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25 septembre 2025

[POLITIQUE / SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Kuzmanovic Georges
25/9/2025

Bruno Le Maire ou l’irresponsabilité politique

Sept ans ministre de Macron, vingt-cinq ans au cœur de l’État : Bruno Le Maire feint de découvrir les méfaits de l’Union européenne. Une tartufferie de plus, symbole d’une caste politique jamais responsable, jamais coupable.


Il est des moments de la vie publique où le citoyen se demande s’il doit rire ou pleurer. Quand Bruno Le Maire, ministre de l’Économie depuis plus de sept ans et acteur de premier plan de la vie politique française depuis un quart de siècle, explique désormais que « l’Union européenne est responsable de la désindustrialisation de la France » et que « les technocrates de Bruxelles tuent l’Europe », le sentiment oscille entre la stupéfaction et la colère. Voilà donc celui qui a accompagné, justifié et promu les politiques européennes les plus destructrices depuis Maastricht qui, soudain, découvre les dégâts dont il est l’un des principaux architectes.

Voilà donc l’homme qui, depuis un quart de siècle, a occupé toutes les places clés de l’appareil d’État, l’homme qui a voté, justifié, appliqué et défendu tous les traités européens, qui découvre aujourd’hui les dégâts qu’il a lui-même semés. Tartufferie ? Hypocrisie ? Cynisme ? Sans doute les trois à la fois.

Vingt-cinq ans à défaire la souveraineté française

Bruno Le Maire n’est pas un météore politique, c’est un vieux routier du système. Directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon, secrétaire d’État aux Affaires européennes, ministre de l’Agriculture sous Sarkozy, puis ministre de l’Économie d’Emmanuel Macron depuis 2017 et pendant presque 8 ans, il est dans les arcanes du pouvoir depuis un quart de siècle au moins.

Et à chaque étape, il a participé à défaire la souveraineté de la France. Il a été de ceux qui ont enterré le vote du peuple en 2005, quand les Français ont rejeté massivement le traité constitutionnel européen, ressuscité sous la forme du traité de Lisbonne en 2008 et imposé par un Congrès réuni à Versailles. Il a été de ceux qui ont vanté les mérites de la dérégulation, du libre-échange, des délocalisations, du dumping fiscal et social en Europe. Il a été de ceux qui ont imposé le dogme de la mondialisation heureuse, en sacrifiant des pans entiers de notre économie sur l’autel de la « compétitivité ».

Alors, entendre aujourd’hui Bruno Le Maire se plaindre que « Bruxelles tue l’Europe », c’est un peu comme voir un pyromane se lamenter de voir brûler une maison qu'il a lui-même incendiée.

L’euro, cette camisole qui étrangle la France

Au cœur du problème se trouve bien sûr l’euro. Conçu à l’image du Deutsche Mark, cette monnaie unique est taillée sur mesure pour l’industrie exportatrice allemande. Pour Berlin, c’est une aubaine : elle bénéficie d’une devise parfaitement adaptée à sa puissance industrielle. Pour Paris, c’est un piège : la France se retrouve coincée avec une monnaie trop forte pour son appareil productif, et trop faible pour soutenir son pouvoir d’achat.

Résultat : pour tenter de compenser ce handicap, l’État français dépense chaque année au moins 150 milliards d’euros. CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi), Crédits d’impôt, subventions, allègements de charges, primes à l’exportation… Autant de pansements budgétaires pour maintenir vaguement à flot une industrie qui suffoque sous le joug de l’euro.

Ce sont 150 milliards qui pourraient aller à l’école, à la santé, à la recherche, à la transition écologique, aux infrastructures. Mais non : ils servent à colmater les brèches d’un système monétaire absurde, voulu par nos élites, imposé aux peuples, et qui ronge année après année les bases de notre économie.

Une désindustrialisation qui n’a rien d’un accident

Ce n’est pas la fatalité qui a conduit à la désindustrialisation française, mais bien des choix politiques. Les élites françaises ont accepté les règles du jeu maastrichtien en toute connaissance de cause. Elles ont préféré vendre aux Français les vertus supposées de la « compétitivité », du « consommateur roi » et des « marchés ouverts », plutôt que de défendre l’indépendance économique et la souveraineté productive du pays.

Ainsi, au lieu de maintenir et moderniser notre appareil productif, on a organisé la fuite des usines à l’étranger. Au lieu de protéger notre avantage énergétique lié au nucléaire, on a accepté le système européen absurde de fixation des prix de l’électricité, conçu pour neutraliser l’avantage français et aligner nos coûts sur ceux de l’Allemagne. Au lieu d’investir dans des filières stratégiques, on a préféré signer des accords commerciaux ouvrant nos marchés à des produits fabriqués au bout du monde, au prix d’un désastre écologique et social, tout cela pour flatter les dogmes du libre-échange et du marché unique.

Et beaucoup en ont profité financièrement, et encore plus la classe sociale qu'ils ont servi, et en premier lieu, les ultra-riches, ceux dont la fortune a été multipliée par 5 en 10 ans.

Évolution du patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes de France de 1996 à 2024
1996 : le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes représentait ≈ 6,4 % du PIB (environ 80 Mds €).
2017 : des responsables politiques et médias reprennent un ordre de grandeur d’≈ 25 % du PIB (repère souvent cité pour illustrer la montée depuis 1996).

On a sacrifié Alstom sur l’autel de Bruxelles et pour amplifier la fortune de quelques milliardaires à qui, in fine, profite la perte de souveraineté dans tous les domaines. On a laissé partir nos raffineries, nos aciéries, nos fleurons de l’électronique, notre industrie chimique et une partie de l'industrie militaire. On a accepté que notre agriculture soit broyée par les accords de libre-échange et même de perdre notre souveraineté agricole. Et surtout, on a consenti à ce que notre avantage énergétique – le nucléaire – soit neutralisé par un système européen de fixation des prix pensé pour priver la France de son atout compétitif et par des lobbies (puissances étrangères surtout mais, aussi écologistes) qui ne veulent pas que la France soit doté d'une énergie souveraine.

L’Allemagne, elle, a joué sa partition : enchaînant les excédents commerciaux, imposant ses règles, profitant de la monnaie unique. La France, elle, a perdu des millions d’emplois et accumulé des déficits abyssaux.

Jamais responsables, jamais coupables

Et aujourd’hui, que fait Bruno Le Maire ? Il dénonce les technocrates de Bruxelles, comme si l’Union européenne était tombée du ciel, comme si lui et ses semblables n’avaient jamais signé, jamais voté, jamais défendu ces politiques. C’est la grande tradition des élites françaises : jamais responsables, jamais coupables.

Quand les déficits se creusent, c’est la faute des Français « trop dépensiers ». Quand l’emploi s’effondre, c’est la faute des travailleurs « pas assez productifs ». Quand les usines ferment, c’est la faute de la mondialisation « inévitable ». Et quand l’Union européenne, qu’ils ont eux-mêmes façonnée, révèle son vrai visage, c’est la faute aux « technocrates ».

« On ne joue pas impunément avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l'autre à se briser sur les réalités historiques. » - Philippe Séguin, Discours du 5 mai 1992 à l'Assemblée nationale

Non, Monsieur Le Maire. Gouverner, ce n’est pas jouer les Ponce Pilate. Gouverner, ce n’est pas se laver les mains des choix que l’on a imposés.
Gouverner, c’est décider, assumer, rendre des comptes.
On ne gouverne pas impunément !

Le prix de la trahison démocratique

Il ne faut jamais oublier que les Français ont dit « non » en 2005. Ce « non » massif au traité constitutionnel européen a été piétiné trois ans plus tard par la ratification du traité de Lisbonne. Depuis ce coup de force, le divorce est consommé entre une élite politique qui gouverne contre son peuple et des citoyens qui n’ont plus confiance.

Le système maastrichtien a donc deux effets délétères : d’un côté, il appauvrit la France en la privant de ses leviers économiques ; de l’autre, il mine la démocratie en privant le peuple de sa souveraineté. Une double peine dont Bruno Le Maire et ses amis sont les premiers comptables.

Retrouver le sens de la responsabilité

La France ne pourra pas éternellement supporter ce double fardeau : une économie bridée par l’euro et un peuple trahi par ses élites. Il faudra tôt ou tard rompre avec ce système, retrouver une monnaie adaptée à nos intérêts, protéger nos industries, rétablir un État stratège capable d’investir dans l’avenir.

Mais surtout, il faudra réapprendre ce que signifie gouverner. Gouverner, ce n’est pas se cacher derrière Bruxelles, derrière les marchés, derrière l’OTAN ou la mondialisation. Gouverner, c’est décider pour son peuple, et devant son peuple. Gouverner, c’est accepter d’être jugé sur ses actes.

Bruno Le Maire n’est pas une exception. Il est le symbole d’une génération politique qui a choisi de dissoudre la souveraineté de la France dans le système maastrichtien, puis de se cacher derrière ses règles quand les choses tournent mal.
Bruno Le Maire incarne à la perfection cette génération de dirigeants qui ont troqué la souveraineté contre les lambris européens, et qui, aujourd’hui, osent pleurer sur les ruines qu’ils ont eux-mêmes causées. À lui, comme à toute la caste politique qui l’a accompagné, il faut rappeler une vérité simple, républicaine, que le général de Gaulle résumait d’une formule : « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». Elle ne devrait pas non plus se faire à Bruxelles.

La France ne retrouvera ni son indépendance économique, ni sa dignité démocratique tant qu’elle sera prisonnière de cette logique mortifère. Le retour au principe de responsabilité est indispensable : des responsables politiques qui assument leurs choix, qui rendent des comptes, et qui cessent de rejeter sur le peuple ou sur Bruxelles les conséquences de leur propre idéologie.

Il ne s’agit pas seulement d’un débat économique ou institutionnel. Il s’agit de la survie d’une nation qui, si elle continue à se dissoudre dans l’irresponsabilité et la dépendance, finira par n’être plus qu’une périphérie de l’empire germano-américain, sans industrie, sans voix, et sans avenir.


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Festival de Ribeauvillé

Trois questions à...

Jan Čižmář, luthiste, théorbiste et animateur de l'ensemble "Plaisirs de Musique".
En concert samedi 27 septembre à 20h en l'église protestante de Ribeauvillé : "Misterios del Amor"
Jan co-dirige son ensemble "Plaisirs de Musique" avec son épouse Marta Kratochvilova (flûtes). Autour de deux chanteuses aux talents fort divers et complémentaires – l'une mezzo soprano slovaque passionnée par l'art hébraïque séfarade, l'autre soprano espagnole jouant aussi la guitare – 3 ou 4 musiciens échangent leurs instruments anciens ou traditionnels dont ils tirent des sonorités fort dépaysantes, voire ensorcelantes.
 
Qu’est-ce qui vous motive pour aller au-devant du public d’aujourd’hui ?

Jan : "By sharing music in live concerts we share part of our lives, our stories. Like this we want to remind the public that each moment is unique and live performance cannot be substituted by any media".
En partageant notre musique lors de concerts vivants, nous partageons une partie de notre vie, de notre histoire. Nous voulons ainsi rappeler au public que chaque instant est unique et qu'aucun média ne peut remplacer un spectacle vivant.

Comment vivez-vous la confusion du monde d’aujourd’hui, ses séductions, ses dangers ?

Jan : "These times are difficult for everybody, of course. With the music we can let people forget and cultivate their inner worlds. But today's situation also brings more truth and value in what we are doing. We no longer find sense in doing "just a nice music". There always must be an extra touch with the world of today".
Bien sûr, cette période est difficile pour tout le monde. Grâce à la musique, nous pouvons aider les gens à oublier leurs soucis et à cultiver leur monde intérieur. Mais la situation actuelle donne aussi plus de sens et de valeur à ce que nous faisons. Nous ne trouvons plus d'intérêt à faire « juste de la bonne musique ». Il faut toujours y ajouter une touche supplémentaire qui reflète le monde d'aujourd'hui.

Qu’est-ce qui rend votre ensemble indispensable ?

Jan : "We fell like a family and love performing together, although our other careers do not allow it to be that often as we would like. We even have programme with all of our children on stage, those concerts are rather unique and special moments".
Nous sommes comme une famille et nous adorons jouer ensemble, même si nos autres carrières ne nous permettent pas de le faire aussi souvent que nous le souhaiterions. Nous avons même un programme où tous nos enfants montent sur scène, ce sont des concerts assez uniques et des moments très spéciaux.

Une ou deux idées particulières sur votre programme ?

Jan : "All you need is love, love is all you need. And we sing about that. So bring your handkerchiefs…"
Tout ce dont vous avez besoin, c'est d'amour, l'amour est tout ce dont vous avez besoin. Et c'est ce dont nous chantons. Alors apportez vos mouchoirs…

Progamme complet du Festival sur
festival-musique-ribeauville.com
Renseignements : 06 82 67 60 69
contact@festival-musique-ribeauville.com


Eric Straumann
25/9/2025




Anniversaire de Cécile Kohler - RDV ce soir à 18h devant la mairie

Aujourd’hui, 25 septembre, nous pensons tout particulièrement à Cécile Kohler, née à Colmar en 1984.
Elle est retenue en otage en Iran depuis le 7 mai 2022, avec son compagnon Jacques Paris.
Pour marquer notre solidarité face à cette injustice, nous vous proposons de nous retrouver ce soir à 18h devant la mairie, 42 rue des Clefs à Colmar.
Ensemble, faisons entendre notre voix pour Cécile, Jacques et pour la liberté.

Laurence Muller-Bronn
Sénatrice du Bas-Rhin
Conseillère d'Alsace - Canton d'Erstein

-24/9/2025- J'étais présente aujourd'hui au collège de Benfeld, situé dans mon canton pour soutenir la communauté éducative, les personnels après l'agression au couteau d'une enseignante par un élève de 14 ans.
Elisabeth Borne, ministre de l'Éducation nous a rejoints cet après-midi avec le Préfet de la région Grand Est et du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, président du département, Olivier Klein, recteur de l'académie de Strasbourg, Jacky Wohlfart, maire de la commune.
Un coup de couteau dans une petite ville comme Benfeld n’est pas seulement un drame individuel : c’est aussi un signal qui interroge sur le climat social global de crise, de peur, d'angoisse ou de colère dans notre pays.
L'équipe éducative nous a exprimé un désarroi profond, les classes chargées et le manque criant de personnel de santé : la suppression progressive des postes d’enseignants spécialisés et le manque dramatique de psychologues scolaires fragilisent notre école. Pourtant, leur rôle est essentiel dès la maternelle pour prévenir, repérer et accompagner les difficultés des enfants, et soutenir leurs familles.
Je souhaite un prompt rétablissement à la professeur victime, et pour ce jeune qui a voulu ensuite mettre fin à ses jours.

24 septembre 2025

Bernard Friedrich
24/9/2025

Affaire Straumann

Je ne suis pas, comme certains pensent l'être, "juridiquement compétent" pour remettre en cause une décision de justice ni même pour me prononcer sur d'éventuelles "légèretés" de l'accusé dans cette affaire. Ce qui, je pense, est le cas de nombreux Colmariens. Certaines réactions me gênent, qui passent sous silence la responsabilité première de celui qui, en 2020, avait décidé et fait entériner par deux arrêtés une augmentation rétroactive d'indemnités de son chef de cabinet ; opération illégale, annulée (peut-être un peu tardivement, dit-on) par l'accusé. Au fond, la faute à un "bon" maire... un peu trop bon en la circonstance ? Question : certains critiques d'aujourd'hui, à l'époque très proches du maire, n'auraient-ils pas dû le mettre en garde ? Au final, ne sont-ils pas, par leur silence ou incompétence, un peu coresponsables ?
PS : l'augmentation en question n'a jamais été versée !
Au grand dam de certain, monsieur Straumann reste éligible !

23 septembre 2025

Abbaye de Marbach

Babanu Quartet / Clôture de saison
Dimanche 28 septembre à 17h
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À l’instar des klezmorim, ces musiciens klezmer itinérants d’Europe Centrale, leur prestation vous transportera à travers les Balkans, s’enrichissant de couleurs slaves et tziganes, depuis la Bosnie jusqu’au cœur de Cracovie. La clarinette, l’accordéon et le violon s’enlacent pour conter et pleurer le spleen gitan, tandis que les musiciens, par leurs cris frénétiques, galvanisent et enflamment définitivement l’auditoire.
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Je réserve


infos concerts / renseignements
soutien à l'abbaye 6€ / plateau au profit des artistes / gratuit pour les moins de 12 ans / accueil PMR / buvette / caisse du soir / ouverture des portes 45 minutes avant le début des concerts / placement libre

réservation en ligne conseillée
ou par téléphone / email
contacter Laurence au 06 19 36 49 64
email : culture@abbayedemarbach.org
http://abbayedemarbach.org
Elisabeth Spitz

Même si tout disparaît, librement je cheminerai pour garder la couleur de nos secrets.
Même si le temps est suspendu comme ces deux oiseaux perdus et que l’on perd tout absolu, j’entendrai l’écho de ta présence comme un cri dans le silence.
Même à bout de souffle au milieu de ce monde qui étouffe, continuons à respirer ensemble, continuons à déborder ensemble.
Sans détour ni grand discours, effaçons le glamour pour honorer l’amour.
Peu importe le décor il restera ce parfait accord, la musique de ces deux cœurs inséparables qui se regardent et s’aiment d’une manière incomparable.

Fabien Nierengarten

-23/9/2025- Si je devais conduire une liste lors des élections municipales de mars 2026, j'exigerais de la part de chacun de mes colistiers de prendre un engagement essentiel : celui de faire participer des citoyens volontaires à l'exercice de son mandat, en échangeant régulièrement avec eux sur les dossiers dont il a la charge, et en les associant aux réunions auxquelles il est convié. Je suis convaincu qu'un tel "parrainage" permettrait de sensibiliser un maximum d'électeurs aux nombreux enjeux (et difficultés) de la gestion des affaires publiques, et de combattre ainsi certains préjugés sur le rôle d'un élu local.
En effet, ma rencontre de samedi dernier avec une centaine de ces citoyens, m'a conforté dans une double (et très ancienne) conviction :
- Primo, nos concitoyens ne comprennent presque rien à la (trop) complexe répartition des compétences entre nos (trop) nombreux acteurs publics.
- Secundo, ces mêmes citoyens sont en revanche très demandeurs de transparence et de pédagogie sur le cheminement d'une décision politique, entre l'apparition d'un besoin sur le terrain et sa concrétisation effective dans les actes. Et plus particulièrement sur les obstacles juridiques, financiers et administratifs qu'il faut franchir entre ces deux étapes.
Prenons l'exemple d'une commune d'environ 800 habitants. Si chacun de ses 15 conseillers municipaux parrainait un citoyen par an, et ce, pendant les 6 années de son mandat, cela ferait près d'une centaine d'électeurs associés à la gestion de la commune. Sans droit de vote ni pouvoir de décision, bien évidemment. Mais avec, au final, une plus fine connaissance des dossiers et des projets. Et surtout, une prise de conscience accrue du véritable parcours du combattant qui sépare une idée de sa mise en œuvre concrète. Avec toujours cette question cruciale en toile de fond : dans la jungle des intérêts de CHACUN, où se situe exactement l'intérêt de TOUS ?
Je pense qu'il est absolument indispensable et très urgent de sensibiliser le citoyen à la réalité et à la difficulté de la gestion publique, ne serait-ce que pour lui faire comprendre à quoi servent ses impôts. Pour cela, rien de tel que de le mettre dans la situation du décideur local, et de le faire ainsi participer aux arbitrages (souvent très douloureux) qu'un élu doit réaliser pour tendre vers ce qui doit être son seul objectif : l'intérêt général. Le tout, face à des besoins en hausse flagrante...et avec des moyens en baisse constante. Bon courage à tous les futurs candidats !

Michel Spitz
22/9/2025

MUSEE DE LA GLYPTOGRAPHIE / JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE / COLMAR 2025

Claude Oberlin se passionne pour les marques laissées par les tailleurs de pierre au Moyen Âge et à la Renaissance. De sa passion pour la glyptographie est né un musée, en pleine zone industrielle de Colmar, dans les anciens locaux de l’entreprise de distribution de boissons qu’il a gérée jusqu’en 2008. Aujourd’hui, ses fichiers informatiques comptent 10 000 marques, reproduites sur les murs de son musée. La discipline est encore peu connue et le maître des lieux aime à la faire découvrir aux groupes, aux historiens amateurs et aux universitaires.
Dans le cadre des Journées Européenne du Patrimoine, Claude Oberlin a ouvert son espace muséal et a proposé au public un passionnant voyage dans les arcanes de l’histoire des constructeurs de cathédrales en Alsace dans le Saint-Empire romain germanique et de France. Depuis uns quinzaine d’années, il parcourt l’Europe pour retrouver les traces laissées par les authentiques artistes de la pierre pour perpétuer leur mémoire.
Intarissable, il a partagé ses découvertes en retraçant les parcours de ces tailleurs de pierre entre la collégiale Saint-Thiébaut de Thann et la cathédrale d’Ulm, Vienne, Fribourg ou Bâle. Il a souligné l’importance de Strasbourg dans le Saint-Empire romain germanique, dont la construction de la cathédrale sur plusieurs siècles incita de nombreux compagnons à venir contribuer à son érection. Il a mis en évidence les différences dans les signes lapidaires des constructions rhénanes et de la Mitteleuropa avec ceux des abbayes cisterciennes et bénédictines construites en France. Par comparaison, il a réussi à retrouver les itinéraires de ces artisans qui ont travaillé en différents endroits, parfois à 500 km de distance, se déplaçant d’un chantier à l’autre. Il présenta des outils spécifiques, tels que des équerres, qui ont permis la construction de ces monuments au millimètre.
Ce voyage dans l’histoire de la construction des cathédrales a témoigné de l’importance des recherches qui devront encore se poursuivre pour découvrir toute l’étendue de cette richesse patrimoniale.
Le musée de la glyptographie est riche d’une collection de 12 000 signatures de tailleurs de pierre et réunit de nombreuses informations sur l’art des pierres de taille.
Musée de la glyptographie 12, rue André Kiener à Colmar. Les visites se font sur rendez-vous. Contact : oberlinc@wanadoo.fr - Site : www.glyptographie.fr





22 septembre 2025

Yves Hemedinger
21/9/2025

Gilbert Meyer nous a quittés il y a 5 ans, le 21 septembre 2020.
J’ai aujourd’hui une pensée particulière pour lui, pour le travail accompli, pour ces années d’équipe et de formation. Il aura consacré près de 40 ans de sa vie au service public, dont 25 années au service des Colmariens.
Homme peu enclin aux compromis, il aimait exercer le pouvoir. Nul ne peut nier qu’il a profondément transformé Colmar, sur tous les plans. Les Colmariens l’ont d’ailleurs réélu à plusieurs reprises pour cette raison.
Il avait une ligne directrice claire, une vision et une stratégie. À une époque où la politique manque souvent de sens, de caractère et de convictions, il incarnait une empreinte et un chemin.
Il a laissé une ville disposant d’importantes marges de manœuvre financières, avec une dette et des taux d’imposition parmi les plus faibles du pays, alors que tant de collectivités connaissent de grandes difficultés. Les inaugurations des cinq dernières années et même celles à venir avaient déjà été finalisées et financées avant 2020.
Il aurait particulièrement aimé voir la transformation de la place de la Cathédrale que nous avions préparée, ainsi que le chantier de la Cathédrale elle-même que nous avions lancé et financé.
Les derniers mois de notre relation me laissent toujours un goût amer, une forme d’incompréhension. Mais cela ne m’empêche pas d’être très heureux et fier d’avoir participé, pendant 25 ans dont 12 années comme son bras droit à la transformation de notre Ville.