Traduction

Affichage des articles dont le libellé est • Spitz Michel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est • Spitz Michel. Afficher tous les articles

29 juin 2026

Michel Spitz
29/6/2026

MÉMOIRES ENFOUIES / MITSUO SHIRASHI / FINISSAGE

L’espace d’art de la Cave de Ribeauvillé a accueilli « Mémoires Enfouies » de Mitsuo Shiraishi, un artiste au parcours singulier d’une riche sensibilité artistique franco-japonaise. Une œuvre en dialogue intime entre ses racines orientales et son ancrage européen.
Avant l’ouverture au public d’une exposition, dans un musée ou une galerie, un petit nombre de personnes est immanquablement invité au « vernissage ». C’est un rituel très connu et souvent, très couru du monde de l’art. Une sorte d’inauguration privée… Aujourd’hui, en plus de « vernir » une exposition, la nouvelle tendance dans les expositions, on invite aux « dévernissage » ou au « finissage » … qui, comme ces néologismes l’indiquent, interviennent en toute fin d’exposition pour clore les semaines de présentation, parfois même, en musique.
Pour ce « finissage » Mitsuo Shiraishi, n’y a pas dérogé et a invité la célèbre et brillante claveciniste Aline Zylberajch à donner un petit récital. Face au public enchanté, venu très nombreux, elle pose d’emblée le choix du répertoire qu’elle dit être en lien avec l’actualité de la météo caniculaire. Ainsi, elle jouera des pièces de Domenico Scarlatti qui, au-delà de l’évocation de la virtuosité du clavier et de la fantaisie créatrice, témoignent de la nature intemporelle du style, comme chez Bach. Un compositeur d’une personnalité forte, brillante, colorée, extravagante, fruit de la plus complète tradition italienne et du panorama particulier de la cour espagnole au début du XVIIIe siècle qui nous relie au climat et à la chaleur estivale du sud. Ne s’agit-il pas également d’un peintre qui alterne visions, paysages dans une même œuvre ? Il intègre les couleurs andalouses, sous la forme de sonorités abstraites qu’il nous invite à chercher, à imaginer, cachées derrière de courtes cellules répétitives… Il s’efforce de rendre les couleurs avec suffisamment de matière… jusqu’à ce que l’oreille en soit imprégnée.
Et pour conclure, Mitsuo Shiraishi ravi, a remercié l’espace d’art de la Cave de Ribeauvillé pour son accueil, la claveciniste et le public de s’être déplacés en nombre.
[Photos © Michel Spitz]







12 juin 2026

Michel Spitz

MUSEE DU CASTELVECCHIO VERONE


Le musée le plus important de Vérone a été restauré entre les années 1950 et 1970 par Carlo Scarpa. Situé dans la forteresse Scaligera de Castelvecchio, le musée présente une grande collection de sculptures, peintures, céramiques et arts décoratifs. En révisant les parcours et en proposant des agrandissements, l'architecte a doté l'institution d'une identité singulière, jusqu'à son jardin qu'il a également repensé. Il s'agit d'un de ses projets les plus notables.
Carlo Scarpa (Venise 1906 – Sendai 1978) a toujours cultivé sa passion pour l'art et le dessin. Dès l'âge de huit ans, il débute une impressionnante collection de dessins qu'il enrichira tout au long de sa vie (ils sont aujourd'hui conservés au MAXXI de Rome). Lors de ses études, il ambitionne de devenir peintre, avant de se tourner vers l'architecture, conservant, au gré de ses réalisations, un point de vue d'artiste. Passionné par les matériaux, notamment le bois, la pierre et le métal, il conçoit ses projets comme des pièces sur mesure, éminemment liées à leur environnement naturel. Il est aussi l'un des pionniers dans l'utilisation moderne du béton, inspiré par Le Corbusier.

10 juin 2026

Michel Spitz
10/6/2026

La visite de l’atelier de Michel Cornu prend très vite l’allure d’un voyage initiatique dans la découverte ininterrompue d’une quête de l’essentiel.

Attiré par le dessin dès son plus jeune âge, la solitude et l’isolement imprègnent sa vie pour guider son inspiration. Son insatiable appétit pour la recherche d’un langage, où le noir et la lumière dialoguent, constitue sa force créatrice. Il est à la fois dessinateur et graveur. La profondeur de son regard mesure son geste et accompagne son corps. Ses dessins et ses gravures explorent le mouvement. L’action du corps dans son travail est ici essentielle, en lutte inlassable avec la plaque de cuivre, qu’il incise, grave, gratte, arase. Il frotte la surface avec rage, dans la nécessité physique de la répétition. Il trace, il reprend, il efface, il ponce en quête de l’instant où va apparaitre la juste présence, la pépite qu’il était parti chercher. Un voile se fait et se défait à chaque étape comme le signe d’une révélation qui lui montre son propre chemin. C’est sur papier blanc, avec différentes qualités (japon, arches, fin ou épais) qui réceptionne les matières de manières bien différentes, que tout va se jouer. Le graveur s’adapte, le graveur écoute. Les noirs se battent pour révéler la transparence des fonds, plongés dans une lueur diffuse. Les couleurs deviennent évanescentes sous la puissance du noir dévoilant l’essentiel. Michel Cornu a placé l’humain au centre de son œuvre. À travers un patient cheminement d’émancipation, son œuvre singulière et personnelle en perpétuelle évolution, se déploie et capte l’attention qu’il porte au monde.










23 mai 2026

Michel Spitz
23/5/2026


L’écrivain Velibor Čolić a reçu vendredi des mains d’Eric Straumann, maire de Colmar, à la Bibliothèque des Dominicains, le Prix 2026 de traduction Maurice-Betz de l’Académie d’Alsace pour son œuvre (romans, récits, nouvelles) qui témoigne du passage de sa langue natale, le serbo-croate, au français.
Réfugié en France depuis la guerre en ex-Yougoslavie (dont quelques années en Alsace), il a entrepris un chemin d’écriture original et puissant (dernier ouvrage : « Guerre et pluie », Gallimard 2024) qui résonne des cruelles absurdités de la guerre civile mais aussi se colore d’une autodérision pleine d’humanité.
Créé en 1957, le Prix Maurice Betz salue la mémoire du Colmarien qui fut notamment l’introducteur et traducteur de Rainer-Maria Rilke en France. Il est doté par la Ville de Colmar, partenaire de la cérémonie.
La séance a été introduite par Gabriel Braeuner, secrétaire perpétuel de l’Académie d’Alsace et la laudatio du lauréat a été a prononcée Benoît Wirrman.
Après la remise colmarienne du prix, Velibor Čolić a rencontré le public strasbourgeois à la BNU, dans un dialogue avec Kaïs Ezzine, de la librairie des Bateliers.

17 mai 2026

Michel Spitz
17/5/2026

L'ÉVEIL DES CŒURS
PAR L’ORCHESTRE DU CONSERVATOIRE DE COLMAR – L’ENSEMBLE VOCAL DE GUEBWILLER – MARCEL LOEFFLER

Une exceptionnelle prestation des ensembles précités en deux concerts, le premier à l’église Saint-Matthieu de Colmar, le second aux Dominicains de Guebwiller. Lorsqu’une saison est prétexte à créer une œuvre d’art, c’est tout un imaginaire artistique qui s’émerveille en découvrant les couleurs, les sons et les parfums que nous offre la nature. Les élèves et étudiant·es de l’Orchestre ont tissé un Fil d’or reliant l’accordéon du soliste Marcel Loeffler aux voix de l’Ensemble vocal de Guebwiller. Un programme intergénérationnel qui, de Rameau à Márquez, de Haydn à Anderson, de Fauré à Dvořák et à Sibelius, jusqu’à Piazzolla, a invité le compositeurs rhénan Waldteufel à partager des éclats baroques et romantiques en éveil. Rythmes chaleureux et mélodies mystérieuses se métamorphosent pour offrir d’éclatantes résonances. L’énergique et très inspirée direction d’orchestre de Pierre Hoppé a emmené les ensembles présents au sommet de la résonance émotionnelle avec la volonté de construire progressivement un réseau de solidarité entre les artistes en herbe et de rassembler le public engagé autour de lui. Indéniablement, il a mis l'accent sur l’engagement, la convivialité, la dimension humaine et les qualités des échanges entre tous les intervenants. Nous saisissons là, à quel point le chef d'orchestre est important face à l'attitude des musiciens d'orchestre : ils sont légitimement fiers de pouvoir jouer ensemble tout ce qu'on leur demande afin de « saisir la vie éphémère de l’instant contenue dans la forme des différentes pièces, ce qu’est une véritable interprétation ».

Le programme de la soirée :
Jean-Philippe Rameau - Les Indes galantes (extraits)
Joseph Haydn - Les Saisons (extraits : le Printemps)
Anton Dvořák - Danses slaves, op.46 (extraits)
Émile Waldteufel - Amour et printemps, valse
Jean Sibelius - Vårsang (La Tristesse du printemps), poème symphonique
Gabriel Fauré - Pavane
Astor Piazzolla - Milonga del ángel - Muerte del ángel
Leroy Anderson - Blue Tango
Arturo Márquez - Danzón n°2
photos © Michel Kurst








12 mai 2026

Michel Spitz

MÉMOIRES ENFOUIES / MITSUO SHIRASHI

L’espace d’art de la Cave de Ribeauvillé accueille « Mémoires Enfouies » de Mitsuo Shiraishi, un artiste au parcours singulier reconnu pour la sensibilité et la profondeur de son œuvre.
Qui ne connait pas Mitsuo Shiraishi ? Peintre et graveur d’origine japonaise, il s’est installé, il y a de nombreuses années en Alsace, d’où il développe un univers singulier, à la croisée des deux cultures. Né au Japon, Mitsuo Shiraishi nourrit son travail d’une riche sensibilité artistique franco-japonaise. Son œuvre est le reflet du dialogue intime entre ses racines orientales et son ancrage européen. A l’issue de ses études à l’école des Beaux-arts de Mulhouse, il fait la rencontre décisive de Rémy Bucciali, fondateur des éditions Bucciali à Colmar, qui imprime et diffuse des estampes d’artistes. Mitsuo y travaillera vingt ans, orfèvre en matière de gravure, il sera le conseiller précieux de nombreux artistes, tout en développant sa propre carrière et en exposant dans de nombreuses foires et galeries.
De son Japon natal, l’artiste a conservé un goût très prononcé pour la représentation de la nature. Il campe des atmosphères inspirées de l’héritage asiatique et de ses voies les plus traditionnelles et sacrées Il nous transporte dans un monde que nous ne pouvons imaginer que dans nos rêves fugaces, empreints de bizarreries. Toujours joueur, Mitsuo Shiraishi s’amuse à nous perdre en chemin, à travers des routes sinueuses, des labyrinthes, des toiles d’araignées, des lignes qui fuient. Il y oppose l’espace du minéral construit à celui, sauvage et végétal. Ses lieux sont parsemés d’objets hétéroclites, où les jeux (manège, tobogan, balançoire, échec…) tiennent une place privilégiée : « Il y a un côté très enfantin que je garde en moi, mais je porte un regard d’adulte sur le souvenir et le vécu » précise-t-il. Son jeu favori, est de rendre visible l’invisible, de rendre présent l’absent, c’est-à-dire l’humain, dont son œuvre est curieusement dépourvue. Pourtant, tout nous laisse à penser à la permanence de cette présence et dont l’absence est source de toutes nos questions, de toutes nos inquiétudes en nous renvoyant à l’essence de notre existence. Nulle date, quelque part, ou partout… Quelques traces humaines, parfois facétieuses, des halos de lumière dans la pénombre qui prennent le dessus et nous mettent en joie.
L’exposition « Mémoires Enfouies » de Mitsuo Shiraishi, présentée à la Cave de Ribeauvillé, reflète l’exploration des thèmes universels de la mémoire et du temps, invitant chaque spectateur à une expérience contemplative profonde.
Du 28 mars au 28 juin 2026, la Cave de Ribeauvillé ouvre ses portes à cette exposition exceptionnelle. Dans un cadre où patrimoine viticole et création contemporaine se rencontrent, les œuvres de Mitsuo Shiraishi dialoguent avec l’histoire et l’architecture de la cave.



















8 mai 2026

Michel Spitz

L’ABSENTE - Créer en l’absence, en dialogue avec La Vierge au buisson de Roses

- 8/5/2026 - La Vierge au buisson de roses de Martin Schongauer (vers 1473), longtemps exposée dans le chœur de la Collégiale Saint Martin, a vécu, il y a une cinquantaine d’années, une aventure rocambolesque. Volée dans une nuit de janvier 1972, elle est retrouvée dans le garage d'un particulier en juin 1973 dans la banlieue lyonnaise. Elle retrouvera sa place à Colmar et sera mise, pour des raisons de sécurité, dans le chœur de l'église des Dominicains, où elle est visible depuis.
Elle vient de quitter temporairement son lieu d’exposition colmarien pour être présentée au musée du Louvre dans le cadre d’une exposition consacrée au maître rhénan.
Ce déplacement, comme le précédent, soustrait l’œuvre de son lieu d’origine et produit une situation singulière : celle d’une absence à la fois concrète, symbolique et active.
À l’initiative de Karin Graff, quatre artistes : Fernande PETITDEMANGE photographie - Germain ROESZ, peinture - Mitsuo SHIRAISHI, gravure - Viktoria von der BRÜGGEN céramique, s’engagent dans un travail de création collective autour du chef-d’œuvre de Martin Schongauer. Le tableau de La Vierge au buisson de roses devient le point de départ d’une expérience inédite, humaine et artistique.
À partir de l’usage de leur médium respectif, les artistes dressent leur retable qui se réfèrent à sa forme originale, ses panneaux latéraux et son revers. S’y ajoute un travail sur la couleur, ainsi qu’une circulation entre les médiums : gravure, photographie, céramique et peinture. Le projet, en évolution permanente au cours de son élaboration : par ajouts, par contacts, par retraits, par simplifications, par correspondances et ajustements. Cette originale démarche collaborative ouvre le regard de chaque artiste sur le monde de l’autre et modifie la perception initiale. L’objectif demeure que l’œuvre collective produite porte en elle un horizon nouveau. Schongauer reste le référent pour l’iconographie et la précision picturale comme dans la mémoire collective et personnelle des artistes.
L’exposition de ces pièces a choisi d’investir plusieurs lieux symboliques colmariens. Deux retables sont à découvrir au Pôle Média Culture, un autre à la Bibliothèque des Dominicains. Bientôt deux autres retables viendront prendre place à la Collégiale Saint Martin.