Traduction

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23 mai 2026

Michel Spitz
23/5/2026


L’écrivain Velibor Čolić a reçu vendredi des mains d’Eric Straumann, maire de Colmar, à la Bibliothèque des Dominicains, le Prix 2026 de traduction Maurice-Betz de l’Académie d’Alsace pour son œuvre (romans, récits, nouvelles) qui témoigne du passage de sa langue natale, le serbo-croate, au français.
Réfugié en France depuis la guerre en ex-Yougoslavie (dont quelques années en Alsace), il a entrepris un chemin d’écriture original et puissant (dernier ouvrage : « Guerre et pluie », Gallimard 2024) qui résonne des cruelles absurdités de la guerre civile mais aussi se colore d’une autodérision pleine d’humanité.
Créé en 1957, le Prix Maurice Betz salue la mémoire du Colmarien qui fut notamment l’introducteur et traducteur de Rainer-Maria Rilke en France. Il est doté par la Ville de Colmar, partenaire de la cérémonie.
La séance a été introduite par Gabriel Braeuner, secrétaire perpétuel de l’Académie d’Alsace et la laudatio du lauréat a été a prononcée Benoît Wirrman.
Après la remise colmarienne du prix, Velibor Čolić a rencontré le public strasbourgeois à la BNU, dans un dialogue avec Kaïs Ezzine, de la librairie des Bateliers.
Elisabeth Spitz
22/5/2026


Grand sourire, regard lumineux, l’artiste Yolaine Wuest entre dans la Librairie Feuilles d'Encre à Colmar pour une séance de dédicaces pour son magnifique ouvrage « Sillages ». Elle est accompagnée par la talentueuse écrivaine Laurence Tardieu qui a écrit sa préface.
Yolaine Wuest ne peint pas la lumière: elle la cherche, la débusque et la fait naître au cœur même de l'obscurité ;
Sillages en est l'éclatante démonstration.
Son œuvre avance à pas feutrés entre ombre et éclat, laissant derrière elle des empreintes sensibles où l'essentiel affleure avec une rare délicatesse.
L’artiste ne cherche pas à convaincre, délicatement, elle évolue par résonance, par éclats retenus, et Sillages en est peut-être la plus intime empreinte.
Des textes sublimes de l’artiste associés aux œuvres, un voyage qui relève ce qui demeure invisible aux regards pressés.
Voici quelques mots que j’ai retenu de l’artiste :
« Pouvoir se nourrir de ces riens qui font un tout et qui nous disent ce que nous sommes, profondément. Les laisser nous combler... Véritable terreau dans lequel puiser inlassablement permet de ne pas perdre pied.
Pouvoir s'y ancrer pour se mouvoir au-dehors et y creuser son sillon. Puis, en écho de nos traces laissées, tel un sillage, ne subsisteraient alors plus que des ondes, légères. Empreintes éphémères, lignes résiduelles au creux de nos vies. Autant de signes de ce que nous sommes alors devenus. Faire silence, démêler les fils, et peut-être parvenir à retrouver "la" lumière, celle qui sourd en deçà de nos doutes. »
Il y a un peu de Soulages dans Sillages.
Poursuite des dédicaces et exposition visible à Galerie Murmure Colmar jusqu’à samedi 23 au soir.

18 mai 2026

Violoncellades 2026 : 44 violoncelles en concert à l'église Saint-Matthieu à Colmar

Photos Edouard Dabrowski

















17 mai 2026

Michel Spitz
17/5/2026

L'ÉVEIL DES CŒURS
PAR L’ORCHESTRE DU CONSERVATOIRE DE COLMAR – L’ENSEMBLE VOCAL DE GUEBWILLER – MARCEL LOEFFLER

Une exceptionnelle prestation des ensembles précités en deux concerts, le premier à l’église Saint-Matthieu de Colmar, le second aux Dominicains de Guebwiller. Lorsqu’une saison est prétexte à créer une œuvre d’art, c’est tout un imaginaire artistique qui s’émerveille en découvrant les couleurs, les sons et les parfums que nous offre la nature. Les élèves et étudiant·es de l’Orchestre ont tissé un Fil d’or reliant l’accordéon du soliste Marcel Loeffler aux voix de l’Ensemble vocal de Guebwiller. Un programme intergénérationnel qui, de Rameau à Márquez, de Haydn à Anderson, de Fauré à Dvořák et à Sibelius, jusqu’à Piazzolla, a invité le compositeurs rhénan Waldteufel à partager des éclats baroques et romantiques en éveil. Rythmes chaleureux et mélodies mystérieuses se métamorphosent pour offrir d’éclatantes résonances. L’énergique et très inspirée direction d’orchestre de Pierre Hoppé a emmené les ensembles présents au sommet de la résonance émotionnelle avec la volonté de construire progressivement un réseau de solidarité entre les artistes en herbe et de rassembler le public engagé autour de lui. Indéniablement, il a mis l'accent sur l’engagement, la convivialité, la dimension humaine et les qualités des échanges entre tous les intervenants. Nous saisissons là, à quel point le chef d'orchestre est important face à l'attitude des musiciens d'orchestre : ils sont légitimement fiers de pouvoir jouer ensemble tout ce qu'on leur demande afin de « saisir la vie éphémère de l’instant contenue dans la forme des différentes pièces, ce qu’est une véritable interprétation ».

Le programme de la soirée :
Jean-Philippe Rameau - Les Indes galantes (extraits)
Joseph Haydn - Les Saisons (extraits : le Printemps)
Anton Dvořák - Danses slaves, op.46 (extraits)
Émile Waldteufel - Amour et printemps, valse
Jean Sibelius - Vårsang (La Tristesse du printemps), poème symphonique
Gabriel Fauré - Pavane
Astor Piazzolla - Milonga del ángel - Muerte del ángel
Leroy Anderson - Blue Tango
Arturo Márquez - Danzón n°2
photos © Michel Kurst








12 mai 2026

Michel Spitz

MÉMOIRES ENFOUIES / MITSUO SHIRASHI

L’espace d’art de la Cave de Ribeauvillé accueille « Mémoires Enfouies » de Mitsuo Shiraishi, un artiste au parcours singulier reconnu pour la sensibilité et la profondeur de son œuvre.
Qui ne connait pas Mitsuo Shiraishi ? Peintre et graveur d’origine japonaise, il s’est installé, il y a de nombreuses années en Alsace, d’où il développe un univers singulier, à la croisée des deux cultures. Né au Japon, Mitsuo Shiraishi nourrit son travail d’une riche sensibilité artistique franco-japonaise. Son œuvre est le reflet du dialogue intime entre ses racines orientales et son ancrage européen. A l’issue de ses études à l’école des Beaux-arts de Mulhouse, il fait la rencontre décisive de Rémy Bucciali, fondateur des éditions Bucciali à Colmar, qui imprime et diffuse des estampes d’artistes. Mitsuo y travaillera vingt ans, orfèvre en matière de gravure, il sera le conseiller précieux de nombreux artistes, tout en développant sa propre carrière et en exposant dans de nombreuses foires et galeries.
De son Japon natal, l’artiste a conservé un goût très prononcé pour la représentation de la nature. Il campe des atmosphères inspirées de l’héritage asiatique et de ses voies les plus traditionnelles et sacrées Il nous transporte dans un monde que nous ne pouvons imaginer que dans nos rêves fugaces, empreints de bizarreries. Toujours joueur, Mitsuo Shiraishi s’amuse à nous perdre en chemin, à travers des routes sinueuses, des labyrinthes, des toiles d’araignées, des lignes qui fuient. Il y oppose l’espace du minéral construit à celui, sauvage et végétal. Ses lieux sont parsemés d’objets hétéroclites, où les jeux (manège, tobogan, balançoire, échec…) tiennent une place privilégiée : « Il y a un côté très enfantin que je garde en moi, mais je porte un regard d’adulte sur le souvenir et le vécu » précise-t-il. Son jeu favori, est de rendre visible l’invisible, de rendre présent l’absent, c’est-à-dire l’humain, dont son œuvre est curieusement dépourvue. Pourtant, tout nous laisse à penser à la permanence de cette présence et dont l’absence est source de toutes nos questions, de toutes nos inquiétudes en nous renvoyant à l’essence de notre existence. Nulle date, quelque part, ou partout… Quelques traces humaines, parfois facétieuses, des halos de lumière dans la pénombre qui prennent le dessus et nous mettent en joie.
L’exposition « Mémoires Enfouies » de Mitsuo Shiraishi, présentée à la Cave de Ribeauvillé, reflète l’exploration des thèmes universels de la mémoire et du temps, invitant chaque spectateur à une expérience contemplative profonde.
Du 28 mars au 28 juin 2026, la Cave de Ribeauvillé ouvre ses portes à cette exposition exceptionnelle. Dans un cadre où patrimoine viticole et création contemporaine se rencontrent, les œuvres de Mitsuo Shiraishi dialoguent avec l’histoire et l’architecture de la cave.



















8 mai 2026

Michel Spitz

L’ABSENTE - Créer en l’absence, en dialogue avec La Vierge au buisson de Roses

- 8/5/2026 - La Vierge au buisson de roses de Martin Schongauer (vers 1473), longtemps exposée dans le chœur de la Collégiale Saint Martin, a vécu, il y a une cinquantaine d’années, une aventure rocambolesque. Volée dans une nuit de janvier 1972, elle est retrouvée dans le garage d'un particulier en juin 1973 dans la banlieue lyonnaise. Elle retrouvera sa place à Colmar et sera mise, pour des raisons de sécurité, dans le chœur de l'église des Dominicains, où elle est visible depuis.
Elle vient de quitter temporairement son lieu d’exposition colmarien pour être présentée au musée du Louvre dans le cadre d’une exposition consacrée au maître rhénan.
Ce déplacement, comme le précédent, soustrait l’œuvre de son lieu d’origine et produit une situation singulière : celle d’une absence à la fois concrète, symbolique et active.
À l’initiative de Karin Graff, quatre artistes : Fernande PETITDEMANGE photographie - Germain ROESZ, peinture - Mitsuo SHIRAISHI, gravure - Viktoria von der BRÜGGEN céramique, s’engagent dans un travail de création collective autour du chef-d’œuvre de Martin Schongauer. Le tableau de La Vierge au buisson de roses devient le point de départ d’une expérience inédite, humaine et artistique.
À partir de l’usage de leur médium respectif, les artistes dressent leur retable qui se réfèrent à sa forme originale, ses panneaux latéraux et son revers. S’y ajoute un travail sur la couleur, ainsi qu’une circulation entre les médiums : gravure, photographie, céramique et peinture. Le projet, en évolution permanente au cours de son élaboration : par ajouts, par contacts, par retraits, par simplifications, par correspondances et ajustements. Cette originale démarche collaborative ouvre le regard de chaque artiste sur le monde de l’autre et modifie la perception initiale. L’objectif demeure que l’œuvre collective produite porte en elle un horizon nouveau. Schongauer reste le référent pour l’iconographie et la précision picturale comme dans la mémoire collective et personnelle des artistes.
L’exposition de ces pièces a choisi d’investir plusieurs lieux symboliques colmariens. Deux retables sont à découvrir au Pôle Média Culture, un autre à la Bibliothèque des Dominicains. Bientôt deux autres retables viendront prendre place à la Collégiale Saint Martin.