Michel Spitz
1/4/2026
DÉGUSTER LA MUSIQUE – FAIRE CHANTER LE VIN
Le Festival de Pâques a proposé une grande soirée inédite, mêlant musique et vin, imaginée par Emmanuel Jaeger, producteur, collectionneur.
Comment percer le mystère des grands violons ? Quelles analogies entre une dégustation de grands crus et l’écoute des subtilités de quatre extraordinaires violons ? Comment une vibration sonore peut-elle trouver sa résonance avec l’arôme d’un grand vin ? Tel a été le défi sensoriel a relever, dans le magnifique écrin du Musée Unterlinden.
L’événement, conçu comme une dégustation de grands crus a permis de faire découvrir au public les différentes sonorités de quatre grands violons sous l’archet du talentueux violoniste Emmanuel Coppey, afin que les auditeurs en perçoivent les caractéristiques. Parmi grands violons italiens du XVIIIe siècle, un violon de facture récente, fabriqué par le luthier alsacien Jean-Christophe Graff, meilleur ouvrier de France. Ainsi, dans l’ordre chronologique, le public a apprécié les violons suivants : Antonio et Girolamo Amati (1623), Antonio Stradivarius (1719), Giuseppe Andrea Filius Guarnerius (1735) et Jean-Christophe Graff (2023). Le public était invité à se prononcer sur son ressenti, le violoniste, des propriétés comme la jouabilité, l’équilibre entre les cordes, la projection du son et la réponse de l’instrument.
La dégustation de sonorités a été doublée d’une dégustation guidée par Serge Dubs, meilleur sommelier du monde. Ce n’est pas par hasard, d’ailleurs, si le vocabulaire du vin s’est enrichi d’expressions que l’on retrouve dans l’analyse musicale : belle attaque, harmonie, équilibre, puissance, élégance, profondeur, finale, etc. Tous ces termes qui définissent la forme, l’architecture, l’esprit d’un vin et rappellent l’expression musicale.
Le sommelier mettra en avant le rapport au corps, la sollicitation de la sensorialité (l'ouïe, le toucher, l'odorat, le goût), le plaisir, les émotions, la curiosité qui caractérisent bien une façon de considérer le vin. Le vocabulaire traduit les émotions de la dégustation, comme de l’écoute musicale de ces instruments. Et, finalement, l’analogie avec la musique comporte bien un aspect poétique en créant une passerelle : de la poésie des mots, à la poésie des sons.
Pour en savoir + et réserver vos places : Festival de Pâques de Colmar
Photos © Edouard Dabrowski































