Traduction

15 août 2026

Phil Umbdenstock - DNA

À Colmar, vélo-travaux-dodo... en attendant une arrivée du Tour de France

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Marion Saint-Michel - TVL

2027 : Vers un nouveau pervers pour gouverner la France ?

- 15/8/2026 - En plein été et à moins d'un an de la présidentielle 2027, une question dérange : et si le problème n'était pas Emmanuel Macron, mais le système qui l’a fabriqué lui comme ses successeurs ? Alors que la campagne commence tout doucement, les profils interchangeables se présentent, manipulent et mentent parfois éhontément. Qu’ont fait les Français pour mériter cela ? Marion Saint-Michel, psychologue clinicienne et diplômée en Sciences politiques, auteur de "La gouvernance perverse, la décoder, s'en libérer" (Éditions Résurgence, 2025), décrypte les mécanismes psychologiques du pouvoir en France : sélection des élites, manipulation politique, déconnexion des dirigeants, dérives autoritaires et critères d'un véritable homme ou femme d'État. Une analyse sans concession sur ce que le pouvoir fait aux hommes politiques… et ce que les Français attendent vraiment en 2027.

Cliquer sur l'image (vidéo de 26 min 35 s) ↴

[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]
Yves Hemedinger
15/8/2026


Exactement ce que je propose pour Colmar : une zone piétonne doit être réellement piétonne.
Nous devrions privilégier la tranquillité des piétons pour les inciter à flâner sereinement devant les vitrines des commerçants.
C’est clair, lisible et surtout contrôlable. Bien plus efficace que ces panneaux à 6 km/h qui se multiplient dans Colmar, sans que leur respect soit réellement vérifiable.
Cette mesure pourrait s’appliquer sur une plage horaire déterminée, de 11 h à 19 h par exemple.
Michel Spitz
15/8/2026

HANS HARTUNG ET LA MUSIQUE
 
La fondation Querini Stampalia, un petit miracle éclatant de beauté, un havre de paix et de grâce au cœur historique de la cité lacustre de Venise. Dans son palais du XVIe siècle et son jardin repensé par l’un des plus grands architectes italiens du XXe, la fondation Querini Stampalia concentre en un seul endroit bien des époques. La plus récente est sans conteste la plus éblouissante : le rez-de-chaussée et le jardin ont été réaménagés par l’architecte vénitien Carlo Scarpa (1906–1978), figure majeure de l'architecture et du patrimoine du XXe siècle. Maître du détail et de la mise en valeur des strates historiques, il a révolutionné l'art de la muséographie et de la restauration. Son intervention intègre subtilement l'eau des canaux à l'intérieur du palais du XVIe siècle, créant un dialogue poétique entre modernité, matériaux précieux et tradition.
Conçue par la Fondation Hartung-Bergman dans ce cadre somptueux, l’exposition Hartung et la musique (jusqu’au 24 novembre 2026) s’inscrit dans le cadre de la 61ᵉ Biennale, où l’artiste avait été Grand Prix en 1960. Hartung est né en 1904 à Leipzig, la ville où Bach a composé ses chefs-d’œuvre, dans une famille de mélomanes. Il est reconnu comme l'un des maîtres de l'art abstrait de l'après-guerre et le principal pionnier de l'abstraction lyrique ainsi que du tachisme. Nous gardons un souvenir ému de la magnifique exposition Hartung, « Premières recherches abstraites 1922-1938 » au Musée Unterlinden en 1989 à Colmar, proposée par Sylvie Lecoq-Ramond.
Réunissant près de quatre-vingts toiles, documents et outils, l’exposition restitue la place du sonore dans l’univers plastique et existentiel de l’artiste. De Bach à Pink Floyd en passant par Lili Boulanger, un paysage d’énergies, de gestes et de résonances traverse toute sa création. Les œuvres exposées, allant des années 1920 à la fin de sa vie, portent la trace de son geste, de son action, c’est-à-dire de ce qu’il est corporellement, de son histoire individuelle et de sa place dans l’histoire collective - lui, l’amputé de la Seconde Guerre mondiale, l’Allemand ayant résisté face au nazisme. Mais elles témoignent aussi de ce qu’il est musicalement : auditeur permanent, Hartung cristallise dans ses toiles des fugues, des symphonies, des opéras et des sonates.
L’exposition revient sur les origines de cette passion à travers des documents et des œuvres de jeunesse ; elle cherche à éclairer l’analogie entre certains processus de ses créations abstraites et ceux d’une composition ou d’une orchestration ; elle isole des affinités particulières avec les compositeurs qu’il admirait. Il avait besoin de musique pour créer, alors il en écoutait sans arrêt, et ses morceaux préférés, accompagnaient les formes très personnelles qu’il développait : lignes, zigzags, boucles, enchevêtrements, larges aplats colorés, mouvements brusques… S’il était familier des grandes figures du baroque : Bach, Haendel, Vivaldi, Purcell – les Variations Goldberg, la Sarabande ou Les Quatre Saisons emplissaient son atelier pendant qu’il peignait, au pinceau, au rouleau lithographique ou au pistolet industriel – il écoutait également avec attention des compositeurs modernes comme Pierre Boulez, Stockhausen ou encore Philip Glass. Bien que Hartung n’écoutât pas de rock, des affinités surprenantes relient son œuvre à l’univers de Pink Floyd. Dans les années 1960, il réalisa des peintures hypnotiques et hallucinatoires à l’aide de pistolets pulvérisateurs, formant des masses lumineuses évoquant des phénomènes cosmiques ou des trous noirs…
Hartung expliquait que la musique agissait comme « une sorte de barrière contre le monde », comparable au « café » ou à « l’alcool » : un moyen concret de se préparer à peindre. Il insistait sur le fait que la musique ne dictait pas directement ses gestes. Pourtant, les peintures des années 1980 deviennent les échos visuels d’un monde peuplé de vibrations et de mélodies.













14 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Didier Maisto
11/8/2026

2027 : l'élection de la dernière chance


Il est des moments dans l’histoire d’un peuple où le temps cesse d’être une simple succession de jours et devient une ligne de fracture. La France se trouve aujourd’hui sur cette ligne. Non pas au bord d’une simple alternance politique, mais face à une question existentielle : accepterons-nous de continuer à habiter un système qui se présente comme le dernier rempart de la raison et de la démocratie, alors qu’il construit, jour après jour, une prison dont les barreaux sont faits de règlements, d’interdits et de discours moralisateurs ?
Ce que l’on appelle l’extrême centre n’est pas une simple coalition de partis. C’est une forme de pouvoir qui a réussi le tour de force de se présenter comme neutre, technique, inévitable. Il parle le langage de la vertu, de la science, de l’urgence climatique, sanitaire ou géopolitique. Il se proclame le camp du bien. Et, par un retournement aussi vieux que le pouvoir lui-même, il désigne tous ceux qui refusent sa logique comme des ennemis de la démocratie, des dangereux, des irresponsables, des complices d’ingérences étrangères.
C’est ainsi que se construit un fascisme qui ne dit pas son nom : non pas par les bottes et les drapeaux, mais par l’extension infinie du domaine de la réglementation et de l’interdit. Regardez autour de vous. Tout est réglementé, puis interdit. La parole, d’abord. Sous prétexte de lutter contre la haine, on criminalise le désaccord. Sous prétexte de protéger la vérité, on confie à des autorités non élues le pouvoir de décider ce qui peut être dit et ce qui doit être effacé. Le numérique, le DSA, les lois à venir ne sont pas des outils techniques : ce sont les verrous d’une cage qui se referme.
Chaque nouvelle norme, chaque nouvel algorithme de contrôle, chaque obligation de transparence imposée aux citoyens mais refusée au pouvoir lui-même, resserre le filet. On ne brûle plus les livres ; on les rend invisibles. On n’enferme plus les dissidents dans des camps ; on les enferme dans le silence social, dans la perte d’emploi, dans la ruine réputationnelle. Ce monde-là est concentrationnaire au sens le plus profond du terme : non parce qu’il ressemble aux images d’hier, mais parce qu’il repose sur la même logique.
Une logique qui divise l’humanité entre ceux qui détiennent la vérité officielle et ceux qui doivent être corrigés, rééduqués ou exclus. Une logique qui a besoin d’ennemis permanents pour justifier son existence. Hier le virus, demain le climat, après-demain encore et encore l’ingérence russe, chinoise, indienne ou je ne sais quelle autre. L’ennemi change de nom, mais la structure reste : il faut toujours un dehors menaçant pour légitimer le contrôle de l’intérieur. Et ce contrôle, une fois installé, ne se retire jamais de lui-même.
Ce système nous emmène vers la guerre. Non pas seulement la guerre des armes, mais la guerre permanente contre une partie de sa propre population. Guerre culturelle, guerre morale, guerre administrative. Et, lorsque les tensions internes deviennent trop fortes, il n’est jamais loin de chercher la distraction ou la légitimité dans un conflit extérieur. Un peuple qui a accepté que l’on décide à sa place de ce qu’il peut manger, de ce qu’il peut dire, de ce qu’il peut penser, est un peuple déjà désarmé face à ceux qui, un jour, décideront de ce qu’il doit mourir. Ce processus est d'ailleurs lui aussi largement engagé.
L’élection qui vient n’est pas une opportunité comme les autres. Elle n’est pas un aboutissement. Elle est un point de départ possible, la dernière porte avant que le verrou ne se ferme définitivement. Ceux qui voteront encore pour les candidats de cet extrême centre -qu’ils portent le visage rassurant du libéralisme gestionnaire, du socialisme moralisateur ou de l’écologie punitive- ne font pas seulement un choix partisan. Ils ratifient le principe même de la cage. Ils acceptent que le camp du bien continue à parler au nom de tous, et que tous les autres soient traités comme des suspects.
Il faut casser cette logique. Il faut cesser de croire que la démocratie consiste à laisser gouverner ceux qui se proclament ses seuls défenseurs légitimes. La démocratie, si le mot a encore un sens, est le droit de contester, de refuser, de choisir une autre voie sans être immédiatement rangé dans la catégorie des ennemis de la République. Tant que ce droit sera présenté comme une menace, tant que le désaccord sera assimilé à de la collusion avec des puissances étrangères, tant que la réglementation se substituera à la liberté, nous ne serons plus dans une démocratie. Nous serons dans un régime qui a réussi à faire passer la contrainte pour de la protection et la censure pour de la responsabilité.
Français, le moment n’est plus aux demi-mesures ni aux espoirs naïfs ! L’extrême centre ne se réformera pas. Il ne deviendra pas plus tolérant avec le temps. Chaque année qui passe, chaque nouvelle loi, chaque nouveau dispositif numérique, rendra plus difficile, puis impossible, de le déloger. C’est pourquoi cette élection est celle de la dernière chance. Non pour installer un paradis, mais pour empêcher que l’enfer réglementaire ne devienne définitif. Pour ouvrir une brèche. Pour rappeler que la France n’appartient pas à ceux qui se croient investis d’une mission civilisatrice envers leur propre peuple.
Il est encore temps de dire non. Non à la prison douce. Non au monde où tout est d’abord réglementé, puis interdit. Non à la désignation permanente d’ennemis intérieurs et d’ingérences fantômes. Non à ce fascisme qui a appris à sourire, à parler de bienveillance, et à présenter ses chaînes comme des protections. Le choix n’est plus entre la droite et la gauche, entre le progressisme et le conservatisme. Le choix est entre la poursuite d’un système qui nous enferme et la décision, enfin, de le briser. Après, il sera trop tard. Après, il n’y aura plus d’élection digne de ce nom. Il n’y aura plus que la gestion d’une population surveillée, moralisée, et destinée à la guerre permanente contre elle-même et contre le monde.
C’est maintenant. Ou jamais.

[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]
Festival Psy'polar
Centre hospitalier de Rouffach


Le festival Psy'polar fête sa troisième édition avec 20 auteurs présents.
La marraine cette année est Nathalie Lecigne (L'oiseau Noir) et le parrain Jacques Saussey (Fleuve).
Notre invité d'honneur est Franck Thilliez (Fleuve)
Un lieu inattendu pour ce festival dédié au polar et au thriller.
Un pari audacieux soutenu par le Centre hospitalier de Rouffach et l'association Le Tremplin.
Notre librairie partenaire est la librairie mulhousienne "47° Nord".
Un évènement qui prend tout son sens en permettant la rencontre entre un genre littéraire dont les univers fleurtent souvent avec la psychologie humaine la plus noire et la réalité d'un lieu de soin se heurtant encore trop souvent aux stéréotypes de l'imaginaire collectif, alors que la santé mentale est l'affaire de tous.

Au programme :
• Rencontre et dédicaces avec les auteurs
• Bibliothèque vivante à 9h30
• Escape Game pour jeune public sur inscription à 10h
• Deux conférences
- 10h : Auto'Psy en rose avec F. Thilliez
- 14h : Auto'Psy légale avec le médecin légiste Bernard Marc
• Remise de prix (11h30)
• Jeu d'enquête
• Musée de l'hôpital
• Tombola et vente de goodies (au profit de l'association)
• Vente de pâtisserie (au profit de l'association)
• Restauration possible sur place (tartes flambées et sandwichs)

Le dimanche 30 août, de 9h à 16h30, les passionnés de littérature policière mais aussi le grand public sont invités à franchir le portail de l'hôpital (27 rue du 4ème R.S.M 68250 Rouffach).
Plusieurs parkings gratuits dans l'enceinte de l'hôpital et à l'extérieur sont mis à disposition.
Ne manquez pas ce rendez-vous littéraire devenu incontournable dans une ambiance conviviale.

13 août 2026

Jean-Marie Balliet

Une perspective photographique inhabituelle des 15 & 16 (Maison Adolph, vers 1370) place de la Cathédrale, Colmar.

Jak Umbdenstock

Fabien Nierengarten
13/8/2026


Ah, formidable ! Nous y voilà donc. Après des années de débats, de programmes et de grandes promesses, nous aurions enfin atteint le sommet de la modernité politique : le grand concours du moins pire pour le deuxième tour des prochaines présidentielles. A moins que ce ne soit pour le Top Chef du mauvais goût politique.
À ma gauche, gants rouges, Jean-Luc Mélenchon. À ma droite, gants noirs, Marine Le Pen. Et au milieu, nous, électeurs, littéralement sommés de choisir la cause de notre mort avec le sourire. La peste ou le choléra ? Faites vos jeux ! Rien ne va (vraiment) plus !!! C’est donc cela, l’horizon démocratique qu’on nous propose ? Un bulletin dans une main, un sac à vomi dans l’autre ??
Donc, après nous avoir expliqué pendant des années que nous étions des citoyens libres, éclairés, responsables et souverains, il faudrait maintenant que nous nous placions devant deux urnes en nous disant : "Alors qui ? L'épouvantail JLM ou l'épouvantail MLP ?? Pardon, excusez-moi, mais j’ai une autre idée de la démocratie.
Car moi, je refuse de voter avec une pince à linge sur le nez. Je refuse de choisir un candidat parce que l’autre me fait davantage peur. Je refuse ce chantage électoral permanent où l’on nous explique que notre devoir civique consiste essentiellement à faire barrage à quelqu’un. À ce rythme-là, autant remplacer les programmes par des panneaux de signalisation : ATTENTION DANGER, VOTEZ POUR L’AUTRE !!!
Quel formidable aveu de faillite politique ! Quand on en arrive à dire aux électeurs : "Vous n’aimez pas notre candidat ? Ce n’est pas grave. Votez quand même pour lui, parce que...regardez qui arrive derrière ! », c’est peut-être que le problème n’est plus l’électeur, c’est l’offre qu'on lui propose.
Mon pays, je ne veux pas qu'il devienne comme un restaurant où le serveur annonce : "Aujourd’hui, nous avons deux plats du jour. Les deux sont dégueulasses, mais si vous ne prenez pas le premier, vous aurez obligatoirement le second". Et après, on s’étonne que les citoyens n’aient plus faim.
Moi, je veux avoir envie de voter. Je veux qu’on me parle d’avenir plutôt que d’apocalypse. D’idées plutôt que d’anathèmes. De projets enthousiasmants plutôt que d'intentions nauséabondes. De solutions plutôt que d’ennemis. Je veux choisir un programme, pas une menace. Je ne veux pas qu’on me dise : "Votez pour nous, sinon ce sera eux". Parce qu’entre la peste et le choléra, il existe peut-être une troisième possibilité : celle qui consiste à arrêter de nous prendre pour des malades et commencer à nous proposer des candidats qui ont envie de guérir le pays.
Et si vraiment, on ne nous laisse que deux bulletins, l'un portant le nom de Charybde, l'autre celui de Scylla, qu’on ait au moins l’honnêteté de rebaptiser l’urne : "Ici, veuillez déposer votre résignation". Et de créer enfin cette petite case à cocher : "Pour moi, ce sera aucun des deux. Réveillez-moi quand vous aurez trouvé mieux !!!"
Fernando Nuno Pereira Rainho

Éclipse solaire au-dessus des toits de Colmar

12 août 2026

Mathieu Bedez
10/8/2026

Quand nos paysages changent

Il faisait partie du paysage colmarien depuis plus d’un siècle.
Ce dimanche, une importante partie de ce peuplier d’environ 120 ans et 27 mètres de haut, situé à l’intersection du quai de la Poissonnerie et de la rue des Tanneurs, s’est brutalement rompue.
Heureusement, le tronc est tombé du côté du cours d’eau et aucun blessé n’est à déplorer.
Selon les services techniques de la Ville de Colmar, l’arbre, déjà sous surveillance, avait très certainement été fragilisé par la sécheresse avant qu’un coup de vent lors d’un orage n’en arrache une partie.
Aujourd’hui, pour des raisons de sécurité, ce vieux peuplier disparaît du paysage colmarien.
Difficile de ne pas y voir aussi une illustration très concrète des bouleversements auxquels notre végétation doit désormais faire face : sécheresses prolongées, fortes chaleurs, épisodes météorologiques brutaux...
Le changement climatique ne transforme pas seulement nos campagnes et nos forêts. Ses effets se font aussi sentir au cœur de nos villes.
Cette disparition me rappelle celle du célèbre saule pleureur devant le lycée des Pontonniers à Strasbourg, tombé en septembre 2024 après un épisode de fortes pluies.
Deux arbres emblématiques, deux situations différentes, mais un même constat : même ces géants qui semblaient immuables restent vulnérables aux conditions extrêmes.
Trois images d’un paysage familier qui, en quelques heures, a changé de visage.
Photos Mathieu Bedez



11 août 2026

André Malraux a-t-il sauvé le centre historique de Colmar d’un désastre ?

Amis de la Bibliothèque de Colmar


Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, et à l'occasion de "l'année Malraux" (André Malraux : 1901-1976), nous vous proposons, avec Le Réseau des Bibliothèques de Colmar, une conférence inédite :
André Malraux, a-t-il sauvé le centre historique de Colmar d’un désastre ?
Figure emblématique de la Culture disparue il y a soixante ans, le 23 novembre 1976, André Malraux fut, tout à la fois romancier, critique d’art, penseur, homme d’action, combattant et ministre. Il est considéré par beaucoup comme une grande conscience du XXe siècle. Prix Goncourt pour La Condition humaine, il a très tôt affirmé la place essentielle de l’art dans le destin de l’humanité. Devenu ministre des Affaires culturelles du général de Gaulle – un ministère créé pour lui en 1959 – il posa les fondements d’une politique culturelle inédite : préserver le patrimoine, soutenir la création et rendre la culture accessible à tous. Les maisons de la Culture, la restauration des monuments historiques, la reconnaissance des artistes et la diffusion de l’art vivant ont durablement transformé le paysage culturel français. Pour Malraux, la culture constituait avant tout une quête de dignité et de transcendance, au cœur de l’expérience humaine.
À l’époque du ministère Malraux, le terme de patrimoine n’avait pas encore la portée qu’il a acquise aujourd’hui. Les mesures que prendra dans ce domaine le ministre d’État chargé des affaires culturelles au début de son mandat, constituent le socle qui va permettre à ses successeurs de créer une direction du patrimoine. Le texte majeur est la loi du 4 août 1962 sur les secteurs sauvegardés, appelée Loi Malraux. Elle est préparée par la prise en compte déjà effective, des abords des monuments historiques (instituée en 1943) par la réglementation concernant les sites urbains. Le risque de voir des quartiers entiers, devenus vétustes et insalubres, livrés à la pioche des démolisseurs, se combine alors avec la nécessité de se rapprocher des procédures du droit de la construction. Il s’agit de prouver qu’on peut moderniser les villes, offrir aux habitants des conditions de vie décentes sans pour autant faire tabula rasa de l’architecture ancienne : rénovation et restauration devraient donc aller de pair. Une des ambitions constantes de Malraux a été de développer les liens entre conservation et création, entre connaissance et appropriation sociale. Avec l’objectif d’inscrire le patrimoine, les œuvres d’art dans l’ensemble de la vie culturelle française.
À Colmar, le « Plan Permanent de Sauvegarde et de Mise en Valeur » est créé par arrêté interministériel du 7 janvier 1966. Il est établi par Bertrand Monnet, architecte en chef des Monuments Historiques dès 1968. Ce plan viendra progressivement se substituer au « Plan de la rénovation urbaine des ilots défectueux de Colmar » confié en 1958 à Gustave Stoskopf, architecte Prix de Rome, inspiré des doctrines hygiénistes héritées du XIXe siècle en proposant la tabula rasa des îlots « insalubres » puis « défectueux », remplacés par des barres. C’est ainsi que naquit l’opération de « Restauration Immobilière du Quartier des Tanneurs », sauvée par la Loi du 4 août 1962. Cette Loi marque un tournant dans la protection du patrimoine architectural urbain qui passe de la protection des monuments à la protection des ensembles urbains.
Le conférencier, Michel Spitz, est architecte, urbaniste et ancien maître de conférences à l’École Nationale d’Architecture de Strasbourg. Il a été pendant trente ans Architecte consultant à la Mission interministérielle pour la Qualité des Constructions publiques. Il est aujourd’hui Adjoint au Maire de Colmar en charge du patrimoine et des grands projets et membre de l’Académie des sciences, lettres et arts d’Alsace. Il est l’auteur de l’ouvrage Architecture sacrée en Alsace (2025, éditions de l’Atelier contemporain) et co-auteur de Hartmannswillerkopf, Monument national de la Grande Guerre en Alsace (2015, éditions du Signe). Avec son bureau, il a notamment assuré la maîtrise d’œuvre des anciens thermes, le Palais Lumière à Evian, de la restauration du Monument National de la Grande Guerre du Hartmannswillerkopf et du Palais des Fêtes de Strasbourg, salle de concert historique de la capitale européenne.
[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Marc Amblard
8/8/2026

À CEUX QUI SOUTIENNENT QUE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE N’AURA PAS LIEU EN 2027


La rumeur circule de plus en plus sur les réseaux sociaux.
Rappelons tout d'abord que cela fait 178 ans (1848) que les élections présidentielles existent en France.
Ensuite, l'article 6 de la Constitution est sans ambiguïté : le président est élu pour cinq ans, et « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». Emmanuel Macron ayant été élu en 2017 puis réélu en 2022, il ne peut donc pas exercer son mandat au-delà de 2027.
Plus important encore, l'article 7 impose l'organisation de l'élection. Il ne laisse aucun choix :
« L'élection du nouveau Président a lieu 20 jours au moins et 35 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs du Président en exercice. »
Ce n'est donc pas une élection que le gouvernement pourrait simplement décider de ne pas organiser.
Ni une guerre, ni l'état d'urgence, ni même l'exercice des pouvoirs exceptionnels de l'article 16 ne donnent en eux-mêmes au président un pouvoir lui permettant de supprimer l'élection présidentielle ou de prolonger discrétionnairement son mandat.
Il faudrait distinguer une situation beaucoup plus extrême : une catastrophe ou un conflit rendant matériellement impossible l'organisation du scrutin. On entrerait alors dans une crise constitutionnelle exceptionnelle et la question du report pourrait effectivement se poser. Mais ce serait un report nécessité par l'impossibilité matérielle d'organiser l'élection, pas la suppression de l'élection ni l'octroi d'un 3ème mandat à M. Macron.
D’ailleurs, faut-il rappeler que le gouvernement a officiellement fixé les dates de la présidentielle de 2027 lors du Conseil des ministres du 1er juillet 2026 : premier tour le 18 avril 2027, second tour le 2 mai 2027.
La présidentielle aura bien lieu l’année prochaine, le droit constitutionnel en vigueur ne permettant pas à Emmanuel Macron de décider de l'annuler pour rester au pouvoir.

[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]

9 août 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gilles Casanova
9/8/2026


L’Ukraine annonce qu’elle n’a plus d’armes de défense aérienne, alors que les bombardements russes n’ont jamais été aussi forts. Les manifestations de masse contre Zelensky et son gouvernement déferlent dans les rues. La foule s’affronte aux recruteurs violents.
Et, à Paris, des gens prostituent le journalisme.

[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]
Jak Umbdenstock

Cercle vicieux