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9 octobre 2026

Michel Spitz
8/10/2026

MINETTI DE THOMAS BERNHARD
Mise en scène de Matthieu Cruciani

Une nuit de la Saint-Sylvestre à Ostende dans un grand hôtel, dehors une tempête fait rage. Minetti entre, il a rendez-vous avec un directeur de théâtre. Il dit être acteur célèbre qui n’a plus joué depuis trente ans, car il s’est refusé à la littérature classique… Oublié de tous, depuis très longtemps, il attend un ultime rôle. Une pièce sur un vieil acteur, sur le succès et l’oubli, un cri de détresse et d’indignation… le crépuscule éblouissant d’un artiste en fureur, chant du cygne d’un homme vieillissant. Une pièce sur le temps, la mémoire, les fantômes. Qu’est-ce qu’une vie passée, une carrière, qu’est-ce que les souvenirs ?
D’une formidable théâtralité, c’est très beau, très étrange, envoûtant… hors du temps et de l’espace. Une pièce hors norme, déroutante, beckettienne, faite d’empêchements répétitifs qui virent à l’absurde. Non, « Godot » ne viendra pas ! La musique ajoute à la dramaturgie et tient ici une place centrale. Se souvenir, réinventer, recomposer… En faisant la part belle au piano et au chant lyrique, Matthieu Cruciani transcende ce monumental monologue : Ravel, Schulhoff, les Winterreise de Schubert et l’adagietto de la 5e symphonie de Mahler, magnifiquement retranscrits et interprétés par Jeanne Bleuse, pianiste.
Le rôle-titre de Minetti est magistralement interprété par le célèbre comédien belge Josse de Pauw. Un grand merci à l’ensemble de l’équipe et plus particulièrement à Matthieu Crucciani pour la magnifique conclusion de son mandat de co-directeur de notre Scène Dramatique Nationale, la Comédie de Colmar. Et bienvenue au nouveau duo à la direction de la Comédie de Colmar, Servane Ducorps et Mikaël Serre.

MINETTI de Thomas Bernhard
mise en scène Matthieu Cruciani
avec Josse De Pauw, Jeanne Bleuse, Matthieu Bousquet, Élise Caron, Lucile Roche, Pauline Rousseau.
Crédit photo Simon Gosselin

À la Comédie de Colmar du 8 au 16 octobre
03 89 24 31 78


2 octobre 2026

Michel Spitz
2/10/2026

Ouverture spectaculaire ce soir à Colmar des Journées de l’architecture avec un spectacle de danse verticale coproduit par le musée Unterlinden, le Ballet de l’Opéra national du Rhin et la Maison européenne de l’architecture.
À l’occasion du lancement des Journées de l’architecture, organisées du 1er au 25 octobre par la Maison européenne de l’architecture, la Ville de Colmar a accueilli, Totem, de la compagnie Retouramont. Trois danseuses, suspendues dans le vide, ont évolué pour dessiner une ronde aérienne entre la façade médiévale du cloître et celle, plus récente, des anciens bains municipaux. Le mouvement des corps a révélé les lignes, les volumes et les différentes strates architecturales du lieu. Un spectacle en résonance avec la programmation culturelle du musée Unterlinden et de sa magnifique exposition « Conversation(s) », qui, elle aussi, propose un dialogue fécond entre des œuvres médiévales et des œuvres modernes et contemporaines.
Photos © Michel Spitz
















1 octobre 2026

Michel Spitz
1/10/2026

Le projet de l’architecte des Grisons, Peter Zumthor, lauréat du prix Pritzker (2009) pour l'extension de la fondation Beyeler, particulièrement attendu, vient de s’ouvrir à la visite du public, il y a quelques jours. Il prend place dans un parc mitoyen récemment acquis par le musée. Il est morcelé en trois bâtiments disséminés, dont deux principaux. L’un, réservé aux événements, se présente comme un pavillon d’entrée à rez-de-chaussée, entièrement vitré. Il est recouvert d’une grande plaque, décollée du sol. L’autre, un bâtiment logistique, et d'espaces sociaux supplémentaires. L’édifice principal abrite un espace muséal de 1 500 m2, la moitié de la surface du bâtiment de Renzo Piano. Organisé sur trois niveaux, il s’offre comme un monolithe organisant l’opacité autour de grands cadrages choisis sur le parc. Il propose un parcours en spirale qui monte jusqu'à une terrasse avant de redescendre vers le parc. L’enveloppe en béton a été construite par couches successives, chacune, très compactée, devant être sèche avant de couler la suivante. Ce procédé, déjà mis en œuvre par Zumthor pour la chapelle Bruder Klaus près de Cologne, engendre un effet de pierre massive recherché, qui donne à l’édifice, une dimension sacrée.
Le nouveau bâtiment de Zumthor ne remplace pas celui conçu par Renzo Piano, devenu l'emblème de la Fondation. Les deux architectures ont, au contraire, été pensées comme complémentaires. Pour Zumthor, le projet revêt une dimension personnelle. Né à Bâle, l'architecte n'y avait encore jamais construit. Le nouveau bâtiment constitue un retour aux sources. « Pour moi, c'est un peu comme une déclaration d'amour à ma région d'origine », explique-t-il. Le paysage qui entoure la Fondation est un territoire qu'il connaît depuis l'enfance. Sa relation intime au paysage se retrouve dans la conception du bâtiment. Peter Zumthor ne voulait pas créer un édifice destiné uniquement à présenter une succession d'œuvres. Comme dans l’ensemble de ses célèbres bâtiments construits, il a imaginé, plutôt un espace dans lequel artistes et commissaires peuvent construire une expérience globale en utilisant le bâtiment dans son ensemble.
La Fondation Beyeler poursuit ainsi son expansion spatiale et conceptuelle, renforçant le lien unique entre art, architecture et nature qui fait sa renommée internationale. L’ouverture au public d’un parc classé monument historique, auparavant privé, double presque la superficie du paysage environnant, qui s’enrichit d’arbres centenaires, d’étangs et de prairies.
Photos © Michel Spitz


















30 septembre 2026

Michel Spitz
30/9/2026

VISITE DE L’ATELIER DE SCULPTURE SCHERBERICH MH

Après dépose des quatre dernières sculptures, le 28 avril dernier, douze statues, figures de saints, de rois, de reines, de prophètes et d’évêques, sont recréées actuellement à Colmar dans les ateliers de Scherberich MH par des sculpteurs des entreprises SOCRA et de Scherberich MH. Ainsi, ces douze figures, nombre de « l’Église Universelle », c’est-à-dire le produit de trois (qui symbolise la Trinité ou les choses spirituelles) par quatre (symbolisant le monde matériel), comme à la Sainte-Chapelle de Paris.
Ces nouvelles œuvres viendront orner la collégiale pour les siècles à venir. L’option du remplacement à l’identique a été prise pour la restauration de l’édifice. Cette substitution permettra au chœur de retrouver son état d’origine. Cette série de douze statues monumentales a été réalisée à la fin du XIVe siècle, placées à l’origine à 23 mètres de hauteur, au-dessus des douze contreforts du chevet surplombant les chapelles de Saint-Martin. Elles font partie des œuvres de style gothique parmi le décor sculpté de l’extérieur de l’église, et ont été placées dans des niches pour les protéger.
Photos © Michel Spitz











29 septembre 2026

Michel Spitz
28/9/2026

Découvrir la peinture d’Anne Lerognon

« Être au monde c'est à la fois heureux et douloureux, chacun le sait à sa façon. Être au monde c'est proche de naître au monde. Naître au monde, ça renvoie à l'origine avec un grand O mais aussi l'origine, la naissance d'une forme. Elle s'épanouit spontanément sous les ciseaux, entre les fils du métier à tisser, sur la toile à partir des couleurs… Ciseler, broder, tisser, peindre, une pulsion qui n'a de cesse, qui dépasse l'heureux et le douloureux, qui donne parfois du sens et permet d'approcher l'insaisissable, ce qui échappe… Ainsi créer traverse le laborieux mais permet parfois de se hisser vers des sommets et percevoir, si ce n'est qu'un bref instant, une chose qui ressemble à l'éternel… »
Texte de présentation d’Anne Lerognon

RENCONTRE II Être au monde
Exposition de peinture, papier découpé, tissage
Jusqu'au 4/10/2026
Salle de la Laub à Munster