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14 mai 2026

Reporterre
Le média de l'écologie

Filtres à eau : quand boire de l’eau saine devient un luxe

Pour bien filtrer l'eau, plus les outils sont chers, plus ils sont efficaces... - Pxhere/CC0

PFAS, pesticides, microplastiques… Ces multiples polluants présents dans l’eau du robinet poussent les consommateurs à investir dans des filtres à eau, souvent coûteux et pas toujours efficaces.

Inquiets de la qualité de notre eau du robinet, nous sommes de plus en plus à nous équiper en filtres. Des craintes alimentées par les innombrables études sur les contaminants du précieux liquide : composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS), pesticides, microplastiques… Même l’eau en bouteille n’échappe pas aux polluants.

« Cette méfiance, pas toujours fondée, et le marketing ont contribué à une explosion du marché des appareils de traitement de l’eau à domicile », constate l’association Consommation, Logement et Cadre de vie (CLCV). Comment s’y retrouver dans la jungle des produits censés fournir « de l’eau propre en un clin d’œil », « une eau pure à 99 % » ou bien éliminer « jusqu’à 99,999 % des contaminants nocifs » ? Faut-il y croire ? Faut-il investir beaucoup dans un purificateur Berkey, Pure-Filters ou British Berkefeld pour boire une eau saine ? Moins chers, les bâtons de binchotan et les carafes filtrantes de type Brita, Philips ou Waterdrop sont-ils suffisants ?

Les filtres à eau. © Antoine Dagan / Reporterre

Isabelle s’est procuré des bâtonnets de charbon actif japonais (binchotan) en boutique bio « qui attirent les polluants ». Elle espère que « cela fonctionne aussi pour les PFAS », ces polluants éternels. Le coût n’est pas très élevé : 6 à 7 euros le bâtonnet de 5 à 8 cm. « Par contre, il faut le faire bouillir pendant quinze minutes au préalable et le changer régulièrement, tous les trois mois », précise cette lectrice de Reporterre, qui a répondu à notre appel à témoignages. Élodie, elle, utilise des billes de céramique : « L’inconvénient, c’est qu’il faut souvent les recharger. »

Gilbert et sa famille ont choisi d’investir, voici plus de vingt ans, dans un osmoseur. Ils s’en disent « très satisfaits ». D’après le fabricant, le dispositif élimine mauvais goût et odeurs, mais aussi nitrates, pesticides, herbicides, résidus médicamenteux, métaux lourds, bactéries… Le tout pour « un montant mensuel de 12 à 17 euros », location de l’équipement et entretien compris.

Quant à Amandine, elle a opté en mars 2023 pour un système de filtration de l’eau par gravité. « Les cartouches filtrantes sont censées éliminer les PFAS, les métaux lourds, le chlore, les résidus de pesticides et de médicaments, etc. », explique-t-elle, reconnaissant un certain coût à l’achat, environ 290 euros dans son cas. Sans compter les deux cartouches, plus de 55 euros chacune, à changer tous les 6 à 12 mois.

Carafe filtrante permettant d’enlever certains polluants. © Jean-Marc Barrère / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Ne pas l’appauvrir en minéraux

Première chose à faire avant de se lancer dans ce type d’achat : « Il faut vérifier la qualité de son eau sur le site de l’Agence régionale de santé (ARS) et auprès du service public de l’eau, conseille Ann-Gaël Beard, référente du secteur environnement à la CLCV. L’eau est censée être potable. Or, en installant un dispositif, on va capter des éléments tels que des minéraux et ainsi appauvrir l’eau, avec un risque de la rendre non potable. »

Elle alerte aussi sur la nécessité de procéder à un entretien rigoureux : « Il faut éviter que le filtre ne s’assèche, par exemple, quand vous vous absentez plusieurs jours. Car à la réutilisation, il y aura un risque de relargage des molécules précédemment captées. » Changer le filtre régulièrement est aussi indispensable, comme le recommandait l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), dans un avis de 2017 sur les carafes filtrantes.

Des charbons actifs japonais (binchotan), une carafe filtrante Brita et un osmoseur inverse Josmose. Montage Reporterre /Brita / Josmose

Pour aider les consommateurs à s’y retrouver dans la pléthore de produits, la CLCV souhaite qu’« un organisme public indépendant puisse publier un comparatif de l’efficacité de ces appareils ». Le pouvoir filtrant de certaines solutions n’est en effet pas prouvé. C’est le cas des billes de céramique, pour lesquelles aucune étude scientifique n’a été publiée, à notre connaissance — ce qui ne signifie pas qu’elles ne servent à rien.

À partir de bois ou d’écorces de noix de coco

La plupart des équipements proposés reposent sur le charbon actif en granulés ou en poudre, fabriqué à partir de végétaux (bois, écorces de noix de coco, etc.). Ce matériau est reconnu pour sa capacité d’adsorption, c’est-à-dire à fixer et retenir les molécules indésirables présentes dans l’eau. Mais son efficacité dépend fortement de sa quantité, sa qualité, sa concentration.

Dans une étude publiée en février 2020, une équipe de scientifiques étasuniens montrait que les filtres à charbon actif testés avaient éliminé en moyenne 73 % des contaminants PFAS, avec des résultats très variables : « Dans certains cas, les produits chimiques ont été complètement éliminés ; dans d’autres, ils n’ont pas du tout été réduits », concluaient les chercheurs.

Le charbon actif est souvent combiné à d’autres technologies, comme les membranes échangeuses d’ions, capables d’éliminer les métaux lourds, comme le plomb ou le cadmium. Ou encore la nanofiltration. Les fabricants donnent rarement tous les ingrédients de leur recette, « pour des raisons évidentes de secret industriel », précise sur son site Berkey, la marque de purificateurs sans doute la plus connue. Plus le procédé est avancé, plus il coûtera cher. Ce qui explique les tarifs très élevés (de 200 à 500 euros, selon les modèles) des purificateurs associant plusieurs techniques.

Un filtre Berkey. © Berkey

Pour savoir si la carafe ou le filtre à robinet convoité sera vraiment efficace, le consommateur peut s’appuyer sur les certifications NSF/ANSI 42 et 53 [1]. Délivrées par la National Sanitation Foundation, elles garantissent la filtration des métaux lourds, pesticides ou PFAS. Mais certains polluants éternels passent à travers les mailles du filtre, comme l’acide trifluoroacétique (TFA), une molécule dérivée de l’herbicide flufénacet, très répandue dans les eaux européennes, et difficile à capter en raison de sa formulation chimique, alertait l’ONG Pan Europe dans un rapport de mai dernier.

L’eau, un produit devenu suspect

Pour échapper au TFA, reste l’osmose inverse, un gros appareil à installer sous l’évier. Cette technique consiste à séparer, grâce à la haute pression et à une membrane semi-perméable, les molécules d’eau de celles indésirables. Mais le coût est à la hauteur du résultat : minimum 500 euros, auxquels il faut ajouter l’entretien, voire l’installation d’un adoucisseur d’eau dans les régions très calcaires. Sans oublier les cartouches de reminéralisation (l’osmoseur supprimant un grand nombre de minéraux), la hausse de la facture d’énergie (liée à la haute pression très énergivore) et celle d’eau (une perte entre 15 et 30 % d’eau à prévoir). N’en jetez plus, la coupe est pleine !

Face à de tels investissements, seuls les plus fortunés pourront-ils prétendre à une eau débarrassée — au moins en partie — des substances toxiques ? C’est la crainte de Régis Taisne, chef du département du cycle de l’eau à la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) : « Il y a un risque de distorsion énorme entre les personnes qui ont les moyens de se payer ces dispositifs, et les autres, estimait-il lors d’une conférence de presse le 11 mars. Or, disposer d’une eau potable est un besoin humain fondamental, essentiel. »

Un avis que partage Rémi Barbier, professeur de sociologie à l’École nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg (Engees). Selon lui, les inégalités ne sont pas seulement sociales, mais aussi spatiales « au regard des capacités des services [publics de l’eau] à assumer des investissements curatifs très coûteux sans hausse délirante du prix de l’eau ».

Pour le sociologue, cet intérêt pour la filtration individuelle « témoigne d’une fragilisation du rapport de confiance patiemment construit qui scellait notre relation aux services publics et d’une entrée de l’eau dans la catégorie (en extension) des produits suspects qui échappent aux protections et réglementations ». L’eau ne représente qu’une voie — et pas la plus importante — de contamination par les micropolluants, rappelle Rémi Barbier. Mais « en arrière-plan, c’est bien la contamination généralisée du monde (eau, sols, air, aliments...) qui est en cause ».

Yves Hemedinger
13/5/2026
Elisabeth Spitz


Pour exprimer les rêves, le ton est toujours ému.
Parfois murmuré comme des mots, parfois confus.
Les rêves peuvent ouvrir des horizons inconnus.
Alors, les laisser vivre sur une page légère
Les serrer contre soi et fermer les paupières.
Dans l’ombre leur accorder cette part de lumière.
Convoquer les souvenirs et même les étoiles perdues.
Rêver encore plus fort pour que l’espérance ne soit plus retenue.
Guy Ritzenthaler

13 mai 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

H16
13/5/2026

Les finances au plus mal mais la voracité fiscale au plus fort

Cette année, Bercy se surpasse : jamais le fisc n’avait été aussi inventif pour tondre toujours plus de contribuables, et toujours plus court.

La scène pourrait être cocasse : dans un bureau anonyme de Bercy, un fonctionnaire zélé fait défiler sur son écran des images satellites de jardins pavillonnaires. Mais attention : notre homme ne traque pas un narcotrafiquant. Non, il vérifie si Mme Ginette n’aurait pas oublié de déclarer son abri de tondeuse de six mètres carrés. Eh oui : la même technologie qui sert ailleurs à repérer des camps d’entraînement djihadistes est ici mobilisée pour détecter les tomates en serre des Français.


Et même si certains agents du fisc s’en inquiétent, signalant en interne des « dérives de l’IA » dans leurs propres contrôles, il faut bien ça pour traquer le terroriste fiscal.

La chasse est bonne : plus de 20.000 piscines repérées, des dizaines de milliers d’abris et (dernière trouvaille du printemps) les serres de jardin. Oui, les serres. Cinq mètres carrés au-delà desquels Mme Ginette aurait dû remplir un formulaire, payer une taxe d’aménagement et voir grimper sa taxe foncière à perpétuité, mais qui va se traduire à cause de l’oubli, par 80 % de pénalités.

Eh oui Mme Ginette, il ne fallait pas tenter de faire pousser des courgettes en douce !

Détail cocasse (mais si, vous allez rire) : certains propriétaires ont vu leur abri de jardin requalifié en résidence secondaire, taxe d’habitation à la clé. Après tout, en Macronie, pourquoi pas ?


Et la taxe foncière elle-même, vaisseau-amiral de l’empire fiscal, a pris 35 % en cinq ans. En Seine-Saint-Denis par exemple, la facture moyenne dépasse 3 600 euros.

Le mouvement ne s’arrête évidemment pas au jardin et s’invite désormais dans le salon, la chambre et le compte courant.

La directive européenne DAC7 oblige Vinted, LeBonCoin, eBay et Airbnb à transmettre automatiquement à la DGFiP les données de leurs utilisateurs dès 2 000 euros de ventes ou trente transactions.

Une mère de famille qui revend les vêtements de ses enfants à perte ? Paf, une fiche et parfois, zou un redressement ! De toute façon, le fichier FICOBA donne à Bercy l’accès aux soldes et mouvements de tous les comptes bancaires.

Et un récent arrêt de la Cour de cassation du 2 avril 2025 permet désormais au fisc, lors d’une succession, de réclamer des droits sur un don familial vieux de quinze ans en se basant sur la valeur actuelle du bien, et non celle du jour du don. Concrètement, un grand-père qui transmet 80 000 euros d’avoirs en 2009 verra ses petits-enfants taxés en 2026 sur 350 000 euros, parce que le bien a pris de la valeur.

Bercy joue le temps long. Bercy a le temps. Bercy attend que ça mûrisse. Il ne fiscalise pas, il disperse, il ventile.


Mais pourquoi, au fond, cette créativité ?

Parce que les caisses sont vides, de façon alarmante pour tous sauf les politiciens.

Rappelez vous, c’était en février 2026 : la Cour des comptes publiait un rapport accablant dans lequel elle détaillait un déficit public à 5,4 % du PIB en 2025 (161 milliards d’euros), une dette à 116,3 points de PIB (soit 3 465 milliards), et une France au troisième rang européen des pays les plus endettés, derrière la Grèce et l’Italie, avec une charge des intérêts seule qui passe de 65 à 74 milliards d’euros en 2026.

La Cour le répète alors : l’objectif des 3 % prévu par les traités européens, autrefois promis pour 2027 puis 2029, ne sera toujours pas atteint avant 2032 au mieux. La Gazette France parle d’objectif « inatteignable ». L’IFRAP, plus brutal, prévoit un déficit 2026 toujours autour de 5,4 %, malgré les 23 milliards d’euros de hausses d’impôts déjà passées en 2025.

Et derrière cette créativité déchaînée, on n’enregistre pas un euro de dépenses en moins.

Voilà le scandale véritable, cyniquement résumé : l’amélioration du déficit en 2025 (16,6 milliards d’euros) a été obtenue par une augmentation de 50,9 milliards d’euros des prélèvements obligatoires. Soit 51 milliards d’impôts en plus pour à peine 17 milliards de moins en déficit. Plus les Français pédalent fort pour conserver l’équilibre, plus la pente se fait raide.

Cependant, on approche de la verticale : la dépense publique primaire (hors dette) augmente de 1,3 % en volume, nettement plus vite que la croissance (0,9 % au mieux), sans que la moindre réforme structurelle ne vienne déranger ces gesticulations.

Aucun ministère fusionné, aucun service supprimé, aucune niche de fonctionnement coupée, aucune baisse des dépenses mais à la place, 20 000 piscines repérées par drone, des serres de jardin hardiment requalifiées, et 46 % des Français désormais soumis à l’impôt sur le revenu, record sur dix ans.


Les prélèvements obligatoires culminent à 47 % du PIB, le plus haut score du monde développé, alors que l’OCDE alerte : cette pression menace désormais la reprise économique elle-même.

Sans blague : la France a plus de 430 impôts et taxes recensés, et le contribuable a maintenant besoin d’un expert-comptable pour gérer son potager.

Pendant ce temps, la Suisse, l’Irlande ou le Luxembourg prospèrent avec une fiscalité plus légère (diaphane même, en comparaison) et des services publics qui, eux, fonctionnent. Le mystère n’est entier que pour les politiciens. Les autres comprennent que ce ne sont pas les recettes qui manquent mais les dépenses qui sont devenues incontrôlables.

Tant qu’aucune volonté politique sérieuse de redresser les finances par la baisse et la rationalisation des dépenses publiques n’émergera, la fuite en avant fiscale ne fera que s’accélérer. Chaque année, un nouveau seuil, une nouvelle case à cocher, un nouveau drone qui survole le jardin, un nouvel arrêt de la Cour de cassation pour aller chercher l’argent dans les successions vieilles de quinze ans ou dans des fonds de tiroirs de plus en plus poussiéreux.

Le budget 2027 s’annonce extrêmement tendu : les surtaxes exceptionnelles auront expiré, l’année présidentielle interdira toute mesure courageuse, le déficit devrait donc flirter – dans la décontraction propre aux abrutis – avec les 6 % du PIB, et la charge de la dette dépassera 100 milliards d’euros à l’horizon 2029.

À ce rythme, la faillite retentissante d’un État jadis riche, jadis admiré, jadis libre, n’est plus un scénario d’économiste excentrique mais un moment inévitable du prochain calendrier républicain.

Au train où vont les choses, Bercy taxera bientôt les regrets.


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Fernando Nuno Pereira Rainho

LES VIOLONCELLADES
Dimanche 17 mai à 17h
Église Saint-Matthieu de Colmar


Organisé par Cello Fans, ce concert réunit près de 40 violoncellistes amateurs, dirigés par Alexandre Kozlik, avec le soutien de jeunes professeurs passionnés.
Au programme : des pièces habituellement chantées, sublimées par le violoncelle, dont la sonorité se rapproche si intensément de la voix humaine.
Un ensemble unique, 100 % violoncelles: c’est aussi spectaculaire qu’émouvant.
Comédie de Colmar

Apéro linguistique
Mardi 26 mai 2026 à 18h
6 route d'Ingersheim, Colmar


Vous parlez (un peu, beaucoup, passionnément) anglais, italien ou allemand ? Autour d’un verre et de quelques spécialités culinaires des différents pays, venez partager une soirée riche en échanges culturels et en convivialité ! En lien avec le spectacle "Discussion avec DS", l’équipe polyglotte de la Comédie lancera la conversation sur le thème de vos actrices de cinéma préférées… mais qui sait vers quels autres sujets s’envoleront ces échanges ?
Entrée gratuite - Le bar est ouvert

Réservation conseillée auprès de Malika Krüger, en précisant la langue pratiquée : production@comedie-colmar.com ou 03 89 20 16 92

12 mai 2026

Yves Hemedinger
12/5/2026

Alors que de nombreuses collectivités reviennent aujourd’hui sur l’extinction totale de l’éclairage public – dernier exemple en date : Strasbourg –, lors des dernières élections municipales notre équipe avait proposé une approche équilibrée et responsable : rétablir l’éclairage public la nuit tout en accélérant massivement le déploiement de l’éclairage LED afin de réduire la consommation énergétique et de diminuer fortement l’intensité lumineuse, sans jamais plonger nos rues dans l’obscurité.
Ainsi, nous pourrions assurer la sécurité, la tranquillité et la qualité de vie des Colmariens tout en répondant aux impératifs d’économies d’énergie et de protection de la biodiversité.
Nous demandons aujourd’hui au Maire de Colmar de bien vouloir mettre en œuvre cette politique.
[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Péonia
11/5/2026

Le monde de l’« art » contemporain expose sa putréfaction à la Biennale de Venise 2026

Progressisme en forme nue, choc et horreur : bassin rempli d’urine des visiteurs dans lequel des « artistes » nagent, femme nue transformée en battant de cloche vivant, récipients à sperme… Le progressisme en pleine décomposition.
Cette édition restera dans les annales comme un concours d’abjection assumée. Les mots d’ordre : obscène, choquer, salir.
Dans le pavillon autrichien, Florentina Holzinger s’est suspendue nue, tête en bas, transformée en battant de cloche qu’elle fait sonner avec son propre corps. Autour, des « artistes » nus se contorsionnent dans un « parc aquatique » alimenté par l’urine des visiteurs, collectée, « purifiée » et recyclée en eau de baignade. Des centaines de personnes ont fait la queue pour uriner dans les toilettes qui alimentent l’aquarium où d’autres performers flottent quatre heures d’affilée, masque de plongée sur le visage. Bonus : salle inondée d’eaux usées marron, femme nue sur jet-ski et corps dénudés agrippés à une girouette géante.
La Pologne propose Langues liquides (« Liquid Tongues ») : un chœur de sourds immergés dans une piscine, imitant les chants de baleines. La Roumanie explore les « intersections entre écologie, politique et ressources naturelles » dans une ode à la mer Noire. Quant au Danemark, il expose sobrement des récipients à sperme pour sa banque de gamètes, dans Things To Come.
Scandales, protestations contre la Russie et Israël, et surtout un festival d’obscénité subventionnée : la Biennale 2026 a parfaitement réussi son pari. L’avant-garde contemporaine n’est plus provocatrice, elle est simplement répugnante. Et fière de l’être.
Votre « art » c’est de la m€rde.


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Michel Spitz

MÉMOIRES ENFOUIES / MITSUO SHIRASHI

L’espace d’art de la Cave de Ribeauvillé accueille « Mémoires Enfouies » de Mitsuo Shiraishi, un artiste au parcours singulier reconnu pour la sensibilité et la profondeur de son œuvre.
Qui ne connait pas Mitsuo Shiraishi ? Peintre et graveur d’origine japonaise, il s’est installé, il y a de nombreuses années en Alsace, d’où il développe un univers singulier, à la croisée des deux cultures. Né au Japon, Mitsuo Shiraishi nourrit son travail d’une riche sensibilité artistique franco-japonaise. Son œuvre est le reflet du dialogue intime entre ses racines orientales et son ancrage européen. A l’issue de ses études à l’école des Beaux-arts de Mulhouse, il fait la rencontre décisive de Rémy Bucciali, fondateur des éditions Bucciali à Colmar, qui imprime et diffuse des estampes d’artistes. Mitsuo y travaillera vingt ans, orfèvre en matière de gravure, il sera le conseiller précieux de nombreux artistes, tout en développant sa propre carrière et en exposant dans de nombreuses foires et galeries.
De son Japon natal, l’artiste a conservé un goût très prononcé pour la représentation de la nature. Il campe des atmosphères inspirées de l’héritage asiatique et de ses voies les plus traditionnelles et sacrées Il nous transporte dans un monde que nous ne pouvons imaginer que dans nos rêves fugaces, empreints de bizarreries. Toujours joueur, Mitsuo Shiraishi s’amuse à nous perdre en chemin, à travers des routes sinueuses, des labyrinthes, des toiles d’araignées, des lignes qui fuient. Il y oppose l’espace du minéral construit à celui, sauvage et végétal. Ses lieux sont parsemés d’objets hétéroclites, où les jeux (manège, tobogan, balançoire, échec…) tiennent une place privilégiée : « Il y a un côté très enfantin que je garde en moi, mais je porte un regard d’adulte sur le souvenir et le vécu » précise-t-il. Son jeu favori, est de rendre visible l’invisible, de rendre présent l’absent, c’est-à-dire l’humain, dont son œuvre est curieusement dépourvue. Pourtant, tout nous laisse à penser à la permanence de cette présence et dont l’absence est source de toutes nos questions, de toutes nos inquiétudes en nous renvoyant à l’essence de notre existence. Nulle date, quelque part, ou partout… Quelques traces humaines, parfois facétieuses, des halos de lumière dans la pénombre qui prennent le dessus et nous mettent en joie.
L’exposition « Mémoires Enfouies » de Mitsuo Shiraishi, présentée à la Cave de Ribeauvillé, reflète l’exploration des thèmes universels de la mémoire et du temps, invitant chaque spectateur à une expérience contemplative profonde.
Du 28 mars au 28 juin 2026, la Cave de Ribeauvillé ouvre ses portes à cette exposition exceptionnelle. Dans un cadre où patrimoine viticole et création contemporaine se rencontrent, les œuvres de Mitsuo Shiraishi dialoguent avec l’histoire et l’architecture de la cave.



















11 mai 2026

Rotary Colmar Rhin

Une soirée exceptionnelle vous attend…
Laissez-vous emporter par la puissance et l’émotion du gospel lors d’un concert exceptionnel.
Des voix vibrantes, une énergie communicative, et une ambiance chaleureuse qui vous fera frissonner…

le 30 mai à 20h

en l'Église Saint-Matthieu de Colmar

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gilles Casanova
10/5/2026


Depuis quelques années, nous sommes soumis en Europe occidentale à un véritable Niagara médiatique révisionniste destiné à nous faire croire que la Seconde Guerre mondiale aurait été gagnée essentiellement par les forces américaines et britanniques, et que cette guerre n’aurait opposé, au fond, que deux figures du mal : quelques Allemands antisémites menés par un dirigeant dément, et surtout les communistes soviétiques.
La réalité historique est pourtant connue. Alors que le front anglo-américain s’étendait sur quelques centaines de kilomètres, c’est sur plus de 6 000 kilomètres que se déployait le front de l’Est, où l’Union soviétique affrontait l’essentiel des forces du Reich allemand. C’est là que s’est jouée la défaite d’Hitler et du nazisme ; c’est là que se trouvait l’enjeu décisif de cette guerre.
Pourquoi, dès lors, les dirigeants des grands pays d’Europe occidentale racontent-ils aujourd’hui une autre histoire ?
Ce n’est pas que leur mémoire défaille. Ce n’est pas davantage que la propagande hollywoodienne leur aurait fait croire que la Seconde Guerre mondiale bascula le 6 juin 1944, alors que le tournant militaire majeur fut évidemment la bataille de Stalingrad. Non. S’ils réécrivent ainsi le passé, c’est qu’ils regrettent profondément la manière dont la guerre s’est achevée.
Et c’est autour de ce regret que communient aujourd’hui :
– des dirigeants allemands qui renouent avec une tonalité militariste que l’on croyait disparue ;
– des dirigeants britanniques demeurés fidèles à l’alignement atlantiste et au soutien des interventions bellicistes américaines ;
– des dirigeants français qui voient, comme jadis certains à Vichy, dans la domination allemande le seul moteur possible de la « Grande Europe » censée les préserver du face-à-face terrible avec leur propre peuple.
Au fond, ils considèrent que la Seconde Guerre mondiale s’est mal terminée. Ils auraient voulu qu’elle débouche sur le succès des tentatives de paix séparée entre le IIIe Reich et les Anglo-Américains, afin de retourner ensuite leurs forces unies contre l’Union soviétique, d’abattre le communisme et d’affaiblir durablement la Russie.
Certes, la tentative menée par Heinrich Himmler échoua faute de crédibilité politique. Mais l’Opération « Sunrise » faillit, elle, aboutir. Ces négociations secrètes conduites en Suisse entre Allen Dulles, chef de l’OSS (les services secrets des USA à l'époque) à Berne, et le général SS Karl Wolff visaient à organiser une capitulation allemande séparée. Lorsque le plan commence à se mettre en œuvre effectivement et que les troupes allemandes d’Italie capitulent, les soviétiques comprennent la tentative de retournement d'alliance et menacent suffisamment pour écraser l'opération
Voilà le regret qui les hante.
Voilà aussi pourquoi ils soutiennent aujourd’hui en Ukraine des mouvements se réclamant de l’héritage de Stepan Bandera, fervent combattant allié au régime nazi. Voilà pourquoi, depuis des décennies, tant d’anciens responsables issus de l’appareil politique ou administratif du Reich ont été recyclés dans les structures occidentales puis européennes, avant d’être relayés aujourd’hui par leurs héritiers, qui se révèlent l'être aussi au plan politique et idéologique…
La volonté de l’État profond américain, de Keir Starmer, d’Emmanuel Macron ou de Friedrich Merz serait de reprendre le cours interrompu de l’Histoire : effacer l’échec de ces tentatives infructueuses passées et préparer une grande confrontation occidentale contre la Russie.
C’est le sens du réarmement qu’ils organisent ; c’est le sens des discours du Chancelier allemand ; c’est le sens aussi de l’alignement d’Emmanuel Macron lorsqu’il envisage de donner l’arme nucléaire française à l’Allemagne, alors même que cette force de dissuasion fut conçue, historiquement, pour préserver la France de toute nouvelle occupation de son territoire, occupé par trois fois par l'Allemagne.
Nous ne sommes donc pas confrontés à des dirigeants momentanément oublieux, mais à des responsables politiques mus par une vision historique assez cohérente.
C’est ce qui expliquerait, par exemple, l’interdiction faite par les autorités allemandes aux représentants russes d’assister aux commémorations de la libération des camps nazis construits par l'Allemagne et libérés par l’Armée rouge, ainsi que le silence des gouvernements français et britannique devant une telle décision. Et cet exemple n’est qu’un parmi beaucoup d’autres observables depuis une dizaine d’années.
Voilà ce que sont devenus nos dirigeants. Voilà ce qu’ils voudraient imposer.
Dans un an, la France aura la possibilité d’en changer. Mais, pour l’heure, peu de voix puissantes semblent encore capables de s’opposer à ce révisionnisme désormais actif, assumé et politique.
C’est pourtant une urgence.

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Orchestre National de Mulhouse

Impressions françaises - Concert symphonique - Ravel + Debussy + Pahud + Koncz

Vendredi 22 mai 2026 à 22h


MAURICE RAVEL - Tombeau de Couperin
JACQUES IBERT - Concerto pour flûte
CLAUDE DEBUSSY - Danse (Tarentelle styrienne) - Nocturnes

Christoph Koncz, direction
Emmanuel Pahud, flûte
Choeur de Haute Alsace
Catherine Bolzinger, cheffe de chœur

De Debussy à Ibert : un voyage à travers trois générations de musique française

La musique française montre sa diversité dans ce programme couvrant trois générations. Debussy déploie son orchestre capiteux dans les Nocturnes (1899), partition maîtresse de l’impressionnisme musical : les métamorphoses lentes et hypnotiques de Nuages, l’ivresse rythmique de Fêtes, les sonorités ensorcelantes des Sirènes, incarnées par un chœur de femmes à bouche fermée. Dans l’immédiat après-guerre, Ravel pleure ses amis morts au front tout en renouant avec les danses baroques.

Emmanuel Pahud, flûte solo à l’Orchestre philharmonique de Berlin, fera valoir sa virtuosité et sa sonorité exceptionnelles dans le concerto d’Ibert, où deux mouvements très Années folles encadrent un Andante au doux lyrisme, d’une beauté à couper le souffle.
À l’issue du concert, Christoph Koncz viendra à la rencontre du public, dans le hall de La Filature. Une occasion d’échanger avec lui autour d’un verre.

La Filature, 20 allée Nathan Katz à Mulhouse
Nathalie Aubert
11/5/2026

Encore une banque qui ferme au centre-ville de Colmar… Une de plus...
Je me désole de voir notre cœur de ville se vider progressivement de ses services de proximité et de ses habitants.
Les banques ferment, les distributeurs automatiques disparaissent, et les Colmariens doivent désormais quitter le centre-ville pour simplement retirer de l’argent.
Une véritable tristesse.
Pendant ce temps, rien n’est fait pour enrayer cette désertification commerciale et humaine.
Pourtant, des solutions existent.
Dans notre programme, nous proposions notamment de reprendre le dialogue avec les grandes enseignes et travailler à l'échelle de l'agglomération pour les inciter à venir au centre-ville. De favoriser l'implantation d'enseignes de téléphonie mobile ou encore de commerces de proximité.
De faciliter le stationnement avec une heure gratuite, ainsi que créer des petits parkings de proximité pour les personnes à mobilité réduite.
Notre groupe ne sera jamais dans le renoncement et sera force de propositions au sein du conseil municipal dans l’intérêt des Colmariens afin que soient étudiées des solutions.
Un centre-ville vivant ne peut pas survivre sans commerces, sans services et sans accessibilité.
Il est temps d’agir pour améliorer enfin le quotidien des Colmariens.

Photo Nicolas Pinot / DNA