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24 novembre 2025

Le Noël alsacien est-il mort ?

Elsass-Lothringen : réflexion - culture - politique

-21/11/2025- Depuis plusieurs décennies, la déferlante touristique et la mise en scène commerciale d’un "Pays de Noël" autoproclamé ont progressivement transformé une fête intime, enracinée, empreinte de spiritualité et de joie hivernale, en un spectacle tapageur, saturé de lumières criardes et de clichés mondialisés.
Ce qui fut autrefois un temps de ferveur, de recueillement et de beauté discrète s’est vu absorbé dans une logique d’industrie culturelle.
En voulant mettre Noël en vitrine, on a vidé l’Alsace de son vrai Noël.
Les Noël véritablement traditionnels, ceux dont se souviennent encore les anciens, n’avaient rien à voir avec cette surenchère contemporaine.
L’hiver alsacien se reconnaissait à ses éclairages intimistes : quelques bougies ou un Schwibbogen posés sur un rebord de fenêtre, deux ou trois étoiles suspendues à l’abri des pignons.
Les décors étaient rares, choisis avec soin, jamais envahissants.
Ils étaient un langage : un signe de lumière dans l’obscurité, un appel à la paix, non un exercice stylistique.
Les maisons n’étaient pas "habillées", elles étaient habitées.
L’atmosphère était empreinte d’une magie calme, presque contemplative.
On chantait des chants traditionnels transmis de génération en génération : Douce Nuit, Ihr Kinderlein kommet, Leise rieselt der Schnee, etc...
La fête n’était pas un spectacle, mais un temps de respiration.
La grande opération de communication "Noël en Alsace" a pourtant fait basculer ce monde.
À force de slogans, d’images léchées et de stratégies de "valorisation", la région est devenue une scène permanente où l’on transforme Noël tous les ans en folklore pour touristes.
La logique du "toujours plus" a remplacé celle du sensible.
Les façades se retrouvent dégoulinantes de décorations disparates, pères Noël suspendus aux gouttières, nounours en peluche, sucres d’orge géants, projecteurs colorés transformant les maisons en manèges.
Ce n’est plus de l’ornementation : c’est de l’empilement.
Les guirlandes clignotantes rivalisent en intensité, les villages cherchent à se distinguer par le spectaculaire, et l’on finit par voir des rues qui ressemblent davantage à des fêtes foraines qu’aux ruelles hivernales alsaciennes de notre enfance.
Les marchés de Noël, autrefois rares, souvent liés à des traditions artisanales précises, ont envahi chaque place, chaque rue, au point d’assécher le sens même de l’événement.
On ne compte plus les stands, les déclinaisons de vin chaud, les gadgets sans âme importés de l’autre bout du monde, les bonimenteurs, les lutins, les marrons grillés, les churros, les bonnets de père Noël clignotants...
La foule - plusieurs millions de visiteurs - se presse chaque année dans ce tourbillon consumériste où les chants traditionnels sont recouverts par une bande-son mondialisée :
Feliz Navidad, Petit Papa Noël, I’m Dreaming of a White Christmas.
Les soirées de l'avent sont remplacées par des concerts Gospel.
Le "Noël alsacien" devient un produit banalisé, standardisé, interchangeable, totalement déconnecté de son terreau spirituel et culturel. Il est copié à l'infini dans toute la France.
Le plus tragique est peut-être ceci : en voulant valoriser Noël, on a détruit précisément ce qui faisait sa valeur.
La fête de la naissance, de la lumière qui revient, de la chaleur au cœur du froid, est devenue un décor qu’on monte fin novembre et qu’on démonte début janvier.
On a ainsi assisté, en l’espace de quelques décennies, à une véritable inversion du sens de Noël en Alsace.
Ce qui fut jadis une fête préparée par les habitants pour les habitants, dans la douceur des foyers et l’attente fébrile des enfants, est devenu un produit calibré pour le tourisme de masse, une saison commerciale dont l’objectif n’est plus la fête familiale, mais le chiffre d’affaires des restaurateurs, des hôteliers et des offices du tourisme.
On a arraché son cœur à la fête, remplacé par une mécanique bien huilée, destinée à faire affluer des millions de visiteurs venus consommer un décor plutôt qu’à vivre un moment.
Autrefois, Noël était un temps espéré.
On comptait les jours, on préparait les bredele en famille, on décorait la maison avec mesure, on savourait l’attente.
Aujourd’hui, beaucoup d’Alsaciens abordent cette période avec appréhension.
Là où l’on ressentait autrefois une montée sereine de lumière dans l’hiver, on subit désormais un déferlement : circulation impossible, villes saturées, cohue permanente, musique omniprésente, marchés clonés d’un village à l’autre, sollicitations commerciales incessantes.
La fête, autrefois intime, est devenue un spectacle qui ne s’arrête plus.
Certains habitants choisissent même de s’échapper : ils quittent leur région pendant l’Avent, fuyant une ambiance et des villes qui ne leur appartiennent plus.
D’autres, épuisés par des semaines de foule et de bruit, arrivent au 24 décembre dégoûtés, presque hostiles à ce qui devrait être un moment de paix.
Un rejet de Noël s’installe ainsi, paradoxalement dans la région même qui se targue d’être son pays.
L’Alsace a voulu se distinguer ; elle s’est perdue. Le tourisme de masse a engendré un monstre.
À force de transformer un patrimoine vivant en produit touristique, on a créé les conditions d’une lassitude profonde, presque d’une saturation émotionnelle.
La fête la plus lumineuse du calendrier se transforme pour beaucoup en corvée, en parenthèse subie, en tunnel qu’on espère voir se refermer vite pour retrouver le silence de janvier.
Le drame, c’est que ce rejet ne vise pas uniquement la caricature qu’on en a faite, mais Noël en lui-même : un carnaval d’hiver bruyant, clinquant, surchargé, où les habitants deviennent figurants dans leur propre culture.
La magie n’a pas totalement disparu : elle a simplement été étouffée.
Et tant que la logique commerciale dominera, tant que l’on fera primer le tourisme sur la transmission, les Alsaciens n’auront plus le sentiment de vivre Noël, mais d’y survivre.








[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIETE]

H16

Macron prépare la guerre… contre le bon sens

-24/11/2025- Émoi dans les médias de grand chemin et vives réactions sur les réseaux sociaux : pas de doute, le récent discours du Chef d’état-major des armées n’a laissé personne indifférent.

Il faut dire que, au cours de son allocution donnée dans le cadre du 107ème Congrès de l’Association des Maires de France, le bougre n’y va pas avec le dos de la cuillère : pour lui, nous sommes en danger et pour « dissuader le régime de Moscou », il va lui falloir accepter de « perdre nos enfants ».


Car pour le général Fabien Mandon, au-delà des platitudes géopolitiques de circonstance (le constat qu’en 2027, la Chine pourrait bien être aussi puissante que les Américains, ou que l’Europe doit se préparer militairement, ce qui – compte-tenu de l’état lamentable de ses armées – n’est pas une nouveauté), il n’y a aucun doute : la Russie attaquera un pays de l’OTAN d’ici 2030, et dès lors, quoi de mieux pour y répondre que de mobiliser les jeunes générations ?

Sans surprise, beaucoup se sont émus de cette prise de position, officiellement cornaquée par l’Élysée dont on rappellera – c’est commode – que les locataires n’ont pas d’enfants. Devant le tollé, la porte-parole du gouvernement s’est fendue d’une mise au point peu convaincante.

En réalité, une fois encore, Macron et sa clique tentent de gouverner par la peur ou la stupéfaction. C’est aussi évident que grossier, mais cela marche très bien puisque la polémique qui a suivi a permis, bonus appréciable, aux uns d’accuser certains Français de n’être pas assez patriotes et aux autres d’accuser les premiers de bellicisme rabique.

Cependant, peu ont rappelé que les projections à 2030 sont aussi solides que celle du GIEC sur le climat : absolument personne ne sait ce qui va se passer ni ne peut garantir que Poutine sera encore en poste ou qu’il tentera une aventure à l’Ouest.

Personne ne semble noter que ce sont les mêmes qui, les yeux exorbités, brandissent à la fois la menace russe et à la fois expliquent que l’économie russe est aux abois et que l’armée russe a mis 3 ans pour grignoter un petit morceau d’Ukraine. Elle est donc en même temps à nos portes et en même temps incapable de dépasser le Dniepr. C’est grotesque.


De façon plus profonde, ce discours et les réactions de part et d’autre passent à côté d’une évidence pourtant inquiétante : les dirigeants français veulent absolument mobiliser les esprits sur des sacrifices futurs portés essentiellement par les jeunes générations, là où tout devrait être fait pour mobiliser le pays à créer un futur enviable et réjouissant pour ces mêmes générations.

Or, bien au-delà des petits émois médiatiques ou sociaux, avec ce genre de communication aussi maladroite que retentissante, on fait fuir les investisseurs et les entrepreneurs sur le sol français. À l’exception peut-être des marchands et fabricants d’armes (et encore), qui peut encore vouloir investir dans un pays – et à plus forte raison sur un continent – où l’on se prépare à une guerre totale dans quatre ans ?

Si, médiatiquement, cela occupe les esprits et cadre parfaitement avec les pitreries habituelles du clan macroniste, infoutu de concrétiser la moindre politique économique et sociale capable de sortir la France de l’ornière, en revanche, force est de constater que sur le moyen ou long terme, c’est complètement idiot.

En effet, un tel discours ne peut que pousser les jeunes, précisément cette génération que ces pignoufs approximatifs entendent mobiliser, à émigrer bien vite d’ici 2030. Bien joué.

En outre, difficile de ne pas dresser un parallèle entre ce discours de peur avec celui que Macron nous avait fourni en 2020 pour la soi-disant « guerre contre le Covid » : dans les deux cas, on agite des peurs obsidionales sans fondement afin d’obtenir l’assentiment du peuple sur des mesures de plus en plus folles, on pointe une menace globale et extérieure, particulièrement dangereuse, pour laquelle il va falloir faire plein de sacrifices.

Sacrifices qui justifient, à eux seuls, les difficultés économiques que l’on va rencontrer et interdisent tout débat sur l’incompétence des dirigeants à planifier et organiser quoi que ce soit. Pratique, non ? C’est tout sauf un hasard.


En réalité, pour pousser de telles gesticulations, c’est que le régime de Macron est aux abois.

Et c’est d’autant plus visible lorsqu’on regarde la communication qui a directement suivi les grandiloquences calculées de Fabien Mandon : et voilà qu’on nous reparle avec gourmandise du « guide de résilience » et de son indispensable « kit de survie » attaché.

Quoi de mieux synchronisé qu’un général en costume officiel qui nous explique en substance que la guerre est à nos portes, avec une communication gouvernementale aux petits oignons pour nous préparer au pire ?

Comment ne pas voir l’absurdité des empilements de contradictions dans la propagande informationnelle tenue jusqu’à présent, et présente jusque dans les éléments du kit de survie ? Comment ne pas voir l’ironie d’accoler ainsi « survie » et « gouvernement » dans la même foulée ?


Voilà en effet qu’il doit contenir une de ces trousses d’urgence qu’on va devoir payer le prix fort, taxe sur les petits colis chinois oblige. Ou des médicaments, ceux-là même qui sont régulièrement en rupture de stock suite aux décisions calamiteuses enfilées avec obstination par nos politiciens sur les dernières décennies. Ou cette bouteille d’eau dont la TVA va exploser. Ou même de l’argent liquide alors que, dans le même temps, ces clowns font absolument tout pour l’abolir.

Non, tout ceci n’a rien de sérieux. Nous sommes en plein théâtre que Macron n’a jamais dépassé depuis ses années de lycées fatidiques.

Derrière ces bruits de bottes fantômes et ces kits de survie vides, on découvre un pouvoir qui passe le plus clair de son temps à faire semblant de préparer sa population à la catastrophe croyant que la résilience se décrète et qui, sans vision, préfère terroriser son peuple faute de pouvoir lui offrir un avenir prospère.


[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]

23 novembre 2025

-23/11/2025- Ce week-end, au Festival du Livre de Colmar, Freddy Schmidt a participé au concours d'affiches et obtenu le 1er prix du jury, ainsi que le 1er prix du public !
Dessin au feutre, aquarelle, avec rehaut de beige et blanc sur papier kraft.

Pause musicale
Cliquer sur l'image ↴
Mozart : Sérénade No.10 "Gran Partita"

L'Orchestre philharmonique de Radio France interprète la Sérénade No. 10 dite "Gran Partita" pour instruments à vent en si bémol majeur de Wolfgang Amadeus Mozart. Enregistré le 7 mars 2016 à l'Auditorium de la Maison de la Radio (Paris).
Nathalie Aubert

-23/11/2025- M. Straumann se félicite de l’installation de la grande roue pour les marchés de Noël…
Très bien. Mais si c’est là le seul bilan concret de 5 années de mandat, je me garderai bien de m’en réjouir.
Les Colmariens méritent un vrai projet municipal, pas des effets d’annonce à quelques mois des élections. Notre ville a besoin de solutions durables pour le quotidien, la sécurité, la mobilité, l’attractivité économique – pas uniquement d’une grande roue, aussi sympathique soit-elle pendant les fêtes.
⇨ Colmar attend mieux.
⇨ Colmar mérite plus.
⇨ Nous le ferons.

Tristan Vuano - Alsace à vue de coucou
Cécile Ney
23/11/2025

Affrontant le froid, mais dans une ambiance très conviviale, des membres ainsi que la tête de la liste Colmar Citoyenne, Verte et Solidaire étaient présents à la marche contre les violences sexistes et sexuelles ce samedi 22 novembre à Colmar, organisée par l'association Nous Toutes 68 et en présence de Amnesty International.
Notre collectif fait de cette cause une priorité, s'engageant si elle est élue par les habitants et habitantes, à donner plus de moyens pour protéger les femmes et les enfants, mais aussi pour lutter contre le racisme, et toute forme de discrimination liée à l'âge, le handicap ou la pauvreté. Nous souhaitons faire de Colmar une ville inclusive.

Yann Durrière
22/11/2025

Suite à cette publication
la mairie a discrètement mis à jour les délibérations.
Dont acte.
Je me réjouis que notre vigilance oblige enfin l’équipe en place à respecter un minimum de transparence.
Mais il est quand même regrettable que personne ne s’en soit rendu compte avant… Cela en dit long sur l’état de l’opposition actuelle : consternante, absente, clairement inexistante.
La seule opposition qui travaille vraiment, qui vérifie, qui alerte et qui, même en n'étant pas au conseil municipal, obtient des résultats, c’est nous.
Et les faits le prouvent une fois de plus.
36e Festival du livre de Colmar
Photos Edouard Dabrowski









22 novembre 2025

Nathalie Aubert

-22/11/2025- Mes adversaires politiques m’ont toujours dit qu’avoir sa caricature dans les DNA atteste si ce n'est d’une certaine légitimité, au moins d’une certaine notoriété. C’est chose faite ! Plus sérieusement je suis très heureuse que les villes gérées par le Rassemblement National puissent avoir été une source d'inspiration pour Mr Straumann.
Néanmoins, il faut toujours préférer l’original à la copie. Que les Colmariens patientent encore quelques mois, on arrive ! Vivement 2026.

Phil / DNA

21 novembre 2025

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIETE]

François Asselineau

Le ravi du village

-21/11/2025- En annonçant aux maires – avec un grand sourire aux lèvres ! – qu'ils devaient accoutumer leurs administrés à l'idée d'envoyer leurs enfants se faire tuer pour Zelensky, le Général Mandon a déclenché un incendie national que sa ministre de tutelle – la pauvre Vautrin qui confond Zelensky et Wolinski – a tenté maladroitement d'éteindre aujourd’hui.
Cette déclaration ahurissante accrédite la rumeur selon laquelle ce Général de bureau, qui n'a pas fait la moindre guerre, n'est qu'un rond-de-cuir assez niais et affreusement sous-dimensionné pour le poste suprême de chef d'état-major des armées.
Et il se dit que si Macron l'a catapulté du rang de simple colonel à celui de général d'armée, puis chef d'état-major en seulement 7 ans (juin 2018-septembre 2025), ce serait précisément parce que c'est un ravi du village qu'il peut utiliser au choix comme une marionnette, un souffre-douleur ou un paillasson.
De fait, la vocation de Mandon semble bien d'être un larbin, incapable de faire de l'ombre à Macron, ni même de simplement freiner ses déclarations va-t-en guerre contre la Russie qui relèvent indiscutablement de la psychiatrie.


[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]

BFM Alsace

 "On n'arrive plus à absorber le surplus"

Des dispositifs pour mieux gérer les flux de foule des marchés de Noël alsaciens

Vidéo de 3 min 32 s ↴
[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIETE]

La croissance revient ! Zut, c’est celle des prix et des taxes !

H16

-21/11/2025- Surprise : l’État français décide, au pied levé, de moderniser l’un de ses calculs. Pas de bol : c’est celui de la taxe foncière. Encore moins de pot : cela va se traduire par une augmentation poivrée.


On apprend en effet que le ministère de ce qui reste d’Économie va mettre à jour les fichiers de logements qui ne l’ont plus été depuis 50 ans afin de tenir compte des éléments de confort, que dis-je, d’opulence luxueuse comme l’eau courante ou l’électricité, en faisant donc croître la « superficie théorique du logement » dans le calcul de la taxe foncière.

Patatras, c’était bien tenté, mais cela s’est vu, malgré la discrétion de Bercy : ce petit changement revient à augmenter d’office la taxe foncière pour 7,4 millions de logements en 2026.

La méthode est simple : à chaque « élément de confort », une superficie supplémentaire est attribuée.

Pour l’eau courante – un de ces luxes que la France ne propose qu’aux plus riches – la Direction générale des finances publiques ajoute 4 m². Vous avez le portefeuille suffisamment dodu pour disposer de l’électricité dans toutes vos pièces ? Paf, 2 m² supplémentaires.


Vous osez vous tenir propre autrement qu’avec une bassine d’eau chaude et avez poussé l’opulence jusqu’à une baignoire ? Bing, 5 m² (avec seulement 4 m² supplémentaires si vous vous contentez d’une cabine de douche, plus prolétaire). Le lavabo représente un bon 3 m² et un WC, comble du luxe, 3 m². Voilà qui vous apprendra à faire le riche au lieu d’aller faire vos besoin dans la cabane au fond du jardin, comme tout le monde.

Pour un chauffage ou un climatiseur, ce sera 2 m²… Par pièce équipée, bien sûr ! Eh oui : le confort, c’est normalement réservé aux gros bourgeois, et vous voilà gros bourgeois. Surpris ? Il ne faut pas, la France de Macron est en pleine croissance (des prix et des taxes), et vous bénéficiez donc de cette opulence jetée ostensiblement à la face du monde.

Petits calculs faits, Bercy estime la hausse moyenne de la taxe d’habitation à 63€, en dehors de toute revalorisation des taux ou des bases locatives (qui ne manqueront pas d’arriver aussi, ne vous inquiétez pas).


Mais rassurez-vous : ce n’est pas tout !

Alors que vos taxes augmentent pour les biens dont vous êtes propriétaires (lisez : que l’État vous loue généreusement), vos factures d’eau vont aussi augmenter. Et pas qu’un peu.

Le petit reportage de BFMTV nous présente la prochaine augmentation : environ 300€ pour une famille moyenne de 4 personnes, soit une robuste croissance du prix du mètre cube de 50% (oui, 50% !) en 5 ans.

Eh oui, entre deux prêts à l’Ukraine et une augmentation des dépenses pour l’accueil localisé et généreux de tout le tiers-monde environnant, il faut trouver … 500 milliards d’euros pour refaire toute la distribution d’eau dans le pays.

En effet, ce coût est expliqué de façon plus ou moins vaseuse par différentes raisons parmi lesquelles on placera – bien vite – une petite antienne religieuse sur le Réchauffement Climatique, ce dernier étant responsable des terribles sécheresses et des inondations catastrophiques (« en même temps ») qui s’abattent sur une France dans laquelle il est, on le rappelle, interdit de faire des bassines de rétention pour réguler crues et aridité, parce que c’est contraire à Gaïa.

Hormis ces âneries climatiques, la principale raison est bien sûr la réfection des canalisations d’un réseau vieillissant (c’est là que se situe le gros des 500 milliards évoqués avec décontraction).

Subitement, la France se rend donc compte qu’elle n’a pas tenu à jour ses tuyaux et ses buses depuis des lustres et entend donc remettre ça d’équerre.


On imagine sans mal la quantité phénoménale d’argent public qui aurait dû être consacré à ça et qui a été consacré à des idioties républicaines sans rapport. On imagine de même les quantités encore plus considérables d’argent public qui seront attribuées à ces réfections et qui termineront dans la poche de contractants copains/coquins avec les autorités locales, petit capitalisme de connivence débridé oblige.

Autrement dit, on sait déjà que ce qui aurait dû être fait les 30 dernières années n’a pas été fait, et que ce qui doit être fait dans les 5 prochaines ne le sera pas. Oh, il y aura bien quelques canalisations qui seront remplacées, c’est certain : mais pour 100€ de canalisations remplacées, on aura 500€ de factures, voire 1000€. Et les canalisations ne seront pourtant pas plaquées or.

En outre, on en profitera pour alourdir la note de dépollution.

Évidemment, l’eau n’est pas plus polluée. En fait, elle l’est certainement moins qu’il y a 50 ans, l’usage des pesticides et herbicides n’ayant pas cessé de diminuer en France. En revanche, les normes étant de plus en plus strictes, il faut filtrer de plus en plus finement, ce qui coûte de plus en plus cher, pour un bénéfice réel de moins en moins évident que, dans tous les cas, le consommateur final, captif, doit payer.

Au passage, il sera difficile de passer à côté des graphiques colorés propulsés par BFMTV sur le sujet : pour eux, pas de doute, la dépollution coûte si cher qu’elle justifie des prix de l’eau jusqu’à 4 fois supérieur dans le Nord français (pourtant baigné de pluies, de lacs, de nappes et de fleuves) que dans le Sud, plus aride mais moins cher. Ben oui.


Bon, on le comprend : il s’agit une nouvelle fois de camoufler le pillage étatique de la population par des explications fumeuses, que ce soit pour la taxe foncière ou pour la distribution d’eau. L’État et les collectivités locales n’ont plus un rond, et raclent tous les fonds de tiroir, de façon de plus en plus véhémente et grossière.

En 2020, Macron nous expliquait théâtreusement que « Nous sommes en guerre ».


À l’époque, on croyait naïvement que le « nous » désignait le peuple français et que la guerre se jouait contre un virus. L’histoire a depuis montré que le « nous » désignait la caste jacassante (les politiciens et les médias) et que la guerre était dirigée contre le peuple français, ces gueux qui pensent de travers, votent de travers et épargnent de travers.

Et cette guerre contre le peuple, il faut la financer. Qui de mieux que le peuple pour financer son propre appauvrissement ?


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20 novembre 2025

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIETE]

Georges Kuzmanovic

L’Ukraine sacrifiée sur l’autel du réalisme américain

-20/11/2025- Les États-Unis et la Russie discutent en secret du futur de l’Ukraine. Entre avancée militaire russe, scandales à Kiev et désengagement américain, un nouvel ordre stratégique se dessine, révélant le basculement stratégique des États-Unis et l’impuissance croissante de l’Union européenne.

Photo by Jørgen Håland / Unsplash

Alors que Kiev vacille et que Moscou impose son tempo, Washington négocie directement avec le Kremlin, laissant les Européens sans prise sur la fin possible du conflit.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les négociations entre Washington et Moscou au sujet de la guerre en Ukraine n’ont en réalité jamais cessé. Elles ont simplement avancé loin des regards, dans la continuité des premiers échanges menés en Arabie saoudite. Les brusques accès de colère du président américain, régulièrement mis en scène à propos de l’attitude jugée négative de Vladimir Poutine, ou des blocages institutionnels à Washington, relèvent davantage de la communication interne que de divergences réelles. Ils visent avant tout les opinions occidentales, les dirigeants européens et un Congrès largement va-t-en-guerre, afin de préserver la marge de manœuvre de la diplomatie américaine.

Car la réalité est tout autre : ces négociations illustrent le lent mais certain désengagement stratégique des États-Unis d’Ukraine. Washington transmet progressivement à une Union européenne dépassée – dirigée par des responsables sans vision stratégique, prisonniers de postures martiales – l’immense fardeau politique, militaire et financier du conflit. Alors que Macron, Starmer, Merz ou von der Leyen multiplient les déclarations belliqueuses, jusqu’aux propos délirants du chef d’état-major français, le général Fabien Mandon, appelant à se préparer à une guerre contre la Russie dans trois ou quatre ans et à « sacrifier nos enfants », les États-Unis, eux, se repositionnent dans un monde désormais multipolaire.

Un Zelensky fragilisé, un plan imposé

C’est dans ce contexte que s’inscrit la dernière initiative diplomatique américano-russe révélée par Axios. Le 19 novembre au soir, Kiev annonçait avoir reçu une nouvelle offre de négociation venue de Washington, mais élaborée sans même consulter les autorités ukrainiennes – déjà un classique et qui se répétera, on peut ajouter que les Européens non plus n'ont pas été « consultés ». L’émissaire américain Steve Witkoff et son homologue russe Kirill Dmitriev, patron du fonds souverain russe, auraient mis au point ce plan lors d’une visite de ce dernier aux États-Unis en octobre.

Cette démarche survient au pire moment pour Volodymyr Zelensky, affaibli par un vaste scandale de corruption dans le secteur énergétique, qui a entraîné la démission de deux ministres et d’un proche du président, juste avant des perquisitions menées par la justice. En réalité, Witkoff et le Kremlin cherchent à convaincre Donald Trump de faire pression sur Kiev pour qu’il accepte un accord favorable à Moscou, profitant du contexte politique et informationnel très défavorable à l’Ukraine. Dans le même temps, l’armée russe progresse dans l’est du pays et intensifie ses frappes contre les infrastructures énergétiques et les civils à l’approche de l’hiver.

La réalité stratégique pousse Washington à négocier

Les réalistes de Washington n’ont plus réellement le choix : la situation sur le terrain, l’essoufflement militaire ukrainien et la solidité résiliente de l’économie russe rendent toute stratégie d’usure illusoire.
Contrairement aux prédictions répétées en 2022 annonçant l’effondrement économique du Kremlin, la Russie a résisté aux sanctions, tout en développant des secteurs entiers de production souveraine. L'industrie aéronautique civile en est l’exemple le plus frappant : donnée moribonde il y a trois ans, elle signe aujourd’hui des contrats d’exportation avec l’Inde, démontrant l’ampleur des erreurs d’analyse en Europe et l’ineptie de la doctrine visant à « mettre la Russie à genoux ».

Sur le plan géopolitique, Washington mesure également les conséquences de son entêtement : la guerre en Ukraine a accéléré l’essor des BRICS et l’érosion progressive de l’hégémonie du dollar sur l'économie mondiale. Dans le grand affrontement stratégique avec la Chine, les États-Unis ne peuvent pas se permettre de pousser la Russie dans une dépendance totale vis-à-vis de Pékin. Henry Kissinger, George Kennan, John Mearsheimer et d’autres réalistes le martèlent depuis des décennies : une alliance russo-chinoise, à plus forte raison incluant l’Iran, serait rédhibitoire pour les intérêts américains. On peut à ce titre également relire le livre de Zbigniew Brzeziński, Le grand échiquier (1996) : « Pour les États-Unis, le pire des scénarios serait une grande coalition de la Chine, la Russie et peut-être l'Iran (...) unie par une détestation commune des États-Unis. Dans un tel cas, la Chine serait plus probablement le leader, et la Russie un suiveur. » – le « pire des scénarios » s'est en fait réalisé, ironiquement en raison de la volonté américaine d'étendre l'OTAN à l'Ukraine. On comprend la nécessité impérieuse pour Washington, sinon de le briser, au moins de l'atténuer.

Mais la question nucléaire ajoute encore à l’urgence. Depuis la sortie américaine du traité ABM sous Bush fils (2002) puis du traité INF sous Trump (2019), la course aux armements a repris. La Russie domine désormais dans le domaine des missiles hypersoniques, dictant en partie les orientations stratégiques américaines. D’où l’intérêt croissant à Washington pour un nouvel accord de sécurité globale, incluant cette fois la Chine, l’Inde et les puissances nucléaires émergentes, afin d’éviter une spirale ruineuse.

Les points clés du plan russo-américain

Le nouveau projet de Washington et Moscou aborde quatre grands domaines :
1. la paix en Ukraine ;
2. les garanties de sécurité ;
3. la sécurité du continent européen ;
4. le rapprochement entre les États-Unis et la Russie.

Comme les précédents, ce plan reprend largement les exigences du Kremlin. Il prévoirait :
• une reconnaissance internationale de la souveraineté russe sur la Crimée et les régions du Donbass, de Donetsk, de Kherson et de Zaporijia ;
• une réduction de moitié de l’armée ukrainienne, limitée à 400 000 hommes ;
• l’interdiction pour Kiev de détenir des armes de longue portée ;
• une Ukraine neutralisée, exclue de l’OTAN et sans présence militaire occidentale ;
• la levée des sanctions internationales et la restitution des avoirs russes gelés, intérêts compris.

Autant dire une défaite stratégique nette pour l’OTAN et l’Union européenne, conséquence directe de leurs propres erreurs d’analyse et de posture.

L’Europe surprise, impuissante, paralysée

Les Européens ont été pris de court – comme à chaque fois. Merz, Macron et Starmer ont immédiatement tenté de réagir lors d’un dîner improvisé à Berlin le 18 novembre, rappelant leur refus catégorique de tout accord conclu sans l’Ukraine. Mais leur marge de manœuvre est inexistante : ils ne disposent ni du rapport de force militaire, ni du poids diplomatique, ni même du réalisme politique nécessaires pour peser sur le cours des négociations.

L’Europe continue de se payer de mots : elle parle sanctions, fermeté, pression accrue sur Moscou, alors même qu’elle est incapable d’augmenter réellement son soutien militaire à Kiev. Pire encore : ces postures conduisent à un affaiblissement économique massif du continent, aggravant la crise énergétique et la dette publique dans un contexte de récession sur le continent, particulièrement en Allemagne, au Royaume-Uni et en France.

Sur le terrain : l’effondrement ukrainien

Pendant que les chancelleries s’agitent, la Russie poursuit son offensive. Pokrovsk, Mirnograd et Koupiansk tombent ; Slaviansk pourrait suivre rapidement. L’armée russe frappe massivement les infrastructures énergétiques, ferroviaires et industrielles, y compris loin de la ligne de front. Trois ans de discours occidentaux annonçant la fin imminente des stocks de missiles russes se heurtent depuis à la réalité d'une Russie apte à produire trois fois plus de moyens militaires que l'ensemble des pays OTAN réunis, et dont pourtant le PIB est 10 fois supérieur.

Quant à l’Ukraine, les pertes humaines sont colossales – 1,5 million de morts selon certaines estimations, plus de 600 000 déserteurs – et 14 millions de citoyens ont fui vers l’Europe ou la Russie (recensement ukrainien récent). La société ukrainienne est brisée, l’économie exsangue et politiquement Zelensky ne tient que par une autorité martiale qui ne repose plus que sur une légitimité faible.

Un théâtre diplomatique pour masquer l’impuissance

Les réactions européennes sont prévisibles : condamnations verbales, indignation morale, dénonciation des « attaques brutales » de Moscou (elles le sont). Le Quai d’Orsay parle d’agression inacceptable ; le ministre français Jean-Noël Barrot affirme que « la paix ne peut pas être la capitulation de Kiev ».
On se paye de mots.

Mais derrière les grandes phrases se cache une vérité simple : l’Europe ne peut plus agir. La guerre a révélé l’absence de puissance militaire, diplomatique et stratégique du continent. Pour certains dirigeants, cette agitation pourrait même servir à détourner l’attention de leurs difficultés politiques internes – quitte à abandonner l’Ukraine à son sort.

Cette séquence historique tragique pour l'Europe annonce peut-être le nécessaire retour du réalisme en géopolitique. On l'espère au moins pour la France.


Georges Kuzmanovic est directeur de la publication et rédacteur en chef de Fréquence Populaire. Analyste Géopolitique. Ancien officier de l'armée française. Ancien humanitaire.

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Les réactions de bon sens se succèdent après le discours délirant de Mandon

-19/11/2025- Ségolène Royal : « Non Monsieur le chef d’état-major des armées, la France n’acceptera pas de perdre ses enfants au profit d’un pouvoir en dérive qui, comme l’écrivait Machiavel est tenté de "déclencher une guerre pour éviter des troubles intérieurs, et qui finit toujours par accélérer sa propre perte". Ou encore : "le peuple peut toujours être contraint à obéir à tout, il suffit de lui faire peur, de lui dire qu’il est attaqué et de dénoncer les pacifistes comme anti-patriotes". Et même de les exécuter comme ce fut le cas pour Jean Jaurès. "Pour maintenir un peuple dans l’obéissance, inventez-lui un ennemi." Eh bien non.
Alors de deux choses l’une, face à ces déclarations délirantes, qui vont renforcer l’anxiété des jeunes déjà au plus bas, déstabiliser l’économie française, ridiculiser la France : soit Emmanuel Macron (qui s’est dit, rappelons-nous, fervent lecteur de Machiavel) est au courant et a validé ce texte et dès lors il doit s’expliquer ; soit ce n’est pas le cas et le Chef d’état-major doit être démissionné. Le rôle de la France, membre du Conseil de Sécurité de l’Onu, c’est d’agir pour la Paix en Ukraine en obtenant une force internationale de stabilisation comme l’a fait Trump pour Gaza.
Et le pire c’est que nous sommes quelques jours après le 11 novembre, fin de la terrible boucherie de la guerre de 14/18 dont tous les historiens relèvent les causes dérisoires, et l’excitation d’un quarteron de va-t-en guerre qui ont envoyé des millions de paysans et d’ouvriers arrachés à leurs villages, se faire massacrer. Cette guerre qui, mal conclue à Versailles par un Clémenceau aveuglé par l’intransigeance mais qui croyait bien faire, a directement conduit à la montée d’Hitler, à la Shoah, et à la seconde effroyable guerre de 40.
Sachons tirer les leçons de l’histoire.
Stop au virilisme toxique qui n’est que la compensation de l’effondrement d’un pouvoir à la dérive inquiétante. L’Assemblée nationale doit exiger un débat et ne pas laisser un quarteron de va-t-en guerre détruire le moral et la morale de la Nation pour sauver un pouvoir déconsidéré et détesté. »