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30 mars 2026

Elisabeth Spitz
27/3/2026

CÉZANNE, la lumière en fragments et l’âme des paysages

Pour la première fois, la Fondation Beyeler ouvre un espace entier à Paul Cézanne, non pas pour le raconter, mais pour le laisser apparaître.
Du 25 janvier au 25 mai 2026, l’exposition se concentre sur ses dernières années, là où tout devient plus essentiel, presque à nu.
Les visages se ferment et s’illuminent à la fois. « Le jardinier Vallier », les corps des baigneurs « Sept baigneurs » vers 1900 s’abandonnent dans une paix fragile. En abordant ces compositions, il se propose de relier les épaules des collines aux courbes des femmes, il cherche à mieux traduire combien la vie est une, combien il se sent intégré à la nature, à l’univers. Les paysages de Provence vibrent d’une intensité sourde.
Et toujours, comme un souffle obstiné, la Montagne Sainte-Victoire revient regardée, reprise, transformée jusqu’à devenir plus qu’un motif : une présence. Une ampleur, une sérénité, d’un lyrisme touchant comme si la main, d’instinct, trouvait sans hésitation ce qu’elle avait à exécuter.
Dans son atelier du Sud, Cézanne cherche sans relâche. « Rochers près des grottes au-dessus du Château Noir » est une œuvre que Cézanne réalise vers la fin de sa vie sur un domaine près d’Aix-en- Provence. Elle a longtemps fait partie de la collection de l’artiste Henri Matisse, qui voyait en Cézanne un modèle. Entre la couleur et la lumière, entre la forme et l’instable, il construit un langage nouveau, un équilibre précaire, vivant, presque secret.
Dans ses toiles, le temps semble aboli et, en les contemplant, l’impression de toucher à l’intemporel, quelque chose d’extrêmement vivant, presque impérissable.
De merveilleux effets de transparence, une fluidité, une légèreté, une liberté qui palpite, une vie frémissante qui se ressent dans ses aquarelles avec des toiles plus abstraites.
Face à ces œuvres, quelque chose se déplace en nous.
Une émotion lente, profonde, presque silencieuse.
Le génie de Cézanne ne s’impose pas, il infuse. Il réside dans cette manière unique de faire vibrer le réel, de le déconstruire pour mieux le révéler, jusqu’à toucher en nous une vérité fragile, essentielle.
Réunissant près de 80 œuvres venues d’horizons multiples, cette exposition ne montre pas seulement un peintre au sommet de son art. Elle révèle une quête. Une tension. Une manière d’habiter le monde. Cézanne n’a cessé de creuser en lui, attentif à capter ses sensations, à les traduire avec un maximum d’exigence et de sensibilité, un chercheur d’absolu.
Et l’on comprend, peut-être, ce que Pablo Picasso voulait dire en murmurant : « notre père à tous ».















[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

H16
30/3/2026

Livret A, assurance-vie, expatriation : la grande fuite silencieuse des Français

C’est officiel, les finances françaises vont mieux, l’État peut gagner un cran à sa ceinture et pousser un soupir de soulagement : Sébastien Lecornu, dans un tweet manifestement écrit par ChatGPT qui laisse traîner des tirets cadratins un peu partout, annonce avec emphase un déficit moins énormissime que prévu ; ce sera 5,1% du PIB au lieu de 5,4%, ce qui camoufle très mal le fait qu’on va devoir emprunter plus de 150 milliards d’euros sur les marchés.


En tout cas, voilà qui rassure largement les Français. Heureux et rassérénés par ces excellentes nouvelles, voilà nos concitoyens qui… sortent leur argent du livret A.

En effet, ce placement chéri des Français vient d’enregistrer une violente décollecte de 740 millions d’euros sur le seul mois de février 2026, hémorragie qui rompt violemment avec les tendances post-Covid.

Cette décollecte est poliment mise sur le dos de la baisse du taux de rémunération (1,5% seulement). Plus pragmatiquement, certains comprennent que ce désamour tient en réalité plus de la pauvreté qui s’étend ou, tout simplement, sur l’évidence que les Français choisissent d’investir massivement dans l’économie… du Luxembourg.

Eh oui, actuellement, le Luxembourg a le vent en poupe pour les Français : nos compatriotes détiennent désormais le record absolu de 98 milliards d’euros consciencieusement planqués en assurance-vie luxembourgeoise.

Ce n’est plus une fuite, c’est une évacuation sanitaire d’urgence : rien qu’en 2024, après la calamiteuse dissolution parlementaire, la collecte s’était envolée de 58%, suivie d’une autre hausse de 20% en 2025. La France est discrètement mais sûrement devenue le premier fournisseur de capitaux du Grand-Duché, représentant à elle seule 52% de sa collecte internationale.

Face au gouffre français, le contraste est cruel. Notre charge de la dette va engloutir 134,6 milliards d’euros en 2026, dépassant allègrement le budget de l’Éducation nationale, pendant que la France s’accroche à son bonnet d’âne de seul pays de la zone euro avec un déficit crânement maintenu au-dessus des 3%. En face, le voisin luxembourgeois s’affiche avec un insolent 26% de dette sur le PIB et un excédent budgétaire dodu.


Mais pourquoi diable le Luxembourg ? Tout le monde sait qu’il n’y a rien, là bas, enfin voyons !

Seraient-ce les mécanismes protecteurs que ce pays a mis en place, au contraire de l’Hexagone ?

En effet, le Luxembourg offre le fameux « Triangle de Sécurité » : vos actifs sont strictement séparés du bilan de l’assureur et déposés chez une banque indépendante, elle-même placée sous le contrôle sourcilleux du Commissariat aux Assurances de l’État luxembourgeois.

Ensuite, le « Super Privilège » vous garantit, en cas de faillite monumentale de l’assureur, d’être remboursé en priorité absolue et sans aucune limite de montant, là où le minuscule fonds de garantie français plafonne misérablement son remboursement à 70 000 euros.

Mais surtout, l’arme de séduction massive est l’immunité totale contre la loi Sapin 2 : ce texte voté en 2016 autorise Bercy à geler arbitrairement vos retraits et limiter vos arbitrages en cas de crise systémique, et n’a strictement aucune valeur juridique là-bas.

Pendant que l’État français garde jalousement la main sur votre portefeuille pour s’assurer que vous couliez en même temps que lui, le Luxembourg continue de simplifier ses règles, notamment avec sa récente circulaire 26/1 permettant de détenir directement des produits structurés, vous offrant ainsi un canot de sauvetage robuste.

En réalité, les Français pragmatiques, à commencer par ceux qui ont un minimum de patrimoine, se rendent compte du gouffre de plus en plus large qui se creuse entre les gesticulations gouvernementales pour faire croire à une reprise en main des finances du pays, et l’état réellement catastrophique de ces finances dont tout indique qu’elles vont engloutir les économies des Français. Et alors que le Luxembourg est noté AAA depuis 36 ans, la France perd des lettres de l’alphabet à chaque quinquennat, la propulsant de plus en plus vite vers BBQ.


Dès lors, s’exfiltrer hors du pays n’est pas un calcul purement fiscal, c’est devenu du simple bon sens d’ailleurs encouragé par les banques françaises elles-mêmes.

L’ironie suprême réside en effet dans l’identité de ces passeurs financiers : Cardif (pour BNP Paribas), AXA Wealth Europe, ou encore Generali, les piliers incontournables du capitalisme français, distribuent frénétiquement ces contrats transfrontaliers. Ces mêmes établissements qui financent quotidiennement la dette de l’État français par l’achat d’OAT vendent discrètement ces canots de sauvetage à leurs meilleurs clients. En somme, ces banques ne font plus vraiment dans la gestion de patrimoine, mais quasiment dans l’aide humanitaire.

Alors que le pays voit chaque année le nombre d’expatriés français gonfler de façon sensible, cette fuite des capitaux accélère un déclin qu’on ne peut plus cacher. L’expatriation explique « je m’en vais », le virement au Luxembourg annonce « je me protège » et les deux cas montrent que la confiance dans l’État est maintenant nulle.

Pourtant, devant ce constat, les autorités multiplient les âneries.

En bons pompiers-pyromanes, nos énarques de Bercy pleurnichent sur les recettes qui s’évaporent et s’improvisent taxiculteurs taxophiles, ce qui accélére encore la fuite des capitaux dans une boucle de rétroaction aussi prévisible que désastreuse. L’État prescrit consciencieusement la maladie comme traitement, persuadé que frapper plus fort sur le contribuable fera miraculeusement revenir les fuyards.

Pire encore, la loi Sapin 2 constitue un véritable revolver glissé ostensiblement dans le tiroir du banquier, prêt à être dégainée à tout moment. Cependant, laisser entendre au client qu’on peut lui bloquer arbitrairement son épargne pour sauver un système public en faillite ne fait que terroriser les derniers épargnants naïfs. Le Luxembourg, de son côté, n’a jamais eu besoin d’une telle loi anti-panique, tout simplement parce qu’il ne s’amuse pas à en provoquer tous les quatre matins.

En définitive, les Français fuient : certains par les airs, d’autres par la terre, et d’autres enfin, sur le plan financier.

C’est une sorte de plébiscite silencieux, un vote massif d’épargnants terrifiés par un pays structurellement incapable de gérer son budget depuis un demi-siècle. L’assurance-vie luxembourgeoise est ainsi devenue le Airbnb de l’épargne, offrant la possibilité aux Français de payer pour dormir chez le voisin plutôt que dans leur propre maison qui menace de s’écrouler sur leur tête.

Et quand on voit la façon particulièrement relaxe avec laquelle se réjouissent les clowns gouvernementaux lorsqu’ils se rendent compte que le déficit sera moins abominable que prévu, on ne peut pas blâmer ces Français qui sentent, au fond d’eux-mêmes, que ce pays est foutu.

[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]
Lefrançois

29 mars 2026

Festival de Pâques de Colmar

- 28/3/2026 - Une véritable fête des harmonies, placée sous le signe du partage musical et de la convivialité, offerte par les harmonies des villes de Colmar, Turckheim, Ammerschwihr, et le Musikverein Fahrnau, orchestre d’harmonie du Bade-Wurtemberg.
Pour terminer, près de 150 musiciens se rassemblèrent sous la direction de Pierre Hoppé, directeur du Conservatoire de Colmar, pour interpréter l' "Apothéose" de la magistrale Grande Symphonie funèbre et triomphale d'Hector Berlioz.
Photos Edouard Dabrowski











Colmar : installation du 1er conseil municipal





Les affectations pour les 14 adjoints

- Odile Ulrich-Mallet : urbanisme et police de l'habitat
- Pascal Sala : sécurité et prévention
- Nathalie Prunier : santé, solidarités, personnes âgées et handicap
- Christian Meistermann : voirie, espaces verts, propreté
- Christine Laissue-Stravopodis : domaine public, commerce et artisanat
- Barbaros Mutlu : éducation et jeunesse
- Cécile Striebig Thévenin : culture
- Eric Loesch : sports
- Frédérique Schwob : développement durable, milieux naturels et mobilités douces
- Olivier Zinck : finances et affaires juridiques
- Claudine Mathis : ressources humaines, dialogue social, état civil et modernisation de la relation aux usagers
- Michel Spitz : grands projets et patrimoine historique
- Emmanuella Rossi : citoyenneté et mémoire (égalité femmes-hommes, devoir de mémoire, correspondante Défense, dialogue interreligieux et réserve communale).
- Alain Ramdani : suivi bâtimentaire, rénovation énergétique et politique de la Ville.

27 mars 2026

Musée Unterlinden

Retable d’Issenheim
les 4, 12 et 15 avril 2026


Chef-d’œuvre mondialement connu, le Retable d’Issenheim, réalisé par Matthias Grünewald et Nicolas de Haguenau, impressionne par sa force expressive. Ce polyptique monumental, qui associe sculptures et volets peints, déploie des scènes saisissantes de la vie du Christ et de saint Antoine. En compagnie d’une médiatrice, découvrez une œuvre d’une intensité artistique et spirituelle exceptionnelle.

Horaires
De 14h à 15h30 les 4 et 12 avril, de 11h à 12h30 le 15 avril

Tarif
4,50 € et droit d’entrée (jauge limitée*)

Lieu
Point de rencontre à la billetterie du musée

En savoir plus

26 mars 2026

Lézard

[Cinéma]
SOIRÉE IRAN

Vendredi 24 avril 2026
au CGR de Colmar

 ⇨ à 19h
LA FEMME QUI EN SAVAIT TROP


Réalisateur : Nader Saeivar
Allemagne-Iran 2025 1h40 VOST

Professeur de danse à la retraite, Tarlan a été témoin d’un féminicide commis par un politicien. Elle a toutes les peines du monde à le dénoncer auprès des institutions solidaires des puissants. Écrit à quatre mains avec Jafar Panahi, puis tourné clandestinement par Nader Saeivar avant qu’il ne quitte son pays pour Berlin, le film mêle l’intime et le politique, en intégrant à la fiction l’histoire récente de la dictature des mollahs et le mouvement Femmes, Vie, Liberté.


à 21h
MON GÂTEAU PRÉFÉRÉ


Réalisateurs : Maryam Moghaddam et Behtash Sanaeeha
Iran-France-Suède 2025 1h35 VOST

Mahin, veuve, vit à Téhéran où elle traîne avec lassitude un corps trop lourd et une solitude que ne brise ni son cercle de vieilles amies, ni ses appels à ses enfants exilés en Suède. C’est au restaurant des retraités que l’intrépide septuagénaire va trouver son bonheur : un ancien de l’armée devenu chauffeur de taxi.
Pour ce film généreux qui célèbre l’amour, les réalisateurs ont été condamnés à 14 mois de prison avec sursis.

25 mars 2026

Opening Night à Colmar

Cliquer sur l'image ↴

Une nuit pour célébrer l’art contemporain

Cette semaine, Curio’Cité vous accompagne en balade au centre-ville de Colmar à l’occasion de la 14ème édition de l’Opening Night, la nuit de l’art contemporain. De 18h à 23h ce vendredi 27 mars, sept lieux ouvrent leurs portes, gratuitement, pour vous permettre de découvrir l’expression plastique contemporaine différemment. Galeries d’art, ateliers ou autres lieux plus insolites organisent tout au long de la soirée des temps forts pour toutes et tous, petits et grands, amateurs ou néophytes afin de partager un moment convivial et festif. Là un concours de dessin, ici une performance de street art et là-bas encore une exposition croisée entre deux artistes… les propositions sont multiples et chacun est libre d’organiser son parcours comme bon lui semble.
Lézard

LÉZARD S'EXPOSE
par les artistes bénévoles de l'association

Vernissage : vendredi 10 avril 2026 à 18h30


du 10 avril au 12 mai 2026
Espace Lézard - Entrée libre
Bernard Rodenstein
24/3/2026

L’humilité en politique ?
 
« Votre vote m’oblige » ! La main sur le cœur, des élus de tous bords qui doivent leur victoire à des alliances improbables ou à des scores très serrés, proclament ainsi leur sincère volonté de respecter les électeurs et les électrices, bien au-delà du cercle de leurs sympathisants.
Ils ne peuvent pas, à l’instant de la proclamation des résultats, ne pas avoir conscience de la multiplicité des facteurs qui interviennent dans leur victoire. Vu le chiffre élevé des abstentionnistes, il leur faut relativiser les pourcentages avec lesquels ils gagnent. 50 pour cent des voix de 50 pour cent de votants, ça ne fait au final qu’un électeur sur 4 !
On ne peut pas, dès lors, se proclamer bien-aimé. La modestie s’impose. Être l’élu d’un quart seulement de la population ne permet pas de se considérer comme un décideur tout puissant.
À moins d’être totalement « fada », il faut se rendre à l’évidence que l’adhésion est très minoritaire et que si l’élection est en tout point légitime, au vu des règles du code électoral, elle n’est pas un blanc-seing collectif.
L’honnêteté commande de rester humble. Tous n’y parviennent pas. La grosse tête vient facilement à quiconque se fait désigner pour des fonctions importantes. « L’onction » du suffrage universel, comme l’appellent certains élus, éblouit les plus gourmands d’autoritarisme. Ils oublient qu’ils ne représentent pas la globalité des électeurs.
Ils devraient se soucier de tous, mais ils ne sont pas mandatés par tous. La nuance est de taille.
Fréquemment, par une tendance assez naturelle liée au goût du pouvoir, le glissement insidieux de la prise en compte des intérêts du plus grand nombre, vers une conception totalitaire de l’exercice de la représentation, s’opère.
Le rôle des oppositions est fondamental. Leur tâche majeure réside dans la contestation permanente des tentations absolutistes qui s’emparent des détenteurs du pouvoir. « Non ! Vous n’agissez pas dans le respect des minorités ! Non vous ne tenez pas compte d’elles ! ». C’est un rôle ingrat, usant, mais indispensable. Il n’est guère valorisé. C’est dommage.
L’humilité, en politique comme ailleurs dans la vie, est une posture souvent très éphémère. Elle part de bons sentiments, mais se dilue très vite dans les mauvaises habitudes que génèrent les fréquentations quasi exclusives des satellites attirés par la lumière de qui peut faire la pluie et le beau temps. À force de s’éloigner des opposants les gens de pouvoir deviennent aisément arrogants.
L’arrogance d’un être de pouvoir est probablement ce qui lui est le moins facilement pardonné. À juste titre.
L’humilité est une marque de noblesse. Son contraire est le signe, par excellence, de l’inadéquation aux fonctions électives.
Soyons sur nos gardes !
Ville de Colmar

Installation du nouveau Conseil municipal


Samedi 28 mars à 10h30
Foyer du Théâtre municipal

Cette séance marquera l’installation officielle des nouveaux élus.
Élection du Maire et des adjoints au programme.
Séance ouverte au public.
Retransmission disponible sur colmar.fr à partir du 30 mars.

24 mars 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Anne Mansouret
23/3/2026

Lionel Jospin est mort aujourd’hui, au lendemain de l’élection d’Emmanuel Grégoire à la mairie de Paris.
Il était visiblement très affaibli après une lourde opération subie en janvier. De façon purement intuitive, j’ai l’intime conviction qu’il a décidé de mettre fin à ses jours, à l’instar de sa propre mère (en 2002) sentant venir l’impotence et la dépendance à autrui.
Comme l’avait théorisé Dietrich Bonhoeffer, théologien, professeur et pasteur protestant dans son recueil intitulé « Éthique » (1940) :
« Lorsqu’un malade incurable constate que son état et les soins qu’il requiert entrainent la ruine matérielle et psychique de sa famille et qu’il délivre celle-ci par sa libre décision, on ne pourra le condamner. »
Quoi qu’il en soit réellement, cette décision aurait été, à mes yeux, en cohérence avec la personnalité de Lionel Jospin, parfaite incarnation de l’éthique et de la rigueur stoïque du protestantisme.
J’avais beaucoup d’estime pour l’homme et beaucoup d’admiration pour sa probité et la sincérité de ses engagements.
Toutefois et sans l’ombre d’une méchanceté, j’ai choisi, aujourd’hui, de revenir sur l’échec majeur que fut sa défaite à la présidentielle de 2002, laquelle a marqué, à mes yeux, le début de la fin du parti socialiste.
J’étais alors secrétaire nationale du parti radical de gauche et proche de Laurent Fabius, puisqu’élue en Haute-Normandie, fief politique de ce dernier.
Après cinq ans à Matignon, Lionel Jospin pouvait se targuer d’un bon bilan économique et social, quoi qu’en dise aujourd’hui la droite. En termes de marketing, « La gauche plurielle » avait été une bien jolie affiche, une façon efficace d’imprimer l’image d’une gauche plus chaleureuse, rassemblée dans un mode de gouvernance moins hégémonique qu’au cours des années Mitterrand.
Mais comme souvent en politique, la tactique a pris le pas sur la stratégie : à trop vouloir manipuler l’opinion publique, alambiquer les données du scrutin et occulter les réalités du terrain… on se prend les pieds dans le tapis.
Incroyable mais vrai : avoir un grand nombre de « petits candidats de gauche au premier tour » fut une tactique électorale mûrement réfléchie ! Je puis en attester, ayant été personnellement démarchée par le cabinet de Lionel Jospin.
Dès le début de l’hiver 2001, Matignon et Solférino avaient fortement incités les élus à parrainer la candidature de la radicale de gauche Christiane Taubira à l’élection présidentielle de 2002.
Jean-Pierre Chevènement se présentant pour incarner une gauche souverainiste et anti-Maastricht au premier tour, l’objectif était de rogner sur son score par une autre micro candidature atypique, afin de pouvoir présenter Lionel Jospin comme « le rassembleur de toute la gauche » au second tour.
Résultat : Le Pen lui est passé sous le nez avec 200.000 voix d’avance !
L’image, telle qu’elle est progressivement apparue au journal de 20h de David Pujadas, est gravée dans la mémoire collective. Pendant la nuit du 21 au 22 avril, j’ai tourné et retourné mes motifs de mauvaise conscience face à l’insupportable échec.
Inavouable, mais flagrant : les manœuvres politiciennes qui font partie de l’ADN du PS ont provoqué l'élimination de la gauche.
Un constat s’imposait : la stratégie menée par les partis bien-pensants contre Jean-Marie Le Pen était inefficace et faisait le jeu de ses partisans.
On a beaucoup observé, étudié, disséqué et analysé, au cours des vingt ans qui ont suivis ce 21 avril 2002. Des chercheurs ont cherché, des journalistes de tous bords ont produit reportages et documentaires ; des centaines de livres et d’articles ont été écrits. On a parlé de fracture sociale, environnementale, géographique, culturelle… Mais on a continué à mépriser en bloc l’électorat du FN et à considérer ses élus comme des pestiférés.
Au Conseil régional, les membres du groupe PS majoritaire n’avaient pas le droit de leur répondre en assemblée plénière ou en commission ; les saluer vous rendait suspect d’intelligence avec leurs idées.
Toute la France s’est liguée contre les 17% d’électeurs de Le Pen, mais sans tirer les conséquences du score humiliant obtenu par Jospin après cinq ans à Matignon.
Les chiffres sont là pour le démontrer : le corps électoral avait très sensiblement dérivé vers la droite, sans doute sous les effets conjugués d’un taux de croissance dynamique, d’une diminution du chômage et… ironie de la gouvernance de feu le trotskiste lambertiste Lionel Jospin : les 35 HEURES, qui ont lourdement contribué à la perte de compétitivité de notre pays en Europe et dans le monde… Ces 35 HEURES, conçues pour permettre une nouvelle qualité de vie au « peuple de gauche » aux ouvriers et aux employés… n’ont bénéficié qu’aux cadres !

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23 mars 2026

Thikent


- 23/3/2026 - L'avantage pendant une campagne électorale, c'est que chaque événement culturel et chaque vernissage font déplacer l'ensemble du conseil municipal. Subitement, tout le monde s'intéresse à tout et veut être sur la photo.
Avec Yves Hemedinger et son équipe, nous avions un programme très ambitieux pour la création artistique colmarienne, mais nous n'avons pas réussi à suffisamment convaincre. C'est vraiment dommage et une défaite, aussi honorable soit-elle, reste une défaite.
Je félicite la maire sortant pour sa réélection, et espère sincèrement que la nouvelle équipe en place accordera la même importance à la créativité locale que si elle était en campagne pour les 6 prochaines années.
Pour ma part je reste fier d'être Colmarien, et vous donne rendez-vous dès le 9 avril pour la réouverture de mon atelier au 3 rue Berthe Molly.
Galerie Murmure
23/3/2026

Il est des soirs où l'art prolonge sa présence, s'affranchit des horaires habituels et convie les regards curieux à une déambulation à travers un parcours colmarien.
La Nuit de l'Art Contemporain fait partie de ces moments privilégiés où l'on passe d'une porte à l'autre, d'un univers à un autre…


À la galerie Murmure, nous présentons l'exposition :

« Ce qui vacille… Evdoxia & David Clerc…
et se stabilise. Frédéric Klein & Eric Brondani »

Vendredi 27 mars 2026 de 18h à 22h

Les artistes Frédéric Klein et Eric Brondani seront présents à la galerie pour vous rencontrer et échanger autour de leur travail.


Nous aurons également le plaisir de vous proposer une dégustation de café du torréfacteur Mokxa, récemment installé juste à côté de notre galerie.
Une raison supplémentaire de prolonger la visite… ou de s'y attarder dès le début.


Chez Evdoxia, le dessin quitte la feuille pour s'étendre dans l'espace. À travers des matériaux légers comme le fil de fer, le fil ou le plexiglas, elle trace des lignes suspendues, presque immatérielles. Entre présence et disparition, ses œuvres jouent avec le vide, qui devient un véritable espace de projection.



Face aux œuvres de David Clerc, la perception se transforme. Ses surfaces réfléchissantes captent et modulent la lumière, faisant varier l’image selon le point de vue. La peinture devient instable, dépendante du regard et du temps, dans une expérience visuelle en constante évolution.



Chez Frédéric Klein, la force naît du dialogue entre le noir et le blanc. Dans cette palette volontairement épurée, il explore les nuances, les textures et les équilibres. Inspiré par les formes du réel et les traces du temps, il compose des œuvres où lignes et matières s’organisent en une écriture graphique sensible, à la fois rigoureuse et poétique.



Chez Eric Brondani , la gravure se situe à la croisée de l'abstrait et du figuratif. Par le jeu des contrastes et des superpositions, ses formes émergent avec subtilité, laissant place à des images ouvertes, entre évocation et suggestion. Son travail invite à une lecture sensible, où matière et lignes construisent un langage à la fois délicat et expressif.



Nous serons ravis de vous accueillir pour ce moment de découverte et de rencontre avec les artistes.

Galerie Murmure
5 place de l'Ancienne Douane à Colmar
jeudi et vendredi : 14h à 18h – samedi : 10h à 19h
Et tous les jours sur rendez-vous
contact@galerie-murmure.fr
Tél. +33 3 89 41 49 25
www.galerie-murmure.com
Instagram : galerie_murmure

22 mars 2026

Loïc Jaegert
22/3/2026

Victoire en demi-teinte pour Eric Straumann, qui devra d’autant plus rassembler et faire preuve d’humilité et de leadership auprès de ses équipes et au service de toutes les Colmariennes et tous les Colmariens.
Les évolutions entre les deux tours sont assez parlantes :
Frédéric Hilbert progresse de +36,27 %
Yves Hemedinger progresse de +26,02 %
Éric Straumann ne progresse que de +9,69 %
Nathalie Aubert recule de -13,67 %
Preuve que rien n’était joué et que le message envoyé par les électeurs mérite d’être entendu.
Gérer une ville est une chose. La rassembler et lui donner un cap pour l’avenir en est une autre.