Yves Hemedinger
27/9/2025
Ne laissons pas les juges prendre le pouvoir !
Vous connaissez mes convictions et je n’ai pas l’habitude de citer François Mitterrand, que j’ai d’ailleurs combattu politiquement. Pourtant, il avait eu cette formule :
« Méfiez-vous des juges : ils ont tué la monarchie et ils feront tomber la République. »
Je ne me prononce pas ici sur le fond de la décision de justice qui conduit à l’incarcération d’un ancien président de la République.
Juriste de formation, je n’ai pas étudié le dossier en profondeur et ne me sens pas en mesure de produire une analyse argumentée et personnelle.
Ce n’est d’ailleurs pas mon rôle.
Je relève cependant un paradoxe : il paraît plus aisé de condamner sévèrement un ancien président de la République que certains délinquants de droit commun, qu’il s’agisse de trafiquants, de multirécidivistes ou d’agresseurs de policiers etc. …. Beaucoup de citoyens aimeraient voir une fermeté comparable dans l’ensemble des affaires judiciaires, et pas uniquement à l’égard de quelques figures publiques.
Par ailleurs, l’idée selon laquelle les responsables politiques seraient systématiquement protégés par les institutions est aujourd’hui clairement démentie par les faits.
C’est plutôt une bonne nouvelle et c’est absolument logique, du moins lorsque la décision est irréprochable !
Il convient néanmoins de rester vigilants. Dans un contexte marqué par un président de la République affaibli, une Assemblée nationale fragilisée et une vie politique instable, les juges apparaissent aujourd’hui comme les seuls à exercer un pouvoir fort, parfois perçu comme excessif.
Or, rappelons-le : la justice est une autorité, non un pouvoir, conformément à l’esprit des lois de Montesquieu. La tendance actuelle à ériger l’autorité judiciaire en troisième pouvoir, au même rang que l’exécutif et le législatif, fait peser un risque sur l’équilibre de nos institutions.
Enfin, il serait souhaitable que les médias, je vise ici Mediapart dont le rôle est essentiel dans une démocratie, respectent pleinement les exigences de rigueur et de responsabilité. Lorsque des titres comme Mediapart font du sensationnalisme ou ont des approches purement militantes au détriment des faits, c’est l’ensemble de la confiance citoyenne dans nos institutions qui se trouve affaiblie.
Mediapart a été totalement désavoué à l’audience : il serait légitime que des sanctions s’appliquent également à ce type de dérives.