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24 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Georges Kuzmanovic
23/8/2026

AMFIS 2026 : Mélenchon entre en campagne et promet une VIe République écologique, sociale et populaire

Lors des AMFIS 2026, dans la Drôme, Jean-Luc Mélenchon a lancé sa bataille présidentielle autour de l’écologie, de la justice sociale et de la refondation de l’État. Un projet ambitieux, mais où la question de la réindustrialisation, de l'international et de l'Union européenne sont largement absents

Jean-Luc Mélenchon, discours de clôture des AMFIS2026, Châteauneuf-sur-Isère, 23 août 2026 © Image tirée de la vidéo du discours

Les AMFIS de La France insoumise se sont déroulés près de Valence dans la Drôme, du jeudi 20 au dimanche 23 août. Quatre jours de débats, de formations et de rencontres au bord du lac de Châteauneuf-sur-Isère, avec une l'ambition de lancer véritablement la bataille de l’élection présidentielle de 2027.
LFI revendiquait cette année 23 sessions de formation, 79 conférences, sept « temps forts », huit grands entretiens et une importante programmation culturelle. Le mouvement avait annoncé plus de 4 000 inscrits dès la fin juillet, puis quelque 7 000 participants, tandis que les organisateurs revendiquent plus de 10 000 personnes pour le meeting final.
Si ce chiffre est difficile à vérifier, il apparaît clairement que le public militant était au rendez-vous en nombre et que LFI a rassemblé ses forces avant la confrontation présidentielle de cette année, offrant à voir un de ses atouts constitué au fils de trois présidentielles : sa force militante justement.

Pour Jean-Luc Mélenchon, l’objectif est désormais limpide, s’imposer comme le candidat naturel de la gauche et parvenir, après avoir échoué à quelque 420 000 voix du second tour en 2022, à franchir cette fois l’obstacle. Comme à son habitude, il ne veut entendre parler d’aucune « primaire de la gauche » – on peut d’ailleurs lui reconnaître que ce type d’exercice a souvent davantage produit de divisions que d’unité et se soit avéré stérile – et considère que la question doit être tranchée directement par les électeurs. Sur son chemin se trouvent donc d’abord les autres candidats déclarés ou potentiels de gauche. Fabien Roussel, François Ruffin, désormais tricard chez les Insoumis – ces deux là seront immédiatement et en priorité attaqués. Raphaël Glucksmann, mais aussi l'hypothèse François Hollande, éternel adversaire idéologique et personnel de Mélenchon... avec ce clin d'œil de l’histoire que c'est en participant à la constitution du Nouveau Front Populaire en 2024, Mélenchon a contribué de facto aux conditions qui ont permis à l’ancien président de retrouver un siège de député et, avec lui, une place dans le jeu politique national.

Des AMFIS tournés vers 2027

Tout, à Châteauneuf-sur-Isère, respirait la présidentielle. Des maillots de football « Mélenchon 27 » étaient vendus sur place et le mouvement a multiplié les appels aux « parrainages citoyens », tout en préparant déjà la véritable bataille des 500 signatures d’élus nécessaires pour accéder au scrutin. Dans le meeting de clôture, les animateurs ont ainsi lancé un défi, celui de dépasser les 350 000 soutiens citoyens et mobiliser les militants afin qu'ils démarchent les maires. « Nous avons un programme, nous avons une équipe, nous avons un candidat », résumait-on à la tribune avant l’arrivée de Mélenchon.

Ces AMFIS ont cependant été davantage qu’un simple rassemblement militant. LFI cherche depuis plusieurs années à construire autour d’elle un véritable écosystème politique et culturel. Économistes, universitaires, écrivains, artistes, militants écologistes et responsables associatifs ont participé aux débats. Frédéric Lordon, Pierre Lemaitre, Éric Vuillard ou encore Didier Fassin figuraient notamment parmi les invités annoncés, tandis que l’Institut La Boétie – structure fondée par la France Insoumise pour rassembler les compagnons de route, comme boîte à idée et comme source de financement – occupait une place importante dans le dispositif.

Le meeting final lui-même a été construit pour illustrer cette volonté d’agrégation. Avant Mélenchon sont intervenus des représentants du monde culturel et militant, dont l’écrivain Pierre Lemaitre et l’activiste écologiste Marie Chourau. Cette dernière a défendu une écologie explicitement « anticapitaliste », « antiraciste » et « antifasciste », réclamant notamment un moratoire sur les mégabassines et certains grands projets d'infrastructures, la lutte contre l’artificialisation des sols et une remise en cause de l’agro-industrie.

« La victoire est possible »

Puis Jean-Luc Mélenchon monte à la tribune avec un message central, « La victoire est possible », soulevant fort logiquement l'enthousiasme des militants présents. Il présente l’élection de 2027 comme un moment de bascule historique et reprend l’une de ses constructions politiques favorites, la bipolarisation du pays entre un « pôle populaire » qu’incarnerait LFI et un bloc adverse réunissant progressivement le centre, la droite et l’extrême droite. « C'est eux ou nous. Il n'y a rien au milieu ».
C'est largement une extrapolation marquant surtout la volonté de Mélenchon de fixer l'attention de l'élection présidentielle sur ce second tour idéalisé, la réalité du pays est celle d'une tripartition de la vie politique avec un bloc central – ou plutôt extrême centre néolibéral, atlantiste et européiste – que là encore, Le Nouveau Front Populaire a contribué à sauver, en particulier les députés macronistes. Par ailleurs, le RN dispose, lui aussi, sinon plus encore, d'un vote populaire sociologiquement identifié.

Mélenchon refuse explicitement de faire du nombre de candidatures à gauche le problème central. Selon lui, l’histoire montre qu’il y en eut beaucoup, y compris lors des victoires de 1981 et 1988. « Ce qui compte et qui est le plus important, ce n'est pas le nombre de candidatures, c'est le nombre d'électeurs », explique-t-il. Son objectif n’est donc pas l’unité préalable des appareils mais une « unité populaire » réalisée directement dans les urnes autour d’un programme de rupture.
Cela a le mérite de la clarté, d'autant que Jean-Luc Mélenchon est un tribun accompli qui n'a rien perdu de sa verve et de son talent oratoire, clairement le meilleur et de loin, relativement à tous les autres candidats déclarés ou supposés.

C’est aussi une manière de signifier à ses concurrents qu’il n’entend négocier ni sa candidature ni l’essentiel de son programme.

Censure du budget 2027 et relance par la demande

Sur l’économie, Mélenchon commence par l'annonce d'une bataille politique immédiate, en annonçant que les députés insoumis censureront le gouvernement de Sébastien Lecornu sur le budget 2027, estimant que les nouvelles réductions de dépenses promises précipiteraient une économie française déjà « sur le fil du rasoir de la récession ».
Certes, le budget que présentera Lecornu sera aux antipodes idéologiques des Insoumis, mais... la manœuvre est aussi habille : Mélenchon, entre les lignes, annonce que ceux qui ne voteront pas cette motion de censure annoncée, et en premier lieu les députés socialistes, se feront les défenseurs d'Emmanuel Macron et de son gouvernement. Soit ces députés votent contre la motion de censure, sauvent Lecornu et se discréditent complètement pour la suite de l'élection présidentielle (« coucou François Hollande »), soit ils la soutiennent et se rangent symboliquement derrière Mélenchon et les Insoumis qui mènent la bataille – et pour la prochaine élection législative, il ne fera pas bon, à gauche, de s'être opposé à Mélenchon.

Face à la dette et au déficit, il récuse l’austérité et promet au contraire de « remettre de l’ordre dans les comptes publics » par une politique de recettes nouvelles et de relance. Il veut faire davantage contribuer les grandes fortunes et les multinationales, taxer les superprofits, supprimer certaines niches fiscales, augmenter les salaires pour relancer la consommation populaire et soutenir l’investissement. Il reprend également sa proposition de placer certaines dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne « au congélateur », en commençant par les dettes accumulées pendant la période du Covid.

Les principales propositions ou orientations avancées pendant le meeting peuvent ainsi être résumées :
• censurer le projet de budget 2027 du gouvernement Lecornu ;
• accroître l’imposition des grandes fortunes, des multinationales et des superprofits ;
• augmenter les salaires afin de soutenir la consommation populaire et l’activité ;
• supprimer des niches fiscales considérées comme inefficaces ou « prédatrices » ;
• demander à la BCE de neutraliser une partie de la dette publique, notamment celle héritée du Covid ;
• généraliser une véritable planification écologique ;
• produire en France des bombardiers d’eau et renforcer les moyens de la sécurité civile ;
• créer une « conscription écologique » alimentant une réserve mobilisable en cas de catastrophe ;
• transformer les régions actuelles en « écorégions », organisées principalement autour des bassins versants ;
• confier à ces écorégions des compétences sur l’eau, les forêts, les sols, les littoraux, les mobilités, l’économie circulaire et la santé environnementale ;
• reconstruire un État républicain stable et impartial et limiter les passages des hauts fonctionnaires vers le privé ;
• instaurer la VIe République, le référendum d’initiative citoyenne et le référendum révocatoire.

Programme plutôt cohérent, même si, comme avec le programme du Nouveau Front Populaire en 2024, il n'apparaît pas clairement comment « accroître l’imposition des grandes fortunes, des multinationales et des superprofits »... Quarante années de néolibéralisme, de libre-échange, de paradis fiscaux, et d'évolution des outils informatiques et numériques rendent cet objectif déclaratif quasiment impossible à réaliser dans ces termes.

Jean-Luc Mélenchon est aussi resté étonnement assez réservé sur le nucléaire, qui n'est cité qu'une seule fois dans le discours, alors que dès 2018, et dans le but de pouvoir coopérer avec les écologistes d'EELV, la France Insoumise se donnait comme objectif de sortir totalement du nucléaire. La crise énergétique, aggravée par les guerres d'Ukraine et d'Iran, est passée par là, et puis, Jean-Luc Mélenchon qui veut « en même temps » conserver la dissuasion nucléaire sait fort bien qu'il n'y a pas de nucléaire militaire sans nucléaire civil – une petite contradiction que la dissonance cognitive naturelle du militant obère. Donc une petite entaille contre le nucléaire qui fait plaisir au petit cœur du militant EELV moyen présent en force aux AMPHIS2026 : « Voyez le nouveau programme nucléaire de monsieur Macron. Comme si le problème du refroidissement des centrales et la baisse des débits des cours d'eau n'existaient pas. que de temps, que d'argent perdus pour les énergies renouvelables »... oubliant les investissement massif sous Macron dans les énergies renouvelables (et à mauvais escient) et ignorant les centrales au Thorium, projet abandonné par son ennemi François Hollande, alors Président et là encore pour complaire à EELV. Clin d'œil de l'histoire, la Chine, que Jean-Luc Mélenchon admire, développe, elle, et à bon escient, des énergies renouvelables (en fait autant que le reste de la planète), mais aussi... des dizaines de centrales nucléaires dont deux centrales au Thorium dans des zones arides, comme le désert de Gobi, car cette technologie ne nécessite pas de refroidissement par eau.
Ce n'est pas avec Mélenchon Président que le nucléaire français sera relancé, ni donc son indépendance énergétique.

Une gauche de transformation… mais où est passée la production ?

On ne s'étonnera pas de ma lecture républicaine, sociale, gaullienne, aussi marxiste, du discours de Jean-Luc Mélenchon qui fait apparaître à la fois sa force et sa principale faiblesse.

Il faut d’abord reconnaître à Mélenchon une conception de l’État beaucoup plus structurée que celle d’une large partie de la gauche contemporaine. Son attaque contre le démantèlement néolibéral des administrations, la privatisation rampante des missions publiques, le recours aux cabinets de conseil, le pantouflage ou l’idée d’un spoils system à l’américaine touche à une question fondamentale, celui d'un État qui n’est pas seulement une machine administrative, mais l’instrument par lequel la nation transforme une volonté politique en action collective – il y a là chez Mélenchon de la grandeur et une vision, si rare chez les autres candidats. Mélenchon le dit d'ailleurs presque dans ces termes, l’État a historiquement permis à la nation française de devenir « une conscience collective, une volonté collective ».

Cette conception peut rencontrer une tradition républicaine et même, sur certains aspects, gaullienne avec la primauté de l’intérêt général, la continuité de l’État, l'indépendance de la haute fonction publique, le refus de sa capture par les intérêts privés et restauration de capacités de planification. Sa critique du spoils system proposé par Gabriel Attal est à cet égard pertinente : un État républicain n’est ni la propriété d’un parti ni celle d’une caste administrative, il doit être capable de mettre loyalement ses compétences au service du gouvernement légitimement choisi par le suffrage universel.

Mais une question considérable demeure presque absente de ce discours : que produit la France, comment le produit-elle et comment recommence-t-elle à produire massivement ?

Mélenchon parle beaucoup de redistribution de la richesse, de fiscalité, de consommation, de services publics, de protection des biens communs et de planification écologique. Il évoque certes la nécessité de changer « nos manières de vivre, de produire et d’échanger » et avance quelques propositions productives concrètes, notamment la fabrication française de bombardiers d’eau et la relance des métiers de la filière bois. Mais il ne place pas au cœur de son raisonnement la reconstruction de l’appareil productif français.

Or c’est précisément là que devrait se situer l’un des piliers d’une gauche républicaine de gouvernement. On ne redistribue durablement que ce que l’on produit. On ne finance ni l’hôpital, ni l’école, ni l’armée, ni la transition écologique, ni la Sécurité sociale uniquement en taxant davantage un stock de richesse existant et en chassant « les riches » comme des papillons. Il faut créer de nouvelles richesses, produire des machines, de l’énergie, des médicaments, des trains, des semi-conducteurs, des véhicules, des équipements agricoles, des matériaux et des biens industriels. La souveraineté politique elle-même devient largement fictive lorsque le pays dépend de l’étranger pour ses approvisionnements essentiels.

La planification écologique proposée par LFI gagnerait donc à devenir également une planification industrielle et productive. De Gaulle avait le Plan, une politique énergétique, de grands programmes industriels et technologiques et une conception de l’État stratège. La gauche républicaine d’après-guerre partageait largement cette culture de la production. Or, dans le discours de Mélenchon, la production apparaît surtout à travers ses externalités écologiques et la nécessité de transformer les modes de consommation, beaucoup moins comme la condition matérielle de l’indépendance nationale et du progrès social.

Cette faiblesse est d’autant plus frappante que Mélenchon identifie correctement la décomposition de l’État. Mais reconstruire l’État sans reconstruire simultanément l’appareil productif risque de donner à la puissance publique davantage de missions sans lui restituer la base économique permettant de les financer.

Il est bien mort « le plan B »

Notons également que l'Union européenne est aux abonnés absents dans ce discours : elle est critiquée dans le cadre de la crise des incendies de cet été et dans sa volonté de financer des armes de guerre (ce qui est par ailleurs juste), mais rien sur son rôle dans la paralysie de la France, de son industrie. Déjà avec le programme du Nouveau Front Populaire, comme avec le programme du Parti Socialiste présenté (ailleurs) par Chloé Ridel, des économistes de gauche avaient critiqué ce silence gêné en des termes relativement acerbes : quasiment rien de ce programme n'est réalisable dans le cadre du fonctionnement actuel de l'Union européenne.

Il faut rappeler que le « plan B » européen constituait en 2017 un verrou stratégique de L’Avenir en commun, et non une proposition secondaire parmi d’autres. Il a aujourd'hui disparu du programme de la France Insoumise, remplacé par un vague « changer l'Europe de l'intérieur » que ressasse le Parti Socialiste et ses épigones depuis plus de trente ans sans réellement y croire.
Dans l’édition présidentielle de 2017, dont l’introduction était signée par Jean-Luc Mélenchon lui-même, la question européenne était posée comme une condition de possibilité du programme. LFI partait du constat que nombre de ses mesures – politique budgétaire expansive, investissements publics, protectionnisme, harmonisation sociale et fiscale, intervention accrue de l'État ou modification du rôle de la BCE – entreraient en contradiction avec les traités et les règles européennes existantes. Le programme comportait d'ailleurs une partie explicitement intitulée « L'Europe en question, sortir des traités européens ».

La doctrine tenait dans une formule particulièrement claire : « L’UE, on la change ou on la quitte. » Elle reposait sur deux étapes. Le plan A consistait à engager, une fois au pouvoir, un rapport de force avec les autres États membres afin d'obtenir une sortie concertée des traités européens existants, suivie de la négociation de nouvelles règles avec les pays qui le souhaiteraient. Mais cette négociation n'avait de sens, selon Mélenchon, que parce qu'elle était accompagnée d'une menace crédible : le plan B.
Le plan B, en cas d'échec des négociations, consistait donc à ce que la France sorte unilatéralement du cadre des traités européens et propose de nouvelles formes de coopération aux États disposés à la suivre. Mélenchon le disait lui-même dès 2016 : pour la France, le plan A était une sortie collective des traités et le plan B une sortie individuelle. Il ne s'agissait donc pas nécessairement d'un « Frexit » conçu sur le modèle britannique, c'est-à-dire d'un repli national suivi d'une rupture de toute coopération européenne, l'idée était plutôt de désobéir puis de s'affranchir du cadre juridique existant pour reconstruire d'autres coopérations européennes – largement préparée alors lors des « sommet européen du plan B ». La décision finale devait être soumise au peuple français par référendum.

C'était surtout la cohérence politique fondamentale du dispositif : sans possibilité réelle de rompre, le plan A perdait l'essentiel de sa force de négociation – très exactement ce dont avait souffert la Grèce de Tsipras en 2015 lors des négociations face à Troïka, comme l'expliquait alors Yanis Varoufakis. Mélenchon l'expliquait encore pendant la présidentielle : il fallait que les partenaires européens sachent que, si les négociations échouaient, « la France s'en ira ». L'expérience grecque de 2015 était précisément à l'origine de cette doctrine : après la capitulation du gouvernement Tsipras devant ses créanciers, Mélenchon et Éric Coquerel avaient estimé qu'une gauche arrivée au pouvoir ne devait plus jamais se retrouver sans solution de rechange face aux institutions européennes.

Autrement dit, le message de 2017 était beaucoup plus radical que la ligne européenne progressivement adoptée ensuite par LFI : cette Europe, on la change ou on la quitte. Et ce préalable était déterminant, car l'idée était bien que, sans rupture avec les traités si leur renégociation échouait, une partie substantielle de L'Avenir en commun ne pourrait tout simplement pas être appliquée. Ce n'était donc pas seulement une position sur l'Europe, c'était la clé de voûte permettant de rendre crédible l'ensemble du programme de rupture. Cette stratégie Plan A / Plan B fut encore revendiquée officiellement par LFI après 2017 comme nécessaire pour pouvoir appliquer L'Avenir en commun.

Clairement, tout cela a été oublié et enterré et le programme de la France Insoumise fait face là à une contradiction majeure et une réelle inopérabilité.

L’écologie comme nouvelle architecture de l’État

Le cœur doctrinal du discours est ailleurs, dans l’écologie. Mélenchon consacre une grande partie de son intervention aux incendies, aux canicules, à l’eau, aux forêts et à la santé environnementale. Le changement climatique n’est plus présenté comme une politique sectorielle mais comme le phénomène qui doit déterminer l’organisation générale du pays. La « planification écologique », dit-il, n’est désormais plus seulement une « ardente obligation », mais une « exigence de survie ». Il faut dire que le cœur du dispositif militant de la France Insoumise est composé d'une jeunesse bourgeoise et petite-bourgeoise, souvent en voie de déclassement, mais intellectualisée, catégorie sociologique particulièrement intéressée par l'écologie et également la plus sujette à « l'éco-anxiété » – Mélenchon fédère d'abord ses troupes.

Mais le discours déploie quelques idées intéressantes. La proposition la plus originale est celle des « écorégions ». Il s'agirait de régions administratives actuelles, amis restructurées autour des bassins versants. Ces nouvelles collectivités auraient la responsabilité de l’eau, de l’air, des forêts, de la fertilité des sols, des côtes, des mobilités, de l’économie circulaire et d’une partie de la santé environnementale. Mélenchon envisage même de leur accorder un pouvoir normatif, à condition qu’il ne permette aucune régression par rapport à la législation nationale... au risque d'aggraver le mille-feuille administratif qui rend fou nombre de Français.

L’idée est ambitieuse, mais elle soulève là encore une interrogation républicaine. Organiser certaines politiques environnementales autour des réalités physiques des bassins versants est rationnel. Faire de ces espaces le principe structurant de l’organisation territoriale de la République est beaucoup plus discutable. Une nation et ses collectivités ne sont pas uniquement des écosystèmes, elles sont aussi le produit d’une histoire, d’une géographie humaine, d’infrastructures, de solidarités économiques et d’une construction politique. À trop vouloir faire correspondre l’organisation politique aux écosystèmes naturels, on risque de substituer une logique environnementale à la logique historique et civique qui structure la République.

Reconstruire « l’État républicain »

La dernière partie du discours est probablement la plus républicaine. Mélenchon décrit un État français devenu « l’ombre de lui-même » après des décennies de recul des services publics et neuf années de macronisme. Il prend l’exemple de la facturation électronique obligatoire : si l’État impose une nouvelle obligation à un artisan ou à un petit commerçant, affirme-t-il, il doit fournir le service public permettant de s’y conformer, plutôt que de contraindre l’intéressé à acheter une prestation sur le marché.

Il réclame un État « impartial », dans lequel un citoyen ne serait jugé ni selon ses opinions politiques, ni selon son adresse, ni selon sa couleur de peau, un État stable, disposant de fonctionnaires protégés de la précarité, mais également un État placé sous le contrôle d’un peuple rendu « souverain en permanence » par le référendum d’initiative citoyenne et le référendum révocatoire.

Sur ce terrain, Mélenchon retrouve une veine ancienne de son discours, celle du républicanisme social, de la souveraineté populaire et de la critique du dépérissement de l’État sous l’effet du néolibéralisme, peut-être une des plus grandes forces de son discours. Mais, elle cohabite toutefois désormais avec un discours beaucoup plus marqué par les catégories militantes de la gauche identitaire contemporaine, omniprésentes dans plusieurs interventions ayant précédé la sienne. Les AMFIS auront ainsi juxtaposé deux cultures politiques : celle de la République sociale et de l’État, que Mélenchon continue de mobiliser, et celle des luttes intersectionnelles, antiracistes, décoloniales et identitaires qui occupe désormais une place considérable dans l’écosystème militant insoumis.

L’international est quasiment absent

Autre surprise de ce discours de lancement présidentiel, l’international est quasiment absent. Mélenchon évoque certes en quelques phrases le bouleversement des équilibres mondiaux, affirme que « Trump et Netanyahu sont défaits en Iran » et que « Poutine est enlisé en Ukraine » [en conformité avec ce que se dit dans les médias en Occident et qui est complètement en décalage avec la réalité du terrain et de l'aspect économique et géopolitique de la guerre], puis concentre ses critiques – en toute logique compte tenu de la sociologie militante de ces AMPHIS2026 – sur Gaza, Israël et l’alignement diplomatique d’Emmanuel Macron. Mais il ne développe ni doctrine pour l’Ukraine, ni proposition de règlement du conflit, ni architecture de sécurité européenne [un des arguments au cœur de ses campagnes de2017 et 2022 et clairement nécessaire], ni véritable stratégie concernant l’Iran et le Moyen-Orient. Plus étonnant encore, la paix, élément structurant et fort du mélanchonisme, n’est pas structurée comme un grand axe programmatique du discours, alors même que les guerres se multiplient, que le risque d’escalade entre grandes puissances s’accroît et que les questions diplomatiques, militaires et nucléaires relèvent directement des prérogatives essentielles du président de la République. Il eut été facile et logique d'invoquer la mémoire de Jean Jaurès, mais non...

Le contraste avec les AMFIS de 2025 est d’autant plus remarquable. Un an plus tôt, Mélenchon avait consacré une place importante à l’Ukraine et s’était montré, assez étonnement, extrêmement critique envers Volodymyr Zelensky, allant jusqu’à déclarer, « Il n’est président de rien », en référence à l’expiration de son mandat électif initial – or c'est maintenant que des pans importants du peuple en Ukraine demandent son départ et la tenue d'élections alors qu'explosent de multiples scandales de corruption. Il posait alors explicitement la question de savoir qui disposerait de la légitimité nécessaire pour signer un accord de paix, plaidait pour de nouvelles élections en Ukraine et défendait l’idée que d’éventuelles modifications territoriales devraient être soumises aux populations concernées. Il avait également contesté la thèse d’une Russie se préparant à attaquer le reste de l’Europe. Sa position avait suscité une vive polémique, y compris à gauche. En 2026, presque tout cela a disparu, l’Ukraine se résume, dans ce discours, à quelques mots sur l’enlisement de Poutine. On appelle cela « enjamber la question »

Pourquoi un tel effacement ? Mélenchon craint-il que ses positions internationales deviennent un handicap dans la campagne présidentielle qui commence ? Après les controverses suscitées par ses déclarations sur l’Ukraine, mais aussi par les accusations récurrentes de ses adversaires sur les positions internationales de LFI, peut-être préfère-t-il déplacer le centre de gravité de son discours vers des terrains jugés électoralement plus favorables, écologie, services publics, fiscalité, VIe République et critique du macronisme. Ce n’est à ce stade qu’une hypothèse, ce discours du jour ne permet évidemment pas d’établir les raisons de ce choix, mais l’écart avec 2025, et avec les position antérieures de Mélenchon, est suffisamment important pour que la question soit posée.

Cette discrétion est d’autant plus paradoxale que Mélenchon a longtemps fait de l’indépendance diplomatique de la France, du non-alignement et de la sortie de l’OTAN des marqueurs importants de son identité politique. Ainsi, là encore c'est une surprise, pas un mot sur les BRICS qui étaient au cœur de sa doctrine géopolitique depuis des années et toujours évoqués dans ses discours. À l'heure où l'Europe se réarme, où la guerre en Ukraine demeure ouverte et où le Moyen-Orient connaît une succession d'affrontements qui entraîneront au minimum une grave crise économique en Europe et donc en France, on aurait pu attendre d'un candidat qui ambitionne l'Élysée qu'il explique quelle politique de paix, quelle diplomatie et quelle indépendance stratégique il entend proposer à la France. Sur ces sujets comme sur la réindustrialisation, les AMFIS 2026 laissent donc, pour l'instant, une partie importante du projet présidentiel dans l'ombre.

« Ce n’est pas une affaire d’unité des appareils »

Reste enfin la stratégie. Mélenchon ne croit pas à une réconciliation préalable de la gauche. Il entend la dépasser. Son raisonnement est cohérent avec toute la stratégie développée depuis 2017, celle de constituer un « pôle populaire » suffisamment puissant pour absorber une partie de l’électorat des autres gauches, mobiliser les abstentionnistes et accéder directement au second tour. Les dernières législatives de 2022 et de 2024, la NUPES et le Nouveau Front Populaire donnent raison à Mélenchon : la France Insoumise y est centrale et point d'élection de député sans elle ; elle est la principale force à gauche

« C'est la part de responsabilité de chacun et ce n’est pas une affaire d’unité des appareils politiques », affirme-t-il. La rupture doit au contraire rester « nette » et « claire ». Autrement dit, pas question de diluer L’Avenir en commun dans un compromis avec les socialistes, les communistes ou les sociaux-démocrates pour obtenir une candidature unique.

À neuf mois du premier tour, les AMFIS 2026 auront donc moins ressemblé à une université d’été classique qu’au premier grand rassemblement de campagne de Jean-Luc Mélenchon. LFI possède incontestablement une organisation, des militants, un programme, une capacité de mobilisation et un candidat qui a de l'expérience, du verbe, une vision et de la force, malgré ses 75 ans au compteur mais qu'il porte semble-t-il très bien. Le mouvement se pense déjà comme l’un des deux pôles du second tour.

Son projet dessine une France profondément transformée : VIe République, souveraineté populaire permanente, planification écologique, écorégions, reconstruction des services publics et redistribution massive des richesses. Mais il laisse encore largement dans l’ombre une question qui pourrait pourtant déterminer toutes les autres : quelle puissance productive pour la France de 2030 ? Surtout dans un contexte de crises économiques mondiales et géopolitiques graves.

Car pour refaire un État fort, financer la République sociale et retrouver une véritable souveraineté, il ne suffira pas de mieux répartir les richesses. Il faudra aussi recommencer à les produire en France.


[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]
Rémy Brauneisen

Mont Sainte Odile au lever du jour, là où l’Alsace respire depuis treize siècles


Au petit matin, le Mont Sainte Odile offre une lumière que l’on ne voit nulle part ailleurs : une clarté fine, presque dorée, qui glisse sur la pierre et révèle les lignes du sanctuaire comme si elles venaient d’être tracées. Depuis le chemin de ronde, l’extrémité de l’église conventuelle se découpe dans l’air frais, et la statue de Sainte Odile, dressée au dessus de la tourelle, semble veiller sur la vallée encore endormie.
C’est un lieu que l’on croit connaître, mais qui surprend toujours. Un lieu où l’histoire, la légende et la mémoire se superposent sans jamais s’effacer. Un lieu qui appartient au territoire des Étichonides, cette lignée dont Odile est l’héritière la plus lumineuse, et dont les traces se retrouvent de Hohenbourg à Eschau, de Murbach à Breisach, dans une géographie qui dépasse largement l’Alsace d’aujourd’hui.
Le Mont Sainte Odile est un promontoire spirituel, mais aussi un promontoire de mémoire. Chaque pierre y raconte une persistance, chaque perspective rappelle une transmission, chaque lever de soleil redonne au lieu sa force première.
Michel Spitz
24/8/2026

Le Bauhaus a révolutionné l’architecture et le design et fait aujourd’hui partie du patrimoine culturel du XXe siècle. Cent ans plus tard, il dérange toujours en Allemagne.
Pourquoi le Bauhaus dérange encore ?
Une réflexion d’une cuisante actualité pour nous aussi !

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23 août 2026

Bernard Rodenstein
22/8/2026

“Entrer” en politique

À deux reprises, en 1988, j’ai été tenté de m’aventurer dans le monde politique.
En juin, le PS m’a accordé son soutien pour les élections législatives qui ont donné à la gauche, emmenée par Michel Rocard, une majorité d’une voix à l’assemblée nationale. J’ai été battu au second tour par Edmond Gerrer, maire centriste de notre ville.
En septembre de la même année, le Parti socialiste auquel je n’avais pas encore adhéré, m’a donné l’investiture pour les élections cantonales à Colmar.
C’est l’ami André Bianchi dont j’apprends avec tristesse le décès, centriste lui également et soutenu publiquement par Edmond Gerrer, qui l’a emporté.
Deux défaites consécutives auraient pu me dissuader de poser un orteil dans le monde politique.
Représenter l’électorat de gauche dans une région traditionnellement orientée à droite était et est toujours proche d’une mission impossible. D’autres que moi l’ont expérimenté.
Mes scores étaient néanmoins honorables. Tant et si bien que j’ai figuré en position éligible sur la liste de gauche aux élections municipales de mars 1989.
Siégeant dans le groupe d’opposition, j’ai découvert les arcanes de la politique locale, en même temps que mon intérêt majeur demeurait intact pour la vie politique à l’échelon national. J’ai eu le bonheur de siéger au conseil national de la ville et ai été membre de la commission d’évaluation du RMI. J’ai, à ce double titre, fréquenté les principaux responsables politiques du pays.
Ma perception de ce monde très particulier a été double. Contrairement à ce qui se dit couramment, il y a des êtres réellement honnêtes, compétents et dévoués, dans ces sphères. Il est injuste de tous les agonir sans distinction.
Le système, par lui-même, est complexe et propice aux magouilles. C’est une réalité, ça aussi.
La politique est clanique. Incontestablement. Aucun individu voulant faire cavalier seul ne peut s’y réaliser. Les réseaux y sont structurés.
Les ambitions personnelles s’y confrontent sans ménagement. Elles supplantent souvent les idées propres à à la satisfaction des besoins de la collectivité. C’est le côté le plus haïssable de la politique.
Mais les défauts de ce type d’engagement ne devraient pas retenir quiconque se sent porté à s’intéresser à la « chose publique », la « res publica » des romains. Il faut oser franchir le seuil, car les puissances occultes de la finance et les va-t-en-guerre sans cervelle mettent notre monde en coupe réglée.
« Le politique » est l’unique rempart dont nous disposons pour contenir leurs appétits et leurs folies. Il ne peut pas être abandonné aux mains d’irresponsables et d’ambitieux sans foi ni loi. Des hommes et des femmes motivés par le bien commun doivent se sentir concernés par l’exercice de ce pouvoir spécifique qui est avant tout un service. Il peut être fantastiquement utile et passionnant.
Nathalie Aubert
22/8/2026


La réflexion doit désormais se faire à l’échelle de toute la Collectivité européenne d’Alsace, et non plus en raisonnant selon les anciennes frontières départementales.
Avant de construire une nouvelle aire à Colmar et un pont pour y accéder, pour près de 2 millions d’euros HT auxquels viendront encore s’ajouter les coûts liés au pont et environ 90 000 € HT de fonctionnement par an, commençons par regarder sérieusement ce qui existe déjà.
Dans le Haut-Rhin, nous disposons déjà de 12 aires permanentes d’accueil représentant 317 places, notamment à Colmar, Horbourg-Wihr, Mulhouse, Rixheim, Riedisheim, Kingersheim, Wittenheim, Cernay, Ensisheim, Saint-Louis, Huningue et Altkirch.
Surtout, il existe déjà une véritable aire de grand passage à Rixheim, d'une capacité de 120 places, ainsi qu’un terrain de délestage de 4,5 hectares à Berrwiller, propriété de la CeA, qui peut accueillir environ 50 caravanes.
Le schéma prévoit d’ailleurs d’étudier l’avenir et l’aménagement de ce terrain.
Et au nord de l’Alsace, il existe également tout un réseau d’aires permanentes. Sélestat dispose notamment de 40 places, mais aussi Barr, Bischwiller, Brumath, Haguenau, Erstein, Molsheim, Mutzig, Obernai, Saverne, Wasselonne et plusieurs aires de l’Eurométropole de Strasbourg.
Alors posons la vraie question : avant d’engager des millions d’euros supplémentaires, pourquoi ne pas réaliser un état des lieux alsacien complet et étudier l’extension, la transformation ou l’optimisation des terrains déjà existants ?
C’est précisément ce que nous proposons : raisonner à l’échelle de la CeA, mutualiser les capacités et aménager intelligemment l’existant avant de construire encore.
D’autant que le site envisagé à Colmar est particulièrement contraint et nécessite la construction d’un pont.
Stop à la fuite en avant financière. L’argent du contribuable n’est pas une variable d’ajustement.
Avant de construire une nouvelle aire extrêmement coûteuse, utilisons ce qui existe déjà et investissons là où cela est réellement nécessaire !

22 août 2026

Phil Umbdenstock
22/8/2026

Un tract ensemencé pour une élection départementale partielle... (DNA Colmar)

21 août 2026

Abbaye de Marbach


De la poésie en chansons et un voyage lyrique au cœur de l'Ukraine

Après un magnifique Jazz'In Marbach, on continue cette saison 2026 avec deux concerts qui nous parlent de notre voix intérieure. La poésie de Rimbaud et Verlaine mise en musique par le duo ViZ de Virginie Schelcher et Dominique Zinderstein et le chant d'émotions de deux artistes ukrainiennes réfugiées en Alsace, Hanna Koval et Olga Fekete. 2 univers où les mots et les émotions s'imbriquent pour venir toucher notre âme.

Samedi 22 août à 19h
Verlaine/Rimbaud
de la poésie en chanson avec VIZ

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Voilà des années que la poésie d'Arthur Rimbaud hante l’esprit de Virginie Schelcher et Dominique Zinderstein membres du duo ViZ. Que de livres lus, de biographies épluchées pour en arriver toujours au même point : qui est Rimbaud ?

Mystérieux personnage, poète génial dont les écrits tantôt obscurs, tantôt lumineux interrogent toujours autant à chaque lecture. C'est en le mettant en musique et en le chantant que le duo a trouvé un sens à sa poésie. Et aujourd'hui, il rêve de vous en faire part. Il a semblé évident d'associer le génie de ce jeune poète éphémère à celui de son compagnon de fortune et d'infortune, l'immense Paul Verlaine.

On trouvera donc dans ce spectacle des poèmes de Rimbaud et de Verlaine mis en musique et en scène par les deux artistes, ainsi que de petites anecdotes sur ce couple maudit de la grande poésie.

Virginie Schelcher, hautbois, cor anglais, chant, percussions, composition, arrangements - Dominique Zinderstein, guitare, chant, composition, arrangements - Laurent Fritsch, son & lumière

une création de la Cie Le Vent en Poupe
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je réserve


Dimanche 23 août à 17h
Hanna Koval & Olga Fekete
La voix humaine comme expression de l’intime

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Il est des émotions que les mots ne suffisent pas à dire.

Une voix peut les révéler autrement : dans un souffle, une inflexion, un silence, un élan. Elle peut faire surgir l’amour, le désir, la douleur, l’espérance ou le doute, parfois sans même que nous sachions exactement pourquoi nous sommes touchés.

De Verdi à Beethoven, des romances de Viktor Kosenko aux chants traditionnels ukrainiens, ce programme nous invite à suivre cette voix, d’un univers à l’autre.

Tantôt incarnée par les héroïnes de l’opéra, tantôt devenue pure musique, tantôt réduite à quelques mots murmurés à l’autre, elle semble peu à peu quitter l’intime pour rejoindre quelque chose de plus vaste.

Hanna Koval et Olga Fekete nous proposent d’en écouter les traces, entre musique savante et mémoire populaire, entre voix singulière et voix collective. Peut-être est-ce là que réside le pouvoir du chant : faire résonner en chacun une émotion qui, pourtant, ne nous appartient pas.

Hanna Koval, soprano - Olga Fekete, piano

soutenu par l'Association Consonances
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Samedi 29 août à 19h
Les mains qui dansent
Cyrille Lecoq
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Cyrille Lecoq fête ses 49 ans de musique cette année !

L'artiste s'est frayé une voie dans l'espace musical dès l'âge de sept ans. Il commence par le tambour dans une fanfare, puis étudie la batterie à l'école Agostini à partir de 13 ans. Batteur confirmé, il se sent peu à peu l’envie de découvrir d'autres sonorités. La composition arrive dans sa vie entre quinze et dix-sept ans, en découvrant le monde des percussions mélodiques et rythmiques. Il cumule les stages de musique traditionnelle et pratique beaucoup l'improvisation. Après un passage en Tunisie, au conservatoire de Kairouan, il développe alors son jeu de doigts. C’est au cours de rencontres fortes qu'il développe son intérêt pour les musiques de tous horizons. Bien que maîtrisant le langage musical écrit, Cyrille est avant tout un musicien de l'oralité et de l'échange, ses multiples influences musicales nourrissent son inspiration au fil de son chemin. En 2022, Cyrille Lecoq s’ennuie. Son cursus musical principalement rythmique et ses Handpans à dix notes au plus, font qu’il ne sait plus quoi faire. Il se met alors à écouter différents pianistes de talent et rêve de notes. Il décide de ce fait d’enrichir ses connaissances mélodiques. En parallèle, deux fabricants de Handpans viendront soutenir sa démarche en lui proposant de jouer sur des instruments de haute qualité et d’une richesse de notes incomparable. L’inspiration et la créativité reviennent. Une vision pianistique vient nourrir ses acquis. Commence alors l’écriture du spectacle qu’il vous présente aujourd’hui.

avec Cyrille Lecoq, handpan, percussions & invités surprise
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Dimanche 30 août à 17h
Excalembour

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Airs inspirés des terres celtes mariant les riffs électro-jazz-rock aux textures sonores étonnantes d'instruments anciens et créés : nyckelharpa electro parquet, coucou, épée musicale, carnyx, flûte harmonique... Les membres d'Excalembour fondé en 96, ont évolué au gré de leur sensibilité et de leurs rencontres musicales, de Malicorne aux musiques actuelles, délivrant une puissance émotionnelle mêlant compositions et airs traditionnels. En 2001, Excalembour enregistre « Résurgences », un album puisant aux sources celtiques, alsaciennes et québécoises. Depuis, le groupe a conquis avec ses ambiances magiques les publics enthousiastes de nombreux festivals, galas, bals folks, et nuits celtiques: Grand Est, Italie, Suisse, Allemagne... Excalembour sort cette année son 5ème album intitulé Celtic Tact. Cet opus, enregistré en live lors de la Saint Patrick 2024 au Grillen, rassemble les nouveaux tubes du groupe depuis leur dernier CD Hiver Celte sorti en 2015.

Eric Hueber, piano, flutes - Nicolas Hueber, violon, mandoline, nyckelharpa - Céline Hueber, chant, bodhran - Sébastien Mertzweiller, guitare - Stéphane Fuhrer, basse - Suzon Hueber, harpe
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je réserve

découvrez toute la saison


infos pratiques

- soutien à l’abbaye 8€-12€ selon les concerts / caisse du soir
gratuit pour les moins de 12 ans
- réservation en ligne conseillée
- plateau au profit des artistes / buvette

Vous avez des questions ?
Contactez Laurence au 07 70 13 98 22
Email : culture@abbayedemarbach.org
http://abbayedemarbach.org
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Tristan Denéchaud
19/8/2026

Liaison ferroviaire Colmar-Fribourg : la suspension des discussions doit être un signal pour lever les blocages et étudier enfin les alternatives


L'annonce unilatérale de la suspension des discussions par le ministère des Transports du Bade-Wurtemberg ne signe pas la fin du projet. Elle traduit avant tout l'impatience légitime de nos partenaires allemands face au manque de visibilité et d’élan du côté français.
Alors qu'aucun arbitrage définitif n'avait été entériné lors du dernier comité de pilotage début juillet à Freiburg – au cours duquel le Land du Bade-Wurtemberg avait réaffirmé sa disposition à financer la partie allemande, la situation semble aujourd'hui au point mort. Si les collectivités locales françaises disposent d'une situation financière suffisamment saine pour soutenir cette liaison essentielle, l'engagement de l'État français et l'approche retenue par SNCF Réseau continuent d'interroger.
En fondant les analyses uniquement sur un schéma ferroviaire lourd, on aboutit à des chiffrages financiers dissuasifs, grosso modo entre 500 et 800 millions d’euros. Privilégier le statu quo et le report sur le réseau routier serait pourtant un signal très négatif pour la transition écologique et pour la fluidification de la circulation à l'est de Colmar.
Plutôt que d'abandonner une ambition inscrite au Traité d'Aix-la-Chapelle et réaffirmée lors de la fermeture de la centrale de Fessenheim, il est indispensable d'explorer dès à présent des modalités d'exploitation plus souples, adaptées et économiquement soutenables, comme le modèle « tram-train », une alternative que je défends depuis longtemps, avec des normes d'exploitation beaucoup moins lourdes et nettement moins coûteuses que le ferroviaire traditionnel. Cette option pourrait reposer sur un rachat de la ligne par la Région Grand Est afin de maîtriser les coûts et le calendrier d'ingénierie, et même permettre de faire circuler le train sur l’actuel pont routier, comme un tramway, sans gêne majeure pour la circulation automobile.
L'option du train léger à batterie, portée par l'association TransRhinRail est également très prometteuse, avec l’idée d’amorcer la réouverture de manière progressive en exploitant la section déjà existante entre Colmar et Volgelsheim au moyen de rames légères à batterie, avant d'envisager une montée en charge ultérieure.
Projet historique porté à l'origine par la société civile et soutenu par les acteurs du territoire, la ligne Colmar-Fribourg demeure une réponse d'avenir pour le bassin de vie transfrontalier.
Je formule le vœu que l'État, la Région Grand Est et SNCF Réseau puissent rapidement renouer un dialogue constructif avec le Bade-Wurtemberg et à mettre à l'étude ces alternatives pragmatiques pour redonner au projet toute sa faisabilité.
Nous, les élus locaux, restons pour la plupart d’entre nous présents et motivés ! (même si certains, qui ont tout fait pour torpiller le projet quand ils étaient aux affaires, ne nous facilitent pas la tâche en faisant passer leurs intérêts politiciens avant celui du territoire...)

19 août 2026

Yves Hemedinger
19/8/2026

Très triste d’apprendre que la liaison ferroviaire Colmar–Fribourg n’est pas pour demain.
Pourtant, en 2022, en pleine campagne électorale, Brigitte Klinkert l’affirmait avec force, je la cite : « Cette liaison, j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux. Elle sera ouverte au plus tard en 2026. »
Selon ses propres affirmations, nous aurions donc dû l’inaugurer cette année…
Nous sommes en 2026… et la promesse s’est envolée avec le train.
Au-delà de la déception, c’est une vraie question de crédibilité de la parole politique qui se pose.

18 août 2026

Nathalie Aubert
18/8/2026

ET LA GALERIE DU REMPART, OÙ EN EST-ON ?

La réhabilitation et le réaménagement de notre ville passent aussi par le réaménagement de la Galerie du Rempart.
Quid aujourd’hui de ce projet ?
Sa réhabilitation faisait partie des promesses de campagne de notre édile.
Nous avions d’ailleurs longuement travaillé sur ce projet et sur les possibilités de transformation de cet espace.
Alors je m’interroge, où en est ce projet ? Les études avancent-elles ? Un calendrier est-il prévu ?
La Galerie du Rempart n’est pas un endroit anodin. C’est une entrée importante de notre ville, empruntée notamment par de nombreux touristes et par les Colmariens qui rejoignent le centre-ville,
et l’image qu’elle renvoie aujourd’hui n’est pas à la hauteur de Colmar.
C’est actuellement un espace triste, sombre, vieillissant, sale, où l’on passe rapidement, où l’on ne se sent pas toujours en sécurité et où, surtout, on n’a aucune envie de s’arrêter.
Cela doit changer.
• Davantage de végétalisation
• Des voiles d’ombrage
• Des terrasses accueillantes
• Des fresques pour embellir les murs
• Un éclairage moderne et rassurant
• Du mobilier urbain permettant enfin de s’asseoir et de profiter du lieu
• Des commerces mieux mis en valeur.
Voici ce que la Galerie du Rempart pourrait devenir.
Un lieu vivant, agréable et accueillant, aussi bien pour les touristes que, surtout, pour les Colmariens.
Encore faut-il le vouloir et passer des promesses aux actes.
Nous continuerons, pour notre part, à porter ce projet et à faire des propositions concrètes afin de redonner à cette galerie toute la place qu’elle mérite dans notre ville.

Philippe Leuzy
17/8/2026


À lire ci-dessous le texte de Pierre Talamon, président de la Fédération Nationale de l’Habillement. Défense des commerces de mode indépendants. Créateur et dirigeant de la marque éponyme - sur la décommercialisation de nos centres-villes paru sur LinkedIn et que je trouve assez juste :

« La décommercialisation de nos centres-villes n’est pas une fatalité, et certainement pas la seule responsabilité des commerçants.
Oui, les commerçants doivent évoluer : numérique, service, expérience en boutique, horaires, adaptation aux nouveaux usages. Nous devons prendre notre part de cette transformation.
Mais on ne peut pas leur demander de réinventer seuls le centre-ville.
Lorsqu’un local reste vide des mois ou des années et se dégrade, toute une rue en paie le prix : moins de flux, moins d’attractivité, puis des commerces voisins fragilisés.
C’est cet effet domino que la Fédération Nationale de l'Habillement a rappelé lors de la mission du Sénat sur la décommercialisation.
Plutôt que de commenter les symptômes, agissons sur les remèdes :
– remettre sur le marché les locaux durablement vacants et lutter contre la rétention spéculative ;
– reconnecter les loyers à la réalité économique et moderniser le bail commercial pour faciliter installation et transmission ;
– développer des outils publics de portage foncier pour acquérir, rénover et relouer les cellules stratégiques ;
– associer réellement commerçants, collectivités, chambres consulaires, acteurs immobiliers et managers de commerce aux décisions sur les flux, l’accessibilité et l’attractivité.
Les exemples qui fonctionnent le montrent : là où la gouvernance est collective, le foncier maîtrisé et le commerce intégré à la stratégie urbaine, la tendance peut s’inverser.
C’était aussi le message porté avec Confcommercio à Bruxelles, puis le 8 avril devant la mission d’information de l'Assemblée nationale sur l’avenir des commerces de proximité : le commerce est un acteur incontournable de la vie des centres-villes.
Le rapport publié en juin par le Conseil national du commerce, sous l’impulsion notamment d’Emmanuel Le Roch, conforte cette approche : il ne suffit pas de « remplir des locaux ». Il faut agir sur les flux, l’habitat, l’accessibilité, les besoins des habitants et la réalité économique du territoire.
Les municipalités ont donc, elles aussi, une responsabilité : accompagner, inciter, coordonner et, lorsque l’inaction devient durable, utiliser les outils disponibles. » (...)

17 août 2026

Yann Durrière
16/8/2026

Et si nos façades devenaient de véritables œuvres d’art ?

Hier encore, sur le terrain dans le quartier Europe, une idée que j’ai en tête depuis plusieurs années m’est revenue avec force.
Nous avons dans nos quartiers de grandes façades, parfois ternies par le temps, qui pourraient devenir de formidables supports de création. Plutôt que de les laisser se dégrader visuellement, pourquoi ne pas en faire de véritables fresques urbaines ?
J’ai eu l’occasion, dans mon parcours professionnel, de découvrir ce que le street art peut produire lorsqu’il est réalisé par de vrais artistes : pas de simples tags, mais des œuvres monumentales, travaillées, colorées, capables de transformer complètement un bâtiment et l’image d’un quartier.
Mon idée serait donc de lancer à Colmar un véritable projet de fresques urbaines, pourquoi pas sous la forme d’un concours ou d’un festival de street art, en faisant appel à des artistes reconnus, locaux mais aussi venus d’ailleurs.
Plusieurs façades pourraient être proposées chaque année.
Le projet serait naturellement construit avec les bailleurs concernés, les habitants et les acteurs des quartiers.
Chaque œuvre pourrait être pensée en lien avec l’identité du quartier, son histoire, la nature, l’Alsace ou encore les attentes des habitants.
L’objectif est simple : mettre de la couleur, de la vie et de la beauté là où de grands murs nus offrent aujourd’hui un immense potentiel.
Je vous montre ici quelques exemples avec une façade que j’ai photographiée hier avenue de Paris dans le quartier Europe : la photo actuelle… et ce qu’elle pourrait devenir demain.
Ce n’est évidemment qu’une projection, mais elle permet d’imaginer le changement.



15 août 2026

Phil Umbdenstock - DNA

À Colmar, vélo-travaux-dodo... en attendant une arrivée du Tour de France

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Marion Saint-Michel - TVL

2027 : Vers un nouveau pervers pour gouverner la France ?

- 15/8/2026 - En plein été et à moins d'un an de la présidentielle 2027, une question dérange : et si le problème n'était pas Emmanuel Macron, mais le système qui l’a fabriqué lui comme ses successeurs ? Alors que la campagne commence tout doucement, les profils interchangeables se présentent, manipulent et mentent parfois éhontément. Qu’ont fait les Français pour mériter cela ? Marion Saint-Michel, psychologue clinicienne et diplômée en Sciences politiques, auteur de "La gouvernance perverse, la décoder, s'en libérer" (Éditions Résurgence, 2025), décrypte les mécanismes psychologiques du pouvoir en France : sélection des élites, manipulation politique, déconnexion des dirigeants, dérives autoritaires et critères d'un véritable homme ou femme d'État. Une analyse sans concession sur ce que le pouvoir fait aux hommes politiques… et ce que les Français attendent vraiment en 2027.

Cliquer sur l'image (vidéo de 26 min 35 s) ↴

[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]
Yves Hemedinger
15/8/2026


Exactement ce que je propose pour Colmar : une zone piétonne doit être réellement piétonne.
Nous devrions privilégier la tranquillité des piétons pour les inciter à flâner sereinement devant les vitrines des commerçants.
C’est clair, lisible et surtout contrôlable. Bien plus efficace que ces panneaux à 6 km/h qui se multiplient dans Colmar, sans que leur respect soit réellement vérifiable.
Cette mesure pourrait s’appliquer sur une plage horaire déterminée, de 11 h à 19 h par exemple.