Julie Varadero
8/4/2026
Le regard des gens qui me voient passer me rappelle celui qu'ils posaient sur nous quand une manifestation passait en ville : un regard qui juge, qui méprise. Je vois le défaitisme dans les yeux de certains. D'autres baissent les yeux. Évidement, et heureusement, tout le monde ne nous crachait pas dessus, du moins au début. Avec le temps, le son des klaxons s'est atténué, le soutien s'est peu à peu transformé en agacement et en indifférence, parfois même en critique, violence, agression. Et si je suis passée par la haine, la tristesse, et la nostalgie, j'essaye de trouver la force de pardonner. Mais je n'oublie pas. Le mouvement Gilet jaune n'était peut-être pas LA solution miracle. Il y a eu du très beau et du très moche.
Alors quand j'entends aujourd'hui « où sont les Gilets jaunes ? Ils sont sortis pour l'essence à 1,50€ et aujourd'hui il ne se passe rien ».
Oui, où sont-ils ? La vraie question est « qui sont-ils ? » Eh oui ! Les Gilets jaunes c'est toi, c'est moi, c'est ton père, ta cousine, ton voisin, ta collègue, tous âges, tous horizons, toutes classes sociales, tous partis, tous métiers, toutes origines.
C'était ça, la grand force de ce mouvement : juste des humains, tout le monde pouvait participer. La seule exigence c'était de le faire avec cœur et sincérité. Et si beaucoup se battaient pour bien plus que le prix de l'essence, tous ont beaucoup perdu : amis, famille, travail, enfants, œil, main, logement. Aujourd'hui, on continue de se reconstruire, on essaye de retrouver une vie "normale". Voilà ce que font les Gilets jaunes. Tant qu'il y aura des "ils", des "vous", des "nous", nous serons divisés.
Mais si les cons du monde entier voulaient se donner la main, on obligerait les fous à ranger leurs jouets, leurs chars, leurs canons, leurs avions, et nous pourrions enfin nous promener en paix sur les jardins de la terre qui sont si jolis quand on n'y fait pas la guerre. (Roland Magdane)
Alors soyons des cons, mais des cons unis !


















































