Yves Hemedinger
14/1/2026
Nous devons retrouver notre âme
Le tourisme doit servir la ville et sa population et pas l’inverse.
On commence à disposer des premiers chiffres de fréquentation du marché de Noël.
Au point, où nous en sommes objectivement, un peu plus ou un peu moins (et puis les chiffres hein …) c’est pas ça qui va changer quelque chose et seul compte votre ressenti et vos réactions.
Plus intéressantes sont les nombreuses discussions que j’ai eues avec les commerçants et restaurateurs du centre-ville.
Et un constat s’impose : les flux ont profondément changé. La fréquentation se concentre désormais très fortement sur certains secteurs, au détriment du cœur de ville.
La politique menée à partir de 1995 consistait à disséminer les marchés de Noël dans toute la ville – une approche alors unique à Colmar – afin d’inciter les visiteurs à circuler devant toutes les vitrines et donner ainsi sa chance à chaque commerçant.
Force est de constater que ce modèle ne fonctionne plus aujourd’hui. C’est un véritable problème, largement partagé par de nombreux commerçants, mais aussi par les restaurateurs du cœur de ville eux-mêmes.
Un autre élément préoccupant est la baisse de la qualité de la fréquentation : si le nombre de visiteurs reste élevé, leurs dépenses sont en recul et les retombées économiques ne sont plus à la hauteur, ni de ce qu’elles étaient, ni de ce que l’on peut légitimement attendre d’un événement accueillant une telle masse de personnes.
Cette situation s’explique en partie par une perte d’authenticité de l’offre, des activités proposées et des tarifs pratiqués. Certains visiteurs viennent plus pour une fête foraine que pour un véritable marché de Noël.
Avec mon équipe, nous travaillons actuellement à des propositions concrètes et structurées. La ligne de conduite est claire : revenir à un tourisme plus authentique, porteur de sens, en lien étroit avec notre patrimoine culturel et architectural.
Un tourisme en accord avec notre ADN alsacien et colmarien, sinon nous aurons toujours plus de monde, avec le paradoxe de moins de retombées économiques.
Nous ne voulons pas être un parc d’attraction à ciel ouvert.
Cette réorientation, et la réflexion globale que je souhaite mener, constitue un enjeu majeur. Elle est indispensable pour que l’activité touristique reste économiquement bénéfique, mais aussi supportable et acceptable pour les habitants.
Nous aurons bien sûr l’occasion d’en parler plus précisément. Voici, à ce stade, les grandes orientations sur lesquelles nous travaillons :
- un tourisme plus authentique, plus culturel, plus patrimonial, donc plus qualitatif ;
- un tourisme moins invasif, respectueux de la vie des habitants ;
- un tourisme profitant à l’ensemble de l’activité commerçante, tout en préservant la qualité de vie des Colmariens.
C’est cet équilibre que nous devons atteindre – et nous l’atteindrons ensemble.