Gilles La Carbona
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Secrétaire national du RPF au suivi de la vie parlementaire
Présidentielle : la machine à adouber...
Présidentielle : la machine à adouber...
- 21/5/2026 - On nous répète à longueur d’antenne que la France est une grande démocratie, que l’élection présidentielle est “le rendez‑vous majeur du peuple avec son destin”, que le suffrage universel est sacré. Très bien. Mais alors, pourquoi le peuple n’a‑t‑il jamais le droit de choisir librement ses candidats ? Pourquoi doit‑il se contenter de désigner, parmi une liste soigneusement filtrée par ceux qui ont tout intérêt à verrouiller le jeu ?
Le système des parrainages va une fois de plus nous montrer son vrai visage, à savoir, une machine bien huilée destinée à exclure les voix dissidentes. Vendu comme un garde-fou contre les candidatures fantaisistes il est en réalité un garde‑fou contre les candidatures gênantes. Les élus, c’est‑à‑dire le système lui‑même, décident de qui peut se présenter contre lui. On a connu des arbitres plus neutres.
Résultat : Tous les candidats souverainistes proposant le Frexit seront écartés, tous ceux qui pourraient troubler la sieste institutionnelle seront éliminés avant même que les Français n’aient pu entendre leur voix. On appelle cela “démocratie”. Le parrainage nominatif permet les menaces amicales, ou par exemple, un chantage aux subventions pour la ville...
Et que dire des partis installés, qui se lamentent chaque fois qu’ils “peinent à obtenir leurs signatures”, avant de les décrocher comme par miracle, juste à temps pour la photo ? Leur indignation est devenue un rituel, une petite scène de théâtre que l’on rejoue tous les cinq ans. Pendant ce temps, ceux qui n’ont pas accès aux plateaux télé, mais qui ont un public réel, une influence sur les réseaux, restent à la porte. On sait se servir justement des réseaux dans beaucoup de domaines, mais quand il s’agit de la présidentielle là, c’est non ! Pensez donc c’est un sujet bien trop sérieux et qui doit demeurer dans les mains des élus eux-mêmes.
Mais cela ne doit choquer personne, pourtant souvenez-vous, il y a cinq ans le RN jouait les pleureuses, criait au déni démocratique, car il lui manquait quelques signatures. L’avez-vous vu utiliser sa niche parlementaire pour déposer une proposition de loi pour réformer le dispositif ? Non. Et pourtant au RPF nous avons à plusieurs reprises insisté sur ce sujet et celui des machines à voter, qui factuellement, produisent un vote très différent de celui de la nation dans son ensemble, nous l’avions montré et cela avait été repris. Pourquoi le ferait‑il ? La procédure actuelle lui garantit une place dans le duel final. On ne scie pas la branche sur laquelle on est assis.
Et après cela, on voudrait nous faire croire que les Français vont “choisir” leur président. Non, ils vont désigner un homme parmi ceux que le système aura préalablement adoubés. La pluralité des idées ? Étouffée. Le débat de fond ? Évaporé. Le choc des visions ? Inexistant. À la place, nous aurons droit à la sempiternelle logorrhée de promesses intenables, d’indignations fabriquées, de barrages moraux exigés, qui resteront lettres mortes, avec cet argument massue : c’est Bruxelles qui décide.
Peut‑on encore changer le mode de désignation des candidats ? Techniquement, oui : une simple loi organique suffit. Politiquement, c’est une autre histoire. Aucun parti installé n’a intérêt à ouvrir la porte à de nouveaux courants. Même ceux qui se disent “anti‑système” préfèrent que tout reste exactement comme c’est. C’est dire à quel point tout fonctionne bien… pour eux. Au RPF nous sommes favorables à une désignation par les électeurs eux-mêmes avec un nombre de signatures à déterminer. Et à l’abandon des machines à voter. Cependant si techniquement la chose est encore possible, politiquement c’est inenvisageable. La procédure actuelle protège la caste habituelle. Cette posture en dit long sur la vision qu’ont les partis classiques et le modèle qu’ils entendent maintenir. Il faudra autre chose pour réformer et espérer une offre vraiment ouverte, et avoir le droit de choisir, et non plus seulement de désigner celui qui nous semble le moins pire... après matraquage audio-visuel.




































