Edouard Dabrowski
Municipales 2026
Eric Straumann avance façon bulldozer dans un jardin japonais. Poussez-vous, j'arrive. C'est lui qui a la plus grosse tête, sur les affiches électorales s'entend. Très calculateur, il ne laisse rien au hasard et, en bon politique, fait de la communication son principal outil utilisé au quotidien. Comme son prédécesseur, l'autocrate Gilbert Meyer de triste mémoire, cet agrégé en économie-gestion aime par-dessus tout les tableaux Excel qui ne remplaceront jamais le bien vivre. Petit-fils d'agriculteur, il maintient son amitié à la députée macroniste qui a voté pour le Mercosur – entre autres – signant la mort de nos paysans. Allez comprendre. Très confiant, il est sûr de gagner. À moins que...
Longtemps moqué, dénigré, disqualifié, quand d'autres auraient depuis longtemps jeté l'éponge, Yves Hemedinger fait preuve d'une résilience à toute épreuve. Il connaît bien sa ville et la gestion municipale n'a évidemment aucun secret pour lui. Surtout, il est proche des gens, y compris des "gueux". Il était en empathie avec les manifestants anti-pass sanitaire, sans toutefois aller jusqu'à défiler avec eux, comme le maire de Munster, faut quand même pas exagérer.
Yves Hemedinger se revendique "sans étiquette" ce en quoi on ne peut que lui donner raison : en l'honneur de quoi les partis politiques viendraient-ils s'immiscer dans les affaires de la ville ?
S'il faisait partie des sept nains de Blanche-Neige, Frédéric Hilbert serait assurément Dormeur. Straumann n'a pas pris un gros risque en le nommant adjoint d'opposition. Il savait qu'il le mettrait dans sa poche, c'était une façon de le neutraliser. La suite lui donna raison. Dormeur pendant les séances du conseil municipal, dormeur en début de campagne des municipales, donnant l'impression de n'attendre qu'une chose : retrouver une place au chaud auprès de qui on sait. Comme pour beaucoup d'idéologues de gauche, le Rassemblement national représente le mal absolu, c'est devenu une véritable obsession chez Hilbert qui s'imagine toujours vivre au temps de Le Pen père.
Nathalie Aubert a fait une entrée fracassante sur la scène colmarienne traditionnellement hostile aux partis extrémistes, même si par le passé des tractations plus ou moins discrètes ont toujours eu lieu entre Gilbert Meyer et l'extrême droite. Jeune, volontaire, ne s'en laissant pas compter, Nathalie Aubert déploie une énergie à revendre. Que lui manque-t-il ? L'expérience, peut-être. L'étiquette RN ne semble pas la déranger, tout au plus voit-elle ses affiches lacérées (coucou les fachos de gauche). Bénéficiera-t-elle de la poussée nationale du RN ou la frilosité colmarienne reprendra-t-elle le dessus ?
Dominique Moriconi a l'air d'être une brave dame. Mais que l'on ne s'y trompe pas, la brave dame peut se transformer en furie quand on lui reproche – en l'occurrence Nathalie Aubert – de ne pas serrer la main des colistiers RN. Ah la tolérance... les valeurs de gauche ont des limites. Donc ici, comme chez Hilbert, on vilipende un parti républicain qui a l'aval d'une majorité de Français, belle mentalité !
Bruno Deltour se plaint d'un manque de visibilité. Eh oui, il nous faut la lumière des projecteurs pour exister. Comme Hemedinger, il mène une liste sans étiquette, en mettant l'accent sur la préservation des terres agricoles. Un écolo comme on les aime, sans idéologie mortifère.
À côté des têtes de liste il y a bien sûr les colistiers, des personnes quelquefois remarquables, souvent dévouées, prêtes à servir au mieux les Colmariens. Leur profession de foi fait chaud au cœur. Hélas, il y a également les opportunistes, les carriéristes qui pensent avant tout à eux-mêmes comme ces dames de l'équipe Straumann, insupportables, qui jouent des coudes pour être bien placées sur les photos, au plus près du maître si possible...











