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2 septembre 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Potier Christian
31/8/2026

ÉDOUARD PHILIPPE : 28 ANS DE CARRIÈRE POLITIQUE POUR ÇA ? HEUREUSEMENT QU'IL A 28 ANS D'EXPÉRIENCE !


On nous le vend comme l'homme d'État, le sérieux, le costard bien taillé, le futur Président.
28 ans de carrière politique, de 27 à 55 ans ! Maire du Havre en 2010, Premier ministre de 2017 à 2020, chef de son petit parti Horizons, et maintenant candidat à la Présidentielle 2027.
28 ans pour en arriver là ? HEUREUSEMENT QU'IL A 28 ANS DE CARRIÈRE !
Parce que quand il était Premier ministre, avec 660 collaborateurs à Matignon, il nous a fait QUE DES CONNERIES !
On fait la liste, chef ?
⇨ LES GILETS JAUNES : C'est lui qui allume la mèche ! C'est sous Philippe que la taxe carbone explose, que le peuple se soulève, que la France est mise à feu et à sang tous les samedis. Sa réponse ? Des LBD, des grenades, des yeux crevés !
⇨ LES 80 KM/H : L'idée la plus conne de la décennie ! Une mesure punitive contre les ruraux, contre les travailleurs, qui n'a sauvé aucune vie mais qui a rapporté des millions par les radars ! Et il en était fier !
⇨ LA RÉFORME DES RETRAITES : C'est lui qui commence à vouloir nous faire bosser jusqu'à 67 ans ! Le fossoyeur de nos retraites, c'est Philippe avant Macron !
⇨ LE COVID : Masques inutiles, puis masques obligatoires, confinements absurdes, attestations pour sortir acheter du pain ! Le champion du "en même temps" qui enferme 67 millions de Français pendant que les avions continuent d'arriver de Chine !
Avec 660 collaborateurs, 660 cerveaux à son service, voilà le bilan ! OÙ EST SA MATIÈRE GRISE ? TOUTES SES LUMIÈRES NE SONT PAS ALLUMÉES EN HAUT !
Un Premier ministre qui n'a jamais travaillé dans le privé, jamais créé un emploi, jamais connu le SMIC ! 28 ans à vivre sur le dos du contribuable, de cabinet en mairie, de mairie en ministère !
Et il y a un seul domaine où il est HEUREUX COMME UN POISSON ROUGE DANS L'EAU : L'IMMIGRATION !
Là, tout s'allume ! Là, il est brillant ! Davantage d'étrangers, de régularisations, d'accueil ! Tout comme ses copains Borne, Attal, Castex, Lecornu... Son leitmotiv, c'est les autres, jamais les Français !
Les Français qui souffrent ? Il s'en fout !
Les Français qui n'arrivent plus à se loger à cause de la submersion migratoire ? Il s'en fout !
Les Français qui voient leur école, leur hôpital, leur quartier s'effondrer ? Il s'en fout !
Son seul projet, c'est le Grand Remplacement de la population par une immigration massive, pour faire plaisir à Bruxelles et au MEDEF !
28 ANS DE CARRIÈRE POUR FINIR COMME ÇA ? UN GESTIONNAIRE MÉDIOCRE, UN MONDIALISTE SANS ÂME, UN HOMME QUI A OUBLIÉ LA FRANCE ET LES FRANÇAIS !
La France n'a pas besoin d'un fonctionnaire qui a passé 28 ans à nous punir. Elle a besoin d'un patriote !
NON MERCI, ÉDOUARD ! RENTRE AU HAVRE !

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31 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Anne Mansouret
31/8/2026

INTERDICTION DU VOILE ISLAMIQUE ?


Ma proposition est à la fois lucide, objective et pragmatique :
- Dans un premier temps, revenir à l’esprit de la loi de 1905 sur la laïcité républicaine française, à savoir qu’il n’est pas autorisé d’arborer des signes ou des symboles « ostentatoires » de sa religion, quelle que soit cette religion.
- Interdire conséquemment dans l’espace public tout signe d’appartenance à une communauté religieuse : kippa, croix ou étoiles de David ostensibles, turban, kesa, qamis ou autre tenue vestimentaire religieuse traditionnelle...
- Ok, mais comment faire ?
Taxer d’une amende le port du voile est ingérable.
En revanche, demander les papiers d’identité de la femme ou de l’homme en infraction est parfaitement possible et facile à mettre en œuvre...
Conséquemment, il est très possible et parfaitement efficace de lui retirer son titre de séjour sur le champ, si il ou elle est de nationalité étrangère ; et ses aides sociales non contributives (CAF, APL etc.) si il ou elle est de nationalité française. Les deux mesures étant évidemment cumulables.
Tout cela est envisageable par simple décret.
Je termine en rappelant :
Que je suis d’origine iranienne, donc musulmane, immigrée en France à l’âge de 11 ans, en 1956. Naturalisée française à 21 ans en 1966… Résidente et contribuable en France. Élue de gauche de 2001 à 2015 et officier de la Légion d’honneur.
Et que je revendique sans aucun problème le qualificatif d’islamophobe…
Car précisément, connaissant très bien la religion, la culture et les mœurs musulmanes, j’en perçois les dangers pour la France, pour l’Europe et pour notre civilisation judéo-chrétienne occidentale.

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30 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Luc Ferry

Oui, l'IA peut nous asservir

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28 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

H16

L’été 2026 a prouvé que les écolos ont tout faux

Il faut toujours faire attention à l’environnement : on ne sait jamais d’où il va attaquer. Son ironie mordante a même poussé certains à mourir de chaud dans des appartements superbement isolés pour l’hiver…

Le 25 juin dernier, la France enregistrait une canicule historique. Dans la foulée, Santé publique France comptabilisait 5.764 décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit +36 %, concernant très majoritairement les plus de 65 ans. Dans cette période, les décès à domicile ont grimpé d’environ 40 %.

La presse a été fort discrète sur le fait que beaucoup de ces morts à domicile l’ont été dans des logements que le DPE avait très soigneusement notés pour l’hiver : on estime pourtant qu’environ un tiers des logements classés A au DPE (et jusqu’à 37 % de ceux classés « Bon » en confort d’été) se transforment en véritable bouilloires thermiques dès que le mercure grimpe, comme le montre cette analyse de l’ADEME.

Les autorités sont prises par surprise : il apparaît que l’isolation, conçue pour garder la chaleur, la garde aussi l’été !


Malgré ce constat, la machine bureaucratique lancée à pleine vitesse depuis des années sur l’isolation à tout prix et une protection coûte que coûte de l’environnement continue donc avec un discours de plus en plus décalé avec la moite réalité : surtout, les enfants, ne versez pas dans la facilité de la climatisation ! Elle constituerait à l’évidence une « maladaptation » ! Les écologistes et une partie de la gauche insistent : surtout pas de généralisation, cette climatisation « augmenterait les dégâts » !

Moyennant quoi, les EHPAD restent largement dépourvus de chambres climatisées avec comme résultat, une moisson de vieux morts chez eux ou à l’hôpital, pendant que l’on débat savamment de sobriété énergétique.

Cette lamentable histoire de climatisation n’est d’ailleurs qu’un des fruits de la saison ; dans les champs, la même logique a déjà fait son œuvre.

Rebaptisées « mégabassines » par des opposants jamais en mal d’utilisation de préfixes comme « turbo », « méga » ou « ultra » en lieu et place d’arguments solides, les retenues d’irrigations agricoles ont été consciencieusement bloquées pendant des années par des recours et des décisions de justices de plus en plus ridicules, laissant l’agriculture française sans réserve d’eau quand la sécheresse a frappé.


Cette année, 40 à 50 % du maïs potentiellement produit est d’ores et déjà perdu selon la FNSEA ; le ministère de l’Agriculture chiffre de son côté une baisse de 35 % de la récolte, au plus bas depuis 1980. Les laitues, les jeunes pousses et certains légumes ont commencé à disparaître des étals, avec des hausses de prix parfois spectaculaires.

La raison est simplissime : là où l’Espagne dispose de près de 22 milliards de m³ de stockages déployés en 25 ans, la France n’a fait sur la même période qu’un effort microscopique (moins de 10 millions de m³) ce qui explique les atermoiements actuels. On stocke trop peu d’eau en France, et ce n’est pas faute d’avoir été prévenus.

Chaque projet de retenue se heurte à la même litanie : gnagna privatisation de la ressource, gnigni atteinte aux zones humides, « accaparement » et « vilain capitalisme » d’une (méga)agriculture industrielle forcément intensive.

Bilan : aujourd’hui, les nappes sont basses, les cultures grillées, et les prix alimentaires montent. On a tellement bien « protégé » l’eau que c’est à présent la sécheresse agricole. Charmante réussite.

Ce serait suffisant pour s’arrêter et réfléchir, mais la (turbo ?)écologie de combat ne s’arrête pas là : il y a aussi les forêts.


Des obligations légales de débroussaillement existent, mais se heurtent régulièrement à la protection des espèces. Le Conseil d’État a rappelé en février 2026 qu’aucune présomption générale ne dispensait d’une dérogation dès qu’un risque caractérisé pesait sur des espèces protégées (tortue d’Hermann, pie-grièche et consorts, comme l’a salué la LPO).

Comme pour les bassines, les travaux indispensables sont retardés, compliqués, parfois rendus impossibles dans les périodes critiques.

On se souvient encore du massif des Maures en 2021, où l’impossibilité de débroussailler mécaniquement pour ne pas déranger les tortues s’était soldée par plus d’une centaine d’entre elles carbonisées dans l’incendie, un épisode pas suffisamment rappelé dans le débat actuel.

On a protégé les nichées au point de laisser le combustible s’accumuler, et les nichées ont fini grillées, ainsi que le reste de la faune et même des habitations : 90 % des constructions détruites lors des feux de forêt se trouvaient sur des terrains non ou mal débroussaillés, selon les campagnes officielles du ministère.

Là encore, c’est une franche réussite de l’écologie appliquée.

Ce schéma se répète, avidement.

L’éolien, présenté comme la solution décarbonée par excellence, se heurte à son intermittence structurelle : quand le vent tombe, des moyens pilotables prennent le relai, ce qui revient à solliciter des centrales à gaz, exactement le type de production que l’on prétendait remplacer. Le réseau doit en permanence compenser des variations de plusieurs gigawatts en quelques heures, ce qui complique l’équilibre et renchérit le système. Pendant ce temps, la « filière hydrogène » continue de brûler des centaines de millions d’euros publics dans des projets dont la viabilité économique et technique reste, pour l’instant, purement théorique.


On pourrait multiplier les exemples, et à chaque fois retomber sur le même schéma : une mesure présentée comme protectrice, une réglementation minutieuse, des recours, des principes, et au bout du compte l’effet exactement inverse de celui affiché.

On isole pour l’hiver et l’on crée des fours. On refuse la climatisation et l’on laisse mourir les personnes âgées. On empêche de stocker l’eau et l’on assèche les cultures. On protège les nids et l’on carbonise les animaux. On installe des éoliennes intermittentes et l’on se retrouve à cramer du gaz.

Le dogmatisme écologique n’est pas seulement inefficace mais il est véritablement destructeur : confronté à la réalité, cet écologisme de combat s’est fait démonter, éparpiller façon puzzle, montrant sa complète inanité et sa véritable toxicité.

Mais pendant que les prix des légumes s’envolent, que les statistiques de mortalité s’alourdissent et que les massifs partent en fumée, on continue d’entendre parler de « transition », de « sobriété » et de « respect du vivant ». Ces mots ont désormais le même goût que les laitues de plus en plus rares des étals : amers et coûteux.

Les Français qui ont cautionné ces choix stupides en subissent maintenant les conséquences. Espérons (naïvement ?) que ces expériences lamentables leur cuisent suffisamment le cul pour les sortir de leur transe suicidaire.

Il est plus que temps.


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26 août 2026

Phil Umbdenstock

Elles sont partout sur les murs de nos villes et villages, que ce soit pour annoncer une fête des voisins, un carnaval ou une rando pédestre. Les affiches générées avec l’IA donnent l’illusion de la créativité mais répliquent les mêmes codes visuels.
Ce nouveau système graphique va-t-il changer notre rapport à l’authenticité ? Ces affiches prennent-elles la place des graphistes ? Sont-elles efficaces visuellement ? Les réponses avec Thomas Prouvost, Mathilde Zaragoza et Max Bonhomme.

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24 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Georges Kuzmanovic
23/8/2026

AMFIS 2026 : Mélenchon entre en campagne et promet une VIe République écologique, sociale et populaire

Lors des AMFIS 2026, dans la Drôme, Jean-Luc Mélenchon a lancé sa bataille présidentielle autour de l’écologie, de la justice sociale et de la refondation de l’État. Un projet ambitieux, mais où la question de la réindustrialisation, de l'international et de l'Union européenne sont largement absents

Jean-Luc Mélenchon, discours de clôture des AMFIS2026, Châteauneuf-sur-Isère, 23 août 2026 © Image tirée de la vidéo du discours

Les AMFIS de La France insoumise se sont déroulés près de Valence dans la Drôme, du jeudi 20 au dimanche 23 août. Quatre jours de débats, de formations et de rencontres au bord du lac de Châteauneuf-sur-Isère, avec une l'ambition de lancer véritablement la bataille de l’élection présidentielle de 2027.
LFI revendiquait cette année 23 sessions de formation, 79 conférences, sept « temps forts », huit grands entretiens et une importante programmation culturelle. Le mouvement avait annoncé plus de 4 000 inscrits dès la fin juillet, puis quelque 7 000 participants, tandis que les organisateurs revendiquent plus de 10 000 personnes pour le meeting final.
Si ce chiffre est difficile à vérifier, il apparaît clairement que le public militant était au rendez-vous en nombre et que LFI a rassemblé ses forces avant la confrontation présidentielle de cette année, offrant à voir un de ses atouts constitué au fils de trois présidentielles : sa force militante justement.

Pour Jean-Luc Mélenchon, l’objectif est désormais limpide, s’imposer comme le candidat naturel de la gauche et parvenir, après avoir échoué à quelque 420 000 voix du second tour en 2022, à franchir cette fois l’obstacle. Comme à son habitude, il ne veut entendre parler d’aucune « primaire de la gauche » – on peut d’ailleurs lui reconnaître que ce type d’exercice a souvent davantage produit de divisions que d’unité et se soit avéré stérile – et considère que la question doit être tranchée directement par les électeurs. Sur son chemin se trouvent donc d’abord les autres candidats déclarés ou potentiels de gauche. Fabien Roussel, François Ruffin, désormais tricard chez les Insoumis – ces deux là seront immédiatement et en priorité attaqués. Raphaël Glucksmann, mais aussi l'hypothèse François Hollande, éternel adversaire idéologique et personnel de Mélenchon... avec ce clin d'œil de l’histoire que c'est en participant à la constitution du Nouveau Front Populaire en 2024, Mélenchon a contribué de facto aux conditions qui ont permis à l’ancien président de retrouver un siège de député et, avec lui, une place dans le jeu politique national.

Des AMFIS tournés vers 2027

Tout, à Châteauneuf-sur-Isère, respirait la présidentielle. Des maillots de football « Mélenchon 27 » étaient vendus sur place et le mouvement a multiplié les appels aux « parrainages citoyens », tout en préparant déjà la véritable bataille des 500 signatures d’élus nécessaires pour accéder au scrutin. Dans le meeting de clôture, les animateurs ont ainsi lancé un défi, celui de dépasser les 350 000 soutiens citoyens et mobiliser les militants afin qu'ils démarchent les maires. « Nous avons un programme, nous avons une équipe, nous avons un candidat », résumait-on à la tribune avant l’arrivée de Mélenchon.

Ces AMFIS ont cependant été davantage qu’un simple rassemblement militant. LFI cherche depuis plusieurs années à construire autour d’elle un véritable écosystème politique et culturel. Économistes, universitaires, écrivains, artistes, militants écologistes et responsables associatifs ont participé aux débats. Frédéric Lordon, Pierre Lemaitre, Éric Vuillard ou encore Didier Fassin figuraient notamment parmi les invités annoncés, tandis que l’Institut La Boétie – structure fondée par la France Insoumise pour rassembler les compagnons de route, comme boîte à idée et comme source de financement – occupait une place importante dans le dispositif.

Le meeting final lui-même a été construit pour illustrer cette volonté d’agrégation. Avant Mélenchon sont intervenus des représentants du monde culturel et militant, dont l’écrivain Pierre Lemaitre et l’activiste écologiste Marie Chourau. Cette dernière a défendu une écologie explicitement « anticapitaliste », « antiraciste » et « antifasciste », réclamant notamment un moratoire sur les mégabassines et certains grands projets d'infrastructures, la lutte contre l’artificialisation des sols et une remise en cause de l’agro-industrie.

« La victoire est possible »

Puis Jean-Luc Mélenchon monte à la tribune avec un message central, « La victoire est possible », soulevant fort logiquement l'enthousiasme des militants présents. Il présente l’élection de 2027 comme un moment de bascule historique et reprend l’une de ses constructions politiques favorites, la bipolarisation du pays entre un « pôle populaire » qu’incarnerait LFI et un bloc adverse réunissant progressivement le centre, la droite et l’extrême droite. « C'est eux ou nous. Il n'y a rien au milieu ».
C'est largement une extrapolation marquant surtout la volonté de Mélenchon de fixer l'attention de l'élection présidentielle sur ce second tour idéalisé, la réalité du pays est celle d'une tripartition de la vie politique avec un bloc central – ou plutôt extrême centre néolibéral, atlantiste et européiste – que là encore, Le Nouveau Front Populaire a contribué à sauver, en particulier les députés macronistes. Par ailleurs, le RN dispose, lui aussi, sinon plus encore, d'un vote populaire sociologiquement identifié.

Mélenchon refuse explicitement de faire du nombre de candidatures à gauche le problème central. Selon lui, l’histoire montre qu’il y en eut beaucoup, y compris lors des victoires de 1981 et 1988. « Ce qui compte et qui est le plus important, ce n'est pas le nombre de candidatures, c'est le nombre d'électeurs », explique-t-il. Son objectif n’est donc pas l’unité préalable des appareils mais une « unité populaire » réalisée directement dans les urnes autour d’un programme de rupture.
Cela a le mérite de la clarté, d'autant que Jean-Luc Mélenchon est un tribun accompli qui n'a rien perdu de sa verve et de son talent oratoire, clairement le meilleur et de loin, relativement à tous les autres candidats déclarés ou supposés.

C’est aussi une manière de signifier à ses concurrents qu’il n’entend négocier ni sa candidature ni l’essentiel de son programme.

Censure du budget 2027 et relance par la demande

Sur l’économie, Mélenchon commence par l'annonce d'une bataille politique immédiate, en annonçant que les députés insoumis censureront le gouvernement de Sébastien Lecornu sur le budget 2027, estimant que les nouvelles réductions de dépenses promises précipiteraient une économie française déjà « sur le fil du rasoir de la récession ».
Certes, le budget que présentera Lecornu sera aux antipodes idéologiques des Insoumis, mais... la manœuvre est aussi habille : Mélenchon, entre les lignes, annonce que ceux qui ne voteront pas cette motion de censure annoncée, et en premier lieu les députés socialistes, se feront les défenseurs d'Emmanuel Macron et de son gouvernement. Soit ces députés votent contre la motion de censure, sauvent Lecornu et se discréditent complètement pour la suite de l'élection présidentielle (« coucou François Hollande »), soit ils la soutiennent et se rangent symboliquement derrière Mélenchon et les Insoumis qui mènent la bataille – et pour la prochaine élection législative, il ne fera pas bon, à gauche, de s'être opposé à Mélenchon.

Face à la dette et au déficit, il récuse l’austérité et promet au contraire de « remettre de l’ordre dans les comptes publics » par une politique de recettes nouvelles et de relance. Il veut faire davantage contribuer les grandes fortunes et les multinationales, taxer les superprofits, supprimer certaines niches fiscales, augmenter les salaires pour relancer la consommation populaire et soutenir l’investissement. Il reprend également sa proposition de placer certaines dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne « au congélateur », en commençant par les dettes accumulées pendant la période du Covid.

Les principales propositions ou orientations avancées pendant le meeting peuvent ainsi être résumées :
• censurer le projet de budget 2027 du gouvernement Lecornu ;
• accroître l’imposition des grandes fortunes, des multinationales et des superprofits ;
• augmenter les salaires afin de soutenir la consommation populaire et l’activité ;
• supprimer des niches fiscales considérées comme inefficaces ou « prédatrices » ;
• demander à la BCE de neutraliser une partie de la dette publique, notamment celle héritée du Covid ;
• généraliser une véritable planification écologique ;
• produire en France des bombardiers d’eau et renforcer les moyens de la sécurité civile ;
• créer une « conscription écologique » alimentant une réserve mobilisable en cas de catastrophe ;
• transformer les régions actuelles en « écorégions », organisées principalement autour des bassins versants ;
• confier à ces écorégions des compétences sur l’eau, les forêts, les sols, les littoraux, les mobilités, l’économie circulaire et la santé environnementale ;
• reconstruire un État républicain stable et impartial et limiter les passages des hauts fonctionnaires vers le privé ;
• instaurer la VIe République, le référendum d’initiative citoyenne et le référendum révocatoire.

Programme plutôt cohérent, même si, comme avec le programme du Nouveau Front Populaire en 2024, il n'apparaît pas clairement comment « accroître l’imposition des grandes fortunes, des multinationales et des superprofits »... Quarante années de néolibéralisme, de libre-échange, de paradis fiscaux, et d'évolution des outils informatiques et numériques rendent cet objectif déclaratif quasiment impossible à réaliser dans ces termes.

Jean-Luc Mélenchon est aussi resté étonnement assez réservé sur le nucléaire, qui n'est cité qu'une seule fois dans le discours, alors que dès 2018, et dans le but de pouvoir coopérer avec les écologistes d'EELV, la France Insoumise se donnait comme objectif de sortir totalement du nucléaire. La crise énergétique, aggravée par les guerres d'Ukraine et d'Iran, est passée par là, et puis, Jean-Luc Mélenchon qui veut « en même temps » conserver la dissuasion nucléaire sait fort bien qu'il n'y a pas de nucléaire militaire sans nucléaire civil – une petite contradiction que la dissonance cognitive naturelle du militant obère. Donc une petite entaille contre le nucléaire qui fait plaisir au petit cœur du militant EELV moyen présent en force aux AMPHIS2026 : « Voyez le nouveau programme nucléaire de monsieur Macron. Comme si le problème du refroidissement des centrales et la baisse des débits des cours d'eau n'existaient pas. que de temps, que d'argent perdus pour les énergies renouvelables »... oubliant les investissement massif sous Macron dans les énergies renouvelables (et à mauvais escient) et ignorant les centrales au Thorium, projet abandonné par son ennemi François Hollande, alors Président et là encore pour complaire à EELV. Clin d'œil de l'histoire, la Chine, que Jean-Luc Mélenchon admire, développe, elle, et à bon escient, des énergies renouvelables (en fait autant que le reste de la planète), mais aussi... des dizaines de centrales nucléaires dont deux centrales au Thorium dans des zones arides, comme le désert de Gobi, car cette technologie ne nécessite pas de refroidissement par eau.
Ce n'est pas avec Mélenchon Président que le nucléaire français sera relancé, ni donc son indépendance énergétique.

Une gauche de transformation… mais où est passée la production ?

On ne s'étonnera pas de ma lecture républicaine, sociale, gaullienne, aussi marxiste, du discours de Jean-Luc Mélenchon qui fait apparaître à la fois sa force et sa principale faiblesse.

Il faut d’abord reconnaître à Mélenchon une conception de l’État beaucoup plus structurée que celle d’une large partie de la gauche contemporaine. Son attaque contre le démantèlement néolibéral des administrations, la privatisation rampante des missions publiques, le recours aux cabinets de conseil, le pantouflage ou l’idée d’un spoils system à l’américaine touche à une question fondamentale, celui d'un État qui n’est pas seulement une machine administrative, mais l’instrument par lequel la nation transforme une volonté politique en action collective – il y a là chez Mélenchon de la grandeur et une vision, si rare chez les autres candidats. Mélenchon le dit d'ailleurs presque dans ces termes, l’État a historiquement permis à la nation française de devenir « une conscience collective, une volonté collective ».

Cette conception peut rencontrer une tradition républicaine et même, sur certains aspects, gaullienne avec la primauté de l’intérêt général, la continuité de l’État, l'indépendance de la haute fonction publique, le refus de sa capture par les intérêts privés et restauration de capacités de planification. Sa critique du spoils system proposé par Gabriel Attal est à cet égard pertinente : un État républicain n’est ni la propriété d’un parti ni celle d’une caste administrative, il doit être capable de mettre loyalement ses compétences au service du gouvernement légitimement choisi par le suffrage universel.

Mais une question considérable demeure presque absente de ce discours : que produit la France, comment le produit-elle et comment recommence-t-elle à produire massivement ?

Mélenchon parle beaucoup de redistribution de la richesse, de fiscalité, de consommation, de services publics, de protection des biens communs et de planification écologique. Il évoque certes la nécessité de changer « nos manières de vivre, de produire et d’échanger » et avance quelques propositions productives concrètes, notamment la fabrication française de bombardiers d’eau et la relance des métiers de la filière bois. Mais il ne place pas au cœur de son raisonnement la reconstruction de l’appareil productif français.

Or c’est précisément là que devrait se situer l’un des piliers d’une gauche républicaine de gouvernement. On ne redistribue durablement que ce que l’on produit. On ne finance ni l’hôpital, ni l’école, ni l’armée, ni la transition écologique, ni la Sécurité sociale uniquement en taxant davantage un stock de richesse existant et en chassant « les riches » comme des papillons. Il faut créer de nouvelles richesses, produire des machines, de l’énergie, des médicaments, des trains, des semi-conducteurs, des véhicules, des équipements agricoles, des matériaux et des biens industriels. La souveraineté politique elle-même devient largement fictive lorsque le pays dépend de l’étranger pour ses approvisionnements essentiels.

La planification écologique proposée par LFI gagnerait donc à devenir également une planification industrielle et productive. De Gaulle avait le Plan, une politique énergétique, de grands programmes industriels et technologiques et une conception de l’État stratège. La gauche républicaine d’après-guerre partageait largement cette culture de la production. Or, dans le discours de Mélenchon, la production apparaît surtout à travers ses externalités écologiques et la nécessité de transformer les modes de consommation, beaucoup moins comme la condition matérielle de l’indépendance nationale et du progrès social.

Cette faiblesse est d’autant plus frappante que Mélenchon identifie correctement la décomposition de l’État. Mais reconstruire l’État sans reconstruire simultanément l’appareil productif risque de donner à la puissance publique davantage de missions sans lui restituer la base économique permettant de les financer.

Il est bien mort « le plan B »

Notons également que l'Union européenne est aux abonnés absents dans ce discours : elle est critiquée dans le cadre de la crise des incendies de cet été et dans sa volonté de financer des armes de guerre (ce qui est par ailleurs juste), mais rien sur son rôle dans la paralysie de la France, de son industrie. Déjà avec le programme du Nouveau Front Populaire, comme avec le programme du Parti Socialiste présenté (ailleurs) par Chloé Ridel, des économistes de gauche avaient critiqué ce silence gêné en des termes relativement acerbes : quasiment rien de ce programme n'est réalisable dans le cadre du fonctionnement actuel de l'Union européenne.

Il faut rappeler que le « plan B » européen constituait en 2017 un verrou stratégique de L’Avenir en commun, et non une proposition secondaire parmi d’autres. Il a aujourd'hui disparu du programme de la France Insoumise, remplacé par un vague « changer l'Europe de l'intérieur » que ressasse le Parti Socialiste et ses épigones depuis plus de trente ans sans réellement y croire.
Dans l’édition présidentielle de 2017, dont l’introduction était signée par Jean-Luc Mélenchon lui-même, la question européenne était posée comme une condition de possibilité du programme. LFI partait du constat que nombre de ses mesures – politique budgétaire expansive, investissements publics, protectionnisme, harmonisation sociale et fiscale, intervention accrue de l'État ou modification du rôle de la BCE – entreraient en contradiction avec les traités et les règles européennes existantes. Le programme comportait d'ailleurs une partie explicitement intitulée « L'Europe en question, sortir des traités européens ».

La doctrine tenait dans une formule particulièrement claire : « L’UE, on la change ou on la quitte. » Elle reposait sur deux étapes. Le plan A consistait à engager, une fois au pouvoir, un rapport de force avec les autres États membres afin d'obtenir une sortie concertée des traités européens existants, suivie de la négociation de nouvelles règles avec les pays qui le souhaiteraient. Mais cette négociation n'avait de sens, selon Mélenchon, que parce qu'elle était accompagnée d'une menace crédible : le plan B.
Le plan B, en cas d'échec des négociations, consistait donc à ce que la France sorte unilatéralement du cadre des traités européens et propose de nouvelles formes de coopération aux États disposés à la suivre. Mélenchon le disait lui-même dès 2016 : pour la France, le plan A était une sortie collective des traités et le plan B une sortie individuelle. Il ne s'agissait donc pas nécessairement d'un « Frexit » conçu sur le modèle britannique, c'est-à-dire d'un repli national suivi d'une rupture de toute coopération européenne, l'idée était plutôt de désobéir puis de s'affranchir du cadre juridique existant pour reconstruire d'autres coopérations européennes – largement préparée alors lors des « sommet européen du plan B ». La décision finale devait être soumise au peuple français par référendum.

C'était surtout la cohérence politique fondamentale du dispositif : sans possibilité réelle de rompre, le plan A perdait l'essentiel de sa force de négociation – très exactement ce dont avait souffert la Grèce de Tsipras en 2015 lors des négociations face à Troïka, comme l'expliquait alors Yanis Varoufakis. Mélenchon l'expliquait encore pendant la présidentielle : il fallait que les partenaires européens sachent que, si les négociations échouaient, « la France s'en ira ». L'expérience grecque de 2015 était précisément à l'origine de cette doctrine : après la capitulation du gouvernement Tsipras devant ses créanciers, Mélenchon et Éric Coquerel avaient estimé qu'une gauche arrivée au pouvoir ne devait plus jamais se retrouver sans solution de rechange face aux institutions européennes.

Autrement dit, le message de 2017 était beaucoup plus radical que la ligne européenne progressivement adoptée ensuite par LFI : cette Europe, on la change ou on la quitte. Et ce préalable était déterminant, car l'idée était bien que, sans rupture avec les traités si leur renégociation échouait, une partie substantielle de L'Avenir en commun ne pourrait tout simplement pas être appliquée. Ce n'était donc pas seulement une position sur l'Europe, c'était la clé de voûte permettant de rendre crédible l'ensemble du programme de rupture. Cette stratégie Plan A / Plan B fut encore revendiquée officiellement par LFI après 2017 comme nécessaire pour pouvoir appliquer L'Avenir en commun.

Clairement, tout cela a été oublié et enterré et le programme de la France Insoumise fait face là à une contradiction majeure et une réelle inopérabilité.

L’écologie comme nouvelle architecture de l’État

Le cœur doctrinal du discours est ailleurs, dans l’écologie. Mélenchon consacre une grande partie de son intervention aux incendies, aux canicules, à l’eau, aux forêts et à la santé environnementale. Le changement climatique n’est plus présenté comme une politique sectorielle mais comme le phénomène qui doit déterminer l’organisation générale du pays. La « planification écologique », dit-il, n’est désormais plus seulement une « ardente obligation », mais une « exigence de survie ». Il faut dire que le cœur du dispositif militant de la France Insoumise est composé d'une jeunesse bourgeoise et petite-bourgeoise, souvent en voie de déclassement, mais intellectualisée, catégorie sociologique particulièrement intéressée par l'écologie et également la plus sujette à « l'éco-anxiété » – Mélenchon fédère d'abord ses troupes.

Mais le discours déploie quelques idées intéressantes. La proposition la plus originale est celle des « écorégions ». Il s'agirait de régions administratives actuelles, amis restructurées autour des bassins versants. Ces nouvelles collectivités auraient la responsabilité de l’eau, de l’air, des forêts, de la fertilité des sols, des côtes, des mobilités, de l’économie circulaire et d’une partie de la santé environnementale. Mélenchon envisage même de leur accorder un pouvoir normatif, à condition qu’il ne permette aucune régression par rapport à la législation nationale... au risque d'aggraver le mille-feuille administratif qui rend fou nombre de Français.

L’idée est ambitieuse, mais elle soulève là encore une interrogation républicaine. Organiser certaines politiques environnementales autour des réalités physiques des bassins versants est rationnel. Faire de ces espaces le principe structurant de l’organisation territoriale de la République est beaucoup plus discutable. Une nation et ses collectivités ne sont pas uniquement des écosystèmes, elles sont aussi le produit d’une histoire, d’une géographie humaine, d’infrastructures, de solidarités économiques et d’une construction politique. À trop vouloir faire correspondre l’organisation politique aux écosystèmes naturels, on risque de substituer une logique environnementale à la logique historique et civique qui structure la République.

Reconstruire « l’État républicain »

La dernière partie du discours est probablement la plus républicaine. Mélenchon décrit un État français devenu « l’ombre de lui-même » après des décennies de recul des services publics et neuf années de macronisme. Il prend l’exemple de la facturation électronique obligatoire : si l’État impose une nouvelle obligation à un artisan ou à un petit commerçant, affirme-t-il, il doit fournir le service public permettant de s’y conformer, plutôt que de contraindre l’intéressé à acheter une prestation sur le marché.

Il réclame un État « impartial », dans lequel un citoyen ne serait jugé ni selon ses opinions politiques, ni selon son adresse, ni selon sa couleur de peau, un État stable, disposant de fonctionnaires protégés de la précarité, mais également un État placé sous le contrôle d’un peuple rendu « souverain en permanence » par le référendum d’initiative citoyenne et le référendum révocatoire.

Sur ce terrain, Mélenchon retrouve une veine ancienne de son discours, celle du républicanisme social, de la souveraineté populaire et de la critique du dépérissement de l’État sous l’effet du néolibéralisme, peut-être une des plus grandes forces de son discours. Mais, elle cohabite toutefois désormais avec un discours beaucoup plus marqué par les catégories militantes de la gauche identitaire contemporaine, omniprésentes dans plusieurs interventions ayant précédé la sienne. Les AMFIS auront ainsi juxtaposé deux cultures politiques : celle de la République sociale et de l’État, que Mélenchon continue de mobiliser, et celle des luttes intersectionnelles, antiracistes, décoloniales et identitaires qui occupe désormais une place considérable dans l’écosystème militant insoumis.

L’international est quasiment absent

Autre surprise de ce discours de lancement présidentiel, l’international est quasiment absent. Mélenchon évoque certes en quelques phrases le bouleversement des équilibres mondiaux, affirme que « Trump et Netanyahu sont défaits en Iran » et que « Poutine est enlisé en Ukraine » [en conformité avec ce que se dit dans les médias en Occident et qui est complètement en décalage avec la réalité du terrain et de l'aspect économique et géopolitique de la guerre], puis concentre ses critiques – en toute logique compte tenu de la sociologie militante de ces AMPHIS2026 – sur Gaza, Israël et l’alignement diplomatique d’Emmanuel Macron. Mais il ne développe ni doctrine pour l’Ukraine, ni proposition de règlement du conflit, ni architecture de sécurité européenne [un des arguments au cœur de ses campagnes de2017 et 2022 et clairement nécessaire], ni véritable stratégie concernant l’Iran et le Moyen-Orient. Plus étonnant encore, la paix, élément structurant et fort du mélanchonisme, n’est pas structurée comme un grand axe programmatique du discours, alors même que les guerres se multiplient, que le risque d’escalade entre grandes puissances s’accroît et que les questions diplomatiques, militaires et nucléaires relèvent directement des prérogatives essentielles du président de la République. Il eut été facile et logique d'invoquer la mémoire de Jean Jaurès, mais non...

Le contraste avec les AMFIS de 2025 est d’autant plus remarquable. Un an plus tôt, Mélenchon avait consacré une place importante à l’Ukraine et s’était montré, assez étonnement, extrêmement critique envers Volodymyr Zelensky, allant jusqu’à déclarer, « Il n’est président de rien », en référence à l’expiration de son mandat électif initial – or c'est maintenant que des pans importants du peuple en Ukraine demandent son départ et la tenue d'élections alors qu'explosent de multiples scandales de corruption. Il posait alors explicitement la question de savoir qui disposerait de la légitimité nécessaire pour signer un accord de paix, plaidait pour de nouvelles élections en Ukraine et défendait l’idée que d’éventuelles modifications territoriales devraient être soumises aux populations concernées. Il avait également contesté la thèse d’une Russie se préparant à attaquer le reste de l’Europe. Sa position avait suscité une vive polémique, y compris à gauche. En 2026, presque tout cela a disparu, l’Ukraine se résume, dans ce discours, à quelques mots sur l’enlisement de Poutine. On appelle cela « enjamber la question »

Pourquoi un tel effacement ? Mélenchon craint-il que ses positions internationales deviennent un handicap dans la campagne présidentielle qui commence ? Après les controverses suscitées par ses déclarations sur l’Ukraine, mais aussi par les accusations récurrentes de ses adversaires sur les positions internationales de LFI, peut-être préfère-t-il déplacer le centre de gravité de son discours vers des terrains jugés électoralement plus favorables, écologie, services publics, fiscalité, VIe République et critique du macronisme. Ce n’est à ce stade qu’une hypothèse, ce discours du jour ne permet évidemment pas d’établir les raisons de ce choix, mais l’écart avec 2025, et avec les position antérieures de Mélenchon, est suffisamment important pour que la question soit posée.

Cette discrétion est d’autant plus paradoxale que Mélenchon a longtemps fait de l’indépendance diplomatique de la France, du non-alignement et de la sortie de l’OTAN des marqueurs importants de son identité politique. Ainsi, là encore c'est une surprise, pas un mot sur les BRICS qui étaient au cœur de sa doctrine géopolitique depuis des années et toujours évoqués dans ses discours. À l'heure où l'Europe se réarme, où la guerre en Ukraine demeure ouverte et où le Moyen-Orient connaît une succession d'affrontements qui entraîneront au minimum une grave crise économique en Europe et donc en France, on aurait pu attendre d'un candidat qui ambitionne l'Élysée qu'il explique quelle politique de paix, quelle diplomatie et quelle indépendance stratégique il entend proposer à la France. Sur ces sujets comme sur la réindustrialisation, les AMFIS 2026 laissent donc, pour l'instant, une partie importante du projet présidentiel dans l'ombre.

« Ce n’est pas une affaire d’unité des appareils »

Reste enfin la stratégie. Mélenchon ne croit pas à une réconciliation préalable de la gauche. Il entend la dépasser. Son raisonnement est cohérent avec toute la stratégie développée depuis 2017, celle de constituer un « pôle populaire » suffisamment puissant pour absorber une partie de l’électorat des autres gauches, mobiliser les abstentionnistes et accéder directement au second tour. Les dernières législatives de 2022 et de 2024, la NUPES et le Nouveau Front Populaire donnent raison à Mélenchon : la France Insoumise y est centrale et point d'élection de député sans elle ; elle est la principale force à gauche

« C'est la part de responsabilité de chacun et ce n’est pas une affaire d’unité des appareils politiques », affirme-t-il. La rupture doit au contraire rester « nette » et « claire ». Autrement dit, pas question de diluer L’Avenir en commun dans un compromis avec les socialistes, les communistes ou les sociaux-démocrates pour obtenir une candidature unique.

À neuf mois du premier tour, les AMFIS 2026 auront donc moins ressemblé à une université d’été classique qu’au premier grand rassemblement de campagne de Jean-Luc Mélenchon. LFI possède incontestablement une organisation, des militants, un programme, une capacité de mobilisation et un candidat qui a de l'expérience, du verbe, une vision et de la force, malgré ses 75 ans au compteur mais qu'il porte semble-t-il très bien. Le mouvement se pense déjà comme l’un des deux pôles du second tour.

Son projet dessine une France profondément transformée : VIe République, souveraineté populaire permanente, planification écologique, écorégions, reconstruction des services publics et redistribution massive des richesses. Mais il laisse encore largement dans l’ombre une question qui pourrait pourtant déterminer toutes les autres : quelle puissance productive pour la France de 2030 ? Surtout dans un contexte de crises économiques mondiales et géopolitiques graves.

Car pour refaire un État fort, financer la République sociale et retrouver une véritable souveraineté, il ne suffira pas de mieux répartir les richesses. Il faudra aussi recommencer à les produire en France.


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15 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Marion Saint-Michel - TVL

2027 : Vers un nouveau pervers pour gouverner la France ?

- 15/8/2026 - En plein été et à moins d'un an de la présidentielle 2027, une question dérange : et si le problème n'était pas Emmanuel Macron, mais le système qui l’a fabriqué lui comme ses successeurs ? Alors que la campagne commence tout doucement, les profils interchangeables se présentent, manipulent et mentent parfois éhontément. Qu’ont fait les Français pour mériter cela ? Marion Saint-Michel, psychologue clinicienne et diplômée en Sciences politiques, auteur de "La gouvernance perverse, la décoder, s'en libérer" (Éditions Résurgence, 2025), décrypte les mécanismes psychologiques du pouvoir en France : sélection des élites, manipulation politique, déconnexion des dirigeants, dérives autoritaires et critères d'un véritable homme ou femme d'État. Une analyse sans concession sur ce que le pouvoir fait aux hommes politiques… et ce que les Français attendent vraiment en 2027.

Cliquer sur l'image (vidéo de 26 min 35 s) ↴

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14 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Didier Maisto
11/8/2026

2027 : l'élection de la dernière chance


Il est des moments dans l’histoire d’un peuple où le temps cesse d’être une simple succession de jours et devient une ligne de fracture. La France se trouve aujourd’hui sur cette ligne. Non pas au bord d’une simple alternance politique, mais face à une question existentielle : accepterons-nous de continuer à habiter un système qui se présente comme le dernier rempart de la raison et de la démocratie, alors qu’il construit, jour après jour, une prison dont les barreaux sont faits de règlements, d’interdits et de discours moralisateurs ?
Ce que l’on appelle l’extrême centre n’est pas une simple coalition de partis. C’est une forme de pouvoir qui a réussi le tour de force de se présenter comme neutre, technique, inévitable. Il parle le langage de la vertu, de la science, de l’urgence climatique, sanitaire ou géopolitique. Il se proclame le camp du bien. Et, par un retournement aussi vieux que le pouvoir lui-même, il désigne tous ceux qui refusent sa logique comme des ennemis de la démocratie, des dangereux, des irresponsables, des complices d’ingérences étrangères.
C’est ainsi que se construit un fascisme qui ne dit pas son nom : non pas par les bottes et les drapeaux, mais par l’extension infinie du domaine de la réglementation et de l’interdit. Regardez autour de vous. Tout est réglementé, puis interdit. La parole, d’abord. Sous prétexte de lutter contre la haine, on criminalise le désaccord. Sous prétexte de protéger la vérité, on confie à des autorités non élues le pouvoir de décider ce qui peut être dit et ce qui doit être effacé. Le numérique, le DSA, les lois à venir ne sont pas des outils techniques : ce sont les verrous d’une cage qui se referme.
Chaque nouvelle norme, chaque nouvel algorithme de contrôle, chaque obligation de transparence imposée aux citoyens mais refusée au pouvoir lui-même, resserre le filet. On ne brûle plus les livres ; on les rend invisibles. On n’enferme plus les dissidents dans des camps ; on les enferme dans le silence social, dans la perte d’emploi, dans la ruine réputationnelle. Ce monde-là est concentrationnaire au sens le plus profond du terme : non parce qu’il ressemble aux images d’hier, mais parce qu’il repose sur la même logique.
Une logique qui divise l’humanité entre ceux qui détiennent la vérité officielle et ceux qui doivent être corrigés, rééduqués ou exclus. Une logique qui a besoin d’ennemis permanents pour justifier son existence. Hier le virus, demain le climat, après-demain encore et encore l’ingérence russe, chinoise, indienne ou je ne sais quelle autre. L’ennemi change de nom, mais la structure reste : il faut toujours un dehors menaçant pour légitimer le contrôle de l’intérieur. Et ce contrôle, une fois installé, ne se retire jamais de lui-même.
Ce système nous emmène vers la guerre. Non pas seulement la guerre des armes, mais la guerre permanente contre une partie de sa propre population. Guerre culturelle, guerre morale, guerre administrative. Et, lorsque les tensions internes deviennent trop fortes, il n’est jamais loin de chercher la distraction ou la légitimité dans un conflit extérieur. Un peuple qui a accepté que l’on décide à sa place de ce qu’il peut manger, de ce qu’il peut dire, de ce qu’il peut penser, est un peuple déjà désarmé face à ceux qui, un jour, décideront de ce qu’il doit mourir. Ce processus est d'ailleurs lui aussi largement engagé.
L’élection qui vient n’est pas une opportunité comme les autres. Elle n’est pas un aboutissement. Elle est un point de départ possible, la dernière porte avant que le verrou ne se ferme définitivement. Ceux qui voteront encore pour les candidats de cet extrême centre -qu’ils portent le visage rassurant du libéralisme gestionnaire, du socialisme moralisateur ou de l’écologie punitive- ne font pas seulement un choix partisan. Ils ratifient le principe même de la cage. Ils acceptent que le camp du bien continue à parler au nom de tous, et que tous les autres soient traités comme des suspects.
Il faut casser cette logique. Il faut cesser de croire que la démocratie consiste à laisser gouverner ceux qui se proclament ses seuls défenseurs légitimes. La démocratie, si le mot a encore un sens, est le droit de contester, de refuser, de choisir une autre voie sans être immédiatement rangé dans la catégorie des ennemis de la République. Tant que ce droit sera présenté comme une menace, tant que le désaccord sera assimilé à de la collusion avec des puissances étrangères, tant que la réglementation se substituera à la liberté, nous ne serons plus dans une démocratie. Nous serons dans un régime qui a réussi à faire passer la contrainte pour de la protection et la censure pour de la responsabilité.
Français, le moment n’est plus aux demi-mesures ni aux espoirs naïfs ! L’extrême centre ne se réformera pas. Il ne deviendra pas plus tolérant avec le temps. Chaque année qui passe, chaque nouvelle loi, chaque nouveau dispositif numérique, rendra plus difficile, puis impossible, de le déloger. C’est pourquoi cette élection est celle de la dernière chance. Non pour installer un paradis, mais pour empêcher que l’enfer réglementaire ne devienne définitif. Pour ouvrir une brèche. Pour rappeler que la France n’appartient pas à ceux qui se croient investis d’une mission civilisatrice envers leur propre peuple.
Il est encore temps de dire non. Non à la prison douce. Non au monde où tout est d’abord réglementé, puis interdit. Non à la désignation permanente d’ennemis intérieurs et d’ingérences fantômes. Non à ce fascisme qui a appris à sourire, à parler de bienveillance, et à présenter ses chaînes comme des protections. Le choix n’est plus entre la droite et la gauche, entre le progressisme et le conservatisme. Le choix est entre la poursuite d’un système qui nous enferme et la décision, enfin, de le briser. Après, il sera trop tard. Après, il n’y aura plus d’élection digne de ce nom. Il n’y aura plus que la gestion d’une population surveillée, moralisée, et destinée à la guerre permanente contre elle-même et contre le monde.
C’est maintenant. Ou jamais.

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13 août 2026

Fabien Nierengarten
13/8/2026


Ah, formidable ! Nous y voilà donc. Après des années de débats, de programmes et de grandes promesses, nous aurions enfin atteint le sommet de la modernité politique : le grand concours du moins pire pour le deuxième tour des prochaines présidentielles. A moins que ce ne soit pour le Top Chef du mauvais goût politique.
À ma gauche, gants rouges, Jean-Luc Mélenchon. À ma droite, gants noirs, Marine Le Pen. Et au milieu, nous, électeurs, littéralement sommés de choisir la cause de notre mort avec le sourire. La peste ou le choléra ? Faites vos jeux ! Rien ne va (vraiment) plus !!! C’est donc cela, l’horizon démocratique qu’on nous propose ? Un bulletin dans une main, un sac à vomi dans l’autre ??
Donc, après nous avoir expliqué pendant des années que nous étions des citoyens libres, éclairés, responsables et souverains, il faudrait maintenant que nous nous placions devant deux urnes en nous disant : "Alors qui ? L'épouvantail JLM ou l'épouvantail MLP ?? Pardon, excusez-moi, mais j’ai une autre idée de la démocratie.
Car moi, je refuse de voter avec une pince à linge sur le nez. Je refuse de choisir un candidat parce que l’autre me fait davantage peur. Je refuse ce chantage électoral permanent où l’on nous explique que notre devoir civique consiste essentiellement à faire barrage à quelqu’un. À ce rythme-là, autant remplacer les programmes par des panneaux de signalisation : ATTENTION DANGER, VOTEZ POUR L’AUTRE !!!
Quel formidable aveu de faillite politique ! Quand on en arrive à dire aux électeurs : "Vous n’aimez pas notre candidat ? Ce n’est pas grave. Votez quand même pour lui, parce que...regardez qui arrive derrière ! », c’est peut-être que le problème n’est plus l’électeur, c’est l’offre qu'on lui propose.
Mon pays, je ne veux pas qu'il devienne comme un restaurant où le serveur annonce : "Aujourd’hui, nous avons deux plats du jour. Les deux sont dégueulasses, mais si vous ne prenez pas le premier, vous aurez obligatoirement le second". Et après, on s’étonne que les citoyens n’aient plus faim.
Moi, je veux avoir envie de voter. Je veux qu’on me parle d’avenir plutôt que d’apocalypse. D’idées plutôt que d’anathèmes. De projets enthousiasmants plutôt que d'intentions nauséabondes. De solutions plutôt que d’ennemis. Je veux choisir un programme, pas une menace. Je ne veux pas qu’on me dise : "Votez pour nous, sinon ce sera eux". Parce qu’entre la peste et le choléra, il existe peut-être une troisième possibilité : celle qui consiste à arrêter de nous prendre pour des malades et commencer à nous proposer des candidats qui ont envie de guérir le pays.
Et si vraiment, on ne nous laisse que deux bulletins, l'un portant le nom de Charybde, l'autre celui de Scylla, qu’on ait au moins l’honnêteté de rebaptiser l’urne : "Ici, veuillez déposer votre résignation". Et de créer enfin cette petite case à cocher : "Pour moi, ce sera aucun des deux. Réveillez-moi quand vous aurez trouvé mieux !!!"

11 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Marc Amblard
8/8/2026

À CEUX QUI SOUTIENNENT QUE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE N’AURA PAS LIEU EN 2027


La rumeur circule de plus en plus sur les réseaux sociaux.
Rappelons tout d'abord que cela fait 178 ans (1848) que les élections présidentielles existent en France.
Ensuite, l'article 6 de la Constitution est sans ambiguïté : le président est élu pour cinq ans, et « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». Emmanuel Macron ayant été élu en 2017 puis réélu en 2022, il ne peut donc pas exercer son mandat au-delà de 2027.
Plus important encore, l'article 7 impose l'organisation de l'élection. Il ne laisse aucun choix :
« L'élection du nouveau Président a lieu 20 jours au moins et 35 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs du Président en exercice. »
Ce n'est donc pas une élection que le gouvernement pourrait simplement décider de ne pas organiser.
Ni une guerre, ni l'état d'urgence, ni même l'exercice des pouvoirs exceptionnels de l'article 16 ne donnent en eux-mêmes au président un pouvoir lui permettant de supprimer l'élection présidentielle ou de prolonger discrétionnairement son mandat.
Il faudrait distinguer une situation beaucoup plus extrême : une catastrophe ou un conflit rendant matériellement impossible l'organisation du scrutin. On entrerait alors dans une crise constitutionnelle exceptionnelle et la question du report pourrait effectivement se poser. Mais ce serait un report nécessité par l'impossibilité matérielle d'organiser l'élection, pas la suppression de l'élection ni l'octroi d'un 3ème mandat à M. Macron.
D’ailleurs, faut-il rappeler que le gouvernement a officiellement fixé les dates de la présidentielle de 2027 lors du Conseil des ministres du 1er juillet 2026 : premier tour le 18 avril 2027, second tour le 2 mai 2027.
La présidentielle aura bien lieu l’année prochaine, le droit constitutionnel en vigueur ne permettant pas à Emmanuel Macron de décider de l'annuler pour rester au pouvoir.

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9 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gilles Casanova
9/8/2026


L’Ukraine annonce qu’elle n’a plus d’armes de défense aérienne, alors que les bombardements russes n’ont jamais été aussi forts. Les manifestations de masse contre Zelensky et son gouvernement déferlent dans les rues. La foule s’affronte aux recruteurs violents.
Et, à Paris, des gens prostituent le journalisme.

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Jak Umbdenstock

Cercle vicieux

6 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Régis de Castelnau
6/8/2026

« Célérusses ! Célérusses ! » Quand, face au naufrage, le système en panique psalmodie une incantation comme un talisman


Comme l’Occident auquel il appartient, notre pays est en bout de cycle. le XXe siècle n’en finit pas de mourir et l’enjeu est désormais d’enfin passer au 21e. La guerre mondiale qui nous oppose à un reste du monde décidé à tourner la page de cette globalisation installée par l’Occident comme forme moderne de sa domination, se déroule sur plusieurs théâtres. Où des dirigeants incompétents et corrompus ont définitivement rompu avec le réel. La France, insérée dans un système européen moribond poursuit sa dégringolade à vitesse constante. Avec à sa tête, un psychopathe minutieux mandaté par la partie la plus corrompue du bloc élitaire. Entouré d’un gang qui se délite, il est minutieux dans la destruction de la Nation, à la tête de laquelle un coup d’État l’a porté. Le naufrage est si proche qu’une partie de l’équipage mesurant son caractère inévitable, est passé du désarroi à la panique et maintenant au sauve-qui-peut. L’appareil judiciaire qui fut pourtant essentiel à l’arrivée de Macron au pouvoir, et à l’exercice de celui-ci, vient de lui notifier à plusieurs reprises que son système ne bénéficierait plus de son soutien. Allant, chose incroyable, jusqu’à rendre à Marine Le Pen une éligibilité, en forme d’investiture pour l’élection présidentielle de 2027.

Désarroi, panique et sauve qui peut

Ce sont maintenant des parties importantes de l’appareil d’État qui prennent la suite et se précipitent vers les canots pour se tenir éloignés des tourbillons qui vont accompagner l’engloutissement politique du macronisme. Aux scandales de corruption, succèdent les tragédies judiciaires, puis les désastres civils, sans que le pouvoir puisse s’opposer à l’énorme montée de rage populaire devant l’évidence de la responsabilité du système Macron, perçu désormais, et à juste titre, comme un fléau. Toutes les diversions grotesques, Barbara Butch, Fedorova, bellicisme inepte, animées par les médias mainstream à la dérive, font long feu. L’opinion publique revient encore et toujours à Macron et ses responsabilités. Ce qui finit par accentuer la panique au sein du bloc élitaire, comme le démontre par exemple l’ahurissante vidéo publiée par Jacques Attali, l’un des principaux organisateurs du coup d’État de 2017. Voyant les fourches se rapprocher, on l’entend gémir qu’il n’y est pour rien, qu’il n’a fait que conseiller et qu’on ne l’a pas écouté.

La France traverse non seulement une crise institutionnelle de « démocratie minoritaire » depuis la défaite de Macron aux législatives 2022, mais aussi une crise politique caricaturale. Deux mouvements politiques ostracisés par le système préemptent une assez large majorité du corps électoral. Il y a d’une part le mouvement gazeux LFI dirigé par un vieux cheval de retour, et d’autre part un parti populiste de droite relativement classique issu de l’épicerie familiale Le Pen. Laissant entre eux, un petit espace à un « extrême centre », conglomérat de semi-groupuscules dirigés par de spectaculaires nullités. Où se côtoient socialistes d’extrême droite, socialistes de droite (il n’y a pas de socialistes de gauche, ça n’existe pas), écologistes vert-de-gris, épaves politiques centristes, survivants opportunistes de partis du XXe siècle en voie de disparition, macronistes de la 1ère heure, macronistes de la 11ème heure, on en oublie. La bataille fait rage pour savoir qui aura l’honneur de briguer la succession de Macron et se ridiculiser le 2 mai prochain.

Reprenons ici la petite revue de détail et publiée ailleurs :

Il y a Édouard Philippe avec ses casseroles judiciaires qui mijotent, et ses accointances suspectes avec les narcotrafics du port du Havre. Gabriel Attal muni de sa couscoussière de cocaïne et des vidéos de ses chemsex. David Lisnard qui ne comprend rien et s’imagine que la France est à l’image de sa ville de Cannes et ses boomers comateux qu’il y croise. Bruno Retailleau, candidat officiel du groupuscule LR, en route vers le glorieux score 2022 de Valérie Pécresse. Le plus répugnant de tous François Hollande, le parjure des accords de Minsk et le président « vomi par les Français » en 2017. Ségolène Royal qui désormais ne pense qu’à une chose, foutre la merde. Olivier Faure, au charisme d’une serpillière humide, et Boris Vallaud qui le lui dispute. Bernard Cazeneuve lugubre croque-mort que personne ne connaît. Thierry Breton, la dernière niaiserie de ce pauvre François Bayrou. L’assureur Xavier Bertrand notre Séraphin Lampion national à nous qu’on a. Élisabeth Borne, avec sa tête de pionne aigrie. Marine Tondelier, bavarde comme une pie, mais complètement paumée dès qu’elle quitte le 11e arrondissement de Paris. François Ruffin, englué dans sa collection de mensonges. Dominique de Villepin qui nous rejoue éternellement son discours à l’ONU de 2003, alors que ce qui nous intéresse, ce sont les explications sur le bradage des sociétés d’autoroute au privé et les rétro commissions qui lui auraient rempli les poches. Et maintenant on nous annonce l’intention de Macron de faire une Medvedev en installant une marionnette pour récupérer le poste en 2032. Lecornu accompagné de son chien ont été présentés par les domestiques de la presse mainstream pour faire le taf. Comme ça n’a pas marché, on a changé de cheval pour prendre Jean Castex. Avec cet argument imparable qu’il aurait réussi à la SNCF ! Les usagers d’un service public effondré apprécieront.

Raphaël Glucksmann, candidat officiel de Macron

Et puis il y en a un autre, que le parti socialiste est allé dénicher il y a quelques années. Raphaël Glucksmann, fils de son père et comme lui, agent véhément de l’hégémonie guerrière américaine et partageant scrupuleusement ses opinions. Affichant dès l’origine les deux caractéristiques de ce genre de profession : la détestation de la France, et le financement direct ou indirect par les agences américaines. Prestement ripoliné par Olivier Faure, voilà qu’on le présente désormais comme un patriote de « gauche ».

Une fois le fou rire passé, on se demande ce que ce type fout là. Parce que c’est quand même curieux, voilà quelqu’un sorti de nulle part lui aussi (tiens tiens), intronisé tête de liste socialiste aux élections européennes en 2018 et systématiquement présenté par tout le système comme un perdreau de l’année aux solides valeurs de gauche républicaine et, pourquoi pas, présidentiable. En occultant, bien sûr, son passé de néocon américain, collaborateur appointé d’un tyran criminel géorgien, et de probable agent américain depuis l’origine. Affligé lui aussi d’un charisme de serpillière humide, il fut totalement discret pendant tout son premier mandat européen. Sa seule marque distinctive politique étant sa liaison avec une speakerine de télévision particulièrement inexpressive.

Mais depuis quelques temps on l’a vu à nouveau pointer le bout du museau et les gazettes en ont assuré la promotion comme futur candidat à la succession d’Emmanuel Macron en 2027. Personne de normalement constitué et disposant de quelques neurones fonctionnels ne pouvait prendre cette hypothèse au sérieux. Toutes ses apparitions faisant apparaître une consternante inconsistance bovine, a priori complètement rédhibitoire. Il y eut certes le fameux épisode où deux journalistes, Patrick Cohen et Thomas Legrand, modèles de servilité macronienne furent surpris, comme curés au bordel, en grande conversation avec des dirigeants du parti socialiste. Pour discuter des modalités de la mise à la disposition du service public de l’audiovisuel, à la candidature de l’ectoplasme, rien que ça. Malgré un certain tintamarre, l’incroyable scandale fut absorbé. Et les journalistes dévoyés, furent confirmés dans leur sale boulot. Nous aurions dû être plus attentifs.

De prestations calamiteuses en prestations si lamentables qu’elles en devenaient terriblement gênantes, la routine s’est poursuivie. Et la perspective même d’une candidature Glucksmann disparut des radars.

Mais Emmanuel Macron a de la suite dans les idées. Depuis le début, il a fait des soi-disant « ingérences étrangères » un des éléments essentiels des manipulations, qu’il entend mettre en œuvre pour truquer l’élection présidentielle de 2027. Il l’a annoncé dès ses vœux de fin d’année 2025, et ses factotums les plus zélés (Barrot et Nunez) sont passés à la mise en œuvre. Comprenons-nous bien, il s’agit exclusivement des soi-disant « ingérences russes », les américaines et les israéliennes bien réelles celles-ci ne sont absolument pas concernées. De projets de loi, en création de commissions indépendantes (défense de rire), en passant par l’invention du concept fasciste « d’ingérence intérieure », la chasse aux mal-pensants a redoublé.

Concernant la Russie, petite alerte en mode test mi-juillet, avec l’annonce d’une « opération de désinformation russe » dirigée contre Édouard Philippe. Personne n’a rien vu, rien entendu et ne l’a par conséquent prise au sérieux. Comment les Russes qui ont quand même d’autres chats à fouetter, pourraient-ils s’intéresser au Fantomas du Havre. Et puis soudain, changement de braquet, nouvelle alerte : les Russes attaquent ! Et cette fois-ci la cible de cette nouvelle opération est le brillant Raphaël Glucksmann. Là non plus, il n’y a rien, personne n’a rien vu ni entendu, mais ce coup-ci ça va changer, parce que le système est en ordre de bataille. Et devinez qui sont les premiers à porter le pet ? Le Canard enchaîné évidemment, qui comme chacun sait travaille à la commande, et a été le déclencheur de l’opération Fillon en 2017 aboutissant à l’élection de Macron. Auquel il a manifesté depuis cette date une scrupuleuse indulgence. Pour faire bon poids on implique Edwy Plenel, le célèbre Moustache fraudeur fiscal, également travailleur à la commande. Et pourquoi pas le faux opposant Blast généreusement soutenu financièrement par l’État ? L’opération est grossière, mais Glucksmann lui-même se précipite, soutenu bruyamment par toute la macronie. Le parti socialiste en tête évidemment, mais aussi tous les journalistes de la presse mainstream y vont de leurs commentaires outrés. Chacun vilipende ces horribles moujiks, dénonce cet attentat contre une démocratie française en si bonne santé, cette volonté de déstabiliser notre société. Il ne manque personne pour venir au secours de la république menacée. La grossière opération macronienne est plus qu’évidente, mais au sein de la cohorte outrée on procède par affirmations. Il n’y a personne pour réclamer la publication des éléments permettant de caractériser la réalité de l’horrible agression. Ou pour se demander ce que les Russes, là aussi, qui ont quand même quelques problèmes sérieux à régler, auraient à faire de l’infinitésimal Glucksmann.

Le ralliement de Jean-Luc Mélenchon

Jusqu’à Jean-Luc Mélenchon qui publie un tweet absolument consternant dans lequel il se range directement derrière Emmanuel Macron dans la dénonciation de l’ingérence russe en réclamant même l’activation de textes répressifs liberticides (!) pour mettre fin à ces « ingérences étrangères ». Pour faire bon poids on parle de l’ingérence israélienne de Toulouse, mais cela ne trompe personne. Il s’agit bien d’un alignement derrière une opération venue directement de l’Élysée. Alignement qui dit plusieurs choses.

Depuis 2017 où il n’avait pas appelé à voter Emmanuel Macron au deuxième tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon l’a toujours soutenu après son virage Terranova de 2018. En 2022, que ce soit au deuxième tour de la présidentielle ou lors des législatives bizarrement transformées en élections pour un premier ministre (!). Il l’a même ensuite carrément sauvé, en 2024 en inventant un soi-disant front républicain, qui n’a eu pour effet que de maintenir Macron au pouvoir, alors que sa défaite politique aurait pu être totale, et son départ par destitution ou démission obtenu. Ces trois ans de répit pour Macron, de cauchemar supplémentaire pour la France, c’est à Jean-Luc Mélenchon que nous les devons. Avec un groupe parlementaire macronien qui aurait dû disparaître, trois ans de Braun-Pivet maintenue au perchoir, un parti socialiste revigoré, avec François Hollande ressuscité d’extrême justesse, soutenant, sans participer, le gouvernement Lecornu.

Et comme le feuilleton grotesque se poursuit, Mélenchon en remet une couche. Gabriel Attal englué dans une attaque boomerang contre les gens du voyage avec laquelle il se ridiculise, cherche la parade. Toute trouvée ! Le voilà qui glapit : « moi aussi, moi aussi je suis ingéré ! Moi aussi les moujiks m’ingèrent » donnant une ampleur supplémentaire à la farce. Et cette fois-ci le patron de LFI, après NUPES, NFP, Front républicain, ne propose rien de moins qu’un grand « Front Commun » avec les candidats de l’extrême centre qui passent leur temps à l’injurier en le traitant d’antisémite ! Pour recevoir immédiatement une réponse enthousiaste de Lecornu. Et comme première étape pour cette nouvelle grande alliance, Mélenchon insiste pour l’adoption d’un texte liberticide.

Mais quand on y réfléchit, comment être surpris ? On peut considérer que l’enjeu essentiel de la présidentielle de 2027 est bien de mettre fin au système Macron, dernier fondé de pouvoir en date de l’oligarchie néolibérale. De casser les reins de l’expérience de l’extrême centre fascisant que celui-ci met en œuvre. De rouvrir enfin, par effet de rupture, un nouveau champ des possibles. Et ceci dans l’intérêt de la France. Mais pourquoi voudrions-nous que Jean-Luc Mélenchon partage cette analyse et même ces objectifs ? Amélie Ismaeli a réalisé un travail de recension de toutes les occurrences utilisées depuis neuf ans pour accuser les Russes. De l’opposition à la réforme des retraites, en passant par les Gilets jaunes, les punaises de lit, l’affaire Epstein etc. etc. jusqu’à la dernière, l’accusation d’avoir mis le feu à la forêt des Landes.

Avec son ralliement au thème des « ingérences russes » utilisées depuis l’origine par le système Macron pour toutes les manifestations d’opposition à la mise en œuvre de ses politiques par le psychopathe de l’Élysée, Jean-Luc Mélenchon vient de nous donner la réponse. Il doit savoir que s’il atteint le deuxième tour de la présidentielle, il ne sera pas élu président de la République. Même ce soudain alignement sur le macronisme ne pourra pas lui garantir la possibilité d’un nouveau front républicain au deuxième tour contre Marine Le Pen. Ses objectifs sont probablement plus simples, plus prosaïques, plus personnels. L’intérêt national n’y pèse pas lourd. Politicien professionnel socialiste il a été toute sa vie, politicien professionnel socialiste il restera. Sa meilleure chance sera de renforcer son groupe parlementaire, de continuer à diriger son « mouvement gazeux » et de remplacer définitivement et enfin le parti socialiste. Ceux qui espéraient plus pour notre pays, dont l’auteur de ces lignes, sont des rêveurs. Dans la partie historique qui est en train de se jouer, la place de Mélenchon sera celle d’un figurant.

En attendant, ce que l’épisode Glucksmann vient de nous apprendre, ou plutôt de nous confirmer des intentions d’Emmanuel Macron, c’est sa volonté maintenue de tenter de truquer l’élection. À l’aide de la soi-disant lutte contre les « ingérences russes » et avec l’investiture qu’il vient de donner par système macronien interposé au catastrophique Raphaël, devenu par cette opération son candidat marionnette officiel. Il est probable que rien de tout cela ne marchera. Les marges de manœuvre du kéké de l’Élysée sont désormais beaucoup trop étroites. La haine du pays est trop forte, sans compter celle de ceux de son camp que le pervers a tant humiliés, et devant le spectacle des fourches qui se rapprochent, une partie de ceux qui l’ont soutenu et protégé l’ont désormais lâché. Et face à l’iceberg qui se rapproche, ils ont réservé leur place dans les canots.

Quant à Glucksmann, comme Macron, il finira dans les poubelles de l’histoire.


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2 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gilles Casanova
31/7/2026


Si le Rassemblement national se propose de faire la même politique totalitaire que Macron et l’extrême centre, aux ordres de Bruxelles/Berlin/Washington, les Français préféreront l’original.
Adieu l’Élysée.
Syndrome Jospin.

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