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24 juin 2026

Frédérique Schwob
24/6/2026

Climatisation pour tous, vraiment ?


Depuis quelques jours, on nous explique que la réponse à la canicule, c'est de mettre de la clim partout
Plus de clim, donc plus de consommation électrique... à un moment où la chaleur réchauffe les fleuves et complique le refroidissement des centrales nucléaires. Une est déjà à l’arrêt !
Étrange fuite en avant : plus il fait chaud, plus on climatise ; plus on climatise, plus on a besoin d'électricité ; plus on a besoin d'électricité, plus on dépend d'installations qui ont besoin d'eau, qui elle, se raréfie.
La climatisation est indispensable pour les personnes fragiles et dans certains secteurs d’activité.
Mais peut-être qu'avant de transformer le pays en immense réfrigérateur – frais à l’intérieur, cramé à l’extérieur – ne faut-il pas s'intéresser davantage aux arbres, à l’isolation et à la réduction des îlots de chaleur ?
Puisse cet épisode nous faire prendre enfin conscience de l’urgence.

23 juin 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Général Henri ROURE
22/6/2026

 
À la lecture de l’organisation du défilé du 14 juillet 2026, j’ai constaté avec effarement la participation d'un détachement ukrainien au côté de notre armée. Je ne pouvais imaginer un tel affichage. Il s’agit là d’un soutien ostensible à un pays perverti. Il a provoqué une guerre contre la Russie sur instigation de l’OTAN et surtout des États-Unis de Monsieur Biden. Nous savons l’œuvre des financiers, de la CIA, du MI6 et de madame Victoria Nuland, pour lancer ce conflit avec l’espoir de disloquer la Russie. Tout cela est désormais patent, mais évidemment toujours nié par les caciques des principales puissances européennes, dont la dérive totalitaire, particulièrement en France, prouve en réalité l’extinction de leur légitimité.
Cet affront fait à la dignité de notre armée et de notre pays, s’ajoute à bien d’autres ahurissantes et récentes blessures portées à l’honneur de la nation. Il me revient à l’esprit ce jour où flotta la bannière européenne sous l’Arc de toutes nos gloires, affront suprême à la noblesse de notre histoire. Seul les Allemands durant leur période nazie, alors qu’ils occupaient notre pays, avaient osé remplacer sous l’arche immense, nos trois couleurs par leur drapeau à croix gammée. L’Ukraine, selon l’OCDE, est un des pays les plus corrompus au monde et le dictateur qui le dirige, avec les soutiens des eurocrates, fait intégralement partie de cette oligarchie transnationale ayant avili les valeurs de l’Occident. Cette ploutocratie méprise les peuples et ne cesse de s’enrichir à leur détriment .
Je souligne avec force que le gouvernement de ce pays et ses autorités militaires viennent de donner à une unité de leur armée, le nom d’un personnage qui a fait massacrer des milliers de Polonais lors de la seconde guerre mondiale. Il a ensuite combattu, à la tête d’une division ukrainienne, avec la Wehrmacht. Les Polonais, comme de raison, se sont sentis humiliés et ont témoigné de leur réprobation. Les Polonais ont dû se sentir bien seuls. Aucun de ces personnages dirigeant les principales puissances de l’UE, n’a apporté son appui à ce peuple, ni émis la moindre réprobation. Mais il ne s’agit là que d’un exemple de la perversion de ce gouvernement et de ses chefs militaires. Le responsable de la mort de 100 000 Polonais de la Volhynie, entre 1943 et 1944, vient d’être honoré. Stepan Bandera, qui a combattu dans l’armée allemande, est reconnu comme un héros national. Une statue à son image a été érigée à Kiev et de nombreuses rues portent son nom.
J’ajoute que la 12ème brigade Azov de cette armée, chargée des opérations spéciales, est ouvertement nazie. Elle a été formée en 2014 pour mettre au pas les séparatistes russes du Donbass, sous la forme initiale d’un bataillon de volontaires. Il a alors commis les pires atrocités en association avec l’armée régulière. Je me permets de rappeler que le gouvernement ukrainien dès 2014, a bombardé et massacré des populations qui, à l’époque, étaient ukrainiennes. Ce bataillon devenu brigade est désormais intégré à la « Garde nationale offensive ». Cette brigade a conservé ses références nazies.
Ce pays est soutenu par l’UE et l’OTAN. Cette alliance militaire n’aurait jamais dû survivre à la dislocation du Pacte de Varsovie. Elle est devenue un instrument agressif au service de cette oligarchie financière immorale et prédatrice. La Russie ne nous menaçait pas. Elle avait même, avant 2022, la France comme premier partenaire économique et Vladimir Poutine avait rejoint le G7 devenu pour l’occasion le G8.
Que dire de l’association d’un détachement de cette armée au défilé traditionnel de notre propre armée ? Je crois que dans cette démarche notre pays est placé, par ses dirigeants actuels, dans une attitude d’approbation quasi officielle du passé honteux de référence et du présent trouble de l’armée ukrainienne. La fonction première d’un symbole est de communiquer une information, une volonté, en faisant l'économie de mots.
Il est grand temps que notre pays se ressaisisse et sorte d’une organisation qui le dénature. Désormais le monde entier reconnaît les nations. Dans ce mouvement l’UE est un reliquat totalitaire d’une vision ancienne. Elle est actuellement aux mains d’oligarques euro-mondialistes au service des banquiers et financiers. Ils ont mandaté pour la diriger une germano-étatsunienne inspirée par une optique fédéraliste totalitaire. Elle agit évidemment de concert avec ceux qui ont été préparés pour ce rôle dans chaque pays constitutifs de cette organisation. Cet État profond règne par le chaos et la dette. La guerre en Ukraine est l’exemple achevé de ses méthodes. Lancée pour disloquer la Russie, l’échec de cette intention initiale a réduit cette ploutocratie à espérer ajouter la richesse ukrainienne encore théoriquement disponible, à celle qu’elle possède déjà. Or, les terres rares et les ressources du sous-sol convoitées, se trouvent dans le Donbass retrouvé par la Russie. De quoi exaspérer les oligarques qui vont jusqu’à créer la légende d’une défaite possible de la Russie, d’un héros churchillien et d’un peuple résistant. Ils font tout pour étaler leur soutien à Kiev et gonfler leurs muscles affaiblis. Ils savent pourtant qu’ils ne disposent pas de forces suffisantes et indépendantes, ni du soutien populaire pour affronter l’armée russe. Leurs armées, otanisées, dépendent pour la moindre de leur action du bon vouloir de Washington, à l’exception, c’est notable de la France dans son héritage gaullien. La norme ITAR est impérieuse et le commandement militaire demeure étasunien… Or Trump, cherche à se défaire de l’influence de l’État profond qui l’a entraîné, malgré lui, dans une guerre contre l’Iran qu’il veut terminer au plus vite et qui cherche à l’impliquer à nouveau dans le conflit en Ukraine. Tout ceci relève de l’absurde, de l’irréalisme, et surtout d’une condescendance vertigineuse à l'égard des opinions publiques. Il est donc grand temps que la France retrouve la raison. Elle est traditionnellement puissance d’équilibre. Pour cela, dans sa trajectoire historique normale, elle est écoutée et estimée. Elle ne provoque pas les dissensions et les fractures, comme ses gouvernants actuels semblent vouloir le faire avec la participation de ce détachement d'un pays failli aux cérémonies du 14 juillet. Il sera donc souhaitable, si les patriotes-souverainistes, respectueux de la nature des peuples, de la dignité de l’être humain, de l’honneur des citoyens et de la France reprennent la direction de notre pays, qu’ils réintègrent la patrie dans le fil conforme de son histoire tel que la Providence le lui a donné. Il s’agira, pour sa sécurité et sa dimension dans le monde de renouer avec nos amitiés traditionnelles. À cet égard il est important de revoir le passé et de s’appuyer sur la constante géographique.
L’UE et ses avatars, pas plus que l’OTAN et le système reposant sur le dollar, ne survivront bien longtemps au cours naturel des choses. La guerre en Ukraine est perdue pour ces organisations. Il nous faut d’ores et déjà en prendre conscience et ainsi préparer la restauration de la normalité. Le général de Gaulle disait à Alain Peyrefitte: « la France a vécu sans le Marché commun, elle peut très bien s’en passer ». Il serait d’ailleurs souhaitable de quitter ce mécanisme broyeur des indépendances et tous ses engrenages – euro, BCE, Cours de justice… – au plus tôt pour organiser le renouveau de la patrie. Il y a probablement urgence car certains États aimeraient bien, en vérité, profiter du système pour se hisser à un niveau plus haut.
Je constate que l’Allemagne reprend goût à la puissance, preuve s’il en fallait une, que les peuples ne changent pas. Elle n’a jamais été une puissance mondiale malgré ses tentatives guerrières. Elle a toujours rencontré, au nord et à l’Est, la Russie, sur le théâtre de l’Europe centrale; et au sud la France gardienne de la Méditerranée et acteur du grand large. Ses tentatives outrancières d’obtenir de la France le partage de son siège permanent au Conseil de sécurité et de sa dissuasion nucléaire, souvent par le biais d’une soi-disant européanisation, ne sont rien d’autre qu’une nouvelle tentative de parvenir au statut de puissance mondiale. Sa jalousie, que les derniers gouvernements français ne veulent pas voir, l’a aussi poussée à tenter de subtiliser à la France son savoir-faire aéronautique et spatial, tout comme à détourner à son profit le bas coût de notre production énergétique d’origine nucléaire. Elle veut désormais devenir la première puissance du continent et s’appuie sur le soutien des États-Unis, toujours à l’affut d’un moyen direct ou indirect de contrôle, malgré leur affaiblissement. Ce n’est pas admissible.
La France doit donc retrouver le chemin de sa puissance et de son rôle. Pour cela elle doit en finir avec les aberrations géopolitiques européennes. Elle se devra de restaurer une relation privilégiée avec la Russie, permettant à ces deux pays d’encadrer le continent et d’éviter la résurgence d’ambitions dangereuses. Ce rapprochement devrait permettre de restituer, aussi, à la Russie sa dimension européenne et de l’éloigner de l'ambition chinoise. Je souligne que les relations de la France et de la Russie sont vieilles de mille ans. Elles ont commencé avec le mariage d’Henri Ier (1008-1060) avec Anne de Kiev, fille du grand-duc de Russie. Dans cette longue histoire les rapports ont parfois étés houleux entre les deux pays, notamment sous Napoléon et lors de la guerre de Crimée (1853-1856) mais la francophilie de la classe dirigeante russe ne s’est jamais démentie au point qu’elle pratiquait la langue française couramment et que Saint-Pétersbourg accueillait jusqu’à la révolution de 1917, intellectuels et scientifiques français. En septembre 1941, le gouvernement de l’URSS bâtie autour de la Russie, fut le premier à voir dans le général de Gaulle « le chef de tous les Français libres » et le GPRF fut reconnu le 23 octobre 1944. Cette reconnaissance donna à la France le statut de vainqueur avec ses alliés. Il faut admettre que chaque fois que la Russie et la France ont coopéré, ce fut au bénéfice des deux nations. Il est sans nul doute opportun de pratiquer un nouveau rapprochement.
Il faut donc profiter de l’affaiblissement de l’Occident malade, le peudo-Occident, et de la position fragilisée des États-Unis et de leur associé britannique, pour établir une géopolitique pleinement conforme aux intérêts supérieurs de la France. Nous nous dirigeons vers une réorganisation du monde, plutôt que de la subir, il nous faut nous y associer.
L’invitation d’un détachement de l’armée ukrainienne au défilé du 14 juillet 2026 est bien une faute.

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20 juin 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

CharbActu
16/6/2026

Présidentielle 2027 : le dernier enfumage de Jordan Bardella

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[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

18/6/2026

LES FOUS FURIEUX DE L'OTAN APPLAUDISSENT L'ATTAQUE MASSIVE CONTRE MOSCOU... L'OTAN NOUS ENTRAÎNE VERS L'APOCALYPSE !



Bruno Guigue

Devant les images de Moscou en flammes, je me demande si la trêve fragile obtenue au Moyen-Orient n’est pas le prélude à un changement d’échelle du conflit russo-ukrainien. Comme Hitler aux abois, Zelensky lance ses Wunderwaffen sur la Russie en jouant le tout pour le tout. Mais ce n’est pas le plus grave. Ce qui est ahurissant, c’est qu’on ne peut pas imaginer un seul instant que les dirigeants occidentaux soient étrangers à une telle escalade. Provoquer une puissance nucléaire en incendiant sa capitale constitue un précédent historique, et les nations européennes sont rendues complices de facto d’une telle folie. Qu’attendent les peuples pour s’opposer à leurs gouvernements ?


Georges Kuzmanovic

Les atlantistes et les va-t-en-guerre de l’OTAN se réjouissent de l’attaque massive menée contre Moscou :
- la raffinerie de Moscou, un nuage de suie recouvre une partie de la ville,
- un marché,
- une importante gare routière,
- plusieurs immeubles d’habitation.
Cela n’a aucun effet stratégique. Sur le front, l’armée ukrainienne recule partout et perd ses derniers grands bastions du Donbass, notamment Kostiantynivka, dont on parle si peu. L’objectif n’est pas militaire. Il est de provoquer la Russie, de déstabiliser Vladimir Poutine et sa stratégie de paix négociée, afin de susciter une réaction qui entraînerait directement l’OTAN dans le conflit.
Ces attaques ne peuvent être menées avec succès sans l’implication directe de l’OTAN en matière de planification et de renseignement militaire.
Le Kremlin doit faire un choix : quelle réponse apporter à une attaque contre sa capitale – après de multiples autres attaques, dont l’une a visé une composante de sa triade nucléaire, les bombardiers stratégiques – tout en sachant qu’elle est menée en cobelligérance avec l’OTAN ?
Les dirigeants de l’OTAN et les responsables européens jouent avec le feu et accroissent les risques de guerre ainsi que d’escalade nucléaire.
C’est insensé et suicidaire.

- 19/6/2026 - À la lecture de certains commentaires, je suis sidéré par l'incapacité de certains à comprendre de quoi il s'agit.
D'autres sont simplement stupides.
Le problème n'est pas que l'Ukraine, ou Kiev, frappe en profondeur sur le territoire russe. Le problème ne réside pas non plus dans le choix des cibles – sauf lorsqu'il s'agit de civils, évidemment, mais cette remarque vaut pour tous les belligérants. D'ailleurs, les attaques contre les raffineries russes peuvent être considérées comme une stratégie cohérente.
Après tout, l'Ukraine est en guerre et subit elle-même des frappes sévères contre ses infrastructures énergétiques.
Le problème n'est pas non plus l'aide apportée par l'OTAN, ou par les États membres de l'OTAN, à l'Ukraine. Chacun est libre de suivre la stratégie qu'il juge appropriée, même lorsqu'elle est mauvaise.
Le problème, c'est la participation directe de l'OTAN, notamment dans le ciblage d'objectifs situés en profondeur sur le territoire russe. Le problème, c'est la cobelligérance.
Le problème, c'est aussi l'oubli du risque de guerre nucléaire.
Au moins trois pays de l'OTAN sont des puissances nucléaires. La Russie est également une puissance nucléaire. Toute escalade directe entre puissances nucléaires comporte un risque de dérapage pouvant conduire à une confrontation nucléaire.
Là est le véritable problème.
Et ceux qui ne le comprennent pas sont soit des crétins, soit des inconscients.
Georges Kuzmanovic

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19 juin 2026

Yann Durrière
14/6/2026

Petit point après 4 jours d'enquête

Je tiens à remercier sincèrement toutes les personnes qui ont déjà pris le temps de répondre au questionnaire ou de m'envoyer un message privé.
J'ai lu personnellement chaque témoignage. Certains m'ont profondément touché. Derrière chaque réponse, il y a un enfant, une famille, une souffrance qui ne devrait jamais exister.
À ce stade, un constat revient souvent : le sentiment de ne pas avoir été suffisamment entendus ou accompagnés lorsque les faits ont été signalés. Je reste bien entendu prudent et je poursuis ce travail d'écoute sans préjugé ni conclusion hâtive.
Je souhaite également rassurer les personnes qui ont demandé à être recontactées : je vais prendre le temps de revenir vers vous progressivement, par téléphone ou autour d'un café lorsque cela sera possible. Votre parole mérite d'être écoutée.
L'enquête continue. Si vous ne l'avez pas encore fait, n'hésitez pas à témoigner ou à partager ce questionnaire autour de vous. Plus nous aurons de retours, plus nous pourrons comprendre la réalité vécue par les familles de notre territoire.
Merci pour votre confiance.



Quand la victime doit partir...


Hier, au détour d'une discussion avec une maman, j'ai une nouvelle fois entendu une histoire qui m'a profondément touché.
Une jeune collégienne victime de harcèlement scolaire va devoir quitter son établissement.
Et ce n'est malheureusement pas la première histoire de ce genre que j'entends.
Comme beaucoup de ma génération, j'ai connu les moqueries, les humiliations et parfois la cruauté dont les enfants peuvent être capables entre eux.
Mais à cette époque, lorsque nous rentrions à la maison, cela s'arrêtait généralement là.
La maison restait un refuge.
Aujourd'hui, ce n'est plus le cas.
Avec les réseaux sociaux, les groupes de discussion, les téléphones portables, le harcèlement ne s'arrête plus à la porte du collège. Il entre dans la maison. Il accompagne l'enfant le soir, le week-end, pendant les vacances. Il peut être présent 24 heures sur 24.
C'est ce qui rend cette violence encore plus destructrice.
Et ce qui me révolte parfois, c'est de constater que trop souvent, lorsque la situation devient intenable, c'est la victime qui doit partir, changer d'établissement, quitter ses amis, recommencer ailleurs.
Je ne connais pas tous les détails de chaque situation et je ne souhaite accuser personne.
En revanche, je refuse de croire que ces histoires sont des cas isolés.
Comme père de famille et comme élu de terrain, je souhaite mieux comprendre ce que vivent réellement les enfants et les parents à Colmar et dans son agglomération.
J'ai donc mis en place un questionnaire totalement confidentiel afin de recueillir les témoignages de parents, d'élèves, d'anciens élèves ou de témoins.


Mon objectif n'est pas de créer une polémique.
Mon objectif est d'écouter, de comprendre et de contribuer, à mon humble niveau, à mieux protéger nos enfants.
Parce qu'aucun enfant ne devrait avoir peur d'aller à l'école.
Parce qu'aucun enfant ne devrait avoir peur de rentrer chez lui et d'allumer son téléphone.

17 juin 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Anne Mansouret
14/6/2026

PROFESSION DE FOI

Iranienne, née à Téhéran d’un père iranien et d’une mère belge, je suis arrivée en France en octobre 1956. J’avais 10 ans et j’ai choisi la France pour y être pensionnaire, parce que c’était la patrie de D’Artagnan, dont j’étais tombée amoureuse à la lecture des Trois Mousquetaires.
Pendant 40 ans, de 1956 à 1996, je me suis appliquée à devenir Française jusque dans les plus infimes détails culturels et traditionnels.
À penser, à écrire, à aimer et à rêver en français.
Puis de 1996 à 2026… Pendant 30 ans, j’ai adopté la Normandie, ma terre d’élection sous les couleurs de la gauche, les couleurs de mes convictions les plus fondamentales :
- La démocratie et son corollaire : la Liberté pour tout individu de penser, de s’exprimer et de s’opposer.
- L’Égalité des droits et des devoirs de chaque citoyen, dans le respect de l’intérêt général, de la tranquillité et de la protection de tous.
- La Fraternité, qui inclut l’Autre, dès l’instant où il cherche à établir un lien affectif proche du lien familial, puisque dans le concept de Fraternité il y a « Frère ».
Aujourd’hui, à 80 ans, je suis heureuse et sereine sur mon petit bout de terre normande, sauf que je suis face à un dilemme :
Après avoir combattu Emmanuel Macron pendant plus de dix ans ; après avoir vérifié que cet homme s’est avéré (conformément, hélas, à mon pronostic) le plus nocif des 23 Présidents de la République Française…
Pour qui voter en 2027 ?
À un an de l’échéance, il appartient à chaque électeur de définir quelles sont (à ses yeux) les actions prioritaires pour tenter d’éviter le naufrage de notre pays, et, quelque part, de notre civilisation ; puis de sélectionner le ou la candidat(e) qui se propose de les mettre en œuvre.
Pour moi, il s’agit de :
• Interrompre immédiatement l’immigration de travail pendant une période de 5 ans, l’immigration de peuplement pendant dix ans.
• Encadrer le droit du sol par des procédures restrictives, à la naissance d’un enfant sur le sol français.
• Soumettre le renouvellement des titres de séjour et des demandes de naturalisation à de nouvelles règles, inspirées de celles exigées dans tous les autres pays du monde.
• Supprimer l’Aide Médicale d’Etat (AME) en maintenant uniquement une Aide Médicale d’Urgence.
• Expulser immédiatement du territoire tout étranger (ou bi-national) qui s’est rendu coupable d’un délit ou d’un crime.
• Revoir fondamentalement nos accords de 1968 avec l’Algérie.
• Revoir fondamentalement nos accords financiers et fiscaux avec le Qatar.
• Dénoncer les accords et traités qui transfèrent à la Commission Européenne nos prérogatives en matière de Défense, de géopolitique, de politiques migratoires et de souveraineté juridictionnelle.
• Cesser immédiatement de financer Monsieur Zelensky et l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie ; prendre aussi l’engagement de ne pas intégrer l’Ukraine à l’UE dans les 20 prochaines années.
• Remettre à plat les stratégies politiques de l’Éducation Nationale, de la Justice et des Affaires Sociales.
• Repenser la Loi de 1905 afin de rendre la laïcité fondamentalement incompatible et inadaptable aux règles et aux pratiques de la charia islamique. Renoncer solennellement aux règles de la charia par la signature d’une charte républicaine devrait être la condition sine qua non de l’obtention d’un permis de séjour ou de travail en France, a fortiori de la naturalisation française.
Conséquemment, interdire à l’extérieur des lieux de culte, le port de tout vêtement à connotation islamique ; comme les pratiques coutumières non conformes aux réglementations sanitaires et alimentaires, en particulier celles qui contreviennent aux règles du bien-être animal.
Soyons clairs : aucune de ces préconisations n’est à mes yeux : « d’extrême droite ».
Je suis sûre que mes positions d’aujourd’hui, seraient – dans l’environnement d’aujourd’hui – partagées par Georges Marchais, par François Mitterrand, comme par le Général de Gaulle ou par Pierre Mendes-France.
Quant à être taxée d’islamophobie ; étant née en terre d’islam d’un père musulman et apostat : j’assume.
Car voyez-vous, si j’ai choisi la France judéo-chrétienne il y a sept décennies…
Ce n’est pas pour me retrouver demain en République Islamique Française !
Photos d’illustration jointes : incident survenu au CM du mercredi 11/6/2026 à Yvry-sur-Seine (Val- de-Marne).




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15 juin 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Alice Jaulin
Fréquence Populaire Média

Le féminisme, une vieille idée neuve

- 12/6/2026 - Le féminisme fait peur. Il divise, il agace. Le féminisme désigne pourtant une idée simple : l'égalité des droits entre les femmes et les hommes. Pas la supériorité des unes sur les autres, pas une guerre des sexes, simplement une égalité.


Les droits des femmes en France, une histoire récente

Pour mesurer le chemin parcouru par le féminisme en France, il suffit de remonter d'un siècle, à peine deux ou trois générations, pour trouver un cadre juridique où les droits des femmes n'existent, pour l'essentiel, pas. Le Code civil de 1804, promulgué par Napoléon Bonaparte, classe explicitement les femmes mariées dans la même catégorie juridique que les mineurs, les criminels et les débiles mentaux. C'est l'article 1124, formulé sans ambiguïté. Concrètement, une femme mariée ne peut ni signer un contrat, ni gérer ses propres biens, ni ouvrir un compte en banque, ni témoigner en justice sans l'autorisation de son mari. Cette incapacité juridique totale ne sera levée, partiellement, qu'en 1938. Il faudra attendre 1965 pour qu'une femme puisse ouvrir un compte en banque ou exercer une profession sans le consentement de son époux.

Code civil français de 1804 - sous Napoléon

Ce même Code civil est tout aussi explicite sur l'adultère. Le mari peut demander le divorce pour n'importe quel adultère de sa femme. La femme, elle, ne peut invoquer l'adultère de son mari comme motif de divorce uniquement s’il a hébergé sa maîtresse sous le toit conjugal. La loi ignore donc entièrement les liaisons extérieures du mari. Pour la femme adultère, en revanche, le Code pénal de 1810 prévoit une peine d'emprisonnement de trois mois à deux ans. Ce même texte précise qu'un mari surprenant sa femme en flagrant délit d'adultère peut la tuer en bénéficiant de circonstances atténuantes. Ce n'est qu'en 1884, avec la loi Naquet, que l'adultère des deux époux devient un motif de divorce équivalent. L'adultère ne sera entièrement dépénalisé qu'en 1975.

Cette inégalité de traitement s'étend jusqu'au droit politique. La France se présente volontiers comme le berceau de la démocratie moderne, mais lorsque la Révolution proclame le suffrage universel en 1792, il est masculin, ce qui constitue une contradiction dans les termes. Les femmes françaises attendent 1944 pour obtenir le droit de vote, soit 155 ans après la Révolution. La Nouvelle-Zélande l'avait accordé en 1893, l'Australie en 1902, la Finlande en 1906. Le Sénat français a bloqué à plusieurs reprises des propositions de loi en ce sens, notamment en 1922 et en 1932, certains sénateurs arguant ouvertement que les femmes, trop influencées par l'Église, ne voteraient pas dans le bon sens.

Manifestation des sufragettes

Le droit à disposer de son propre corps suit la même trajectoire. En 1920, la contraception est interdite en France : la vente, la publicité et la simple diffusion d'informations sur les méthodes contraceptives sont passibles d'amendes et de prison. Cette loi ne sera abrogée qu'en 1967, par la loi Neuwirth. L'avortement, lui, est criminalisé bien avant. En 1942, sous le régime de Vichy, il est érigé en crime contre la sûreté de l'État, passible de la peine de mort. Marie-Louise Giraud, 39 ans, habitant la région de Cherbourg, est guillotinée le 30 juillet 1943 pour avoir pratiqué 27 avortements clandestins. Il faudra attendre 1975 pour que Simone Veil fasse adopter la loi dépénalisant l'IVG, dans un hémicycle où elle essuie des attaques d'une violence rare, certains députés allant jusqu'à lui brandir l'image des fours crématoires. En 2022, le délai légal est porté à 14 semaines. En 2024, la France devient le premier pays au monde à inscrire ce droit dans sa Constitution.

Reste une question que beaucoup ignorent : jusqu'en 1990, la notion de viol conjugal n'existe pas dans la jurisprudence française. La notion de «devoir conjugal», qui est l'obligation implicite pour une femme d'accepter les rapports sexuels avec son mari, est une réalité juridique autant que culturelle. Le mariage vaut consentement permanent. C'est un arrêt de la Cour de cassation du 5 septembre 1990 qui reconnaît pour la première fois le viol entre époux comme un crime. En 2006, le Code pénal l'inscrit explicitement comme circonstance aggravante. En 2010 seulement, la présomption de consentement entre époux est définitivement supprimée. Cependant, même si ces avancées juridiques sont réelles, elles ne signifient pas pour autant que l'égalité est atteinte. Entre le droit inscrit dans les textes et la réalité vécue au quotidien, l'écart reste considérable et les chiffres, issus des institutions officielles elles-mêmes, ne laissent guère de place à l'interprétation.

Des inégalités qui résistent

Le plus immédiat est peut-être l'écart salarial. Selon les données de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) publiées en 2024, les femmes gagnent en moyenne 21,8 % de moins que les hommes dans le secteur privé. Cet écart se réduit si l'on compare les temps de travail à volume équivalent : il tombe alors à 14 %. À poste strictement identique, il descend à 3,6 %. Mais cette dernière mesure ne concerne que 25 % du secteur privé, et ne capture ni la ségrégation professionnelle ni les effets du temps partiel subi. Car le temps partiel est lui-même genré, puisque 30 % des femmes travaillent à temps partiel, contre 8 % des hommes. Surtout, l'arrivée d'un enfant creuse les inégalités de façon spectaculaire, et à partir du troisième enfant, l'écart salarial en équivalent temps plein atteint 43 %, selon une étude de l'INSEE de mars 2024. Au rythme actuel de réduction de cet écart, il faudrait environ cinquante ans pour atteindre la parité salariale complète.

Cette inégalité économique s'alimente directement d'une inégalité domestique que les enquêtes documentent depuis des décennies sans que la tendance se soit fondamentalement inversée. Selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) publiée en 2024, 54 % des femmes déclarent prendre majoritairement en charge les tâches ménagères dans leur couple, contre 7 % des hommes. Une enquête menée par le Centre d'études démographiques de Barcelone auprès de 74 000 couples hétérosexuels dans quinze pays européens place la France dans une situation préoccupante, les femmes y consacrant en moyenne 206 minutes par jour aux tâches domestiques contre 111 minutes pour les hommes. Ce travail non rémunéré qui comprend courses, ménage, linge, organisation du quotidien, gestion des rendez-vous médicaux des enfants ne figure dans aucun indicateur économique, mais il pèse directement sur les carrières, les disponibilités et les retraites. Selon la Fondation des femmes, 60 % des aidants salariés, ceux qui s'occupent d'un proche handicapé ou vieillissant sans rémunération, sont des femmes.

Sur le plan politique, la France n'a pas encore atteint la parité. Aux législatives de juin 2024, 36 % des députés élus étaient des femmes, soit une baisse pour la deuxième élection consécutive depuis le pic de 39 % atteint en 2017. Pour la première fois depuis cinquante ans, l'Assemblée nationale compte proportionnellement moins de femmes que le Sénat. En comparaison européenne, la France se situe derrière la Suède (45,6 %), la Finlande (45,5 %), le Danemark (44,7 %) ou l'Espagne (43,7 %). Vingt-cinq ans après la loi sur la parité, les femmes représentent encore moins d'un tiers des maires et moins d'un quart des présidents de conseils départementaux.

Les violences conjugales constituent l'aspect le plus direct de ces inégalités persistantes. En 2024, selon les données du ministère de l'Intérieur, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France. Depuis que ce décompte a été mis en place en 2006, le chiffre annuel oscille entre 110 et 150 sans connaître de baisse structurelle significative, malgré les dispositifs successifs mis en place au fil des années, comme les ordonnances de protection, le téléphone grave danger, le bracelet anti-rapprochement ou le Grenelle des violences conjugales de 2019. Au 7 juin 2026, le collectif #NousToutes recensait déjà 67 féminicides depuis le début de l'année selon leur décompte, qui s'appuie sur une définition large incluant tout meurtre ou suicide forcé d'une femme en raison de son genre. Au 31 décembre 2025, ce même collectif recensait 164 féminicides sur l'année, un chiffre qui a depuis été porté à 170 au fil des actualisations du décompte. L'absence d'un outil public de recensement exhaustif et harmonisé des féminicides, pointée en janvier 2026 dans une question parlementaire adressée au ministre de la Justice, illustre à elle seule l'écart entre l'ampleur du phénomène et la réponse institutionnelle qui lui est apportée.

Collage féministe à Marseille

Derrière les meurtres, il y a les plaintes et leur traitement révèle une autre réalité. Seulement 16 % des victimes de violences conjugales portent plainte, selon les données du ministère. Parmi celles qui franchissent ce pas, une étude publiée en décembre 2025 par les ministères de l'Intérieur et de la Justice, portant sur près de 800 000 affaires entre 2018 et 2023, révèle que 42 % des plaintes sont classées sans suite, contre 34 % en 2017. Pour les viols et tentatives de viol, le taux de poursuites tombe à environ un tiers. Pour les violences psychologiques et verbales, il descend à 19 %. Ces chiffres reflètent en partie la difficulté à réunir des preuves pour des faits anciens ou des violences sans traces matérielles. Ils traduisent aussi un écart persistant entre le volume de signalements et les moyens consacrés à les traiter. Les associations estiment à 2,6 milliards d'euros par an le budget nécessaire pour une politique efficace de prévention et de protection. En 2023, l'État y a consacré environ 184 millions d'euros. Ces inégalités ne sont pas une exception française mais elles s'inscrivent dans un tableau mondial où la condition des femmes, loin de progresser uniformément, connaît dans de nombreux pays des reculs profonds et documentés.

Des droits restreints à travers le monde

Les inégalités décrites dans les parties précédentes peuvent, pour certaines, sembler abstraites ou progressivement réductibles dans un pays comme la France. Mais le féminisme n'est pas un mouvement à géographie variable, et les droits des femmes ne s'arrêtent pas aux frontières. Ce que vivent des millions de femmes ailleurs dans le monde rappelle, avec une brutalité que les chiffres peinent à contenir, pourquoi ce combat reste fondamentalement inachevé.

L'Afghanistan constitue aujourd'hui le cas le plus documenté de régression systématique des droits des femmes. Depuis le retour des talibans au pouvoir en août 2021, les autorités ont adopté plus de cent décrets restreignant la vie des femmes et des filles dans presque tous ses aspects. Les filles n'ont plus accès à l'enseignement secondaire ni aux universités. L'Afghanistan est, selon Human Rights Watch, le seul pays au monde à maintenir une telle interdiction. Depuis septembre 2021, plus d'un million de filles ont été privées de leur droit à l'éducation au-delà du primaire. Si cette interdiction se maintient jusqu'en 2030, ce sont plus de deux millions de filles qui en seront exclues, selon une analyse de l'UNICEF publiée en avril 2026. Les femmes ne peuvent pas travailler dans la plupart des secteurs, ni sortir sans tuteur masculin, ni parler en public, ni se faire soigner par un médecin de sexe masculin. Les parcs, les restaurants, les salons de beauté leur sont interdits. En 2024, une loi intitulée «loi sur la promotion de la vertu et la prévention du vice» a franchi un nouveau seuil. Elle interdit aux femmes de faire entendre leur voix en dehors de leur domicile, confie à une force de plus de 3 300 hommes l'application de ces règles, et transforme voisins, parents et commerçants en agents de surveillance. Depuis la même année, les femmes afghanes peuvent être flagellées ou lapidées en public pour non-respect du code vestimentaire ou pour avoir effectué des achats sans tuteur.

Women in burqa with their children in Herat, Afghanistan

En janvier 2026, le chef suprême des talibans a promulgué un nouveau Code pénal de 119 articles qui est allé encore plus loin. L'article 32 de ce texte autorise explicitement le mari à infliger à son épouse des «sanctions dites discrétionnaires», c'est-à-dire des coups, à condition qu'ils ne lui brisent pas les os et ne causent pas de plaies ouvertes visibles. En cas de violence jugée grave, la peine maximale encourue par le mari est de 15 jours de détention. Le même code, dans son article 70, prévoit jusqu'à 5 mois de prison pour l'organisation de combats d'animaux, une peine dix fois plus lourde. La représentante spéciale d'ONU Femmes en Afghanistan, Susan Ferguson, a déclaré que ce texte «place les maris en position d'autorité sur leurs épouses et limite la capacité des femmes à chercher protection ou justice.»

Car porter plainte relève de l'impossible pratique. Pour comparaître devant un juge, une femme doit être accompagnée d'un tuteur masculin, qui est, dans la majorité des cas, son mari, c'est-à-dire l'auteur présumé des violences. Si elle tente de se réfugier chez ses parents sans l'autorisation de son époux, c'est elle qui devient criminelle. Le même code prévoit trois mois de prison pour la femme qui fait ce choix, ainsi que pour les membres de sa famille qui l'auraient hébergée. Le Rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Afghanistan a qualifié ce système d'«institutionnalisé», caractérisé par une discrimination, une ségrégation et une persécution fondées sur le genre. Selon ONU Femmes, l'exclusion massive des femmes et des filles coûtera au pays environ 920 millions de dollars entre 2024 et 2026, tandis que les projections font état d'une hausse de 25 % des mariages précoces, de 45 % des grossesses adolescentes et de 50 % de la mortalité maternelle d'ici 2026.

En Iran, la situation suit une autre trajectoire, celle d'une répression qui s'intensifie en réponse directe à la résistance des femmes. En septembre 2022, la mort de Mahsa Amini en détention, arrêtée par la police des mœurs pour port du voile jugé non conforme, a déclenché un soulèvement de plusieurs mois sous le mot d'ordre «Femme, Vie, Liberté». La réponse des autorités a été d'abord la répression dans le sang, puis un renforcement législatif. En décembre 2024, la «Loi sur la protection de la famille par la promotion de la culture de la chasteté et du hidjab» est entrée en vigueur. Composée de 74 articles, elle prévoit la peine de mort, la flagellation, des amendes exorbitantes, de lourdes peines d'emprisonnement ainsi que des restrictions à l'éducation et à l'emploi pour les femmes qui contestent le port obligatoire du voile. Amnesty International a qualifié cette loi de «dangereuse escalade». En mars 2025, un chanteur a été condamné à 74 coups de fouet pour avoir composé une chanson commémorant le premier anniversaire du soulèvement. Des journalistes ont été arrêtées pour ne pas avoir porté le voile lors d'un événement médiatique. Des militantes kurdes ont été interpellées pour avoir participé à des événements à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes. La mission indépendante d'établissement des faits de l'ONU a estimé, dans son rapport de mars 2024, que les autorités iraniennes ont commis le crime contre l'humanité de persécution fondée sur le genre.

A protest against mandatory hijab in Iran

Ces deux exemples ne sont pas des cas isolés. Selon les données d'ONU Femmes, en 2024, environ 50 000 femmes et filles ont été tuées dans le monde par leur partenaire intime ou un membre de leur famille, soit 60 % des quelque 83 300 femmes tuées intentionnellement cette année-là. Les mutilations génitales féminines touchent, selon les estimations révisées de l'UNICEF en 2024, plus de 230 millions de femmes et de filles dans 30 pays d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie, un chiffre en hausse de 15 % par rapport aux données d'il y a huit ans. Chaque année, 4 millions de filles subissent cette pratique, dont plus de 2 millions ont moins de cinq ans. En Gambie, les députés ont voté en mars 2024, à une large majorité, en faveur d'un projet de loi visant à lever l'interdiction des mutilations génitales féminines en vigueur depuis 2015, un recul explicite dans un pays où plus de 70 % des femmes et filles de 15 à 49 ans ont déjà été concernées.

En Inde, le viol conjugal n'est toujours pas reconnu comme un crime. Une étude statistique internationale estime que seulement 1 % des victimes de violences sexuelles y déposent plainte, tandis que le nombre de victimes pour la seule tranche des 25-49 ans était estimé à 27,5 millions en 2012, contre 21 655 cas officiellement déclarés la même année. L'écart entre la réalité des violences et leur traitement judiciaire y est donc d'une ampleur qui écrase toute comparaison.

Ce panorama ne vise pas à relativiser les inégalités qui persistent en France ou en Europe occidentale. Il rappelle que les droits des femmes forment un continuum, et que les reculs à Kaboul, à Téhéran ou ailleurs ne sont pas sans lien avec les dynamiques qui traversent l'ensemble des sociétés, y compris les plus démocratiques. C'est d'ailleurs ce que montrent certaines évolutions récentes dans des pays qui se posaient en modèles.

Les démocraties occidentales : des reculs qui interrogent

Ce tableau mondial pourrait laisser croire que les reculs concernent uniquement des régimes autoritaires ou des pays en développement. Ce n'est pas le cas. Plusieurs démocraties occidentales, présentées depuis des décennies comme des modèles en matière de droits, ont ces dernières années fait marche arrière sur des acquis qui semblaient pourtant consolidés.

L'exemple américain est le plus documenté. Pendant près de cinquante ans, l'arrêt Roe v. Wade de 1973 avait établi que le droit à la vie privée garanti par le 14e amendement de la Constitution protégeait la décision d'une femme d'interrompre sa grossesse. Le 24 juin 2022, la Cour suprême a annulé cet arrêt par la décision Dobbs, renvoyant à chaque État le pouvoir de légiférer sur le sujet. En moins de deux ans, quatorze États ont interdit l'avortement dans la quasi-totalité des cas, et sept autres l'ont restreint sévèrement en deçà de six ou douze semaines de grossesse, soit avant même que de nombreuses femmes aient connaissance de leur grossesse. Ces restrictions s'appliquent dans certains cas sans exception pour le viol ou l'inceste. Selon les experts de l'ONU, des millions de femmes et de filles ont subi une détérioration de l'accès aux soins de santé reproductive depuis cette décision. Les conséquences sont déjà mortelles. En août 2022, Amber Thurman, 28 ans, est décédée en Géorgie après n'avoir pas été prise en charge à temps à la suite d'un avortement incomplet, dans un État où les médecins craignaient des poursuites pénales. Le Parlement européen a estimé que cette décision pourrait encourager des mouvements similaires dans d'autres pays, au moment où plus de soixante États avaient pourtant assoupli leurs législations sur l'avortement au cours des décennies précédentes.

Manifestation pour l'avortement aux Etats-Unis

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, le recul s'est étendu au-delà de l'avortement. Plusieurs agences fédérales ont reçu des directives visant à supprimer les termes «égalité des genres», «antiracisme» ou «inclusion» des documents officiels et des sites gouvernementaux. Les programmes de diversité, d'équité et d'inclusion ont été démantelés dans l'ensemble des agences fédérales. Le ministère de l'Éducation a revu ses positions sur la protection des droits des étudiantes contre les discriminations. Ces mesures s'inscrivent dans un cadre idéologique plus large : en septembre 2025, lors d'une conférence de la Heritage Foundation à Washington, l'organisation qui a rédigé le Project 2025, une intervenante a soutenu que «la Grande Féminisation» des États-Unis depuis 1970, soit l'accession des femmes à des professions auparavant masculines, serait la cause principale de l'essoufflement du modèle américain.

En Pologne, le recul s'est opéré plus tôt et de façon encore plus directe. En octobre 2020, le Tribunal constitutionnel a déclaré inconstitutionnel l'avortement en cas de malformation grave du fœtus, qui représentait alors 98 % des avortements légaux pratiqués dans le pays. La loi n'autorise désormais l'interruption de grossesse que lorsque la grossesse résulte d'un viol ou d'un inceste, ou lorsque la vie de la femme est en danger. Dans la pratique, selon Amnesty International, même ces cas restent quasi inaccessibles, les médecins craignant des poursuites. Toute personne aidant une femme à avorter en dehors de ces deux motifs risque jusqu'à trois ans d'emprisonnement. Les conséquences ont été documentées et nommées. Le 22 septembre 2021, Izabela, 30 ans, mère d'une fille de 9 ans, est décédée dans un hôpital du sud de la Pologne. Les médecins avaient attendu la mort du fœtus, atteint d'une malformation, avant d'intervenir. Elle est morte d'un choc septique. Depuis, au moins six femmes sont décédées dans des circonstances similaires selon les données compilées par les organisations de défense des droits reproductifs. En juillet 2024, une proposition de loi visant à dépénaliser partiellement l'avortement a été rejetée au Parlement à trois voix près, 218 contre, 215 pour. Le Premier ministre Donald Tusk a déclaré en août 2024 qu'aucune réforme ne serait possible avant les prochaines élections, soit au moins trois ans d'attente supplémentaire.

Manifestation contre la restriction de l'avortement à Cracovie, octobre 2020

En Hongrie, la démarche est différente mais suit une logique parallèle. Le gouvernement de Viktor Orbán n'a pas interdit l'avortement, mais a construit depuis 2010 un cadre juridique et idéologique qui place la femme avant tout comme mère au service de la nation. La Constitution de 2012 inscrit «la vie du fœtus dès sa conception» dans la loi fondamentale. En septembre 2022, un décret a imposé aux femmes souhaitant avorter d'écouter les battements de cœur du fœtus avant de confirmer leur décision. La politique nataliste du gouvernement comprend des exonérations fiscales à vie pour les mères de deux enfants et plus, des prêts immobiliers conditionnés à la naissance de trois enfants et la nationalisation des cliniques de procréation médicalement assistée. Elle s'inscrit dans un discours où, selon les termes mêmes d'Orbán, «nous voulons des enfants hongrois, l'immigration est une capitulation». Le résultat est un cadre où la maternité n'est plus un choix parmi d'autres mais une mission nationale, soutenue par des incitations financières massives et une rhétorique identitaire. Le corps des femmes y est pensé avant tout comme un outil démographique, leur destin social étant orienté dès le départ vers la maternité plutôt que vers l'autonomie.

Ces reculs ne sont pas le fait de régimes extérieurs à la sphère démocratique occidentale. Ils se produisent au sein de l'Union européenne pour deux d'entre eux, et dans le pays qui fut longtemps la première puissance mondiale. Qu'il s'agisse d'une décision judiciaire, d'une loi, d'un décret ou d'un amendement constitutionnel, ils aboutissent à un même résultat. Des droits que leurs bénéficiaires pensaient définitivement établis ont reculé, parfois jusqu'à disparaître.

La manosphère, du discours à la violence

Les reculs législatifs décrits jusqu'ici s'inscrivent dans un contexte culturel plus large, dont une partie se joue désormais en ligne. Internet n'est pas seulement un espace de diffusion d'idées. C'est devenu un terrain de radicalisation documenté, où des discours de domination masculine trouvent des audiences massives, notamment auprès des adolescents.

En mars 2025, une enquête de CNN révèle l'existence de plusieurs plateformes en ligne où des hommes s'échangent des conseils pour droguer et violer leur conjointe, qualifiant le phénomène d'«académie mondiale du viol». L'une d'elles, Motherless, héberge plus de 20 000 vidéos dans une catégorie dédiée aux femmes endormies ou droguées à leur insu, et enregistre plus de 62 millions de visites mensuelles. La France en est le quatrième pays consommateur. Interpellé à l'Assemblée nationale, le gouvernement annonce des signalements auprès du procureur de la République, de Pharos, la plateforme gouvernementale permettant de signaler des contenus illicites sur internet, et de l'Arcom, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique chargée de contrôler les contenus diffusés en France. Le 9 mai 2026, la ministre de l'Égalité Aurore Bergé annonce que le site est mis hors ligne en France, après une décision des autorités néerlandaises où il était hébergé. Dans sa déclaration, elle décrit des «dizaines de milliers de vidéos de viols, de femmes droguées, de mineures». Elle qualifie la fermeture de victoire tout en précisant qu'elle ne doit pas être provisoire.

Ces plateformes s'inscrivent dans un écosystème numérique plus vaste, souvent désigné sous le terme de «manosphère». Ce terme regroupe des communautés très différentes dans leur degré de radicalité. On y trouve des coachs en séduction, des militants pour les droits des hommes, les MGTOW, acronyme de «Men Going Their Own Way», des hommes qui prônent une rupture totale avec les femmes et les institutions, et à l'extrémité la plus radicale, les incels, contraction de l'anglais «involuntary celibates», soit «célibataires involontaires», des hommes qui nourrissent une haine des femmes et des féministes, accusées d'entraver leur accès sexuel aux femmes. Ce qui relie tous ces groupes est une même grille de lecture, selon laquelle les femmes et le féminisme seraient responsables du mal-être masculin.

Logo MGTOW

Selon une méta-analyse de 430 publications scientifiques récentes citée par Sciences Po Cevipof, la manosphère a connu depuis la fin des années 2010 plusieurs transformations majeures. Elle a migré vers de nouvelles plateformes comme TikTok et Telegram, vu monter en puissance des influenceurs très visibles, intensifié sa monétisation et développé un chevauchement croissant avec d'autres idéologies extrémistes. Le Sénat, dans les actes de son colloque du 27 novembre 2025 consacré à la montée du masculinisme, conclut qu'il n'est plus possible de cartographier le masculinisme ou de le délimiter, parce que ses idées sont partout en ligne. Les logiques commerciales des plateformes le favorisent, puisque ces contenus génèrent de l'engagement. Les algorithmes relient fréquemment les contenus de séduction aux forums incels, créant un circuit qui peut conduire les utilisateurs vers des contenus de plus en plus extrêmes.

Au centre de cet écosystème se trouvent des figures comme Andrew Tate, ancien champion de kickboxing britanno-américain devenu l'une des personnalités les plus suivies d'internet. Avant son bannissement de la plupart des grandes plateformes en 2022, son nom générait davantage de recherches Google que Donald Trump ou le Covid-19. Sa plateforme payante «Hustler's University» comptait plus de 100 000 abonnés à 99 dollars par mois. Son discours repose sur la promotion d'une masculinité fondée sur la domination financière et sexuelle, la présentation des femmes comme des êtres destinés à être contrôlés, et l'invitation à «sortir de la Matrice», une prétendue conspiration orchestrée par les femmes, les médias et les institutions. En Grande-Bretagne, la série Adolescence, diffusée en 2025, s'inspire de cas réels de radicalisation masculine en ligne dont certains personnages rappellent directement Andrew Tate. Des études menées par l'Université Dalhousie au Canada révèlent que ces discours renforcent le sexisme chez certains élèves et nuisent à l'ambiance scolaire. En janvier 2024, Andrew et son frère Tristan ont été inculpés au Royaume-Uni pour viol, traite de personnes et voies de fait. Un procès civil a débuté en juin 2026. Malgré tout, ses démêlés judiciaires n'ont pas entamé son influence. Selon une enquête du Young Men Research Initiative de l'été 2024, 50 % des hommes américains de 18 à 29 ans déclaraient avoir une opinion favorable de lui.

Bande annonce «Adolescence» - VF

L'influence de ces figures sur les jeunes générations est désormais documentée par les institutions françaises elles-mêmes. Selon le rapport 2025 du Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes, 52 % des jeunes hommes estiment qu'on «s'acharne sur les hommes», et la société française se clive de plus en plus sur la question de l'égalité des sexes. Seuls 34 % des hommes de 25 à 34 ans trouvent anormal qu'un homme gagne davantage qu'une femme à poste égal, contre 78 % des femmes de la même tranche d'âge. Une série d'études publiées dans le Financial Times en janvier 2024 montre que les Américaines de 18 à 30 ans sont 30 points de pourcentage plus progressistes que les hommes du même âge sur les questions d'égalité des sexes, et les Anglaises 25 points. Ce fossé générationnel entre hommes et femmes sur les questions d'égalité est une tendance de fond observable dans l'ensemble des démocraties occidentales.

La frange la plus radicale de la manosphère, celle des incels, a déjà produit des attentats meurtriers. En 1989, Marc Lépine assassinait 14 femmes à l'École polytechnique de Montréal en dénonçant le féminisme. En 2014, Elliot Rodger tuait six personnes en Californie en expliquant dans un manifeste sa rancœur envers les femmes qui ne le désiraient pas. Depuis, plusieurs attaques similaires ont eu lieu à Toronto, à Plymouth et ailleurs. Des études quantitatives fondées sur l'analyse de forums Reddit et Telegram montrent qu'entre 2016 et 2022, les espaces incels ont gagné en virulence, avec davantage d'appels à la violence et une rhétorique nihiliste croissante.

En France, la menace est désormais prise au sérieux par les autorités. Le 27 juin 2025, un adolescent de 18 ans est arrêté dans la région de Saint-Étienne avec deux couteaux dans son sac, alors qu'il s'apprêtait à cibler quatre jeunes femmes de son lycée. C'est la première fois que le Parquet national antiterroriste est saisi pour un projet d'attentat lié exclusivement à la mouvance incel. En octobre 2025, le Planning familial reçoit une menace d'attentat-suicide signée d'un homme se revendiquant masculiniste incel, directement liée à l'avortement. Sa présidente déclare que c'est la première menace de ce type en soixante-dix ans. À partir de janvier 2025, la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) constate la multiplication de profils radicalisés de plus en plus jeunes sur TikTok et Instagram. Si les individus concernés avaient auparavant entre 18 et 25 ans, le cœur du mouvement s'ancre désormais chez des adolescents de 13 à 15 ans, souvent recrutés via des contenus centrés sur la santé mentale ou la masculinité blessée.

Pour Tristan Boursier, docteur associé au CEVIPOF de Sciences Po, le Centre de recherches politiques de Sciences Po, le masculinisme doit être considéré comme un contre-mouvement social structuré, qui se forme en opposition directe aux avancées féministes pour défendre un ordre hiérarchisé. Ce n'est pas un épiphénomène psychiatrique. C'est une idéologie avec des codes, des figures, des réseaux et une capacité avérée à passer à l'acte. En présentant le féminisme comme un adversaire commun, ce mouvement permet à des groupes très différents, des nationalistes aux conservateurs religieux en passant par les libertariens, de se retrouver autour d'un même combat. Et c'est précisément là, dans cette convergence, que réside l'une des raisons les plus concrètes pour lesquelles le féminisme demeure nécessaire.

Le backlash, entre résistance et progrès

La montée du masculinisme radical, les reculs législatifs aux États-Unis ou en Pologne, la virulence des attaques contre le féminisme en ligne peuvent être lus comme la preuve que le combat féministe est perdu. Une autre lecture est possible, et elle est ancrée dans la sociologie politique.

Le phénomène porte un nom : le backlash. Le terme a été théorisé par la journaliste américaine Susan Faludi dans son essai éponyme publié en 1991, prix Pulitzer, et traduit en français sous le titre «Backlash, la guerre froide contre les femmes». Faludi y démontre, à partir d'une analyse minutieuse des médias, de la politique et de la culture populaire américaine des années 1980, que chaque avancée significative des droits des femmes a été systématiquement suivie d'une vague de résistance organisée cherchant à la discréditer ou à l'inverser. Elle observe ce schéma à plusieurs reprises dans l'histoire américaine, à l'époque victorienne, au début du XXe siècle, dans les années 1940 et dans les années 1970. Selon l'historienne Christine Bard, spécialiste de l'histoire du féminisme et de l'antiféminisme, ce phénomène est récurrent. Après les poussées d'émancipation des femmes, on observe souvent une réaction politique qui cherche à restaurer l'ordre antérieur.

Backlash de Susan Faludi - Éditions des femmes

Cette analyse rejoint celle de l'économiste Albert O. Hirschman, qui dans son essai «Deux siècles de rhétorique réactionnaire» publié en 1991 montre que les contre-mouvements face aux avancées progressistes suivent des schémas rhétoriques prévisibles. Ils arguent que le changement est inutile puisque rien n'a vraiment changé, ou au contraire qu'il est dangereux parce qu'il menace un équilibre fondamental. Le masculinisme contemporain emprunte les deux registres à la fois. D'un côté, il prétend que le féminisme a déjà tout obtenu et qu'il est devenu une idéologie de domination. De l'autre, il soutient que les changements apportés par le féminisme ont détruit quelque chose d'essentiel dans la masculinité et dans l'ordre social.

Il faut cependant être précis sur ce que cette analyse peut et ne peut pas établir. La popularité croissante des mouvements masculinistes radicaux est compatible avec l'idée que les rapports de genre évoluent sous l'effet des avancées féministes. Cette réaction ne prouve pas à elle seule le succès du féminisme, mais elle peut être interprétée comme un signe que ces changements sont suffisamment importants pour susciter une résistance. On ne contre-attaque pas un mouvement qui n'a eu aucun effet. Ce que le backlash révèle, c'est que quelque chose a effectivement bougé dans les rapports de pouvoir entre les femmes et les hommes, suffisamment pour que certains cherchent à l'inverser.

Les exemples historiques étayent cette lecture. Le droit de vote des femmes a été suivi, dans plusieurs pays, par des décennies de tentatives pour en limiter la portée pratique. La loi Veil de 1975 a déclenché en France l'une des oppositions parlementaires les plus violentes de la Ve République. Le mouvement #MeToo de 2017, qui a permis à des millions de femmes de nommer publiquement des violences sexuelles jusqu'alors passées sous silence, a immédiatement généré son propre backlash. En France, une tribune publiée dans Le Monde en janvier 2018, signée par une centaine de femmes, accusait #MeToo d'avoir instauré une «chasse aux hommes» et de nier la «liberté d'importuner». Aux États-Unis, une étude de l'Université de Harvard publiée en 2019 montrait que 19 % des hommes managers évitaient désormais d'embaucher des femmes par crainte d'accusations, et 27 % évitaient les tête-à-tête professionnels avec elles. Ce repli n'est pas une preuve que #MeToo avait tort. C'est la mesure de la résistance que le mouvement a rencontrée parce qu'il touchait à quelque chose de réel.

Ce schéma ne doit pas conduire à une forme de déterminisme optimiste selon lequel l'histoire irait nécessairement dans le bon sens. Les backlashs peuvent gagner. L'annulation de Roe v. Wade en est la démonstration la plus récente et la plus concrète. Un droit peut être accordé, puis retiré. Une norme sociale peut progresser pendant des décennies, puis régresser. Ce que la sociologie du backlash enseigne, c'est précisément l'inverse du fatalisme progressiste. Les avancées ne sont jamais définitives, et c'est justement parce qu'elles ne le sont pas que la résistance qui leur est opposée reste un signal à prendre au sérieux, et non une preuve que le combat est terminé.

Un combat permanent

Au début de cet article, un chiffre. 43 % des Français se disent féministes, alors que 77 % estiment que les femmes et les hommes ne sont pas traités de la même façon. Ce paradoxe n'est pas anecdotique. Il dit quelque chose sur la façon dont on perçoit ce mouvement, mais aussi sur ce qu'on préfère ne pas voir. Pendant qu'on débat du sens du mot féminisme, des femmes sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, des droits sont abrogés par des cours suprêmes, des adolescentes afghanes apprennent qu'elles n'iront plus à l'école, et des garçons de 13 ans sont recrutés en ligne par des mouvements qui leur enseignent que les femmes sont leurs ennemies.

En France, il a fallu attendre 1965 pour qu'une femme puisse ouvrir un compte en banque sans l'accord de son mari. Aux États-Unis, il a suffi d'une décision de justice pour que cinquante ans de jurisprudence sur l'avortement s'effacent en une matinée. En Afghanistan, des millions de filles ont perdu le droit d'aller à l'école en quelques semaines. Ces faits ne sont pas de même nature, ils ne se produisent pas dans les mêmes contextes, et il serait inexact de les mettre sur le même plan. Mais ils partagent une logique commune. Ce qui a été obtenu peut être repris.

Manifestation pour la journée internationale des droits des femmes - 8 mars 2023 à Paris

Ce que l'histoire montre, et ce que les chiffres confirment, c'est que les droits des femmes ont progressé là où ils ont été activement défendus, et reculé là où la pression s'est relâchée ou a été contrée. Le féminisme n'est pas un mouvement qui attend une victoire finale. C'est, selon les termes mêmes de ses théoriciennes, un effort continu de vigilance, qui consiste à nommer ce qui recule, à documenter ce qui persiste et à défendre ce qui a été construit. Que l'on adhère ou non à ce mouvement, ce constat factuel reste entier. Si le mot fait encore peur, ce n'est pas le féminisme qui devrait inquiéter, mais ce qui se passe en son absence.

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10 juin 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gilles Casanova
8/6/2026

Le meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, ce dimanche a été un grand succès, comme on pouvait l'imaginer.


Le grand orateur est resté fidèle à la tradition du « programme du dimanche » de la Social-démocratie : c'est-à-dire la promesse faite aux électeurs le dimanche que leurs rêves vont se réaliser, en opposition au « programme de la semaine » qui est ce qu'arrivés aux postes de pouvoir ils font effectivement.
Là où ils ont partagé le pouvoir, comme à Paris, le "programme du dimanche" tourné vers le bien-être et l'épanouissement des catégories populaires a abouti à faire "en semaine" de la capitale, la ville la plus chère du monde à égalité avec Hong Kong et Singapour, une ville dans laquelle il est aujourd'hui impossible à des Français moyens de se loger, une ville qui n'accueille plus que du Airbnb et des bourgeois plus ou moins bohèmes, et – sous le périphérique, sur le bord du canal, ou dans divers autres lieux dans des conditions insalubres – leurs esclaves migrants sans papiers qui leur apportent à vélo les sushis du soir, et qu'ils chantent comme la « nouvelle France ».
« Programme du dimanche » sur l'Union européenne qu'il ne s'agit plus d'empêcher de nuire aux Français, qu'il ne s'agit ni de neutraliser en reprenant sa souveraineté, avec laquelle il n’est opportun ni de rompre, ni de s'affronter, mais qu’il faut « débarrasser du libéralisme », à ce compte, on pourrait aussi demander avec les mêmes chances de succès, aux banques, de moins penser à l'argent et plus à l'Amour universel…
Tout cela devant un parterre nombreux, fervent, décidé, enthousiaste même, mais intensément « blanc » !
Puisque ce courant racialise si fortement les rapports sociaux, on ne peut s'empêcher de lui appliquer sa grille de lecture de la société. Bien que tenu dans le département champion de l'immigration illégale, de la délinquance et du narcotrafic, un département dans lequel le système scolaire voit les jeunes ayant le français pour langue maternelle être minoritaires, dont les grandes villes ont une majorité de moins de 25 ans issus directement ou indirectement de l'immigration récente, c'est essentiellement la petite bourgeoisie radicalisée, détentrice du « privilège blanc » qui se pressait autour de cette grand’messe pour célébrer la nouvelle France et les remplaçants de la classe ouvrière qui n'avaient, eux, pas fait le déplacement.
Dans ces conditions, d'une façon définitivement mitterrandienne, pour couvrir l'acceptation fondamentale du néolibéralisme et leur vision radicalisée de la politique proposée par la fondation Terranova – financée par Bill Gates – qui constitue leur orientation stratégique, l'ennemi invoqué est le fascisme.
Depuis 42 ans c'est cette chanson qui est servie à ceux qui n'ont pas accepté l'abandon par la gauche de la perspective de « changer la vie » au profit de « construire l'Union européenne ».
Depuis 42 ans il faut tout accepter au nom de la lutte contre un fascisme dont la prise de pouvoir serait imminente si l’on ne baissait pas la tête devant les milliardaires et leurs amis pour faire le « Front républicain » derrière leurs candidats.
Mais on peut regarder autour de soi, le fascisme on ne le voit pas. Le néo-nazisme oui, on le voit, il s'affiche, il ne se cache pas, en Ukraine, mais ce sont nos impôts qui le financent à coup de milliards, et il n'est pas question dans le discours de lever le pays contre lui. En revanche il est question d'exiger du Medef qu'il arrête de parler avec Marine Le Pen… Mais le Medef, ce qu’il reproche à Marine Le Pen, c’est d’avoir le programme social de la CGT. Allez comprendre. Donc le Medef devrait être plus raisonnable et parler avec Jean-Luc…
Le grand projet est là, il est exprimé en termes clairs : être second derrière Jordan Bardella à l'élection présidentielle. Voilà qui va terroriser les milliardaires, qui ont tremblé ce week-end en voyant Jordan Bardella et la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles assister ensemble dans des tenues particulièrement élégantes, au Grand prix de Formule 1 de Monaco depuis les loges…
Ainsi, pour les milliardaires, le choix est fait, Jean-Luc est le candidat idéal pour perdre devant celui qui est le candidat idéal pour que « tout change pour que rien ne change » et qui le montre un peu plus chaque jour, maintenant qu'il prend conseil auprès de Thierry Breton pour savoir comment régler le problème de la dette…
On voit que les milliardaires et leurs conseils, McKinsey et quelques autres, n'ont pas qu'un seul scénario en main pour gagner la présidentielle, ils ne se reposent pas entièrement sur les frêles épaules des duettistes de Bilderberg : Edouard Philippe & Gabriel Attal.
Ceci dit, personne ne sait comment vont réagir les Français à une présidentielle qui se terminerait par un « business as usual » après une campagne menée de part et d'autre sur une ligne radicale « pour que tout change »…

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6 juin 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Denis Albisser
6/6/2026

Point absolument commun de tous ces candidats : le Système.


Tous d'accord pour ne pas reprendre la souveraineté de la France, et la laisser à l'UE, l'OTAN et l'OMS.
Tous d'accord pour poursuivre la guerre contre la Russie.
Ils se sont tous prosternés devant Zelensky, ils se moquent tous aussi de l'avis et de la vie des Ukrainiens, mais aussi de l'avis des Français.
Tous d'accord pour continuer à mentir aux Français.
Seul bémol, le RN et l'immigration, mais sans sortir de la dictature européenne, ça continuera.

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4 juin 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Rodolphe Flament
3/6/2026

On marche sur la tête !


La France laisse entrer des clandestins par dizaines de milliers. La France garde sur son sol des délinquants étrangers sous OQTF.
Mais une journaliste qui vit légalement en France, travaille en France et exprime simplement une opinion qui dérange… Là, certains veulent lui retirer son titre de séjour. Cherchez l’erreur.
Son nom, Xenia Fedorova. Son crime ? Ne pas penser comme eux. On peut être d’accord ou non avec ce qu’elle dit. Ce n’est même pas le sujet. Le sujet, c’est qu’une démocratie est censée combattre les idées par les idées.
Pas par la censure. Pas par l’exclusion. Pas par l’expulsion. Depuis quand le droit de vivre en France dépend-il de son opinion politique ? On nous parle de diversité, de tolérance, d’ouverture d’esprit. Mais dès qu’une voix dissidente apparaît, certains veulent la faire disparaître.
Finalement, ce qui les dérange peut-être, ce n’est pas ce qu’elle dit. C’est qu’elle ait encore le droit de le dire.

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31 mai 2026

Eric Straumann
31/5/2026

À regarder jusqu’à la fin. Une illustration de plus de notre goût national pour les polémiques stériles au détriment du bon sens.

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[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gastel Etzwane
31/5/2026

Alors comme ça, Gabriel Attal, devant quelques retraités et âmes perdues, vient nous expliquer avec son petit air grave que « bien sûr, on va continuer à soutenir l’Ukraine, parce que la Russie, c’est le danger ».
Au même moment, dans les rues de Paris, c’est Beyrouth-sur-Seine : émeutes, pillages, chaos total, une police complètement impuissante qui regarde le spectacle. Les fameux blindés de la gendarmerie ? Réservés aux agriculteurs qui bloquent les ronds-points. Quand c’est la banlieue qui débarque pour tout casser, on reste en mode "observateurs bienveillants".
Résultat : on envoie des milliards à Kiev pendant que nos villes brûlent, que nos contribuables se font plumer, et qu’on est incapables de rétablir l’ordre chez nous.
On ne va rien faire d’utile en Ukraine, on va juste y claquer du fric. Mais au moins, on aura l’air très courageux… depuis les ruines de nos propres quartiers.

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30 mai 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gastel Etzwane
30/5/2026

Ukraine : quand l’hommage aux collabos devient une tradition d’État


Il y a quelques jours à peine, le 25 mai 2026, Volodymyr Zelensky participait en grande pompe à la réinhumation nationale d’Andriy Melnyk, figure de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) qui avait activement collaboré avec l’Allemagne nazie au début de la Seconde Guerre mondiale. Cérémonie officielle, honneurs d’État, discours lyrique : le président ukrainien, lui-même d’origine juive, a salué un « grand Ukrainien du XXe siècle ». Même Israël a dénoncé l’affront à la mémoire des victimes de la Shoah.
Aujourd’hui, rebelote. Zelensky baptise une unité des forces spéciales ukrainiennes « Héros de l’UPA » – l’Armée insurrectionnelle ukrainienne responsable, selon Varsovie, du massacre de plus de 100 000 Polonais en Volhynie entre 1943 et 1945. La Pologne, pourtant l’un des plus fervents soutiens de Kiev, est furieuse : le président polonais menace même de retirer à Zelensky l’Ordre de l’Aigle Blanc.
Pourquoi s’étonner ? Depuis des décennies, l’Ukraine n’a jamais vraiment fait son mea culpa sur la collaboration massive de certains de ses nationalistes avec les nazis – pogroms antijuifs, exactions diverses, participation active à la machine de mort hitlérienne. Bandera, Choukhevitch, Melnyk… tous sont progressivement réhabilités comme « héros de l’indépendance ».
Chaque fois qu’on le souligne, on se fait traiter de « propagandiste russe ». Pourtant, ce n’est pas Moscou qui organise ces cérémonies : ce sont les autorités ukrainiennes elles-mêmes. Les faits s’accumulent. La nostalgie (ou au minimum la complaisance) pour cette période sombre n’est pas une invention du Kremlin. C’est une réalité politique assumée à Kiev.
Et pendant ce temps, en Europe de l’Ouest, on continue à faire comme si tout cela n’existait pas. Le déni a ses limites. La réalité, elle, finit toujours par remonter.
Rassurons-nous, tout cela n’a pas empêché Bruno Retailleau d’aller rendre ses hommages au président ukrainien le jour même de la cérémonie ni à Édouard Philippe d’y aller le lendemain.

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25 mai 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

H16
25/5/2026

France 2027 : on va élire un président ou un syndic de faillite ?

La semaine dernière, on apprenait que, malgré masse de Français annulant leurs vacances, le gouvernement gardait la tête froide : Le Biscornu nous rassurait avec sa prestance naturelle en nous garantissant que tout était sous contrôle. Malheureusement pour notre petit bricoleur ministériel, la semaine qui vient de s’écouler refuse de donner ce petit coup de pouce ou ce gros coup de pied aux fondements de la République indispensables à remettre le pays dans de bons rails.

Que du contraire, même : on apprend ainsi que le FMI, institution dont la tolérance aux pitreries budgétaires est pourtant légendaire, commence à montrer des signes clairs d’inquiétudes. Et lorsque le Fonds Monétaire International, ce vieux complice indulgent qui a longtemps tout pardonné à l’Argentine, à la Grèce et à quelques républiques bananières en goguette, se met soudain à froncer les sourcils devant les comptes de Bercy, c’est qu’il y a probablement matière à s’alarmer.

La mission d’Article IV publiée le 21 mai dernier ne mâche pas ses mots : croissance famélique de 0,7 % attendue pour 2026 (si tout va bien, allez, quoi, bon), procédure de déficit excessif qui s’étirera bien au-delà de 2029, trajectoire de dette franchement insoutenable, les ingrédients d’un succès français laissent perplexes. Et pour couronner le tout, l’institution invite la France à freiner massivement dans la Sainte Trinité des dépenses sociales hexagonales : santé, chômage, retraites.


Autant dire à un peuple gaulois biberonné depuis trois générations à l’État-providence qu’il faudrait apprendre à se laver à l’eau froide. Le Monde lui-même, peu suspect de libéralisme échevelé, parle désormais de signaux de plus en plus inquiétants, ce qui, dans la novlangue du quotidien de révérence, équivaut à peu près à un hurlement paniqué.

Mais enfin, tout n’est pas si catastrophique, voyons !

Eh bien à vrai dire, pendant que les institutions internationales s’égosillent dans le désert gouvernemental français, on constate que le tissu productif s’effiloche dans un silence presque pudique. Les défaillances d’entreprises se succèdent à un rythme qui ferait passer une démolition à l’explosif pour un atelier de pliage de serviettes.

C’est assez logique, du reste : les impôts sur la production battent allègrement des records à 96 milliards d’euros, confirmation administrative de cette belle doctrine française consistant à étouffer méthodiquement ceux qui financent le système plutôt que de réduire d’un seul euro la dépense publique. L’indice « PMI flash de S&P Global » vient d’ailleurs ajouter son grain de sel en plongeant à son plus bas niveau depuis cinq ans et demi : la France s’installe officiellement dans le rôle peu enviable de maillon faible européen, et la crise au Moyen-Orient ne fait qu’enfoncer un clou supplémentaire dans un cercueil déjà fort bien fixé.


Les avertissements internationaux ne se sont d’ailleurs pas cantonnés au FMI. Cette semaine, les taux d’emprunts des OAT à 10 ans français, cette fameuse dette dont on parle de plus en plus doucement, ont discrètement franchit la barre des 4 %. Même si ce ne fut qu’une journée, la tendance ne laisse aucun doute.


Si, pour le profane, cela pourrait n’être qu’un chiffre parmi d’autres, pour le budget de l’État, cela représente les premiers signes d’un infarctus dans un ascenseur bloqué entre deux étages : le service de la dette, déjà premier poste budgétaire en dynamique, se transforme en boule de neige incontrôlable qui dévale la pente en emportant tout sur son passage. Rouler cette boule de neige, c’est-à-dire cette dette colossale, coûte maintenant plus cher que de faire fonctionner le pays, ce qui contraint les gouvernements successifs à emprunter pour rembourser les emprunts ayant servi à payer les intérêts des emprunts précédents.

C’est de la pure cavalerie, et dans les manuels d’histoire économique, elle aboutit toujours à la faillite : aucune nation n’y a jamais échappé une fois le mécanisme enclenché, et il n’existe strictement aucune raison sérieuse de penser que la France inventera, sur ce point précis, une exception miraculeuse.


On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi les familles françaises commencent sérieusement à grincer des dents. Le baromètre UNAF-OpinionWay 2026 est édifiant : niveau de vie en berne, consentement à l’impôt qui s’évapore à mesure que le service rendu disparaît entre deux home jackings, et sentiment de moins en moins diffus de se faire dépouiller pour rien.

Bercy, fidèle à sa tradition de communication « maîtrisée » (pour ne pas dire euphémistique voire mensongère), continuera évidemment d’expliquer doctement que tout est sous contrôle (« trajectoire ambitieuse, pente forte, route droite, etc. ») , que les réformes structurelles produiront leurs effets, alors même que tout indique le contraire.

Et alors que les candidatures à la prochaine élection présidentielle se bousculent actuellement (on compte pas loin d’une trentaine de clowns pour le Cirque Républicain), on comprend clairement que ce sont les clés d’une gigantesque pyramide de Ponzi arrivée à son stade terminal que le prochain locataire de l’Élysée s’apprête à récupérer en 2027. Le successeur du Biscornu ne sera pas tout à fait un nouveau président, mais plutôt un syndic de faillite chargé de répartir les pertes entre des créanciers de plus en plus exigeants et un peuple de plus en plus essoré. Entre l’avertissement du FMI et un ras-le-bol fiscal qui couve de façon préoccupante, l’État nounou achève tranquillement sa mue en État fossoyeur.

Et puisqu’absolument aucun parti politique en lice ne semble disposé à tailler à la hache dans les dépenses de toutes natures, il ne restera bientôt, dans la trousse à outils gouvernementale, que la confiscation et la spoliation pour boucler les fins de mois.

Ce pays est foutu, mais avant ça, il nous promet des moments d’une « intensité démocratique » tout à fait mémorable.


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