4/4/2026
UN GRAND MODIGLIANI AU MUSÉE UNTERLINDEN
Le Quatuor Modigliani, dont le seul nom réjouit et émeut d’avance, fait indéniablement partie de la cour des grands. Invité régulier des salles les plus prestigieuses dans le monde entier, il est devenu l’un des ensembles à cordes français les plus reconnus du monde musical. Pour aller au bout de son idéal, celui de toucher le public par une identité esthétique et sonore qui porte une signature et assouvit le désir de tracer sa propre voie, le quatuor s’est approprié, la devise d'Amedeo Modigliani, le célèbre peintre : « Ton devoir réel est de sauver ton rêve ».
À une époque où chacun cherche à couvrir la voix de l’autre, le quatuor nous rappelle que l’harmonie naît, de l’écoute active de l’autre et de la responsabilité individuelle. N’est-ce pas la forme de démocratie, aussi fragile qu’exigeante, qui incarne l’un de nos idéaux collectifs les plus élevés ? Une école de l’altérité où chacun apporte sa pierre à l’édifice sans jamais chercher à dominer. Ainsi Goethe compare le quatuor à cordes à la conversation de « quatre personnes raisonnables ». Raison, progrès, clarté, sérieux et simplicité… Une définition qui place cette formation sous le signe de la civilité, de la responsabilité individuelle et de la confiance dans la raison partagée.
Au programme de la soirée, Kurtag, Beethoven et Brahms. Ainsi les Modigliani sondent les romantiques à la lumière des mouvements éclairs des Microludes du Hongrois György Kurtág composés en 1977 en leur insufflant gravité et profondeur. Souvent comparée à celle du viennois Anton Webern à cause de cette brièveté dans le temps et dans l’espace. Visiblement passionné jusqu’au bout de l’archet, chaque musicien adopte un son élégant et léger, dont le volume global incarne une présence qui ne s’impose pas mais que chacun écoute, avec respect, attendant la phrase suivante. Le public colmarien qui mesurait sa chance, ne s’y trompe pas : il assiste là à un sommet d'intégration des voix, d’élégance, de raffinement et de recherche sonore. Sculptant l’émotion sans jamais la diluer, ni la trahir.
Grâce au soutien de généreux mécènes, le Quatuor Modigliani a le grand privilège de jouer quatre magnifiques instruments italiens : Philippe Bernhard joue un violon de Giovanni Battista Guadagnini de 1780, Loic Rio joue un violon d’Alessandro Gagliano de 1734, Laurent Marfaig joue un alto de Mariani de 1660, François Kieffer joue un violoncelle de Matteo Goffriller « ex-Warburg » de 1706.
Pour en savoir + et réserver vos places : Festival de Pâques de Colmar
Photos © Edouard Dabrowski
































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