Michel Spitz
10/6/2026
La visite de l’atelier de Michel Cornu prend très vite l’allure d’un voyage initiatique dans la découverte ininterrompue d’une quête de l’essentiel.
Attiré par le dessin dès son plus jeune âge, la solitude et l’isolement imprègnent sa vie pour guider son inspiration. Son insatiable appétit pour la recherche d’un langage, où le noir et la lumière dialoguent, constitue sa force créatrice. Il est à la fois dessinateur et graveur. La profondeur de son regard mesure son geste et accompagne son corps. Ses dessins et ses gravures explorent le mouvement. L’action du corps dans son travail est ici essentielle, en lutte inlassable avec la plaque de cuivre, qu’il incise, grave, gratte, arase. Il frotte la surface avec rage, dans la nécessité physique de la répétition. Il trace, il reprend, il efface, il ponce en quête de l’instant où va apparaitre la juste présence, la pépite qu’il était parti chercher. Un voile se fait et se défait à chaque étape comme le signe d’une révélation qui lui montre son propre chemin. C’est sur papier blanc, avec différentes qualités (japon, arches, fin ou épais) qui réceptionne les matières de manières bien différentes, que tout va se jouer. Le graveur s’adapte, le graveur écoute. Les noirs se battent pour révéler la transparence des fonds, plongés dans une lueur diffuse. Les couleurs deviennent évanescentes sous la puissance du noir dévoilant l’essentiel. Michel Cornu a placé l’humain au centre de son œuvre. À travers un patient cheminement d’émancipation, son œuvre singulière et personnelle en perpétuelle évolution, se déploie et capte l’attention qu’il porte au monde.









