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25 février 2026

Laurence Muller-Bronn
24/2/2026

C'était exactement il y a un an, je visitais Mélanie Maupas à Moulins. Cette jeune femme si courageuse, victime d'un vaccin Pfizer (le lien d'imputabilité entre l'injection et la maladie de Charcot a été reconnu par la pharmacovigilance).
Mélanie nous a quitté aujourd'hui à 36 ans.
J'adresse mes plus sincères condoléances à ta famille et à tous tes compagnons de malchance, de souffrance, de combat pour une reconnaissance. Que de jeunes vies brisées !
Au sein de l'association AAVIC Team que tu as fondé avec ton papa et Mathieu Dubois et qui compte presque 1000 membres, 95% des adhérents ne peuvent plus travailler et vivent avec des effets graves.
Ensemble nous étions au ministère de la santé, ensemble nous avons demandé du secours... sans réponse.
J'ai proposé une commission d'information sur le Covid long au Sénat , qui a été refusée.
Je serai samedi à Moulins dans l'Allier. Repose en paix chère Mélanie.


21 février 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Laurence Muller-Bronn
20/2/2026

Cardiologue, chercheur et ancien directeur de recherche au CNRS, Michel de Lorgeril est l’une des voix les plus critiques de la médecine contemporaine.
Médecine des vaccins: "Nous vivons dans un monde de mensonges et de dissimulation!"
Dans cet entretien sur Antithèse il revient sur les fondements de la preuve scientifique en médecine, la vaccination contre le Covid-19, la vaccination pédiatrique, la pharmacovigilance et plusieurs controverses sanitaires majeures, du Mediator à l’hépatite B. Il interroge également la notion de vaccination « altruiste », la question des adjuvants, et la frontière entre science, industrie et institutions.
Spécialiste des maladies cardiovasculaires, il développe enfin sa vision du cholestérol, du French Paradox et du rôle de la nutrition dans la prévention.
Un échange dense et sans détour, au cœur des débats scientifiques et médicaux de notre époque.
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Michel de Lorgeril est docteur en médecine, chercheur au CNRS, expert international en cardiologie et nutrition, membre de la Société Européenne de Cardiologie. Il a pratiqué dans les services de cardiologie des hôpitaux de Genève, Montréal et Lyon. Responsable des Laboratoires de cardiologie expérimentale de l'Institut de cardiologie de Montréal puis de l'INSERM à Lyon, il a été le principal investigateur de l'Etude de Lyon et le promoteur de concepts scientifiques comme le French Paradox et la diète méditerranéenne.

00:00 Intro
02:16 Présentation
04:30 L'essai randomisé en double aveugle
06:45 Les vaccins anti-Covid
11:35 La vaccination "altruiste"
15:00 Le vaccin contre la grippe
18:49 La rage et la fièvre jaune
21:30 La poliomyélite
23:30 Les typologies de vaccin
26:48 Pharmacovigilance et effets secondaires
32:51 Le scandale du Mediator
35:38 La vaccination pédiatrique
39:50 Vaccine Hépatite B et sclérose en plaque
42:40 Robert Kennedy Jr
46:00 La rougeole et la variole
52:28 Les maladies cardiovasculaires
55:17 La vaccination animale
58:17 Aluminium, adjuvants et vaccination infantile
1:03:17 Antivax ?
1:05:11 Cardiologie
1:08:05 Cholestérol, un grand bluff ?
1:14:50 The French Paradox
1:22:20 Diète méditerranéenne et nutrition
1:37:01 Épinglé par l'ordre des médecins
1:41:31 Carte blanche - un monde du mensonge
[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Henry Bonner
21/2/2026

Stellantis : bilan des pertes sur l’électrique

Stellantis, la maison-mère de Peugeot et Fiat, annonce 22 milliards d’euros de pertes sur la seconde moitié de 2025, essentiellement en raison de l’abandon des objectifs de ventes dans l’électrique.

En effet, le constructeur réduit la valeur des investissements en rapport aux voitures électriques.

Comme le montre le dernier rapport, l’entreprise estime à 14,7 milliards les coûts pour l’abandon de la production de modèles, en particulier dans les voitures électriques.

Le montant comprend 5,8 milliards d’euros de nouvelles dépenses de trésorerie, sur les 4 prochaines années, pour la relance des modèles thermiques.

En principe, l’entreprise met ainsi fin à l’erreur du tout-électrique. Elle prévoit des investissements dans les voitures thermiques, en raison de la demande chez les consommateurs.

La perte comprend aussi 2,1 milliards en rapport aux fournisseurs pour les voitures électriques, en particulier les projets d’usines de batteries.

Par exemple, le constructeur fait partie des partenaires dans Automotive Cells Company (ACC), un producteur de batteries pour les voitures électriques.

Or, ACC met fin à des projets de méga-usines en Italie et en Allemagne, selon une annonce de ce mois-ci.

De plus, l’entreprise prévoit 1,3 milliards d’euros pour des modifications à la production, dont les licenciements de personnel.

Provisions sur les garanties : soucis de qualité dans l’électrique

La perte de 2025 comprend aussi une hausse de 4,1 milliards des provisions pour les garanties des voitures aux consommateurs.

Le rapport fait allusion aux voitures électriques et les hybrides, comme source de hausse des provisions. Il cite en effet les “nouveaux motopropulseurs” comme causes de la dégradation.

De même, les données des assurances indiquent des hausses de coûts pour la réparation des voitures électriques.

En France, d’après Assurland, le coût de l’assurance atteint en moyenne 818 euros par an pour une voiture électrique, contre 735 euros pour les diesel.

Le problème vient des prix des pièces de rechange, en particulier la batterie.

La dégradation des composants explique aussi le rythme de chute de la valeur des voitures électriques sur le marché de l’occasion. Selon un courtier de voitures d’occasion au Royaume-Uni, les voitures thermiques conservent environ 50 % de leur valeur à neuf au bout de 5 ans, contre autour de 20 % pour les voitures électriques.


Les pertes de 22 milliards d’euros chez Stellantis font partie des conséquences de la conversion de force à la production de voitures électriques sans demande réelle chez les consommateurs.

La taille de la perte chez Stellantis et chez la plupart des constructeurs explique le changement de mentalités dans le secteur et le lobbying contre les quotas d’émissions.

En effet, après des illusions de gains grâce à une conversion à l’électrique, les constructeurs font des pertes dans la réalité, et veulent l’arrêt ou l’abandon du programme.

[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]

19 février 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

François-Xavier Bellamy
19/2/2026


Quelques enseignements après la lecture du rapport d’EDF sur la modulation, gardé secret jusqu’à cette semaine. Pourquoi ce sujet est-il si sensible et crucial, malgré son aspect technique ? Parce qu’il suffit à montrer l’absurdité coupable d’une politique qui continue, avec la PPE3 tout juste adoptée, de financer massivement l’ajout sur notre réseau d’énergies renouvelables intermittentes.
Pendant plusieurs décennies, notre mix électrique a reposé sur la complémentarité du nucléaire et de l’hydroélectricité, assurant longtemps à la France l’énergie la plus compétitive et décarbonée d’Europe. La plus stable aussi : ces sources d’énergie combinées savaient « moduler », c’est-à-dire adapter leur puissance en fonction des besoins, pour équilibrer le réseau. François Hollande et Emmanuel Macron ont rompu avec cet héritage en promettant de baisser la part de l’énergie nucléaire dans l’électricité française. Pour y parvenir, le projet poursuivi depuis près de quinze ans a consisté à déployer massivement des énergies renouvelables, éoliennes et panneaux solaires, en investissant des montants considérables d’argent public. Au nom d’un seul dogme : les renouvelables produisent une énergie « verte » qui répondra à l’augmentation des besoins.
Problème : loin des projections utopiques cultivées à Paris, la demande en électricité tourne plutôt à la baisse… L’effet brutal de la désindustrialisation du pays, additionné à des politiques d’incitation au gaz promues par ces mêmes dirigeants qui plantaient des éoliennes partout. Résultat : avec un trop-plein d’électricité renouvelable qui s’ajoute toujours chaque année au réseau, nos centrales doivent désormais moduler, non plus pour suivre les besoins des Français, mais pour s’adapter à l’intermittence ingérable de cette nouvelle production indexée sur la variabilité du soleil et du vent. Les réacteurs nucléaires savaient baisser leur production : désormais ils doivent s’arrêter, ce qui change tout. Comme l’écrit Cédric Lewandowski, patron du nucléaire chez EDF, « la modulation a changé de nature. » Entre 2019 et 2024, elle a déjà plus que doublé… À moyen terme, il faudrait, quand le vent et le soleil le voudront, que le parc nucléaire s’efface, faute de subir un jour en France le black-out qu’a vécu l’Espagne en avril dernier. Les Français auront alors financé deux réseaux pour que l’un soit à l’arrêt. Avec une stratégie aussi absurde, que personne ne s’étonne de voir les factures exploser, les foyers souffrir - et l’industrie s’anémier toujours plus, faisant encore baisser la demande en électricité : cercle vicieux.
Quelles sont donc les conséquences de cette nouvelle modulation sur le parc existant ? Usure accélérée de toutes les machines, explosion des coûts de maintenance (qui doublent eux aussi, atteignant 3,5 milliards d’euros par an), fin de vie probablement anticipée pour les centrales nucléaires, et problèmes majeurs pour l’organisation des équipes qui veillent chaque jour sur nos atouts industriels les plus stratégiques. Et tout cela pourquoi ? Parce que l’État a imposé aux Français de couvrir leurs paysages d’éoliennes, dont on mesure désormais par expérience qu’elles ne menacent pas seulement l’environnement et le patrimoine du pays, mais aussi la stabilité de son approvisionnement électrique, son industrie et son budget.
Que ce rapport sur la modulation ait été interdit de publication jusqu’à l’annonce de la PPE3, qui prolonge en fait cette logique, est une nouvelle faute démocratique dans un processus déjà pour le moins opaque. Les seuls acteurs qui ont à gagner dans le maintien du statu quo sont les entreprises qui continuent d’installer chaque année ces énergies renouvelables, avec un modèle bien huilé : les coûts sont publics, mais les profits privés. Lire le rapport d’EDF aujourd’hui, c’est comprendre que leur apport à notre modèle énergétique n’est pas seulement nul : il est en fait négatif. Je l’avais expliqué il y a plusieurs mois à l’occasion d’un débat dans l’Opinion avec le président du Syndicat des énergies renouvelables ; la preuve est désormais établie. Quel aveu qu’elle ne soit publiée qu’après un nouveau chèque en blanc offert à ce système de prédation massive.
La solution est dans un renversement complet de cette logique. Nous l’avions évoquée il y a plusieurs mois dans un texte cosigné avec Bruno Retailleau et Julien Aubert, et je l’ai répétée auprès de la mission Lévy-Tuot qui m’a auditionné récemment. Stoppons immédiatement tout financement public des énergies renouvelables. Redirigeons les 6 à 8 milliards d’euros dépensés pour cela chaque année – sans débat et sans vote – vers la stimulation de la demande en électricité, par le soutien à l’industrie et aux besoins des ménages. Préparons parallèlement de manière enfin concrète et résolue le nouveau nucléaire dont nous avons besoin. Ainsi, en nous libérant des fossiles dont les renouvelables intermittents nous tiennent en réalité prisonniers, nous gagnerons en pouvoir d’achat, en compétitivité industrielle, en efficacité environnementale, en sécurité d’approvisionnement, et en souveraineté nationale. Ce changement de cap est urgent.

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[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Monique Plaza
19/2/2026

CYBERATTAQUE MASSIVE : 1,2 millions de comptes bancaires français piratés

Bercy vient de confirmer une intrusion de grande ampleur dans le fichier FICOBA, qui recense tous les comptes bancaires ouverts en France.
Ce qui a été volé :
• Coordonnées bancaires (RIB/IBAN)
• Identité du titulaire
• Adresse
• Dans certains cas, l'identifiant fiscal
Comment est-ce arrivé ?
Un pirate a usurpé les identifiants d'un fonctionnaire ayant accès au fichier dans le cadre d'échanges entre ministères.
Le danger concret, c'est les faux prélèvements.
Avec un IBAN, un fraudeur peut se faire passer pour un créancier légitime et demander des prélèvements sur notre compte.
Il peut aussi souscrire des abonnements et services... payés par nous.


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17 février 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Guy de Lussigny
15/2/2026

Pourquoi les Français ne se révoltent pas (encore)


La France est en colère. Les sondages le montrent, les conversations privées le confirment, les urnes le murmurent à chaque élection. Colère contre la pression fiscale, contre le déclassement social, contre la perte de souveraineté, contre un pouvoir jugé arrogant et sourd. Et pourtant, rien. Pas de révolution. Pas de soulèvement massif. Pas même une contestation durable capable de faire plier l’exécutif. Comment expliquer ce paradoxe français : un peuple politiquement conscient, historiquement rebelle, mais aujourd’hui immobile ?

La réponse tient moins à une soudaine docilité qu’à une neutralisation méthodique de la colère.

La première raison est matérielle. Les Français souffrent, mais pas tous en même temps, ni de la même manière. La pression est diffuse, étalée, progressive. Inflation, fiscalité, normes, précarisation du travail, services publics dégradés : chaque coup pris isolément est supportable. Ensemble, ils épuisent, mais ne provoquent pas l’effondrement brutal nécessaire à une révolte collective. On serre les dents, on ajuste, on rogne, on tient. La société est sous tension, pas en rupture.

Ensuite, il y a l’État-providence. Même affaibli, même mal géré, il continue de jouer son rôle d’amortisseur social. Allocations, aides, subventions, reports, dispositifs exceptionnels : le système empêche la chute libre. Il maintient les individus juste au-dessus du seuil de rupture. C’est un filet de sécurité, mais aussi un anesthésiant politique. On souffre, mais on ne tombe pas assez bas pour se lever ensemble.

La deuxième raison est institutionnelle. La Ve République concentre le pouvoir exécutif d’une manière quasi unique en Europe. Une fois élu, le président dispose d’outils constitutionnels qui lui permettent de gouverner même contre une majorité sociale. Emmanuel Macron n’a rien inventé : il exploite pleinement un système qui permet de contourner le Parlement, de réduire le débat, et de transformer la contestation en bruit de fond. Le message est clair : manifester ne change rien, débattre ne change rien, voter change peu.

Ce sentiment d’inutilité est central. Les Français ne se révoltent pas parce qu’ils ont intégré l’idée que ça ne sert à rien. La rue ? Ignorée. Les syndicats ? Marginalisés. Les référendums ? Enterrés. Les élections ? Piégées entre un vote de rejet et un vote par défaut. Une révolution suppose l’espoir d’un résultat. Or aujourd’hui, la colère n’est pas accompagnée d’une perspective crédible de victoire.

La troisième raison est médiatique et culturelle. Le pouvoir n’a pas besoin de censurer brutalement. Il suffit de cadrer. Toute contestation est immédiatement disqualifiée : populiste, extrémiste, complotiste, irresponsable. Peu importe qu’elle vienne d’ouvriers, de cadres, d’entrepreneurs ou de fonctionnaires. Le procédé est efficace : il empêche la convergence. Personne ne veut être assimilé à une caricature. Alors chacun râle dans son coin, en silence ou à voix basse.

Les médias jouent ici un rôle ambigu. Le débat existe, mais il est verrouillé dans ses termes. On discute des modalités, jamais du cap. On admet des erreurs de gestion, jamais une erreur de trajectoire. On invite les mêmes experts, les mêmes profils, les mêmes raisonnements circulaires. Résultat : la contestation n’est pas supprimée, elle est diluée. Elle devient un bruit permanent, inoffensif.

Il y a aussi une raison psychologique profonde : la peur du chaos. La France a été travaillée par l’idée que toute rupture mènerait au pire. Guerre civile, faillite économique, isolement international, autoritarisme brutal. Cette peur est constamment entretenue. Le pouvoir se présente comme un rempart, même contesté, face à l’inconnu. Beaucoup de Français détestent la situation actuelle, mais la jugent moins dangereuse que ce qu’on leur décrit comme alternative.

À cela s’ajoute la fragmentation sociale. Il n’y a plus de « peuple » homogène, mais une mosaïque de statuts, de territoires, de modes de vie. Métropoles contre périphéries, salariés protégés contre indépendants, retraités contre actifs, public contre privé. Une révolution suppose une identité commune. Aujourd’hui, chacun se vit comme un cas particulier. La colère est réelle, mais elle n’est pas collective.

Le pouvoir a également appris à désynchroniser les conflits. Une réforme après l’autre, des sujets techniques, sectoriels, complexes. Jamais un choc global qui fédère tout le monde en même temps. Toujours une catégorie touchée pendant que les autres regardent, soulagées de ne pas être concernées. Cette stratégie empêche la cristallisation d’un mouvement unifié.

Enfin, il y a la fatigue. Une fatigue morale, civique, presque existentielle. Beaucoup de Français ont le sentiment d’avoir déjà tout essayé : voter, manifester, argumenter. Ils n’attendent plus rien. Ils se replient sur leur sphère privée, leur famille, leur travail, leurs stratégies individuelles de survie ou d’évitement. Ce retrait est souvent confondu avec de l’acceptation. C’est une erreur. C’est une résignation lucide.

Mais l’absence de révolte n’est pas un signe de stabilité. C’est un signe de déconnexion profonde entre le pays réel et le pouvoir. Les sociétés ne tiennent pas indéfiniment sur l’inertie et la peur. Quand la rupture survient dans ce type de configuration, elle n’est jamais organisée, jamais maîtrisée. Elle est déclenchée par un événement externe, un choc imprévu, dans un corps social déjà fragilisé.

La vraie question n’est donc pas pourquoi les Français ne se révoltent pas aujourd’hui. La vraie question est : jusqu’où peut aller un système qui gouverne sans consentement actif ? L’histoire montre que ce genre d’équilibre est toujours provisoire. Il peut durer longtemps. Mais il se termine rarement bien.

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14 février 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gastel Etzwane

- 14/2/2026 - On a parfaitement compris la manœuvre : l’obsession du président est de verrouiller les réseaux sociaux bien avant l’échéance présidentielle de 2027. Il faut absolument que le prochain locataire de l’Élysée demeure dans la sphère macroniste la plus orthodoxe, quelqu’un de totalement compatible avec les amis milliardaires, les cercles mondialistes et l’idéologie du « toujours plus d’Union européenne ».
Et surtout, il ne faut pas que les réseaux sociaux viennent perturber le scénario en informant librement les citoyens, en laissant circuler des vérités dérangeantes ou des voix qui ne passent pas par le filtre officiel.
C’est pour cela que Le Parisien, journal structurellement déficitaire, maintenu à flot par les apports d’un milliardaire réputé proche de l’Élysée, relaie cette ligne comme s’il s’agissait d’une grande avancée sociétale.
Ces médias détenus par des milliardaires ne supportent plus que l’information existe en dehors de leur canal. Ils ne font plus du journalisme, ils assurent un relais : on leur indique l’orientation, ils publient.
Sans les réseaux sociaux, on croirait encore qu’Epstein s’est « suicidé » après avoir simplement « fréquenté » quelques adolescentes, et que toutes les interrogations autour de lui relevaient du fantasme complotiste. Autour de cette affaire, sans les réseaux pour diffuser massivement les fichiers Epstein en 2026, Jack Lang serait toujours à la tête de l’Institut du monde arabe, et quantité d’autres responsables haut placés dormiraient encore paisiblement, après des comportements qui ne seraient jamais apparus au grand jour.
Sans les réseaux, on ignorerait également que l’« ingérence russe » en Roumanie relevait d’un parti parfaitement officiel ayant joué avec le feu en propulsant un candidat provocateur, sans aucune intervention venue de Moscou.
Et c’est précisément au moment où les citoyens prennent conscience que l’information officielle accumule les contre-vérités, tandis que sur les réseaux émergent des enquêtes brutes et courageuses, que le pouvoir se crispe et entend restreindre toujours davantage l’accès à l’information indépendante. Plus le contraste devient évident entre le récit institutionnel et la parole libre, plus la tentation de la censure s’accélère.
En clair : sans les réseaux sociaux, plus d’information citoyenne, brute, parfois chaotique, souvent courageuse. Seulement un mince filet d’information contrôlée, diffusé par des rédactions dépendantes.
C’est pour cela que le verrouillage s’intensifie. Non pour « protéger les enfants », mais pour préserver un monopole sur ce qu’il est permis de penser, et pour que les affaires dérangeantes demeurent enfouies jusqu’en 2027 et au-delà.


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13 février 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Nicolas Dupont-Aignan
12/2/2026

La publication de la PPE 3 va faire exploser le prix de l’électricité.
Ce décret ne fait qu’obéir aux intérêts économiques allemands qui veulent saborder notre atout nucléaire et aux lobbys des énergies renouvelables qui se gavent d’argent public.
- La multiplication des éoliennes en mer va coûter des milliards d’euros aux Français pour une productivité bien inférieure à celle du nucléaire.
- Nos paysages côtiers vont être défigurés au détriment de la pêche et du tourisme.
- L’accroissement des énergies intermittentes dans le réseau électrique va abîmer notre filière nucléaire en imposant des modulations coûteuses qui usent nos centrales.
Il y a urgence à quitter le marché européen de l’électricité et à arrêter l’implantation d’éoliennes afin de diviser par deux la facture d’électricité des Français.


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1 février 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gilles La Carbona

Cette ambiguïté entre les policiers et le peuple…


- 31/1/2026 - Les syndicats de police manifestent aujourd’hui pour dénoncer les conditions déplorables dans lesquelles ils exercent leur métier. Ils appellent la population à les soutenir. Mais un retour en arrière de quelques épisodes s’impose pour remettre les choses en perspective. Lorsque les agriculteurs ont crié leur détresse, quelle fut la réaction des forces de l’ordre ? Elles ont foncé, matraqué, fières de faire respecter les lois de cette République qu’elles disent défendre avec ferveur. Et voilà que soudain, elles découvrent que cette même République n’est ni aussi généreuse ni aussi reconnaissante qu’elles le pensaient. Pourtant, elles n’ont pas hésité à frapper, jusqu’à mettre en joue un paysan dans son tracteur.
On invoque les ordres, toujours les ordres. Certes, les policiers travaillent dans des conditions difficiles. Mais qu’ils se rassurent : contrairement aux agriculteurs dont la vie a basculé, détruite parfois avec leur concours, eux continueront à percevoir un salaire. Ils dénoncent des locaux vétustes, des bureaux mal chauffés et ils ont raison. Mais que dire des exploitations où ils sont allés protéger l’abattage des troupeaux, arrêter des travailleurs de la terre dont le seul tort était de crier leur désespoir, leur incompréhension face à une situation où l’absurde gouvernait en lieu et place du bon sens ? Il ne peut y avoir de soutien aveugle envers une profession qui se place systématiquement derrière le pouvoir sans interroger sa légitimité, oubliant même les termes de sa mission : veiller à la sécurité de la nation et des citoyens et non assurer la survie d’un pouvoir contesté par une large majorité.
Comment comprendre que ceux qui, hier encore, frappaient un peuple venu implorer compassion et soutien, se retournent aujourd’hui vers lui pour désigner ce même pouvoir comme responsable de leur misère ? Un peu de dignité, un peu de logique : on ne peut pas contribuer au maintien d’un pouvoir rejeté, devenu de fait illégitime et, dans le même temps, l’accuser lorsque la situation devient insupportable. C’est exactement ce que les agriculteurs énonçaient. Ils demandaient du soutien pour ceux qui assurent l’indépendance alimentaire du pays, sans laquelle une nation ne peut tenir debout. Leur appel a été ignoré, pire réprimé sans hésitation. Ce que demandaient aussi les Gilets jaunes, les non-vaccinés, les professions de santé et tant d’autres qui furent facilement matraqués… on se demande aujourd’hui, si leur regard a changé, s’ils considèrent toujours que le pouvoir en place mérite un tel dévouement et s’ils sentent qu’ils ont souvent été du mauvais côté de l’histoire. Au moment où l’une de leurs directrices générales s’est vue relevée de ses fonctions pour avoir choisi de ne pas faire cogner sur les agriculteurs.
Depuis le Covid, ses chasses à l’homme et ses excès de zèle, la Police n’est plus perçue forcément comme protectrice et des lois scélérates, comme celle de la possibilité de squatter des biens privés, ont conduit à ce que la Police ne protège pas la population, mais les délinquants. Ces délinquants qui bénéficient de tous les droits et qui n’ont pas intérêt à être abîmés lors d’une arrestation… ce pouvoir que les policiers contribuent à protéger, y veille de près. À un moment, il faudra sans doute choisir le bon côté de l’histoire, rester à la protection du peuple ou devenir la milice d’un pouvoir aux abois qui aura besoin d’eux pour contenir un peuple dont ils ne demandent la reconnaissance que lorsque leurs propres intérêts vacillent. Sans surprise, le soutien populaire n’est pas là. Même si tout le monde conçoit bien que la condition de policier s’est dégradée, une forme de défiance s’est installée avec ce peuple qui aimerait aimer sa police, mais qui lui reproche désormais ne ne pas choisir le bon côté de l’histoire et de prendre systématiquement le parti d’un pouvoir honni contre celui d’une population désormais en souffrance, qui rase les murs dans ses propres villes, qui est sacrifiée à la violence publique par le pouvoir, qui trouve peu d’écho face aux vols et aux insécurités quotidiennes, mais qui continue à être consciencieusement verbalisée pour de petits excès de vitesse par exemple.
L’armée doit être loyale au peuple, pas à Macron, disait le général Pierre de Villiers, les policiers aussi. Et alors qu’ils font face au manque de crédit, au mépris du gouvernement, tout en encaissant une forme de rupture d’avec le peuple qui les emploie et les paye, ils ont urgence, de plus en plus, à choisir, certes sous une forme légale, le camp de la nation et de ses habitants, plutôt que celui d’un pouvoir devenu un liquidateur de la nation et de ses habitants.

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[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Alexandre Legrand
31/1/2026

Les Français et les manifestations

Gilets jaunes : Français absents.
Personnels de santé : Français absents.
Éducation nationale : Français absents.
Agriculteurs : Français absents.
Pompiers : Français absents.
Policiers : Français absents.
Oui les Français absents de toutes les manifestations.
Mais depuis leur canapé, tous les Français se disent solidaires de toutes ces luttes.
Oui, pour eux, il faudrait que ça bouge.
Mais désolé, aujourd’hui j’ai piscine.
Telle qu’est devenue la France, si elle n’existait pas, il faudrait l’inventer.
Un peuple de poltrons, où la révolte a laissé place à l’inaction.
Un peuple qui se permet de râler, de dire que tout va mal, qu’il faudrait monter sur l’Élysée…
Oui, mais sans moi.
D’ailleurs, ce n’est pas de ma faute :
je n’ai pas voté Macron.
Voilà la France version 2026.
Huit ans que ça dure.
Huit ans d’attente, de résignation, de colère stérile.
Mais ils attendent 2027 pour faire bouger les choses.
Encore.


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27 janvier 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gastel Etzwane
26/1/2026

Le Conseil de l’Union européenne a approuvé une interdiction d’importation du gaz naturel liquéfié (GNL) russe à compter de 2027, ainsi que du gaz russe acheminé par gazoduc à partir du 30 septembre 2027.

Le Conseil de l’UE a précisé que les entreprises européennes qui contreviendraient à cette interdiction s’exposeraient à des amendes infligées par la Commission européenne pouvant atteindre 300 % du montant du contrat.
L’interdiction des importations de gaz russe à l’horizon 2027 ne met pas fin à la dépendance énergétique de l’Union européenne, elle en déplace simplement le centre de gravité. Privée d’alternatives internes abondantes et compétitives, l’UE organise une substitution de fournisseurs qui accroît mécaniquement sa dépendance à l’égard de pays tiers, au premier rang desquels les États-Unis, le Qatar, l’Algérie ou encore le Nigeria.
L’argument moral, souvent invoqué pour justifier la rupture avec la Russie, apparaît ici singulièrement fragile. On ne voit en effet pas en quoi le Qatar, monarchie autoritaire, dépourvue de libertés publiques effectives et régulièrement critiquée pour ses pratiques sociales et diplomatiques, serait intrinsèquement plus « fréquentable » que la Russie. La réalité est plus triviale : il ne s’agit pas d’un choix éthique, mais d’un alignement géopolitique, qui consiste à remplacer une dépendance par une autre jugée politiquement plus acceptable à Bruxelles, sans considération réelle pour la cohérence morale du discours tenu.
Sur le plan économique et social, les conséquences sont lourdes. Le recours accru au GNL, qatari en particulier, implique un gaz plus cher, plus volatil et soumis aux marchés mondiaux. Faute d’alternatives abondantes et bon marché, l’Union européenne sera conduite à accentuer la désindustrialisation des secteurs énergivores, déjà sous pression. Chimie, métallurgie, engrais ou matériaux de base deviennent progressivement incompatibles avec les coûts énergétiques européens, entraînant fermetures de sites et pertes de souveraineté industrielle.
Dans le même mouvement, l’UE n’aura d’autre choix que d’imposer des politiques de sobriété énergétique durables, présentées comme volontaires et vertueuses, mais relevant en réalité d’une adaptation contrainte à la pénurie. Cette sobriété ne traduit pas une montée en gamme du modèle européen, mais une réduction structurelle des capacités productives et des usages.
Enfin, une part croissante de l’ajustement sera transférée aux ménages, par le biais de prix durablement élevés, de factures énergétiques sous tension et d’un pouvoir d’achat durablement amputé. L’effort ne sera ni équitablement réparti ni démocratiquement discuté.
En définitive, il s’agit moins d’un choix stratégique que d’une adaptation forcée à la rareté, décidée au niveau européen sans consultation des citoyens. L’Union européenne agit ici contre l’intérêt matériel immédiat de ses populations, en organisant une dépendance accrue à des fournisseurs extérieurs dont la respectabilité morale est, au mieux, discutable, tout en faisant supporter le coût économique et social de cette politique aux peuples européens eux-mêmes.


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22 janvier 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Jean-Michel Gorsse


- 21/1/2026 - Le scénario que tout le monde redoutait est en train de se produire en ce mois de janvier 2026. Selon les derniers rapports (notamment de l'agence TASS et des services de renseignement ukrainiens), l’armée de Kiev est aux abois et tente désespérément de sauver ce qu'il reste de son infrastructure vitale.
L’Ukraine a officiellement lancé un appel à la Russie et à l’IAEA pour que les sous-stations électriques proches des centrales nucléaires ne soient pas bombardées.
La Russie ne vise pas les réacteurs directement, mais elle détruit les nœuds électriques qui les entourent.
Objectif : déconnecter les centrales du réseau national pour plonger tout le pays dans une obscurité définitive. Sans ces sous-stations, l'énergie nucléaire ne peut plus circuler.
La preuve de cette stratégie implacable ? La sous-station Kharkivska (330 kV) dans le quartier de Slobidskyi vient d'être pulvérisée par 4 missiles russes Tornado-S. Résultat, Kharkiv est une ville morte, sans lumière, sans eau et sans chauffage par un froid polaire de -20°C.
Le ton a changé à la présidence. Zelensky vient d'avertir les habitants de la capitale qu'une offensive russe massive est imminente. Il demande désormais aux habitants de quitter Kiev s'ils le peuvent, pour trouver refuge chez des proches ailleurs ou à l'étranger.
Après avoir promis la victoire, Zelensky semble aujourd'hui gérer la fuite de son peuple pour satisfaire l'agenda de l'OTAN, pendant que son pays devient invivable.
En ce 21 janvier 2026, la Russie a gagné la bataille de l'énergie. En blanchissant les zones stratégiques de toute électricité, Moscou transforme l'Ukraine en un désert technologique. Techniquement, un pays sans réseau électrique ne peut plus faire la guerre ni même faire vivre sa population. Le choix pour Zelensky est désormais simple : la reddition totale sous les conditions du Kremlin ou la disparition totale de l'Ukraine en tant qu'État fonctionnel. L'hiver n'est plus un allié, c'est l'arme de destruction massive de Poutine.

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17 janvier 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gastel Etzwane
17/1/2026

Groenland : le message de Donald Trump qui fait trembler l’Europe


Le 17 janvier 2026 à 11h19, Donald Trump a publié un long message détonnant.
En quelques paragraphes, le président américain y justifie des sanctions économiques contre plusieurs pays européens, affirme que la sécurité mondiale est en jeu au Groenland et rappelle le rapport de force qui lie l’Europe de l’Ouest aux États-Unis.
Ce texte, par sa longueur et sa clarté, permet de comprendre pourquoi Washington a choisi le levier économique pour répondre à une présence militaire européenne, même limitée, sur l’île arctique.
Donald Trump commence par affirmer que les États-Unis ont, pendant des décennies, « subventionné » le Danemark, les pays de l’Union européenne et d’autres États alliés en n’exigeant ni droits de douane ni compensation économique réelle.
Selon lui, ce déséquilibre n’est plus acceptable. Il écrit qu’« après des siècles », le moment est venu pour le Danemark de « rendre des comptes », car, affirme-t-il, « la paix dans le monde est en jeu ».
Il soutient que la Chine et la Russie convoitent le Groenland et que le Danemark serait incapable, seul, de faire face à cette menace. Il évoque l’existence de « chiens de garde » chargés de la protection de la zone, dont un aurait été ajouté récemment, mais estime que cette protection est insuffisante.
Le président américain affirme ensuite que seuls les États-Unis, sous sa direction, sont capables d’assurer efficacement la sécurité du Groenland. Il présente ce territoire comme une « terre sacrée » dont l’intégrité serait directement liée à la sécurité nationale américaine et, au-delà, à celle du monde entier. Le ton est sans ambiguïté : il ne s’agit pas d’un simple désaccord diplomatique, mais d’un enjeu stratégique global, tel que Washington le conçoit.
Donald Trump poursuit en dénonçant explicitement la présence au Groenland du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la Finlande.
Il affirme que ces pays s’y sont rendus pour des « objectifs inconnus » et décrit cette situation comme « extrêmement dangereuse » pour la sécurité, la stabilité et même la survie de la planète. Selon lui, ces États jouent un « jeu très dangereux » et prennent des risques qui ne sont ni tolérables ni durables.
C’est à partir de ce constat qu’il annonce des mesures économiques immédiates. À compter du 1er février 2026, tous les pays qu’il cite se verront appliquer une taxe de 10 % sur l’ensemble des biens exportés vers les États-Unis.
À partir du 1er juin 2026, cette taxe sera portée à 25 %. Donald Trump précise que ces droits de douane resteront en vigueur jusqu’à la conclusion d’un accord portant sur « l’achat complet et total du Groenland ».
Il rappelle ensuite que les États-Unis tentent d’acquérir ce territoire depuis plus de 150 ans et que de nombreux présidents s’y sont essayés, « pour de bonnes raisons », sans jamais obtenir l’accord du Danemark.
Selon lui, le contexte stratégique a désormais changé. Il invoque le développement du « Golden Dome » et de systèmes d’armes modernes, offensifs comme défensifs, qui rendraient nécessaire l’acquisition du Groenland. Il évoque des centaines de milliards de dollars investis dans des programmes de sécurité, y compris pour la protection potentielle du Canada, afin de justifier cette évolution.
Le message se conclut par une ouverture à la négociation. Donald Trump affirme que les États-Unis sont immédiatement disposés à discuter avec le Danemark et avec les pays concernés, tout en rappelant tout ce que Washington aurait fait pour eux pendant des décennies, notamment en leur offrant une protection maximale.
À la lecture attentive de ce message, un élément apparaît clairement : les sanctions économiques annoncées ne visent pas l’Europe en tant que telle, mais les pays occidentaux qui ont envoyé des militaires ou des observateurs au Groenland.
Dans l’esprit de Donald Trump, cette présence est perçue comme une ingérence dans une zone qu’il considère relever prioritairement de la sécurité américaine. Les droits de douane deviennent ainsi un instrument de pression politique, destiné à contraindre ces États à se retirer ou à s’aligner, sans passer par une confrontation diplomatique ou militaire directe.
Les réactions européennes n’ont pas tardé. Les gouvernements concernés ont dénoncé un chantage économique et une méthode jugée incompatible avec les relations entre alliés.
Tous ont rappelé que le Groenland « n’est pas à vendre » et que son avenir relève du peuple groenlandais. Mais derrière ces déclarations fermes, la prudence domine : aucune riposte économique d’ampleur comparable n’a été annoncée.
Cette retenue s’explique par une réalité plus profonde. Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe de l’Ouest s’est construite sous protection américaine. La sécurité militaire, le renseignement stratégique, la dissuasion, mais aussi le système financier international centré sur le dollar ont façonné une dépendance durable.
Ce choix, rationnel dans le contexte de la guerre froide, a eu une conséquence majeure : l’Europe n’a jamais développé une autonomie stratégique complète.
Aujourd’hui, cette dépendance est multiple.
Elle est militaire, puisque la sécurité européenne repose largement sur les capacités américaines.
Elle est financière, à travers le rôle central du dollar et l’extraterritorialité du droit américain.
Elle est économique, par l’importance du marché américain pour de nombreux secteurs.
Elle est enfin technologique, l’Europe ayant largement confié ses infrastructures numériques et ses technologies clés à des acteurs américains.
Ces dépendances se renforcent mutuellement et réduisent considérablement la marge de manœuvre politique européenne.
L’asymétrie est désormais évidente.
Les États-Unis peuvent se passer de l’Europe occidentale sur les plans militaire, financier et technologique.
L’Europe, en revanche, ne peut pas se passer des États-Unis sans accepter des coûts économiques et sécuritaires très élevés. Pour Washington, l’Europe reste surtout un vaste marché de consommation ; pour l’Europe, les États-Unis demeurent un pilier stratégique.
Le message de Donald Trump sur le Groenland n’est donc pas un simple coup de communication. Il agit comme un révélateur brutal d’un rapport de force ancien et déséquilibré. Les sanctions annoncées ne sont pas seulement économiques : elles illustrent un monde dans lequel l’allié historique n’hésite plus à utiliser la contrainte.
Le Groenland apparaît ainsi moins comme l’enjeu réel que comme le symptôme d’une question plus large : la capacité, ou l’incapacité, de l’Europe de l’Ouest à exister politiquement face à Washington.

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13 janvier 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Régis de Castelnau
12/1/2026

Pour le choix de l’héritier de Macron en 2027, la justice dans les starting-blocks


Petit point rapide, en attendant un article plus copieux, sur la dimension judiciaire du coup d’État en préparation pour choisir l’héritier (pas le successeur, l’héritier) d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle de 2027.

Par une décision illégale directement politique (je renvoie à mes articles de l’année dernière où je l’ai démontré) les magistrats avaient décidé de la jouer « no pasaran » pour Marine Le Pen, la fameuse néonazie qui mange les petits enfants. Et ont donc (fort démocratiquement, faut pas croire) décidé d’exclure la dirigeante du premier parti de France de l’élection principale de la Ve République. Je pense avoir démontré à cette occasion que la messe était dite, et que pour des raisons de procédure l’éligibilité de Marine Le Pen ne pourrait pas être restaurée, même si par miracle invraisemblable la cour d’appel décidait de la relaxer sans peine d’inéligibilité. Celle de première instance aurait continué à s’appliquer.

Rappelons que pour une affaire encore plus ancienne que celle du RN, les potes de Bayrou avaient été condamnés il y a deux ans. Bayrou était lui-même relaxé, ce qui avait provoqué l’éclat de rire de ceux qui connaissaient un tant soit peu le dossier ! Devant le scandale, Bayrou étant premier ministre en exercice à ce moment-là, le parquet avait dû quand même faire appel. Eh bien, figurez-vous que celui-ci n’est toujours pas audiencé. Et surprise, celui du RN vient de l’être neuf mois après le jugement de première instance. Comme pour les débuts de l’affaire Fillon, les magistrats savent être rapides quand il s’agit de rendre service à Macron.

Alors pourquoi cette accélération de la procédure ?

Pour une raison très simple. Tout le monde sait bien que, sous une forme ou sous une autre, l’inéligibilité de Marine Le Pen va être confirmée par la Cour. À la grande joie des imbéciles qui adorent faire de la politique par le juge interposé, car cela va lui donner une nouvelle légitimité à la disqualification et justifier une bonne fois pour toute sa mise hors course. C’est un des éléments essentiels du coup d’État prévu pour 2027. Parce que personne ne doit s’imaginer que le système va se soumettre aux aléas électoraux et aux humeurs du peuple français quand même ! Soyons sérieux. La présidentielle de 2027 sera truquée comme celle de 2017, même si ce ne sera pas de la même façon. Car il ne faut pas s’imaginer que ceux qui ont installé Macron au pouvoir vont se gêner.

Bardella alors ? Je répète, soyons sérieux.


Marine Le Pen liquidée, élection à laquelle Macron ne peut pas se représenter, reste quand même pour les grands intérêts un problème sérieux. Il faut pérenniser le système Macron et son caractère destructeur. Et le meilleur moyen, avant de choisir l’héritier, est d’abord d’écarter de la compétition les candidats qui pourraient être de rupture. Non pas qu’ils fassent vraiment peur, mais ce sont leurs électeurs qui inquiètent. Alors les militants du PNF se sont dit : « on ne sait jamais et deux précautions valent mieux qu’une ». Et au PNF, pour qui ose s’opposer à Macron, on s’inspire de Richelieu disant : « Donnez-moi six lignes écrites de la main de l’homme le plus honnête, j’y trouverai de quoi le faire pendre ». Donc en pratique si Bardella devient gênant pour le système, ni une, ni deux il sera liquidé. Concernant l’autre côté du spectre, c’est-à-dire Mélenchon, c’est déjà dans les tuyaux. En commençant par Sophia Chikirou au mois de mai prochain. Le patron de LFI, ce sera pour après. Les dossiers ouverts avec cette perquisition de 2018 continuent de mijoter à feu doux.

Ce qui est extraordinaire c’est que la justice ne fait même plus semblant, tout est devenu transparent.

La semaine dernière elle a condamné 10 clampins pour un soi-disant harcèlement à l’encontre de Brigitte Macron. Histoire de montrer qu’il est désormais interdit de critiquer Macron ou la fameuse « Première dame », parce que sinon c’est du harcèlement et que ça peut valoir un aller simple pour la taule. Et inéligibilité avec exécution provisoire, puisque ça, c’est devenu la routine.

Mais au fond c’est pratique. Pour savoir quel sera l’héritier de Macron en 2027, il suffit de regarder à qui la justice fout la paix la paix, puisque depuis Fillon c’est elle qui met en musique le choix du système. Attal ? Glucksmann ? En tout cas probablement pas Édouard Philippe. Car pour lui ça risque d’être compliqué. Il a l’air un peu brouillé avec Macron et comme il y a concernant la mairie du Havre, trois dossiers contre lui qui qui mijotent, il ne devrait pas aller loin.

Finalement, le trucage judiciaire des élections en Roumanie, c’était du travail de « petits joueurs ». En France nous avons de sacrés pros. Félicitations !


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12 janvier 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

H16
12/1/2026

En France, la télévision et la radio d’État ne valent plus tripette.

Oh, ce n’est pas une louange pour leurs équivalents privés dont le niveau général est globalement aussi mauvais, mais au moins ces derniers ne sont pas chèrement payés par les contribuables. En revanche, l’audiovisuel public mobilise des milliards d’euros et malgré ce financement public qui devrait l’astreindre à une qualité et une neutralité minimale, il s’enfonce tous les jours dans la propagande, la manipulation ou le mensonge pur et dur.


Ainsi, il aura fallu plus de douze jours pour que les rédactions de France 2 ou de France Inter fassent timidement part des troubles massifs qui secouent actuellement l’Iran. Peut-être ces rédactions trouveront-elles le culot d’expliquer leur silence par le peu de relais de la presse écrite française… Alors que cela montre surtout qu’ici encore, les subventions déversées – 200 millions d’euros – à cette presse franchouillarde minimaliste n’en garantissent pas non plus ni sa qualité, ni sa neutralité : elle achètent souvent le silence, rarement la compétence.

La semaine écoulée fut une excellente démonstration que l’argent public versé dans l’information, que ce soit l’audiovisuel ou la presse écrite, l’a été en pure perte : les « journalistes » français ont beaucoup « travaillé » sur la neige et ses désagréments, l’incendie en Suisse et des questions gouvernementales diverses, leur permettant de ne parler du reste du monde que de façon très rapide et superficielle.

De toute façon, la rédaction moyenne française a déjà largement expliqué ce qu’il fallait penser de la géopolitique internationale qui se résume par « Trump est idiot » ou « Trump est méchant ».


À présent, les radios et télévisions d’État ne s’occupent plus que des sujets qui ne fâchent pas, ou qui ne mettent pas en scène l’incompétence du régime macronien. Ils multiplient les analyses de la pluie et du beau temps, les faits divers majeurs, et se contentent du minimum syndical pour le reste.

En réalité, l’audiovisuel public n’est plus le quatrième pouvoir mais est devenu l’attaché de presse du régime en place. Il n’est pas là pour informer, mais déformer. Faits, angles, vocabulaire, opinions, tout est orienté. Comme toute propagande efficace, l’objectif n’est pas d’interdire de réfléchir, mais de fournir la pensée prête à l’emploi à ceux qui écoutent encore religieusement.

C’est cependant de plus en plus visible et grossier.

À tel point que fut tentée une Commission d’enquête parlementaire, formée suite notamment à la conversation – complètement ahurissante – entre Patrick Cohen, Thomas Legrand et des élus socialistes discutant des méthodes qu’ils envisageaient d’employer pour saboter la campagne électorale de Dati à la mairie de Paris. Cette commission devait aussi revenir sur les allégations pointées par la Cour des Comptes de dépenses abusives de la part de Delphine Ernotte, patronne de France Télévisions.

Bien sûr, il était entendu dans le milieu médiatico-politique que cette Commission d’enquête devait absoudre tout ce beau monde : les gueux n’ont pas à savoir comment la saucisse est fabriquée, comment est cramé leur pognon et si, par hasard, les uns et les autres jouent de connivences, ça ne doit pas s’ébruiter. Le peuple n’a pas à savoir, que diable !


Malencontreusement, le rapporteur de cette Commission – le député Charles Alloncle – a refusé de jouer ce jeu et a commencé (l’outrecuidant !) à poser des vraies questions, à chercher à comprendre pourquoi les connivences Cohen/Legrand/PS pouvaient continuer alors que, déontologiquement, cela nécessiterait des mesures fermes. Pire : il a été (l’impudent !) jusqu’à demander des comptes précis des dépenses de FranceTéloches, et devant les réponses vasouillardes d’Ernotte, a envisagé d’aller voir sur place.

C’en était trop !

Alors que les extraits des interventions d’Alloncle raflaient des centaines de milliers de vue sur X, que l’incroyable désinvolture des fonctionnaires et des célébrités du PAF était affichée à la vue de tous sur les réseaux sociaux, le système s’est rebellé.

Rapidement fut montée une campagne de communication contre Alloncle, le présentant – évidemment – comme un député d’extrême droite (facho ?) qui cherche la polémique (il pose des questions pertinentes, c’est absolument honteux !) et qui mène une enquête « à charge » scandaleuse !

Et alors que les Français se passionnaient de découvrir où passent les 4 ou 5 milliards d’euros de leurs impôts dévolus à l’audiovisuel public, vite, vite, il fut décidé qu’il fallait « apaiser » cette Commission comme l’expliquait Patrier-Leitus, son président (un député macroniste – le hasard fait toujours bien les choses en politique) : pour cela, elle fut mise en pause quelques semaines (disons un mois) et ne reprendra mi-janvier, que lorsque l’actualité aura balayé les auditions absolument désastreuses pour les Ernotte, Cohen et tout le tremblement audiovisuel public.

Pour faire bonne mesure, il fut aussi décidé d’interdire toute retransmission « en live » sur X, et – pour éviter tout nouveau dérapage (comprenez : que de vraies informations soient diffusées) – il fut décidé de museler Alloncle l’enquiquineur : fini les questions pertinentes « à charge ». On se contentera d’une eau à peine tiède pour notre Tisane Bondodo, merci.


Il y a quelques années, il était encore raisonnable de demander une rationalisation de toutes ces chaînes, pour se concentrer sur quelques radios et une paire de chaînes de télé sinon efficaces au moins suffisantes. Rapidement, il est apparu que ça ne suffirait pas : trop de gabegies, trop de mauvaises habitudes… La privatisation semblait donc une solution efficace.

Malheureusement, et cette Commission le prouve au-delà de tout doute, même faire un simple état des lieux relève de la gageure : tout le corps concerné se raidit pour garantir que rien ne changera. Peu importe la propagande, les biais, la désinvolture, « l’intendance suivra » et l’intendance, c’est le contribuable, n’est-ce pas…

Devant cette réalité, la seule solution valable consiste à une mise à l’arrêt, une dissolution pure et simple, et une vente des matériels et locaux au plus offrant.

Pour l’audiovisuel public, tout doit disparaître : quand la réforme est impossible, la suppression est inévitable.


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11 janvier 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Vincent Verschoore


- 7/1/2026 - Le motif central de la grève actuelle est la dépossession du peu de liberté thérapeutique encore accessible aux médecins, qui deviennent de facto des fonctionnaires de la santé, des robots distributeurs d'ordonnances sous surveillance permanente. Le patient humain disparaît au profit d'une collection de symptômes auxquels on opposera, sur une base statistique, une recette de "santé" prescrite par l'industrie qui produit les ingrédients de la recette.
On peut applaudir cette opposition des médecins à la logique iatrogène institutionnelle, mais on doit alors s'étonner qu'elle n'arrive que maintenant. Ils sont en effet les co-créateurs de la situation délétère actuelle où les 3/4 du pays sont de facto des déserts médicaux, où les barrages à l'entrée du métier créent l'insuffisance actuelle, où les formations initiales théoriques sélectionnent les forts en thème plutôt que les forts en soins, et où l'obéissance à l'autorité afin de préserver leurs propres privilèges est la norme plutôt que l'exception.
L'exemple du Dr Jérôme Marty me semble parlant : meneur du syndicat UFML, il est aujourd'hui en pointe contre la loi FLSS votée en décembre, mais lors de la séquence Covid il était en pointe contre toute désobéissance à la dictature sanitaire imposée par l'administration qu'il combat aujourd'hui. Pourtant la logique administrative iatrogène n'a pas changé, mais les intérêts des gens comme le Dr Marty ne sont peut-être plus aussi bien servis.
J'espère en effet que personne n'aura oublié les discours menaçants de gens ignobles se réclamant de la santé, de la démonisation des désobéissants, des incarcérations de masse, du racket policier, du cirque des masques en extérieur et de la grande opération de vaccination expérimentale de masse (et médecins piqueurs payés 900 euros par jour) ayant fait les fortunes de certains pendant que le "quoi qu'il en coûte", lui, nous enfouissait tous un peu plus dans le trou de la dette publique non soutenable.
Certains médecins courageux s'opposèrent à ces délires, mais ils furent lourdement sanctionnés par les autorités administratives et médicales, dont l'Ordre des médecins connu pour sa proximité avec les intérêts industriels.
Il y a toujours des exceptions mais, à mon avis, il ne faut pas compter sur le secteur médical pour défendre autre chose que son propre intérêt. Il s'opposera toujours à toute forme de médecine alternative susceptible de le concurrencer, à la simplification des formations, et s'accrochera à son monopole de la délivrance d'ordonnances, un péage dont il faut d'acquitter après parfois une longue attente, même si la valeur ajoutée par le médecin est de zéro.
Pour nous qui vivons loin des grands centres, pour lesquels il est devenu impossible de trouver un médecin traitant, ne restent que d'éventuelles connaissances dans le milieu et l'IA qui, expérience faite, sait lire un bilan sanguin et une description de symptômes au moins aussi bien que le doc lambda.
Donc oui, soutenons les médecins, mais sans illusions sur la suite car leur indignation s'arrête à leurs seuls intérêts. Pour beaucoup d'entres nous, utilisateurs marginaux et peu rentables de la chose médicale, ne reste que la démerde.

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10 janvier 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Stéphane Rozès
9/1/2026

Mitterrand a été, toute sa vie, animé par la volonté de se hisser à la hauteur de De Gaulle.


Il en fut l’antithèse sur les plans humain, moral et politique.
Responsable à Vichy, résistant de la 25ème heure, il sera resté fidèle à d’anciens collaborateurs jusqu’à la fin – Dalle, Bousquet, Leguay, Grossouvre ou Papon – et infidèle à des proches dans la difficulté, comme Bérégovoy, qu’il ne prenait plus au téléphone jusqu’à son suicide.
Il fit la courte échelle à Jean-Marie Le Pen pour diviser la droite et rester à l’Élysée.
Il entretint, aux frais de la République, sa double vie, quand le Général remboursait de ses deniers les repas de nature amicale ou familiale à l’Élysée.
Affirmant que la France était une “puissance moyenne”, il se sera évertué à ce qu’il en soit ainsi, en étant atlantiste et en noyant la France dans l’Europe.
Il aura fait preuve d’un cynisme accompli en faisant croire que l’Europe qu’il construisait à partir de l’Acte unique et du traité de Maastricht était “notre avenir”, pour dire, à la fin de sa vie : “Après moi, il n’y aura que des comptables.”
Effectivement, c’est lui qui a mis, avec le chancelier allemand Kohl, l’Europe et la France dans l’ornière néolibérale de l’UE, dans laquelle ses successeurs allaient s’enliser.
Trente-huit ans après, l’Europe sort de l’Histoire et la France est à terre.
Séguin et Chevènement avaient tout dit et tout annoncé lors de la campagne de Maastricht, qui fut notre Waterloo.
L’Histoire a remis les choses en place : Mitterrand n’atteint pas la cheville de De Gaulle.
L’un, par deux fois, aura sauvé la France ; l’autre aura mis en place le piège mortel dans lequel elle se débat aujourd’hui.
L’un aura quitté le pouvoir volontairement dès que les Français lui retirèrent leur confiance ; l’autre ne pensa s’y maintenir que le plus longtemps possible.

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9 janvier 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Natacha Polony


- 8/1/2026 - Il faut combien de suicides, combien de fermetures d’exploitations, pour que le sort de notre agriculture soit enfin mis au centre des débats ? Quand il y aura dix milliards d’êtres humains sur la planète, que l’alimentation sera un enjeu aussi vital que le sont aujourd’hui les terres rares et les micro-processeurs, croyons-nous vraiment que nous pourrons tranquillement faire venir d’ailleurs la nourriture que nous ne produirons plus ? Il en sera des fruits et légumes, du lait ou de la viande ce qu’il en fut des masques et des respirateurs au déclenchement de l’épidémie de Covid.
Il faut écouter les agriculteurs. Les quelques uns qui avaient réussi à atteindre Paris malgré les barrages et les confiscations de tracteurs l’expliquaient ce 8 janvier, sous la pluie glaciale, entourés par les cordons de CRS. Ils viennent du Lot-et-Garonne, du Tarn, de la Somme, de l’Aisne, ils sont céréaliers, maraîchers, éleveurs en polyculture. Et ils ne demandent qu’une chose : vivre de leur travail.
Les uns décrivent le flicage par des pouvoirs publics qui les considèrent comme des délinquants potentiels. La dernières nouveauté : la facturation numérique, qui va les obliger à payer une plateforme pour émettre leurs factures. Un intermédiaire de plus. Et plus généralement l’ensemble des contraintes numériques qui les oblige à fournir aux assureurs et à l’administration un nombre incalculable de données sur leur travail. Il y a en France des territoires perdus, dans lesquels la puissance publique ne pénètre plus, mais on espionne les paysans avec des drones pour savoir si, par hasard, ils n’auraient pas déplacé une haie de deux mètres.
Ils parlent aussi des difficultés de recrutement. Parce que récolter des asperges ou des fraises est éreintant. Jusqu’à présent, il fallait faire appel à des travailleurs bulgares. Mais ceux-là préfèrent maintenant travailler en Allemagne, où le salaire net est plus élevé.
Ils parlent de ces trois, quatre lois Egalim qui n’ont rien changé parce que les centrales d’achat de la grande distribution continuent à compresser les prix et tuer les producteurs au nom du « pouvoir d’achat » des Français dont on détruit les emplois.
Ils parlent de ces traités de libre-échange qui font entrer sur le territoire des denrées qu’eux n’ont pas le droit de produire au nom de la préservation de l’environnement. Bien sûr, on trouvera toujours des politiques et des médias pour expliquer que le Mercosur, ce n’est rien. « Un steak par an et par Européen ». Mais avant le Mercosur, il y a eu tous les autres, le Maroc, la Turquie, le Canada, la Nouvelle-Zélande… Ils sont à l’os. Il n’ont plus la moindre marge. Quelle autre profession accepterait de travailler à perte ! D’autant qu’en Europe, nos voisins n’ont pas les mêmes contraintes : frontières ouvertes et concurrence faussée. Et surtout, surtout, ne pas favoriser les producteurs français dans les commandes publiques : les politiques de tous bords auraient trop peur de passer pour de mauvais Européens…
Tous ceux qui sont là expriment leur dégoût de sentir qu’on ne fait semblant de les écouter que quand ils montent à Paris. Le reste du temps, il peuvent crever en silence. Alors, il appartient aux citoyens de leur faire savoir qu’ils ne sont pas seuls et que nous ne les laisserons pas mourir. Et il appartient aux politiques de prendre leurs responsabilités et de défendre enfin la production sur le sol français.

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4 janvier 2026

Le réveil de l’empire de l’Ouest

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIETE]

Radu Portocala
4/1/2026

En 1944, les troupes américaines qui avaient débarqué sur les plages normandes portaient dans leurs bagages un étrange cadeau pour la France : le Allied Military Government of Occupied Territories (AMGOT). Prévoyants, les gouvernants de Washington avaient même imprimé des billets de banque et avaient cherché à les mettre en circulation. La France était un territoire occupé et il ne pouvait être gouverné que par les États-Unis. « Nous userons du droit de l’occupant » avait dit Roosevelt, et il avait ajouté : « Je parlerai au peuple français à la radio et il fera ce que je voudrai. » La France était, donc, censée devenir une colonie américaine, le même sort étant réservé à l’Italie, la Norvège, le Danemark, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas.


Quelques heures seulement après l’enlèvement de Nicolas Maduro, des propos tenus par Donald Trump n’étaient pas autre chose que l’écho tardif du projet de Roosevelt pour la France. « Les Américains resteront en France jusqu’à ce que des élections libres y soient organisées » disait ce dernier. Et Trump de répéter : « Nous allons diriger le pays [le Venezuela] jusqu’à ce que nous puissions assurer une transition sûre. » Cela, que l’on applaudisse ou non au renversement de Maduro, s’appelle occupation. Il suffit de changer un seul mot au vieux projet : American Military Government of Occupied Territories.

Les menaces d’intervention formulées par Trump à l’égard du Mexique, de Cuba et de la Colombie ainsi que son affirmation – « La domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais mise en question » – laissent entrevoir un avenir mouvementé. La volonté de coloniser le Groenland et de faire du Canada le 51e État américain complètent le tableau d’une Amérique qui se lance (ou re-lance) dans la politique coloniale. Parce qu’il ne faut pas oublier que, pendant des décennies, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud ont été dirigées par des régimes installés par Washington et inféodés à Washington. On comprend donc qu’il ne s’agit pas d’un appétit nouveau et que Trump se contente de suivre la trace de ses prédécesseurs.

Certes, la rapidité avec laquelle il a annoncé que les sociétés pétrolières des États-Unis vont prendre position au Venezuela semble indiquer que le sous-sol du pays le préoccupe davantage que le sort de ses habitants. Il sera, d’ailleurs, intéressant de voir, durant les mois à venir, dans quelle mesure ce sort sera meilleur et dans quelle mesure les actuelles structures du pouvoir – ce qui implique les institutions répressives – vont se transformer. Vu la manière dont se sont achevées les diverses interventions américaines à travers le monde, il est logique de craindre que l’enthousiasme d’aujourd’hui devienne la désillusion de demain.

Depuis deux siècles, les États-Unis sont travaillés par une tentation impériale qui ne peut aboutir. L’actuelle administration, soupçonnée un moment d’isolationnisme, n’a pas pu résister aux attraits d’une tradition qu’elle espère probablement corriger. À tort, le « Make America Great Again » n’a pas été interprété comme une incitation géographique, tout comme, à tort également, la très rapidement exprimée volonté de Trump de changer le nom du Golfe du Mexique en Golfe d’Amérique n’a été prise que pour un signe de mégalomanie. La réalité est autre : une fois de plus, les États-Unis cherchent à se constituer un empire colonial. Ils réussiront peut-être, mais la question est autre : seront-ils en mesure de le conserver, alors que le noyau même est de plus en plus fragile, de plus en plus sujet aux déchirements ?

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