgré les compensations qui les serraient par le cou ? Un nouveau contingent de figurants va faire son entrée sur la scène. Le temps des élections, après quoi ils se tiendront à carreau dans les coulisses ! Le mai(t)re fera le show ! Ils auront le droit et le devoir de l’applaudir ! Ce sera à peu près leur seul rôle ! Ils ne seront pas de trop à 48 pour le tenir !



☐ 25/1/2020

Pourquoi Gilbert Meyer ne doit plus être maire !

Il a l’âge d’être arrière-grand-père.
Il n’est plus celui dont il veut donner l’air
Il est venu en 95 prendre Colmar à la hussarde
Lui le paysan de la Hardt
Il a vaincu Gerrer son mentor
Qui, de l’appeler ici a eu le grand tort
L’ancien maire s’en est mordu les doigts
Et nous subissons depuis 25 ans sa loi !
L’homme est toujours tristement solitaire
Familier des embrassades et des colères
Il décide, lui seul ! l’Opposition doit se taire
Lui seul sait ce qu’à Colmar il faut faire
Beaucoup cherchent encore à lui plaire
entre ses mains munies de gants de fer
Il tient les cordons de la bourse
Et récompense ceux qui cajolent l’ours
Pour mieux châtier les têtes dures
Qui lui résistent et qui l’endurent
Il est tout sauf démocrate
Un véritable autocrate
Les petites gens l’aiment
Il ose afficher ses haines
Et passer la pommade à ses admirateurs
Auxquels il inspire surtout la peur
Il a œuvré pour les investisseurs
Pour les touristes et pour les bâtisseurs
Le béton s’est porté à merveille
Et le bitume coule comme le miel
Mais Colmar a aussi une âme
Il ne l’a jamais perçue, l’infâme !
Il ne connaît que les chiffres
Du matin au soir il s’en empiffre
Le Colmarien aime manger et boire
Avec les amis se détendre et faire la foire
Mais il se recroqueville chez lui at home
Car le centre-ville n’a rien de bonhomme
Les quartiers sont relégués
Chacun dans sa cité
Aucune vie en société
Rien qui donne de la gaieté
Du triste à mourir
Qui, les jeunes fait fuir
Triste bilan humain !
A vrai dire, sans aucun lendemain !
Il va falloir du sang neuf
De la joie pour faire la teuf
Du dynamisme pour rendre plaisante
Une ville qui a besoin qu’on la sente
Que de son patrimoine riche
Tout un chacun s’entiche
Et que de sa douceur profonde
Renaisse une animation féconde !



☐ 22/1/2020

49 en 1

Je viens de trouver un journal de propagande dans ma boîte aux lettres, « Colmar avec Gilbert Meyer ». En rouge j’ai lu « passionnément » ! Comme c’est bien vu ! Car il s’agit bien d’une souffrance. Après déjà quatre mandats il veut nous en infliger un cinquième ! À ce stade de sadisme c’est vraiment de la cruauté. Si encore sa réputation était internationale avec tout le charme qu’il déploie vers des pays aussi démocratiques que la Chine et l'Azerbaïdjan, mais non ! Elle n’est que nationale ! Petit joueur ! Un bilan exemplaire ? Exemplaire de quoi ? D’accumulation de taxes et d’investissements bâclés ? Mais le pire : il se vante d’avoir une équipe motivée ! J’ai beau tourner le panégyrique de 12 pages grand format dans tous les sens, il n’y a pas la moindre trace d’une équipe !!!! Il est son équipe à lui tout seul ! Son slogan 49 en 1 ! Ça explique beaucoup de choses, ce 49 en 1 ! Faisant tout tout seul il fait aussi beaucoup de bêtises qu’il doit assumer ! Lui et lui seul ! Ce n’est pas son équipe (inexistante) qu’il va falloir sanctionner, mais lui ! Lui seul ! Sa mégalomanie le disqualifie ! Sauf à imaginer que les Colmariens sont bêtes à bouffer du foin et à le réélire à la Mairie. Le pire, heureusement, n’est jamais sûr ! Quoique !!! Les Colmariens sont si prévisibles ! Et si peu capables de voir clair ! Car ce Gilbert Meyer est très honnête avec eux ! En page 12 de son papier de propagande il écrit en effet que son projet est de « faire de Colmar une ville qui offre à ses habitants un cadre de vie agréable .... une ville attentive à la diversité du tissu social .... une ville solidaire .... » Il ne pouvait pas reconnaître plus clairement qu’il n’a pas fait tout cela pendant les 25 années passées à la Mairie puisque c’est maintenant qu’il veut le faire ! Y a-t-il quelqu’un d’assez stupide pour prendre cet homme au sérieux ? Après 25 ans aux commandes il découvre comme un enfant de chœur ce qu’il y a lieu de faire ???! Il est temps de le remercier ! Une vie (ville) autre l’attend peut-être ? Nous, à Colmar, on a donné ! Jetzt langts !



☐ 22/1/2020

Ceux qui se gavent et les autres

Les égoïsmes ont de beaux jours devant eux. Ils rapportent gros. Les milliardaires de la planète pèsent à eux seuls autant que 60 % de l’humanité. Ils se portent bien, merci pour eux ! A Paris qui compte 700 enfants qui dorment dans les rues toutes les nuits, 60.000 logements sont sortis du parc locatif pour être transformés en hébergement temporaire de touristes.
Nos touristes, en France, sont choyés. Ils sont censés augmenter la richesse nationale. D’où les très nombreux investissements publics et la manne qui retombe sur quelques-uns dans le privé. Qui en profite et qui en pâtit ? Fait-on la balance ?
Non ! On balance celles et ceux qui n’ont pas de biens à faire prospérer.
Les nations les plus riches écrasent les plus pauvres !
Les individus ne rêvent que de posséder et d’amasser quitte à passer sur des cadavres !
C’est vieux comme le monde mais comme le monde est devenu un grand village ces violences longtemps ignorées ou cachées éclatent sous nos yeux. Et nous renvoient l’image d’une humanité malade de ses inégalités et de son manque d’intelligence du cœur !
(...) Tout le monde a besoin de manger à sa faim. Tout le monde a besoin d’un toit sur la tête. Tout le monde a besoin de liens. Tout le monde a besoin de compter aux yeux de quelqu’un. Tout le monde a besoin d’apprendre et de découvrir les beautés du vivant.
Les biais par lesquels l’autre devient notre prochain sont multiples ! Nous n’avons que l’embarras du choix pour aller vers lui !



☐ 8/1/2020

Les matamores s’affichent et les partisans s’inclinent

Le corps électoral, vous et moi, a le grand tort de toujours intervenir trop tard dans le processus électoral. Notre participation, dans le meilleur des cas, se limite à regarder les promesses des différents candidats et à nous déplacer jusqu’aux urnes. Alors que les stratégies mises en œuvre par les principaux clans qui s’affrontent ont déjà désigné le gagnant.
La stratégie s’accompagne de moyens considérables. Qui n’en dispose pas n’est pas vraiment dans le coup.
Ce type d’élections est ficelé de bout en bout. Le candidat s’autoproclame ! C’est une aberration incroyable ! Un gars, une femme se lève et se présente comme celui ou celle dont nous avons besoin et qui a toutes les qualités requises pour nous « diriger ». Il faut un énorme culot pour avoir cette prétention. Mais ces personnes qui ne doutent de rien, surtout pas d’elles-mêmes, existent bel et bien ! Et ont toutes les chances de gagner !
Autrefois, les partis politiques avaient cette fonction élémentaire de préparer des candidats et de les sélectionner ! Il y avait un minimum d’anticipation démocratique dans le choix des candidats.
Aujourd’hui, cette étape est brûlée. Les matamores s’affichent tout seuls et les partisans s’inclinent !
C’est celui qui a les « couilles » pour y aller qui décide autoritairement. Mais c’est dramatique qu’il en soit ainsi.
Nous nous laissons clairement déposséder de nos prérogatives de citoyens.
Il nous appartient de faire les choses à l’endroit : nous réunir informellement très en amont des élections et nous entendre pour aller solliciter des personnes de notre choix auxquelles nous demandons d’accepter de se présenter, parce que nous sommes nombreux à les apprécier et à apprécier leurs compétences !
Ça changerait sacrément les donnes ! Et ce serait réellement démocratique !
À mille lieux des pratiques sournoises voire mafieuses qui consistent aujourd’hui à maquiller les prises de pouvoir du doux nom d’élections !



☐ 20/12/2019

Meyer et le Front National

L’affichage provocateur de Gilbert Meyer, maire sortant et à sortir, avec des responsables du Front National, signifie bien sûr qu’il veut remporter les prochaines élections, coûte que coûte ! Nous le savions prêt à tout pour vaincre. Il confirme cette façon peu élégante d’être en politique. Peut-être aussi a -t- il quelques craintes de se voir lâché par une partie de son électorat qui juge excessive sa démarche pour un cinquième mandat. Il y a des gens qui réfléchissent encore bien parmi les personnes âgées et parmi les jeunes générations issues de l’immigration ! Tout le monde ne se laisse pas acheter par de soi-disant cadeaux payés par les contribuables. Heureusement !
L’alliance qu’il vient de révéler au grand jour avec l’extrême droite devrait lui rapporter pas mal de sympathisants de ce courant assez bien implanté.
Mais j’ose espérer que ce signal persuadera les véritables adeptes des valeurs républicaines de ne plus pactiser avec ce candidat disposé à cautionner les haines que l’extrême droite distille continuellement dans la société pour la fracturer et la désunir.
Celles et ceux qui jusque-là pensaient qu’il faisait bien son boulot de maire et qu’il valait mieux être dans ses bons papiers, en sont d’ores et déjà pour leurs frais.
Prendre l’extrême droite dans ses bagages pour reconquérir encore une fois l’hôtel de ville est certes un bon calcul électoraliste, mais comment ne pas voir que cela entraîne un mépris des valeurs solidaires et fraternelles et des hommes et des femmes qui sont désignés comme des boucs émissaires, des parias, des moins que rien ?
Qui peut apporter le moindre soutien à une telle politique ségrégationniste et à des candidats qui en font ouvertement la promotion ?
Il faut réellement ne chercher que son propre intérêt immédiat pour le faire et se moquer éperdument du bien public et du mieux être des moins favorisés.
C’est auprès des abstentionnistes qu’il va falloir faire campagne ! Eux seuls peuvent faire basculer le vote.
Il y a du boulot. Et si les opposants se groupaient pour le faire ensemble ça aurait des chances d’aboutir.



☐ 14/12/2019

Tous avec et pour Gilbert

Alléluia ! Notre maire bien aimé se représente pour un cinquième mandat à la mairie de Colmar ! Cet homme a un sens exceptionnel du sacrifice ! Il fait don de tout son être à notre cité qui , sans lui, serait condamnée à une évidente médiocrité ! Comme le messie qui va être fêté sous peu il aura son sacre au printemps. On le sait habité depuis toujours de la certitude absolue d’être en tout le meilleur. Il a réussi jusque-là à en persuader également 25 % du corps électoral, nombre suffisant pour faire un triomphe, lorsque 50 % s’abstiennent ! Tel le Père Noël, la distribution des cadeaux, il sait faire, avec l’argent du contribuable. Crémant, calendriers, poules, repas, réceptions, subventions, tout est bon pour acheter les votes de citoyens qui n’en demandent pas plus. Car le plus stupéfiant c’est que ce genre de vieille recette électoraliste fonctionne encore toujours. On peut penser du maire en place et désormais à nouveau candidat incrusté, ce que l’on veut. Il ne cache aucun de ses défauts. Le voudrait-il qu’il ne saurait pas le faire. C’est le comportement de l’électorat qui reste déroutant. Quoi que fasse le populiste qui nous dirige il est encensé par les plus âgés et par certaines communautés qui lui sont fidèlement acquises. Qui se moquent de savoir que notre roi du bétonnage s’en donne à cœur joie dans des quartiers où les inondations menacent de se multiplier, qui n’ont que faire des nuisances du surtourisme, nouvelle plaie d’Egypte, qui ne se rendent pas compte de la désertification du centre-ville transformé en musée, qui sous-estiment les aberrations des parkings au centre-ville et du rejet des magasins dans les zones industrielles... Le Seigneur et maître règne en monarque absolu. Il a pris soin de dynamiter les oppositions. Son équipe majoritaire est menée à la baguette et ses membres semblent adorer d’être traités en larbins. Pourvu que leur soit assurée l’indemnité mensuelle qui récompense leur docilité ! « Tout s’achète », est la devise des puissants ! Et comme beaucoup sont mus par le désir et par l’envie de « toucher » de l’argent, des subventions, des aides, des avantages, ils se font une joie et un devoir de plier le genoux devant celui qui tient les cordons de la bourse et qui a le pouvoir de faire la pluie et le beau temps sur « sa » ville !! Et la boucle est bouclée ! Le chef qui est fait pour « cheffer » est droit dans ses bottes, hyper satisfait de lui même et ses « sujets » ne voient pas d’inconvénient à lui faire encore des salamalecs ! Du moment où ils gagnent quelque chose pour eux mêmes !! La démocratie, à ce niveau de décomposition, est à pleurer ! Mais cela n’attriste plus grand monde. Gilbert va gagner à nouveau ! Couvrons-le d’éloges et montrons-lui notre inféodation ! Ça peut rapporter gros. Et dans notre monde perverti par la puissance de l’argent, c’est apparemment tout ce qui compte ! Donc alléluia ! La victoire est en marche ! Tous avec et pour Gilbert ! Mais vite, car il n’y en aura tout de même pas pour tout le monde ! La convivialité souhaitable pour le bien-vivre ensemble dans notre ville n’est pas encore pour demain ! Mais quelle importance puisque la majorité des votants a l’air de s’en moquer royalement ? Et vogue la galère !!



☐ 7/12/2019

La force des tyrans est faite de la soumission des sujets

C’était couru d’avance. Les intérêts particuliers triomphent de tout. Surtout des rodomontades. Notre ville est malheureusement tétanisée par un chef qui cheffe ! Il a été courtisé et craint par trop de monde qui lui a fait croire qu’il était le meilleur et le plus beau. Il ne peut plus redescendre du piédestal sur lequel il s’est hissé. Toute autre position que celle qu’il occupe ne peut que le rebuter. Et comme il a toutes les chances de gagner il réussit à soumettre tous les gagne-petit à son pouvoir sans partage.
C’est non seulement peu glorieux mais encore parfaitement abject.
Une preuve supplémentaire que les « politiques professionnels » se moquent de toute notion de service à rendre.
Notre ville n’appartient qu’à celles et à ceux qui y vivent et qui la font vivre. Pas à ceux qui s’y comportent comme les gérants à vie. Sauf que quiconque n’est pas inféodé à GM et à son clan n’est rien, n’a droit à rien, si ce n’est aux coups de bâton.
Le pire, pour une démocratie, c’est qu’il a littéralement tué toutes les oppositions. Comme il a le pouvoir de tout acheter, il « achète » principalement son socle électoral. Par son système de cadeaux poudre aux yeux. On sait bien qu’une part non négligeable des électeurs n’a rien à faire des idées et des réflexions qui préparent l’avenir. Elle se contente de ce qu’on lui met sous les yeux et sous les dents. La force des tyrans est faite de la soumission des sujets. Nous y sommes.
Ce n’est pas un homme ou une femme providentiel/le qu’il faut pour Colmar, c’est un groupe politique fort et déterminé pour faire renaître l’envie de co construire une ville belle pour tous et agréable à vivre pour tous. Qu’importe l’étiquette de ce groupe. Pourvu que son objectif soit, avant même de vouloir prendre le pouvoir, de réinjecter le goût du débat démocratique dans notre cité et de viser un vivre ensemble harmonieux. Loin des pratiques claniques actuelles.



☐ 24/11/2019

Soit oser être politique, soit être complice

Tous les ans, à pareille époque, nos boîtes aux lettres se remplissent de lettres d’appel aux dons, en provenance d’une quantité d’associations qui toutes se préoccupent de la détresse de plusieurs millions de nos concitoyens et qui ont besoin de notre obole pour engager des actions concrètes visant à améliorer le sort des exclus.
(...)
Ce qui interroge surtout c’est l’attitude de l’Etat et des collectivités publiques. De qui donc relève l’obligation de conduire des politiques solidaires avec les publics en difficulté ? Pour qui et pour quoi payons-nous des impôts ? Ils ont, que je sache, pour vocation de servir de système de péréquation entre les riches et les moins riches. L’égalité et la fraternité qui sont affichées au fronton des bâtiments de la République, en complémentarité de la liberté, ne sont possibles que si la puissance publique veille au maintien d’un certain équilibre entre les uns et les autres.
Cet équilibre, aujourd’hui, est clairement rompu. M. Macron a donné le signal attendu par les plus riches, au lendemain de son élection, en supprimant l’ISF. Entre autres cadeaux fiscaux. Il leur a renvoyé l’ascenseur en récompense de son entrée à l’Elysée, grâce à leur soutien massif. Il fait la part belle aux grandes fortunes et à l’économie ultra-libérale qui avantage considérablement les entreprises et les actionnaires du CAC 40.
L’argent public manque du coup, malgré les ponctions sévères sur les classes moyennes et sur les plus pauvres, via la TVA, pour satisfaire les besoins des personnes aux ressources insuffisantes pour se loger, se soigner, se former, se nourrir décemment.
L’injustice est criante. Des millions de personnes sont pris à la gorge et ne « s’en sortent plus », pendant qu’une certaine « élite » se pète la panse. Les millions et les milliards s’engrangent sans complexe, au vu et au su des « sacrifiés » de l’économie débridée et rapace qui régit le monde.
Les associations qui se préoccupent du sort des victimes de cette idéologie inhumaine courent après les dons de la générosité privée pour coller quelques rustines et pour donner à croire à leur efficacité.
Dans la mesure où elles ne mettent pas les pouvoirs publics en accusation sur leur hypocrisie et leur indifférence au sort des exclus, elles se comportent comme des complices de fait. Elles se donnent bonne conscience sur le dos des sentiments charitables qu’elles éveillent chez quelques-uns et elles dispensent l’Etat et les collectivités de mettre en œuvre de réelles politiques de solidarité qui sont de leur responsabilité.
Nous avons pu croire, un certain temps, que l’argent public s’est raréfié et que les citoyens devaient s’impliquer plus fortement dans la lutte contre les précarités. Aujourd’hui, avec les réformes proposées et avec les cadeaux alloués aux plus riches, il apparaît à l’évidence que nous sommes pris pour des imbéciles. En sus de nos impôts qui servent à entretenir un système inégalitaire, nous devrions avoir l’obligation morale de financer volontairement les actions de solidarité avec les plus démunis.
Nous sommes pris pour des cons.La révolte doit gronder contre cette ignominie.
Voyez donc où passent les millions et les milliards de l’argent public !
Et des clopinettes pour soulager la détresse des plus pauvres. A nous de nous fendre de nos petits sous pour remédier à leur situation.
La solution, car il y en a une, est politique. Elle s’appelle : la solidarité nationale.



☐ 24/11/2019

Le froid est de retour. Des gens meurent dans la rue. J’ai été saisi d’effroi en traversant Strasbourg ces jours-ci ! Des femmes, des hommes, couchés à même le sol. Des jeunes et des moins jeunes. Dans l’indifférence générale. Normal ! La tête des gens est ailleurs. Les fêtes de fin d’année approchent. Il faut songer aux cadeaux ! Prévoir les menus ! S’ouvrir aux sons et aux odeurs de la fête la plus traditionnelle qui soit ! Ça enivre !
Mais à quoi pensent les municipalités ??
Comment peuvent-elles rester sourdes et aveugles devant ces êtres totalement à l’abandon ? Il est à parier que l’alarme serait plus grande s’il s’agissait d’animaux maltraités. Je suis le premier à me réjouir de ce qui est fait pour recueillir et pour soigner les bêtes. Mais je m’indigne du sort auquel sont livrés des humains qui ont le tort d’avoir tout perdu et de ne plus être en lien avec personne.
Que font nos collectivités ?
L’État fait son bricolage annuel avec des bouts de ficelle pour tenter de passer l’hiver avec le moins de morts possibles. Ses dispositifs ne sont toujours pas pérennes et pas à la hauteur des besoins !
Les communes se défaussent sur les associations qui sont dépassées par la demande. C’est magnifique de se glorifier d’avoir englouti plus de 20 millions d’euros dans un parking souterrain en centre-ville à Colmar ! Loger des voitures est une priorité absolue dont on attend évidemment des recettes en retour !
Loger des humains en détresse ??
A quoi bon ? Avec quel argent ?
Il en mourra un certain nombre.
C’est pas de chance pour eux.
Ils n’avaient qu’à !!
Leur misère ne nous regarde pas.
Nous n’avons pas à nous en sentir solidaires.
Faut arrêter de nous prendre le chou avec des non problèmes.
Nul doute que les explications ne manqueront pas.
Nul doute que rien ne se passera sur le plan des politiques de solidarité hautement indispensables. La charité privée devra faite face !
Elle n’y suffira plus jamais tant est grand le fossé entre les nantis et les exclus. Et plus grand monde ne travaille au comblement de ce fossé.
La tâche est devenue titanesque dans le monde entier.
Ce n’est pas une raison pour ne pas s’y attaquer.
Avant que ne crève une partie non négligeable de l’humanité ainsi rejetée !



☐ 20/11/2019

Il n’y a qu’une seule gauche possible, celle de la fraternité !

D’aucuns s’évertuent depuis un certain temps pour gommer les différences entre les politiques de droite et de gauche. Blanc bonnet et bonnet blanc, disent-ils. La confusion des genres peut être réelle lorsque les lois de l’économie et de la finance ultra libérales sont appliquées uniformément par les uns et par les autres dès lors qu’ils sont installés aux commandes de l’Etat. Cette confusion, aussi, arrange bien les affaires d’une nouvelle classe politique qui surfe sur le rejet des clivages anciens et qui prétend offrir des solutions inédites propres à satisfaire tout le monde, sans distinction idéologique, grâce à un pragmatisme défiant toute concurrence. C’est la situation ubuesque dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Avec un discours « attrape tout » et une pratique résolument de droite. Pourquoi de droite ? Parce que, être de droite est une position extrêmement confortable, héritée d’une pensée très « catholique » qui permet aux mieux portants dans la société d’être droits dans leurs bottes. En référence au concept de « loi naturelle », les tenants de la doctrine de droite sont persuadés que l’humanité ne peut être que divisée et inégalitaire. Il y a, selon eux, d’un côté, les êtres méritants, choyés par la vie, mais aussi volontaristes et entreprenants, qui réussissent et qui jouissent d’une existence confortable et enviable. Ils reçoivent de la vie ce qu’ils méritent et ils n’ont aucun scrupule à avoir face à l’océan de misère qui éventuellement les entoure. Car les autres, les plus mal lotis, n’ont eux aussi que ce qu’ils méritent. Pas grand-chose, il est vrai, parfois même rien, mais ce n’est la faute de personne, si ce n’est celle des « perdants » eux-mêmes ! Qu’ont-ils fait de mal ? Nul ne le sait vraiment mais là n’est pas la question. S’ils sont dans le pétrin c’est qu’il y a de bonnes raisons à cela et bien présomptueux serait celui ou celle qui voudrait y remédier. Les inégalités existent depuis toujours et à tout jamais. C’est ainsi. Une autorité suprême en a décidé. Il faut se soumettre à cette loi. Ne pas chercher à bouleverser les règles immuables qui régissent notre humanité depuis toujours. Ce qui n’empêche pas beaucoup de gens de droite d’être généreux, à titre personnel. Ils peuvent avoir, eux aussi, du cœur et s’employer à faire « du bien » autour d’eux. C’est même dans ce « milieu » de droite que sont nées et que naissent encore des œuvres dites charitables. La charité est un élan du cœur qui vise à atténuer quelque peu la souffrance d’autrui. Des gestes et des mots de réconfort. Mais qui ne remettent pas en question les fondements sur lesquels se développent depuis toujours les inégalités et les misères dont pâtit un grand nombre. Le socle est éternel. Seuls les effets de la mise à l’écart peuvent être minimisés. Et la gauche ? La gauche, en pure théorie, se distingue de la droite par sa générosité redistributive. Elle affirme l’égalité entre tous et la nécessité, pour l’Etat, de veiller à une meilleure répartition des biens et des richesses. Elle exige des services publics de qualité pour permettre aux plus démunis d’avoir, eux aussi, accès aux droits fondamentaux que sont l’accès à l’éducation, aux soins, à un logement et à travail décents. En clair, la gauche milite pour une meilleure répartition des bienfaits de la vie, entre tous, sans tenir compte des « mérites individuels » jugés à l’aune de la « réussite » sociale et économique. Elle veut un nivellement par le haut en prenant aux uns et en donnant aux autres de façon quasi mécanique. C’est l’instauration de l’impôt et des minima sociaux. Entre autres. Ce système, évidemment, ne fonctionne pas. Il a pu fonctionner, au moyen de la terreur stalinienne. Ou dans le rêve hitlérien. Dans la Chine maoïste. Avec les horreurs que l’on sait. Ce genre de mise à niveau collective finit toujours dans les bains de sang car personne ne s’y retrouve. Ni les riches auxquels on arrache des « privilèges » ni les pauvres auxquels on octroie des miettes. Les révolutions sont garanties. Quoi d’autre dès lors ? Le patient apprentissage de la fraternité universelle. Je rêve pour ma part d’une gauche qui se réinvente de fond en comble. Qui réalise qu’il ne suffit pas de proclamer de grandes idées généreuses dont personne ne veut réellement car elles ont été si souvent trahies dans l’histoire. Et que les idéologues eux-mêmes mettent si peu en pratique dans l’exercice de leurs responsabilités. La fraternité doit être au cœur de toute réflexion et de toute action de gauche. C’est le point de départ obligé, incontournable, pour pouvoir aspirer à une société plus juste et plus épanouissante pour tous. L’affirmation de la fraternité universelle, celle qui institue chaque être et tout être dans sa dignité humaine, la même pour tous, est le credo indispensable de toute politique digne de ce noble nom. Lorsque des militants pour un monde pacifié et humanisé auront à cœur de « reconnaître en tout homme un être capable d’aimer et digne d’être aimé », ils poseront les actes qui en attestent dans leur quotidien. C’est le manque de cette foi initiale qui décrédibilise les gauches d’aujourd’hui. Les théories des gauches actuelles sont des mots qui sonnent creux et faux car nul ne cherche réellement à bâtir des lieux d’une authentique fraternité. Or ces lieux, ces expériences au sein desquelles on va au bout de la compréhension de l’autre, de tout autre, comme un frère, une sœur en humanité, sont indispensables pour alimenter l’espoir d’un avenir heureux pour l’humanité tout entière. Pour permettre à d’autres de croire que le monde est beau, que la vie peut être belle, il est urgent que les porteurs de ce type de projet utopique s’associent ici et là, par petits groupes de douze ou de quinze, des « groupes de base » et vivent au plus près ce qu’ils espèrent pour tous. Le témoignage qu’ils donneront de la fraternité vécue au quotidien fera des miracles. On se mettra à y croire, à force d’avoir sous les yeux, des îlots de vie vraie, nourrie en permanence par les bienfaits du partage.



☐ 9/9/2019

À propos de l'hôtel-village de la Montagne verte

Quand il aura bien bétonné partout et rendue la ville irrespirable, il aura suffisamment amassé de blé pour aller se prélasser au lac de Côme et nous laisser pâtir des effets pervers de sa mégalomanie. Il profite au maximum de l’absence d’opposition. Tout le monde laisse faire pour ne pas s’attirer les foudres du potentat. Ça manque de courage. Il ne faudra pas pleurer après coup.



☐ 20/8/2019

L’heure du changement a sonné

Gilbert Meyer a appris à l’école des pires gaullistes comme Charles Pasqua que les promesses n’engagent que ceux qui y croient ! Il sait faire usage de l’enseignement de ses maîtres es-entourloupes politiciennes. Il est passé maître à son tour dans l’art de dire une chose et d’en faire une autre.
Il n’a d’ailleurs toujours pas enterré la ligne de chemin de fer, sa grande promesse du premier mandat ! Qu’attend-il ? 2050 ?
Par contre il a enterré toutes les velléités d’opposition à sa personne, à ses méthodes et à ses tocades !
Il faudrait maintenant que ça s’arrête. Son règne sans partage a assez duré. Il mérite de partir à la retraite.
Et Colmar mérite de retrouver un peu de sérénité et de goût du débat.
Une ville n’est pas qu’un maire même si lui la conçoit ainsi.
Une ville, ce sont les habitants qui y vivent et qui s’y investissent ! Ils ont droit au respect de leurs aspirations.
Une ville, c’est aussi un art de vivre ensemble ! Ça se travaille dans la durée en tenant compte des différences.
Beaucoup de choses que le maire arrivé en fin de mandat n’a pas vraiment su ou voulu faire !
L’heure du changement a sonné ! Il est grand temps !



☐ 18/8/2019

À l’approche d’élections, gare aux entourloupes !

La démocratie est bonne fille. Trop bonne souvent ! Elle autorise plein de bonnes choses mais elle sait aussi fermer les yeux sur des dérives peu glorieuses et qui portent en germe des déviances dangereuses !
Des maires sortants qui sont fragilisés par leur âge vont promettre de ne pas aller au bout de leur nouveau mandat et de céder leur fauteuil à quelqu’un de plus jeune en cours de route ! Ils pensent qu’eux seuls peuvent conduire une équipe à la victoire. Ils pensent surtout à leur gloriole personnelle ! Être encore une fois le meilleur et le plus fort ! Quelle satisfaction pour son ego !
Ce jeu de dupes n’a rien de démocratique ! Il faut en être certain et dénoncer ces pratiques d’un autre âge ! Les électeurs sont assez grands pour faire leur choix sans qu’il ne se fasse pour eux dans les arrières cuisines politiciennes !
Autre dérive : les successions !
Un premier adjoint n’a pas vocation à devenir maire au départ de celui ci ! Il peut être bon dans son rôle d’adjoint mais pas du tout compétent en tant que maire ! Il n’existe pas de droit de succession en politique ! Chacun est prié de faire ses preuves et de se soumettre au verdict des urnes !
Les successions dans les organisations démocratiques ne peuvent pas faire l’économie de consultations aussi larges que possibles. Aucun titre ne justifie que les étapes soient brûlées. Les petits arrangements entre copains sont des insultes à la démocratie !
Adjoint, vice-président, conseiller, ne font pas nécessairement de bons « premiers ! Le principe de Peter est quelque peu oublié hélas ! Le seuil de compétence est souvent élevé ! Et les orgueilleux qui le visent font la plupart du temps très vite la démonstration de leurs incompétences ! Pour le plus grand malheur de tous !



☐ 14/8/2019

Le sens du sacrifice !


Photomontage E. Dabrowski


Colmar et les Colmariens sont les victimes innocentes de l’afflux touristique de plus en plus incontrôlable qui menace d’étouffer le centre-ville !
J’ai cherché à comprendre ce qui nous valait ce succès qui dépasse largement les espérances des promoteurs de la chose ?
Il y a bien sûr le musée Unterlinden avec le retable d’Issenheim. Il n’attire qu’une certaine élite culturelle. Il y a un canal qui traverse la ville sur lequel sont promenés à prix coûtant les badauds ébaubis menés en bateaux à fond plat sur une distance de près de 500 m !
Il y aura bientôt un musée du chocolat ! Il y a des maisons à colombages. Un tout petit centre-ville dont on a vite fait le tour ! En hiver du vin chaud ! Des babioles made in China !
Et tout cela attire des centaines de milliers de touristes, notamment chinois ! Allez comprendre pourquoi ?
Il m’est d’avis qu’ils se pressent chez nous pour découvrir notre maire ! Mondialement connu. À la réputation désormais planétaire ! Inamovible ! Éternel! Indéboulonnable ! Impérial ! Digne de l’Empire du Milieu !
Je les comprends. C’est un phénomène ! Assez unique en son genre !
Ma suggestion est que nous en fassions don, de son vivant, à nos amis chinois pour leur épargner ce long voyage ! Ils l’auraient en permanence à leur disposition ! Ça devrait leur plaire !
Bartholdi, l’enfant de Colmar, a bien fait don de sa statue de la Liberté à l’Amérique ! Nous pourrions faire aujourd’hui ce cadeau à la Chine pour rééquilibrer nos échanges internationaux !
Je n’ai pas demandé son avis au principal intéressé ! Je pense que l’idée de se faire adorer par plus d’un milliard de Chinois devrait le séduire ! Et puis, il n’a pas non plus demandé notre avis à nous avant de faire venir autant de Chinois à Colmar !



☐ 7/8/2019

[Municipales : jeu des devinettes]

J’ai vu d’autres annonces concernant ces élections à venir :

👉 Jeune homme bien sous tous rapports et désireux de devenir calife à la place du calife cherche électorat compatible avec son manque de charisme et les boulets qu’il traîne derrière son mentor !

👉 Politicard expérimenté et roué, calculateur vicieux, offrant les garanties nécessaires à une réélection obligée cherche gogos disposés à lui refaire la courte échelle pour remonter sur le fauteuil convoité ! Électeurs et électrices plus intelligents que moi sont priés de s’abstenir.

👉 Jeune candidate sortie de nulle part, bourrée d’ambition et d’orgueil, absolument sûre d’être la plus belle et la meilleure, convaincue d’être élue, cherche à convaincre les autres de ce dont elle est parfaitement persuadée !

👉 Candidat tout en rondeurs cherche encore sa voie ! Merci d’éclairer ses choix avant qu’il ne soit trop tard !



☐ 4/8/2019

Un conseil municipal, c’est tout sauf un exemple de fonctionnement démocratique !

Les règles sont ainsi faites que la liste qui arrive en tête a droit à une très large majorité des sièges et que les oppositions doivent se contenter des miettes.
Le maire est assuré d’être maître à bord pendant toute la durée de la mandature. C’est peut-être une bonne chose pour mener une action dans la durée. C’est malsain pour la démocratie puisque la majorité dispose de tous les pouvoirs.
Pour cadenasser cette majorité qui pourrait le cas échéant se briser sur des dissensions internes, les maires font généralement signer aux membres de leur liste un engagement pour le vote des budgets annuels qui sont les actes politiques majeurs ! On n’est jamais trop prudent pour contrer d’éventuelles oppositions internes !
De surcroît, le maire attribue des délégations à une flopée d’adjoints et de conseillers délégués. Ces mandats d’accompagnent ici et là d’indemnités non négligeables. À Colmar, par exemple, près de 2000 euros par mois pour un adjoint ! C’est plus que bien payé ! Et les titulaires de ces postes y sont fortement accrochés ! Perdre une telle rente est un risque à ne pas courir. Se mettre en délicatesse avec le maire vous expose au retrait de la délégation et de la manne financière ! Qui va encore vouloir s’opposer ?
Quant à l’opposition proprement dite, elle est écartée d’entrée de jeu de la préparation des décisions. Il y a certes des réunions de commissions. Les principaux projets y arrivent déjà largement ficelés et n’offrent plus d’alternative à leur adoption. Du cirque pour faire semblant de laisser les élus libres de leurs choix.
Le maire et les adjoints, la municipalité, assistés par les fonctionnaires qu’ils contrôlent, bouclent toutes les décisions en amont des séances publiques du conseil municipal.
L’opposition y a droit, à la parole ! Mais le règlement intérieur imposé par la majorité limite le nombre de questions, le temps de parole...
Au besoin, le maire coupe le micro de l’intervenant jugé trop prolixe ! « la question est répondue » s’entend répliquer le questionneur ! On passe à autre chose ! 40 points à l’ordre du jour, ça exige de les passer en revue rapidement.
Car il y a un buffet qui attend les vaillants conseillers dont l’estomac est vide depuis le milieu de la journée !
La séance est levée !



☐ 4/8/2019

Tuer les oppositions… en tuant les opposants

Plus un pouvoir est faible ou en voie de s’affaiblir, moins il tolère les oppositions. La récente gestion calamiteuse des gilets jaunes en est une illustration. Des manifestants avaient des choses graves à dire au chef de l’Etat et au gouvernement. Des citoyens pénalisés par des conditions de vie à la limite du supportable avaient parfaitement le droit de s’exprimer en place publique et de solliciter la prise en compte de leurs revendications. Ils n’ont pas été pris au sérieux. On s’est beaucoup moqué d’eux. C’était la dernière chose à faire si l’on ne voulait pas qu’ils se radicalisent. Ils l’ont fait.
Et comme toute gouvernance en état de faiblesse évident, c’est par le recours à la violence institutionnelle « préventive » et curative qu’elle a pensé pouvoir régler le problème. Elle n’a rien réglé du tout, malgré les quelques milliards lâchés d’une main et qu’elle va tenter de récupérer de l’autre.
Poutine multiplie les arrestations et les exécutions en vue d’assurer sa réélection en 2024. Trump n’y va pas de main morte non plus pour dynamiter ses oppositions. Il va jusqu’à vouloir renvoyer « chez eux » des élus d’origine étrangère mais citoyens américains de plein droit ! Macron n’est pas en reste avec les manifestants qui exigent la vérité sur la mort par noyade, de Steve, à Nantes.
Ils détiennent le pouvoir et ils entendent l’exercer avec fermeté. Il n’y aurait rien à redire si cette fermeté était intelligente. Mais elle ne l’est pas. Elle est brutale et contre-productive. Du genre « on frappe d’abord et on discute, éventuellement, après ». C’est la méthode favorite de tous les faibles et de tous les tarés.
S’asseoir autour d’une table et discuter. Reprendre la discussion qui peut être houleuse, aussi longtemps que nécessaire. Ce n’est jamais une perte de temps. Il faut faire preuve de patience pour que la discussion se transforme en dialogue. Le dialogue étant la moins mauvaise de toutes les solutions dans n’importe quel conflit.
Mais ceux et celles qui n’ont ni la sagesse ni l’humilité de se plier à ce type d’échanges et qui du haut de leur orgueil tiré du « pouvoir » que d’autres leur ont prêté, veulent passer en force, loin de trouver des portes de sortie honorables pour tous, multiplient par leur choix malencontreux les impasses et les barricades. Et nourrissent les pires des violences, celles de la rancœur et de l’humiliation inacceptable. C’est de ce genre d’imbécillité à tous les étages que notre monde se meurt dans d’horribles convulsions.



☐ Tour de France

Le maire qui cultive ce populisme qui consiste à se payer une arrivée ou un départ l’année qui précède les élections municipales, est le seul à en tirer un bénéfice électoral ! Sur le dos des contribuables ! Il avait sucré 40.000 euros à Espoir en fin d’année dernière quand il a dû bricoler un budget dans l’urgence pour le tour de France. Avec des arguments bidon. Les 300.000 euros n’étaient pas programmés ! Il a fallu qu’il ruse pour les trouver sans augmenter la charge annuelle ! Il a donc repris ce qu’il devait à d’autres ! Tour de France ? Non, tour de passe-passe !



☐ 25/4/2019

Hier soir, à l’Assemblée Générale d’Espoir, je n’ai plus pris la parole. Ce n’était plus mon rôle. Mais quelle ne fut pas ma surprise ! La Ville de Colmar, l’un des partenaires financiers (2% du budget) était représentée par deux adjoints ! Du jamais vu ! En tous les cas plus depuis le règne de sa majesté Gilbert M ! Il a interdit aux siens de me fréquenter. La voie était donc libre hier soir. L’un des deux a clairement annoncé qu’il serait candidat contre le sortant l’an prochain ! Il était donc « normal » qu’il soit là puisqu’il est déjà en campagne. Amusant de voir la recomposition qui s’opère ! Moins drôle pourtant le fait que cet adjoint qui a avalisé la suppression de quarante mille euros à Espoir il y a quelques mois à peine, est venu dire tout le bien qu’il pensait de cette importante association et de son remarquable travail de mission publique ! Aucune allusion à ce coup de rabot dont il partage la responsabilité. Comme si de rien n’était ! Plus grave encore à mes yeux : du côté d’Espoir, personne n’y a fait allusion non plus ! Manque de courage politique ? Volonté d’apaisement ? Le pire que je n’ose imaginer serait qu’il s’agisse d’un déplorable début de compromission. Cela n’engage que moi.



☐ 16/4/2019

Gilbert Meilleur, autre manière d’écrire Meyer, ne peut concevoir d’autre maire que lui ! Notre ville il ne la gère pas. Il l’a accaparée pour en faire sa chose. C’est une relation maladive qu’il a établie et nous l’avons laissé faire. Il s’identifie à Colmar et COLMAR lui appartient. C’est un processus entièrement anti démocratique. COLMAR n’a pas attendu GM pour exister. Le fauteuil de maire lui a été cédé temporairement sur un coup d’état assez peu ragoûtant du clan RPR de l’époque contre Edmond Gerrer et les centristes. Jamais je n’oublierai cette trahison. La façon dont GM parle des finances de la ville est symptomatique du personnage qui n’a aucun recul par rapport à son mandat. C’est son argent, à l’entendre. C’est lui qui décide ce qu’il en fait ! C’est lui qui accorde ses faveurs à qui il veut. Il est certain que tout cela finira mal. Le jour où il devra quitter la mairie arrivera ! Il en partira sans comprendre le pourquoi. Il n’aura plus grand monde avec lui. Ce sera un pauvre homme ! Personne pour l’aimer ! Plus personne pour le craindre et pour lui faire croire qu’il est important. Je ne voudrais en aucun cas être dans ses pantoufles. Il s’y est si mal pris que tout ira de travers quand le pouvoir l’aura quitté ! Il ne le sait pas et ne peut et ne veut pas le savoir ! Son aveuglement est total !



☐ 14/4/2019

Être ou devenir maire de Colmar

Je me suis trouvé dans le bureau de deux anciens maires au moment où ils s’apprêtaient à quitter leur fonction. Pour des raisons d’âge et de santé. Joseph Rey et Edmond Gerrer. Les deux s’interrogeaient sur leur succession à quelques décennies d’intervalle. Les deux ne voyaient pas qui pourrait s’asseoir dans leur fauteuil. Orgueil ? Aveuglement ? Un peu des deux certainement. Mais aussi un engagement total, sans faille, pour « leur ville » avec laquelle ils ont lié leur destin personnel. La fonction les a habités. Ils pensaient Colmar. Ils vivaient Colmar ! Ils respiraient Colmar ! Chacun avec ses qualités personnelles et ses défauts. Ils ont marqué la ville de leur empreinte et de leur philosophie. Ils ont eu leurs adeptes et leurs adversaires. Comme en toute bonne démocratie. Ils ont fait, de fait, la politique des électeurs et des électrices qui les ont portés au pouvoir. Qui étaient ils ? Pour les deux, un électorat sensiblement identique. Le socle stable était constitué par les paroisses catholiques de la ville qui ont tenu le haut du pavé jusqu’à la fin des années 1980. L’élite culturelle, sociale et économique y était prédominante et influente. Il suffisait d’y additionner les personnes âgées et le tout était joué. La ville était entre leurs mains. Le flair de Gilbert Meyer (ou la veine des cocus) a été de sentir qu’une ère était terminée et que de nouvelles forces vives avaient jeté leur dévolu sur cette ville. Il a surfé sur cette nouveauté et s’est fait élire. Quelle était-elle ? Autant le centrisme alsacien avait ses racines dans les cercles catholiques, autant le « chiraquisme » les a trouvées dans l’affairisme immobilier. Meyer s’est résolument inscrit dans cette mouvance et a compris qu’il fallait permettre à des propriétaires fonciers de faire fortune. Dans les Quartiers maraîchers surtout. Des hectares de bonne terre étaient devenus superflus pour une production en perte de régime ! Bétonner avait le vent en poupe ! À condition de rendre ces terrains constructibles ! Ce qui fut fait pour le plus grand bénéfice des constructeurs. Oui, mais ! Et le centre ville ? Un jackpot pour qui allait le transformer en Disneyland pour le tourisme de masse ! Il l’a fait ! Oui mais pour les quartiers Ouest ? Des réservoirs de voix plus jeunes ! Le hic : une majorité de communautés étrangères ! Musulmanes ! Peu intégrées mais passablement intégristes ! Qu’à cela ne tienne ! Ça s’achète ! Avec des subventions bien ciblées ! Sur les mosquées et les activités culturelles spécifiques ! Il les a eu dans sa poche. Sans avoir fait grandement évoluer le mixage des populations et l’intégration si souhaitable. Voilà le nouveau paysage installé depuis 25 ans. Ça ne satisfait vraiment pas grand monde car c’est un assemblage hétéroclite d’électorats disparates mais ça fait des majorités politiques qui se tiennent ric et rac ! Mais ça ne tiendra plus très longtemps ! L’absence d’un projet cohérent et utile à l’ensemble de la ville est source de dissensions et de mécontentement. La ruse meyerienne a épuisé son charme et ses effets pernicieux deviennent évidents et pesants ! La donne peut et doit changer ! Comment ? Dans quelle direction ? Avec qui ? Il reste désormais moins d’un an pour poser d’autres bases plus saines et plus consensuelles. Colmar va étouffer sous le tourisme de masse qui génère plus de nuisances que de profits bien répartis ! Cette mono industrie devient contre productive. Les Colmariens sont saturés ! Le centre-ville est soit envahi soit un désert entre les temps touristiques ! Il est grand temps de le repenser et de l’habiter à nouveau de façon intelligente en s’appuyant sur des richesses patrimoniales et culturelles anciennes et variées. Colmar fait le bonheur des promoteurs immobiliers. Chaque mètre carré disponible est bâti ! Les places faites pour la respiration et pour le vivre ensemble sont sacrifiées ! Minéralisées là où l’on aspire à prendre l’air et à se détendre. Colmar n’est plus une ville à vivre ! Les habitants du centre fuient ! Dans les quartiers les habitants se cloîtrent chez eux ! Aucun souffle vital. Pas de lieux ouverts sur la vie collective . Tout est réglementé à l’excès et taxé sans égard ! Mettre des tables et des bancs sur un trottoir relève de l’administration la plus tatillonne. Passez à la caisse pour la moindre occupation même temporaire de l’espace public dont le propre est pourtant d’appartenir à tout le monde ! Le maire s’en est fait l’unique propriétaire qui décide de tout et encaisse des droits pour tout ! C’est un des scandales majeurs de sa politique de grippe-sous ! On ne respire plus dans cette ville où il s’est arrogé le droit de décider de tout et de rien. En 25 ans il a mis la main sur Colmar ! Main basse sur la ville s’appellera le livre qui racontera son passage à la rue des Clefs ! C’est cela qui doit changer ! En profondeur ! Colmar doit se libérer de cette servitude ! Il faut libérer la vie à Colmar ! C’est mon slogan de campagne ! Je ne me présente pas aux élections mais je milite pour un renouveau politique et une nouvelle ère après 25 longues années de meyerisme obscurantiste ! Ce maire à posé un couvercle sur la ville ! Il est temps de le retirer et de créer les conditions d’un vivre ensemble où les bonnes idées peuvent venir de partout et où un seul homme ne décidera plus de notre environnement culturel, social, écologique et économique ! Se trouvera-t-il un groupe de Colmariens amoureux de leur ville pour s’investir dans un projet de ce type ? Résolument audacieux et novateur ? A la hauteur des enjeux d’une ville pleine aux as mais où la misère affleure partout à force de ne pas pratiquer les solidarités indispensables ? D’une ville merveilleusement située au carrefour des grands axes nord-sud et est-ouest avec des voisins attractifs et riches de diversités ? Je lance cette bouteille dans la fontaine du parc du champ de Mars ! Pour qu’elle ne mette pas trop de temps pour être sortie de l’eau ! Colmar ! Ça urge !



☐ 20/3/2019

Être dans la proximité du pouvoir

Vouloir le pouvoir est une aspiration fort répandue. Il y a une certaine griserie dans le rêve d’exercer une fonction ou d’occuper un poste qui permettent de « diriger », de donner des ordres, de décider et d’imposer des consignes. Mais la crainte d’avoir à assumer le travail et les responsabilités qui vont de pair freine heureusement certaines ardeurs. Tout le monde n’a pas les épaules faites pour être « calife ».
Il est par contre très tentant pour le plus grand nombre d’être admis dans le cercle proche des détenteurs du pouvoir. La recherche de cette proximité est davantage l’ambition de qui veut « exister » mais sans avoir à trop se mouiller. Il suffit d’observer les cours qui se forment autour des élus, des « grands », des « fortunés », des décideurs. Ça sert d’être l’ami de… Ça ne mange pas de pain et ça peut rapporter gros.(...). Le hic, c’est quand le pouvoir change de mains. Avec qui s’afficher ? A quel moment faut-il tourner sa veste pour ne pas paraître trop opportuniste ? Dans la perspective des élections municipales de l’an prochain, ça chauffe déjà sous les scalps ! Ne se fâcher avec personne. Être dans la bonne file avec le bon candidat. Le mauvais choix peut être fatal ! Aïe ! Aïe ! (...).



☐ 3/3/2019

La violence du dernier mot

(...) Avoir le dernier mot ! C’est aussi un régal ! Qui ne rêve de l’avoir ? Quel que soit le conflit, ses raisons, sa nature, sa durée, son intensité, chaque partie prenante caresse le souhait d’avoir ce fameux et savoureux mot de la fin. Il est rare que l’on envisage de se mettre d’accord sur des torts partagés. Nul n’aime assumer, ne serait-ce que partiellement, ses torts. Comme sur le ring, la plus belle victoire est celle qui se conclue sur un KO de l’adversaire.
Dans un partage des biens, pour un divorce, un litige commercial, un conflit de voisinage, les spécialistes de la gestion de ces affrontements savent depuis toujours qu’il vaut mieux trouver un bon compromis plutôt que de proclamer un gagnant et un perdant. Le goût de la défaite est trop amer pour ne pas susciter l’envie de la vengeance. Il en va de même pour les guerres. L’Allemagne vaincue et humiliée de 1918 n’a eu de cesse que de prendre sa revanche. La vendetta corse fonctionne sur le même registre de la spirale sans fin.
Avoir le dernier mot n’a souvent rien de glorieux. J’ai le souvenir de séances du conseil municipal où les débats se concluaient toujours de la même manière insolente et inintelligente : la majorité l’emporte quoi que vous puissiez dire et faire, « parce que nous sommes les plus nombreux » au moment du vote, clamaient les élus majoritaires ! C’est probablement un des vices majeurs des règles actuelles de nos démocraties. Il est faux de dire et de croire que l’on a toujours raison parce que l’on est plus nombreux. Les minorités n’ont pas toujours raison, les majorités ont parfois tort.
Mais c’est si gratifiant de l’emporter sur l’autre, sur les autres ! De montrer qui est le maître, le patron ! Qui commande ! Source inépuisable d’orgueil et de contentement de soi. Et c’est si humiliant pour le perdant ! Si violent ! Si insupportable ! Les Gilets Jaunes ne digéreront jamais une défaite en rase campagne. Ils méritent d’être entendus, eux aussi. Comme le méritent les jeunes algériens en lutte pour leur avenir dans un pays sous dictature. Comme le méritent les plus petits d’entre nous qui demandent juste à trouver une place à part entière dans nos sociétés obnubilées par le rendement, le chiffre d’affaires, les provisions...
À part la mort qui ne nous demande pas notre avis, personne ne devrait être assez fou et violent pour exiger d’avoir le dernier mot. Car il y en aura encore et toujours un autre, un autre mot provisoirement final, encore plus violent qui s’imposera. Car personne n’est dépositaire de toutes les vérités. Car notre humanité imparfaite nous oblige à composer les uns avec les autres, plutôt qu’à nous exclure.



☐ 24/2/2019

Municipales 2020

Dans une vidéo enregistrée par les DNA, Bernard Rodenstein revient sur l'inévitable candidature, selon lui, de Gilbert Meyer aux prochaines municipales




« Pour moi, cela ne fait aucun doute qu'il sera candidat. Il s'y prépare tellement que ce serait vraiment à n'y plus rien comprendre s'il n'y allait pas. Il ne peut pas faire autrement que d'y aller. Il faudra qu'un jour il se fasse battre pour se retirer, mais de lui-même il ne se retirera pas. Malgré tout ce qu'il aura fait de pas mal, je pense notamment au réaménagement des Quartiers Ouest, c'est un personnage qui manque singulièrement d'humanité, qui ne sait pas écouter et qui ne sait pas dialoguer. Et à force de vouloir écarter tous ceux qui ont d'autres idées que lui, il a fini par tuer tout ce qui est opposition à Colmar. Il n'y a plus d'opposition colmarienne. Donc, évidemment, il a un boulevard ouvert pour la suite, parce que ce n'est pas Hemedinger qui va lui tenir tête, même si aujourd'hui il crie sur tous les toits que lui c'est lui, moi c'est moi ; on connaît assez le personnage pour savoir que quand la soupe sera bonne du côté de Gilbert, il va rentrer dans le rang, comme il a toujours fait jusqu'à présent.
À gauche, ça existe, la gauche ? Ça n'existe plus à Colmar. Il n'y a plus de gauche à Colmar, elle est morte.
Si vraiment le choix politique devait se résoudre à des candidats de droite, Éric [Straumann], je n'aurais pas d'état d'âme particulier pour voter pour quelqu'un qui à mes yeux reste humain. »



☐ 18/2/2019

Entre le Tour de France et Espoir, Gilbert Meyer a choisi

Les Colmariens, dont je suis, sont gratifiés tous les mois d’un « journal » municipal qui n’a d’un journal que le nom, le contenu étant celui d’un habituel tract électoral. Parlant de lui-même et sans crainte d’être contredit, le maire se donne le beau rôle sur toute la ligne ! Il est le meilleur et le plus beau ! Tout roule ! Ça mousse ! Il se dresse sa statue ! Je cherche en vain sa décision d’amputer la dotation d’Espoir de 25% ? Mais ayant décidé d’accueillir une étape du Tour de France l’année avant les élections, il lui fallait coûte que coûte trouver 300.000 euros. Il aurait certes pu augmenter encore les zones de parking payants et faire coller encore plus de PV mais c’est déjà assez limite. Alors il prend là où ça fera le moins mal, le social, sujet sur lequel les réactionnaires de droite s’entendent aisément pour déplorer que les pouvoirs publics en font trop ! Il faudra de bons hôtels pour les gens du tour de France ! On peut bien laisser quelques dizaines de SDF à la rue ! Ils y sont habitués ! Ce maire appelle au dialogue ! Chaque fois que je souhaite le rencontrer il n’y tient pas ! Curieux !



☐ 17/2/2019

« Penser globalement, agir localement »

La formule est du professeur Jacques Ellul. Le message est, on ne peut plus actuel. À l’heure où de nombreux citoyens se réveillent de leur torpeur et s’engagent dans des luttes qui partent un peu dans tous les sens, il n’est pas inutile de se doter d’une méthode. Les jeunes qui manifestent en grand nombre pour sauver le climat ont incontestablement une longueur d’avance sur les gilets jaunes. Le paquebot « terre » étant sur le point de couler, il devient dérisoire de négocier avec le barman une réduction sur le prix des cigarettes ! Plus personne ne fumera tranquillement sa clope si le navire poursuit sa descente dans les abîmes.
Notre monde est menacé par nos manières de vivre. La surexploitation des richesses naturelles provoque des désastres écologiques. Les répartitions inégalitaires conduisent à des affrontements violents et à des embrasements potentiellement dévastateurs. Qu’une partie de plus en plus infime de la population mondiale tire encore son épingle du jeu ne la met pas à l’abri de la masse des défavorisés. Les révoltes des estomacs vides, d’hommes et de femmes qui n’ont plus rien à perdre, sont et seront sanglantes.
Ce contexte périlleux nous oblige à penser globalement. À être ou à devenir « politiques » ! Responsables de notre présent et de notre avenir. Porter un regard lucide sur les dangers qui menacent la terre et notre vivre ensemble. Devenir conscients des bombes à retardement que constituent les injustices faites aux trois quarts de l’humanité exclus du partage des richesses communes. Passer du stade de consommateur docile et de spectateur désabusé à celui de militant pour la cause du bien vivre collectif.
En agissant localement. Notre sphère d’influence est réduite à cet échelon local, pour la plupart d’entre nous. Nous ne pesons guère sur les décideurs mondiaux. Mais tout peut changer, très vite, dans notre quartier, dans notre cité, si nous nous mettons, à plusieurs, à penser autrement. A privilégier la qualité relationnelle entre tous, plutôt qu’à dresser des barrières contre des ennemis fantasmés. Porter l’étoile jaune face à de sombres crétins criminels qui s’en prennent aux juifs. Dire notre solidarité avec les migrants. Accueillir les membres des minorités sexuelles. Respecter les droits fondamentaux de tout être en lui procurant un toit, un travail, des liens solidaires.
Être politique ! Afficher sa détermination à œuvrer pour le bien de tous. Ma vie est reliée à celle des autres, de tous les autres. Le sort qui est fait au plus petit d’entre ces autres, me concerne et m’oblige à agir.
Les « politiques » professionnels font leur « tambouille » en fonction d’intérêts souvent opaques et inavouables. Ils nous endorment volontiers de leurs discours « enfumeurs ». Ils sont ravis quand nous les laissons à la manœuvre. Nous payons très cher notre démission de citoyens/politiques. Pour agir intelligemment au niveau local, il nous faut repenser le monde et notre existence humaine dans leur globalité. La paix entre tous est notre objectif majeur. La justice, l’égalité, la fraternité, la solidarité, sont les seuls chemins qui y conduisent sûrement. Localement et globalement.



☐ 8/2/2019

J’étais, un temps, lié d’amitié avec celui qui se présentait comme le « tueur » de Michel Rocard alors premier ministre. Sans être « tueur » ou sans en compter un dans ses équipes, un dirigeant politique n’arrive à rien, disait-il ! Il est exact que le pouvoir excite les convoitises et que les califes qui veulent devenir calife à la place du calife doivent être tenus en respect. En va-t-il autrement dans la vie des entreprises, des affaires, des associations ? Il n’y a guère de place pour les âmes sensibles, les poètes, les visionnaires, les créateurs d’humanité. Le pouvoir est accaparé par les plus déterminés à s’imposer d’eux-mêmes, avec ou sans les compétences nécessaires. Étonnons-nous que notre monde soit un champ de bataille permanent. Ceux qui parviennent à se hisser au sommet du pouvoir sont rarement ceux qui ont les qualités humaines adéquates. Ce sont les plus insolents et les plus orgueilleux qui s’emparent des premières places.



☐ 23/12/2018

Qu’y a-t-il dans l’air ?

Soit, le mouvement des gilets jaunes s’essouffle. C’est ce que d’aucuns veulent croire. Personne pourtant n’imagine sérieusement que les mille et un problèmes soulevés sur les barrages et dans les ronds-points sont résolus. Ce que le pouvoir a fini par lâcher est loin de répondre au mal-vivre de très nombreux citoyens empêtrés dans des fins de mois qui commencent de plus en plus tôt, vu les dépenses incompressibles qui grèvent leur maigre budget.
Les milieux les plus favorisés ont du mal à comprendre ce que vivent des millions d’hommes et de femmes qui se sentent « étranglés » et laissés de côté, au bord de la route du bien-être économique réservée à des « bien-nés » et à des chanceux. Qui tous ont, certes, leurs propres mérites. Mais qui ont le tort, souvent, de penser que les derniers de cordée n’ont, eux aussi, que ce qu’ils méritent, c'est-à-dire rien ou pas grand-chose. Qu’il y ait, parmi eux, des êtres peu doués ou plus paresseux que la moyenne d’entre nous, ne fait aucun doute. Nous ne naissons pas tous avec le même capital génétique ni dans le même environnement. Et nous ne grandissons pas tous dans les mêmes conditions. Il faut garder ces réalités en mémoire avant que de juger.
Les personnes aux ressources trop faibles pour pouvoir vivre décemment sont massivement les oubliés d’un système profondément inégalitaire et injuste. Les laissés pour compte d’une logique hyper concurrentielle et sans âme. Les sacrifiés de la course aux richesses où tous les « mauvais coups » sont permis, avec la bénédiction de gouvernements sommés de « laisser faire » les génies entrepreneuriaux !
Notre monde va mal, principalement à cause de l’acceptation de la « guerre économique » que se livrent les soi-disant « élites » mondiales de la finance et du commerce. Elles piétinent trop de monde. Elles donnent naissance à des mouvements désordonnés de rage, de désespérance, de révolte ou de résignation morbide. C’est selon. C’est plus que malsain. C’est criminel !
Et nous apprenons en même temps que la générosité des Français qui pourraient partager est en berne. Là où on devrait pouvoir s’attendre à plus de solidarité entre les uns et les autres on voit monter en puissance les égoïsmes les plus sacrés. En associations, nous le vérifions hélas.
Dans l’air flotte une atmosphère de rupture, de découragement et de « chacun pour soi ». Ça ne sent pas bon.
Le temps de Noël, de la fête de l’homme résolument ancré dans le partage, devrait nous permettre de vérifier nos aiguillages et de nous donner l’envie et l’énergie de choisir la voie du bonheur pour tous, celle qui nous conduit vers le rassemblement et la fraternité.



☐ 30/11/2018

Les premiers de cordée sont tirés par la manche !

Ils ne jettent pas de pierres comme le dénonçaient les « premiers de cordée », si fiers et si sûrs d’eux ! Ils, les derniers de cordée, se contentent, pour la plupart d’entre eux, de porter des gilets jaunes et de bloquer les ronds-points. Certes, c’est extrêmement fâcheux. Ça enquiquine les personnes qui doivent se rendre à leur travail et ça ralentit considérablement la vie économique. Espoir en souffre également. La clientèle est moins nombreuse en salle des ventes depuis quinze jours. On peut s’interroger sur la pertinence de certaines de ces activités de blocage dans la mesure où celles et ceux qui en pâtissent ne sont pas à la fête, eux non plus, dans leur existence quotidienne. Mais le fait est, que le président de la république et son gouvernement sont, pour la première fois depuis Mai 2017, confrontés à la grogne des « laissés pour compte » de leur politique sociale et économique. M. Macron a voulu, et veut encore, être un bon élève de la classe des super-gagnants. Sa volonté de réformer à tout-va s’inscrit dans la plus pure doctrine de l’ultra-libéralisme et des tenants de la théorie du « ruissellement » ! Il faut libérer les entrepreneurs audacieux des carcans de la réglementation et de l’impôt. Ces « génies » qui créent des richesses doivent se sentir libres de leurs mouvements et pouvoir gagner autant que faire se peut. L’État doit les protéger contre les freins qui pourraient les ralentir et les décourager. Parmi les freins : les hausses de salaires, l’ISF déjà supprimé, les formalités administratives, les charges patronales, les obligations en tous genres, les impôts... L’idée étant que si « l’élite » économique gagne beaucoup d’argent, tout le monde en profitera ! Par « ruissellement » !
C’est ce que le peuple des « petites gens » ne peut plus et ne veut plus entendre. Il n’en voit pas les retombées positives pour lui. Si ce n’est qu’à dose très très homéopathique. Et largement insuffisante pour vivre décemment. Cette réalité est ignorée par les gouvernants. Des millions de personnes sont en galère dans notre pays. Grâce à notre système de protection sociale c’est un peu moins pire qu’ailleurs mais ce système est lui-même menacé et ça fait peur.
Un cri d’alarme est lancé. Sera-t-il étouffé comme si souvent ? Quelques mesurettes suffiront-elles pour calmer le jeu ? Les pouvoirs publics auraient tort de jouer avec le feu. La misère de beaucoup est réelle et profonde. Un rééquilibrage fiscal et économique en faveur des plus malmenés est urgent et indispensable. Aux gilets jaunes pourraient succéder les visages rouges de la colère et de la révolte. Les puissants n’attendent peut-être que cela pour pouvoir réprimer brutalement les manifestants. Ils savent faire, puisque la force est avec eux. Mais la paix ne sera plus nulle part. Hélas !
Ceux qui peuvent encore et ceux qui n’en peuvent plus.
Avec ou sans gilet jaune, l’exclu d’aujourd’hui a du souci à se faire. Une bénévole d’ESPOIR, physiquement très mal en point, disparaît parfois pendant des semaines et s’enferme dans le noir chez elle. Elle sort le moins possible. Elle ne mange que très rarement. Elle sait que nous l’attendons et que la table lui est ouverte. L’énergie lui manque pour arriver jusqu’à nous, mais elle a aussi beaucoup de mal à accepter notre solidarité. Il n’y a pas si longtemps encore elle était vaillante et hyper active. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même et elle ne veut incommoder personne. Elle s’efface dans la plus totale discrétion. Nous en sommes tous affligés. Et impuissants. Car nous l’aimons.
Combien sont-ils, sont-elles, au cœur de nos sociétés « richissimes », qui glissent ainsi dans la non vie, ni vus, ni connus ? Dans l’indifférence générale. Comme les oiseaux « ils se cachent pour mourir ».
C’est l’extrême pauvreté ! Pas de liens affectifs. Pas les ressources nécessaires pour vivre décemment. Autant se laisser aller à la mort.
D’autres ont encore la force de se révolter et de crier leur désespoir à la face du monde. Ils ne savent pas qui est réellement responsable de leur triste sort. A un certain stade d’écœurement ils se moquent de savoir qui, comment. Ils en veulent au monde entier et se débattent violemment. Des violences contre-productives la plupart du temps, mais que leur importe ? La violence qu’ils subissent dans leur exclusion est terrible et ils n’ont plus rien à perdre. Ils se trouvent enfermés dans l’irrationnel qui détruit tout et dans lequel ils s’auto-détruisent.
Les violences dans la rue, ces derniers jours, sont consternantes. Les regroupements de contestataires dérapent facilement vers des tragédies de ce genre. Mais, à Espoir, nous n’en sommes pas étonnés. C’est tout au long de l’année que nos équipes sont soumises à l’épreuve de violences individuelles, nourries, chez certains de nos résidents, par le sentiment de subir de monumentales injustices dans la plus grande des solitudes.
Et c’est le moment que choisissent les pouvoirs publics, à tous les échelons de nos institutions démocratiques, pour réduire nos dotations et nos subventions de fonctionnement. A croire que tous sont sourds et aveugles. La marmite bout. Elle menace d’exploser. Les discriminations sociales et économiques sont déjà allées trop loin, mais les rigueurs budgétaires doivent être appliquées sans état d’âme. C’est bien ce manque d’âme de la part des gestionnaires qui est perçu tragiquement par un grand nombre. Comment interpeller des calculettes, des algorithmes, des « sans cœur », des cyniques et des abrutis ? Ils mènent nos sociétés à la casse. L’humain est absent de leurs perspectives. Ils sont les fossoyeurs de nos espoirs et de nos maigres bonheurs.
Si demain la générosité des particuliers, des hommes et des femmes qui réfléchissent et qui compatissent, venait à s’assécher à son tour, tout basculerait dans une anarchie épouvantable. C’est le cœur des êtres pleinement humains qui tient encore notre société en vie, grâce aux liens solidaires qu’ils y tissent chaque jour et en tous lieux. Ils ne sont rien moins que les sauveurs du monde. Ils ne le savent même pas et c’est tout à leur honneur.



☐ 31/10/2018

« La question est répondue » ! C’est une des expressions favorites du maire de COLMAR. Elle pourrait convenir pour l’incertitude qui règne sur la question « existentielle » des élus alsaciens du futur siège de la nouvelle collectivité « ALSACE ». Elle « est répondue » en ce sens que les Alsaciens ont toujours eu le cul entre deux chaises. Ils continueront allègrement à ne pas savoir où se poser. Je suggère que la future préfecture soit aménagée dans un bus qui circulerait tous les jours du nord au sud et d’est en ouest ! Elle serait partout et nulle part à la fois. « Le Hans em Schnokeloch » serait satisfait.



☐ 21/10/2018

CLEFS !

C’était le nom de la liste que j’ai eu le bonheur de conduire aux élections municipales de 2008 à Colmar. (« Colmar/liberté d’entreprendre/forces de la solidarité »). Nous avons été largement battus. Notre ambition de fonder la politique sur des bases nouvelles a fait long feu. Le conservatisme réactionnaire est au pouvoir depuis très longtemps dans notre ville. Les partis de gauche ont été laminés. Nous pensions pouvoir dépasser certains clivages d’un autre âge et n’avons pas réussi à convaincre l’électorat qui, pour moitié, a boudé les urnes. D’autres, oserais-je dire, les ont « bourrées » avec des électeurs et des électrices « achetés » comme savent le faire si bien les élus qui « arrosent ». Une des maladies qui rongent notre démocratie.
CLEFS ! J’y crois plus que jamais. Je remplace Colmar par Citoyens !
« Citoyens ! liberté d’entreprendre/forces de la solidarité »
Le libéralisme revendique pour tout individu la liberté d’exploiter son génie personnel, ses talents. J’approuve ce désir. Le néo-libéralisme qui est à l’œuvre exige que les Etats cessent d’importuner les créateurs de richesses en leur fixant des limites et en les taxant. Je suis outré par leur outrecuidance.
Les forces de la solidarité constituent le cadre moral de toutes nos initiatives individuelles. Les appétits dévorants que développent les pseudo élites financières et/ou économiques doivent être contenus pour leur éviter de devenir les forces prédatrices de l’univers et de l’humanité. D’ailleurs, nous y sommes. La nature saccagée, les famines orchestrées, les guerres « utiles » au commerce, le mépris des « perdants », tous les ingrédients pour l’anéantissement de la vie sur terre sont réunis.
Et que font les politiques ? Ils parlent. Ils parlent beaucoup. Mais ils agissent peu. Ils sont de mèche, la plupart d’entre eux, avec les démiurges qui gouvernent de fait. Ils sont aussi dépassés ! Les lois qui régissent nos sociétés, partout dans le monde, ne sont pas écrites. Elles sont dans la tête de ceux qui exploitent à fond la liberté d’agir sans frein ni contrôle et qui transforment tout, y compris la vie des humains, en argent et en profit personnel.
Une autorité politique mondiale doit être mise en place. Capable de fixer les règles du jeu d’une humanité fondée sur la justice, la fraternité et l’égalité. Sans un « gendarme » mondial (autre que l’américain, le chinois ou le russe…) qui remet de la morale dans les affaires du monde, nous sommes condamnés.
Tout n’est pas encore perdu. Je veux le croire. Je lis avec émotion et un brin d’espérance le dernier livre de Raphaël Glucksmann : « les enfants du vide » ! Un essai à transformer politiquement. Une ouverture lumineuse.
Comme est réconfortant le succès que remporte en ce moment même la pétition qu’Espoir a mise en ligne cette semaine pour le rétablissement par la Ville de Colmar de la dotation indispensable au bon fonctionnement de l’accueil d’urgence que nous offrons à toute personne à la rue. L’engagement des citoyens que nous sommes, à la base, peut encore avoir raison des folies et des lâchetés d’une partie de l’humanité qui s’arroge des droits illimités et criminels pour le grand nombre.
Mais il nous faut agir !!! Devenir ou redevenir politiques ! citoyens du monde. De notre monde. Du monde de tout vivant et de tout le vivant !
Pour le financement de l’accueil des personnes sans domicile fixe à Colmar (68)



☐ L'association Espoir, créée en 1973 à Colmar (Haut-Rhin) pour assurer un accueil décent, un hébergement et un accompagnement respectueux des personnes en difficulté sociale et professionnelle, est le relais du 115 pour le Centre Alsace.
L'association a vu, au cours de l’été 2018 -en cours d'exercice- sa dotation annuelle pour l’accueil d’urgence de personnes à la rue, amputée de 25% par le maire de Colmar.
L’association a souhaité rencontrer le premier magistrat pour en comprendre les raisons. Il n’a pas voulu recevoir son président. Une adjointe au maire a écouté des membres de l’équipe de direction, mais toutes les interventions tentées sont restées sans réponse.
Le maire de Colmar a déclaré ne pas vouloir prendre en charge des sans domicile fixe venus d’ailleurs. Cette décision, en cours d’exercice, met en péril l’équilibre budgétaire déjà malmené par les coupes opérées par l’Etat.
Nous soussignés demandons respectueusement à Monsieur le maire de Colmar de rétablir la dotation au niveau initial et indispensable pour le bon accueil des personnes les plus vulnérables, et ce dans le respect de la convention qui nous lie, dont voici un extrait :

« Obligations de l’association :

Assurer l’accueil et l’hébergement des personnes sans-domicile fixe à l’abri de nuit (CHRS Schoelcher) d’une capacité de vingt places sur l’année et fournir à ces personnes un repas équilibré.
Organiser l’accueil de jour ainsi que l’accompagnement social des personnes sans domicile fixe (instruction et suivi des dossiers administratifs et sociaux : RSA, logement, etc., …) et proposer de menus services de solidarité (cafés, douches, produits d’hygiène, vêtements de rechange) au profit des personnes relevant du service d’urgence. »

C’est dans ce contexte de blocage que nous lançons aujourd’hui cette pétition.

Nous espérons qu'une mobilisation forte de l'opinion publique aidera la ville de Colmar à revenir sur cette décision, permettant ainsi à l'association Espoir de maintenir un accueil et une prise en charge de qualité des personnes sans abri, en accord avec ses valeurs :

Respect : l’association Espoir lutte contre toute forme de discrimination, en accueillant l’autre sans jugement et sans haine. L’élévation de notre société est indissociable du respect des droits fondamentaux de tout être humain.

Ouverture : ouverte sur le monde qui l’entoure, l’association Espoir reconnaît en tout homme quels que soient son origine, son histoire, ses handicaps, un être capable d’aimer et digne d’être aimé. Faire surgir l’amour à la place du jugement, de la haine et de la répression comme le remède universel à toutes les souffrances humaines.

Engagement : l’association Espoir assure une veille sociale et mène une réflexion politique. Elle s’attache à interpeller les pouvoirs publics et la société pour prendre position dans le champ social et politique. Ses actions au quotidien nourrissent ses orientations.

Solidarité : l’association Espoir affirme que la solidarité entre tous est une ardente obligation, elle est la seule voie intelligente possible pour l’avenir de l’Humanité.



☐ 29/8/2018

Un extrait du courrier que m'a adressé hier, le maire de Colmar auquel j'avais proposé une rencontre pour mettre nos différents à plat : « Par ailleurs, Ville et Colmar agglomération n'ont pas à rougir devant l'association Espoir. Partant de là, je ne pense pas à avoir (sic) à vous remercier pour ce que vous faites, puisque, finalement, vous le faites avec l'argent des autres, au-delà des prestations que vous facturez. Si votre association n'avait pas mon soutien moral, le traitement serait certainement autre. »
Avec l'argent de qui notre maire peut-il se vanter de ses réalisations ? Que pensent nos deux cent cinquante bénévoles et nombre de nos salariés qui s'investissent au-delà de leur strict engagement professionnel, contre pas un rond, de ces non-remerciements ? Qui a jamais perçu, à Espoir, la moindre bribe de soutien de cet élu ?
Sa conclusion étant qu'il « ne voit pas l'intérêt d'une rencontre ».
Voyez mon adjointe !! Encore heureux qu'il ne m'ait pas renvoyé vers le concierge de l'hôtel de ville, que j'aime bien, au demeurant.



☐ 19/7/2018

Le maire de Colmar a réduit la dotation à Espoir de 40.000 euros sans le moindre mot d’explication. Nous assurons l’accueil et l’hébergement d’urgence en lieu et place des pouvoirs publics qui en ont l’obligation. Nous savons que le maire est hostile à l’accueil de migrants. Serait-ce pour nous punir d’en accueillir ? Lui qui se vante d’attirer 3,5 millions de touristes étrangers à Colmar...



Phil Umbdenstock DNA Colmar "équilibre rompu !" (Espoir, association de réinsertion colmarienne, amputée d'un quart des subventions municipales)



☐ 19/7/2018

Avis amical aux mécènes d’Espoir : le maire, celui qui taille dans nos dotations de fonctionnement, n’aime pas du tout que des mécènes nous aident financièrement. Que celles et ceux qui ont besoin d’un permis de construire ou de tout autre aval de la mairie restent aussi discrets que possible. Il met fréquemment ses menaces à exécution. Plus intolérant que ce personnage, tu meurs !

C.B. : « Mais que font les conseillers municipaux qui votent en accord avec les décisions iniques du maire ? Ils se regardent dans la glace, quelquefois ? ils dorment du sommeil du juste ? »

B.R. : « Aucun ne souhaite renoncer à son indemnité d’élu ! »



À propos de la capacité d'écoute du maire

Je souhaite bon courage à quiconque pense pouvoir obtenir de G. Meyer une bribe de dialogue ! Il en est tout à fait incapable. Pour pouvoir échanger il faudrait qu’il dispose d’un espace d’écoute dans son cerveau mais hélas il n’en est pas pourvu. Ce n’est sans doute pas de sa faute. Il est ainsi construit pour être plein de lui même et de ses certitudes absolues. C’est un cas ! Beaucoup ont cru parvenir à discuter avec lui, au conseil municipal ou ailleurs. Ils ont tous jeté l’éponge car c’est une pure perte de temps et d’énergie de croire qu’il est capable d’accéder à autre chose qu’à des flatteries. Il en a besoin. Pour vivre. C’est dommage pour notre démocratie locale. Cela fait 23 ans qu’elle est morte à COLMAR et que la ville est livrée aux intérêts court-termistes du tourisme de masse qui nous étouffe ! Il n’y a pas trente-six solutions ! Une seule : lui offrir la retraite le plus rapidement possible et écarter tout candidat qui a marché dans ses traces !