Un printemps pour l’Alsace ?
Non, nous ne pensons pas qu’au festival culturel « E Friehjohr fer unseri Sproch » qui démarrera ses festivités à Saverne le 15 avril. Nous pensons évidemment au débat parlementaire qui débutera le 7 avril à propos de la proposition de loi concoctée par Brigitte Klinkert et 8 autres députés alsaciens pour donner les compétences régionales à la Collectivité européenne d’Alsace et en faire ainsi une collectivité unique (région + département). L’article ci-dessous dans cette newsletter vous en détaille les mécanismes et les enjeux, discutons plutôt ici les chances de succès de cette initiative au Parlement.
Cette proposition de loi est cosignée par 95 députés, mais l’Assemblée nationale compte 577 députés, ce qui veut dire une majorité absolue à 289 votes. Éventuellement moins s’il y a des abstentions, car seuls les votes exprimés sont pris en compte. Le positionnement des députés alsaciens indique déjà les tendances des grands blocs politiques : les signataires, dont 9 députés alsaciens, appartiennent tous au bloc central de l’Assemblée nationale (macronistes plus LR plus régionalistes du groupe Liot). Les 3 députés strasbourgeois de gauche n’ont pas signé, n’en parlent pas et donc ne la voteront pas : signe qu’on ne pourra compter sur les groupes parlementaires de gauche (195 députés au total) pour soutenir cette proposition, à quelques exceptions près (le député régionaliste basque Peio Dufau par exemple). Et ces exceptions compenseront difficilement les votes négatifs à attendre chez les centristes, par exemple les députés lorrains et champenois ainsi que la députée alsacienne Louise Morel (Vallée de la Bruche, Obernai, Marlenheim), non signataire de la proposition de loi et partisane affirmée du Grand Est. On peut certes espérer que, sur les 38 députés écologistes, certains s’abstiennent au lieu de voter contre, ce qui abaissera un peu la majorité requise, mais cela ne suffira probablement pas à assurer le succès face à un vote LFI-communistes-socialistes largement hostile à l’Alsace.
Le RN (122 députés) et son allié UDR (17 députés) sont donc en position d’arbitres. Les voilà au pied du mur : tiendront-ils leur engagement de sortir l’Alsace du Grand Est ? Ou chercheront-ils des prétextes (comme Laurent Jacobelli et le député alsacien Théo Bernhardt ont commencé à le faire) pour voter contre, au risque de braquer leur électorat alsacien ? Et s’ils s’abstiennent, la proposition a de bonnes chances de passer, mais le RN accorderait là une victoire aux centristes menés par Brigitte Klinkert et Gabriel Attal. Réponse en avril lors du débat parlementaire.
Benoît Kuhn


















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