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7 août 2026

Rémy Brauneisen

Ebersmunster, là où la lumière retrouve la mémoire


Pour reprendre le fil après la pause estivale, il fallait un lieu capable de rassembler les lignes du récit : la beauté, la mémoire, les fondations, les familles, le Rhin supérieur. Ebersmunster s’est imposé naturellement.
Hier, le vice-président de l’association des Amis Abbatiale Ebersmunster, Benoit Adolf, m’a offert une visite guidée personnelle. Un moment suspendu : marcher dans un monument accompagné de quelqu’un qui en connaît les respirations, les détails, les histoires silencieuses. Une manière de renouer avec le fil, doucement, mais avec intensité.

La surprise baroque

Ebersmunster n’est pas une église : c’est une mise en scène de la lumière. Les volumes s’ouvrent comme des voûtes de musique, les couleurs se répondent, les perspectives se déploient avec une précision presque chorégraphique. On y sent la volonté d’élever, de rassembler, de donner forme à une spiritualité ample.

Le pays étichonide, au delà des frontières

Dans cette abbatiale, on perçoit aussi la géographie élargie du récit. Le pays des Étichonides ne s’arrêtait pas aux limites de l’Alsace actuelle : il débordait vers le Brisgau, vers les terres où les Zähringen ont fondé Fribourg, peut être héritiers de Hugues Ier de Nordgau. Ebersmunster appartient à cette constellation : un lieu où les lignages, les influences et les fondations se croisent.

Un seuil pour la suite

Ce billet ouvre une nouvelle séquence : celle des abbatiales, des lieux de fondation, des espaces où l’histoire religieuse rencontre l’histoire des familles. Ebersmunster en sera le premier chapitre.
Le 19 septembre, j’y donnerai une conférence. Aujourd’hui, je voulais simplement partager ce moment de reprise : un lieu, une lumière, une mémoire — et le fil qui continue.

25 mai 2026

Rémy Brauneisen

Je donnerai ma prochaine conférence à Murbach, au cœur d'un lieu qui porte encore la mémoire de treize siècles d’histoire et de transmissions.
Rendez‑vous pour un voyage à travers les Étichonides, l’Empire et les filiations qui ont façonné notre Alsace et l'Europe.

Jeudi 11 juin à 19h30

Salle communale de Murbach
Entrée libre
Renseignements : Commune de Murbach / Philippe Legin 03 89 76 60 48

19 avril 2026

Rémy Brauneisen

- 28/3/2026 - Dans le quartier des tanneurs, rien n’est vraiment immobile. Les façades semblent respirer, les poutres se dérobent légèrement, et les toits s’inclinent comme pour mieux accompagner le passage du temps. Ici, l’harmonie naît de l’irrégulier, du fragile, de ces lignes qui hésitent avant de se rejoindre.
En levant les yeux, on devine encore la vie ancienne : l’eau qui coulait tout près, les gestes précis, les voix qui se répondaient d’une maison à l’autre. Chaque détail retient le regard – une lucarne, une poutre sombre, un éclat de verdure – comme autant de traces discrètes d’un passé qui n’a jamais vraiment quitté les lieux.
Colmar a cette manière singulière de faire dialoguer les siècles. Dans ces ruelles serrées, le temps ne se contente pas d’être conservé : il continue de vibrer, doucement, dans la texture même des murs.

4 mars 2026

Rémy Brauneisen


- 1/3/2026 - Il y a des chemins que l’on quitte sans vraiment les abandonner. Pendant des années, j’ai arpenté l’Alsace avec un appareil photo et un carnet, pour raconter ce que les pierres, les archives et les familles murmurent encore. Puis d’autres recherches ont pris le relais, plus profondes, plus exigeantes, jusqu’à former un écheveau que je démêle patiemment.
Aujourd’hui, j’ai envie de revenir ici. De partager à nouveau des histoires, des détails, des rencontres, des images anciennes et nouvelles. Et, par petites touches, de vous parler de ce livre en préparation, né de tant de vies entremêlées.
Merci à celles et ceux qui étaient là il y a dix ans. Reprenons le fil.

22 mars 2021

Rémy Brauneisen


Cette charmante petite église entourée d’arbres garnis d’ouate est la chapelle Saint-Pierre de Colmar. Elle est située dans la partie primitive de la ville. Sa construction à partir de 1742 signifia en même temps la destruction d’un patrimoine considérable, certes en mauvais état, avec l’église romane du prieuré Saint-Pierre. Cette église bénédictine était bien plus imposante que la chapelle actuelle, et ses deux tours circulaires, et son clocher carré occupaient le ciel colmarien depuis le milieu du XIIe siècle. Elle disparut en même temps qu’un colombier situé non loin. Celui-ci avait probablement une origine antérieure à la création de la ville et faisait partie d’une ferme royale datant de l’époque des Francs. La mode des colombiers avait été importée par les Romains vers le premier siècle de notre ère. Évidemment, le colombier détruit ne pouvait pas être tout à fait celui de la ferme royale puisqu’il aurait alors été peu ou prou vieux d’un millier d’années, mais on peut toujours rêver.