Traduction

29 septembre 2026

Conseil municipal (suite)

Intervention d'Yves Hemedinger  au sujet du logement et de l’accès au centre-ville pour les commerces, soignants et autres intervenants.

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Orchestre National de Mulhouse

Jeudi 15 octobre 2026 de 20h à 22h15

SERGUEÏ RACHMANINOV


Symphonie de jeunesse
Concerto pour piano n°2, op. 18
Symphonie n°2
Gergely Madaras, direction
Alexandre Kantorow, piano

De la jeunesse à la maturité, l'évolution du talent d'un maître de la musique classique

Une quinzaine d’années séparent la Symphonie de jeunesse, premier mouvement d’une symphonie qui n’ira pas plus loin, de la Deuxième Symphonie. Mais, entre l’étudiant de 18 ans qui composait en cachette de son professeur de piano (lequel considérait que c’était gâcher son talent) et l’oeuvre la plus colossale de sa maturité, ramenée par la suite à des dimensions plus habituelles, se dessine un parcours passionnant : celui d’un compositeur qui, suite au succès de son illustre Deuxième Concerto, commence à réfréner ses doutes et à affirmer sa voix personnelle, la voix d’un romantique égaré dans un monde moderne en plein bouleversement.
Ce concert est l'occasion exceptionnelle d'entendre Alexandre Kantorow, l’une des figures majeures de la scène pianistique internationale. Il jouera sur quatre continents cette saison et sera à Mulhouse les 15 et 16 octobre.

Alexandre Kantorow, piano

En 2019, à 22 ans, Alexandre Kantorow est le premier pianiste français à remporter le premier prix du Concours Tchaïkovski ainsi que le Grand Prix, décerné seulement trois fois auparavant dans l'histoire du concours. En 2024, il devient non seulement le premier Français, mais aussi le plus jeune lauréat du Gilmore Artist Award, l’un des prix internationaux de piano les plus prestigieux, décerné tous les quatre ans.
Il joue avec les plus grands chefs d’orchestre au monde. Ces dernières années il s’est notamment produit avec Ivan Fischer, Yannick Nézet-Séguin, Antonio Pappano, Teodor Currentzis, Klaus Mäkelä, Valery Gergiev, John Eliot Gardiner, Manfred Honeck, Esa Pekka Salonen… et avec les orchestres parmi les plus prestigieux, dont l’Orchestre Philharmonique de Berlin, l’Orchestre Philharmonique de New York, l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles, l’Orchestre de Paris, l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, le Budapest Festival Orchestra…
Salué par la critique comme la « réincarnation de Liszt » (Fanfare), il s’est imposé comme l’une des figures majeures de la scène pianistique internationale. Né d'une famille de musiciens, il se forme auprès de Rena Shereshevskaya.
En juillet 2024, il interprète Jeux d’eau de Ravel lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris.

Mulhouse, La Filature
[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Natalia Routkevitch
29/9/2026

50 nuances d’antisémitisme

Il faut avouer que, pour susciter la liesse populaire, Edwy Plenel a fait plus fort que le pape.
Les représentants de l’arc républicain autoproclamé sont aux anges.
Il paraît que, lorsqu’il était à peine majeur, Jordan Bardella a posté sur quelques forums des choses pas comme il faut. Des choses an-ti-sé-mi-tes.
Il a fallu treize ans à nos infatigables reporters et enquêteurs de Mediapart pour mener leur dure et dangereuse enquête et débusquer ces phrases. Enfin, les preuves irréfutables sont là, pour être publiées pile le lendemain du sondage pas sympa qui dit que Marine Le Pen distance ses concurrents au second tour, quels qu’ils soient.
Cependant, la liesse risque à tout moment de changer de camp, car il ne faut pas oublier que les accusations d'antisémitisme sont une arme à double tranchant. Avant-hier, c’était Marine Le Pen ; hier, c’étaient Mélenchon, Rima Hassan, Houria Bouteldja ou quelque jeune prodige de Bondy ; aujourd’hui, Bardella.
À qui le tour demain ?
D’ailleurs, il n’y a aucune raison pour que seuls les "extrêmes" passent à la moulinette de l’antisémitisme.
Pourquoi ne pas s’intéresser à l’origine du slogan que l’extrême centre européen brandit depuis quelques années, glorifiant un allié dont les accointances idéologiques mériteraient mieux que la pudeur de gazelle ?
Qui sont les personnes panthéonisées par cet allié qui reçoit les accolades les plus chaleureuses et les donations les plus généreuses ? Pourquoi ne pas s’intéresser aux vies, aux œuvres et aux combats de ces héros aujourd’hui célébrés en grande pompe ? Il s’agit quand même d’un futur membre de la grande famille européenne.
Ainsi, on aura les "fifty shades" d’antisémitisme et le débat politique, en vue de l’élection, se résumera essentiellement à : "Antisémite toi-même !"
P.S. Je sais, cette image détournée, avec les têtes de nos protagonistes du jour, est devenue virale, mais je préfère l’original.


[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]
Guy Ritzenthaler

Michel Spitz
28/9/2026

Découvrir la peinture d’Anne Lerognon

« Être au monde c'est à la fois heureux et douloureux, chacun le sait à sa façon. Être au monde c'est proche de naître au monde. Naître au monde, ça renvoie à l'origine avec un grand O mais aussi l'origine, la naissance d'une forme. Elle s'épanouit spontanément sous les ciseaux, entre les fils du métier à tisser, sur la toile à partir des couleurs… Ciseler, broder, tisser, peindre, une pulsion qui n'a de cesse, qui dépasse l'heureux et le douloureux, qui donne parfois du sens et permet d'approcher l'insaisissable, ce qui échappe… Ainsi créer traverse le laborieux mais permet parfois de se hisser vers des sommets et percevoir, si ce n'est qu'un bref instant, une chose qui ressemble à l'éternel… »
Texte de présentation d’Anne Lerognon

RENCONTRE II Être au monde
Exposition de peinture, papier découpé, tissage
Jusqu'au 4/10/2026
Salle de la Laub à Munster









28 septembre 2026

Conseil municipal de la Ville de Colmar
Séance du 28 septembre 2026

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[suite]
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Elisabeth Spitz
28/9/2026

Très heureuse et honorée d’avoir pu déposer quelques mots dans le catalogue d’exposition de l’incroyable artiste Pascale Charrier.
« Pulsion de vie » est à l'image de sa démarche : vibrante, habitée et d'une authenticité saisissante.
Raconter cet engagement artistique à travers mon texte restera une expérience passionnante et unique. Merci infiniment chère Pascale pour ce magnifique témoignage de confiance.
La beauté de votre univers m'inspire une admiration profonde.
Une magnifique exposition à ne pas manquer à Lyon du 1er au 14 octobre.

La rencontre : un virage au bord du regard

Un regard posé sur une toile, soudain mes pas s'arrêtent.
Le virage s'opère. Je m'approche sans détour enveloppée par une émotion singulière. Il est de ces rencontres rares et éclairantes qui vous réveillent en silence, qui prouvent que l'inspiration est un renouvellement perpétuel.
Devant l'œuvre de Pascale Charrier-Royer nous comprenons que rien n'est jamais scellé avant le dernier instant.

Peintre de l'abstrait : l'origine

Le langage artistique de Pacha rejoint la poésie avec une force lumineuse. Le rythme traverse l'abstraction et fait naître, dans la matière, l'imaginaire des vers. Sous le geste de l'artiste un souffle poétique prend vie. De la blessure originelle, de l'ombre ou d'une forme de néant, jaillit une véritable « pulsion de vie ».
Chaque geste est une traversée, une exploration de l'invisible avec ses fragilités et ses évidences provisoires pour nous inviter sur le chemin des possibles.

Peintre des réminiscences: la mémoire traversée par la lumière

Les larmes évaporées ont laissé dans le cœur quelques griefs.
Tout comme la matière en séchant a créé des reliefs.
La peinture ici s'insère au-delà de la faille.
Elle l'embrasse pour en faire surgir la beauté.
Dans la série « Origine », le geste évolue dans le mystère, apprivoise l'indicible avec ses doutes.
Les formes naissent de la mémoire, les fonds s'illuminent sous les couleurs traçant un itinéraire poétique. pour nous faire passer d'un rêve blessé à un rêve libéré. Dans la faille, l'étincelle brillante résonne comme un cri de l'âme. Les lignes repoussent l'absence, ouvrant au corps un passage vers l'éternité.

Peintre du dialogue

Un échange rempli de résonances entre la mémoire et la virginité du papier. Peintre qui fait dialoguer les souvenirs avec le blanc du vélin.
Pacha trace des motifs qui sortent du cœur pour échapper à la saturation du vide.
Les lignes et les empreintes repoussent les frontières du réel.
Elles ne cherchent pas à figurer mais à rendre l'instant accessible.
Cette seconde suspendue qui donne sa vraie durée de vie, l'éternité retrouvée. Le fil tissé entre l'obscur et l'éclosion de la couleur offre un abandon total après les moments accidentés de l'existence.
Entre la surface et les profondeurs, les fonds et les formes s'unissent dans une harmonie libre, où l'art s'agite dans l'immobilité et creuse des ouvertures dans le silence.

Peintre de l'espoir : l'élan vital

« Pulsion de vie » ce n'est pas seulement une peinture, c'est une matière vivante, une nécessité viscérale d'échapper à ce qui enferme.
Face aux manques inconsolables, Pascale Charrier-Royer s'érige en une forme de résistance comme une irrépressible impulsion créatrice. Quelque chose y bat avec une intensité folle.
Le cœur tremble, le sang se met à danser sur la toile, refusant l'oubli en se frayant un chemin à travers ce qui entrave.
L'œuvre devient un espace qui aspire, palpite et grandit.

Le souffle des possibles

Dans le vertige de cette rencontre, le temps retient sa respiration.
Chaque tableau nous offre une seconde d'éternité, cette vraie durée de vie que l'on croyait perdue.
Une révélation, les couleurs jaillissent en abondance mais avec subtilité comme des mots retrouvés, comme un couteau limé pour fendre la nuit.
Les nuances travaillées des fonds agissent comme une délivrance.
Pacha nous propose une liberté essentielle, un voyage aux mille éclats, une traversée pigmentée, une envolée chromatique, une quête picturale baignée de lumière où l'art nous emporte bien au-delà de nous-même. »

PULSION DE VIE - L'ÉLAN VITAL
Pascale Charrier-Royer - Alias Pacha
Exposition « LES POSSIBLES »
Galerie Mémoire, 41 rue Saint Georges, LYON 5ème
Inscrite dans le programme Résonance de la 18ème Biennale d'art contemporain de Lyon : « Passer d'un rêve à l'autre »
Vernissage le 2 octobre à 17h





27 septembre 2026

Yves Hemedinger
27/9/2026

Il peut être bon d’écouter l’opposition !


C’est exactement ce que nous avons proposé au maire, avec le groupe municipal "Fiers d’être Colmariens", par la voix de notre collègue Olivier Roth, lors du conseil municipal d’avril dernier, puis une deuxième fois il y a quelques semaines.
À chaque fois, nous avons essuyé une fin de non-recevoir.
Pourtant, l’opposition n’est pas là uniquement pour critiquer. Elle peut aussi être force de proposition. Encore faut-il accepter de l’écouter.

26 septembre 2026


Élections sénatoriales 2026 : débat avec les candidats du Haut-Rhin

Un débat sénatorial largement dominé par la question institutionnelle alsacienne.

Le débat organisé le 4 septembre 2026 à Colmar à l’initiative du Mouvement pour l’Alsace (MPA) a réuni quatre représentants de listes candidates aux élections sénatoriales du Haut-Rhin : Brigitte Klinkert pour le centre, Christelle Ritz pour le Rassemblement national, Jean-Georges Trouillet pour les Régionalistes et Antoine Homé pour le Parti socialiste.

André Reichardt, ancien sénateur et président du MPA, s’adresse aux intervenants. De gauche à droite: Christelle Ritz, Brigitte Klinkert et Jean-Georges Trouillet. Absent de la photo: Antoine Homé. Au milieu: Benoît Kuhn, modérateur du débat

Après une présentation des différentes listes, le débat animé a porté sur les grandes préoccupations des collectivités locales – simplification administrative, santé, école, finances locales, économie, services publics – avant de se concentrer sur la question centrale de la soirée : quelle organisation institutionnelle pour l’Alsace et que feront concrètement les futurs sénateurs pour permettre l’adoption de la proposition de loi créant une collectivité alsacienne ?

Un point de convergence important est apparu : aucun des quatre intervenants n’a défendu le maintien de l’Alsace dans son organisation actuelle au sein du Grand Est. Tous se sont prononcés, selon des modalités différentes, pour une collectivité à l’échelle de l’Alsace et une décentralisation plus poussée. Les divergences concernent surtout l’étendue de cette autonomie, le mode de scrutin et l’organisation des pouvoirs au sein de la future collectivité.
Brigitte Klinkert : simplification, proximité et collectivité à statut particulier

Pour Brigitte Klinkert, la réforme de l’Alsace doit s’inscrire dans un double mouvement : un « choc de décentralisation » et un « choc de simplification ». Elle considère que l’organisation territoriale française est devenue illisible et que les grandes régions ont renforcé le poids des administrations au détriment de la décision politique de proximité.

Elle a donc proposé de supprimer, en Alsace, l’échelon du Grand Est au profit d’une collectivité à statut particulier d’Alsace, réunissant les compétences aujourd’hui exercées par la Collectivité européenne d’Alsace et les compétences régionales. Il ne s’agirait pas de recréer une Région Alsace parallèlement à la CeA, mais bien de disposer d’une seule collectivité alsacienne exerçant l’ensemble de ces responsabilités.

Le vote de cette proposition de loi par l’Assemblée nationale le 8 avril 2026 a été une étape historique reposant sur quatre idées : simplification institutionnelle, proximité de la décision, confiance aux élus locaux et reconnaissance de l’identité particulière de l’Alsace, de son histoire et de sa culture.

Au-delà du cas alsacien, Brigitte Klinkert estime que la France devrait adapter son organisation aux réalités de chaque territoire. Elle ne défend pas nécessairement un modèle uniforme : en Alsace, la strate régionale actuelle lui paraît être celle qu’il faut supprimer, tandis que d’autres territoires pourraient choisir une organisation différente.

Parmi ses autres priorités figurent l’école et la jeunesse, avec une critique des fermetures de classes reposant sur des variations parfois très faibles d’effectifs ; la santé, notamment à travers le développement de coopérations transfrontalières entre établissements français et allemands ou suisses ; la valorisation du travail, avec l’idée de regrouper les différentes prestations sociales dans une allocation unique dont le niveau devrait maintenir un avantage financier au retour à l’emploi ; enfin la réduction de la dette financière et de la dette écologique laissées aux générations futures.

Sur la proposition de loi Alsace, elle a surtout insisté sur le calendrier : le texte doit être inscrit rapidement au Sénat, puis revenir devant l’Assemblée nationale afin que la réforme puisse être menée à son terme avant les échéances nationales de 2027.
Jean-Georges Trouillet : dépasser la décentralisation pour aller vers le fédéralisme

Jean-Georges Trouillet a présenté la proposition institutionnelle la plus ambitieuse de la soirée. Pour lui, sortir du Grand Est est nécessaire mais insuffisant. La question alsacienne révèle un problème plus général : l’épuisement du modèle centralisé français.

Il considère que les politiques publiques sont devenues peu lisibles parce que les responsabilités, les financements et les compétences sont répartis entre trop d’acteurs. Même les communes disposent selon lui d’une autonomie insuffisante, notamment financière, et dépendent trop largement de dotations ou de décisions prises à d’autres niveaux.

Sa proposition consiste donc à aller au-delà de la décentralisation traditionnelle et à engager une transformation fédérale de la République. Chaque niveau territorial devrait disposer de compétences clairement définies, des ressources correspondantes et d’une véritable autonomie de décision. L’objectif est aussi démocratique : rendre identifiable celui qui décide, celui qui prélève l’impôt et celui qui est responsable des résultats obtenus.

Pour Jean-Georges Trouillet, cette autonomie territoriale permettrait de reconstruire la confiance entre les citoyens et les institutions. La commune constituerait le premier échelon de cette reconstruction, avant des collectivités régionales disposant d’une autonomie beaucoup plus importante qu’aujourd’hui.

Il défend également une représentation proportionnelle, afin d’éviter qu’un scrutin majoritaire n’écrase les minorités et ne réduise la recherche de compromis.

Une autre spécificité de sa démarche concerne l’indépendance des élus alsaciens vis-à-vis des appareils politiques nationaux. Il a souligné que des élus locaux sincèrement favorables à l’Alsace peuvent se retrouver en contradiction avec les orientations décidées par leur parti au niveau national. La liste régionaliste entend donc faire des futurs sénateurs des élus n’ayant de comptes à rendre, sur ces questions, qu’aux électeurs et aux territoires alsaciens.

Au Sénat, Jean-Georges Trouillet souhaite enfin constituer des coopérations avec des parlementaires d’autres territoires à forte identité, afin que la question de l’autonomie territoriale ne soit pas présentée comme une revendication exclusivement alsacienne. Il évoque ainsi une logique de fédéralisme différencié susceptible de concerner également la Corse, la Bretagne, le Pays basque ou d’autres territoires.

Concernant la proposition de loi Alsace, sa position est pragmatique : même si le texte adopté par l’Assemblée nationale reste incomplet, il constitue une occasion qu’il faut saisir. Il s’est engagé à agir pour son inscription et son adoption rapides au Sénat.
Antoine Homé (PS) : une Alsace autonome, mais avec un modèle démocratique profondément différent

Antoine Homé s’est lui aussi montré très critique envers le centralisme français. Se réclamant notamment de la tradition décentralisatrice de Michel Rocard, il considère le jacobinisme comme l’un des problèmes structurels de la France et voit dans l’organisation administrative actuelle l’une des causes de son manque d’efficacité.

Il a rappelé qu’il avait soutenu dès 2013 le projet de collectivité unique porté à l’époque par Philippe Richert, malgré son appartenance au Parti socialiste. Il revendique ainsi une approche transpartisane de la question alsacienne.

Sa principale différence avec les autres intervenants porte sur la gouvernance de la future collectivité. Antoine Homé ne souhaite pas que la nouvelle Alsace devienne simplement un « super-département » dans lequel les élus seraient issus des cantons et où le pouvoir serait fortement concentré autour du président de l’exécutif.

Il propose plutôt de s’inspirer de la Collectivité de Corse, avec une assemblée largement ou totalement élue à la proportionnelle, donc une représentation effective des différentes sensibilités politiques, et une distinction plus nette entre l’assemblée délibérante et l’exécutif. Il s’est également montré ouvert à un scrutin mixte, combinant représentation territoriale et correction proportionnelle, comme en Allemagne.

Cela devrait favoriser une culture du compromis plus proche des démocraties parlementaires européennes et notamment du fonctionnement allemand. Son projet alsacien s’inscrit d’ailleurs dans une réforme institutionnelle française plus générale : renforcement du Parlement, proportionnelle et réduction de la concentration du pouvoir présidentiel.

Antoine Homé va également assez loin en matière de différenciation. Il souhaite qu’une future collectivité alsacienne puisse disposer de pouvoirs normatifs plus importants, voire de certaines délégations de pouvoir législatif, notamment pour adapter et faire évoluer le droit local d’Alsace-Moselle. Il a cité le droit local de la chasse comme exemple d’un dispositif devenu difficile à moderniser dans le cadre institutionnel actuel.

Il ne remet donc pas en cause le principe d’une collectivité alsacienne ; il souhaite au contraire qu’elle dispose de compétences importantes. Mais il conditionne son soutien à une architecture institutionnelle pluraliste et à une véritable co-construction du projet entre les différentes sensibilités alsaciennes.

Sur le calendrier sénatorial, il s’est déclaré prêt, s’il est élu, à participer aux initiatives pour faire progresser rapidement le texte, tout en soulignant qu’un sénateur isolé ne suffira pas : il faudra convaincre les groupes parlementaires et construire une majorité transpartisane au Sénat.
Christelle Ritz (RN) : sortie du Grand Est, collectivité unique et priorité à la langue alsacienne

Christelle Ritz a confirmé que le Rassemblement national défend désormais clairement la sortie de l’Alsace du Grand Est. Elle reconnaît que les positions de sa formation ont pu évoluer, mais considère que le vote favorable du RN à la proposition de loi du 8 avril constitue désormais un engagement politique concret.

Elle s’est prononcée pour une collectivité unique d’Alsace, et non pour la juxtaposition d’une nouvelle Région Alsace et de l’actuelle Collectivité européenne d’Alsace.

Christelle Ritz s’est également montrée favorable à une dose importante de proportionnelle, afin que les différentes forces politiques soient représentées dans la future assemblée alsacienne. Elle a ainsi rejoint Jean-Georges Trouillet et Antoine Homé sur l’idée que le futur mode de scrutin constitue un élément important de la réforme.

Elle a surtout développé un thème spécifique : la langue alsacienne et l’enseignement bilingue. Professeure d’allemand et dialectophone, elle estime que l’Alsace n’est pas allée assez loin dans la transmission du dialecte. Le modèle bilingue français-allemand doit être complété par une place beaucoup plus importante donnée directement à l’alsacien, dès l’école maternelle et tout au long du cursus.

Elle a notamment regretté que l’Alsace n’ait pas développé, à l’image de ce qui a pu être fait dans d’autres régions françaises, un réseau éducatif puissant pour une véritable transmission de la langue régionale. Une future collectivité alsacienne devrait donc disposer de davantage de moyens et de compétences pour intervenir dans ce domaine.

Ses autres priorités sénatoriales concernent l’accès aux soins et la désertification médicale, le maintien des écoles et des services publics de proximité, la sécurité et les difficultés rencontrées par les maires, la baisse des dotations de l’État, ainsi que le soutien au patrimoine, à la culture, à l’agriculture, à l’artisanat et aux commerces locaux.

Enfin, elle a considéré que, malgré ses imperfections, la proposition de loi actuelle constitue un point de départ qu’il faut utiliser plutôt que laisser passer. Elle a reconnu les hésitations initiales du RN sur le texte, mais estime désormais prioritaire de le faire avancer rapidement.
Un accord sur l’objectif alsacien, trois conceptions de son approfondissement

La conférence a finalement révélé un socle commun plus large que ne pouvaient le laisser penser les appartenances partisanes. Les quatre représentants présents veulent une collectivité politique à l’échelle de l’Alsace, souhaitent mettre fin à l’organisation actuelle dans le Grand Est et considèrent que la France doit donner davantage de responsabilités aux territoires.

Les différences portent surtout sur jusqu’où aller. Brigitte Klinkert privilégie une collectivité à statut particulier réunissant les compétences départementales et régionales dans une logique de simplification et de proximité. Christelle Ritz défend également une collectivité unique, tout en insistant sur la langue, la culture et la représentation proportionnelle. Antoine Homé souhaite une collectivité alsacienne plus autonome mais insiste sur une architecture parlementaire et pluraliste inspirée notamment de la Corse. Jean-Georges Trouillet inscrit enfin l’Alsace dans un projet beaucoup plus large de transformation fédérale de la République française.

Un autre point de convergence est apparu en fin de réunion : le temps presse. La PPL votée par l’Assemblée nationale le 8 avril est considérée par les intervenants comme imparfaite et devant être substantiellement complétée, mais aucun ne souhaite laisser passer l’occasion qu’elle représente. La prochaine bataille se jouera donc au Sénat : obtenir rapidement son examen, construire une majorité dépassant les appartenances partisanes et parvenir à un texte susceptible d’achever son parcours parlementaire avant que les échéances nationales de 2027 ne viennent interrompre le processus.

Jean-Philippe Atzenhoffer, Secrétaire général adjoint du Mouvement pour l’Alsace (MPA)
Guy Ritzenthaler

Colmar, rue des Têtes

Yves Hemedinger
26/9/2026

Ci-dessous la réaction de vos élus Céline Golly, Cindy Hueber, Sandrine Wybrecht, Jean-François Cerfon, Olivier Roth et moi-même.


« Malgré la défection de nos deux colistiers, Monique Fritsch et Adrien Wild, qui ont choisi de rejoindre la majorité municipale après l’avoir combattue à nos côtés lors des dernières élections municipales, nous restons fidèles à nos valeurs et à nos engagements.
Leur décision, nous ont-ils expliqué, n’est pas motivée par un quelconque ressentiment à l’égard du groupe "Fiers d’être Colmariens", mais elle est motivée par un besoin d’existence compte tenu du peu de place que nous laisse le maire dans l’opposition.
C’est l’explication qu’ils nous ont donné !
Quand on est élu sur une liste, avec un projet et des engagements présentés aux électeurs, passer ensuite sur une autre liste pose forcément une question de loyauté et d’honnêteté.
Nous considérons donc que la question de leur démission doit être posée. Par respect pour les plus de 6 000 Colmariens qui nous ont fait confiance, mais aussi pour les suivants de liste qui pourraient, à leur tour, siéger et défendre nos propositions .
À chacun désormais d’interroger sa conscience et de regarder les électeurs en face.
Pour notre part, nous ne changerons pas de cap. Nous continuerons à travailler, à proposer et à défendre les Colmariens, comme nous nous y étions tous engagés et comme nous le faisons depuis plusieurs mois.
La politique devrait d’abord être une affaire de respect, de convictions et de relations humaines. Nous en sommes bien loin ici, et c’est sans doute ce qui nous attriste le plus dans cette affaire.
Au fond, les intérêts personnels passent.
Les engagements pris devant les Colmariens, eux, restent. »
Photo zapping DNA/Alsace du jour
Fabien Nierengarten
26/9/2026


En tant que catholique (très) peu pratiquant, j'avoue que je ne m’attendais pas à être autant touché par les images de la venue du pape Léon XIV en France. Ce qui me marque le plus, bien au-delà de la fierté légitime d'accueillir le chef de l'Eglise sur nos terres, c’est la ferveur et l'enthousiasme qui semblent marquer cette visite.
J’y vois quelque chose qui dépasse largement la seule foi : l’expression d’un besoin profond de fraternité, de dialogue et de solidarité. Dans une société où les débats publics sont de plus en plus marqués par les divisions, les oppositions et parfois le rejet de celui qui est différent, ces moments de concorde ont pour moi une véritable portée citoyenne.
Nous vivons une période où les inquiétudes sont nombreuses : difficultés sociales, guerres, crises environnementales, perte de confiance dans les institutions… Dans ce contexte, il est tentant de désigner des responsables, de chercher des boucs émissaires ou de dresser les uns contre les autres. Les mouvements qui prospèrent de part et d'autre de l'échiquier politique, sur l'affrontement, la division et la peur de l’autre, contribuent à cette détérioration du débat public.
À l’inverse, ce que je ressens à travers ces images, c’est l’envie de retrouver un langage commun : celui du respect, de la dignité, de l’entraide et du vivre-ensemble. Ces valeurs ne sont pas réservées aux croyants. Elles constituent, à mes yeux, le socle même d’une société démocratique.
Être citoyen, ce n’est pas seulement exprimer ses désaccords ou défendre ses intérêts. C’est aussi accepter l’autre, dialoguer avec celui qui ne pense pas comme soi et chercher ce qui peut nous rassembler. Dans une époque tentée par le repli et la confrontation, cette exigence de fraternité me paraît plus que jamais indispensable, voire vitale.

25 septembre 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Anne Mansouret
25/9/2026

MAGISTRALE LEÇON DE DIPLOMATIE…


1000 BRAVOS, VOTRE SAINTETÉ !
Il faut lire attentivement le discours du Pape Léon XIV en réponse au banal et conventionnel mot d’accueil du Président de la République à l’Élysée, ce vendredi 25 septembre 2026.
C’est une magistrale leçon de morale politique et de diplomatie ; truffée de piques bien senties, ciblées en finesse et en nuances à ce dangereux va-t-en-guerre, immature et irresponsable, qu’est Emmanuel Macron.
Je cite le Pape :
« Face aux bruits de bottes et aux crises multiformes qui ébranlent notre monde, la France a la vocation de demeurer un artisan infatigable de paix et de multilatéralisme, notamment au sein de notre chère Europe. »
Tout est dit.

[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]
Thikent


Le week-end prochain j’aurai le plaisir de participer aux Journées Nationales des Artistes. Cet événement est parrainé par le Ministère de la Culture et l’Association des Maires de France. À cette occasion mon atelier sera ouvert un peu plus longtemps que d’habitude. Vous pourrez découvrir mes œuvres récentes de la collection « Made in Japan ».
Sur le mur des invités, la colmarienne Zahra Thomas vous présente ses aquarelles d’inspiration nippone.
Et vous aurez aussi l’occasion de vous reposer sur le banc poétique du créateur Roland Szele, une véritable invitation à la contemplation.

3 rue Berthe Molly, Colmar