Loïc Jaegert-Huber
7/4/2026
On apprend ce soir que le Président de la Région Grand Est, Franck Leroy, dans une communication adressée à l'ensemble des députés, a indiqué que la proposition de loi visant à simplifier le millefeuille territorial par la collectivité unique [alsacienne] rappelait les "heures sombres" de l'Histoire.
Disons-le clairement, une telle comparaison est une honte !
Alors que le débat est en cours à l'Assemblée nationale, chacun devrait mesurer ses mots. Comparer une réforme administrative discutée dans le cadre républicain à des périodes tragiques de notre histoire est excessif, déplacé et totalement indigne du débat démocratique.
Encore une fois, de quoi parle-t-on réellement ?
D'une proposition simple ! Faire de l'actuelle Collectivité européenne d'Alsace une collectivité à statut particulier, exerçant à la fois les compétences d'un Département et d'une Région. Rien de plus, rien de moins !
Ce type d'organisation existe déjà ailleurs en France : la Corse, la Métropole de Lyon, la Ville de Paris et même Marseille dans un autre registre institutionnel. Personne n'y voit une menace pour l'unité nationale.
Contrairement à certaines caricatures, les Alsaciens ne demandent ni l'indépendance, ni l'autonomie politique. Ils demandent une chose beaucoup plus simple, à savoir, une organisation publique plus lisible, plus cohérente et plus proche du terrain. C'est tout !
Depuis 2016, le Grand Est a montré ses limites. Trop vaste, trop hétérogène, trop éloigné de ses réalités historiques, économiques et transfrontalières, il peine à entraîner pleinement les territoires. Et c'est (aussi) la Cour des comptes qui dit cela ! L'enjeu n'est pas identitaire, il est institutionnel, démocratique et opérationnel.
Ce que demandent les Alsaciens, ce n'est pas moins de France, c'est mieux d'Alsace dans la France mais aussi mieux d'Alsace dans l'Europe rhénane.
Des Alsaciennes et Alsaciens fiers de leur histoire, fiers d'être Français, fiers d'être européens et qui veulent simplement que l'action publique soit organisée de façon plus efficace, pour la France toute entière !
Moins de confusion, moins d'éloignement, moins de millefeuille.
Plus de cohérence, plus de proximité, plus d'efficacité.
C'est cela le vrai sujet et il mérite mieux que des amalgames historiques aussi grossiers !











































