Edouard Dabrowski
11/4/2026
Alors qu'il ne s'y attendait pas lors des dernières élections municipales, Eric Straumann a dû encaisser le rejet de 63 % des votants colmariens. La claque fut violente, d'autant que son grand copain, l'ultra-libéral Lisnard – dont il a publié le soutien sur Facebook, et curieusement pas celui de Brigitte – venait d'être réélu à Cannes, dès le 1er tour, avec 81 % des voix. Au vu du désamour avéré des Colmariens qui malmenèrent sans pitié son ego, y compris sur les réseaux sociaux, il n'y avait que deux façons de réagir pour Straumann : soit faire amende honorable et revoir sa copie en fonction des aspirations de la majorité des Colmariens, soit continuer comme si de rien n'était. C'est visiblement cette seconde option qu'il a choisie, renonçant à troquer le mépris contre le respect. Sous des dehors empreints de jovialité et d'humour, on retrouve l'arrogance de feu Gilbert Meyer, pour qui il n'a jamais caché son admiration. Cette arrogance, cet étalage de sa toute-puissance n'a pas tardé à se manifester dès la première séance du nouveau conseil municipal, quand l'opposition s'est étonnée de se voir écartée de toute représentation au sein des organismes extérieurs, comme le voudrait une démocratie qui fonctionne. « Il faut que la Ville parle d'une seule voix », répond Straumann qui a verrouillé l'ensemble des sièges en y plaçant ses pions. Pourtant, en 2020, il avait fait le choix qui paraissait assez révolutionnaire de confier un poste d'adjoint à l'opposant écologiste Hilbert. Nous savons à présent que ce n'était que de la poudre aux yeux et une manière de museler l'opposition.
On peut prédire sans grand risque de se tromper, que l'actuel mandat ne sera pas un long fleuve tranquille. Irrité par son faible score à l'élection municipale, Straumann s'en est pris aux élus municipaux qui selon lui portent la responsabilité de sa déconvenue, et pratique le remaniement à tour de bras. Prenant exemple sur le gouvernement, il part du principe que n'importe qui peut occuper n'importe quel poste et qu'aucune compétence spéciale n'est nécessaire hormis celle d'être un larbin docile.
On voit apparaître les carriéristes, les opportunistes, rivalisant de flagornerie, dont le souci premier n'est pas d'être au service des Colmariens mais d'avoir la place convoitée, et qui sont prêt(e)s à toutes les vilenies pour arriver à leurs fins. Des dissensions naissent déjà alors que nous ne sommes qu'en tout début de mandat.
Une ambiance qui deviendra de plus en plus délétère, associée à une opposition fermement décidée à remplir son rôle, et un maire donnant l'impression de naviguer à vue, sans offrir aux Colmariens de vision à long terme qui fasse envie.
