Traduction

26 octobre 2026

Jak Umbdenstock

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gastel Etzwane
26/10/2026

L’Europe perd ses usines, l’Amérique récupère ses emplois

Le 24 octobre, le patron d’Audi, Gernot Döllner, est monté sur scène aux côtés de Donald Trump, en Géorgie, pour annoncer un investissement de 4,2 milliards de dollars dans une première usine américaine. À terme, 200 000 SUV haut de gamme produits chaque année et 4 500 emplois créés aux États-Unis.
Pendant que les dirigeants européens multiplient les discours sur la «souveraineté industrielle» et l’«autonomie stratégique», les entreprises allemandes investissent ailleurs. Confronté aux droits de douane américains, à une énergie devenue trop coûteuse et à une réglementation européenne toujours plus contraignante, Audi fait ses comptes et choisit les États-Unis.
Dans le même temps, Volkswagen, sa maison mère, prépare de nouvelles suppressions d’emplois en Europe. L’industrie automobile allemande, longtemps pilier de la première économie européenne, s’enfonce dans une crise que la concurrence chinoise ne fait qu’aggraver.
L’Europe paie aujourd’hui ses choix énergétiques, ses contraintes réglementaires et une politique industrielle qui semble avoir oublié la question essentielle : comment produire à des coûts compétitifs ? Quant à la France, sa désindustrialisation est déjà si avancée qu’il ne reste plus grand-chose à délocaliser.
Donald Trump peut se féliciter du résultat. Les Européens parlent de souveraineté, tandis que leurs industriels transfèrent leurs investissements outre-Atlantique.
Les discours sonnent dans le vide en Europe. Les usines, les capitaux et les emplois partent en Amérique.

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25 octobre 2026

Elisabeth Spitz

Dans l'écrin verdoyant du parc, l’extension de la Fondation Beyeler par l’architecte Peter Zumthor est de toute beauté !
Le verre, la pierre et le béton ouvrent un dialogue des plus intimes. Ici, la lumière devient le premier des pinceaux.
Les formes audacieuses de Miro répondent au bruissement des feuilles, tandis que le mystère poétique de Magritte semble s'échapper des toiles pour habiller les reflets du jardin.
Cette extension n'est pas un simple édifice : c'est une respiration.
Un espace suspendu entre l'art et le vivant, où chaque ligne sublime l’œuvre.
Une mise en valeur d’une rare élégance !

Cliquer sur l'image ↴
Galerie Murmure

À l'occasion du lancement de notre exposition d'hiver "L'INEDIT", nous avons le plaisir de vous convier à une avant-première privée
à la galerie Murmure


Jeudi 5 novembre de 14h à 18h
Vendredi 6 novembre de 14h à 21h
Samedi 7 novembre de 14h à 18h


3 journées privilégiées, de rencontres avec les artistes, de découvertes, de surprises...

Tout juste sorties des ateliers d'artistes, des œuvres inédites arrivent à la galerie Murmure pour vous être dévoilées en avant-première, avant leur présentation à St'Art.


JEUDI 5 NOVEMBRE de 14h à 18h
Le plaisir de la découverte


En présence de Vinça Monadé, Stéphane Spach et Evdoxia.

Trois artistes, trois regards, autant d’univers à découvrir à travers leurs nouvelles créations et les œuvres de notre nouvelle exposition d’hiver.

Peintures, gravures, sculptures, photographies et dessins composent cet ensemble réunissant des œuvres de Jan Voss, Stéphane Spach, Evdoxia, Michel Cornu, Yolaine Wuest, Vinça Monadé, Rose-Marie Crespin et Stéphane Aït Ouarab


VENDREDI 6 NOVEMBRE de 14h à 21h
La nocturne de Murmure


En présence de Stéphane Spach, Evdoxia, Michel Cornu, Yolaine Wuest et Rose-Marie Crespin.

À 18h15 nous accueillerons Laurent Mayer, de LM Invest, pour un échange consacré au leasing d'œuvres d'art et des nouvelles possibilités d'acquisition, notamment à destination des entreprises et des professions libérales.
Comment fonctionne le leasing d'œuvres d'art ? Ses avantages et ses contraintes par rapport à une acquisition directe.
Il évoquera également la manière dont l'art peut enrichir un espace professionnel, affirmer une identité et ouvrir de nouvelles perspectives.

Pour prolonger la soirée, nous vous invitons à partager Le Goût de l'automne, une parenthèse gourmande autour de quelques saveurs de saison, imaginée dans l'esprit chaleureux et convivial de la galerie Murmure .


SAMEDI 7 NOVEMBRE de 14h à 18h
Au fil des œuvres


En présence d'Evdoxia, Yolaine Wuest, Stéphane Spach, Michel Cornu et Stéphane Aït Ouarab.

Un après-midi pour prendre le temps d’échanger avec les artistes, de comprendre leur cheminement plastique et leurs sources d’inspiration.


Trois jours pour découvrir l’inédit…

Au plaisir de partager ces instants avec vous.


Galerie Murmure
5 place de l'Ancienne Douane à Colmar
jeudi et vendredi : 14h à 18h - samedi : 10h à 19h
Et tous les jours sur rendez-vous
contact@galerie-murmure.fr
Tél : +33 3 89 41 49 25
www.galerie-murmure.com
Instagram : galerie_murmure
[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Anne Mansouret
25/10/2026

CE DONT TRAPPES EST LE NOM À MES YEUX
… ou le fruit véreux de 1986



Au risque d’en scandaliser beaucoup et de me voir traiter de raciste, je vais vous livrer mon analyse très politiquement incorrecte de ce que révèle l’attentat terroriste de Trappes.
Flash back en 1986.
Au tsunami que fut la perte des élections législatives et la première cohabitation, il faut que le PS trouve une riposte politique efficace et une clientèle électorale supplétive. Ce sera la génération d’émigrés née du regroupement familial institué par Giscard d’Estaing. Ce sera la petite main jaune de Touche pas à mon pote et le matraquage idéologique de cette intox que serait le racisme systémique du Français moyen, alors qu’il n’y a pas moins raciste que les Français !
Pour rafraîchir sa vitrine partisane et se reconstituer des troupes manipulables et corvéables à merci, le PS engendre et finance une pléiade d’associations aux thématiques antiracistes qui infiltrent les réseaux de l’immigration maghrébine et africaine.
La mayonnaise prend très vite dans les villes moyennes de la Région parisienne, dont Trappes est l’archétype. Trappes devient donc l’enclave municipale communautariste type, que le PS modélise au cours des années 1990, dans les banlieues, les quartiers des grandes urbanisations et dans les villes moyennes… en tarissant les subventions aux associations d’éducation populaire (d’obédience communiste ou chrétienne) et en y substituant des associations culturelles et/ou sportives communautaires, le plus souvent de confession islamique. Toute cette stratégie s’inscrivant dans un projet de renouveau urbanistique, baptisé « Politique de la Ville » sur laquelle la droite ne reviendra jamais vraiment, par laxisme et électoralisme.
Comme, parallèlement, la République se veut laïque, il s’est installé une doctrine à l’hypocrisie bien française : tout communautarisme religieux, tout régionalisme franchouillard est suspect, montré du doigt, proscrit, voire diabolisé comme un marqueur de l’extrême droite… Alors que les communautarismes d’origines étrangères trouvent grâce aux yeux de « La République Une et indivisible » !
Néanmoins, les Français (qu’ils soient d’origine ou d’importation) sont des êtres humains qui ont besoin de se regrouper autour de familles ethniques, culturelles ou religieuses formant des communautés de mœurs et de traditions.
Le besoin de se rassurer en jetant un simple coup d’œil à l’autre qui vous ressemble. L’empathie réciproque d’une rencontre entre deux êtres qui partagent depuis toujours les mêmes codes. Tout cela rassure et protège. Tout cela harmonise les rapports humains. Tout cela fait société.
C’est à partir du début de ce siècle que les choses ont commencé à visiblement se déséquilibrer. C’est au cours des dix dernières années que l’incurie, l’inexpérience, l’incompétence et la perversité d’Emmanuel Macron ont produit le désordre actuel ; et qu’en parallèle les chiffres de l’immigration ont explosé. Cette immigration massive, invasive et totalement incontrôlée a bouleversé les rapports sociaux.
La rue française a changé. C’est un fait.
Dans ces communes moyennes de quelques dizaines de milliers d’habitants, les concitoyens de type européen se sont retrouvés peu à peu marginalisés, perdus dans un environnement qui leur semblait peuplé d’étrangers plus ou moins exotiques : explosion du nombre de lieux de cultes islamiques, hommes barbus en kamis, femmes voilées en abayas ; écoles, coiffeurs, restaurants, boutiques de mode, marchés et commerces de bouche exclusivement halal. Tout ce petit monde communautaire privilégiant (et c’est bien normal) les professionnels et les prestataires de services membres de leur propre communauté, lorsqu’il s’agit de choisir un soignant, d’appeler un plombier ou d’embaucher un employé.
Alors, un jour, ce sentiment de ne plus être en France, ce « On n’est plus chez nous » que des centaines de milliers de gens refoulent tous les jours en attendant l’autobus ou en prenant le train ; ce que des dizaines de milliers d’autres évoquent en privé et en termes (plus ou moins) crus et inacceptables… se traduit par le passage à l’acte terroriste et raciste d’un raté (peut-être) cinglé ; et sans doute fanatisé par la lecture de Mein Kampf et l’appartenance à des mouvements suprémacistes.
Je crains (hélas) que cela ne reste pas aussi exceptionnel que semble le penser le quasiment ci-devant Président de la République.
Nota bene :
Ces quelques considérations personnelles ne sauraient excuser, bien sûr, l’horreur des actes commis le vendredi 23 octobre 2026 à Trappes et La Verrière ; ni constituer des circonstances atténuantes à l’odieux crime raciste commis par le coupable présumé qu’est Kevin T 39 ans, de type européen et de nationalité française.

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Yves Hemedinger
25/10/2026

Qui est Frédéric Hilbert en réalité ?

Celui qui s’acharne à se faire passer pour un "gentil écolo" mais qui en réalité est un militant radical, était présent à la manifestation contre la dissolution des Soulèvements de la Terre lorsqu’en 2023 le gouvernement a prononcé leur dissolution pour violences.
Ce mouvement écologiste d’ultra gauche utilise des méthodes qui comprennent blocages, occupations et sabotages.
Si j’en parle aujourd’hui c’est qu’ils viennent de justifier et d’approuver les pillages du 17 octobre dernier en les présentant comme des « actions de redistribution contre la misère organisée ».
Nathalie Aubert
24/10/2026


Merci à tous les adhérents pour votre confiance !
Je mesure l’honneur et la responsabilité qu’elle représente. Je saurai m’en montrer digne par mon engagement, ma fidélité à nos convictions et ma détermination.
Vous pourrez compter sur moi !
Jusqu’à la victoire et au-delà !
Yves Hemedinger

PLACE DE LA CATHÉDRALE

Le maire actuel n’a fait que couper le ruban !

Et les trois principaux changements apportés par l’équipe actuelle sont, à mes yeux, autant d’erreurs :
• La suppression du kiosque, alors que nous avions prévu de le conserver et de le rénover.
• La disparition des quelques places de stationnement minute et des places réservées aux personnes handicapées que nous souhaitions maintenir pour préserver l’accessibilité du centre-ville.
• La mise en valeur insuffisante du cours d’eau, que nous voulions découvrir davantage pour redonner toute sa place à l’eau dans cet espace historique.

ARCHIVE DE 2018 :
Cet après midi, j’ai eu le plaisir de présider le jury de sélection des 5 équipes d’architectes qui seront amenées à proposer des idées d’aménagement de la place de la Cathédrale.
Étaient présents mes collègues de la majorité Claudine Ganter, Cécile Striebig Thevenin, Jean-Paul Sissler mais aussi les représentants des groupes de l’opposition Victorine Valentin, Toto Meistermann et Frédéric Hilbert.
Étaient également présents des représentants des conseils de quartiers, du conseil des sages, des commerçants, du conseil de fabrique de Saint Martin, de l’architecte des bâtiments de France et des services municipaux concernés.
Cet aménagement est important pour le centre-ville et l’idée est de libérer totalement ou partiellement la place des voitures (grâce à l’augmentation du nombre de places à la Montagne verte) et de végétaliser l’endroit.
Avec le réchauffement climatique, il est nécessaire de trouver de la fraîcheur en ville et la végétalisation y contribue.
J’ai également tenu compte (c’est juste normal) des propositions que vous m’aviez faites il y a quelques semaines lorsque je vous avais consultés sur le sujet.
C’est la méthode que je privilégie, c’est-à-dire réfléchir ensemble, sans tenir compte des étiquettes politiques.
Ainsi je mets mes actes en conformité avec mes propos !
Prochaine étape : fin janvier avec le choix du projet.
Nous en reparlerons donc.
Il est entendu que les travaux ne commenceront qu’après la fin du chantier du parking de la Montagne verte

Phil Umbdenstock

Manifestation du 17 novembre 2026 à Colmar


























24 octobre 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Georges Kuzmanovic
23/10/2026

État à la dérive ou thérapie du choc ?

Face au chaos, le pouvoir propose de privatiser la sécurité, mobilise l'armée et restreint les libertés. Derrière cet aveu d'impuissance se dessine une logique néolibérale inquiétante : préparer les Français à la thérapie de choc, au prix du renoncement républicain.


Il est des décisions qui en disent davantage sur l'état d'un pouvoir que tous les discours officiels. Celle du préfet de police de Paris, invitant les commerçants situés sur le parcours des manifestations du 24 octobre à recourir à des sociétés de sécurité privée, est de celles-là. À cette recommandation s'ajoute l'annonce du renforcement du dispositif militaire Sentinelle. Deux décisions qui, sous couvert de protéger les Français, interrogent : l'État est-il encore capable d'assurer lui-même la sécurité des citoyens, ou prépare-t-il les esprits à une transformation profonde de ses missions régaliennes ?

Quand la sécurité devient une marchandise

La recommandation faite aux commerçants parisiens de faire appel à des agents privés, éventuellement accompagnés d'équipes cynophiles, est politiquement lourde de sens. Certes, le préfet ne les y oblige pas. Mais il reconnaît que les forces de sécurité intérieure ne pourront garantir la protection de chaque établissement. Aux commerçants, donc, de prendre leurs dispositions, de protéger leurs vitrines, de fermer éventuellement leurs boutiques et de payer pour leur sécurité.

C'est l'aboutissement d'une logique néolibérale qui transforme progressivement les droits collectifs en prestations individuelles, les services publics en marchés et les citoyens en clients. L'État conserve le pouvoir de lever l'impôt, mais renvoie chacun à sa capacité financière pour obtenir la protection à laquelle il devrait pouvoir prétendre, comme il renvoie petit à petit chaque famille à ses propres moyens pour couvrir l'éducation et de plus en plus les soins.

Les grandes enseignes pourront financer des dispositifs coûteux. Le petit commerçant, l'artisan, le restaurateur indépendant, déjà étranglés par les charges et la crise économique, devront choisir entre payer une protection supplémentaire, fermer ou prendre le risque de voir leur établissement dévasté.

La sécurité devient ainsi un bien marchand, inégalement accessible, alors qu'elle devrait demeurer un droit garanti à tous. Cette logique ouvre également la voie à des dérives autrement plus inquiétantes : affrontements entre agents privés et groupes violents, risques de blessés ou de morts, voire développement de pratiques de racket sous couvert de protection.

Ce n'est pas une simple question d'organisation policière. C'est une remise en cause du contrat républicain. La République ne peut pas se décharger sur des entreprises commerciales de la responsabilité fondamentale de protéger les personnes et les biens. Ce serait un recul sans précédent pour la France.

L'armée comme réponse à l'impuissance publique, vraiment ?

À cette privatisation rampante s'ajoute une autre évolution préoccupante, le recours aux militaires de l'opération Sentinelle à l'occasion des manifestations du 24 octobre.

Le gouvernement présente ce dispositif comme un moyen de protéger les sites sensibles et de libérer policiers et gendarmes pour les opérations de maintien de l'ordre. Il ne s'agit donc pas, officiellement, de confier aux soldats la dispersion des manifestants, mais cette distinction juridique et opérationnelle ne doit pas empêcher de s'interroger sur la banalisation de la présence militaire dans la gestion des crises intérieures.

D'autant que l'efficacité de Sentinelle est contestée depuis sa création.

Dès le 5 juillet 2016, sous François Hollande, le rapport parlementaire Fenech-Pietrasanta, consacré aux moyens de lutte contre le terrorisme, examinait les limites de cette opération. Quelques mois plus tard, le rapport sénatorial de Dominique de Legge, publié le 26 octobre 2016, soulignait les difficultés liées à l'emploi prolongé de militaires dans des missions de surveillance statique.
L'effet dissuasif reste difficile à établir, les soldats peuvent eux-mêmes devenir des cibles, leurs compétences militaires sont sous-employées et leur mobilisation pèse sur l'entraînement, les ressources humaines et la disponibilité opérationnelle des armées ; quant à leurs armements, ils ne peuvent en aucun cas être utilisés en zone urbaine civile au risque de causer d'innombrables morts.

On voit venir l'accusation en pinaillage, mais que se passe-t-il si des militaire de l'opération Sentinelle, en position statique, sont eux-mêmes pris à parti par des éléments incontrôlés ou extrémistes ? Que doivent-ils faire si leur intégrité est mise en danger ? C'est là qu'on joue avec le feu.
Car un soldat n'est pas un gendarme mobile. Il est formé et équipé pour combattre un ennemi, non pour gérer une foule de citoyens, même lorsque des individus violents s'y trouvent. Quelles armes ? Quels équipements ? Quelles règles d'engagement ? Quelle chaîne de commandement ? Quelle articulation avec les forces de sécurité intérieure ?
Ces questions sont essentielles. Le maintien de l'ordre repose sur une doctrine particulière, fondée sur la gradation de la force, la proportionnalité et la maîtrise des affrontements. On ne saurait improviser une telle mission avec des unités militaires.

Le général Vincent Desportes résumait cette contradiction en une formule particulièrement sévère : « On utilise à faux un remarquable instrument, sans en retirer de plus-value sécuritaire. »

Le risque est aussi politique. À force de présenter l'armée comme une réponse ordinaire aux tensions intérieures, on habitue progressivement l'opinion à voir dans l'institution militaire un instrument de gestion des crises sociales et politiques. Une présence initialement justifiée par la lutte antiterroriste pourrait ainsi contribuer à légitimer, demain, des emplois bien différents.
Ce serait bien entendu une dérive grave et hautement dangereuse pour la paix civile.

Un État faible qui restreint les libertés

Les violences et les pillages du 17 octobre ont révélé de graves difficultés dans l'anticipation et la gestion des troubles. Le renseignement préalable, le dimensionnement des effectifs et les choix tactiques méritent un examen approfondi. Il serait toutefois nécessaire de disposer d'un bilan opérationnel précis pour déterminer les responsabilités et distinguer les défaillances constatées des décisions politiques délibérées.

Plutôt que de faire une analyse de ses propres erreurs, et face aux risques annoncés pour le 24 octobre, les autorités envisagent des interdictions de manifester, des restrictions de circulation et des mesures de sécurité exceptionnelles.
Or, la liberté de manifester est une liberté fondamentale, protégée par notre ordre constitutionnel. Elle ne peut être restreinte que lorsque les nécessités de l'ordre public le justifient et dans le respect de la proportionnalité.

Nous voilà dès lors face à une contradiction politique majeure : faute de pouvoir garantir simultanément la liberté de manifester et la protection des personnes et des biens, le pouvoir risque de faire peser sur l'ensemble des citoyens les conséquences des violences commises par une minorité et de les rendre responsables de l'impéritie du gouvernement, incapable de gérer une crise sociale.

Il ne faut pas confondre les manifestants, qui exercent un droit démocratique, avec les casseurs et les pillards, qui commettent des infractions. Les premiers doivent pouvoir s'exprimer librement ; les seconds doivent être empêchés de nuire et répondre de leurs actes devant la justice.
Un État qui renonce à cette distinction finit par restreindre les libertés de ceux qui respectent la loi sans nécessairement neutraliser ceux qui la violent.

Le spectre de la thérapie de choc

Ces décisions plus qu'hasardeuses prennent une dimension particulière dans une France confrontée à l'accumulation des crises... Endettement public, désindustrialisation, crise énergétique, crise du logement, tensions migratoires, dégradation des services publics, inquiétudes légitimes de la jeunesse quant à son avenir et perte de pouvoir d'achat, voilà le tableau actuel de la France et qui explique tant la morosité générale, le mouvement de jeunesse, le potentiel retour d'un mouvement de type Gilets jaunes et le désaveux citoyen général avec 53% d'entre eux qui ne se reconnaissent dans aucune force politique ou candidats actuels.

Les gouvernements successifs peinent à proposer une réponse cohérente à ces déséquilibres structurels. Dans le cadre économique et institutionnel actuel, notamment celui des traités européens, leurs marges de manœuvre sont limitées, sinon nulles et les condamnent à continuer les mêmes politiques que celles qui ont été menées précédemment, quand bien même elles seraient suicidaires. Les arbitrages budgétaires sont de plus en plus douloureux, comme on le voit avec le budget 2027 annoncé par le Premier Ministre Lecornu et ses 54 milliards d'économies austéritaires. Dans un contexte de crise structurelle, les dirigeants de la France agissent comme ceux de l'URSS mourante, c'est-à-dire incapable de penser autrement le monde et d'imaginer des solutions alternatives à celles déjà tentées 100 fois. Le TINA (There is no alternative - il n'y a pas d'alternative) de Margareth Thatcher est devenu la cigüe du système.

Dans ce contexte, la tentation peut alors être grande de substituer à un projet politique nouveau une gestion permanente de l'urgence.
Le discours sur les menaces de guerre, la multiplication des appels au réarmement et la dramatisation des crises internationales ont principalement pour objectif de détourner l'attention des Français. L'effet escompté ne semble pas atteint, sauf dans un petit cercle médiatico-politique déjà largement acquis à un atlantisme belliciste et surtout cela n'a pas fait disparaître les difficultés quotidiennes des Français. Ils ne suffisent pas davantage à obtenir l'adhésion populaire aux sacrifices économiques que certains responsables politiques estiment nécessaires.

Dès lors, face à l'impossibilité de trouver une issue dans le cadre du système économico-politique actuel, on peut imaginer que le pouvoir ait la tentation de mettre en place une thérapie de choc, dont la forme pouvait être réduction accélérée des dépenses publiques, nouvelles contraintes budgétaires, restructurations brutales et transfert croissant de responsabilités collectives vers les individus et les entreprises... et une bonne dose de répression si nécessaire.

Sécurité et sureté

L'histoire montre que les situations de crise peuvent faciliter l'acceptation de mesures qui rencontreraient, en temps normal, une forte résistance démocratique. Le désordre peut devenir un argument pour réclamer davantage de restrictions, davantage de pouvoirs d'exception et moins de contestation.

Cela impose de s'interroger sur les effets politiques d'une succession de décisions qui, prises séparément au nom de l'urgence, pourraient finir par transformer durablement l'équilibre entre l'État, les citoyens et les libertés publiques.

La République ne peut pas se décharger de ses responsabilités. D'un côté, on demande aux commerçants de financer leur propre sécurité, de l'autre, on mobilise des soldats pour protéger des sites civils... et, simultanément, on envisage de restreindre l'exercice d'une liberté démocratique fondamentale, le tout alors que se discute un budget de casse sociale. L'équation est étonnante.

Ces annonces dangereuses en termes de sécurité dessinent un État qui se retire partiellement de certaines obligations de protection, tout en renforçant ses moyens de contrôle et de restriction.

Il n'est pas question ici de nier les risques de violences ni de contester la nécessité d'un maintien de l'ordre efficace, elle est de savoir quel modèle de société nous entendons défendre.
Une République ne peut accepter que la sécurité dépende du portefeuille, que l'armée devienne une réponse banalisée aux crises sociales et que la liberté de manifester soit progressivement sacrifiée sur l'autel de l'impuissance publique.
L'autorité véritable ne consiste pas à multiplier les dispositifs d'exception, mais à disposer d'institutions compétentes, de forces de sécurité correctement formées, de renseignements efficaces et d'une doctrine claire d'engagement, respectueuse des libertés.

Il faut ici rappeler une distinction fondamentale, héritée de la Révolution française, entre la sécurité et la sûreté. La sécurité consiste à protéger les citoyens contre les violences et les dangers ; la sûreté, consacrée par l'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 comme un droit naturel et imprescriptible, garantit d'abord l'individu contre l'arbitraire du pouvoir.
L'article 7 est encore plus explicite sur l'arbitraire du pouvoir.

« Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression. » – Art. 2, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

« Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance. » – Art. 7, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

Les révolutionnaires avaient parfaitement compris qu'une République devait à la fois protéger les citoyens et les protéger contre les abus de ceux qui exercent l'autorité.

L'article 12 de la Déclaration est tout aussi éclairant : « La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. » Emmanuel Macron, ou tout autre dirigeant, ne saurait instrumentaliser la force publique à ses intérêts particuliers ou politiques.
Tout est là : une force publique au service de tous, financée collectivement, et une puissance publique tenue de respecter les libertés qu'elle a pour mission de garantir.

Les décisions du gouvernement interrogent

Comment assurer une protection égale des citoyens sans faire de la sécurité une marchandise ? Et comment préserver leur sûreté lorsque, face aux crises, le pouvoir multiplie les restrictions aux libertés et banalise la présence militaire dans l'espace public ?

La sécurité n'est pas une marchandise, l'armée n'est pas une police de substitution, et les libertés publiques ne sont pas une variable d'ajustement des défaillances de l'État. C'est précisément lorsque les crises se multiplient que ces principes doivent être défendus avec le plus de fermeté.

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23 octobre 2026

Nath-Sakura Photographer
23/10/2026


Au vu de l'actualité française, de l'interdiction de manifester qui annonce clairement un temps de dictature, il est temps que je ressorte cette photo de 2011. Modèle : Naïssa Bé - Photo : Nath-Sakura.
Aux armes citoyens ! Moi en tout cas, je serai dans la rue demain. Manifestation interdite ou pas.
Eric Straumann
23/10/2026

COLMAR – INTERDICTION DE MANIFESTATIONS CE SAMEDI 24 OCTOBRE

Par arrêté pris ce jour, le préfet du Haut-Rhin interdit tout cortège, défilé ou rassemblement ce samedi 24 octobre 2026 dans le centre-ville de Colmar ainsi que dans le quartier de la gare.
Cette mesure vise à garantir la sécurité des personnes et des biens et à prévenir tout trouble à l’ordre public.
Les parents sont appelés à faire preuve de vigilance et à sensibiliser leurs enfants à ces restrictions, afin d’éviter tout risque et de préserver leur sécurité.

Festival du livre de Colmar

Vous les attendiez avec impatience : découvrez la liste complète des auteurs et autrices présents les 21 et 22 novembre prochains au Parc Expo de Colmar !
Deux jours de rencontres et de découvertes littéraires vous attendent pour cette 37e édition autour du thème « Passeurs d’histoires ».

20 octobre 2026

Galerie Murmure

L'exposition consacrée à Michel Cornu
« Temporalités incisées »
se terminera samedi 31 octobre.


À travers le dessin et la gravure se déploient des œuvres singulières, où la force de l'incision, la fragilité du papier et la superposition des matières font émerger des formes en perpétuelle métamorphose.
Le geste devient écriture, la matière garde la mémoire du temps, tandis que les formes semblent nous ramener aux origines du vivant.


Michel Cornu sera présent à la galerie Murmure
Samedi 31 octobre, de 14h à 18h
Une belle occasion de découvrir ou de revoir son travail et d’échanger avec lui autour de sa démarche.


Vous pouvez également visionner le très beau reportage réalisé par Gael Poulain pour TV7.

Appuyez sur l'image pour visionner la vidéo.

Je remercie chaleureusement Gael Poulain pour la qualité de ce reportage, dont j’apprécie, comme toujours, l’élégance des images et la pertinence des questions.
Son regard attentif permet à l’artiste de mettre en mots sa démarche et de nous donner accès à ce qui nourrit son œuvre.


Je vous souhaite une belle découverte de ce reportage et espère vous retrouver à l’occasion de ces dernières journées d'exposition.

Galerie Murmure
5, place de l'Ancienne Douane à Colmar
jeudi et vendredi : 14h à 18h - samedi : 10h à 19h
Et tous les jours sur rendez-vous
contact@galerie-murmure.fr
Tél. +33 3 89 41 49 25
www.galerie-murmure.com
Instagram : galerie_murmure