27/7/2026
CHATEAU LA COSTE - AIX EN PROVENCE
Le domaine de Château La Coste est un lieu où l'art contemporain se mêle à la nature et à l'histoire pour offrir aux visiteurs une expérience unique. On ne peut s’empêcher de penser à l’image des « folies », constructions ludiques du XVIIIe siècle, pavillons que les aristocrates se faisaient construire dans le parc de leurs châteaux. Ces constructions, chefs d’œuvre architecturaux, souvent extravagants et somptueux, répondaient à un désir d'évasion onirique, de surprise et de mise en scène romantique de la nature.
Les architectes des pavillons d’exposition : Tadao Ando, Jean Nouvel, Frank Gehry, Richard Rogers, Renzo Piano, Oscar Niemeyer, pas moins de six lauréats du prix Pritzker, ont investi le domaine viticole du château La Coste. Entre vignes et pinède, le site provençal est devenu un terrain de jeu pour les grands noms de l'architecture. Sur 200 ha, la collection d'œuvres d'art et de constructions contemporaines qui s'y déploient depuis 2008 vient dialoguer avec le paysage.
L’architecte japonais Tadao Ando est à l’honneur avec entre autres le centre d’art regroupant les restaurants et le plan d’eau, structure en béton et verre munie de passerelles avec des formes simples et des volumes qui laissent place à la nature. Au sein du parcours, deux Origami Benches, ainsi qu’une chapelle rénovée et un pavillon dans le même esprit épuré. Pour lui, l’architecture « doit rester silencieuse et laisser la nature parler directement au travers du soleil et du vent ». Le pavillon en épicéa abrite quatre cubes de verre évoquant la préservation de l’environnement.
Les chais du vignoble sont de Jean Nouvel, une salle d’exposition semi-enterrée au milieu des vignes a été conçue par Renzo Piano. Un pavillon de musique doté d’une impressionnante charpente de bois est signé de Frank Gehry, l’architecte du musée Guggenheim de Bilbao et de la fondation Vuitton à Paris.
Il faut saluer les deux derniers pavillons avec comme point commun que ce sont des œuvres posthumes, l’une d’Oscar Niemeyer, le Brésilien architecte de Brasilia, l’autre de Richard Rogers, le Britannique coauteur avec Renzo Piano du Centre Pompidou à Paris. Les deux bâtiments illustrent ce qui a rendu célèbres leurs auteurs. Des lignes courbes et de la blancheur pour Niemeyer, une grande audace technique et une couleur vive pour Rogers. Son pavillon est une boîte en porte-à-faux au-dessus du vide, insérée dans une charpente métallique orange vif.
Kengo Kuma a apporté sa vision unique au Château La Coste avec Komorebi, une installation qui illustre parfaitement sa philosophie architecturale. Les œuvres ne sont pas simplement des objets d'art, mais des invitations à réfléchir, à ressentir et à se connecter à un niveau plus profond avec le monde qui nous entoure. Chacune de ces œuvres, à sa manière, enrichit le dialogue entre l'homme, la nature et l'architecture, faisant du Château La Coste un haut lieu de la créativité contemporaine.
C’est une Crouching Spider de Louise Bourgeois qui nous accueille, œuvre en bronze qui montre une araignée repliée sur elle-même au bord de l'eau, parfaitement à sa place dans ce paysage verdoyant. Yoko Ono a installé Wish Trees, une œuvre interactive qui invite les visiteurs à s'impliquer personnellement. Cette installation permet aux participants d'écrire leurs souhaits d’amour et de paix sur des morceaux de papier et de les accrocher aux branches des arbres.
Quelques œuvres marquantes installées au milieu des vignes et des oliviers, citons l’assemblage de blocs de pierre du peintre irlandais Sean Scully, des mobiles de Calder installé au milieu de l’eau, ou encore le chemin pavé de pierres du port de Marseille d’Ai Weiwei. Les pavés utilisés pour Ruyi Path proviennent du Port Autonome de Marseille et renvoient à une histoire locale : en utilisant les pierres de ce port, porte d'entrée majeure de l'Europe, l'artiste évoque la crise actuelle des réfugiés.
Photos © Michel Spitz















































