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30 mars 2026

Elisabeth Spitz
27/3/2026

CÉZANNE, la lumière en fragments et l’âme des paysages

Pour la première fois, la Fondation Beyeler ouvre un espace entier à Paul Cézanne, non pas pour le raconter, mais pour le laisser apparaître.
Du 25 janvier au 25 mai 2026, l’exposition se concentre sur ses dernières années, là où tout devient plus essentiel, presque à nu.
Les visages se ferment et s’illuminent à la fois. « Le jardinier Vallier », les corps des baigneurs « Sept baigneurs » vers 1900 s’abandonnent dans une paix fragile. En abordant ces compositions, il se propose de relier les épaules des collines aux courbes des femmes, il cherche à mieux traduire combien la vie est une, combien il se sent intégré à la nature, à l’univers. Les paysages de Provence vibrent d’une intensité sourde.
Et toujours, comme un souffle obstiné, la Montagne Sainte-Victoire revient regardée, reprise, transformée jusqu’à devenir plus qu’un motif : une présence. Une ampleur, une sérénité, d’un lyrisme touchant comme si la main, d’instinct, trouvait sans hésitation ce qu’elle avait à exécuter.
Dans son atelier du Sud, Cézanne cherche sans relâche. « Rochers près des grottes au-dessus du Château Noir » est une œuvre que Cézanne réalise vers la fin de sa vie sur un domaine près d’Aix-en- Provence. Elle a longtemps fait partie de la collection de l’artiste Henri Matisse, qui voyait en Cézanne un modèle. Entre la couleur et la lumière, entre la forme et l’instable, il construit un langage nouveau, un équilibre précaire, vivant, presque secret.
Dans ses toiles, le temps semble aboli et, en les contemplant, l’impression de toucher à l’intemporel, quelque chose d’extrêmement vivant, presque impérissable.
De merveilleux effets de transparence, une fluidité, une légèreté, une liberté qui palpite, une vie frémissante qui se ressent dans ses aquarelles avec des toiles plus abstraites.
Face à ces œuvres, quelque chose se déplace en nous.
Une émotion lente, profonde, presque silencieuse.
Le génie de Cézanne ne s’impose pas, il infuse. Il réside dans cette manière unique de faire vibrer le réel, de le déconstruire pour mieux le révéler, jusqu’à toucher en nous une vérité fragile, essentielle.
Réunissant près de 80 œuvres venues d’horizons multiples, cette exposition ne montre pas seulement un peintre au sommet de son art. Elle révèle une quête. Une tension. Une manière d’habiter le monde. Cézanne n’a cessé de creuser en lui, attentif à capter ses sensations, à les traduire avec un maximum d’exigence et de sensibilité, un chercheur d’absolu.
Et l’on comprend, peut-être, ce que Pablo Picasso voulait dire en murmurant : « notre père à tous ».















21 mars 2026

Elisabeth Spitz


J'aime l'écriture profondément, elle est un refuge, une manière de retenir le monde.
Mais vivre la dépasse encore, parce que rien ne remplace ce qui palpite hors des mots.
Les phrases peuvent attendre, les instants, eux, ne reviennent pas.
Alors n'oublions pas de vivre, vraiment, d’aimer intensément.
Car même les plus beaux textes ne vaudront jamais ce que l'on n'aura pas osé éprouver.

18 mars 2026

Elisabeth Spitz
18/3/2026

Benjamin Biolay au PMC de Strasbourg, un magnifique concert !
 

Et quand la dernière note s'achève, elle ne disparaît pas vraiment, elle reste là, suspendue, dans l'air et dans la poitrine, comme un souvenir qui refuse de partir.
Une musique où la nuit ne tombe jamais tout à fait, elle s'étire, douce et lasse, sur les toits d'une ville qui ne dort qu'à moitié.
Les rues у brillent comme des souvenirs mouillés, et les réverbères éclairent des histoires déjà finies.
On y aime avec élégance, sans jamais vraiment guérir.
Les cœurs battent derrière des chemises impeccables, mais sous le tissu, tout tremble un peu.
Les mots sont forts, parfois retenus, comme s'ils risquaient de briser ce qu'il reste encore debout.
Chez lui, la mélancolie a le goût d'un dernier verre, des mots qui parlent de ces départs qui ne font pas de bruit. Il y a dans sa musique et sa voix une grâce fragile comme un pas de danse au bord de la chute, un sourire juste avant l'aveu. Une émotion où tout semble suspendu comme une brume douce. Une musique habitée, habillée et parfumée !

14 mars 2026

Elisabeth Spitz

Catherine Pierrat : exposition « Femme à Colmar » à Quartz

- 14/3/2026 - Dans le regard de Catherine chaque visage raconte une histoire. Photographe sensible et attentive, elle ne se contente pas de capturer une image. Elle cherche l'âme, le parcours, l'élan intime qui habite celles et ceux qu'elle photographie.
Dans son travail autour des Femmes de Sport de l'Office Municipal des Sports de Colmar, elle révèle des athlètes, des femmes engagées, des trajectoires de vie, des forces discrètes et inspirantes.
Mais le regard de Catherine Pierrat ne s'arrête pas à l'objectif.
Elle a eu l'audace de franchir le pas, transformer un chemin de vie en terrain de création.
Ses mains explorent
aujourd'hui d'autres matières : la toile, l'encre de Chine, le bois. Sur une pièce brute, dans la fluidité d'un trait noir ou dans les couleurs déposées sur la toile. Son travail dialogue avec la matière, le bois , pommes de pin, feuilles, peinture, encre de chine, résine.
Chez elle, l'image devient matière, et la matière devient récit.
Cette démarche artistique, sincère et multiple, se découvre aujourd'hui à Quartz à Colmar jusqu’au 18 avril.







8 mars 2026

Elisabeth Spitz
8/3/2026

Journée internationale des droits des femmes

« Femmes au pluriel »
Diversité essentielle.

Âmes au creux des blessures. Femmes sous toutes les coutures.
Tant de manières de montrer qu'elles assument, revendiquent, assurent.
Maquillées, entaillées, chagrinées, passionnées, handicapées, engagées, bousculées, diminuées... Elles provoquent des évolutions, donnent naissance à des révolutions, enfantent des vocations à prendre en considération.
Tant d'efforts pour accéder avec égalité et justesse à l'émancipation.
Peu importe les couleurs, les coutumes, les âges, les disgrâces, les origines, chaque cœur féminin mérite une déclaration, une intention.
Certaines ont cherché loin l'absolu pour réveiller les consciences. Parfois aux antipodes d'une réalité complexe, elles croient au voyage espéré, tracé, ou dessiné par les convictions, celui qui permet de franchir certains précipices, non sans peur, mais avec détermination.
Femme enfant, mère, sœur, fille, épouse, muse, inspiratrice, protectrice, nourrice...
Les deux Simone Weil et Veil, Marie Curie, Frida Kahlo, Marguerite Yourcenar, Niki de Saint Phalle et toutes les autres...
Hommage aussi précieux que la mémoire des étoiles.
Admiration par le silence, les cris, le regard pour qu'il ne soit jamais trop tard.
Gratitude à celles qui sont dans l'ombre et à celles qui mettent des reflets dans les ombres.
À celles qui osent avec le cœur. À celles qui dénoncent avec force les aveuglements. À celles qui osent se sentir libres. À celles qui s'affranchissent du goût de l'impossible.
Par respect et amour pour toutes nos sœurs de la terre, pourquoi le 8 mars ne serait-il pas aujourd'hui encore.

7 mars 2026

Elisabeth Spitz


Osons des rêves en pagaille,
avec le vent sur la paille.
Suivre le chemin sur l’autorail. Oublier les détails.
Aimer la lumière qui laisse sur le soir un éclat de corail.
Aimer la douceur et ses failles, il n’y a que ça qui vaille lorsque le monde déraille .
L’attirail pour les batailles laissera de profondes cisailles.
Au fond de l’océan le soleil s’éteint calmement dans une poussière sans destin.

6 mars 2026

Elisabeth Spitz


- 5/3/2026 - Le cinéma avec son regard, sa lumière et ses secrets a souri aux rêves, a porté avec force l’envie d’y croire.
« Une histoire de cinéma » à la Comédie de Colmar est une pièce lumineuse avec l’énergie des promesses qui refusent de mourir. La présence de Louis Daguerre, Méliès, Edison, les frères Lumière, Alice Guy, Godard, la nouvelle vague, Audiard…
Un moment captivant, éclairant, émouvant qui met avec ses fabuleux comédiens le 7ème art sur un piédestal.
Un grand bravo à Emilie Capliez pour la mise en scène et aux remarquables comédiens de l'École de la Comédie de Saint-Étienne.

24 février 2026

Elisabeth Spitz


Dans le silence du noir et blanc, un souvenir respire dans le flou et le vent.
C’est la même femme, la même âme.
Sur elle le cuir n’est pas une armure, juste des coutures qui retiennent les fissures.
Il y a eu la traversée des saisons, le temps des doutes et des nuits sous tension, les matins où l’on se recolle doucement.
Le flou n’efface rien, il caresse doucement,
il enveloppe avec tendresse sans jugement.
Un miroir, entre les deux, un fil invisible qui rend l’impossible accessible, qui relie chaque version de nous même comme ces mots dans ce poème.

16 février 2026

Elisabeth Spitz

- 16/2/2026 - Dans la majestueuse nef du Grand Palais - RMN (Officiel) lieu emblématique de l'histoire artistique parisienne, Art Capital 2026 a 20 ans et se déploie comme une scène vivante de l’art contemporain.
Plusieurs espaces : Salon des Indépendants, Salon des Artistes Français, Salon Comparaisons et Salon Dessin & Peinture à l'Eau forment un vaste panorama du moment artistique actuel, dans toute sa diversité et sa puissance expressive.
Dans ce temple de verre et d'acier, baigné de lumière, lieu mythique, où se mêlent patrimoine architectural et modernité culturelle, les visiteurs ne sont pas seulement spectateurs d'une vitrine ; ils croisent les femmes et les hommes qui façonnent l'art d'aujourd'hui, s'arrêtent devant les œuvres dialoguant avec les questions de leur époque, s'enrichissent de leurs récits et de leurs questionnements.
L'art y apparaît comme une expérience sensible, ouverte à l'échange, au débat et à l'écoute. Ce qui donne à Art Capital une dimension profondément humaine.
L'événement accueille des artistes de toutes disciplines, peinture, sculpture, photographie, dessin, installation, performance, sans cloisonner les pratiques ni les esthétiques. Et surtout, une belle manière d’exposer une énergie créative qui refuse de se laisser enfermer dans des catégories figées.
Ce foisonnement de pratiques contemporaines loin d'être homogène incarne l'idée que l'art est un processus et une interrogation permanente, toujours en devenir. L’art déborde des cadres, bouscule les regards et révèle la richesse des sensibilités actuelles.









11 février 2026

Elisabeth Spitz


Des branches nues touchent les braises sous la peau du ciel.
Des arbres aux doigts noirs caressent ce rose pastel.
L’orange ardent colore la fin du jour comme on enlace une promesse d’amour.
Les nuages semblent s’embraser, peut-être s’embrasser.
On retient la lumière, l’immensité, l’intensité comme un frisson dans un souffle d’éternité.
On retient l’amour comme cet instant fragile.
Il parfume ce qu’il touche et avance sur un fil.
Plus rien ne sera comme avant, le silence avance dans la nuit doucement.
Il reste un éclat persistant dans la chaleur d’un cœur vibrant.
Il reste l’ordinaire après le flamboyant.

7 février 2026

Elisabeth Spitz

Le soleil ressemble à la lune,
Une alliance sans rancune.
Comme la nuit en plein jour
Comme le retour d’un amour. Une lumière qui persiste malgré la brume,
Malgré le temps qui se consume.
Des émotions s’allument
Et laissent un instant l’amertume sur le bitume.
Il y a l’éphémère mystérieux
Et le fragile qui nous émeut.

2 février 2026

Elisabeth Spitz


Après des souffles brisés, des années fanées, des mots arrachés au silence, il reste les confidences murmurées au vent. Il reste les épreuves du temps, les secrets des regards et l’amour au milieu du chaos. Il y a dans ce monde la douceur des voix mélancoliques, l’élégance des notes qui chantent les émotions comme un éclat de vie.
Il y a des êtres qui vous font renaître, qui vous emportent au-delà des rêves. Malgré la peur, choisir l’intensité des vertiges, même tiraillé entre l’ombre et la lumière ne pas attendre que la vie s’éteigne.
Photo Catherine Pierrat

1 février 2026

Elisabeth Spitz
1/2/2026

Un finissage haut en couleurs avec Marc Felten à Strasbourg. Certaines images ne se contentent pas d'être vues : elles s'impriment.
Ces peintures appartiennent à cette rare catégorie d'œuvres que l'œil retient en mémoire, longtemps après s'en être éloigné. Figures animales, corps fragmentés, signes couronnés surgissent sur le noir comme des apparitions.
L'orange, incandescent marque, brûle, insiste. Ces images agissent comme des empreintes mentales, des figures-totems. Par leur force symbolique, ces peintures construisent un langage visuel immédiatement identifiable.
Un langage qui provoque un impact durable. Un côté brut raffiné, travaillé, pensé qui ne laisse pas indifférent. J’aime beaucoup l’univers artistique de Marc Felten, immédiatement ces figures animales, ces corps fragmentés claquent. Une peinture instinctive, presque frontale où le pouvoir vacille où l’humain se souvient de sa part animale. J’aime ce fond noir nocturne où l’orange brûle. Couleur du feu, du sang, de l’alerte.
Bravo à cet artiste passionné ! Des œuvres que l'on n'oublie pas, parce qu'elles continuent de travailler la mémoire du regard.

26 janvier 2026

Elisabeth Spitz

Dans la douceur d’une fin de journée d’hiver, la lumière est si belle que mes pas s’arrêtent sur ce pont.
Je prends une photo.
Un pont, mon nom...
Comme si l'histoire avait décidé de me répondre.
Et soudain l'impression que le passé me regarde passer.
Et chaque pas me rappelle que je tiens debout sur bien plus que de la pierre.
Sous mes pas, ce pont murmure que je viens de loin.
L’eau sous ce pont connaît tous nos secrets, tout à coup
l'existence cesse d'être un hasard. Ce monde fou, un instant, fait sens.
Juste un pont, un nom, une continuité, une émotion que j’avais envie de partager.

Quartier de la Petite France Strasbourg

24 janvier 2026

Elisabeth Spitz
24/1/2026

Un coup de cœur à la Radial Gallery à Strasbourg avec la magnifique exposition de Michel Cornu. Un grand bravo pour ce graveur qui met en valeur la richesse du trait, de la matière et du contraste. Ses lignes peuvent être fines, incisives ou au contraire plus appuyées, créant des jeux d'ombre et de lumière qui donnent de la profondeur et une réelle émotion. C’est pour cela qu’il crée, qu’il grave, avec une volonté d’exprimer ce qui ne se voit pas : une émotion intérieure, une fragilité, une tension.
Le trait creuse la matière comme on fouille la mémoire, avec patience, sensibilité et exigence. La matière occupe une place essentielle dans son travail. Les stries, les griffures, les textures visibles rappellent que la gravure est un dialogue entre l'outil et la surface. Chaque trace raconte un fragment d’histoire, un instant de beauté avec cet effort répété, effréné qui demande rigueur précision et concentration.
Le travail de Michel Cornu nous invite à ralentir le temps.On entre ainsi dans un espace de réflexion et de silence. Le travail des couleurs est unique. Des couleurs expressives, profondes, terreuses, nuancées créant une force et une retenue en même temps.
De l’harmonie et des contrastes qui donnent aux œuvres une forte intensité visuelle. Une cohérence parfaite entre la multitude de détails et cette unité de composition dans l’espace. J’aime ce langage discret, presque secret que nous livre cet artiste.
Du 24 janvier au 21 février 2026

Elisabeth Spitz

Il y a les maux, il y a le beau et il y a Picasso qui l’exprime au-delà des mots.

17 janvier 2026

Elisabeth Spitz
17/1/2026

Il y a des lieux qui ouvrent des espaces de beauté. C’est à la Galerie Murmure à Colmar en ce moment avec l’incroyable artiste Verdier Jacques. « Le souffle des signes » Ses œuvres ne crient pas. Elles murmurent longtemps. Elles demandent au regard de ralentir, de déposer ses certitudes, d'accepter de ne pas tout comprendre. Elles sont belles ! Une véritable identité dans son univers artistique. Le travail de Jacques Verdier s'inscrit dans une recherche patiente, structurée, presque architecturale, où chaque élément est soumis à une nécessité précise. Rien n'est laissé au hasard, même lorsque l'œuvre semble ouverte ou fragile. Un lien sensible entre les paradoxes et les contractions.
La composition repose sur des équilibres mesurés et des tensions contrôlées entre plein et vide, apparition et retrait. Une rigueur dans la structure picturale et un abandon complètement inspirant où rien n’est figé et tout devient souffle. L’écriture en fond est presque sonore, une trace, comme une répétition obstinée qui inscrit l'œuvre dans une dimension profondément incarnée, où le regard est invité non à comprendre, mais à ressentir. L’écriture n'est donc pas un arrière-plan neutre : elle devient un socle tenant l'œuvre, un rythme permettant des résonances. Magnifiques ces « taches » de couleurs qui éclatent parfois dans cet univers où l’imaginaire croise le sensible. Il se joue silencieusement quelque chose d’indéfinissable mais de l’ordre de l'essentiel.